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  • Permis de louer : les amendes tombent à Port-de-Bouc

    Permis de louer : les amendes tombent à Port-de-Bouc

    En avril 2021, une autorisation préalable de mise en location des logements privés, dit « permis de louer », a été instituée sur six îlots de la commune de Port-de-Bouc. L’an dernier, le périmètre d’application a été étendu à des secteurs du centre-ville et à la résidence des Cyprès Bleus.

    Depuis sa mise en place à Port-de-Bouc, plus d’une centaine de dossiers ont été déposés, la moitié environ des demandeurs ont obtenu directement le permis de louer, un tiers sous conditions de travaux et moins d’une dizaine se l’ont vu refusé. Ce dispositif vise à lutter contre les marchands de sommeil, mais aussi à sensibiliser les propriétaires sur leurs obligations de délivrance d’un logement décent.

    Début novembre, une amende de 5 000 euros (cela peut aller jusqu’à 15 000 euros) a sanctionné le bailleur d’un logement au 8 rue Gambetta, qui n’a déposé aucune demande et qui est resté sourd à sa mise en demeure. Même montant pour un autre propriétaire d’un logement loué au 93 avenue Maurice-Thorez sans demande préalable. Il n’a même pas réclamé le recommandé de la Métropole. 5 000 euros aussi pour le bailleur d’un autre logement 14 rue Mirabeau, loué depuis juillet 2024, sans permis. Le courrier de relance est resté sans réponse.

    Une amende de 2 000 euros sanctionne un propriétaire de Rognac pour n’avoir pas satisfait à l’autorisation préalable pour louer son logement au 8 rue Villebois-Mareuil. Il a expliqué que le titulaire du bail n’avait pas occupé le logement, car lui-même avait renoncé à louer son bien. La Métropole a objecté qu’il n’apportait de preuve de la résiliation réelle et effective du bail, « alors même que la locataire a déposé une demande d’aide au logement à cette adresse, ce qui confirme une occupation effective ».

    Enfin, ce jeudi, une amende de 2 500 euros a sanctionné une société civile immobilière qui a donné à bail un logement au 2 rue Maréchal-Joffre sans demande préalable d’autorisation. « En tant que professionnelle de l’immobilier, la SCI ne pouvait ignorer la réglementation instaurant l’autorisation préalable à la location, pourtant instituée dès octobre 2021 à Port-de-Bouc, dont il lui appartenait de rechercher l’existence avant de mettre son bien en location », rappelle la Métropole. La SCI a fini par déposer un dossier et a obtenu un avis favorable après une visite technique du logement.

  • Un nouvel éthylotest détecte l’usage de protoxyde d’azote

    Un nouvel éthylotest détecte l’usage de protoxyde d’azote

    Alors que les accidents de la route causés par la consommation de protoxyde d’azote ne cessent d’augmenter, l’entreprise aixoise Olythe a développé un outil pour le détecter dans le souffle. Ce gaz, utilisé initialement pour les siphons à chantilly, est de plus en plus détourné, principalement chez les collégiens, lycéens et jeunes adultes, pour ses effets euphoriques et de perte de contrôle. Bien qu’interdit pour les mineurs depuis 2022, aucune loi ne l’interdit pour les majeurs.

    Situé à Aix la Duranne, Olythe est une entreprise spécialisée, depuis 2013, dans la fabrication d’éthylotests. « On a commencé à travailler sur le projet de détecteur de protoxyde d’azote il y a un an et demi, explique Guillaume Nesa, cofondateur et président de l’entreprise. On a voulu répondre à la demande de nos clients qui en avait besoin. » Le détecteur, nommé OCIN2O, ressemble à une cigarette électronique et permet, en soufflant, de mesurer la consommation de ce gaz. Testé en Belgique et au Danemark au printemps, l’éthylotest est déjà au point et est à pour vocation première des tests routiers, où le problème de l’usage ne cesse de s’accentuer.

    En effet, d’après une étude Ipsos paru en juillet 2025, sur les 14% de jeunes de 18 à 24 ans ayant déjà consommé ce produit, la moitié l’aurait fait au volant. Son inhalation entraîne pourtant une perte de contrôle d’environ une minute et peut causer des vertiges et des trous noirs jusqu’à 45 minutes après sa prise. Son inhalation n’est pour le moment interdit que pour les mineurs, suite à une loi de 2021.

    Le manque de réglementation sur sa consommation au volant pousse le cofondateur à voir son outil comme une dissuasion. « On espère que savoir que cet outil existe pourra faire un peu peur aux jeunes et les empêchera de conduire sous influence de drogue », confie Guillaume Nesa.

    Problème sanitaire

    Un problème qui va au-delà de la question de sécurité routière, selon le président d’Olythe : « D’un point de vue santé, c’est une catastrophe aussi. » Santé publique France indique que l’inhalation de ce gaz peut causer des asphyxies, pertes de connaissance et des troubles neurologiques, psychiques ou cardiaques dans le cas de consommations répétées ou à forte dose.

    « Il faudrait que le ministère s’empare de ce sujet, interpelle Guillaume Nesa, pour mettre un pied dans la fourmilière. » Localement, certaines institutions tentent de réagir. Le préfet du Vaucluse a par exemple interdit la consommation et le transport du protoxyde d’azote pour tous de 19h à 7h jusqu’en mai 2026. À Marseille, la mairie a interdit sa consommation sur la voie publique.

  • À la Région, le budget repoussé en attendant l’austérité

    À la Région, le budget repoussé en attendant l’austérité

    C’est sous la menace de nouvelles coupes budgétaires que la majorité régionale, ce jeudi, a fêté ses dix années à la tête de l’institution. Contrairement à l’année précédente en effet, le conseil régional a renoncé à adopter son budget ce mois de décembre, pris dans l’incertitude des débats du projet de loi de finances au Parlement. « Le budget national a des conséquences pour nous, insiste le président (Ren.) de Région, Renaud Muselier. Le gouvernement demande 5 milliards d’euros de contributions aux collectivités locales, le Sénat les ramène à 2 milliards ! »

    De quoi repousser le débat d’orientation budgétaires au mois de février prochain. En attendant, quelque 846 millions d’euros d’autorisations d’engagements sont inscrits à travers une décision budgétaire modificative, « pour permettre d’engager les dépenses indispensables de la Région jusqu’au vote du budget primitif prévu au mois d’avril prochain », expliquait l’argentier de la collectivité, Jean-Pierre Colin (Les Centristes). Un montant « qui correspond à un tiers de l’année », avec des investissements fléchés en priorité vers les lycées, les transports régionaux et 12,9 millions d’euros pour la société de livraison des ouvrages olympiques (Solideo).

    Dans l’opposition régionale d’extrême droite, la Varoise Coline Houssays (RN) déplore le fait d’engager ces montants « avant notre débat d’orientation budgétaire et avant même que l’état ne confirme ses dotations ». Allant jusqu’à accompagner l’austérité en réclamant « un gel prudent pour toute autorisation de paiement allant au-delà du nécessaire ».

    Jusqu’à 100 millions

    de moins

    « Nous sommes obligés de faire en sorte que la machine continue de tourner, il n’y a pas d’autre solution que celle-là », s’irrite le vice-président aux finances en réponse. « Ici, on sait que l’on va avoir entre 80 et 100 millions d’euros en moins dans le budget futur, et nous sommes obligés d’en tenir compte ! » renchérit le président de Région. Il rappelle les 120 millions de coupes imposées pour 2025 à la collectivité. « Nous avons été obligés de diminuer de près de 10% la totalité de notre fonctionnement, on ne peut pas le faire deux ans de plus », s’alarme Renaud Muselier. Qui promet : « Nous parlerons du budget quand on sera en capacité d’en parler ! »

    « L’ensemble des corps intermédiaires qui siègent au Ceser sont alarmés devant les débats de la représentation nationale auxquels on assiste, on ne peut plus rester passifs devant l’incurie collective », s’inquiétait déjà en ouverture de la séance le président du Conseil économique, social et environnemental régional (Ceser), Marc Pouzet. Mais, dans l’avis de l’instance consultative, le représentant de la CFDT, Didier Serna, va plus loin et « regrette que la Région n’ait pas mobilisée l’ensemble de ses recettes par choix ou par clientélisme pour palier à un futur budget dégradé ».

    Un versement mobilité insuffisant

    C’est que la collectivité a accepté de réduire de moitié le taux de son nouveau versement mobilité, alors même qu’il a rapporté 13 millions d’euros de moins que prévu. « L’Urssaf a indiqué à la Région que la collecte de ce nouveau prélèvement connaissait une montée en charge très progressive, explique Jean-Pierre Colin. S’agissant d’un impôt déclaratif, il faut informer les employeurs. » Mais les 20 millions déjà levés sont de trop pour l’extrême droite, qui s’aligne sur le patronat. « Pour simplifier la vie de tout le monde, il serait temps de supprimer cette taxe », tente Coline Houssays.

    « On l’a levé, on en a discuté, on en diminue la moitié dès le 1er janvier, répond le président de Région. Sinon nous ne pouvons pas engager nos dépenses ! » Les besoins en effet ne manquent pas sur le territoire, en témoigne l’approbation du projet partenarial d’aménagement pour la réindustrialisation du golfe de Fos. Mais cela risque de ne pas suffire : « Le report modal de la route vers le rail ne progresse pas », s’alarme aussi le Ceser dans un avis rendu ce mercredi, déplorant « l’absence de vision stratégique à long terme, au-delà de 2030 ». « La CGT, FSU et Solidaire demandent que le versement mobilité additionnel reprenne son plus haut niveau et dans les plus brefs délais », expriment les trois organisations dans leur explication de vote. Sans que cela ne soit audible dans l’hémicycle.

  • Deux agents soupçonnés de renseigner la DZ Mafia

    Deux agents soupçonnés de renseigner la DZ Mafia

    L’affaire fait déjà grand bruit, et ce n’est sans doute qu’un début. Deux jeunes agentes administratives, qui travaillaient dans un service civil du tribunal marseillais ont été mises en examen pour avoir consulté de manière « illégale » des fichiers et de les avoir ensuite monnayés auprès de proches de la DZ mafia, le principal réseau de narcotrafiquants de la cité phocéenne. La première jeune femme a été placée sous contrôle judiciaire avec interdiction professionnelle d’exercer et mise en examen pour détournement de la finalité d’un traitement de données à caractère personnel.

    Violation du secret

    de l’instruction

    La deuxième a finalement été placée sous contrôle judiciaire avec interdiction de tout emploi au sein des ministères de la Justice, de l’Intérieur et de la Défense. Avec des soupçons beaucoup plus graves puisqu’elle a été mise en examen pour des « délits de détournement de la finalité de traitement de données, violation du secret professionnel, du secret de l’enquête et du secret de l’instruction révélés à une personne susceptible d’être inquiétée », précise le quotidien dans son édition de mercredi. La vacataire aurait consulté une cinquantaine de profils entre 2024 et 2025 dont huit seraient liés à des affaires d’assassinat. Toujours selon Le Monde, l’enquête a permis d’établir un lien entre son ex-petit ami qui est de la famille de Medhi Laribi, considéré comme le chef de la DZ Mafia. Les enquêteurs soupçonnent l’agente d’avoir reçu en échange des informations, cadeaux et argent.

    Son ex-petit ami à quant à lui été mis en examen pour corruption active, de recel de fichiers et de recel de violation du secret de l’enquête et de l’instruction.

    Ce sont les premières mises en examen découlant directement du travail d’enquête de la nouvelle cellule anticorruption du parquet de Marseille mise en place en octobre dernier pour lutter contre la corruption au sein de différents services : justice, prisons, douanes ou élus.

  • Devoir de protection

    Devoir de protection

    Des enfants qui seraient maltraités, ou subiraient des violences, dans un cadre qui, théoriquement, a pour but de les « protéger », c’est-à-dire de leur éviter tout risque potentiel ou immédiat. Tous les minots qui sont sous la responsabilité d’une structure d’aide sociale à l’enfance (ASE) et dans une maison d’enfance à caractère social (Mecs) ont vocation à connaître une autre vie que celle à laquelle ils ont été soustraits sur décision de justice. Un placement est en soi un traumatisme, une rupture, brutale, même si les conditions de vie étaient devenues intenables. Prendre en charge ces enfants est une affaire d’adultes, de personnes en capacité de prendre ses responsabilités. Las, c’est à une véritable fuite en avant à laquelle on assiste. La « gestion » de ce secteur par la collectivité en charge, le Département, pose évidemment question.

    Un constat implacable

    à commencer par l’absence de « dialogue », comme le dénonçaient encore, le mois dernier, les professionnels du collectif Alerte 13,
    constitué par une quinzaine d’associations représentant 80% de la prise en charge d’enfants sur le territoire.

    Ensuite, par le constat. Froid et implacable d’un désordre prompt à renvoyer ses enfants dans le chaos. Alors effectivement, les politiques d’austérité successives, les baisses de budget à répétition, d’aides et de subventions à tous les étages, rendent la tâche difficile, puis impossible et en définitif illusoire. Jusqu’à ce que des pans entiers de l’aide sociale soient pris en charge par des organismes privés à but lucratif. Une menace directe, voire une intention avérée.

  • Vers une réouverture du site d’Orange à Saint-Mauront

    Vers une réouverture du site d’Orange à Saint-Mauront

    Le retour du calme après la tempête ? La réouverture du site d’Orange à Saint-Mauront, le campus Massalia, dans le 3e arrondissement de Marseille, est prévue à partir de ce lundi 15 décembre. Une annonce officiellement faite aux salariés à la suite d’un comité social et économique (CSE) extraordinaire qui s’est tenu ce jeudi. « Le retour sur site est prévu à partir de ce lundi 15 décembre », explique l’entreprise, en fin d’après-midi.

    Pour rappel, le site de l’opérateur télécom avait ses portes closes depuis le 27 novembre dernier. Une fermeture qui a fait suite à des soupçons de rixes dans le quartier pendant plusieurs jours consécutifs, des confinements temporaires des salariés et plusieurs alertes syndicales. La CFE-CGC avait dénoncé un « affrontement entre deux bandes rivales cherchant à contrôler des points de deal », des salariés avait évoqué des tirs à proximité. Le tout, avant que la Préfecture de police ne nuance : « Nous n’avons eu aucun appel 17 de la société Orange, (…) pas de personnes blessées, pas de douille, pas de calibre, pas de trace de sang. » La CGT Télécoms avait aussi déposé un droit d’alerte pour « danger grave et imminent ». L’entreprise justifie avoir « mis en place des mesures de précaution, notamment le télétravail ».

    La préfète de police attentive

    « En étroite collaboration avec les forces de l’ordre, nous avons préparé le retour de nos salariés sur site dans les meilleures conditions, autour de la mise en place de plusieurs dispositifs, dont une présence policière renforcée », détaille l’entreprise. Avant de préciser : « Les échanges privilégiés avec les services de l’État se poursuivent très régulièrement et permettront d’adapter le dispositif. » La préfète de police déléguée, Corinne Simon, expliquait, la veille, qu’elle sera présente « sur place pour une rencontre avec les différents managers, car les salariés sont un millier ».

    Et de développer sa démarche : « L’idée est de vraiment travailler sur ce sentiment de l’insécurité. On ne nie pas les faits, mais l’objectif est de rassurer les salariés. Plus il y aura de communication avec eux, mieux on pourra adapter le dispositif. » Concrètement, le retour sur site va se faire à partir du 15 décembre pour les salariés n’ayant pas de voitures, et à partir du 17 pour ceux ayant un véhicule quatre roues. De son côté, la CFE-CGC maintient sa position. « On refuse toujours la réouverture en tant quel telle. En 15 jours, les problématiques de sécurité n’ont pas été solutionnées », juge un délégué syndical CFE-CGC du site, souhaitant rester anonyme. La CGT tient une position tout autre, en faveur d’une réouverture, avec de la nuance puisqu’elle « était contre le “Tous à Saint Mauront” dès le départ ».

  • Une nouvelle centrale de secours pour le Charles de Gaulle

    Une nouvelle centrale de secours pour le Charles de Gaulle

    Elle n’affiche pas l’austérité attendue pour ce type de construction. Avec ses fresques, réalisées par le consortium d’artistes Graphikart (la Seyne-sur-Mer) et par l’illustrateur Daniel Bechennec, représentant fièrement le Général et le navire de guerre éponyme, mis en scène sur des théâtres maritimes houleux, la nouvelle centrale de production électrique du porte-avions Charles de Gaulle a fière allure. « Au ministère des Armées, on est attaché à l’art. Mais il est moins commun d’avoir des fresques sur des bâtiments industriels. C’était une bonne manière de parler de la Marine au gré des siècles, et de rendre hommage à Charles de Gaulle et au porte-avions qui porte son nom », décrit l’ingénieur en chef de première classe Stéphane Nardelli, secrétaire général adjoint du Service d’infrastructure de la Défense (SID) Méditerranée. Mais outre son habillage, ce bâtiment, positionné à proximité du quais Milhaud 6, lieu de stationnement du célèbre porte-avions (actuellement en mission d’entraînement), et qui vient suppléer l’ancienne centrale, constitue un ajout majeur : « Il s’intègre dans un ensemble contenant les stations de conversion du réseau électrique RTE de Vauban et Milhaud pour constituer un nouveau réseau 6 300 volts, 60 hertz, totalement dédié au porte-avions. Les installations historiques sont ainsi consacrées au reste de la flotte, dont les besoins en énergie à quais augmentent significativement », détaille l’ingénieur en chef Nardelli.

    Capable d’alimenter

    une ville comme Ollioules

    Objectif : « Répondre aux besoins de fiabilisation des sources et de la distribution des réseaux haute tension de la base navale, exprimés par la Marine nationale dans le cadre de la sûreté nucléaire. Cette centrale constitue une source d’alimentation électrique de repli quasi infaillible pour le Charles de Gaulle, capable de pallier la perte du réseau électrique RTE ou à une avarie sur les stations de conversion du porte-avions », poursuit Stéphane Nardelli. Dotée de trois groupes électrogènes – contre deux pour l’ancienne -, la centrale est capable d’alimenter « des villes comme Saint-Mandrier avec un seul groupe, et Ollioules en pleine puissance », soit environ 15 000 habitants, illustre l’ingénieur en chef. Prête à l’emploi, elle ne sera mise en marche qu’en cas de besoin, pour prendre le relais du réseau électrique classique.

    Débuté en janvier 2023, le chantier aura coûté 15 millions d’euros et nécessité la passation de dix marchés publics (sécurité, géotechnique, environnement, maîtrise d’ouvrage…). Il s’inscrit dans le cadre du Programme d’Infrastructure RENOVELEC, visant à moderniser les installations électriques de la base navale de Toulon. « Cette nouvelle centrale démontre la maîtrise, la parfaite réalisation, et surtout l’excellente collaboration qui a prévalu, félicite le Capitaine de vaisseau Pierre Suleau, Commandant de la base navale de Toulon. Toutes les étapes ont été franchies dans le partage permanent. La fin de l’opération a été menée sous une pression calendaire et opérationnelle forte. C’est un bon exemple pour les projets en cours et à venir. » Notamment en vue du chantier du porte-avions de nouvelle génération, qui doit arriver sur la base navale en 2035, et qui va nécessiter, entre autres, la création d’un pont de 600 mètres jusqu’au port de Brégaillon… et une nouvelle centrale de production.

  • À Montpellier, les avocats font bloc pour défendre la procédure d’appel

    À Montpellier, les avocats font bloc pour défendre la procédure d’appel

    « Pour le justiciable, ce projet de décret Rivage* serait un véritable ravage », assène Marie-Pierre Vedel-Salles, vice-bâtonnière de l’ordre des avocats de Montpellier. Massées autour d’elle ce 4 décembre sur les marches de la Cour d’appel de Montpellier, une grosse centaine de robes noires ont répondu à un appel national lancé par l’ensemble des barreaux de France et les syndicats d’avocats.

    La profession se mobilise contre un projet de décret porté par le ministre de la Justice Gerald Darmanin, visant à limiter les procédures d’appel après un jugement de première instance. « Ce décret est totalement injuste, car des petits litiges seront privés du double degré de juridiction », dénonce la bâtonnière. C’est-à-dire d’un éventuel réexamen de leur affaire.

    La réforme portée par le gouvernement prévoit en effet la suppression de la possibilité de faire appel pour des dossiers dont l’enjeu est inférieur à 10 000 euros (contre 5 000 euros aujourd’hui). La quasi-totalité des contentieux civils est concernée : droit du travail, droit commercial, indemnisation des préjudices corporels, loyers… « Par exemple, un salarié ayant demandé au conseil de prud’hommes de condamner son employeur à lui payer 8 000 euros de salaires et qui n’obtient pas gain de cause ne pourra pas faire appel, avec pour conséquence possible une interdiction bancaire, une procédure de surendettement…», illustre une pétition mise en ligne par la Conférence des bâtonniers de France sur Change.org, qui avait recueilli 6 000 signatures le 8 décembre. « Le rehaussement de ce seuil va éliminer beaucoup de litiges. 10 000 euros, c’est déjà une somme très importante pour beaucoup de justiciables. Ce sont les plus vulnérables qui seront le plus impactés », assure Maxence Delchambre, du SAF (Syndicat des avocats de France).

    « Il vaudrait mieux mettre des moyens »

    Pire, « certaines décisions ne pourront plus du tout, quel que soit l’enjeu financier, faire l’objet d’un appel », dénonce la bâtonnière de Montpellier. C’est le cas notamment des décisions des juges aux affaires familiales concernant les pensions alimentaires. « Par exemple, une mère isolée ayant saisi le juge aux affaires familiales pour avoir des pensions alimentaires ne pourra pas faire appel de la décision si elle ne les obtient pas ou si le montant obtenu ne lui convient pas », détaille la pétition.

    Enfin, le projet de décret contesté prévoit également l’instauration d’une « autorisation » préalable du premier président des cours d’appel pour juger en appel certains types de contentieux. Autrement dit « un filtrage des affaires qui va là aussi être un frein d’accès au juge », pointe Marie-Pierre Vedel-Salles.

    « Nous sommes dans une période où énormément de décisions sont rendues. Les juges traitent beaucoup de dossiers, parfois rapidement. Si on ne peut pas compter sur cette correction, ce second regard, c’est particulièrement grave » considère Sophie Barruet, de l’ACE – Avocats, Ensemble (association des avocats conseils d’entreprises). « Ce n’est pas parce que la justice est en manque de moyens qu’elle doit priver le justiciable d’accéder à son juge », renchérit la bâtonnière. « Avec Darmanin, les moyens supplémentaires qui pourraient être alloués à la Justice ne sont fléchés que vers la construction de prisons de haute sécurité, qui ont un coût énorme. Plutôt que ce choix du tout-sécuritaire, dont on sait qu’il n’est pas efficace car il y a un problème de réinsertion des détenus, il vaudrait mieux recruter de nouveaux magistrats et mettre des moyens dans les rouages de la justice », estime le représentant du SAF.

    À l’issue d’une rencontre sur le sujet fin octobre, Gerald Darmanin écrivait sur X avoir « parfaitement entendu » les préoccupations des avocats et promettait une « phase de concertation approfondie » avec leurs représentants. Une suspension du projet a été évoquée, qui ne satisfait pas la profession. « Nous exigeons son retrait ».

    * Rationalisation des instances en voie d’appel pour en garantir l’efficience.

  • Bientôt un même QG pour les forces de sécurité à Montpellier

    Bientôt un même QG pour les forces de sécurité à Montpellier

    « Rassembler toutes les autorités des sécurités sur un même lieu pour travailler ensemble et être mieux coordonné ». Voilà l’objectif affiché du futur hôtel des sécurités de Montpellier dont Michaël Delafosse a posé la première pierre, jeudi 4 décembre, à Celleneuve. « C’est une brique importante à l’ouest de Montpellier. L’efficacité passe par la coordination et la rationalisation des moyens. Tout était trop éclaté, on perdait du temps et de l’argent », résume le maire socialiste qui qualifie l’actuelle salle de crise de l’Hôtel de Ville de « passoire thermique ». « Ça nous coûte 300 000 euros par an ! »

    « Gérer les crises »

    Construit en lieu et place de l’ancien bidonville de Celleneuve, le futur hôtel des sécurités qui verra le jour d’ici 2 ans et demi, regroupera quelque 450 agents de la police municipale, de la police métropolitaine des transports, des missions de la prévention de la délinquance et de la sécurité civile. S’y ajoutent l’ensemble des moyens du centre de supervision urbaine de la Ville de Montpellier ainsi que ceux du PC sécurité de la TAM qui gère les contrôles des transports en commun. Si bien qu’au cœur de ce véritable quartier général (QG) de la sécurité, une salle sera équipée d’un gigantesque mur d’images.

    Si certains pourraient y voir une sorte de système de surveillance qui questionne les libertés individuelles, la municipalité insiste sur l’aspect dissuasif de l’outil. Le but est « la prévention de la délinquance et la protection de la population », explique l’adjoint à la sécurité et à la tranquillité publique, Sébastien Cote. En cas d’infraction constatée, « nous pourrons identifier les flagrances et aider à rendre justice », abonde le maire qui précise une autre fonctionnalité du lieu, celle de « mieux gérer les crises » lors des épisodes cévenols ou neigeux.

    Conçu par le cabinet Imagine – Architectes pour un coût de 65 millions d’euros, le bâtiment de 13 000 m² (dont 4 000 pourront être loués à des privés dans un pôle tertiaire), sera équipé « d’espaces polyvalents en cas de crise » (exemple : la vaccination Covid), d’un espace de formation et d’entraînement au tir, précise l’architecte lauréate Solveig Orth.

  • Occitanie : ces maires qui se représentent

    Occitanie : ces maires qui se représentent

    Armand Rivière, Pézénas (Hérault)

    « On arrive encore à changer les choses »

    À quelques jours d’officialiser sa candidature (vendredi 12 décembre à 18h place des États du Languedoc), Armand Rivière, élu maire en 2020, a encore faim. « Les raisons de mon engagement et de ma passion sont intactes même si on se confronte aux difficultés financières, administratives et au changement de la société. » En repartant avec une équipe de gauche plurielle (hors LFI qui cherche à bâtir une liste concurrente), l’élu socialiste de 43 ans entend continuer à œuvrer pour le quotidien des habitants qu’il croise dans la rue. « On est amené à s’expliquer sur les projets contestés, sur des travaux qui durent… On est en proie directe avec les gens, on arrive encore à changer les choses. » Fier de son tarif progressif à la cantine (dès 1 euro), de la rénovation de l’école de musique ou encore de la création d’un festival, Armand Rivière insiste. « Gauche et droite ce n’est pas la même chose, il y a des choix politiques à faire. » S’il est réélu face à l’ancien député macroniste Philippe Huppé, le maire maintiendra le cap sur les « valeurs humanistes ». Sujet de discorde, le projet du quartier Saint-Christol avec son réseau de chaleur sera mené à terme « en préservant les espaces ». « Pézenas perd des habitants donc des dotations. Il y a un réel problème de logement. » R.C.

    Pierre Polard, Capestang (Hérault)

    « On va gérer en bon père de famille »

    Après deux mandats à la tête de Capestang, Pierre Polard a la conviction qu’il peut encore apporter à sa commune. Malgré les difficultés, il estime le mandat qui s’achève « satisfaisant car on peut encore agir sur la vie des gens, on se sent utile. L’envie d’agir est plus forte que les contraintes qui pèsent sur les communes ».

    Depuis 2020, la cantine est passée à 1 euro, de l’argent a été injecté dans les écoles et le principe de gratuité des fournitures scolaires a été établi. Une patte sociale et solidaire que le maire veut sacraliser. À l’avenir, il n’envisage pas de « projets pharaoniques ». « En terme d’équipements, on a tout ce qu’il nous faut : salle polyvalente, station d’épuration, bon réseau d’eau… On va investir sur l’espace public, le cadre de vie. Gérer en bon père de famille et attendre des jours meilleurs. »

    Depuis son divorce politique avec Jean-Luc Mélenchon, l’ancien insoumis est aux côtés de François Ruffin (Debout). Mais le « bazar de la politique nationale » ne le passionne guère. Son équipe de gauche renouvelée pourrait avoir face à elle un ancien soutien, Pierre Cuestas, et peut-être une liste aux relents du RN. « Une élection n’est jamais gagnée mais on a de bons retours, je ne suis pas inquiet. »

    Cyril Meunier, Lattes (Hérault)

    « En gestion, il faut être un vrai pro. Je ne laisserai pas Lattes à des incompétents »

    Maire depuis 2001, Cyril Meunier qui à l’époque se revendiquait « frêchiste », n’en a pas fini avec Lattes, 3e commune de la métropole de Montpellier. S’il se représente pour un « dernier mandat », c’est d’abord « parce qu’il y a des choses qu’on n’a pas terminées ». Par exemple le quartier Ode à la mer ou le pôle autonomie santé qui vient d’ouvrir et doit être accompagné. Tandis que la crise immobilière se poursuit, Cyril Meunier veut « embellir l’espace public » et faire du logement une priorité. « Si on se livre aux promoteurs, on est mort. »

    Au contraire, celui qui est aussi vice-président de la Métropole entend « conserver mixité sociale et générationnelle ». « Depuis mon arrivée, le logement social a été multiplié par 10 et ça marche, tout le monde s’intègre. On est passé de 250 à 570 demandes annuelles de logement social émanant de Lattois. Si on veut que nos jeunes s’installent à Lattes, il faut faire aussi de l’accession libre. » Voilà pour les dossiers. Côté motivation : « Je ne laisserai pas la ville à des gens incompétents. » Une manière d’entrer en campagne contre Jean-Noël Fourcade (DVD), le Ciottiste Josyan Oliva et le proche du RN, Wassim Boughnim. Consultant en développement local (auprès des collectivités) de métier, Cyril Meunier insiste. « Le combat contre l’État sera très dur. En matière de gestion, il faut être un vrai pro. » Craignant des jours sombres, il veut continuer « dans l’intérêt général ». « On ne va pas s’en aller au bord du précipice. »

    Florence Brau, Prades-le-Lez (Hérault)

    « Il faut s’accrocher, agir pour le quotidien, être un acteur du changement »

    Le 23 novembre, Florence Brau annonçait qu’elle brigue un second mandat à Prades-le-Lez, près de Montpellier. « On a été confrontés à beaucoup de difficultés : le Covid qui a fait exploser nos devis et le coût des travaux, l’incertitude née de la dissolution et maintenant les errements du gouvernement. C’est difficile de se projeter et de monter un budget », souffle l’édile écologiste qui s’attendait à davantage de subventions. « On va les chercher avec les dents. »

    Au vu de la situation nationale et internationale, Florence Brau concède qu’il peut y avoir du découragement. « On se sent parfois démunis face à la détresse des gens. Mais il faut s’accrocher, je crois qu’on peut encore agir pour le quotidien, être un acteur du changement. » Consciente de ses limites à l’échelle d’une commune de 6 300 habitants, elle imagine un second mandat plus participatif. « On va se rapprocher de la population, des associations, des commerçants. Il faut se serrer les coudes », insiste celle qui se dit soutenue par son équipe municipale et sa famille.

    Côté projets, l’édile écologiste entend poursuivre l’agrandissement des écoles maternelles, la rénovation thermique, la végétalisation, la déminéralisation et l’accessibilité en ville. « Il faut redonner leur place aux piétons. » Et plus généralement, tisser du lien entre les gens. « La ville a beaucoup grandi, il ne faut pas qu’on devienne une commune dortoir. »