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  • Un sondage donne David Fournier en tête à gauche

    Un sondage donne David Fournier en tête à gauche

    Un sondage commandé par nos confrères de La Provence, publié ce samedi 20 décembre, place le candidat socialiste David Fournier en tête des listes de gauche. Avec 18% des intentions de vote, il se place à la troisième position derrière Olivier Galzi (DVD) avec 21% et Anne-Sophie Rigault (RN) avec 22%.

    Tandis que derrière se suivent l’insoumise Mathilde Louvain avec 14% et Stéphan Fiori (DVD) avec 10%. Puis, plus loin, se talonnent Joël Peyre (PRG) avec 5%, Paul Roger Gontard (Convention) avec 4,5%, Zinèbe Haddaoui (ex-PS), pourtant pas officiellement candidate, avec 3,5%, et Benoît Belvalette (Place publique) avec 2%.

    Rassemblement attendu

    Si ces chiffres, issus d’un échantillon d’un peu plus de 600 personnes, ne donnent qu’une photographie incomplète à plus de trois mois du scrutin, ils doivent cependant alimenter les discussions. Notamment à gauche, où tous les candidats appellent au rassemblement. Comme Joël Peyre, dont certains, lors de l’inauguration de son local de campagne ce mercredi 17 décembre, envisageaient une entente avec Avignon Collectif, le mouvement du PCF et de Génération.s, avec Zinèbe Haddaoui. Tandis que celui qui serait en tête à gauche, David Fournier, assure dans un communiqué émis ce lundi 21 décembre que sa liste, à laquelle se sont joints notamment EELV, l’Après ou encore le Parti animaliste, « apparaît comme la seule option crédible et la plus rassembleuse pour l’avenir de notre ville ».

    Avant d’insister que « face à la menace du Rassemblement national et à une droite libérale déconnectée de toute réalité avignonnaise, l’union est la seule option et la condition de la victoire ».

  • Une nouvelle société portuaire pour gérer le port de commerce de la rade

    Une nouvelle société portuaire pour gérer le port de commerce de la rade

    C’était dans les tuyaux, c’est désormais officiel. Jeudi, la Métropole TPM a acté la création de la société portuaire de Toulon – La Seyne pour la gestion, l’exploitation et l’aménagement du port de commerce. Un choix de gouvernance qui vise à mettre en commun les missions d’exploitation, et à lancer un programme d’investissement de modernisation : poursuite de la transition énergétique, maintien de la compétitivité, réfection des services portuaires, et adaptation à la montée des eaux. Une première phase de 35 millions d’euros, au cœur d’un programme public et privé estimé à près de 150 millions, sera menée sur 5 ans.

    Cette nouvelle entité entérine la récupération de la compétence portuaire par la Métropole. La concession pour la gestion et l’exploitation du port avait été confiée à la CCI du Var par l’État en 1956, initialement pour 50 ans, puis prolongée par plusieurs avenants jusqu’au 31 décembre 2026. En 2017, la législation a confié la compétence portuaire à la Métropole TPM, consacrant cette dernière Autorité Portuaire propriétaire du port de commerce Toulon- La Seyne Brégaillon. En parallèle, elle est en charge d’investissements tels que la connexion électrique des navires à quai, l’entretien lourd des quais, ou encore le dragage et le remorquage.

    Un pôle multi-activités

    Effective au 1er janvier pour 50 ans, cette société de droit privé à capitaux 100% publics doit répondre aux enjeux de développement du territoire et des multiples activités du port, avec la spécificité de la présence de la Marine nationale. TPM en est l’actionnaire majoritaire, aux côtés de la CCI, de la Région Sud et du Département du Var. Les communes de Toulon, La Seyne et Saint-Mandrier, ainsi que le ministère des Armées, seront membres du Comité des partenaires, institué pour permettre l’expression des territoires et de la Base de Défense. Les salariés de l’actuelle concession seront intégrés à la nouvelle structure.

    Le port de commerce regroupe les terminaux de Toulon – Côte d’Azur, de Brégaillon et du Môle d’armement sur la commune de La Seyne. Il accueille des ferries et des navires de croisière, du fret, des yachts, des navires scientifiques, et des entreprises en lien avec les activités maritimes (chantiers navals, centres de recherche…). Parmi les grands projets à venir, la construction des infrastructures d’accueil du Porte-avions de nouvelle génération (PANGI) en 2027. Dans ce cadre, la Marine nationale a prévu la réquisition d’une partie du foncier portuaire de deux hectares sur La Seyne-Brégaillon.

  • Une riche année culturelle en vue dans le département du Var

    Une riche année culturelle en vue dans le département du Var

    Avec 400 000 visiteurs sur les événements proposés dans les lieux culturels départementaux et les actions menées en régie en 2025, le bilan est positif pour le département du Var en matière d’action culturelle. Doté d’un budget de 11 millions d’euros, il aura – et c’est une bonne nouvelle au vu des sommes dédiées à la culture en France – les moyens de ses ambitions.

    Présentées jeudi dernier, elles se déclinent en sept axes. Le premier, « s’émerveiller », est consacré au spectacle vivant, avec, entre autres, la tournée Var Opéra et la scène ouverte départementale. Le deuxième, « s’ancrer », invite à (re)découvrir le patrimoine, à travers l’Écomusée départemental des 4 frères, notamment, qui proposera deux expositions, « Cuisine provençale » et « Pierre sèche », sur les bâtisseurs provençaux. Dans cette lignée, « Découvrir » nous replonge dans la mémoire de notre civilisation, avec des conférences et expositions proposées aux archives départementales.

    La quatrième thématique, « respirer », se matérialise à travers les nombreux événements organisés en des lieux extérieurs, dont l’Ecoferme de la Barre et la Maison de la Nature du Plan. Vous pourrez aussi « admirer » les œuvres d’arts plastiques présentes à l’Abbaye de la Celle et dans le Musée virtuel du Var, nouvel outil virtuel permettant d’accéder à l’ensemble de la collection départementale.

    Enfin, les deux dernières, « imaginer » et « apprendre », invitent à la lecture, avec la traditionnelle Fête du Livre, à la formation artistique à travers le Schéma départemental d’enseignement artistique (SDEA), et à l’inclusion des personnes en situation de handicap, à travers le Mois des Possibles.

  • Mathieu Morateur revient comme candidat

    Mathieu Morateur revient comme candidat

    Il choisit la campagne de 2026 pour revenir dans l’arène politique. Ancien adjoint aux nouvelles technologies et au développement durable de Richard Mallié entre 2014 et 2020, alors élu UDI au sein d’une majorité UMP, Mathieu Morateur, 35 ans, se lance dans la course à la mairie. Il conduit une liste sans étiquette, Bouc-Bel-Air a de l’avenir, face à trois autres candidats, dont le maire sortant Mathieu Piétri (SE). Alors pourquoi cette absence politique ? « En 2020, il n’y a pas eu d’accord politique sur le contenu de ce qui allait être fait », résume Mathieu Morateur. Comme cheval de bataille de sa campagne, il veut s’attaquer à la « crise de croissance » sur la commune.

    « On est entrés dans une accélération de ce phénomène avec sur la dernière année, des permis qui ont été déposés pour plus de 1 000 logements supplémentaires pour les 6 500 qui existent, contextualise le candidat. On a des obligations de constructions imposés par la loi SRU. Mais est-ce qu’on doit aller au-delà de ces obligations ? À ce jour, le choix a été de faire confiance aux promoteurs pour remplir ces objectifs. En contrepartie on leur permet de faire leur beurre, avec 50% de logements sociaux et 50% vendus à des prix allant jusqu’à 7 000, 8 000 euros du m². Il faut que les promoteurs comprennent que jusqu’à présent Bouc-Bel-Air était un terrain de jeu. Demain, ça ne le sera pas. » Autre sujet en ligne de mire : les écoles. « Il fait 30 degrés dans les salles de classes dès la fin du mois de mai. Pour des raisons écologiques, aussi, il y a un intérêt à passer à la clim réversible plutôt que de rester sur de la chaudière gaz, comme on l’est sur l’essentiel du parc. Je suis le seul, pour l’instant à le proposer », pointe Mathieu Morateur. À ce stade, le « noyau dur » de la liste est composé et compte notamment « un représentant de l’actuelle majorité ». Une bataille en perspective.

  • Mobilité : du ferroviaire plutôt qu’un projet routier « étriqué »

    Mobilité : du ferroviaire plutôt qu’un projet routier « étriqué »

    Les embouteillages autour du pôle d’activité des Milles (PAAP) fait régulièrement couler de l’encre. Pour pallier les bouchons quotidiens, le Conseil métropolitain, le 15 décembre, a voté un programme de travaux validant la mise en place d’un bus à haut niveau de service dit BHNS (notre édition du 20 décembre). Le tracé de cette ligne à double sens devrait passer donc par le sud de la Constance, les Milles, la Pioline, en longeant le Plan d’Aillane et l’aérodrome. En conseil municipal d’Aix, il a été avancé que le projet devrait permettre de transporter jusqu’à 3 500 personnes parmi les 11 200 voyageurs quotidiens depuis le centre-ville d’Aix. Livraison estimée du projet : 2030. Pour un coût de 183 millions d’euros. Mais pour un collectif d’associations qui compte la Fédération nationale des associations d’usagers des transports (Fnaut Paca), France environnement 13, le Collectif citoyen De Venelles, Nos TER-Paca, le collectif Tram-train et le collectif Climat du pays d’Aix il aura « fallu 5 ans pour que soit enfin présenté, sans concertation préalable » un projet « réaliste » mais « étriqué », qui rate surtout le coche d’une possibilité de développer la solution ferroviaire.

    Et la voie Aix-Rognac ?

    « La Métropole et la Région se refusent à tirer partie de la voie ferrée inutilisée Aix-Rognac, en parfait état et à l’abri de toute congestion routière, pour la prolonger jusqu’à l’intérieur du PAAP. La Métropole et le la Ville d’Aix-en-Provence font le choix d’aménager seulement quelques tronçons de voie bus, à simple ou double sens, pour faire le lien entre le PAAP et le centre d’Aix-en-Provence. Quel manque de vision », écrivent les associations, qui demandent « depuis 2022 » la prolongation des trains Marseille-Gardanne-Aix jusqu’à Plan d’Aillane et la réouverture aux voyageurs de « toute la voie ferrée Aix-Rognac avec arrêt à la Duranne, et insérer des trams-trains » au sein même de la zone du PAAP. « Ce n’est pas de l’ambition qu’il faut pour ce pôle d’activité », contextualise Stéphane Coppey, président dela FNE 13. Dans leur communiqué, les associations soulignent un « maximum de 1 000 personnes par heure de pointe vers le PAAP » quand un tram-train « en permettrait 5 000, soit 50 000 déplacements par jour ». « Pourquoi s’obstiner à vouloir faire un projet routier alors que tout est à disposition pour monter un projet ferroviaire ? poursuit Stéphane Coppey. On avait chiffré à 100 millions d’euros les coûts pour un tram-train qui utiliserait la voie existante. Si le projet était prolongé à l’intérieur de la zone des Milles, on en aurait pour 200 millions d’euros. On est dans le même ordre de grandeur de prix que ce qui est annoncé pour un projet routier qui n’aura qu’un cinquième ou un quart de la capacité, performance et qualité de service d’un projet ferroviaire », conclut Stéphane Coppey. Le collectif demande à ce que soit organisé un « véritable débat public » à ce sujet.

  • Rendez-vous vendredi pour le loto de soutien à La Marseillaise

    Rendez-vous vendredi pour le loto de soutien à La Marseillaise

    C’est le rendez-vous des amoureux du loto et des défenseurs du pluralisme. Comme chaque année l’association Ensemble pour La Marseillaise des Pennes Mirabeau organise son loto de Noël le 26 décembre.

    Au programme : 7 tours avec 3 quines (paniers garnis, bourriche d’huîtres…) et un carton plein (télé, appareils ménagers). 6 euros le carton, 15 euros les trois. Gros lot avec les voyages Sabardu : un séjour pour deux personnes Baie de Rosas.

    Nous vous attendons nombreux ce vendredi à 15h, complexe sportif Jean-Roure.

  • L’éclosion rafraîchissante de Tadjidine Mmadi

    L’éclosion rafraîchissante de Tadjidine Mmadi

    Les supporters marseillais découvrent peu à peu les joueurs issus de leur centre de formation. Il y a eu Bilal Nadir, Darryl Bakola, Robinio Vaz et il y a désormais Tadjidine Mmadi. Le jeune ailier gauche (18 ans) est entré pour 21 minutes, dimanche, face à Bourg-en-Bresse. Un court laps de temps qui lui a permis d’adresser une passe décisive à Bilal Nadir avant de marquer d’une lourde frappe croisée dans la lucarne droite. L’histoire retiendra qu’il a inscrit son premier but professionnel au stade Marcel-Verchère, lors de cette rencontre de Coupe de France. Un temps de jeu parfaitement utilisé pour celui qui commence à se faire une place dans la rotation de Roberto De Zerbi.

    Une saison d’apprentissage

    Le coach italien a suivi ses préceptes en récompensant un joueur s’appliquant à l’entraînement, bien que son statut dans l’effectif soit moindre par rapport à ses coéquipiers. L’entraîneur souligne aussi qu’il n’a pas un grand nombre de choix sur le poste du joueur d’origine comorienne. « Tant qu’il s’entraîne bien… Je dois être juste avec tout le monde, qu’ils aient 17 ou 40 ans. Il méritait de jouer. Dans ce secteur, on a peu de joueurs disponibles. On a Paixao, Weah et Greenwood, donc j’ai parfois besoin de piocher des joueurs du centre de formation. »

    De par son envie, son imprévisibilité et son insouciance, Tadjidine Mmadi peut devenir un élément important pour la suite de saison des Olympiens. Des qualités qui plaisent évidemment à l’ancien entraîneur de Sassuolo et de Brighton. « C’est un joueur fort, qui peut être déterminant pour nous. Il prend de bonnes décisions, il a un bon 1 contre 1, donc on verra sa progression. Les jeunes peuvent faire des exploits et ensuite baisser de niveau. C’est peut-être le cas de Robinio Vaz en ce moment, mais je suis certain qu’il reviendra à son niveau », décrit Roberto De Zerbi.

    L’ailier pré-formé à Malpassé (13e), où il a débuté le foot, a vécu un automne intense. Six compétitions jouées entre l’OM et ses sélections chez les Bleuets. Mmadi était présent au Chili, pour disputer la Coupe du monde des moins de 20 ans. La France a terminé à la 4e place, mais le joueur a pu gratter du temps de jeu, bénéfique pour les mois qui ont suivi. Avant même de partir en Amérique du Sud, il s’était illustré en Youth League, avec un doublé sur la pelouse du Real Madrid. Une première prestation de haut vol, face à une équipe que l’OM retrouvera dès les 16e de finale de cette Ligue des Champions de la jeunesse (3 février). En tout, le nom de l’international français a été couché sur dix feuilles de match, pour quatre entrées. Une minute contre l’Atalanta, à peine plus contre Lille et Brest, avant ses exploits à Bourg-en-Bresse.

    Bilal Nadir n’a dit que du bien de son jeune coéquipier, dimanche, après la rencontre dans l’Ain. « C’est un bon garçon. Il est travailleur, avec une bonne mentalité. Il a beaucoup de qualités et, s’il prend son mal en patience, il peut réussir de grandes choses, ici, à Marseille. » Justement, Marseille va devoir s’habituer à voir le visage juvénile de Tadjidine Mmadi.

  • « Les sermons de Marcel Pagnol », évocation des sociétés villageoises

    « Les sermons de Marcel Pagnol », évocation des sociétés villageoises

    C’est un titre surprenant ces sermons. On n’a pas le souvenir de vous avoir vu un jour porter la soutane. Pourquoi cette abondance ? », alpague en 1969, peu après la sortie des Sermons de Marcel Pagnol, un présentateur de l’émission télévisée Panorama, en direction du célèbre écrivain. Qui lui répond : « J’ai tourné plusieurs films qui se déroulent dans des villages. Dans la dramaturgie villageoise, le curé est un personnage très important, tout comme l’instituteur et le maire. Et lorsque l’on veut montrer tout le village réuni, on le trouve à la messe. » Ces Sermons de Marcel Pagnol, réédités fin novembre chez Fayard, sont à l’origine une idée de son ami lui ayant prodigué l’extrême-onction au crépuscule de sa vie, l’abée général des Prémontrés, Norbert Calmels. Parus en 1968, un « sermonnaire » de Pagnol qui pourrait paraître étonnant pour « un fils d’instituteur laïque, du nom de Joseph, bouffeur de curés et hussard noir de la République », mais dont la mère l’a baptisé en secret sur le Vieux-Port, relatait au micro d’Europe 1 le petit-fils de Marcel, Nicolas Pagnol, à la tête de la gestion des droits de l’œuvre de son illustre aïeul depuis 18 ans. Fayard, Europe 1… la galaxie du magnat Bolloré fait main basse sur tout ce qu’elle peut instrumentaliser.

    Le sens caché

    Il faut dire que par son aspect de Janus, l’œuvre de Pagnol, qui fut moitié bigot moitié laïque, ou encore bien complaisant, puis irrité pendant la période de l’Occupation, offre un terrain favorable à de pareilles récupérations. Malgré sa maestria, rien d’étonnant à ce que ne figure par exemple, un sermon du Curé de Cucugnan, adaptation cinématographique de Pagnol de la nouvelle éponyme d’Alphonse Daudet, cet écrivain antidreyfusard nîmois et parmi les mécènes de Drumont et de son pamphlet antisémite La France juive (1886).

    Mais le sermon, souvent empreint d’une drôle d’acuité sur la société, est aussi un biais efficace dans les trames narratives de Pagnol, comme c’est entre autres le cas dans Manon des sources. Comme le rappelait la comédienne Ariane Ascaride, qui a porté quelques-uns de ces sermons sur scène, dans ce film sorti en 1952, « le sermon soutient la dramaturgie du texte. Il permet au curé de dire aux habitants qu’ils n’ont pas une très bonne mentalité, mais aussi de faire un panégyrique de l’endroit où l’on est né ».

    Les Sermons de Marcel Pagnol, Fayard. 24,90 euros

  • [Un brin d’histoire de Noël] La débauche hyperconsumériste

    [Un brin d’histoire de Noël] La débauche hyperconsumériste

    Les achats de Noël sont un point d’acmé de la consommation. Depuis les Trente Glorieuses, la société d’abondance commande de dépenser pour cette fête préférée des Français. La course aux cadeaux mobilise les familles. Dans une société qui n’en fait pas, c’est une saignée budgétaire. Après Halloween et le Black friday, le capitalisme comment de faire encore chauffer la carte bleue pour combler tout le monde et pas seulement les enfants. Derrière la magie et l’enchantement de Noël, c’est une injonction à la dépense, à la surconsommation et au gaspillage aussi. Noël est à ce titre un fait anthropologique total car il s’impose à tous.

    Faire un cadeau est un impératif social profondément inscrit dans la psyché collective pour réaffirmer la mutualité des liens sociaux, le partage, la solidarité la sacralité de la famille, la compassion pour les isolés ! En France, 368 millions de cadeaux sont échangés à Noël donnant la mesure du volume des poubelles du 25 décembre. Ce potlatch général, ou surenchère dans la prodigalité, c’est la « guerre des dons » théorisée en 1923 par l’anthropologue Marcel Mauss. Le don est tout sauf gratuit. Il appelle au contre-don. L’avare craint toujours les cadeaux !

    Pour Pierre Bourdieu, au-delà du plaisir qu’il procure, Noël est un rite d’intégration. En dépensant, le snob affiche aussi son rang social. Cette consommation ostentatoire conduit à un paradoxe économique théorisé par l’économiste Thorstein Veblen (1857-1929) : la demande d’un bien de luxe, de différenciation sociale donc, croît à mesure que son prix augmente. C’est l’effet Veblen : c’est le prix qui génère la demande.

    Pour le philosophe marxiste Michel Clouscard (1928-2009), critique de la société du « capitalisme de la séduction », Noël dresse les enfants à consommer toujours plus, sans se soucier des effets de cette consommation sur l’environnement et sur autrui. Noël répond aux impératifs de la société de l’hyperconsommation. Le sapin de Noël est l’emblème d’une catastrophe écologique : en Europe, 50 millions de sapin finiront broyés.

  • Des illuminations victimes de leur succès à Sanary-sur-Mer

    Des illuminations victimes de leur succès à Sanary-sur-Mer

    Malgré la pluie qui a arrosé le Var ces derniers jours, et qui a notamment contraint la municipalité à annuler plusieurs animations (village gourmand, Père Noël, feu d’artifice…), des dizaines de personnes déambulaient sur le port de Sanary, lundi soir, pour profiter d’un moment féerique offert par les illuminations. Bateaux, arbres, mobilier urbain avaient, comme chaque soir, enfilé leurs habits de lumière, sous l’œil maternel de l’église Saint-Nazaire, elle aussi maculée de brillance.

    Inès est venue de Marseille pour montrer à Léo, son petit ami bisontin, ce spectacle qu’elle revient voir chaque année : « C’est très mignon. Ça change de Marseille, ça permet de voir autre chose », explique-t-elle, en quasi locale de l’étape. Car nombreux sont ceux qui ont fait plusieurs centaines de kilomètres pour voir scintiller le port de Sanary, à l’image de Jean et Jacqueline, venus expressément de l’Essonne sur conseil de leur fils : « On voulait montrer aux enfants car on nous a dit que c’était magnifique. Et effectivement, c’est splendide, féerique. » Peu leur importe le manque d’animations du soir : après avoir, notamment, assisté à la fête des Lumières, à Lyon, ils se plaisent davantage dans ce cadre que dans le brouhaha d’une foule compacte. Hélène et sa fille Lison, originaires de la capitale des Gaules, acquiescent : « On préfère Sanary, c’est très “mimi”, presque champêtre, alors qu’à Lyon, c’est une industrie. Ce n’est pas du tout le même esprit, il y a la mer, c’est bien plus sympa. »

    Leurs voisins stéphanois, Nicolas et Ingrid, venus prendre le pouls du Noël provençal après en avoir tant vu en montagne, sont forcément d’accord : « C’est à la hauteur de nos attentes. Les décorations sont originales dès l’arrivée dans la ville, les bateaux, l’église… C’est sympa, c’est une autre ambiance que ce qu’on a connu. »

    « On a régulé le passage »

    Une réussite que Pascal Gonet, adjoint au Maire en charge des animations, explique par « le cadre. Le port est devenu entièrement piéton, c’est très agréable. C’est une vraie carte postale, ponctuée par les pointus [les voiliers illuminés, Ndlr]. Et on ne fait pas de pub, sinon, on exploserait les compteurs (rires) ». Et les animations telles que « le feu d’artifice, l’arrivée du Père Noël, le village gourmand, les parades, même si on en a un peu moins cette année, favorisent l’attraction ».

    Mais certains relèvent quelques bémols. Florence, confiseuse, déplore « moins d’affluence que les autres années, même s’il y a beaucoup plus de monde le week-end, entre annulations, mauvais temps, questions de sécurité… ». Sylvain, glacier, abonde : « Ils se sont blindés sur la sécurité, car l’an dernier, ils ont considéré qu’il y avait trop de monde. Il y avait plus d’exposants sur le marché de Noël, on a 50% de passage en moins par rapport à 2024. » Pascal Gonet n’acquiesce qu’en partie : « On a légèrement réduit les animations pour réguler le passage, car cela devenait même impossible de se garer. On ne veut pas que la terre entière vienne, mais il n’y a pas de problème de sécurité. Les forces de l’ordre sont mobilisées selon les besoins. La météo a eu des conséquences, mais le premier week-end, il y a eu autant de monde que sur un feu d’artifice. » Et il parie qu’il en sera de même lors des prochains jours, notamment le 30 décembre, pour la parade lumineuse, et le 2 janvier, pour le traditionnel feu d’artifice du nouvel an.