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  • L’urgence sociale bouscule la campagne

    L’urgence sociale bouscule la campagne

    Ce mercredi après-midi, militants du RN et du Printemps marseillais se regardent en chiens de faïence, face aux portes du supermarché de la place du 4-Septembre, dans le 7e arrondissement de Marseille. Les premiers parlent aux passants de « salles de shoot », d’une « union des droites ». « Avec Benoît Payan, pour votre pouvoir d’achat ! », répètent en boucle les seconds.

    C’est que l’envolée des prix des carburants a mis un brutal coup de projecteur sur les questions de pouvoir d’achat. À la pompe à essence voisine, le prix au litre du gazole frôle les 2 euros. Presque cinquante centimes de plus que le pic d’octobre 2018, déclencheur de la mobilisation des gilets jaunes. « Je suis surpris de voir à quelle vitesse on arrive à un panier de 100 euros », partage un préparateur de commandes du supermarché, au moment de prendre sa pause. Le lien entre la vie chère et les municipales n’est pourtant pas évident pour lui. « Ce sont des problématiques trop dépendantes des politiques internationales, pointe-t-il. Mais les mesures de gratuité, oui, cela correspond plus aux municipalités. »

    Gratuité des transports

    Ainsi ce lundi, la candidate de la droite et du centre Martine Vassal s’était-elle empressée de promettre un « bouclier carburant », avec un ticket unique pour les transports en commun et des parkings relais gratuits « dès que le prix moyen du Sans-Plomb 95 ou du Gazole dépasse 2 euros le litre ». Le Printemps marseillais de son côté a fait tirer des tracts « pour le pouvoir d’achat » ce mercredi. Façon de boucler une campagne qui avait commencé en janvier sur les enjeux de solidarité. « À un moment où l’État ne joue plus son rôle, nous devons nous montrer ambitieux et assumer notre rôle de bouclier social et financier pour accompagner les Marseillais », insiste le maire (DVG) sortant, Benoît Payan.

    Les communes ont beau ne pas avoir la main sur les hausses du Smic, des pensions ou des minima, elles ont beau ne pas être, comme les conseils départementaux les chefs de file de la solidarité, elles restent en effet l’institution la plus proche des habitants. Déjà mises en place dans de nombreuses municipalités, les mesures pour faciliter l’accès aux droits, au service public, les gratuités d’usage se déclinent aujourd’hui dans de nombreux programmes, principalement à gauche.

    À Marseille, le Printemps marseillais met ainsi en avant le doublement de valeur du kit scolaire distribué à chaque rentrée aux écoliers, la demande auprès du ministère d’un encadrement des loyers, un tarif progressif sur l’eau avec les premiers mètres cubes gratuits, la gratuité de la cantine scolaire pour 15 000 écoliers ainsi que des petits-déjeuners distribués dans les établissements des quartiers prioritaires… Mise en place dans le pays d’Aubagne depuis quinze ans, la gratuité des transports en commun est désormais défendue jusqu’à 26 ans à Marseille aussi bien par les insoumis que par Benoît Payan ou par Martine Vassal, qui l’a déjà étendue jusqu’aux moins de 11 ans et propose aujourd’hui la gratuité des fournitures scolaires. Chez LFI, qui a épargné de ses critiques pourtant violentes le bilan social de la majorité sortante, c’est la cantine qui doit être totalement gratuite. « L’école est gratuite pour tous, la cantine aussi doit l’être », défendait Aurélien Bournoeuf (17e sur la liste) début mars.

    Mutuelles communales

    D’autres propositions ont fait largement leur entrée dans le débat public à l’occasion de ces municipales. C’est ainsi le cas des mutuelles communales, défendues notamment par les communistes. Elles sont inscrites dans les programmes de la gauche de Marseille à Aix-en-Provence en passant par Aubagne. « Par le volume de contrats que la Ville est en capacité de poser sur la table, on peut faire baisser considérablement le prix, résumait en janvier l’adjointe sortante (PCF) aux solidarités, Audrey Garino. On estime à peu près à 30% le coût minoré des mutuelles municipales par rapport à une mutuelle individuelle ou d’entreprise. » Une réponse directe à l’envolée des tarifs après les coups de boutoir des gouvernements macronistes successifs contre la Sécurité sociale.

    Retour sur la place du 4-Septembre. Au bord de la route, les militants du Printemps marseillais insistent face aux passants sur le barrage contre l’extrême droite. « Pour combattre le RN, il faut des choses concrètes, rétorque une ancienne adhérente du PS, cabas à la main. Il leur demander ce qu’ils proposent sur l’économie. Rien ! C’est là-dessus qu’il faut se battre ! »

  • La CGT des services publics monte au créneau

    La CGT des services publics monte au créneau

    L’Union départementale et son collectif services publics jugent nécessaire d’intervenir dans la campagne des élections municipales », campe Frédéric Larrivée, pour la CGT des Finances publiques du département, ce mardi, aux côtés des représentants des travailleurs de différents pans des services publics.

    Tous portent le même message en vue du premier tour, ce dimanche : « Il y a la possibilité d’avoir un relais au rapport de force. » Et, in fine, que l’élection des maires, « premier échelon politique », est cruciale sur bien des aspects pour le monde du travail comme pour les administrés. « Il y a des règles d’injustice fiscale, au national comme au local », entame Frédéric Larrivée, prenant l’exemple de la taxe foncière, compétence municipale. Monia Haddaoui, pour la CGT Éduc’Action 13, abonde avec l’exemple de « la loi pour le statut des AESH [accompagnants d’élèves en situation de handicap, Ndlr] refusée par les sénateurs ». Lesquels sont élus par les grands électeurs et représentent les collectivités.

    Le lien est tout trouvé avec l’alerte de la CGT Métropole AMP : « La montée du fascisme pourrait donner un représentant de l’extrême droite à la tête de l’établissement », s’inquiète Dominique Maccari pour le syndicat. Car la composition de l’hémicycle métropolitain dépend des municipales. « La question du visage politique qu’aura la Métropole peut entraîner une vraie baisse de moyens via les dotations aux communes », ajoute Véronique Dolot, de la CGT AMP.

    « L’extrême droite,

    c’est du recul social »

    Laquelle craint « des mesures dont l’objectif serait d’affaiblir tout bloc d’opposition aux idées fascistes ». Johnny Benoît, pour les agents territoriaux du Département, en sait quelque chose : « Quand une collectivité est gérée par l’extrême droite, c’est du recul social. À Marignane, la priorité est d’investir dans la levée de drapeau et les uniformes plutôt que de rénover le bâti scolaire. »

    Même inquiétude à l’hôpital, avec la CGT de l’AP-HM (Assistance publique – Hôpitaux de Marseille) qui dénonce un potentiel relais des politiques libérales dans la santé : « Les conseils de surveillance des hôpitaux publics sont présidés par les maires. C’est là que se votent les budgets et se décident les orientations », conclut Greg Fontaine pour l’organisation.

    Amaury Baqué
  • Un nouveau sondage place Benoît Payan en tête

    Un nouveau sondage place Benoît Payan en tête

    Euphorique, Franck Allisio répondait à Pascal Praud, ce mercredi sur CNews, à propos du sondage commandé à Opinion Way par les médias du groupe Bolloré. L’occasion de lui offrir en direct « son cadeau de Noël »… un maillot de l’OM floqué au nom de l’animateur vedette. Pour l’entourage du candidat RN à la mairie de Marseille, ce sondage est la preuve que le Printemps marseillais et l’extrême droite sont « dans un mouchoir de poche ».

    D’après les résultats publiés Benoît Payan serait à 36%, Franck Allisio (RN) à 34%, Martine Vassal (DVD) à 13%, Sébastien Delogu (LFI) à 12%, Christine Juste (Diss. écolo.) à 2%, Erwan Davoux (SE) à 2%, Rémy Bazzali (LO) à 1% et Coralie Raynaud (PT) à moins d’1%.

    Prudence

    La même enquête d’opinion projette un second tour en quadrangulaire avec Benoît Payan 40%, Franck Allisio 36%, Martine Vassal 13% et Sébastien Delogu 11%.

    Autre hypothèse : une triangulaire avec Benoît Payan 50%, Franck Allisio 36% et Martine Vassal 13%.

    Des résultats à prendre avec beaucoup de prudence au regard des marges d’erreur et du « redressement » parfois important des scores bruts mesurés.

    Ainsi, la notice du sondage nous apprend-elle que les scores bruts sondés pour le premier tour parmi les personnes sûres d’aller voter sont : Benoît Payan (38%), Franck Allisio (35%), Martine Vassal (13%), Sébastien Delogu (8%), Christine Juste (3%), Erwan Davoux (2%), Rémy Bazzali (1%) et Coralie Raynaud (0%).

  • Géographie de la crise des périls, contrastes et contrariétés à Marseille

    Géographie de la crise des périls, contrastes et contrariétés à Marseille

    L’universitaire émérite Élisabeth Dorier, géographe au laboratoire Population Environnement Développement (LPED) d’Aix-Marseille Université, investigue depuis le drame de la rue d’Aubagne l’ingénierie complexe de la mise en sécurité des immeubles marseillais qui, depuis 2020, s’est considérablement renforcée et structurée.

    1 638 adresses en péril

    Selon les bilans de la Ville dont « plus de transparence est souhaitée » selon la géographe, 2 343 arrêtés de péril ont été pris entre novembre 2018 et septembre 2025. Le rythme annuel reste soutenu avec 250 nouvelles adresses depuis 2021 et 287 sur l’année 2025. La cartographie des 1 638 adresses en péril retenues (hors explosion de Tivoli, incendies, murs de soutènement, etc.) met en exergue les zones avoisinant le drame de la rue d’Aubagne, mais aussi l’héritage de périls anciens depuis 2014, traités alors par le mépris. Mais aussi ceux issus du regain d’attention et de l’action volontariste portés sur les 4 îlots prioritaires de la SPLA-IN (Société publique locale d’aménagement d’intérêt national) et les opérations en Orcod-IN (Opération de requalification des copropriétés dégradées d’intérêt national) sur déjà 4 des 17 copropriétés privées dégradées qui vont d’ailleurs générer de « nouveaux chassé-croisé de délogés ».

    « La municipalité n’a pas toutes les clés en main, analyse Élisabeth Dorier. Benoît Payan reste tributaire de politiques partenariales largement pilotées et financées par l’État et la Métropole. On l’a mesuré avec l’hostilité de Martine Vassal à l’encadrement des loyers, les freins mis à l’extension du permis de louer qui se réduit, sur la carte, à de petites tâches à la Belle de Mai et Hoche-Versailles. » La cartographie des arrêtés de mise en sécurité en procédure urgente correspond aussi « aux périmètres d’actions planifiés et notamment d’Euromed et à ses marges », observe la chercheuse, critique pour affirmer que « l’urgence est souvent mise au service de grands projets et là, je considère qu’il y a un dévoiement de l’urgence car beaucoup de ces immeubles dégradés étaient identifiés de longue date ».

    Évacuations en baisse

    Globalement, le nombre d’arrêtés de mise en sécurité pris en procédure urgente baisse et parmi eux, seuls les cas graves (70%) entraînent des évacuations. « D’un côté, il y a la volonté d’éviter la violence sociale d’évacuations traumatisantes en un quart d’heure en oubliant les lunettes et le chat. De l’autre, il y a l’argument du coût des évacuations car 80% des ménages sont relogés par la Ville. Les propriétaires privés collaborent peu au relogement de leurs locataires », observe-t-elle. Ce qui oblige ensuite la Ville à se lancer dans le recouvrement des frais d’hébergement avancés.

    Les mainlevées

    Les arrêtés de mainlevée progressent, ce qui est la traduction d’un traitement pérenne des situations. Les sorties de péril ont concerné 251 immeubles en 2025 et 220 en 2024, contre seulement 79 en 2021. Mais le stock d’adresses à suivre a augmenté avec plus de nouvelles procédures lancées que de procédures clôturées. La purge de l’immobilier indigne se poursuit.

    Relogements définitifs

    C’est un point de tension certain. Entre 2018 et 2025, 3 498 ménages, soit 7 776 personnes, ont été évacués. On estime à 25% le nombre de personnes ayant échappé à ce décompte officiel lors de la période folle 2018-2019. En tout, 454 ménages ont bénéficié d’un relogement définitif ailleurs qu’à l’adresse évacuée, à 92% en logement social, soit environ 12% des évacués. Dans cette part déjà congrue de relogés définitifs sont intégrés les 75 ménages du périmètre du haut de la rue d’Aubagne, relogés sous l’ancienne municipalité dans du social diffus et ceux dès 2019 des immeubles neutralisés par déclarations d’utilité publique.

    « Ce faible taux interroge la production de logements sociaux et exige un changement de braquet de la Métropole », alerte Élisabeth Dorier, qui est aussi membre du Comité de suivi de la Charte du Relogement. « Les relogements définitifs concernent surtout des évacués d’immeubles tellement délabrés ou de propriétaires tellement peu coopérants (travaux pas démarrés ou qui s’éternisent) qu’ils ont été placés sous maîtrise publique pour être rénovés », observe l’universitaire.

    « Les relogements définitifs butent sur les carences en logements sociaux dans les arrondissements centraux – où il y a pourtant de nombreux logements vacants ou utilisés en location saisonnière – et sur le fait que la quasi-totalité des logements sociaux marseillais sont concentrés dans les mêmes quartiers. » Autre frein, « le manque de solidarité métropolitaine et interarrondissements. Les pires carences en logements sociaux ne concernent pas la Ville de Marseille qui n’a pas la main. La Ville s’est engagée à fond dans le suivi des signalements, les missions de diagnostic et de placement sous arrêté de péril et elle se retrouve à devoir gérer l’hébergement provisoire de ménages que les propriétaires n’assurent pas, alors qu’ils ont été à la hauteur pour percevoir les loyers. La marge de manœuvre de la Ville en relogement est très faible car la Métropole n’est pas à la hauteur de ses prétentions. L’insuffisance de la production métropolitaine en logement social et les très forts déséquilibres sur son territoire sont criants », démontre Élisabeth Dorier.

    De guerre lasse, des évacués sortent d’eux-mêmes du dispositif pour se reloger par leurs propres moyens. En 2025, on compte une vingtaine de départs volontaires, mais aussi, selon la Ville, 61 ménages qui refuse de réintégrer le logement d’origine après mainlevée du péril. « Ce qu’on voit aussi tendanciellement, c’est l’éloignement au fil du temps du lieu de relogement. »

    Travaux d’office

    La municipalité a ouvert une autorisation de programme de 48 millions d’euros de travaux d’office, en novembre 2020. Sous Gaudin, le budget s’était perdu en études et conseils avec seulement 168 000 euros consacrés en 2018… En 2024, 40 chantiers ont été achevés, qui avaient mobilisé 3,9 millions d’euros aux frais avancés des propriétaires défaillants, contre 4,2 millions en 2023. Huit chantiers ont été achevés en 2025, cinq nouveaux ouverts au dernier trimestre dernier. 23 immeubles sont encore pris en charge.

  • À Toulon, la difficile cohabitation entre les activités militaires et civiles

    À Toulon, la difficile cohabitation entre les activités militaires et civiles

    Ancré dans la vie des Toulonnais depuis plus de cinq siècles, le port militaire de Toulon abrite aujourd’hui 70% de la flotte française et surtout plus de 24 000 travailleurs, selon le préfet du Var. La candidate Magali Brunel (union à gauche), de la liste Toulon en commun, révèle un constat accablant : « Moins de 10% du littoral du centre-ville est ouvert sur la rade » et souligne « le manque d’équipements et de cheminements piétons est continu sur le long du littoral ».

    À travers son projet Med’in Toulon, la candidate veut « réaménager les quais tout en renforçant la continuité des cheminements piétons et des pistes cyclables le long du littoral ». Laure Lavalette (RN), rejointe sur sa liste début février 2026 par le contre-amiral Jacques Mallad, ancien commandant du groupe aéronaval, voudrait lui confier le rôle stratégique de la mer et de l’économie maritime. La candidate souhaite que « dans chaque école de la ville soient données des classes de défense ou maritimes ».

    Ville et forces armées

    De son côté, la maire sortante Josée Massi (SE) a été rejointe par l’amiral Laurent Isnard, ancien préfet maritime, sur sa liste. « L’expertise de Laurent Isnard contribuera notamment à préparer l’arrivée du porte-avions de nouvelle génération, étape déterminante pour l’avenir du port militaire et de l’écosystème économique local », souligne la maire dans son communiqué. L’accueil du futur porte-avions PA-NG, prévu pour 2038 va provoquer une forte transformation du chantier naval. La cité s’adapte donc avec la livraison de 62 logements d’ici mi-2026, réservés aux militaires et à leurs familles selon le ministère des Armées.

    Josée Massi, veut créer « un Campus Économie Bleue et Défense et un Pôle Tech Toulon autour de l’IA et des technologies maritimes ». En lien avec la construction du nouveau porte-avions Michel Bonnus (LR), souhaite une « cité de l’économie de la mer et de la défense », conçue sur le modèle d’un grand campus d’innovation rassemblant des start-up. Mais aussi, crée « la cité des sciences et de la mer » dans l’ancien arsenal du Mourillon. Reste aux habitants de pouvoir vivre pleinement leur ville… Magali Brunel veut mettre en place devant le stade Mayol « un grand espace public populaire, ouvert sur la rade, une place capable de réunir tous les Toulonnais autour des symboles partagés du rugby, de la mer et de la culture ». De quoi créer un « Toulon en commun » qui respire et s’ouvre sur la mer.

  • [Entretien] Hervé Martin : « Consolider le bouclier social à Montpellier »

    [Entretien] Hervé Martin : « Consolider le bouclier social à Montpellier »

    La Marseillaise : « Montpellier demain » est le nom de la liste conduite par Michaël Delafosse sur laquelle vous êtes à nouveau candidat. Un second mandat permettrait à la gauche de faire quoi pour la 7e ville de France ?

    Hervé Martin : L’important c’est de donner une vision pour l’avenir à la ville. Nous avons l’habitude de dire que nous avons fait deux mandats en un. On a eu aussi beaucoup de rattrapage à faire. L’exemple le plus criant c’est la réalisation de la ligne 5 du tramway qui était attendue et que Philippe Saurel [maire de 2014 à 2020] n’a jamais réalisée. C’est un investissement lourd qu’il a fallu réaliser. Maintenant, il faut redonner une ambition mais adaptée au monde d’aujourd’hui, bien évidemment. Il faut continuer à développer le bouclier social. Pourquoi c’est d’autant plus important ? Parce que nous vivons dans un monde de plus en plus incertain. Parce que les politiques publiques d’État sont soit inexistantes dans certains domaines, soit extrêmement inquiétante pour pouvoir soutenir les classes populaires et les classes moyennes, soit, on le voit, sur la question extrêmement importante du logement. On connaît dans toutes les métropoles les difficultés à se loger et Montpellier ne fait pas exception. Les gens rencontrent des difficultés de pouvoir d’achat de plus en plus criantes la question du logement est devenue encore plus importante qu’avant.

    Vous proposez de créer une agence municipale du logement. À quoi servira-t-elle ?

    H.M. : L’objectif est de pouvoir créer 1 000 logements conventionnés ce qui permettrait aux propriétaires de louer leur logement avec un loyer modéré tout en étant garanti du paiement. On sait que lorsque quelqu’un veut louer un appartement, il doit apporter de telles garanties que c’est juste impossible pour beaucoup. Donc, la mairie pourrait garantir à la place du locataire. C’est aussi la question de la rénovation énergétique : il y a des logements classés F ou E qui nécessitent un travail important pour pouvoir les inclure dans la location car ces logements déclassés ne peuvent plus être loués. Nous allons proposer aussi une assurance universelle car, là aussi, l’assurance est obligatoire mais c’est parfois un frein. Il y a trop de personnes qui n’assurent plus et lorsqu’il y a un dégât, on se retrouve dans des situations inextricables. De la même façon que nous avons créé une assurance communale nous créerons cette assurance habitation communale universelle. Cette agence municipale permettra aussi de regrouper tous les services pour accompagner à la fois les locataires et les propriétaires.

    Y a-t-il des mesures futures auxquelles les candidats communistes* tiennent particulièrement ?

    H.M. : Nous avons une proposition, une mesure acceptée avec beaucoup d’enthousiasme par Michaël Delafosse : la création d’un centre de vacances à l’extérieur de la ville. Quand nous avons proposé cela en assemblée générale des militants, un vieux camarade, instituteur retraité, nous a dit, « il ne doit pas y avoir d’enfants qui entrent en 6e sans avoir de souvenirs de vacances ». Oui, les bonnes vieilles recettes communistes, c’est cela qu’elles peuvent amener et c’est extrêmement important ! On réfléchit à des lieux comme les Cévennes, la Lozère. Pour le proposer à tous les enfants mais aussi aux personnes âgées, aux adultes. C’est fondamental pour le vivre ensemble, pour se faire des souvenirs, pour découvrir autre chose.

    Montpellier est une ville méditerranéenne et donc ouverte. Vous tenez aussi à la création d’un monument pour la paix. Pourquoi ?

    H.M. : La culture de la paix doit être cultivée. Et Montpellier doit cultiver cette idée de la paix. Donc nous aurons un monument, on ne sait pas encore sous quelle forme. Parce que nous avons dit, nous les communistes, dans la période actuelle, on ne peut pas faire comme si la question de la paix ne se posait pas, y compris dans les villes. La diplomatie des villes doit jouer à plein. La paix, ce sont des politiques publiques que l’on met en place comme la culture, le sport. Cela sert à quoi la culture, le sport? Ce sont des lieux d’émancipation, de rencontres et quand on en fait on cultive la paix.

  • La Ligue Méditerranée monte au créneau face aux violences

    La Ligue Méditerranée monte au créneau face aux violences

    La Ligue Méditerranée de football prend les devants. Par l’intermédiaire de son président, Guy Borghini, une lettre ouverte a été publiée, ce mardi, sur le site internet de l’organisme, pour dénoncer différents faits de violence survenus ces derniers jours. « Des arbitres ont été agressés, un délégué régional a été violemment pris à partie et un joueur a été victime d’une agression au couteau dans un contexte lié à une rencontre de football. Ces faits sont inadmissibles. Ils sont contraires aux valeurs que nous portons collectivement et que le football amateur s’efforce de transmettre chaque week-end : respect, engagement, partage et plaisir du jeu. »

    Cette agression au couteau évoquée dans le communiqué s’est déroulée, ce dimanche, lors d’un match U20 entre Toulon et Avignon. Dans le Var, les Avignonnais se sont inclinés 3-0 et, selon les acteurs de ce match, aucun incident ne s’est déclaré durant la rencontre. « Il n’y a pas eu de problème majeur pendant le match. On n’a pas de relation particulière avec le club de Toulon », décrivait à La Provence le président du FC Avignon, Ali Aboulghazi. Selon les premiers éléments de l’enquête, le frère de l’un des joueurs toulonnais serait l’auteur de la blessure. Les deux jeunes hommes ont été placés en garde à vue, les jours de la victime ne sont pas en danger.

    Un protocole de respect testé ce week-end

    La Ligue Méditerranée de football et ses cinq districts pointent du doigt une volonté de bousculer « l’équilibre même du football amateur, qui est fragilisé lorsque de tels comportements surviennent ». Et d’ajouter que « sans arbitres, sans dirigeants bénévoles, sans éducateurs, il n’y a tout simplement plus de football ». La Ligue souhaite engager au plus vite des procédures disciplinaires à l’encontre des fauteurs de troubles et pourrait accompagner les victimes, « notamment par le dépôt de plainte et la constitution de partie civile lorsque cela s’avérera nécessaire ».

    L’organe régional propose aussi d’établir des moments d’échanges entre tous les présidents de clubs du territoire pour partager le vécu de chacun et dénicher des solutions impactantes pour lutter contre ces violences.

    Cette lettre ouverte appuie le côté indispensable d’une mobilisation collective pour, au minimum, atténuer ce fléau qui touche l’ensemble du football amateur.

    Lors du prochain week-end de compétitions, une première mesure sera mise en place. « Les 14 et 15 mars, un protocole de respect sera mis en place avant chaque rencontre, associant notamment les capitaines des équipes et les arbitres. Ce moment symbolique aura pour objectif de rappeler à tous les acteurs présents autour du terrain l’importance du respect des officiels, des adversaires et du jeu lui-même. »

    Une lettre pour apaiser les tensions dans la région et rassembler autour de la passion du ballon rond.

  • Test grandeur nature pour les Marseillaises face au PSG

    Test grandeur nature pour les Marseillaises face au PSG

    Les missions commando se succèdent pour les Marseillaises. Après trois affrontements face à l’OL Lyonnes, toutes soldées par de lourdes défaites, les footballeuses de la cité phocéenne se préparent à affronter un autre cador d’Arkema Première Ligue : le Paris Saint-Germain. Sur la pelouse du Campus PSG à Poissy, ce mercredi (16h15), les protégées de Corinne Diacre, actuellement 9e du championnat avec six points d’avance sur leurs trois poursuivantes placées dans la lanterne rouge, tenteront de résister face à l’armada parisienne, largement victorieuse lors du match aller au stade Francis-Turcan, à Martigues (1-5, le 5 décembre 2025).

    « Paris reste une grosse équipe, avec de très bonnes joueuses. C’est un match difficile, très difficile même », souligne l’attaquante phocéenne Laura Bougouin, pour qui la 5e place au classement des Parisiennes est plus qu’anecdotique. « Ce match face au PSG va surtout nous permettre de préparer la prochaine journée contre Le Havre », poursuit-elle, persuadée que « ces gros matchs de haut niveau » leur permettent de « travailler » en vue des rencontres qui sont davantage à leur portée. « Bien sûr qu’on aimerait toutes gagner face au PSG », martèle la Mancelle de 33 ans, qui dispute sa dixième saison au plus haut niveau français. « Mais c’est une période pas facile, parce qu’on a peu de matchs, ce qui ne facilite pas les choses pour garder le rythme », ajoute-t-elle, consciente que les six points qui les séparent de Saint-Etienne, Montpellier et Lens leur permet de « respirer » et de pouvoir aborder plus sereinement cette fin de saison.

    « Plus disciplinées défensivement »

    Promues, les Marseillaises continuent, pour la plupart, de découvrir les rudiments de ce championnat. Ce manque d’expérience les empêche d’aller titiller des formations comme Strasbourg ou Dijon, installées en milieu de tableau. « On a fait des erreurs qui nous ont coûté des points à des moments », reconnaît l’ancienne pensionnaire de l’ASJ Soyaux, toutefois persuadé qu’elles sont désormais « plus disciplinées défensivement », malgré avoir encaissé pas moins de 35 buts jusqu’ici, soit le deuxième total plus élevé du championnat. « Je pense qu’on est en capacité aujourd’hui de les récupérer, ou, en tout cas, de ne plus perdre les matchs de la manière dont on les a perdus », lâche Laura Bourgouin avec optimisme.

    PARIS SG – MARSEILLE

    17e journée – Arkema Première Ligue

    À 16h15, au Campus PSG, à Poissy

    Arbitre : Romy Fournier

    PARIS (compo probable) : Earps – Elimbi, Samoura, De Almeida, Carmona – Echegini – Kanjinga, Groenen, Karchaoui, Ajibade – Leuchter. Entraîneur : Paulo César

    MARSEILLE (compo probable) : Shore – Laplacette (cap), Blanchard, Carro, Cyraniak – Le Mouël, Bourgouin, Bamenga – Herrera, Bourdieu, Perret.

    Entraîneur : Corinne Diacre

    Un record de spectateurs attendu pour OM – Montpellier

    Les Marseillaises disputeront leur 19e journée de championnat face à Montpellier, samedi 28 mars, au stade Vélodrome. En seulement quelques jours, la barre des 30 000 billets ont été vendus, plaçant l’OM en position de menacer le record de D1 féminine, établi à 30 661 spectateurs lors du duel Lyon-PSG en 2019 au Groupama Stadium. Si le club propose un accès gratuit pour le grand public, une formule « premium » (échauffement en bord terrain, instants photos en fin de match, dédicaces…) et une « hospitalités » (visite des vestiaires, salle de conférences de presse et zone mixte, accès bord pelouse pendant l’échauffement, passage des joueuses en avant-match…) sont disponible sur la billetterie du club.

  • Vaucluse : après la tourmente, la CCI retourne aux urnes cet été

    Vaucluse : après la tourmente, la CCI retourne aux urnes cet été

    Un nouveau départ se dessine donc pour l’été à la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Vaucluse. Après la démission de 22 des 33 élus entre le 10 décembre et le 7 janvier, ce qui avait conduit la préfecture à dissoudre l’assemblée générale, le préfet de région Jacques Witkowski a signé un arrêté fixant l’élection des nouveaux membres à partir du 29 juin et jusqu’au 10 juillet.

    Dans le même temps, il ouvre la période de dépôt des listes électorales, qui s’étendra jusqu’au 14 avril. C’est à l’issue de ce scrutin que seront nommés les nouveaux membres du bureau, ainsi que le successeur de Gilbert Marcelli, ancien président de la structure. Ce dernier avait pourtant été réélu, en août dernier, après une première mise sous tutelle, suite à la démission de 4 des 7 membres du bureau. Mais il n’aura tenu finalement que quelques mois à la tête de la chambre consulaire.

    Jugé « autoritaire et brutal » par certains de ses collaborateurs, plusieurs de ses projets avaient été décriés. Comme, par exemple, le rachat du centre de formation Nextech, en novembre 2024, pour 3,9 millions d’euros. Mais aussi l’ouverture du restaurant Le Quai des Saveurs sur le parvis de la gare, en décembre 2024. Ce dernier accuse un déficit de plus de 600 000 euros sur sa première année d’exploitation. Sans oublier le dossier épineux du renouvellement de la délégation de service public (DSP) de l’aéroport d’Avignon-Provence, dont la gestion est confiée par la Région Sud à la CCI de Vaucluse et qui arrive à échéance fin 2026.

    Risque de report

    Mais, d’après nos confrères de L’écho du Mardi, un risque de report ou d’invalidation des élections existe. En cause : les listes électorales des ressortissants de la CCI de Vaucluse ne seraient plus à jour et un simple recours pourrait suffire à invalider le scrutin. Ces listes seront déposées le 14 avril, soit dans un peu plus d’un mois. Par la suite, les candidats pourront déposer leurs listes du 20 au 28 mai (12h). Les candidats pourront ensuite déposer leurs listes du 20 au 28 mai, jusqu’à 12 .

    Pour mener à bien ce processus, nos confrères évoquent la nécessité d’une « unité » du patronat vauclusien. « C’est inenvisageable de s’appuyer sur ceux qui nous ont mis dans cette situation. La CCI de Vaucluse est devenue la risée des autres chambres consulaires de France, ceux qui en sont responsables doivent maintenant en assumer les conséquences. En termes d’image vis-à-vis des entreprises vauclusiennes que nous représentons, il est donc impératif de donner un grand coup de balai », confie l’un d’entre eux dans les colonnes du journal. Les prochaines semaines s’annoncent donc décisives pour le tissu économique vauclusien.

  • La mobilisation prend de l’ampleur dans les lycées de Marseille

    La mobilisation prend de l’ampleur dans les lycées de Marseille

    Après des premiers blocus la semaine passée, les élèves et le personnel éducatif des lycées Saint-Charles, Diderot, Victor-Hugo et Montgrand se sont de nouveau mobilisés ce 10 mars. Ils sont vent debout contre la baisse des dotations horaires attendue pour la rentrée prochaine. Le mouvement, soutenu par l’intersyndicale (CGT Educ’action, FSU, SGEN-CFDT, SUD Éducation), a été suivi avec près de 90% du personnel enseignant en grève à Montgrand et Victor-Hugo, selon les syndicats.

    Moins d’heures pour moins d’accompagnement

    Dans un communiqué de presse, les enseignants du lycée Montgrand disent constater « une dégradation de leurs conditions de travail et des conditions d’étude des élèves » ignorée par un gouvernement qui mène « une politique de destruction du service public d’éducation avec la suppression de 4 000 postes pour la rentrée prochaine ». 900 postes seraient concernés dans l’académie Aix-Marseille.

    Dans ce lycée, la dotation horaire globale (DHG) se voit amputée de 100 heures. Autrement dit, « une coupe de près de 10% par rapport à notre enveloppe actuelle », rage un professeur de physique-chimie de l’établissement. Pour les enseignants, la suppression des heures signifie « la fin des cours dédoublés en français en classe de première, des effectifs plus importants dans les groupes de spécialités » ou encore « la suppression de l’accompagnement personnalisé en classe de seconde ».

    Le lycée Victor-Hugo se voit quant à lui retirer 83 heures de la DHG, soit une réduction de 5% par rapport à l’enveloppe actuelle. Le constat est similaire : « Une fois encore ce sont nos élèves qui vont faire les frais de cette suppression à la rentrée prochaine », précise les personnels du lycée dans un communiqué. Et tous partagent la même colère : « On nous demande de faire toujours mieux avec moins : l’équation est impossible ! »

    Un lycéen en garde à vue

    Alors que les lycées Montgrand et Saint-Charles étaient bloqués mardi matin, des élèves en ont profité pour étendre la mobilisation au lycée Thiers. La raison ? « Le lycée Thiers, avec ses classes préparatoires étoiles et son public privilégié n’est quasiment pas concerné par les coupes. Ce n’est pas un hasard, c’est toujours les mêmes qui subissent les conséquences des politiques d’austérité », justifie une lycéenne affiliée au syndicat Mouvement national lycéen 13. Elle raconte que les étudiants ont souhaité « filtrer les entrées du lycée pour sensibiliser les élèves à la mobilisation en cours ». Alors que le blocus se mettait en place, des agents de la police sont intervenus « brutalement » pour évacuer les lieux et un lycéen a été interpellé. Des vidéos prises sur le moment montrent pourtant que le groupe de manifestants était pacifique. Le jeune est mis en cause pour « outrage et rébellion » a confirmé la préfecture auprès de nos confrères de La Provence.

    Placé en garde à vue, un rassemblement de soutien devant le commissariat Noailles s’est tenu à partir de midi. Des événements que l’Union départementale CGT 13 a dénoncés mardi soir dans un communiqué, disant « condamner avec la plus grande fermeté cette répression policière » et appelant à « défendre le droit fondamental de manifester ».