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  • Jean-Louis Gasset, l’emblématique entraîneur a tiré sa révérence

    Jean-Louis Gasset, l’emblématique entraîneur a tiré sa révérence

    Un grand monsieur au grand cœur a rejoint le paradis du ballon rond.

    Jean-Louis Gasset, ancien milieu de terrain qui a passé la quasi-totalité de sa carrière à Montpellier, avant de se reconvertir comme entraîneur, est décédé vendredi matin à l’âge de 72 ans. « J’ai appris avec une grande tristesse le décès de Jean-Louis Gasset, ancien joueur et entraîneur du Montpellier Hérault Sport Club. Profondément amoureux “de la Paillade” que son père avait cofondé avec Louis Nicollin, il avait accepté de sortir de sa “retraite” il y a quelques mois encore pour reprendre place sur le banc de touche et tenter de sauver le club d’une relégation annoncée », indique Michaël Delafosse, le maire de Montpellier.

    Le club héraultais a rapidement confirmé le décès d’une de ses plus illustres figures. « Le MHSC a appris ce jour avec une immense tristesse la disparition de Jean-Louis Gasset. Fils de Bernard Gasset, l’un des membres fondateurs du club pailladin aux côtés du président Louis Nicollin, Jean-Louis a successivement été joueur, éducateur puis entraîneur de l’équipe à trois reprises, la dernière d’octobre 2024 à avril 2025. »

    De son côté, l’Olympique de Marseille a fait part de « sa grande tristesse » à l’annonce de la nouvelle. « Le club perd aujourd’hui bien plus qu’un entraîneur : il perd un homme de football respecté, un technicien d’expérience, et une figure profondément attachée aux valeurs humaines de ce sport », déclare le club en lui rendant un hommage très appuyé.

    Après avoir commencé sa carrière d’entraîneur à « La Paillade », Jean-Louis Gasset a été l’adjoint de Luis Fernandez à Istres, avant de collaborer avec Laurent Blanc aux Girondins de Bordeaux, au Paris Saint-Germain et en équipe de France. Avec le « Président », l’ancien milieu de terrain a réalisé à quatre reprises le triplé historique « Championnat de France, Coupe de la Ligue, Trophée des champions » (une fois avec Bordeaux en 2008-2009 et trois fois avec le PSG de 2014 à 2016).

    « Avec Laurent Blanc, on a vécu une période positive, on a gagné beaucoup de choses. Il a fait en sorte que les joueurs restent eux-mêmes et puissent s’exprimer. Il imposait très peu de restrictions et il avait un très bon adjoint [Gasset, Ndlr], un type vraiment fantastique », expliquait Zlatan Ibrahimovic en 2018, deux ans après avoir quitté le club de la capitale.

    Dernier carré olympien

    Après avoir obtenu son diplôme d’entraîneur professionnel en 2017, « Papy Gasset » a repris en main Montpellier, Saint-Étienne et Bordeaux en tant qu’entraîneur principal. Il n’est jamais resté plus de deux saisons dans l’un de ces trois clubs. Sa carrière d’entraîneur a connu un nouveau rebond en 2022, lorsqu’il devient le sélectionneur de la Côte d’Ivoire. Il a démissionné de son poste d’entraîneur au cours de la Coupe d’Afrique des Nations 2023, suite à des contre-performances face au Nigeria et à la Guinée équatoriale, alors que les Éléphants ont fini par remporter la compétition à domicile.

    L’OM lui met le grappin dessus dans la foulée, pour assurer l’intérim de Gennaro Gattuso lors de la deuxième partie de la saison 2023-2024, où il emmène les Olympiens jusqu’en demi-finale de la Ligue Europa à Bergame. La saison passée, après avoir annoncé pour la deuxième fois de sa carrière sa retraite d’entraîneur, il a quand même fini par tenter de sauver son club de cœur, Montpellier, d’une descente quasi inévitable en Ligue 2.

    Il n’a finalement pas réussi sa mission, mais cette dernière aventure – alors que le club hongrois de Ludogorets lui a proposé un contrat au mois d’octobre qu’il a décliné, en considérant qu’il avait fait son temps – a démontré, si besoin était, que Jean-Louis Gasset était un homme de défis.

  • La réquisition de médecins à la dernière minute fait débat

    La réquisition de médecins à la dernière minute fait débat

    Du 25 décembre au 4 janvier, 17 médecins libéraux ont été désignés pour assurer des gardes à Aubagne, La Ciotat et Martigues. La préfecture sur sollicitation de l’Agence régionale de santé (ARS) Paca, a pris cette décision afin de maintenir la continuité des soins pendant les fêtes et de limiter la saturation des urgences hospitalières. L’ARS précise aux médias que « les praticiens ont été sélectionnés parmi ceux qui n’avaient pris aucune ligne de garde sur l’année ». Les Bouches-du-Rhône est le seul département de l’Hexagone où plus de la moitié des créneaux de permanence des soins ambulatoires restent vacants faute de volontaires, ce qui a rendu nécessaire le recours à des réquisitions.

    Ces gardes couvrent des plages horaires étendues allant de la journée complète à la soirée uniquement, et permettant de traiter en priorité les patients orientés par le Samu, évitant ainsi des passages inutiles aux urgences. Olivier Reilhes, directeur de la santé publique et environnementale de l’ARS Paca, rappelait dans nos colonnes que la semaine dernière, « 2 000 passages aux urgences pour états grippaux et un peu moins de 500 hospitalisations » ont été recensés.

    Une décision contestée

    Si cette mesure a été jugée indispensable par les autorités sanitaires, certains médecins contestent sa mise en œuvre. Le Dr Jérôme Marty, président de l’Union française pour une médecine libre, explique que la principale critique concerne la temporalité de la décision : « On a attendu le dernier moment pour la faire. Les tableaux de garde sont connus depuis six mois, et il arrive rarement qu’il y ait quelques dates vacantes. Normalement, quand il y a personne, la réquisition tombe bien plus tôt. »

    Malgré ces critiques, la réquisition permet de garantir la continuité des soins pendant les fêtes. Elle est particulièrement nécessaire alors même que les urgences se trouvent déjà fortement sollicitées, notamment en raison de la circulation intense de la grippe et de la bronchiolite.

  • De la catastrophe des Nouvelles Galeries naît le bataillon des marins pompiers

    De la catastrophe des Nouvelles Galeries naît le bataillon des marins pompiers

    Marseille frappée en plein cœur ! Des victimes et des décombres ! La ville en deuil ! L’impuissance des hommes devant la fureur déchaînée des éléments ! » Dans son édition du 29 octobre 1938, Le Petit Provençal multiplie les points d’exclamation. La veille, un incendie d’une rare violence a pris dans le salon de thé des Nouvelles Galeries, au deuxième étage du bâtiment qui fait l’angle entre la rue Scotto et la Canebière, à 14h25. En moins de 15 minutes, c’est le brasier.

    Dépassés, les sapeurs pompiers marseillais, 400 pour un million d’habitants, ne disposent que de 5 autopompes « dont trois démodées peu maniables, d’un rendement nul et pas de transports rapides pour les hommes », la seule voiture avec échelle « n’arrivait pas au-delà du deuxième étage », décrit l’envoyé spécial de Paris-Soir qui pointe l’incurie des services incendies dès le lendemain de la catastrophe. Pire, ils n’ont jamais fait « d’exercice d’ensemble ou d’éducation contre le feu ». Leur capitaine par intérim blessé, le manque de pression d’eau, la foule de badauds que la garde mobile peine à maîtriser, leur compliquent la tâche. L’Amiral Muselier demande le renfort des marins pompiers de Toulon, des hommes viennent prêter main forte de Tarascon, d’Aix, Salon, Avignon, Lyon.

    « Qui commande ici ? »

    Dans la panique, clientes et personnels mourront asphyxiés ou piétinés. D’autres se jetteront par les fenêtres. Le mistral qui souffle en rafales propulse le feu de l’autre côté de l’avenue, le toit de l’hôtel Noailles s’embrase, « heureusement presque vide » note Paris Soir, car l’établissement accueille Édouard Daladier, président du Conseil et des ministres, pour le 35e congrès du Parti républicain, radical et radical socialiste au parc Chanot. Avec le président de l’Assemblée nationale et maire de Lyon, Édouard Herriot, et le ministre de l’Intérieur, Albert Sarraut, il assiste aux opérations de sauvetage. Et s’indigne : « Qui commande ici ? Il n’y a-t-il donc pas de chef, pas un homme pour diriger ? »

    L’incendie ne sera maîtrisé que le lendemain à 7h. On déplore 73 morts. L’origine du feu est accidentelle a tranché le parquet de Marseille. Il aurait pris au premier étage, où se trouvaient de nombreuses bouteilles d’oxygène liquide et « trouvé un aliment exceptionnel dans les toiles goudronnées qui recouvraient les échafaudages », des travaux de réfection… du système incendie étant en cours.

    La sanction tombe dès le 31 octobre, Albert Sarraut annonce l’étatisation du corps des marins pompiers. Dans son discours lors des obsèques des victimes, le 14 novembre, il appelle à une « réponse droite et claire » à la « défaillance de l’acte des hommes dans la prévision du péril et dans les moyens du combat livré à son attaque », dans une ville qui a besoin « d’hygiène physique et morale » indique le Petit Provençal. En janvier 1939, Marseille est mise sous tutelle, le 29 juillet, un décret-loi va donner naissance au bataillon dont une caserne occupe désormais une partie du site où s’est déroulé le drame.

  • Le cinéma, refuge post-Noël dans les Bouches-du-Rhône

    Le cinéma, refuge post-Noël dans les Bouches-du-Rhône

    En ces samedi 26 ou dimanche 27 décembre, les estomacs et les sangs sont peut-être saturés de gras et de sucre. Les cœurs, eux, peuvent être lourds d’avoir entrevu le temps d’un repas de Noël des proches qu’ils ne reverront pas de sitôt. Face à pareilles crises de foie et de blues, pourquoi ne pas aller s’ouvrir l’imaginaire et se faire une toile ce week-end dans certaines salles des Bouches-du-Rhône ? À Marseille, le cinéma le Gyptis, dans le quartier de la Belle de Mai, ne lésine par exemple pas sur les films à destination de la jeunesse. Y est programmé samedi et dimanche un film pour les tout-petits comme La petite fanfare de Noël, qui propage la petite musique de l’hiver venue d’une forêt « fredonnant tout bas la joyeuse cacophonie des petits yétis et la grande fanfare des ours et renards ». Accessible dès 3 ans. Autre film d’animation, cette fois-ci dédié aux 8 ans et plus, Arco suit quant à lui les aventures d’une fillette dénommée Iris qui va devoir aider « un mystérieux garçon tombé du ciel », provenant d’un « futur lointain où voyager dans le temps est possible », à rentrer chez lui. Autant de films aussi programmés au cinéma Les Variétés qui proposera également un sacré cadeau d’après fêtes pour les adultes avec la projection en avant-première, dimanche 28 décembre à 16h, du dernier film de Jim Jarmusch, Father mother sister brother. Couronné du Lion d’or lors de la dernière Mostra de Venise, un triptyque autour des relations intrafamiliales et de leurs turpitudes avec un sacré casting : Tom Waits, Adam Driver, Mayim Bialik, Charlotte Rampling ou encore Cate Blanchett.

    Pour petits et grands

    Du côté de La Ciotat, l’Eden Théâtre ne sera pas non plus en reste. Outre des films d’animation comme Panique à Noël, qui conte la drôle de guerre entre une famille d’humains et de souris pendant les fêtes, ou bien plus sérieux et effrayant, tel que le thriller extraterrestre sur fond de complotisme, Bugonia, le cinéma ciotaden proposera samedi 27 décembre à 18h30 un « ciné-concert burlesque » autour de courts-métrages façon Buster Keaton et Harold Lloyd. Au cinéma La Cascade de Martigues, si des traditionnels films pour enfants seront programmés, l’affiche sera aussi nourrie par des classiques comiques comme Les bronzés font du ski ou encore le petit bijou réalisé par Faih Akin, Une enfance allemande, qui évoque le crépuscule du régime nazi et les jours d’après, dans les yeux d’un jeune Allemand de 12 ans habitant sur l’île septentrionale d’Amrum.

  • Coup de jeune pour la Mosquée Missiri

    Coup de jeune pour la Mosquée Missiri

    Elle détonne dans une commune aux mains du RN depuis 2014. Construite par les tirailleurs sénégalais – dans le but de vaincre le mal du pays – entre 1928 et 1930 au camp militaire de Caïs, qui accueillait des troupes coloniales africaines, en périphérie de Fréjus, la Mosquée Missiri est une réplique de la Grande Mosquée de Djenné, au Mali. Elle est l’une des premières construites sur le sol français par les soldats africains venus libérer la France des nazis lors de la Seconde Guerre mondiale, demeurant non seulement un témoignage de la participation décisive de ces derniers, mais aussi une preuve de fraternité entre les peuples et du respect de la pratique de la foi. « La Missiri n’était pas à proprement parler un lieu de prière, mais un lieu de vie, pensé pour accompagner ces soldats dans une période de transition. C’est un lieu singulier, à la croisée des cultures et des mémoires. Sa valeur tient autant à son architecture qu’au récit humain qu’elle porte », souligne ainsi Pierre Excoffon, directeur de l’archéologie et du patrimoine de la ville.

    Classée monument historique en 1987

    Basé sur un niveau, de plan carré, l’édifice de 22 000 m² est recouvert d’ocre rouge. Les tours d’angle sont ornées de pointes en béton armé – pour résister au climat européen –, rappels des poutres en bois renforçant la construction, en terre, du modèle africain. Le toit est garni d’une terrasse, et l’intérieur de peintures murales inachevées.

    Inscrite à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques en 1987, elle a été cédée par le ministère de la Défense à la ville de Fréjus en 2019. Elle connaît actuellement une cure de jouvence, alors qu’elle était fermée au public depuis 2020. Une première phase de travaux a débuté en novembre. Elle porte sur la stabilisation de l’édifice : reprise des fondations, restauration des façades, traitement du plancher haut et gestion des eaux pluviales. Aux abords, les premières interventions concernent les cases, totems, termitières et le square sacré. Une seconde phase, prévue fin 2026, portera sur la restitution des décors et l’aménagement des abords en vue d’une ouverture au public en 2027. L’ensemble comprendra aussi un parcours paysager et des dispositifs didactiques. Au total, les travaux auront coûté 1,8 million d’euros, financés par la Ville, la Région et le ministère de la Culture.

  • Les musées marseillais accueillent les tout-petits

    Les musées marseillais accueillent les tout-petits

    Le Muséum d’histoire naturelle de Marseille a proposé une animation gratuite de fabrication de photophores mercredi 24 décembre pour les enfants âgés de 3 à 6 ans. L’atelier « La fabrique de dame nature » affiche complet, les enfants accompagnés de leurs parents et grands-parents ont été accueillis par Yzabela, chargée d’animation petite enfance. Elle introduit l’atelier : « Vous allez faire un vœu pour dire aux animaux de faire attention. »

    Les enfants s’attroupent autour d’une table, disposée derrière un épais rideau noir au sous-sol du musée. Yzabela, reine des lucioles installe ses invités, des tabliers sont alors distribués, confectionnés à l’aide de morceaux de récupération de fond de vitrine. « Allez ! On y va et j’y vais aussi », lance Yzabela. Ici, tout est permis, les doigts deviennent des outils à la manière des pinceaux.

    Le musée est bien équipé : petits pots en verre, peinture à base de plantes et pompons « magique » en guise de pinceaux. « Les matériaux proviennent à la fois de bons de commande et de récupération, c’est une contribution collective » indique Joëlle Ballester, cheffe de projet au Muséum.

    Une initiative collective

    Yzabela conclut l’atelier par « le serment des gardiens de la nature : je promets de protéger la nature du feu », dit-elle, les enfants lèvent la main droite, puis le répètent. Les petites lucioles sont invitées à adresser un mot ou un dessin pour exprimer leur ressenti, une étape importante pour Yzabela : « Ces mots seront mis dans le cahier d’or et transmis au conseil municipal, notre rôle, c’est de protéger et transmettre. »

    La plateforme en ligne POEM (plateforme des offres éducatives de Marseille) lancé en 2024 propose une sélection d’offres en matière de médiation à destination des enseignants, des éducateurs et animateurs. Ces ateliers tendent à se pérenniser, la Ville de Marseille souhaite développer l’offre culturelle en direction du jeune public, « c’est aussi une demande des visiteurs d’avoir des temps d’accueil dédiés au moins de 6 ans », indique Joëlle Ballester.

    La Ville de Marseille propose deux autres activités avant la fin de l’année, le mardi 30 décembre au Musée des beaux-arts et les 30 et 31 décembre aux Archives municipales.

  • Bonnieu ou l’écologie du vivre-ensemble

    Bonnieu ou l’écologie du vivre-ensemble

    Entre terre et mer. Le sentier pédestre de la boucle botanique de la plaine de Carro offre une combinaison de paysages naturels remarquables, où les tapis d’arbustes de la plaine de Bonnieu contrastent avec l’anse d’Arnette et le reste du front de mer balayé par les vagues, reliés par une unité minérale particulière à la garrigue.

    En ce jour de Noël 2025, nombreux ont fait le choix de parcourir ces terres, sous un ciel nuageux mais bienveillant teinté de bleu. Quelques rayons de soleil ajoutent à ces contrastes naturels quoique compensés par le filtre d’un après-midi d’hiver.

    L’endroit est idéal pour les familles, coureurs et cyclistes, nombreux à se croiser sur le chemin du littoral, partis de l’anse de Bonnieu ou du parking des Arnettes, au choix. D’autres préfèrent l’arrière-pays immédiat, toujours sur le sentier de la boucle botanique. Là où l’odeur épicée des pins exalte Vanille, jeune chienne Cane corso d’un an et demi promenée par sa maîtresse Murielle Clément.

    « J’ai tendance à préférer les chemins isolés car elle est trop sociable et saute sur les gens », explique-t-elle, ramenant sa compagnonne de balade en laisse au pied. Cette Martégale depuis 30 ans remarque que « depuis qu’il y a la route du littoral, il y a plus de gens » à profiter du tracé.

    « Un hotspot

    de biodiversité »

    Cette hausse de fréquentation ne va pas sans questionnements. « Vu que tout a déjà brûlé, il faut protéger ces espaces », selon Murielle Clément. Cette promeneuse ne croit pas si bien dire, alors que près des deux tiers de la boucle botanique sont protégés par un arrêté préfectoral de protection du biotope (APPB) sur sept hectares depuis 2018, étendu à plus de 32 hectares à l’automne dernier.

    « La plaine de Bonnieu constitue une relique de l’ancien delta du Rhône unique en France et abrite une richesse floristique exceptionnelle », peut-on lire sur l’arrêté originel. En l’occurrence, il s’agit de permettre le « maintien et la reproduction des espèces protégées » que sont par exemple l’ail petit moly, la chicorée scabre, les ophrys de Provence et de Bertoloni ou encore le très rare mérandére à feuilles filiformes qui ne pousse qu’à Martigues. Toutes ces petites plantes contribuent à faire de Martigues un « hotspot de biodiversité locale » à forte valeur patrimoniale, selon les mots de l’élu Jean-François Mauffrey l’année dernière.

    Il n’y a pas que des plantes à protéger. Dans les buissons, des petits passereaux traversent les sentiers en planant bas, parfois au ras du sol. À droite, à gauche, des pépiements émanent des fourrés. Logique, la fauvette pitchou est une habituée du secteur, observable toute l’année et quasi menacée selon l’union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Le gravelot à collier interrompu est également présent d’avril à août, classé vulnérable en France et en danger dans certaines régions.

    La protection du biotope repose sur l’interdiction de construire, de franchir la zone en véhicules, par l’installation de barrières de protection délimitant les zones de parking, pour protéger notamment des deux-roues. Si l’arrêté n’a pas de « vocation touristique » selon l’adjointe du quartier Odile Teyssier-Vaïsse (ap. PCF), « la Ville a toujours eu envie de faire connaître sa richesse faune et floristique aux habitants ».

    Les nombreux panneaux renseignant sur les différentes espèces présentes sur le terrain témoignent de cette cohabitation des usages.

  • Le Mont-Ventoux fait face au changement climatique

    Le Mont-Ventoux fait face au changement climatique

    Si nombre de suiveurs du Tour de France ont toujours en tête la victoire du Français Valentin Paret-Peintre au sommet du mont Ventoux en juillet dernier, le Géant de Provence est avant tout un écosystème à part et fragile. Menacé par le changement climatique, le Parc naturel régional (PNR) du mont Ventoux a commandé au Groupe régional d’experts sur le climat en Provence-Alpes-Côte d’Azur (GREC-SUD) un cahier territorial faisant état de la situation ainsi que des pistes à explorer pour sa préservation.

    Une menace avérée

    En ouverture du document, Jacqueline Bouyac, présidente du PNR, assure que le site « aspire à devenir un site pilote dans la lutte contre le changement climatique » et que « cette ambition se concrétise par des actions dans divers domaines ».

    Car quelques degrés en plus, et c’est tout l’écosystème qui est menacé. Avec un réchauffement estimé à 0,4 degré Celsius par an, le climat du Parc naturel régional « ressemblera probablement à celui de Séville », peut-on lire. « La sapinière du mont Ventoux est, par exemple, particulièrement exposée et menacée. Elle disparaîtra quasiment si le réchauffement global n’est pas contenu à +2 °C », précise le GREC-SUD par la suite. L’agriculture locale serait également mise à rude épreuve. L’augmentation des températures signifierait des « besoins en irrigation renforcés, une perte de rendement, une modification des profils aromatiques ou encore une plus forte pression des ravageurs ».

    Les cultures « emblématiques », telles que la cerise ou la vigne, seraient alors en danger. Le GREC-SUD estime qu’une perte économique de 30 à 50% est « possible » dans ces filières.

    Des actions concrètes

    L’organisme liste ensuite des pistes et une stratégie pour s’y adapter, notamment à travers le Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC), le schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires, ou encore la charte du PNR. Plus concrètement, sont évoqués pour le maintien de la biodiversité le respect des aires protégées ou des solutions « fondées sur la nature », telles que l’agroécologie, le pastoralisme ou la conservation des milieux ouverts.

    Pour la forêt, « identifier les peuplements les plus vulnérables par des modélisations prospectives permet de renforcer leur surveillance et d’anticiper les modifications », tout en évoquant la possibilité de l’« exclusion de certaines espèces déjà fragilisées ». Et côté pratiques agricoles, la « diversification des systèmes agricoles est une étape clé pour maintenir et développer l’agriculture locale et faire face à l’évolution des aléas climatiques », assure le GREC-SUD, tout en alertant sur la nécessité d’optimiser le rendement des réseaux d’eau. Mais aussi des actions autour du tourisme ou encore l’urbanisme.

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    sur parcduventoux.fr

  • L’agence régionale de santé appelle à ne pas engorger les urgences

    L’agence régionale de santé appelle à ne pas engorger les urgences

    Pendant les fêtes, si vous avez besoin d’un médecin, suivez le bon chemin. » Une manière polie de l’Agence régionale de santé (ARS) d’inciter la population à ne pas engorger les urgences, en cette période d’épidémie de grippe.

    « Les services des urgences en France et dans notre région voient chaque année leur nombre de patients augmenter de manière continue, en particulier à l’approche des fêtes, période durant laquelle les épidémies hivernales cohabitent », indique l’ARS dans un communiqué. Et d’insister : les urgences « doivent être prioritairement réservées aux situations les plus graves ».

    Pour assurer la continuité des soins, un dispositif est mis en place précise-t-elle avec la mobilisation des médecins généralistes en ville, l’ouverture des maisons médicales de garde, le renforcement des moyens de l’aide médicale urgente et une coordination assurée par le Centre 15.

    La bronchiolite stable

    La semaine dernière, l’activité pour grippe aux urgences a continué à augmenter, avec plus de 2 000 passages enregistrés dans la région, conduisant à près de 450 hospitalisations. La vaccination associée aux gestes barrières, demeurant l’une des armes les plus efficaces de protection rappelle l’ARS. Côté bronchiolite, qui touche particulièrement les enfants, la région est en phase épidémique depuis quatre semaines et l’activité des urgences concernant les enfants de moins d’un an se stabilise, à un niveau inférieur à celui observé à la même période l’an dernier.

  • Laurent Lamy : « La radioastronomie prend de l’ampleur en France, y compris à Marseille »

    Laurent Lamy : « La radioastronomie prend de l’ampleur en France, y compris à Marseille »

    La Marseillaise : La première détection d’une éruption stellaire hors de notre système solaire a été faite grâce à la radioastronomie. Est-ce une forme commune d’astronomie ?

    Laurent Lamy : Oui, elle étudie le spectre radio des ondes lumineuses et est composée de deux familles, en fonction des fréquences observées. Les basses fréquences – qui ont permis cette première détection  sont étudiées en France depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, avec le développement des radars et des télécommunications. Les rayonnements radio à basse fréquence du soleil et des planètes sont étudiés depuis les années 1950. Cette thématique prend de l’ampleur aujourd’hui en France, y compris à Marseille.

    Pourquoi ?

    L.L. : Car la France est partenaire de l’Observatoire Square Kilometer Array (SKAO) : un radiotélescope ultime en construction. Il observera dans une large bande de fréquences : entre 50 mégahertz (MHz) et plusieurs gigahertz. La partie basse fréquence – de 50 à 350 MHz – réalisera des relevés très sensibles pour détecter plus d’étoiles et faire de la physique comparée avec un grand nombre d’objets. Les travaux que nous menons aujourd’hui préparent l’arrivée de SKAO.

    Que signifie radiotélescope « ultime » ?

    L.L. : SKAO sera un radiotélescope géant de taille inégalée. Il est peu probable que nous arrivions à faire mieux. Depuis des décennies, nous progressons vers des radiotélescopes de plus en plus sensibles et nous découvrons à chaque fois de nouvelles choses. Mais faire mieux que SKAO sera technologiquement difficile et trop coûteux.