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  • L’un des plus grands vinaigriers de France est à Sausset-les-Pins

    L’un des plus grands vinaigriers de France est à Sausset-les-Pins

    En 2019, il installe ses premiers fûts dans son garage. En 2025, il travaille avec les plus grands. Son vinaigre est à la table du meilleur ouvrier de France Philippe Mille, du restaurant Mirazur – élu meilleur établissement du monde en 2019 – ou encore du Grand-Hôtel du Cap-Ferrat. Laurent Boyer a pour le moins réussi sa reconversion.

    À l’aune de ses 50 ans, le directeur commercial décide de changer de vie. « Je voulais travailler dans la gastronomie », explique-t-il simplement. Issu d’une lignée de vignerons, le Saussetois d’adoption avait « toujours vu (s)a grand-mère et (s)es parents faire leur vinaigre de manière artisanale ». C’est donc tout naturellement qu’il s’est dirigé vers ce produit, ressuscitant une tradition familiale.

    « C’est un savoir-faire qui s’est perdu, affirme-t-il. On est une poignée en France à travailler comme ça. » Et pour cause : quand un artisan met 15 à 20 mois à produire un fût de vinaigre, l’industrie, elle, prend une journée à grand renfort d’injection d’oxygène et de ferment acétique.

    À la recherche d’un local

    Mais à la fin, le résultat est bluffant. La gamme de Laurent Boyer compte dix bouteilles différentes, toutes produites à partir de vins naturels biodynamiques. Certaines ont un goût de miel, d’autres une fine acidité, d’autres encore un fond de nèfle. Pour celles qui sont macérées, le fruit ressort remarquablement en bouche. Pas étonnant que les grands chefs adoubent le Saussetois.

    Face à un carnet de commandes grandissant, Laurent Boyer se retrouve vite à l’étroit dans son garage. En 2023, la mairie débloque la situation en lui louant la cave de l’ancienne ferme du château de Sausset, à 200 mètres de chez lui. Après une rénovation express, ce nouveau lieu permet au quinquagénaire de tripler sa production, pour atteindre les 12 000 bouteilles par an. Et « chaque année, c’est mieux », affirme-t-il.

    Alors, Laurent Boyer cherche encore à agrandir. « Je suis à un tournant de mon activité, poursuit-il. Je suis connu et reconnu, maintenant, il faut voir si j’arrive à poursuivre mon expansion ou si je reste comme ça. » Lui veut relever le défi, même si, en autofinancement et avec des investissements gelés sur 18 mois, le risque est réel.

    « J’aimerais trouver un local d’au moins 100 m2 sur la Côte Bleue, car la mer a une influence sur le vinaigre. Dans l’idéal, j’aimerais y installer une boutique pour pouvoir faire de la vente directe. » Vu la pression immobilière sur le secteur, ce n’est pas une mince affaire. Mais Laurent Boyer a des atouts, au premier rang desquels sa volonté.

  • Bouches-du-Rhône : trois plans de massif à revoir pour mieux prévenir les feux

    Bouches-du-Rhône : trois plans de massif à revoir pour mieux prévenir les feux

    La Métropole Aix-Marseille-Provence programme des études d’actualisation de trois nouveaux plans de protection de la forêt contre les incendies. Ces Plans de Massif pour la Protection des forêts contre l’incendie (PMPFCI) sont la déclinaison opérationnelle d’une stratégie globale définie par le plan départemental de Protection des forêts Contre l’incendie (PDPFCI) pour la décennie 2023-2032.

    Avec 24 massifs forestiers, les Bouches-du-Rhône sont l’un des départements français soumis au plus fort risque d’incendie de forêt sur la région méditerranéenne. Le département compte 185 000 ha de surfaces boisées, soit près de 30% de son territoire. Le mois de juillet 2025 a été particulièrement dévastateur avec le grand incendie des Pennes-Mirabeau qui a ravagé 750 ha et détruit ou endommagé 90 maisons, ou les incendies de Martigues des 17 et 20 juillet qui ont parcouru 240 ha de zones boisées. Les risques ne cessent de croître. On dénombre 250 départs de feux par an pour une surface brûlée de 1 900 ha par an, environ, dans le département. Près de 90% des départs de feu ont une origine humaine, accidentelle ou criminelle. En 2022, 477 feux avaient détruit 1 830 ha.

    Les études programmées par la Métropole porteront sur trois massifs implantés au nord, nord-est et nord-ouest d’Aix-en-Provence : d’abord le plus vaste avec 50 000 ha, le massif du Concors Sainte-Victoire labellisé Grand site de France. Sa dernière étude réalisée par l’Office National des Forêts (ONF) remonte à 2014. Cet ensemble paysager s’étend sur 17 communes et bénéficie d’une inscription Natura 2000 pour ses espèces et son habitat exceptionnels. Le grand incendie de la Sainte-Victoire d’août 1989, qui avait ravagé 5 000 ha, avait suscité une émotion nationale et marqué une prise de conscience sur la nécessité de refonder et de renforcer les moyens de prévention.

    Le massif des Quatre Termes, compris entre les communes de Lambesc, Pélissanne, Coudoux, Éguilles et Saint-Cannat, fait l’objet d’un plan à partir d’études de l’ONF en 2012. C’est l’un des massifs sensibles statistiquement le moins touché par les départs de feu.

    Le plan de massif des Collines de Lançon lié au précédent a été étudié en 2018. Très exposé au mistral, il présente un risque élevé, d’où son compartimentage et son fort maillage en pistes DFCI.

    Prévenir les mégafeux

    Pour ces trois massifs, il s’agit de dresser l’historique des feux et une cartographie sur les trente dernières années, avec l’analyse des départs de feu et les retours d’expérience sur les incendies marquants, l’état de ses ouvrages DFCI (pistes, citernes, vigies) ou encore l’examen des couloirs potentiels de propagation. Un état du milieu naturel comprenant la cartographie des obligations légales de débroussaillement et un inventaire de tous les équipements et travaux de DFCI sont requis.

    Cette actualisation doit permettre d’intégrer l’évolution du risque incendie dans les dix prochaines années au regard du changement climatique et de l’apparition des mégafeux supérieure à 1 000 ha qui ont un impact profond et durable sur les zones urbaines et économiques.

    Les orientations stratégiques devront déboucher sur un programme d’actions DFCI qui fera l’objet d’une concertation la plus large possible avec les acteurs locaux et départementaux : DDTM, conseil départemental, ONF, communes, Métropole, propriétaires forestiers, CCFF, sociétés de chasse, associations locales environnementales et autres usagers de la forêt.

  • [Entretien] Thomas Posado : « Cet acte de guerre est une ingérence impérialiste sans précédent »

    [Entretien] Thomas Posado : « Cet acte de guerre est une ingérence impérialiste sans précédent »

    La Marseillaise : Quelle est la situation actuelle au Venezuela, à la lumière des derniers événements ?

    Thomas Posado : Il y a eu une série de bombardements sur des sites militaires vénézuéliens et Donald Trump qui a annoncé la capture Nicolás Maduro et de son épouse. Quand on parle de capture, c’est plus précisément une exfiltration avec la volonté de juger Nicolás Maduro. Une information d’une telle gravité est un acte de guerre, une ingérence impérialiste sans précédent depuis plusieurs décennies en Amérique Latine de la part des États-Unis au Venezuela.

    Le contexte autour de ce dossier est une accusation de narcotrafic par Donald Trump concernant Nicolás Maduro. Qu’en pensez-vous ?

    T.P. : Cette accusation de narcotrafic et difficilement lisible de la part de Donald Trump, sachant qu’il a gracié Juan Orlando Hernandez, l’ancien président du Honduras, qui a été condamné par la justice états-unienne à 45 ans de prison pour avoir introduit 400 tonnes de cocaïne aux états-Unis, il y a quelques semaines à peine. On voit bien que ce prétexte de trafic de drogue est instrumentalisé par les états-Unis pour punir les gens qu’il n’aime pas et absoudre ceux qu’il apprécie. Oui, il y a du narcotrafic au Venezuela comme dans beaucoup de pays du monde, mais le Venezuela est une route secondaire du transit du trafic de cocaïne, il n’a aucun rôle dans la production. C’est une instrumentalisation dans des objectifs géopolitiques de corollaire Trump à la doctrine Monroe*.

    Comment en est-on arrivé là ? Quel regard portez-vous sur la situation ?

    T.P. : On a un Trump qui, depuis le début de son mandat, fait preuve d’un interventionnisme extrêmement fort en Amérique latine. Dans les huit premiers mois, il a négocié avec Nicolás Maduro le maintien de l’assouplissement des sanctions imposées par Washington contre l’acceptation des déportations de migrants vénézuéliens. Depuis août, on est dans une escalade permanente, sachant que CNN dénombrait 17 menaces militaires avant les vacances de Noël, donc là, on doit dépasser la 26e. On a eu des bombardements de navires au large des côtes vénézuéliennes, voire colombiennes et mexicaines, qui ont coûté la vie à une centaine de personnes, il y a eu la fermeture de l’espace aérien où seules les compagnies locales pouvaient opérer, un nouveau blocus maritime pour les pétroliers en décembre avec l’interdiction d’accoster et de se charger en pétrole vénézuélien. Et puis, le dernier en date, cet acte de guerre qui est encore plus grave.

    Quelle pourrait être la suite ?

    T.P. : Ce n’est pas la même chose de capturer un chef d’état que d’avoir le contrôle territorial du pays. Pour l’instant, on ne voit pas de dissidence dans l’armée et le scénario constitutionnel, au Venezuela, serait que Delcy Rodriguez, vice-présidente et fidèle de Maduro, prête serment dans les prochaines heures comme nouvelle présidente. Mais après une intervention militaire de ce type, elle sera de fait sur la liste des cibles de Washington.

    Doctrine selon laquelle les États-Unis considèrent l’Amérique latine comme leur zone d’influence et s’opposent à toutes interventions étrangères

  • Un million de visiteurs pour le Noël phocéen

    Un million de visiteurs pour le Noël phocéen

    Ce lundi matin, les chalets installés sur la Canebière ne se sont pas rouverts. Après plus d’un mois d’ouverture, réunissant un marché de Noël, une foire aux santons, une patinoire et une descente de luge, le Noël marseillais, organisé par la Ville, prend congé. Des animations qui ont attiré un million de visiteurs, selon la municipalité. Pour les commerçants, le bilan est mitigé : si les santonniers ont vu affluer les visiteurs, le marché, lui, a semble-t-il connu un peu moins de monde, malgré une saison tout de même correcte.

    « Depuis le Covid-19, on travaille pas mal, explique Jérôme Truffier-Douzou, qui vend ses santons à la foire depuis 15 ans. Il y a de plus en plus de jeunes qui veulent créer leur crèche. De jeunes couples, dans la trentaine, qui viennent avec leurs enfants. C’est assez nouveau ça. » Les artisans peuvent aussi compter sur les habitués qui reviennent chaque année, à Marseille, pour l’une des plus vieilles foires aux santons. Cependant, le santonnier remarque que, cette année, les dépenses des clients sont un peu plus timides. « On a vendu très peu de grosses pièces. On a travaillé autant que les autres années, mais pour des tickets de caisse plus petits. »

    Même constat du côté des commerçants du marché de Noël. Pour Andora, vendeuse de thé, « les clients ont moins acheté, en tout cas en plus petite quantité que les années précédentes ». Et ce, malgré un million de visiteurs pour la foire aux santons, le marché de Noël et le village des enfants réunis, selon les chiffres de la mairie. Une fréquentation qui serait légèrement en hausse d’après la municipalité. Pour les commerçants, le ressenti serait plutôt celui d’une fréquentation en légère baisse. Selon Mathias, qui tient un stand de vin chaud et bretzels depuis trois ans, « il y a un peu moins de monde que les années passées, mais ça reste une très bonne saison. Le pic de fréquentation, c’était du 10 au 25 décembre, où il y avait vraiment beaucoup de monde ». Une impression partagée par d’autres exposants.

    Une bonne vitrine

    Malgré cette baisse ressentie, le marché de Noël reste pour certains commerçants une belle occasion de se faire connaître. C’est le cas d’Elsa Blanchard, qui expose avec son association Ravage pour la première fois. Sur son stand : illustrations, photos ou vêtements upcyclés réalisés dans leur atelier situé près de la Plaine. « Pour nous, c’est une réussite, car il y a beaucoup de passage sur le marché, des Marseillais comme des touristes. Cela nous a permis d’augmenter nos ventes, mais surtout de nous faire connaître des Marseillais », sourit-elle.

    La patinoire et la descente de luge, situées à proximité de l’ombrière du Vieux-Port entre le marché et la foire, ont accueilli cette année plus de 48 000 visiteurs. Enfants et adultes ont pu profiter de sensations de glisse gratuites jusqu’à ce dimanche. Une animation qui se tient depuis maintenant trois ans. Les animations organisées ont donc su attirer Marseillais et touristes, mais le froid et le pouvoir d’achat ont peut-être rendu ces derniers un peu plus frileux côté dépenses.

  • Jugé pour viols aggravés après avoir drogué ses proies

    Jugé pour viols aggravés après avoir drogué ses proies

    Un procès hors-norme s’ouvre ce lundi et pour trois semaines devant la cour criminelle départementale des Bouches-du-Rhône. Celui de Cyril Zattara, un homme de 47 ans accusé d’avoir violé sous soumission chimique 14 femmes en se faisant souvent passer auprès d’elles pour un hypnothérapeute. Il répond aussi de l’enregistrement des agressions sexuelles de 19 victimes commis de juillet 2010 à mars 2021, date de son placement en détention provisoire. Par la soumission chimique exercée suivant un mode opératoire habituel, ce dossier fait écho à la retentissante affaire des viols sous soumission chimique subis par Gisèle Pélicot, à Mazan, et qui a valu à 51 violeurs dont son ex-mari d’être condamnés.

    Pour Cyril Zattara, professeur de danse, la procédure débute le 14 juin 2019 quand une jeune femme de 24 ans se présente au commissariat d’Aix-en-Provence et dénonce un viol sous administration d’une substance contre celui qui s’était présenté comme hypnothérapeute. Elle l’avait rencontré en 2018 lors d’une soirée, l’avait revu et avait demandé une séance d’hypnose. Angoissée de conduire depuis un accident, la jeune femme lui a demandé cette séance. Elle se souvenait avoir bu un verre de vin qu’il lui avait servi, avoir été prise de bouffées de chaleur et s’être réveillé dans le brouillard. Elle se rappelait que Cyril Zattara lui avait fait un massage crânien, qu’elle avait vomi dans une bassine bleue. L’ADN de l’accusé était retrouvé sur ses ongles et sa culotte. Une seconde plainte survient en septembre 2020. L’homme était enfin interpellé le 24 mars 2021.

    Il était déjà connu de la police pour harcèlement sexuel et des agressions sexuelles sur majeur en 2003 à Gréasque, empoisonnement à Carry-le-Rouet. La plainte pour viol de sa cousine, en 2001, avait été classée sans suite. « Il a détruit ma vie et si on m’avait cru il n’aurait pas détruit celle d’autres filles », dira-t-elle, choquée que son cas et celui de plusieurs autres femmes soient prescrits.

    « Un dossier d’une violence inouïe »

    L’expertise psychiatrique décrit un accusé à la « personnalité plutôt manipulatrice, de nature probablement perverse et une tendance également à se positionner comme une victime ». Il n’avait en réalité aucun diplôme d’hypnothérapeute pour pratiquer l’hypnose sur des personnes rencontrant de préférence des difficultés personnelles dans le cadre de phobies, de douleurs chroniques, de légère dépression.

    L’accusé a reconnu les avoir droguées, notamment avec du LSD, mais surtout du Zolpidem, un somnifère puissant délivré en sollicitant différents médecins, dont une qui le décrit toujours comme « la personne la plus empathique du monde ». Il profitait des 3 à 10 heures de somnolence pour abuser d’elles, souvent dans la villa de ses parents où il vivait à Aix. Le matériel informatique saisi a révélé qu’il filmait certaines de ses victimes à leur insu avec une caméra de vidéosurveillance placée dans la salle de bain. Une victime dira s’être réveillée vaseuse, nue dans le canapé avec l’accusé, nu également. L’ordonnance de mise en accusation la cite : « Je trouvais aberrant d’avoir pu consentir à coucher avec lui alors que je ne suis pas du tout attirée par lui physiquement et que je suis heureuse en couple. J’étais rongée par la culpabilité ».

    « C’est un dossier d’une violence inouïe », a déclaré Me Marylou Diamantara, qui défend cinq des 19 victimes et qui regarde l’accusé comme « un criminel en série qui, pendant vingt ans, a eu le même mécanisme » et « a gardé des preuves et des trophées de ses crimes ». Elle ajoutait : « Ce n’est pas le violeur que l’on rencontre à la sortie d’une boîte de nuit. Il y a tout un mécanisme préparatoire. Il va se faire prescrire des ordonnances, va obtenir les médicaments, va les avoir avec lui. Et à un moment donné, il a toutes ses proies autour de lui, toutes ses amies dont il prend soin et dont il est confident ».

  • Un monde en miettes

    Un monde en miettes

    On ne mesure pas encore toutes les implications de l’agression du Venezuela décidée par Donald Trump. Elle nous fait entrer dans un monde où les principes des relations internationales hérités de la Seconde Guerre mondiale ont volé en éclats. Bien sûr, l’impérialisme états-unien ne date pas de l’hôte actuel de la Maison Blanche. Mais il prend désormais la forme d’une brutalité assumée.

    Finis les coups d’État fomentés par la CIA pour mettre en place des dictateurs fascistes comme au Chili ou les allégations mensongères justifiant des interventions contre un État prétendument doté d’armes de destruction massive comme en Irak. Cette fois, au-delà des accusations grotesques qualifiant Nicolás Maduro de chef d’un cartel de narcotrafiquants auxquelles mêmes les services américains ne croient pas, les mots sont dits avec clarté : les États-Unis ont décidé de prendre le contrôle des plus importantes réserves de pétrole au monde et d’imposer au Venezuela une forme de protectorat.

    Peuples en mouvement

    Face à cette violation inadmissible du droit international, la France d’Emmanuel Macron ne trouve rien à redire.

    Comment, désormais, continuer à considérer que l’agression de l’Ukraine est inacceptable ? Comment plaider pour une solution politique au Proche-Orient respectant le droit international ?

    Si la loi du plus fort s’impose sans rencontrer la moindre résistance d’États qui se prévalent des principes démocratiques comme le nôtre, c’est le début d’une nouvelle ère des empires qui s’ouvre.

    Seuls les peuples en mouvement pourront mettre un coup d’arrêt à ce monde en miettes.

  • Un rassemblement pour soutenir le Venezuela

    Un rassemblement pour soutenir le Venezuela

    « Donald Trump, casse-toi ! Le Venezuela n’est pas à toi ». Devant la préfecture à Marseille, samedi soir, quelques centaines de personnes se sont rassemblées pour dénoncer « l’impérialisme américain » au Vénézuela. Une mobilisation organisée à l’appel de diverses structures, comme le Parti communiste, la France Insoumise, l’Union départementale de la CGT ou encore des collectifs antimilitaristes. Tous sont venus réclamer une action de la France et de la communauté internationale pour contrer les états-Unis.

    «  Je suis venu parce que c’est une invasion. ça me révolte autant que quand Vladimir Poutine a envahi l’Ukraine, ou que Benyamin Netanyahou a attaqué Gaza », s’indigne l’un des manifestants. « Mais on est pas assez je trouve », se désole-t-il. Pour Ivan, être là ce samedi soir est important « pour montrer que l’on est pas d’accord. Car j’ai peur des conséquences que cette intervention peut avoir ».

    Pascal Galéoté, au nom de l’UD CGT des Bouches-du-Rhône, estime que l’attaque américaine et l’enlèvement de du président Nicolás Maduro « rappellent les heures les plus sombres de l’impérialisme américain. Sous fond de lutte contre le contre le narcotrafic, c’est une vraie dérive fasciste et c’est une remise en cause de la paix ».

    « L’impérialisme ne se cache même plus et il s’approprie les ressources d’un pays », s’indigne Mathilde Lanté, du mouvement Révolution Permanente. Les manifestants réunis réclament également que la souveraineté du Venezeuela soit laissée à ses habitants. « Quoi qu’on pense du président Nicolás Maduro, c’est à son peuple de choisir et pas à Donald Trump, s’exclame au microphone Lil, du collectif Guerre à la guerre, sous les applaudissements. Nous sommes pour une réelle souveraineté populaire. »

    Enfin, certains exigent des sanctions rapides de la part des instances internationales contre le président américain Donald Trump, la libération de Nicolás Maduro et la fin des politiques impérialistes menées en Amérique latine et partout dans le monde.

    Un rassemblement de soutien au Venezuela est également organisé à Martigues, ce lundi à 18h place Jean-Jaurès, à l’initiative du PCF, LFI, du collectif Palestine, de l’Union locale CGT et du Mouvement de la paix.

  • Dréan, facteur X du RCT

    Dréan, facteur X du RCT

    Cette 3e place à mi-saison, le RC Toulon la doit en partie à son ailier Gael Dréan. Le Lorientais, arrivé en 2022 sur la Rade, fait parler sa vitesse sur toutes les pelouses de Top 14 depuis son transfert en provenance de Rennes (Fédérale 1). Le joueur portant le numéro 14 est encore une fois impactant. La révélation de l’exercice 2024-2025 enchaîne les essais et suit la cadence d’une autre machine à marquer, l’un des meilleurs rugbymans de la planète, Louis Bielle-Biarrey. Le Bordelais en est à 8 essais alors que le Varois le talonne avec 7 unités. Le Lyonnais Jiuta Wainiqolo est seul leader de ce classement avec 10 essais. Sur les 18 derniers mois, Dréan a atteint la barre des 20, grâce à ses 13 réalisations l’an passé.

    Les bonnes prestations toulonnaises concordent donc avec celles de son ailier de 25 ans. Le principal intéressé s’en est aussi rendu compte et reste serein pour la suite de la saison. « Je me sens bien et je trouve que mes prestations ont été un peu à l’image de l’équipe cette saison. On a réalisé un début plutôt bon, malgré quelques revers à l’extérieur. Maintenant, j’ai encore beaucoup de points sur lesquels je dois travailler », disait-t-il avant le déplacement à Bordeaux-Bègles, soldé par une lourde défaite 7 à 46.

    Mais pas de pression mise de la part du staff à celui qui pourrait obtenir sa première sélection avec le XV de France lors du prochain tournoi des VI Nations. « Il doit faire son boulot, peu importe quel joueur se trouve face à lui, et rester lui-même », racontait le manager du RCT, Pierre Mignoni.

    Dans les radars du staff

    du XV de France

    D’après les statistiques tenues par la Ligue nationale de Rugby (LNR), Gael Dréan est le troisième joueur comptant le plus de défenseurs battus après les 13 premières rencontres de la saison. Le Toulonnais compte 35 franchissements, soit 4 par match puisqu’il en a joué 9 depuis cet été. Il est seulement dépassé par Matthieu Jalibert avec 39 et le Palois Grégoire Arfeuil, qui en a réalisé 38.

    Dynamiteur de défense, l’ailier souhaite aussi l’être à l’international. Appelé dans plusieurs groupes élargis par Fabien Galthié, il n’a jamais été sur une feuille de match en Bleu. Une prochaine étape pour le joueur, qui se donne les moyens de franchir ce palier supplémentaire dans sa jeune carrière. « Mon but est de continuer à travailler dur pour faire en sorte de retourner avec les Bleus et ensuite montrer ce dont je suis capable sur le terrain. Je vais essayer de progresser dans tous les domaines. » Une progression linéaire après avoir cassé la porte du monde du rugby professionnel. Gael Dréan, un nom que l’on n’a pas fini d’entendre.

  • Baptême du feu arrosé pour la nouvelle préfète de l’Hérault

    Baptême du feu arrosé pour la nouvelle préfète de l’Hérault

    Pour les représentants de l’État qui changent régulièrement de poste, les prises de fonction sont souvent des marronniers sans grand intérêt. Celle de Chantal Mauchet n’a rien eu d’un parcours de santé. Entre les fortes intempéries et la crise bovine, l’ancienne préfète de l’Ain a connu un baptême du feu mouvementé, lundi 22 décembre.

    Un département en vigilance orange pluie/inondations/orages, des cours d’eau en vigilance rouge, des dizaines de routes barrées, une centaine d’interventions des secours à coordonner, 3 000 foyers privés d’électricité à Montpellier ou Palavas… Sans oublier, en parallèle, la vaccination d’une douzaine d’élevages dans 18 communes avec l’appui de la Chambre d’agriculture et du Sdis. Au lieu des cocktails de bienvenue, les premiers jours de Chantal Mauchet ont été consacrés à gérer les urgences. « Les vaccins sont arrivés et disponibles, cela va aller très vite », a-t-elle promis pour rassurer les éleveurs dont les bovins sont sous la menace de la dermatose nodulaire contagieuse.

    Pour avoir été en contact avec des responsables agricoles, Chantal Mauchet promet de garder un œil attentif sur la conchyliculture qui « pourrait souffrir des pluies abondantes ». Se sachant dans une région viticole, elle assure vouloir mettre en place le plan d’urgence du gouvernement.

    « Ferme »

    sur le narcotrafic

    Nommée en Ariège (2018) puis dans le Tarn-et-Garonne, l’énarque de 61 ans titulaire d’une maîtrise de droit et d’une licence d’ethnologie, devient la première préfète de l’Hérault. « Je suis très honorée. Je tiens à faire vivre l’égalité, l’éducation, la prévention. Je veux déconstruire les stéréotypes, travail dès l’enfance mené par l’Éducation nationale. » À moins de 3 mois des municipales, la représentante de l’État tient aussi à promouvoir la parité. « Parfois les femmes peuvent s’autocensurer sur les compétences, la gestion des temps. Je veux leur apporter une aide, un appui pour être candidates. »

    En ce début 2026, Chantal Mauchet va profiter des cérémonies de vœux pour aller à la rencontre des élus et forces vives. « Je suis pragmatique, j’aime aller sur le terrain. Je joue collectif, j’ai l’habitude de demander l’avis des services et je tiens à bien comprendre mon département pour ne pas prendre de décision hors-sol. »

    Il y a bien des sujets sur lesquels elle veut d’emblée s’affirmer. Le projet décrié de Contournement ouest de Montpellier (COM) va suivre son cours avec les fouilles puis le début des travaux fin 2026 ou début 2027. À l’instar de son prédécesseur François-Xavier Lauch, la nouvelle préfète promet « une grande fermeté contre le narcotrafic ». « Nous allons continuer d’agir sur le terrain contre ces criminels. » Les opérations anti-délinquance (ex-Places nettes) seront poursuivies, ainsi que les fermetures administratives d’épiceries véreuses ou le travail avec les bailleurs sociaux.

    Côté social, certaines manifestations continueront-elles à être interdites à Montpellier ? « Le principe est la liberté de manifester. Il peut y avoir des interdictions au vu du contexte. Le guide reste les risques à l’ordre public. » Enfin, sur le volet laïcité, reste à savoir si Chantal Mauchet sera plus ferme que ses prédécesseurs. Voilà des années que la préfecture n’attaque plus la Ville de Béziers de Robert Ménard qui installe une crèche de Noël dans la mairie. Une violation de la loi de 1905 déjà condamnée 7 fois en justice.

  • [Grand entretien] Robert Rossi : « Je ne retrouve plus ma gauche »

    [Grand entretien] Robert Rossi : « Je ne retrouve plus ma gauche »

    Robert Rossi : C’est l’histoire d’un macho, un tombeur d’origine italienne, qui est arrivé à Marseille à l’adolescence et qui s’est lié d’amitié avec un futur musicien. Ils ont tout deux dépassé la soixantaine. L’un enchaîne les petits boulots, tandis que l’autre est sûr de lui avec un métier qui consiste à tomber les femmes. Tous les deux sont diamétralement opposés. Le musicien est très respectueux des femmes, il a une éthique politique, artistique et il porte d’ailleurs un regard très critique sur son ami. Tandis que le héros est tout le contraire. Ce qui est intéressant dans ce bouquin, c’est que l’on confronte les attitudes, les idées et les positionnements dans la vie.

    De quoi ou de qui vous êtes-vous inspiré pour écrire ce livre ?

    R.R. : Pour l’essentiel, ce sont des personnes que j’ai réellement connues. Ce qui m’a plu, c’est que tout en dénonçant le masculinisme, c’est quand même le sujet du bouquin, on est dans la faconde italo-marseillaise avec des passages complètement abracadabrants. Il y a quand même des passages que j’ai trouvés truculents, que j’ai connus et que j’ai essayé de placer à l’intérieur. C’est beaucoup d’expériences personnelles et j’ai utilisé les caractères ou attitudes de plusieurs personnes pour n’en créer qu’un, le personnage principal, avec des anecdotes qui sont pour la grande majorité réelles.

    Pourquoi c’était important pour vous de dénoncer ce masculinisme ?

    R.R. : ça faisait un moment que le sujet me trottait dans la tête et ce qui m’a décidé, ce sont ces passages truculents marseillo-marseillais dont je parlais et à la fois ce phénomène qui est de plus en plus dénoncé. Malgré les dénonciations et mouvements féministes, je trouve, d’un point de vue personnel, qu’il est en mauvaise posture. Je ne sais pas si les jeunes générations sont si évoluées que ça, j’entendais sur France Inter qu’un sondage montrait que les jeunes sont encore plus masculinistes que leurs aînés… J’ai l’impression qu’avec la politique générale, le masculinisme est encore au goût du jour. ça ne va pas en s’arrangeant. Sans oublier ces jeunes qui apprennent ce que sont les relations amoureuses sur les sites pornos, ça ne présage rien de très intéressant, c’est même plutôt dramatique…

    Pourquoi Gino, personnage principal, est-il d’origine italienne ? Est-ce pour jouer sur le cliché de l’Italien, marseillais dragueur avec humour ?

    R.R. : Oui, bien évidemment, mais il est bien plus que dragueur, c’est le tombeur par excellence qui sait comment s’y prendre pour arriver à ses fins. Mais, au-delà de ça, ce qui m’intéressait, étant d’origine italienne et en y allant souvent, c’est que j’ai observé qu’en France, il y a toute une campagne d’extrême droite qui dit que si on avait pas Macron, mais plutôt une femme comme Giorgia Meloni, une femme qui en a, le pays irait beaucoup mieux. Alors que moi, ce que je vois là-bas, c’est le contraire, par exemple maintenant pour se faire avorter en Italie, il faut aller à l’étranger. La loi existe toujours, mais les médecins qui la pratique sont très rares avec la remontée du catholicisme… Quand j’étais ado, je pensais que ce pays allait évoluer, mais au final, c’est un pays qui était fasciste et qui est redevenu fasciste. Je me demande finalement si ce n’est pas dans son ADN…

    Au-delà de la politique italienne, quel regard portez-vous sur la politique en France, mais aussi au niveau local avec l’arrivée imminente des municipales ?

    R.R. : Comme sur le territoire national, je sens une poussée RN gigantesque. Je le vois par exemple sur les réseaux sociaux. Même si je n’ai que Facebook et des amis qui sont carrément de gauche, mon mur est envahi de liens d’extrême droite, alors que l’algorithme ne devrait pas me présenter ça. Ça veut donc dire qu’ils y vont fort, qu’ils nous envahissent et le truc qui me fascine aussi, c’est que je ne pensais pas qu’on puisse aujourd’hui encore avoir autant le culte de la personnalité. Je ne pensais pas non plus que les gens seraient à ce point perméables à toutes ces idées horribles. Évidemment, mes parents m’ont parlé de la guerre, de la résistance ou de la lutte sociale, mais qui maintenant va parler de tout ça aux jeunes ? Personne. On leur parle de choses tout à fait différentes et ça fonctionne malheureusement. Je suis toujours assez pessimiste, mais j’essaie tout de même de voir ça avec le second degré, au moins dans le rapport artistique et littéraire.

    Vous avez toujours été proche de « La Marseillaise » et avez participé à
    de nombreux événements avec Quartier Nord. Ce lien avec le journal et son histoire est important pour vous
     ?

    R.R. : Je trouve aujourd’hui que c’est quasiment fondamental parce qu’honnêtement, je suis comme beaucoup de gens, je ne retrouve plus ma gauche. Il y a la gauche que certains ont nommé à juste titre de droite complexée et de l’autre les insanités et alliances que je répugne de l’extrême gauche, d’ailleurs, je ne sais pas si on peut vraiment l’appeler ainsi parce que pour moi, quand on est allié aux Frères Musulmans, c’est la pire des choses qui soit. Il y a plein de choses sur lesquelles je suis en désaccord avec le Parti communiste, mais pour moi, c’est le socle, c’est ce qu’il faut défendre bec et ongles.