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  • Des Biterrois toujours en lutte contre Ménard

    Des Biterrois toujours en lutte contre Ménard

    Près de 75 %. Au lendemain du premier tour des municipales, c’est la douche froide pour les progressistes biterrois devant le score de l’extrême droite dans la cité de Riquet. R. Ménard a été réélu confortablement (65,6%) et se prépare à entamer un troisième mandat. Les 9% restants sont apportés par le député RN Julien Gabarron qui, après avoir éjecté Emmanuelle Ménard du palais Bourbon en 2024, comptait ne faire qu’une bouchée de Robert. Pari raté. « Mais le vote de l’extrême droite est bien implanté à Béziers. Robert Ménard a réussi sa stratégie de l’union des droites sur laquelle il travaille depuis 2014  », soupire Mathilde Vidal, membre du média En vie à Béziers. À cela s’ajoute une communication municipale démesurée au service de l’idéologie réactionnaire de l’édile. « Nous avons une très grosse difficulté dans la ville à organiser la lutte contre cette propagande d’extrême droite. Il y a eu plusieurs tentatives mais toutes ont capoté », reprend Mathilde Vidal, évoquant le manque d’unité entre collectifs.

    Alors, le 11 avril, à 17h, est organisée à la Cimade une journée de débats
    – ainsi qu’un concert – avec plusieurs associations* et des collectifs voisins de lutte contre l’extrême droite (Sète, Montpellier). « L’idée est d’étudier les possibilités de création d’un collectif de lutte, mais aussi de réfléchir ensemble à un maillage régional », souligne Mathilde Vidal. Tout en proposant un contre-projet pour mobiliser les gens. « Il faudrait organiser une contre-culture idéologique sur le long terme contre l’extrême droite mais aussi regagner du terrain en termes de propositions politiques pour notre ville », reprend la Biterroise. La naissance d’un collectif pérenne ?

    *Technopolice, collectif Justice pour Mohamed Gabsi, collectif anti-CRA.

  • [Tribune] Abeilles et pollinisateurs : un enjeu majeur pour la région Paca

    [Tribune] Abeilles et pollinisateurs : un enjeu majeur pour la région Paca

    Le 7 avril 2026, la France accueillera à Lyon un sommet « One Health* », consacré à l’interdépendance entre santé humaine, animale et environnementale. Ce rendez-vous d’action ne peut ignorer un enjeu majeur pour notre territoire méditerranéen : la protection des pollinisateurs.

    La région Provence-Alpes-Côte d’Azur occupe une place majeure dans l’apiculture française. Elle accueille plusieurs milliers d’apiculteurs, professionnels et amateurs, et se caractérise par une forte diversité florale à l’origine de productions de miels reconnues. L’agriculture régionale – arboriculture fruitière, cultures maraîchères, semences, plantes à parfum, aromatiques et médicinales (lavande, thym, romarin…) – dépend largement de la pollinisation animale.

    Les abeilles domestiques, les bourdons d’élevage et les pollinisateurs sauvages assurent la reproduction de nombreuses plantes cultivées et sauvages. À l’échelle mondiale, 60 à 80% des cultures dépendent au moins partiellement de la pollinisation animale, représentant environ 35% de la production alimentaire. La pollinisation conditionne également la biodiversité végétale et, indirectement, la biodiversité animale.

    Pourtant, les constats scientifiques sont préoccupants. Ce service écosystémique** essentiel est aujourd’hui fragilisé. En Europe, les populations d’insectes déclinent fortement. En Paca comme ailleurs, certaines zones agricoles voient leurs paysages se simplifier, les ressources florales se raréfier et l’exposition aux pesticides persister. Le changement climatique accentue encore ces pressions, avec des étés plus chauds et plus secs.

    Notre région illustre aussi un paradoxe bien connu : des milieux naturels (garrigues, maquis, forêts…) en apparence riches peuvent manquer de ressources sur la durée. Après des floraisons printanières intenses mais brèves, les périodes estivales peuvent devenir critiques pour les pollinisateurs, soumis à un véritable stress alimentaire voire hydrique.

    Les abeilles sont également de précieuses sentinelles de l’environnement. En butinant, elles révèlent la présence de polluants dans leur environnement, faisant de la ruche un outil de surveillance à la fois agricole, écologique et sanitaire. Les informations données par les analyses des produits de la ruche sont essentielles dans le cadre d’une politique de santé publique efficace.

    Aujourd’hui, le diagnostic scientifique est posé. L’enjeu est maintenant d’agir. Cela suppose de mieux accompagner la santé des colonies, de faire évoluer les pratiques agricoles, de restaurer des paysages riches en ressources florales tout au long de l’année et d’intégrer pleinement tous les pollinisateurs dans les politiques publiques.

    Cela implique des choix concrets mais aussi concertés entre les collectivités locales – communes, intercommunalités, départements et Région – en matière d’aménagement, de gestion des espaces publics et de soutien aux apiculteurs et agriculteurs, afin de faire des pollinisateurs une priorité territoriale et non une variable d’ajustement.

    En Paca, la protection des pollinisateurs n’est pas une question secondaire. Elle conditionne la résilience de nos territoires, l’avenir de notre agriculture et, à terme, notre propre santé. Les solutions existent. Il appartient désormais aux décideurs de les mettre en œuvre.

    *Une Seule Santé

    ** Un service écosystémique désigne l’ensemble des bénéfices que les êtres humains et autres êtres vivants tirent des écosystèmes, directement ou indirectement.

  • [Grève dans l’éducation nationale] À Gap, la colère monte face aux options sacrifiées

    [Grève dans l’éducation nationale] À Gap, la colère monte face aux options sacrifiées

    « Les jeunes dans la galère, l’école publique dans la misère, cette société-là, on n’en veut pas ! » L’intersyndicale de l’éducation s’est réunie devant l’entrée de la Direction départementale de l’Éducation nationale, ce mardi matin, à Gap (Hautes-Alpes). Le message était clair : la baisse de la dotation horaire globale (DHG), inscrite dans le budget adopté par le gouvernement, constitue une injustice. Au lycée d’Altitude de Briançon, cette diminution entraîne la suppression de 80 heures de cours pour l’année 2026-2027, et 95 heures au lycée Aristide-Briand, à Gap. « L’option qui permettait aux élèves de pratiquer des sports adaptés à leurs difficultés médicales va être supprimée, regrette Andrée Marques, co-secrétaire de direction du lycée de Veynes. Les classes de Sciences économiques et sociales (SES), qui avaient été doublées pour mieux accompagner et qui avait permis au lycée d’avoir les meilleurs résultats régionaux en la matière, les classes en langue divisées en petits groupes… Ces dispositifs vont être supprimés, ainsi que des cours d’option. »

    Dans les Hautes-Alpes, la situation géographique complique l’adaptation à ces suppressions d’heures. « Certains lycées peuvent essayer de répartir les cours en option à cheval avec d’autres établissements, mais nous, à Briançon, nous sommes dans un lycée de montagne, très éloigné des autres, le premier est à Embrun, à plus de 50 km », s’attriste Patrick Charlier, enseignant en filière professionnelle au lycée d’Altitude. Quant à l’argument du gouvernement, qui justifie ces baisses d’heures par le déclin démographique, il convainc peu. « Les effectifs sont stables dans le département. à Briançon, on perd 20 élèves à la rentrée, cela ne va pas bouleverser les classes », rétorque Patrick Charlier.

    Le privé encore et toujours épargné

    La colère gronde aussi contre des coups de rabot qui concernent systématiquement l’enseignement public, et pas le privé. « à Manosque, le lycée public va devoir supprimer des options alors que le lycée privé va avoir deux classes de plus à la rentrée, avec des professeurs rémunérés par le rectorat, donc par l’argent public ! Sans compter qu’il reçoit plus de 1 000 euros de dotation rectorale par élève scolarisé », rapporte Andrée Marques.

  • Menaces sur les ressources stratégiques

    Menaces sur les ressources stratégiques

    Les décimales des stations-service qui montent chaque jour depuis l’attaque israélo-états-unienne contre l’Iran, il y a un mois, sont ancrées dans le quotidien. Mais, derrière le spectaculaire de la flambée des carburants qui agite le spectre d’un nouveau choc pétrolier, l’accès à de nombreuses ressources cruciales se retrouve pris dans les conséquences du conflit, entre le bombardement des infrastructures et les menaces sur le passage stratégique du détroit d’Ormuz.

    C’est le cas pour le gaz naturel liquéfié, certes marginal dans l’approvisionnement global en gaz, mais dont 20% proviennent du Qatar, qui a vu sa principale usine de Ras Laffen à l’arrêt après une attaque de drones. De quoi faire flamber les factures dans certains pays d’Asie et d’Europe, pourtant avec une demande en baisse à la sortie de l’hiver. Une situation qui risque de faire grimper les prix de l’électricité indexés sur les coûts du gaz.

    Mais derrière cet arrêt, c’est la production d’hélium, sous-produit du gaz naturel liquéfié, qui est aussi stoppée. Avec un retour à la normale qui n’est pas attendu avant six à huit semaines, confirmait le ministre qatarien de l’Énergie. Le gaz noble est crucial dans les industries de pointe, dans la santé et surtout dans la production des semi-conducteurs. Et si des réserves sont stockées en Allemagne, elles ne peuvent être conservées plus de 40 jours et l’Europe dépend à 40% du Qatar, l’un des quatre principaux fournisseurs avec les États-Unis, l’Algérie et la Russie. Le 25 mars dernier, le groupe français s’alarmait d’une pénurie à court terme.

    Autre ressource cruciale produite dans le golfe, un tiers des engrais transitent par le détroit d’Ormuz, dont la moitié du soufre, un tiers de l’urée, un quart de l’ammoniac… En moins de deux semaines, l’urée a ainsi flambé de plus de 13%, menaçant les productions agricoles, notamment dans les pays de l’Est africain. Et s’ajoutent encore des augmentations des cours sur l’aluminium et les plastiques produits aussi dans la région. Un cocktail explosif pour l’économie mondiale.

  • La désinformation en débat à l’université

    La désinformation en débat à l’université

    Préparée depuis décembre à l’initiative d’étudiants dans le cadre d’un projet du master Négociations internationales d’Aix-Marseille Université, la conférence organisée, ce mardi soir, sur la fabrique de l’information, au sein du campus Schumann d’Aix-en-Provence, ne pouvait tomber mieux, percutée par l’actualité locale aussi bien qu’internationale, des élections municipales aux répercussions de la guerre des États-Unis et d’Israël contre l’Iran.

    PDG de Grimms partners, spécialisée dans la fourniture d’informations et de conseil international auprès de sociétés privées notamment dans des contextes de tensions, Sébastien Benotti était ainsi bien placé pour alerter sur les biais médiatiques, entre les cortèges d’experts, les imprécisions et l’orientation de l’information. À l’image des frappes annoncées des Houthis contre Israël, en réalité des tirs en direction de l’État hébreux. Et d’appeler à comprendre d’où vient l’information, et au temps long de l’analyse loin de toute précipitation médiatique.

    Ancien officier de communication, le lieutenant-colonel de réserve Christophe Chomel de Jarnieu pouvait aussi apporter son éclairage sur les guerres informationnelles et leurs réponses par les institutions, reprenant l’exemple des faux charniers dressés par les mercenaires russes de Wagner au Mali.

    Pour La Marseillaise, le journaliste Yves Souben a pu revenir sur les conditions de production de l’information, toujours plus contraintes par la marchandisation d’un secteur en crise, la course à l’audience, face à une concentration toujours plus forte, une offensive idéologique et les menaces de l’IA générative. L’occasion de rappeler que les promesses issues des États généraux de l’information, en septembre 2024, n’avaient toujours pas abouti malgré l’urgence.

  • [Entretien] Christiane de Félice : « Les malades d’aujourd’hui sont les salariés d’hier »

    [Entretien] Christiane de Félice : « Les malades d’aujourd’hui sont les salariés d’hier »

    La Marseillaise : Quel est le bilan de l’Adevimap pour 2025 ?

    Christiane de Félice : Cette année, 18 adhérents sont décédés des suites de leur maladie professionnelle. Depuis 2002, on a connaissance de 506 victimes décédées. On a ouvert 431 dossiers, dont 226 pour des cancers, un record en un an. On a permis à 60 victimes et 35 ayants droit d’être indemnisés à hauteur de 2,88 millions d’euros environ. On a de plus en plus de dossiers, ça explose. Cette année, une dizaine de bénévoles ont donné 5 239 heures. On passe un appel au renfort.

    Ces chiffres montrent-ils que les maladies professionnelles progressent ou qu’elles sont mieux reconnues ?

    C.D.F. : Les troubles musculo-squelettiques sont sous-déclarés. Officiellement, entre 29 700 et 57 400 cas par an passent sous les radars. Pour les cancers, on oscille entre 66 900 et 99 400 cas. En octobre 2025, la Cour des comptes a estimé que ça représentait entre 2 et 3,6 milliards d’euros. Ce qui est grave, c’est que cette sous-déclaration ponctionne la branche Assurance maladie au profit de la caisse d’Accident de travail-maladie professionnelle (ATMP), abondée uniquement par le patronat. (…) C’est un manque à gagner énorme, alors que la branche ATMP est toujours excédentaire et que le patronat cherche toujours à faire diminuer ses cotisations.

    Quels sont les freins à la reconnaissance des maladies professionnelles et environnementales ?

    C.D.F. : La grande majorité du corps médical a des difficultés à mettre en lien les pathologies avec les conditions de travail et de vie. C’est pour ça que nous nous sommes rapprochés de la Communauté professionnelle territoriale de santé de Martigues en signant une convention, il y a deux ans, pour faire de la sensibilisation sur ces questions-là et dire aux soignants qu’il faut chercher une origine professionnelle ou environnementale aux pathologies, surtout dans nos bassins d’emplois.

    La CGT demande à ce que le site fosséen d’ArcelorMittal soit reconnu comme amianté. Suivez-vous ce dossier ?

    C.D.F. : Bien sûr. Arcelor fait partie de ceux qui nous apportent le plus de dossiers de cancers, avec Naphtachimie. Comme ce sont des maladies latentes qui se déclarent des décennies après l’exposition, c’est invisible dans les entreprises. Les malades d’aujourd’hui sont les salariés d’hier. Pour l’amiante, c’est la troisième demande déposée par les syndicats. Il y a tous les ingrédients. On a fait condamner Arcelor je sais pas combien de fois en faute inexcusable. Il y a un passif, une réalité, tout le monde le reconnaît, c’est simplement une question politique. Sans oublier qu’il y a aussi tous les préjudices d’anxiété déposés par les intérimaires et les sous-traitants par rapport au benzène, suite à un rapport de l’inspecteur du travail.

  • L’OM avance sans vrai cap pour la saison prochaine

    L’OM avance sans vrai cap pour la saison prochaine

    Avec Alban Juster à la présidence par intérim après la démission de Pablo Longoria, Medhi Benatia pour le moment dans le rôle de directeur sportif et Habib Beye sur le banc, en remplacement de Roberto De Zerbi, l’OM tient, à court terme, son trio décisionnaire. Mais comme toute institution, le club phocéen doit également se projeter sur le long terme, notamment à l’approche de la saison prochaine. Or, à ce stade, l’OM n’a aucune certitude quant à la stabilité de sa gouvernance, que ce soit à la présidence ou à la direction sportive, deux postes clés pour impulser une nouvelle dynamique.

    Dans un entretien accordé à nos confrères du JDD, le propriétaire américain Frank McCourt a néanmoins esquissé le profil recherché pour succéder à Pablo Longoria. « Ma préférence va à quelqu’un qui connaît bien la France et Marseille, je pense qu’il est crucial de comprendre la culture du club. La personne doit être un manager d’envergure et expérimenté. J’espère qu’on l’annoncera avant la fin de la saison », lance l’homme d’affaires bostonien.

    Depuis, les rumeurs se multiplient. L’une d’elles est alimentée par la sortie, lundi, de l’éditorialiste de RMC Sport, Daniel Riolo : « Le nom qui circule le plus, c’est celui de Mohamed Bouhafsi. Un profil que moi, je trouve excellent pour ce poste. D’un point de vue du sport, de la politique ou de la société marseillaise, il coche toutes les cases. Il connaît Frank McCourt, il connaît Medhi Benatia qui va partir, il connaît Habib Beye si celui-ci doit rester, les joueurs, les agents… Son carnet d’adresses dans le foot et ses réseaux sont très importants. »

    Fan de l’OM et régulièrement présent au Vélodrome, Mohamed Bouhafsi ne dispose toutefois pas, à première vue, de l’expérience attendue pour répondre pleinement aux critères évoqués par McCourt, samedi dernier. Dirigeant au sein du groupe Mediawan, le natif d’Oran n’aurait cependant pas besoin d’un tel vécu selon Daniel Riolo. Le journaliste de RMC va même plus loin, affirmant que Mohamed Bouhafsi serait séduit à l’idée de prendre les rênes de l’OM : « Je sais que ça l’intéresse, que c’est l’un des objectifs de sa vie. Nous, on l’a connu très jeune, mais c’était il y a quinze ans, il a fait son parcours. Je répète qu’au niveau du sportif, de la politique, de la ville de Marseille, de la société marseillaise dans son ensemble, il colle parfaitement. »

    Un ex-dirigeant de Puma ?

    Richard Teyssier, ex-directeur marketing et marque monde de Puma, figurerait dans la short-list pour devenir président, selon Foot Mercato. Ce quinquagénaire avait participé à la signature du partenariat entre l’OM et Puma, en 2018, lorsqu’il était directeur de l’équipementier pour la France.

    Le poste de directeur sportif reste également en suspens, d’autant plus que Frank McCourt a confirmé le prochain départ de Medhi Benatia, à la demande du dirigeant marocain. Selon le journaliste Adrien Pittore, de premiers contacts auraient même été établis avec Dimitri Payet et Steve Mandanda, qui disposeraient de clauses liées à une future fonction au sein de l’organigramme olympien.

  • Le maire de Manosque réélu président de l’agglomération

    Le maire de Manosque réélu président de l’agglomération

    Seul candidat à sa réélection à la tête de la communauté d’agglomération, le maire (DVD) de Manosque, Camille Galtier, a été largement réélu avec 55 voix sur 59 au conseil communautaire d’installation, mardi soir. « Merci de la confiance que vous placez en moi, aujourd’hui, pour mener les intérêts de cette agglomération au service de ses 25 communes », a-t-il réagi, au micro, à l’annonce des résultats.

    Le maire de Manosque a avancé le souhait « d’aider les communes dans leurs projets de restructuration urbaine, de travaux d’éclairage public, de voirie ou encore de gestion des eaux fluviales », ainsi que de fournir « l’assistance administrative dont les plus petites communes ont besoin pour mener à bien leurs projets, dans le cadre de l’avancée de leurs dossiers de subventions auprès de nos partenaires institutionnels, l’État et les fonds européens ».

    Camille Galtier a également insisté sur la volonté de « faire en sorte que notre territoire puisse avancer à l’échelle environnementale », notamment sur la question des ressources en eau, des déchets, de la gestion des risques d’inondation et de la préservation des parcs et des forêts. « On s’est engagé auprès de la Société du canal de Provence à faire en sorte que tous nos agriculteurs soient branchés au plateau d’irrigation de Valensole à un coût de 600 000 euros par an sur les dix prochaines années », a-t-il rappelé.

    Le « grand débat » à venir sera la formation et l’emploi des jeunes, ainsi que le logement « avec la reconquête de nos centres historiques », selon le président réélu de la communauté d’agglomération. « L’enjeu de ce prochain mandat » sera aussi le développement des transports en commun, a affirmé Camille Galtier.

    Les quinze vice-présidents et les quatre conseillers communautaires délégués ont ensuite été élus, pour la première fois au vote électronique, avec des boîtiers nominatifs « pour gagner du temps et assurer la confidentialité des votes à bulletin secret ».

    Une équipe masculine et très peu renouvelée

    Le premier adjoint au maire d’Oraison (Renaissance), Vincent Allevard, a été réélu premier vice-président délégué aux politiques contractuelles, aux fonds européens, à la gestion des déchets et au centre aqualudique. Jean-Claude Castel, maire de Corbières-en-Provence, qui avait soutenu Éric Zemmour en 2022 et Marine Le Pen en 2017, a lui aussi été réélu deuxième vice-président délégué aux relations avec les communes et à l’éclairage public.

    Pascal Antiq, conseiller municipal manosquin délégué au budget, reste également troisième vice-président délégué au pacte fiscal et financier, au projet de territoire et aux marchés publics. Les quatrième et cinquième vice-présidents demeurent aussi les mêmes : Paul Audan, maire de Gréoux-les-Bains, et Gérard Aurric, maire de Valensole.

    L’équipe des vice-présidents de la communauté d’agglomération reste très majoritairement masculine (4 femmes sur 15) et connaît peu de changements.

  • Au Grand Avignon, vers un duel Guin-Galzi pour la présidence

    Au Grand Avignon, vers un duel Guin-Galzi pour la présidence

    À une semaine de l’élection du président du Grand Avignon, la seule certitude qui se dessine, c’est que son nom commencera par G et tiendra en 4 ou 5 lettres. Les 73 nouveaux élus communautaires ont rendez-vous le mercredi 8 avril (9h30) pour désigner un successeur à Joël Guin, président sortant. Le maire (DVD) de Vedène, après avoir annoncé qu’il ne se représenterait pas, pourrait toutefois concourir à nouveau. Il s’opposerait alors à Olivier Galzi, nouveau maire (DVD) d’Avignon, qui rêve d’un doublé et, depuis une semaine, y consacre une majeure partie de son temps.

    Au sein des 16 communes, le panorama issu des municipales est quasiment inchangé, à l’exception notable d’Avignon, ville-centre, passé de gauche à droite. Les 12 maires qui se représentaient ont tous été réélus. À Saint-Saturnin, Entraigues et Jonquerettes, les édiles ayant passé la main ont été remplacés par des élus issus de leur majorité. Avec 11 élus, le RN reste stable et peut s’afficher en point d’appui, quand la gauche est, forcément, en net repli. En dehors des maires d’Entraigues (William Bouquet), de Sauveterre (Jacques Demanse) et de Velleron (Philippe Armengol), probablement amenés à rester dans l’exécutif avec des vice-présidences, la gauche avignonnaise compte 7 élus.

    « Ce sera serré »,

    RN et gauche en arbitres

    Le Grand Avignon dispose d’une majorité divers droite. Qui pour l’incarner ? Un temps évoquée, l’hypothèse Pascale Bories, maire (LR) de Villeneuve-lès-Avignon, a été écartée, jeudi dernier, par l’intéressée. « Je fais l’objet de rumeurs et d’interrogations au sujet d’une éventuelle intention de me présenter à la présidence du Grand Avignon. Je suis honorée, cependant, je ne suis pas candidate », a-t-elle clarifié sans afficher de préférence. Parmi les maires, seul Paul Mély (Les Angles) s’est déjà positionné en faveur de son homologue avignonnais. On se dirige donc vers un duel entre Olivier Galzi et Joël Guin. Les deux hommes se sont rencontrés il y a une semaine. « Ça s’est très bien passé », nous confiait Olivier Galzi dans une litote. La présence de Joël Guin au dernier meeting de campagne du 1er tour de David Fournier (PS), à Avignon, étant loin d’être passée inaperçue. Le sujet a pu être abordé entre les candidats putatifs, sans que l’abcès ne soit vraiment crevé.

    S’il n’est pas officiellement candidat, Joël Guin y réfléchit sérieusement. Il a reçu les maires sortants et d’autres échanges sont encore prévus d’ici à la fin de semaine. Sollicité, son entourage n’a pas donné suite quant au cheminement actuel de sa candidature. « S’il y va, ce sera très serré », prédit Philippe Armengol. Un temps sondé pour la présidence, le maire de Velleron a décliné. « Cela ne m’a pas laissé insensible, mais je ne me présenterai pas », soutient-il, assurant ne pas avoir arrêté son choix de vote. « En tant que vice-président à la transition écologique, j’ai eu des services compétents et un soutien continu logistique et financier pour Velleron, mais il y a du boulot sur les projets structurants », décrit Philippe Armengol, se refusant à opposer ville-centre et reste de l’agglo.

    Vice-président sortant, Jean-Firmin Bardisa (DVD) avait accédé à l’exécutif grâce à un rejet du maire (RN) du Pontet, Joris Hébrard. Toujours élu d’opposition, Jean-Firmin Bardisa compte bien se représenter à la vice-présidence, mais n’a eu « aucun contact » avec Joël Guin ou Olivier Galzi. Même schéma pour Annick Dubois (PS), vice-présidente, battue à Morières par le maire (RN) sortant, Grégoire Souque. « Je compte me représenter », glisse-t-elle. En ce sens, l’extrême droite pourrait jouer les faiseurs de rois. Soutiens de Joël Guin au début du mandat, ses élus sont devenus progressivement ses opposants (gestion du délégataire des déchets, affaire Tecelys) à mesure que la gauche avignonnaise se rapprochait du président pour finir par voter les derniers budgets.

    « Je ne pense pas qu’on présentera un candidat », fait part Mouloud Rezouali, élu Écologiste d’Avignon. Son vote pourrait échoir au candidat opposé à Olivier Galzi si le RN soutient le maire d’Avignon. « On jouerait les arbitres, je suis préoccupé par une éventuelle alliance des droites, Olivier Galzi a déjà fait appel aux électeurs RN, là, s’il s’allie aux élus, ce serait gravissime », prévient-il. Olivier Galzi tente de rallier à sa cause les maires, « sans hégémonie » avec un discours de « respect, de parité et de solidarité, quelle que soit leur couleur politique ». S’il y parvient, il pourra se dispenser des voix du RN. Sinon…

  • [Grève dans l’éducation nationale] À Toulon, les AESH et enseignants spécialisés sont à bout de souffle

    [Grève dans l’éducation nationale] À Toulon, les AESH et enseignants spécialisés sont à bout de souffle

    L’inconstance : la seule constante de la vie professionnelle de Florence Dho. Cette accompagnante d’élèves en situation de handicap (AESH) – deuxième corps le plus important à l’Éducation nationale après celui des enseignants – est arrivée à l’école primaire Saint-Exupéry de Hyères en mars. Un nouveau changement d’affectation qui nuit autant à son travail qu’aux élèves qu’elle accompagne. « J’en suis à mon 5e emploi du temps depuis septembre, certains sont à huit. Le bien-être des enfants n’est pas respecté. Ils changent d’AESH, les parents n’en sont même pas informés », déplore-t-elle. « Certains se retrouvent même sans accompagnement. On déshabille Pierre pour habiller Paul. »

    Derrière ce constat, une situation qui n’évolue pas, à l’image du vote du Sénat leur refusant le statut de fonctionnaire, en janvier. Avec pour autres conséquences des temps de travail incomplet et un salaire moyen évalué en 1 030 euros pour l’année 2024-2025. « On préfère nous laisser vacataires car ça coûte moins cher », dénonce Véronique Rinaldi, AESH à l’école Excelsior de Hyères.

    La politique d’accompagnement, incarnée par la généralisation des Pôles d’appui à la scolarité (PAS) depuis la rentrée 2025, ne convainc guère non plus. Ces dispositifs étaient censés offrir un suivi personnalisé aux élèves grâce à un travail collaboratif entre enseignants, éducateurs et professionnels de santé. Mais ils peinent à tenir leurs promesses. « Le PAS consiste en un enseignant ou un éducateur qui oriente les familles vers des spécialistes en dehors de l’école, plutôt que de traiter en interne. Cela n’apporte aucun moyen supplémentaire », soutient Élodie Hernandez, professeure spécialisée au collège La Marquisanne de Toulon et secrétaire départementale CGT éduc’action. Elle regrette l’effacement progressif des réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté (Rased) : « Les Rased impliquaient des instituteurs spécialisés, des psychologues scolaires, qui prenaient en charge les enfants sur le temps d’école. Aujourd’hui, tout est externalisé. L’école ne vient plus en aide à ceux qui en ont besoin. »

    « L’école inclusive est une coquille vide »

    Pour la syndicaliste, la création de 1 200 postes d’AESH, pour la rentrée prochaine, « est un pansement qui ne palliera pas un manque énorme », tant en effectifs qu’en formation, dans le cas de l’enseignement spécialisé : « Le certificat d’aptitude professionnelle aux pratiques de l’éducation inclusive (Cappei) n’est plus spécialisé selon le public. Et, à partir de la rentrée, la moitié des heures de formation se fera sur du temps libre, les mercredis ou pendant les vacances. » Une mesure qui montre, selon elle, que « le gouvernement n’a pas l’intention d’agir sur le fond. L’école inclusive est une coquille vide. »