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  • La Région au chevet des lieux de santé

    La Région au chevet des lieux de santé

    « C’est à l’État de le faire, mais c’est nous qui payons », a déploré Renaud Muselier en visite à l’hôpital de Manosque, dont les collectivités financent l’extension, avec une nouvelle unité de soins palliatifs et un institut de formation. Sur les 7,9 millions d’euros du coût total, la Région finance plus d’un million, les communes de l’agglomération 1,9, le Département 500 000 euros et l’ARS 1,25 million. « Je tiens à remercier les maires, parce que c’est le seul endroit en France où on a un tour de table de ce niveau pour aider l’État à payer et soigner nos concitoyens, ça n’arrive jamais », a avancé le président de la Région.

    « Si tout va bien », l’extension devrait ouvrir « en 2029 », a expliqué Gilles Dufour, le directeur de l’hôpital. « On a reçu un avis favorable de la commission régionale d’investissement de l’agence régionale de santé en phase d’éligibilité fin 2025. Le dossier est en cours d’approfondissement. La commission régionale d’investissement doit se réunir le 17 mars pour donner ou non la validité et le top départ du projet », a-t-il précisé. « C’est un projet qui ne pourrait pas voir le jour sans le soutien indispensable et exceptionnel des collectivités territoriales », a-t-il salué.

    Une nouvelle maison de santé

    4,5 millions d’euros seront investis pour l’unité de soins palliatifs, avec 12 lits dont deux supplémentaires, et 3,3 millions pour l’institut de formation paramédicale, a détaillé le directeur de l’hôpital. Le président de la Région, le maire de Manosque, la présidente du Département et le directeur de l’hôpital ont rencontré les soignants et discuté notamment du « déficit chronique sur le fonctionnement de l’hôpital » et de « la mise en place d’une restructuration ».

    Plus tôt dans la journée, Renaud Muselier a visité le centre de soins Paul-Nalin à Forcalquier, où le maire David Gehant porte un nouveau projet de création d’une maison de santé. « Les professionnels de santé sont à l’étroit » dans le bâtiment actuel, a expliqué Dr Marjorie Hubeau. Le centre de soins Paul-Nalin, inauguré en juin 2024, a déjà permis de recruter de nouveaux médecins, indispensables dans ce département qui en manque cruellement. Dans la région, « on commence à manquer de médecins et la pyramide des âges est plus élevée que dans les autres régions, ce qui veut dire que, dans les cinq ans qui viennent, on va avoir une difficulté beaucoup plus importante », a avancé Renaud Muselier. Le président de Région s’est félicité d’être passé de 12 à 51 centres médicaux depuis le début de son mandat, dont 16 supplémentaires dans les Alpes-de-Haute-Provence.

    Le maire de Forcalquier a expliqué être en train de faire l’acquisition d’un terrain à l’entrée de la ville qui devrait permettre de réaliser la nouvelle maison de santé en 18 mois. « Sans l’aide de la Région, on est incapable de mettre en œuvre des projets comme ceux-là », a-t-il souligné. « On est les seuls en France à faire ça, ce n’est pas notre mission de payer à la place de l’État », a martelé Renaud Muselier, alors que la Région avait financé le centre de soins Paul-Nalin à hauteur de 720 000 euros.

    Renaud Muselier a également visité à Forcalquier la maison des entrepreneurs, l’un des rares centres Europe Direct situés en zone rurale, et le complexe sportif Alain-Prieur, dans lesquels la Région a également investi.

  • Aix-Marseille université s’allie avec SOS Racisme

    Aix-Marseille université s’allie avec SOS Racisme

    L’université Aix-Marseille (AMU) et SOS Racisme ont signé une convention de partenariat le mercredi 4 mars. La salle du conseil au Pharo est remplie pour l’occasion, en présence d’étudiants et de jeunes militants de SOS Racisme. « Cet accord permet d’accompagner les victimes d’actes racistes et antisémites, dans un contexte où la lutte contre ces actes n’est pas à la hauteur », affirme Dominique Sopo, président de SOS Racisme.

    L’objectif est d’organiser des événements et des formations contre le racisme et l’antisémitisme pour la communauté universitaire. « SOS Racisme vient informer et former les étudiants et apporte un dialogue différent avec sa connaissance du terrain », explique Éric Berton, président d’Aix-Marseille université. « C’est une réponse globale pour les jeunes étudiants victimes et spectateurs d’actes qui ne sont pas acceptables », indique-t-il. L’université avait d’ailleurs signé un partenariat avec la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) en décembre dernier. Les échanges entre les deux acteurs ont débuté en mai 2025 lorsque des étudiants d’Aix Marseille avaient signalé à SOS Racisme des actes de racisme, d’antisémitisme et de sexisme répétés dans différentes facultés de l’établissement. Des étudiants avaient été convoqués en conseil de discipline et depuis, plusieurs d’entre eux ont été exclus de l’université ou partiellement, selon le président.

    Tolérance zéro

    Un étudiant présent dans la salle s’interroge sur « la lutte contre les discours haineux propagés par les syndicats d’extrême droite sur les campus ». Éric Berton explique que l’université ne laisse rien passer et utilise les éléments juridiques à sa disposition : la sanction disciplinaire et la saisie du procureur de la République.

    La Défenseure des droits, Claire Hédon, a publié un rapport le 26 février qui estime que l’impact des dispositifs de lutte contre les discriminations dans l’enseignement supérieur reste « encore limité ». Pour Eric Berton, l’AMU est précurseure dans le domaine. « Nous sommes sur le bon chemin, déclare-t-il, nous avons mis en place un processus qui libère la parole. » En 2021, la direction a lancé le Service pour le respect et l’égalité (SpRE), importé de l’université de Montréal, et composé de quatre juristes chargés de traiter les signalements. Résultat ? Le taux de saisie a augmenté, à hauteur de 300 en 2025. L’université affiche une tolérance zéro contre les discriminations et les discours de haine avec une campagne d’affichage qui rappelle que ces actes sont des délits punis par la loi.

  • À Marseille, un gendarme corrompu au service d’un escroc fini

    À Marseille, un gendarme corrompu au service d’un escroc fini

    Un gendarme de la brigade de surveillance du littoral de Marseille a été condamné, lundi, à trois ans de prison avec sursis et cinq ans d’interdiction de la fonction publique pour corruption passive par personne dépositaire de l’autorité publique et détournement de données de fichiers d’État.

    Le commanditaire, Dany Hadid, était à la tête du restaurant Al Baladi, promenade Georges Pompidou (8e), où le gendarme se régalait gratuitement. Ce Libanais de 51 ans, connu pour avoir été condamné pour de nombreuses escroqueries, a écopé de trois ans de prison ferme assortis d’un mandat de dépôt pour corruption active. Le tribunal a accepté la confusion partielle de sa peine à hauteur d’une année avec sa dernière condamnation, en septembre 2023, à six ans de prison, qu’il purge pour des faits similaires. Dany Hadid, écroué à Luynes, avait escroqué un couple d’entrepreneurs marseillais de 853 000 euros et un commerçant arménien de 90 000 euros, en se faisant passer pour un agent de la DGSE. En 2017, il avait écopé de 5 ans de prison, à Versailles, pour avoir ruiné un restaurateur égyptien avec la complicité d’un ex-musicien de la fanfare de la gendarmerie.

    Appâté par une promesse de prêt de 100 000 euros à taux zéro, l’adjudant Jamel M., 48 ans, était intervenu d’octobre à décembre 2022 pour mettre la pression sur des commerçants. Loin de ses fonctions de surveillance des trafics maritimes et dissimulant l’intervention à ses collègues, il s’était rendu, en tenue militaire et en véhicule de gendarmerie, dans un restaurant libanais concurrent de Hadid au prétexte de vérifier qu’un salarié en arrêt maladie y travaillait, puis il s’était présenté dans l’épicerie fine de l’épouse pour réclamer une dette de 10 000 euros. « Je demandais juste aux personnes de payer. Je ne pensais pas faire peur. Quand j’ai dit “de toute façon, on va le retrouver”, ça voulait dire que la justice allait s’occuper de lui », a-t-il expliqué à l’audience du 10 février. Le militaire utilisait aussi son contact à l’Urssaf pour organiser un contrôle administratif auprès d’un restaurateur concurrent de Hadid et obtenir des infos dans le cadre d’un litige professionnel avec un employé.

    « Est-ce normal de régler des litiges à l’amiable dans le cadre de vos fonctions de gendarme ? Vous n’étiez pas respectueux, vous avez mis la pression », a opposé le procureur, qui a requis 3 ans de prison, dont un an ferme sous surveillance électronique. « Il m’a proposé de lui-même ce prêt sans contrepartie », a contesté le gendarme, muté depuis à Toulon. Il était bien noté et apprécié de sa hiérarchie. Le prêt devait prendre la forme d’une prise de participation au capital de MMMT, une société basée à Dubaï spécialisée dans l’extraction d’or et de diamants que le gendarme gère, ayant investi 270 000 euros provenant de la cryptomonnaie… Ce militaire décidément singulier possède aussi des comptes bancaires à l’étranger et sept appartements à Marseille qu’il loue, tout en vivant dans un logement de l’armée.

    « J’ai été bête sur ce coup-là, ça me rend malade. Je crois en l’humain, je lui ai fait confiance, je le considérais comme un ami, je n’ai pas cherché à comprendre », a dit le gendarme, qui réfute tout lien entre le prêt et les services rendus. Il était aussi reproché au pandore, qui avait accès aux fichiers d’État : 24 consultations au fichier de traitement des antécédents judiciaires, 16 au fichier des personnes recherchées, 17 au fichier des permis de conduire et 10 au fichier des véhicules, entre 2020 et 2023. Le tribunal a jugé « peu convaincantes » ses explications selon lesquelles « c’était pour montrer à des stagiaires de 3e ».

    Les 315 appels téléphoniques et SMS échangés entre les deux hommes établissent « un concert frauduleux », a estimé le tribunal, qui a toutefois relaxé le gendarme de tentative d’extorsion, car rien n’indique qu’il ait exercé des menaces ou des violences. Les restaurateurs victimes n’avaient pas voulu témoigner dans la procédure.

  • [Entretien] Benoît Payan : « La pétanque est un art de vivre, c’est dans notre ADN »

    [Entretien] Benoît Payan : « La pétanque est un art de vivre, c’est dans notre ADN »

    La Marseillaise : Pourquoi ce projet de boulodrome couvert à Marseille où il fait toujours soleil ?

    Benoît Payan : Marseille est la capitale de la pétanque. C’est un pays où on joue à la longue, où dès qu’on est petit, on connaît, on aime et on joue aux boules, et puis on a le plus grand concours de pétanque au monde : le Mondial La Marseillaise. Il y a deux sports très identifiés à Marseille, le foot et la pétanque, et il me paraissait donc logique au regard de la manière dont on vit ça, qu’on ait un boulodrome couvert. Après, bien sûr qu’il fait très souvent beau à Marseille, mais on a aussi des périodes pendant l’hiver où ça joue moins en raison du temps. Il nous faut des jeux de pétanque couverts et cet équipement permet de jouer en intérieur, et extérieur, avec des dizaines et des dizaines de pistes.

    Le projet prévoit aussi l’installation d’un musée ?

    B. P. : Oui, il y aura un musée de la pétanque qui permettra de montrer, avec une très belle muséographie, toute l’histoire des boules, comment tout a commencé. Je ne vais pas partir de la boule avec les clous, du pourquoi et du comment… mais peu de gens savent, par exemple, que les boules ont été amenées par les marins partout dans le monde. Ils débarquaient dans les ports avec leurs boules et jouaient sur les quais…

    Ce boulodrome couvert est un serpent des mers à Marseille. En quoi n’est-ce pas une promesse de campagne ?

    B. P. : D’abord, c’est finançable, ça ne coûte pas très cher en réalité. Et ce qu’on veut en faire, comme on a pu le faire avec le stade nautique Florence-Arthaud avec des stages pour les écoles, c’est un lieu qui vive, où on apprend à des générations à jouer et faire connaissance avec les boules. C’est un sport qui a cette identité marseillaise très forte. Ce grand boulodrome couvert manquait vraiment à la ville, pour les petits et les grands. En 2020, on n’a pas fait de promesses irréalisables et on n’en fait toujours pas. On est sur un objet monde que la ville et les Marseillais méritent. La pétanque comme la longue, est un art de vivre, c’est dans notre ADN. Je veux juste qu’on puisse jouer toute l’année. Et puis surtout, ça va permettre l’organisation d’un grand concours l’hiver. On a le Mondial La Marseillaise l’été, on peut avoir une grande compétition internationale l‘hiver.

    Vous aviez été à l’initiative de l’expo Pétanque ! au Musée d’Histoire de Marseille. Quel est votre lien avec la pétanque ?

    B. P. : Le jour où j’ai annoncé à mes équipes que je voulais faire une exposition dans un musée autour de la pétanque, les gens m’ont regardé comme un Ovni. Or, elle a vraiment bien fonctionné parce que beaucoup de gens ont une histoire avec la pétanque. Les gens étaient heureux de voir cette expo, ces photos et le rapport que la ville entretient à la pétanque. Moi, j’ai un grand-père qui était licencié, un père qui est toujours licencié et petit, il m’a traîné sur tous les terrains et tous les concours qui existent. Quand il n’y en avait pas, j’allais tous les dimanches après-midi à Caujolle regarder jouer. Et donc, quand tu es petit, tu commences à t’y habituer, tu prends une boule dans la main, tu joues. Moi, j’ai un rapport familial à la pétanque, mais il y a des gens qui n’ont pas cette chance et qui vont pouvoir, avec un équipement public vraiment structuré, jouer quand ils ont envie.

    Quelle sera la place des clubs ?

    B. P. : Beaucoup de clubs ont des lieux déjà dédiés, mais on peut imaginer qu’ils puissent venir s’inscrire et puissent, comme pour un stade en fait, prendre des créneaux. Après, si tu as 45 pistes à l’intérieur, un club n’a pas forcément besoin de 45 pistes, mais tu peux organiser ton tournoi l’hiver safe en disant, moi j’ai besoin de 10 pistes…. On est vraiment sur un équipement à vocation locale qui peut recevoir des compétitions nationales et internationales.

  • À Château-Arnoux, le PS ne soutient plus l’opposition

    À Château-Arnoux, le PS ne soutient plus l’opposition

    Philippe Bertrand n’est plus le candidat socialiste à la mairie de Château-Arnoux-Saint-Auban. La fédération des Alpes-de-Haute-Provence lui a officiellement retiré son soutien ce mardi 3 mars, en raison « de la composition de sa liste », comme a indiqué le Premier secrétaire fédéral du département, Boulares Soltani. Il lui était depuis longtemps reproché de présenter à ses côtés des personnalités ayant des proximités avec la droite et l’extrême droite. L’intéressé a immédiatement réagi via un communiqué, affirmant que sa liste « est et restera sans étiquette », et se présentant comme « à la tête d’une équipe pluraliste et indépendante ».

    Colistiers problématiques

    La tête de liste de l’opposition, ancien premier adjoint de Patrick Martinelli de 2014 à 2020 à Château-Arnoux-Saint-Auban, était jusque-là officiellement investie par le PS. Pourtant, cette situation suscitait de l’incompréhension au sein de la fédération locale. « Quand on voit les personnes à qui il s’est associé sur la liste, des gens de la droite ciottiste et de l’extrême droite, ça nous mettait extrêmement mal à l’aise », assure Sylvie Lyons, secrétaire de la section PS de Digne-les-Bains. Le candidat avait également revendiqué dans les colonnes de La Provence, le soutien des sections locales de LR et du RN, soutien que la section Rassemblement national du 04 avait ensuite démenti.

    Sylvie Lyons affirme que ses alertes répétées auprès du Premier secrétaire national, Olivier Faure, et du secrétaire fédéral, Boulares Soltani, sont restées lettre morte pendant plusieurs semaines. « On ne peut que se réjouir que le Premier secrétaire fédéral ait rectifié sa position, mais Philippe Bertrand a longtemps affirmé avoir le soutien de la fédération alors qu’il n’en a jamais été question en conseil », s’interroge-t-elle. Pour elle, ce retrait a le mérite de clarifier la position de la fédération, mais à deux semaines du scrutin, il arrive bien tard.

  • Les supporters du Sporting Toulon s’invitent dans le débat

    Les supporters du Sporting Toulon s’invitent dans le débat

    « Alors que le football est le sport le plus populaire, Toulon se distingue comme étant la seule ville parmi les 20 plus grandes du pays à ne pas compter de club professionnel, se privant des retombées sportives, économiques, sociales et sociétales qui vont avec », enrage Emmanuel, un fidèle supporter du Sporting, un club qui a très longtemps brillé et fait vibrer les tribunes de Bon Rencontre avant de tutoyer les abîmes. Et actuellement relégable en Nationale 2 (4e division).

    Une communauté « fortement mobilisée »

    Pour les passionnés de football, « le Sporting est englué dans une gestion inefficace depuis années maintenant ». Et cela, poursuivent-ils, « aussi bien au niveau de la Société anonyme sportive professionnelle (SASP) qui gère l’équipe première, qu’au niveau de l’association qui gère les équipes de jeunes, dont aucune n’évolue au niveau le plus haut de sa catégorie ».

    Les supporters s’estiment par ailleurs méprisés par la direction du club, et se disent obligés de développer eux-mêmes les outils de leur passion à travers des forums en ligne, des réseaux sociaux dédiés et des webmédias. « Car, si le président Claude Joye a réussi le tour de force de vider le stade de Bon Rencontre, il n’en reste pas moins que la communauté des supporters reste fortement mobilisée par ailleurs et milite pour son départ du club », reprend Emmanuel, remonté.

    Et de poursuivre : « À ce jour, nous entendons les prises de position et les promesses des candidats aux élections municipales de Toulon sur le sujet Sporting. C’est une bonne chose au regard des enjeux, de ce que représente cette institution dans l’histoire locale, mais aussi au regard des centaines de milliers d’euros d’argent public attribués au club par les collectivités. »

    Des candidats prévenus

    Pas question, pour autant, de laisser retomber la pression à quelques jours du premier tour. Regroupés comme jamais, ils souhaitent donc les interpeller très clairement : si les choses évoluent positivement après leur prise de fonction, ils seront partie prenante. En revanche, si les engagements ne sont pas tenus, ils sauront faire entendre leur voix pour dénoncer les manquements et faire connaître les responsabilités de chacun.

    Au moins, le message a le mérite d’être clair. La balle est désormais, à nouveau, dans le camp des politiques.

  • À Aix, Marc Pena avance au rythme de l’union

    À Aix, Marc Pena avance au rythme de l’union

    La campagne municipale n’a pas manqué de s’installer, aussi, sur le marché d’Encagnane. Dans ce quartier dit populaire d’Aix-en-Provence ce mercredi matin, les militants LFI tractent d’un côté, la liste Aix Avenir, née d’une union des forces de gauche et écologistes menée par Marc Pena, de l’autre. Cette fois-ci, aux côtés du candidat, se tiennent Jérémy Bacchi, sénateur (PCF) des Bouches-du-Rhône et Cyrielle Châtelain, présidente du groupe Ecologiste et Social à l’Assemblée nationale et députée de la 2e circonscription de l’Isère. Elle était la veille à Hyères, pour soutenir la liste Unie à Gauche. « Aujourd’hui, l’enjeu est celui de la mobilisation, dire aux citoyens que s’ils en ont marre, il y a un moyen de faire autrement et pour cela, il faut aller voter les 15 et 22 mars », assure la députée Écologiste, tract de la liste Aix Avenir en main. Elle constate : « Cela fait 20 minutes qu’on est sur le marché et déjà les questions de logement, de rénovation urbaine, les problématiques de chauffage et d’isolation, reviennent régulièrement. Ce sont des sujets sur lesquels la mairie doit tenir son rôle, dans son rapport au bailleur. Il n’empêche que ça reste des structures financées par le public, c’est un choix ou pas de faire le suivi de ce qu’il se passe. »

    « Basculer » à gauche

    Il y a urgence, pour Cyrielle Chatelain, à mener des rénovations urbaines, végétaliser, et, certes, si les communes sont en proie aux contraintes budgétaires, « dans cette situation difficile, une mairie fait quand même le choix d’investir dans certains sujets (…) Il y a un soutien (national) on est aujourd’hui ici avec un sénateur communiste, la gauche mène globalement bataille pour avoir davantage de moyens pour des collectivités, qu’elles retrouvent une liberté d’administration plus forte ». À ses côtés, Clément-Frel Cazenave (EELV), numéro trois sur la liste, rappelle que « l’écologie politique ce n’est pas juste l’environnement c’est aussi prendre en charge des problématiques sociales (…) ici, on est place Romée de Villeneuve, inaugurée il y a deux semaines : elle est totalement minéralisée. Les habitants ont été concertés sur le sujet, mais leur avis n’a pas été retenu… » Pour le sénateur Jérémy Bacchi, sa présence en soutien au candidat de gauche aixois s’inscrit dans une démarche plus large. « Je suis venu soutenir la liste d’union de gauche et écologiste qu’il conduit comme je le fais dans plusieurs communes de notre département, avec l’idée, plus largement, qu’il peut y avoir plusieurs bascules de villes dans le giron de la gauche, détaille Jérémy Bacchi. Il y a la volonté de créer les conditions pour cela : nous avons signé un accord historique dans 99% des communes que nous portons, pour créer une dynamique globale, et l’emporter dans un maximum de communes. » Ainsi entourés, Marc Pena et ses colistiers s’affairent, eux, à convaincre, distribuer les tracts, entendre les doléances d’habitants et de marchands aussi.

    Des conseils de quartier

    « Nous n’avons jamais eu de place autorisée sur le cours Mirabeau, malgré toutes nos demandes [pour les marchés d’été, Ndlr] », rapporte un vendeur de bijoux et accessoires. « Ils s’arrangent avec certains, c’est toujours les mêmes. Je connais le système. Si je suis maire je le changerai. Ce sera transparent où tout le monde peut candidater », promet Marc Pena. Un peu plus loin, on se plaint des rats dans le quartier, du manque d’arbres, des chaleurs dans les classes l’été… « Alors, qu’est-ce que vous allez changer ? », interpelle une cliente du marché. « Je vais gouverner de manière collective. Je prévois de créer ce qui existe dans la loi mais qui n’a jamais été fait à Aix, des conseils de quartier. »

  • La gauche présente une liste volontariste à Châteauneuf

    La gauche présente une liste volontariste à Châteauneuf

    « Votre présence nous confirme la nécessité d’une candidature comme la nôtre », lance Laurence Jouanaud (PCF) aux soutiens venus au meeting de mercredi soir, à la salle Michel-Blasco de La Mède. L’enseignante retraitée y présente le programme et la liste d’union de la gauche « Un élan pour l’avenir » qu’elle conduit avec ses 34 colistiers qui « ont en commun les mêmes valeurs de justice sociale ».

    Parmi les candidats mis en avant, Marc Lopez (PS), présenté comme « le compagnon de lutte idéal dans la campagne », Élodie Thiebaut, conseillère municipale sortante, Guy Defrance (EELV), également sortant, Jacques Messeguer (PCF), ancien adjoint à l’éducation de Vincent Burroni (PS). Figure aussi sur la liste Cyril Mistral, sapeur-pompier professionnel et président du moulin associatif Les moulins d’Olive, produisant de l’huile. Mais également Sylvie Grosseau, « châteauneuvaine depuis 1966 qui se battra contre l’abandon des quartiers périphériques » selon Laurence Jouanaud, ou encore Toomaï Boucherat, chercheur associé au CNRS.

    La santé sujet n° 1

    « La justice sociale signifie des services publics forts et accessibles à tous » développe Marc Lopez, qui veut répondre à « l’insécurité routière, physique et des biens. Nous voulons un poste de police nationale, combler les municipaux vacants et former les agents », par exemple à l’accueil de femmes victimes de violences. Et propose de créer une « plateforme de veille sociale avec les associations pour lutter contre l’isolement et l’habitat indigne », bref, « les insécurités sociales comme environnementales ».

    Élodie Thiebaut, ancienne infirmière, fait de la santé « un sujet primordial ». « Avec un médecin pour 3 000 habitants, c’est difficile. Le maire sortant s’en remet à l’État, mais nous avons une volonté en attendant », affirme-t-elle, proposant d’« assurer la disponibilité des locaux et le financement du matériel et des internes pour leur installation » sur la ville.

    Un habitant demande : « Pourquoi vouloir municipaliser l’eau ? ». Guy Defrance répond que « l’eau qui passe par Châteauneuf va à Martigues, mais ils paient moins cher que nous. C’est politique, nous voulons passer en régie ». « C’est les actionnaires qui coûtent cher » complète un autre. Un dernier remarque qu’il s’agit d’une compétence de la Métropole. Jacques Messeguer l’affirme : « En votant pour nous et pour les listes de gauche partout, on récupérera la Métropole. » L’ambition est affichée.

  • À Marseille, Martine Vassal se veut la « dame du faire »

    À Marseille, Martine Vassal se veut la « dame du faire »

    Frustrée par une campagne « de caniveau », où « le débat de fond est confisqué aux Marseillaises et aux Marseillais », la candidate de la droite et du centre, Martine Vassal (DVD) a décidé de « mettre un coup d’accélérateur » avec notamment ce mercredi, à quelques jours de la journée internationale de lutte pour les droits des femmes, la question de l’égalité. Réunies à la Coque, place Henri-Verneuil (2e) ce soir-là, on retrouve des amies, des colistières, des cheffes d’entreprise, des ex-avocates… Bref des femmes entrepreneuses qui réussissent à conjuguer « vie quotidienne et professionnelle » et qui mettent évidemment en avant Martine Vassal, « la dame du faire » qui avant « de vouloir être un maire, est une mère ». Alors qu’elle décroche dans les sondages, créditée selon les derniers chiffres de 18% des suffrages à peine dans une ville longtemps sous la coupe de Jean-Claude Gaudin, son mentor, la candidate ne lâche rien et donne sa vision de la femme, entre tradition et réussite toute libérale.

    « On ne nous pardonne rien »

    Pour arriver « à jongler avec nos responsabilités familiales, professionnelles et personnelles » pose-t-elle, après quelques blagues sur « ces messieurs, bien curieux de savoir ce qu’on allait raconter » dans cette soirée exclusivement féminine. « Il faut être un peu plus douées que les autres, affirmer nos compétences parce qu’on ne nous pardonne rien », assène-t-elle.

    Revenant sur son parcours à la tête du Département et de la Métropole, elle raconte avoir vu « des maires engagés pour leur commune », rappelle qu’elle a été choisie « car j’étais issue de la société civile et parce qu’on était des femmes. Il a fallu qu’on prouve qu’on avait des compétences ». Si le « combat municipal est un combat difficile car le maire est le dernier rempart dans la démocratie », elle assure s’être lancée dans la bataille pour lutter contre le « Marseille bashing ». « J’en avais assez de voir ces hommes, car ce sont majoritairement des hommes » appuie-t-elle, « qui faisaient des promesses », lasse « des combats de coqs ».

    Persuadée que « les femmes sont les piliers silencieux de Marseille », elle leur promet de « protéger les plus vulnérables », d’accompagner « les mères isolées » de faire en sorte « que tout le monde ait les mêmes chances de réussite ». Si elle affirme ne briguer qu’un seul mandat, c’est pour « préparer l’avenir du territoire, la jeune génération ». « On ne s’invente pas président d’un exécutif » estime-t-elle, forte du soutien de cette jeunesse, « une chance » pour la candidate.

    Concrètement, elle évoquera la création d’une académie de sports pour les femmes, de mettre le paquet sur l’accès au logement « pas que pour les femmes célibataires » ou de permettre aux femmes de circuler « en toute sécurité dans la ville ».

  • Sophie Camard affiche ses ambitions pour le 1er secteur de Marseille

    Sophie Camard affiche ses ambitions pour le 1er secteur de Marseille

    « Plus que onze jours pour convaincre », lance Leila Becard, colistière de Sophie Camard, venue à la rencontre des habitants. Dans une salle comble, l’ambiance est à la fois électrique et pleine d’espoir pour cette grande réunion publique, dernière étape d’une campagne menée dans un bras de fer face à la droite et à l’extrême droite.

    Faire le lien entre le nord et le sud

    L’occasion de rappeler le rôle central du 1er secteur, « à l’image de la ville, faisant le lien entre le nord et le sud de Marseille », souligne une autre colistière écologiste. Elle met en avant la transformation de l’espace public à Noailles, notamment par la piétonnisation et le développement des pistes cyclables. Le directeur de campagne, Julien Soret, insiste sur la priorité donnée à l’éducation, avec la volonté de construire la première école à Noailles. « On partait de chantiers laissés à l’abandon », rappelle-t-il, avant d’évoquer la mise en place de kits scolaires de 150 euros pour chaque enfant et l’objectif d’un agent spécialisé par classe bientôt en place.

    Sous les applaudissements, Sophie Camard prend enfin la parole. Elle réaffirme son engagement pour la culture et dénonce le fait que « la rénovation du Théâtre de l’Œuvre se fasse sans financement du département ou de la région », uniquement grâce à des fonds européens. Si elle est réélue, la culture sera « au cœur du mandat ». Elle annonce des échéances concrètes : trois mois après les élections, « Noailles devrait accueillir deux équipements de proximité, dont un lieu associatif rue d’Aubagne, en attendant l’ouverture du centre social ». Des travaux sont également prévus place de la Providence, avec la plantation de 50 arbres. « Nous avons gagné cette bataille : les voitures partiront, les arbres arriveront », se félicite-t-elle.