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  • Grotte Cosquer, une seconde entrée révélée

    Grotte Cosquer, une seconde entrée révélée

    La Marseillaise : C’est en 1985 qu’Henri Cosquer dit découvrir la grotte dont il déclare officiellement l’existence en 1991. Une seule entrée semble exister. Quand et comment pressentez-vous la possibilité d’un autre accès ?

    Thierry Betton : Quand j’ai écho de la découverte de cette grotte, je ne sais pas qu’il y a des dessins à l’intérieur, mais ça pique mon intérêt de spéléologue. Je connais très bien l’anse de la triperie. Je pratique l’escalade depuis mon adolescence et j’y ai ouvert une voie d’escalade en 1976. Dès ma première plongée en solo, j’ai tout de suite l’intuition qu’il existe un deuxième réseau, dans le haut. Je cherche d’abord une ouverture terrestre. Je ne la trouve pas. Je plonge. Après une dizaine de tentatives, je découvre en mars 1992 ce deuxième accès, immergé dans seulement 3 mètres au lieu des 36 mètres. Une courte plongée me donne accès à une cavité dans laquelle je sens un courant d’air. En remontant, je découvre une chatière de 60 cm de diamètre sur 1,5 mètre de long, que j’arrive à franchir. Je débouche sur une galerie concrétionnée, féerique. Je la suis et ça me mène au sommet de la cathédrale qui donne accès au puits noyé. Ce qui confirme mon intuition : la présence de cette deuxième ouverture permet à la grotte de se maintenir en surpression.

    Que permet cette nouvelle porte d’accès ?

    T.B. : Elle a été utilisée par les équipes de recherche, mais aussi pour mettre en place toute la logistique qui a permis la construction de la via ferrata finalisée à l’automne 1998. La cheminée à l’extrémité de la galerie qui plonge sur le puits de la dernière salle est une partie dangereuse. Elle implique une progression spéléo technique. Mais, l’avantage de ce passage, c’est que la partie en immersion est bien plus courte. Cet aménagement inédit de via ferrata en milieu sous-marin a permis à des scientifiques non aguerris à la plongée, comme le préhistorien Jean Clottes, d’accéder au site. Une première mission d’expertise avait été menée, en 1991, par le ministère de la Culture. En 1994, avec Luc Vanrell, qui a découvert l’épave du P-36 de Saint-Exupéry, nous participons en tant que plongeurs à l’indication de Jean Courtin du CNRS à la mission scientifique pour effectuer les relevés topographiques. à ce moment, l’entrée haute n’est pas utilisée, car Cosquer avait dit que l’accès était quasi impraticable. Quand on fait les plongées et que je vois le matériel qui est amené et la logistique que ça demande, parce qu’il faut imaginer que là, il a fallu tirer l’électricité, un câble sur 150 mètres de long, à 36 mètres de profondeur, ce qui veut dire que tout le matériel qu’on passe est conditionné dans des caissons qui peuvent supporter la pression… Du coup, nous, on parle donc de l’accès haut, on dit qu’il est utilisable. à l’époque, je suis pompier volontaire à Cassis, membre du Groupe de recherche et d’intervention en milieu périlleux (Grimp) et je mesure le risque. En juin 1995, Courtin me recontacte pour sortir la centrale météo de la grotte. Elle avait cessé d’émettre. à cette époque, les crédits de l’état avaient été engloutis dans les recherches menées en parallèle sur la grotte Chauvet. On a le feu vert en proposant de réaliser l’opération de sauvetage moyennant quelques sandwichs et le plein d’essence. On peut sortir la centrale, la réparer et la remettre en place et on fait la démonstration qu’on peut accéder à la grotte par cette entrée.

    Pourquoi a-t-elle été mise au secret si longtemps ?

    T.B. : Quand je trouve l’entrée, passée l’émotion, il y a cette question : à qui en parler ? La découverte avait déjà fait l’objet d’une polémique et les doutes sur une galéjade marseillaise avaient été écartés. Mais ce sont surtout la sécurité et le souci de préservation du site qui ont fait foi sur ce choix du silence. Car il y avait eu la noyade des trois plongeurs grenoblois en 1991. Et révéler cet accès risquait aussi d’attiser les curiosités. Or, le site, dangereux, venait d’être interdit, mais ça, on l’a appris plus tard. Aujourd’hui, il y a des grilles, le site est inviolable. Dans un tout premier temps, je parle de l’accès haut à Bernard Dinacera, le fondateur de l’Atelier de la Mer, à la Pointe-Rouge. On y retourne ensemble et on prend le temps d’explorer. C’est là qu’on voit le panneau des mains, les bisons… Puis j’avais besoin de communiquer et j’en parle aussi à mon frère Régis et à Luc Vanrell, qui prendra la suite de Jean Courtin, en 2001, à la direction des recherches scientifiques.

    Pourquoi la révéler aujourd’hui ?

    T.B. : J’avais déjà posé des jalons dès 2022. Il y a eu des articles sur « les oubliés », puis « les effacés » de cette histoire… Mais si j’y reviens, c’est parce que j’ai acheté pour mon petit-fils la BD qui vient de sortir sur « la rencontre de Barbu dans la grotte ». Elle est très belle, bien scénographiée et didactique. Mais il y a une page en particulier qui m’a interpellé, avec un encadré où il est dit qu’une autre entrée est découverte par Henri Cosquer. Or, cette publication ne peut ignorer les conditions de découverte du second accès. Ce que je souhaite surtout, c’est rétablir des faits, rendre leur place à tous les acteurs de cette aventure qui sont près de 80 en réalité à avoir œuvrer durant 30 ans pour que la réplique de la grotte puisse être réalisée. Ceux sans qui rien n’aurait été possible. S’ils sortent enfin de l’ombre, ce n’est pas pour polémiquer ni par intérêt financier, c’est juste pour dire que c’est une aventure collective, pas le fait d’un héros solitaire. Non seulement elle est collective, mais elle n’est que collective. Mieux, elle est paritaire dès les premières heures. Ils étaient quatre plongeurs, dont deux femmes, Cendrine Cosquer, la nièce d’Henri, et Pascale Oriol. Puis, il y a eu Sylvie Gouirand, Anne Delhomme, Orsane Vanrell, toutes les plongeuses, les chercheuses qui ont joué un rôle très important. Or, le rendu muséal met un seul homme sur un piédestal, tel un super héros. C’est dommage, car parler de tout ce travail d’équipe permettrait aussi à une petite fille de s’identifier, de rêver d’un destin de plongeuse, d’archéologue.

    L’histoire de ces « oubliés » et de ces « effacés » de la découverte a-t-elle vocation à intégrer la version officielle ?

    T.B. : C’est mon souhait de rendre visible la partie immergée de l’aventure pour qu’on saisisse toute la complexité de l’immense opération… Mais cette décision ne m’appartient pas. Je ne demande rien, pas plus que les quatre plongeurs à l’origine de la découverte, ni que les 80 personnes qui ont travaillé à la mise à jour des vestiges. C’est compliqué, car la grotte porte le nom de quelqu’un. Il y a des droits sur les entrées… Simplement, dans la narration, il serait bien d’ajouter quelques noms, des photos d’autres visages.

  • [Justice] Six mois ferme pour le pédophile à la poupée

    [Justice] Six mois ferme pour le pédophile à la poupée

    Il chuchote au micro, droit, figé dans le déni le plus parfait. « Je n’avais aucune intention sexuelle. Je suis non violent, en particulier envers les enfants. Je cherchais juste un mannequin pour l’articuler de manière à l’asseoir sur une table, car j’avais dans l’idée de simuler des cours scolaires pour faire une autoévaluation de ma manière d’être et de m’exprimer, car ça fait longtemps que je rêve d’enseigner. C’était une démarche à but thérapeutique car j’ai totalement perdu confiance en moi », brode David, 56 ans, électromécanicien qui vit à Bouc-Bel-Air, condamné en 2005 pour l’agression sexuelle de sa fille de 4 ans.

    « Vous avez commandé une poupée enfantine avec un vagin destiné à être pénétré », lui rappelle la présidente Charlotte Joubert, qui décrit l’objet de 20 kg pour 1,32 m aux traits enfantins. Un modèle baptisé « Teen Sex Doll » vendu 539 dollars sur une plateforme chinoise. « Ça a sauté aux yeux du livreur d’UPS qui a donné l’alerte en voyant, au travers du colis endommagé, une poupée d’apparence de 6 ans ! », lance Me Joanny Moulin, avocat de l’association Parole d’enfant, partie civile qui lui fait confirmer que devant les gendarmes, il a reconnu s’être masturbé avec cette poupée.

    Quand la présidente rappelle au prévenu la découverte un an avant les faits, sur son ordinateur, de « sept images de gosses qui font des fellations », il nie encore. « Avez-vous un double maléfique qui télécharge malgré vous ? » – « J’ai jamais voulu les télécharger, ce sont des fichiers corrompus, indésirables. » Devant les gendarmes, il a bien admis regarder des « vidéos sur l’inceste ». à la barre, ce père aux cheveux blancs justifie : « J’ai été agressé sexuellement dans ma famille quand j’étais enfant et adolescent. C’est quelque chose dont je n’arrive pas à me débarrasser. Mon père ne s’est jamais aperçu de rien, mais je suis persuadé que ma mère le savait. »

    Une expertise psychiatrique antérieure aux faits décrit « une personnalité de type pervers dans le déni absolu ». « Non, je ne suis pas pervers », réfute encore le prévenu. Même déni sur la plainte récente d’une autre de ses filles, qui s’est souvenue qu’il l’avait fait venir deux fois dans son lit alors qu’il était tout nu.

    « Nous voulons que par votre décision, vous protégiez les enfants de l’extrême dangerosité que représente l’achat de ce type d’objet et que vous donniez un signal ferme à l’ensemble des pédocriminels », demande Me Moulin, partie civile qui obtiendra l’euro symbolique demandé. « à l’heure de l’invasion chinoise de notre économie, ces poupées pédocriminelles font le buzz. Elles ne sont pas un substitut pour ne pas passer à l’acte, sinon l’état en vendrait ! Tout au contraire, une personne sur deux qui ont procédé à cet achat passe à l’acte. »

    « Le danger est là et prévisible de passer à l’acte », confirme le procureur adjoint, Olivier Poulet, devant ce prévenu « dans le déni absolu de sa déviance avec des histoires à dormir debout ». « Ce n’est rien d’autre qu’une poupée sexuée destinée à un pervers sexuel déjà condamné en 2005 pour agression sexuelle par ascendant ». Il requiert 12 mois avec sursis probatoire pendant 2 ans avec obligation de soins psychiatriques et une interdiction d’exercer toute activité en lien avec l’enfance.

    « C’est un procès honteux, la relaxe s’impose ! » tonne Me Nicolas Perrin, pour qui « on a voulu faire du médiatique, on a pris le premier malheureux venu avec la polémique Shein. On met des bûches dans le feu pour alimenter l’étiquette de pédophile qu’on veut lui coller. Rien ne relève d’un caractère pénal. Il a acheté légalement et pas sur le darknet une poupée qui n’a rien d’enfantine ». Son client écope de 18 mois de prison, dont 6 ferme sous bracelet avec 2 ans de soins psychiatriques, et 5 ans d’interdiction d’activité en lien avec les mineurs.

    « Une poupée sexuée destinée à un pervers sexuel déjà condamné »

  • La direction de l’hôtel reste sur ses positions

    La direction de l’hôtel reste sur ses positions

    Suite à l’annonce d’un licenciement économique de six salariés et non plus sept comme prévu initialement de l’hôtel Marseille Saint-Charles, une grève a débuté lundi. C’est dans ce contexte que la directrice des ressources humaines (DRH) du groupe Alboran, qui possède l’établissement, a rencontré quatre de leurs représentants, ce vendredi. La direction n’est pas revenue, lors de ce rendez-vous, sur ces six licenciements, qu’elle qualifie d’économique, d’après les syndicats. La grève est donc reconduite ce samedi, devant l’hôtel.

    Depuis lundi, les casseroles et les sifflets se font entendre dès que l’on s’approche de l’ex-hôtel Holiday Inn, face à la gare Saint-Charles, à Marseille. Accompagnés par leur syndicat, CNT-SO, les six salariés, qui ont appris leur licenciement le lendemain de Noël, réclament l’annulation de cette procédure. Karima Malagouen, coordinatrice de petit-déjeuner depuis 15 ans au sein de l’hôtel, a été la première à être au courant. C’est l’incompréhension pour la syndiquée à la CNT SO : « On nous jette sans prendre en compte notre ancienneté, sans nous proposer de solutions dans d’autres hôtels du groupe, ou des formations. » Pour le moment, seule elle et son collègue équipier Toufik Ghodbane, délégué syndical à la CNT SO, ont été officiellement informés de leur licenciement.

    Alors que la direction affirme qu’il s’agit de licenciement économique, les concernés refusent d’y croire et réclament l’accès aux dossiers comptables, qui justifierait ces licenciements. Malgré la réunion avec la DRH, aucun document comptable ne leur a été transmis. « Ils disent qu’il n’y a plus d’argent, mais ils font des travaux dans l’hôtel pour 5 millions d’euros », affirme Toufik Ghodbane, délégué syndical et équipier. Le 8 janvier doivent commencer ce chantier de plusieurs mois pour permettre à l’hôtel, propriété du groupe Alboran depuis janvier 2023, de devenir un quatre étoiles.

    Pour Karima Malagouen, c’est d’autant plus incompréhensible que l’hôtel est souvent complet. « Je participe aux réunions toutes les semaines. On est souvent complet, et les clients sont très satisfaits de notre travail ! » Danila Gomes, femme de chambre depuis 2019, ne comprend pas non plus cette décision : « Je ne vois pas comment ils vont faire pour nettoyer toutes les chambres sans nous, alors que l’on fait plein de choses : les chambres, mais parfois, on est équipier ou gouvernante. »

    Pour la coordinatrice de petit-déjeuner, c’est un moyen pour l’hôtel de baisser les salaires. « Ils me licencient car je coute cher, et ils réembaucheront quelqu’un a un salaire beaucoup plus bas », suppose-t-elle. La grève est donc reconduite ce samedi. « On n’arrêtera pas la grève, parce que c’est le seul outil qu’on a », affirme Toufik Ghodbane, délégué syndical.

    Contacté, le groupe n’a pas donné suite à nos sollicitations.

    Caisse de grève : we-solidaire.com (solidarité grévistes hôtel Marseille centre gare Saint-Charles)

  • En 2026 « La Marseillaise » augmente son engagement, pas ses tarifs

    En 2026 « La Marseillaise » augmente son engagement, pas ses tarifs

    C’est une décision volontariste : en 2026, malgré l’augmentation des coûts de production et de distribution, La Marseillaise n’augmentera pas ses tarifs.

    C’est d’abord le souhait de rester un journal populaire, accessible à tous, qui a dicté ce choix. C’est ensuite la conviction que la hausse de nos ventes et de nos abonnements, constatée depuis 5 ans, ne doit pas être interrompue.

    Il s’agit d’un pari : continuer à vous satisfaire et conquérir un lectorat encore plus large pour trouver les moyens de notre développement.

    Le mercredi, deux journaux pour 1,50 euro !

    Pour le réussir, nous avons besoin de vous. C’est le sens de l’appel à la souscription lancé à l’occasion de la nouvelle année pour permettre à La Marseillaise de continuer à exister, de se développer et de conquérir les Alpes, où un comité des Amis de La Marseillaise s’est constitué dans cet objectif.

    Vous pouvez aussi soutenir la démarche de votre journal en participant à sa diffusion bénévole, en abonnant vos proches et en faisant connaître autour de vous son contenu qui sera particulièrement riche à l’occasion des municipales.

    Vendue en kiosques seulement 1,50 euro en semaine, La Marseillaise est le journal le moins cher de la région. Le mercredi, pour le même prix, le journal culturel Zébuline vous est offert. Et le week-end, avec le supplément détente, loisirs, découvertes La Marseillaise week-end, et le programme TV Diverto, votre journal de deux jours reste aussi à 3 euros. Côté abonnements mensuels, tarifs inchangés également. 9,90 euros pour accéder à tous nos contenus numériques. 14,50 euros pour accéder au numérique et recevoir votre journal du week-end ou votre hebdo d’Occitanie. Et enfin, 34,50 euros pour accéder au numérique et recevoir votre journal quotidiennement.

    Là encore, dans le but de toujours mieux vous satisfaire, un travail est en cours pour élargir les zones desservies par le portage qui vous permet d’être livré dès le petit matin.

    Bref, vous l’aurez compris, en 2026, versez à la souscription, achetez La Marseillaise en kiosques, abonnez-vous, offrez la à vos proches et faites-en la promotion !

  • [Entretien] Frédéric Dabi : « Les élections municipales à l’ombre de la présidentielle »

    [Entretien] Frédéric Dabi : « Les élections municipales à l’ombre de la présidentielle »

    La Marseillaise : Est-ce que ces élections municipales de 2026 vont, selon vous, présenter des caractéristiques, une tonalité spécifique, qui les rendraient assez différentes des précédentes ?

    Frédéric Dabi : Oui, très clairement. D’abord parce que, sauf dissolution, ce sera le dernier scrutin avant la présidentielle de 2027. Comme en 2001, ces municipales pourront être lues comme une répétition générale, moins par leurs résultats que par la lecture politique qui en sera faite. En 2001, on avait mis en avant les victoires de la gauche à Paris, Lyon et Dijon, en occultant le nombre de villes perdues ailleurs. En 2026, il y aura une vraie bataille d’interprétation, et toutes les forces politiques peuvent se retrouver fragilisées : un PS perdant de grandes villes, une droite LR en recul, un RN qui ne perce pas, ou une France insoumise cantonnée à gêner les socialistes sans gagner de municipalités, y compris à Roubaix.

    Ces élections seront donc plus politiques que les précédentes. Elles s’inscrivent aussi dans un contexte inédit, que j’appelle l’éclipse du politique à l’échelle nationale. Les Français ont le sentiment que le politique ne les écoute plus et ne parvient plus à améliorer leur situation, ce qui pourrait avoir des effets importants sur la participation. À mes yeux, ce seront des municipales très particulières.

    Vous évoquez ce contexte. Est-ce que l’on sait déjà quelles sont les préoccupations des Français à la veille de ces élections ? Et est-ce qu’elles ont, elles aussi, évolué depuis 2020 ?

    F.D. : Les enquêtes récentes montrent une hiérarchie des préoccupations totalement inédite pour des municipales. La première, c’est la sécurité des personnes et des biens, un niveau que l’on n’avait plus vu depuis les régionales de 2015 ou la présidentielle de 2002. À cela s’ajoute le narcotrafic, désormais clairement identifié par les Français. Viennent ensuite l’accès aux soins et la santé, puis la dette. Ce sont des enjeux nationaux, presque régaliens, qui, faute de réponses au niveau national, redescendent vers le local et s’invitent dans les campagnes municipales. La question de l’accès aux soins ne connaît pas d’opposition simple entre métropoles et petites communes. Ces trois enjeux inédits peuvent fragiliser les maires sortants, notamment dans les petites communes, et montre que ce qui se joue au niveau national pèse directement sur le vote municipal. Les sortants peuvent néanmoins valoriser leur bilan, leur présence sur le terrain et leur capacité d’écoute, et mettre en avant d’autres sujets très appréciés localement, comme le logement, les mobilités ou le cadre de vie. Les campagnes mêleront ainsi une forte dimension nationale – sécurité, santé, dette – et des enjeux locaux, avec une homogénéisation des préoccupations sur tout le territoire.

    Vous avez souligné la proximité de l’élection présidentielle,
    en faisant le parallèle avec 2001. Quelles conséquences cela peut-il avoir, notamment sur la stratégie du Rassemblement national et de la France insoumise
     ?

    F.D. : Les deux forces dites radicales s’engagent fortement dans ces municipales, ce qui n’était pas le cas en 2020. Cela confirme que ce scrutin est perçu comme important, presque comme une répétition générale avant la présidentielle.

    Mais le RN et LFI n’y vont pas avec les mêmes atouts. Pour LFI, c’est une véritable première : elle a très peu de sortants, à l’exception du maire de Faches-Thumesnil, ce qui limite ses gains potentiels, même s’il existe des possibilités à en Seine-Saint-Denis ou à Roubaix avec David Guiraud. Cela tient au fait que LFI reste une force très nationale, encore en décalage avec l’imaginaire municipal. Elle dispose néanmoins de points d’appui, notamment les scores élevés de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle, et d’un possible rôle d’arbitre au second tour dans plusieurs grandes villes. Mais un mauvais scrutin municipal aurait des conséquences, y compris sur la dynamique présidentielle de Jean-Luc Mélenchon. Le RN, lui, est dans une autre logique : il dispose déjà de nombreux sortants et cherche à prolonger son implantation locale, dans la continuité de législatives réussies, y compris dans des départements où il était jusque-là faible.

    Ce que certains appellent « l’ancien monde », soit le PS et LR se partageant l’essentiel des collectivités locales, pourrait-il être chamboulé en 2026 pour se rapprocher du rapport de force national ? Peut-on aller vers une forme de tripartition territoriale ?

    F.D. : L’hypothèse est séduisante, mais je n’y crois pas. Il existe une étanchéité jamais vue entre le national et le local, encore renforcée par la fin du cumul des mandats. Les forces dominantes au niveau national restent faibles à l’échelle locale. Dans les communes de plus de 10 000 habitants, entre 80% et 90% des villes sont toujours tenues par le PS, le PCF, les Écologistes, LR ou l’UDI. Je ne vois pas pourquoi cela changerait fondamentalement. Il peut y avoir des ajustements à la marge. LR est en difficulté et ne dominait plus guère que Nîmes parmi les grandes villes. Le PS peut perdre une grande ville. Mais il est très difficile d’imaginer que LFI, le RN ou Renaissance émergent au point de reproduire localement la tripartition nationale. Aux municipales, le dégagisme reste limité.

    Est-ce que, justement, les maires sortants bénéficient toujours de cette prime au sortant ?

    F.D. : Oui, elle existe toujours, même si elle se fragilise. On observe une forme de défiance qui touche le local, notamment parce que des enjeux nationaux irriguent les campagnes municipales. Les maires font face à des exigences citoyennes inédites, et à des polémiques symboliques qui s’invitent dans la fin de mandat. Pour autant, dans les villes de plus de 10 000 habitants, les municipales restent un scrutin de stabilité. Même en 2014, année de forte alternance, environ 70% des maires sortants ont été reconduits. Mais c’est aussi un scrutin de récit : si des villes majeures comme Paris, Lyon, Marseille, Lille, Toulouse, Nice ou Bordeaux changeaient d’étiquette, l’impact symbolique serait considérable.

    En Occitanie, est-ce que le scrutin va obéir aux mêmes logiques que dans le reste du pays ? Peut-on déjà identifier des configurations ou des villes emblématiques ?

    F.D. : Oui, globalement. Les enjeux de sécurité, de trafic de drogue et de santé y sont très concrets, et je ne vois pas pourquoi la région ferait exception. Comme ailleurs, il y aura des villes symboles. À Montpellier, Michaël Delafosse apparaît bien placé. À Nîmes, une division possible de la droite pourrait profiter à d’autres forces notamment à l’association de gauche et des écologistes autour de Vincent Bouget. À Castelnau-le-Lez, un jeune élu proche de la majorité présidentielle pourrait l’emporter. Reste le cas de Toulouse : Jean-Luc Moudenc parviendra-t-il une nouvelle fois à s’en sortir, ou la force de la gauche aux élections nationales, combinée à une possible division à gauche, peut-elle rebattre les cartes ? Comme ailleurs, il y aura des configurations locales fortes, mais sur les grandes thématiques, l’Occitanie s’inscrit dans une logique d’homogénéité avec le reste du pays.

  • Avec près de 900 000 visiteurs, les musées de Marseille surfent sur les records

    Avec près de 900 000 visiteurs, les musées de Marseille surfent sur les records

    « La gratuité, c’est la démocratie », affirme sans ambages Christine, devant les vestiges de Massalia sous vitrine. Cette habitante de la Belle de Mai se souvient de l’ouverture du musée d’Histoire de Marseille « dans les années 70, avec des escaliers en bois ». Elle y revient régulièrement, comme ce 31 décembre, avec Vénus et Julien, ses amis libanais, qui découvrent « la collection largement enrichie et mise en valeur par une superbe muséographie ».

    « On croit que c’est tranquille ce job, eh bien non ! », s’amuse l’agent de sécurité, à l’entrée du musée. En ce jour de Saint-Sylvestre, les visiteurs affluent, de tous âges, de tous lieux. La faute, ou plutôt le mérite, à la politique culturelle de la Ville. Depuis 2020, les musées marseillais sont gratuits. « Je suis allé à la Vieille Charité ce matin et je passe l’après-midi ici, pour pas un euro. C’est magnifique ! Un voyage dans le temps », apprécie Joachim, géologue allemand à la retraite, qui écume les musées d’Europe « dont certains, très chers ». La gratuité, même pour les expositions temporaires chaque premier dimanche du mois, est un argument de vente nécessaire, mais pas suffisant, pour Christine, qui profite également « des conférences, top et en accès libre ».

    Dans la file d’attente pour les tickets, un groupe de jeunes parisiens se réjouit d’avance. « J’adore les vieilles pierres, explique Schams à son frère cadet. Mais on va faire du deux en un avec l’expo photo des Detaille. Tu connaîtras Marseille comme si tu y étais né ». Plus loin, devant l’épave reconstituée du navire romain de la Bourse, un couple de mal-voyants attendent les audio-guides. « Je suis déjà venu avec l’école », précise leur fils Antonin, 9 ans, qui réclame également « un casque, parce que c’est plus marrant ». Une poignée d’enfants, le nez collé à la guide conférencière, ne rate pas une miette de l’histoire de Protis et Gyptis. « Ils ont eu le coup de foudre ! » s’écrie l’un d’eux en se retournant vers son père.

    Dehors, au calme, posée sur un banc du jardin des vestiges, Manon, 27 ans, avoue « venir souvent profiter de ce décor qui a traversé les âges, en plein cœur du centre-ville, c’est un vrai luxe pour prendre ma pause sandwich ».

    Pas de doute, la fréquentation des musées s’installe dans une dynamique positive. Un succès que ne boude pas Jean-Marc Coppola. « La gratuité en est un des éléments. Mais elle permet aussi de valoriser nos musées », considère l’adjoint (PCF) au maire en charge de la culture.

    Les œuvres sortent

    de leur réserve

    L’élu évoque également la politique culturelle menée en direction des crèches et des écoles, « avec le programme d’éducation artistique et culturelle où les parents sont accompagnateurs, en particulier avec le Préau des Accoules. Et un choix des sujets d’expositions, comme “C’est pas bêtes’’ sur la représentation animale dans les œuvres, qui valorise les pièces exposées ».

    La Ville a également enrichi ses expositions permanentes de pièces sorties des réserves. « De quoi offrir de nouveaux récits de Marseille et donner envie de revenir », argumente l’élu. D’autant plus facilement que les expos jouent les prolongations. Et dans la liste des ingrédients qui font recette, il faut encore ajouter l’événementiel, avec « les festivals qui accrochent, les femmes mises à l’honneur, les partenariats avec d’autres musées comme le Louvre, la formation des agents par le recrutement externe… »

    Marseille offre une bulle d’air au festival de BD d’Angoulême

    L’annulation de l’édition 2026 du festival d’Angoulême ne signera pas un sacrifice total pour les artistes. Le rendez-vous se décline en mini-festivals de BD, disséminés sur le territoire. Dont un à Marseille, prévu fin janvier. « La Ville de Marseille a été sollicitée pour accueillir l’un d’eux, du 30 janvier au 1er février », se félicite Jean-Marc Coppola. L’adjoint au maire en charge de la culture précise : « Nous sommes en train de l’organiser dans un lieu loué et préempté, l’ancienne enseigne de chaussure André, sur la Canebière, où nous accueillerons une dizaine d’autrices de BD, dont quelques Marseillaises. Ce sera l’occasion d’un partenariat avec la bibliothèque de l’Alcazar, qui dispose d’un fond très ancien de BD ».

    À savoir

    884 000 visiteurs

    Ce chiffre marque une hausse historique de la fréquentation de l’ensemble des musées en 2025. En 2024, ils étaient 670 026 visiteurs à passer le seuil. Chacun des douze mois affiche une fréquentation en hausse par rapport à l’année précédente, avec un jalon inédit de 101 306 au mois d’août.

    Au top

    La Vieille Charité dépasse les 270 000 visiteurs, battant son record de 249 447 en 2018. Le Musée d’Histoire de Marseille franchit pour la première fois la barre des 100 000. Le Préau des Accoules en a accueilli plus de 37 000, contre 32 017 en 2024. Le Mémorial des déportations dépasse les 28 000.

    Du jamais vu

    D’autres musées atteignent leur plus haut niveau de fréquentation depuis plusieurs années : le musée des Beaux-Arts avec plus de 99 000 visiteurs, le Musée des arts décoratifs, de la faïence et de la mode, à Borély, décroche 44 000 entrées, et 68 000 pour Cantini, son meilleur résultat depuis 2017.

  • [Témoignages] Que représente 36 pour vous ?

    [Témoignages] Que représente 36 pour vous ?

    Anthony Gonçalvès, chef de file des communistes aux municipales à Marseille

    « Une résonance avec le monde actuel »

    Chef de file des communistes pour les municipales à Marseille, Anthony Gonçalvès ne peut s’empêcher de dresser un parallèle entre la période du Front populaire et l’époque actuelle. « Même si c’est très loin de nous aujourd’hui, il y a beaucoup de résonance avec le monde actuel », pointe l’oncologue. Et d’énumérer une crise économique persistante, l’ambiance guerrière en Europe, la montée de régimes fascistes, autoritaires.

    « Mais 1936 représente aussi, pour moi, l’exemple flamboyant de la mobilisation massive, d’abord de la classe ouvrière, et puis de tout le monde du travail, devant laquelle plus rien ne peut résister », poursuit-il. En tête, il a ces photographies de la jeunesse, le poing levé, des occupations d’usines. « Et il y a ce rassemblement très large, dans lequel les communistes jouent un rôle très important, et qui en quelques semaines va faire adopter des lois qui construisent du progrès social. » De quoi en tirer des leçons pour le présent, pour le professeur de médecine. « Quand le rassemblement est aussi large, aussi massif, il n’y a rien qui peut lui résister, appuie-t-il. Et finalement, construire du progrès social comme cela a été fait en 1936, c’est une bonne façon de faire reculer le fascisme : il ne réussira pas à gagner en France jusqu’à la guerre. C’est le souffle du Front populaire et ses conquêtes sociales qui font reculer le fascisme ! »

    Offrir une autre vie

    Parmi ces conquêtes sociales justement, le militant communiste pense particulièrement aux semaines de congés payés, aux personnes qui enfourchent leurs bicyclettes, vont voir la mer pour la première fois. « à l’époque, ça devait paraître complètement fou de partir deux semaines, payées par le patron ! partage-t-il. ça devait paraître impossible aux ouvriers, le patronat devait leur expliquer que ça mettrait leurs usines sur la paille… » Une conquête particulièrement symbolique, « à une période où la plupart des travailleurs passaient leur vie à travailler sans faire autre chose que survivre ». « C’est le moment où l’on découvre que la vie peut être autre chose, une vie qui n’était pas autorisée, explique Anthony Gonçalvès. Cela paraît aujourd’hui quelque chose de tellement essentiel, cette possibilité de se reposer et faire autre chose que le travail, grâce aux richesses produites toute l’année ».

    Y.S.

    Laurence de Villèle, secrétaire générale de l’UD CGT Vaucluse

    « Un repère essentiel et un héritage vivant »

    « Le Front populaire est un repère essentiel : un moment de l’histoire où la mobilisation ouvrière et populaire a forcé le patronat et le gouvernement à concéder des avancées sociales majeures. La CGT a été au cœur de cette histoire », rappelle Laurence de Villèle. La secrétaire générale de l’UD CGT Vaucluse ajoute : « Les conquêtes issues du Front populaire sont un héritage essentiel, une mémoire fondatrice pour le monde du travail : des conquis à défendre, face à un patronat puissant et décomplexé ». Le Front populaire fait aussi écho à nos luttes d’aujourd’hui, selon la responsable syndicale : « Exigence d’augmentation de salaires, défense du droit syndical ou nouvelle réduction du temps de travail à 32 heures. Pour porter nos revendications, notre lutte contre l’extrême droite, et transformer la société, notre organisation syndicale doit continuer à se renforcer. Il nous faut construire un rapport de force massif, par la grève dans les entreprises et services publics. Dans un contexte de crise sociale et démocratique, l’héritage du Front populaire nourrit la conviction qu’une autre répartition des richesses et des pouvoirs est possible, par la mobilisation collective. »

    F.C.

    Frédéric Rosmini, ancien élu socialiste et président de Vacances Léo Lagrange

    « C’est la dignité des travailleurs retrouvée »

    Pour Frédéric Rosmini, vice-président de la coordination nationale Parcours, ensemble d’associations de tourisme social, et ancien élu socialiste de Marseille, le Front populaire représente des jours heureux. « Cette période de l’histoire se résume en deux mots : revendications et fêtes. Car c’étaient des grèves joyeuses pour accompagner le gouvernement à aller plus loin sourit cet ancien ouvrier. C’est la dignité des travailleurs retrouvée ».

    Le militant des vacances pour tous affirme que les avancées sociales apportées par cette période sont également sociétales. « Les congés payés permettent à la société de s’ouvrir. Garçons et filles peuvent pour la première fois partir. Léo Lagrange disait d’ailleurs que les vacances sont un formidable outil pour l’émancipation des travailleurs. » Une période qui a aussi permis le développement de politiques culturelles importantes : « Le gouvernement a dit aux ouvriers que eux aussi avaient le droit au bonheur et les a encouragés à se cultiver. C’est redonner la fierté à toute la classe des ouvriers ».

    Eva Janus

    Olivier Masini, direction de la fédération varoise du Secours Populaire français

    « Un moment d’unité syndicale et politique »

    « Si on est arrivé à gagner des conquis sociaux en 36, c’est qu’on est arrivé à faire l’unité, aussi bien au niveau politique qu’au niveau syndical », commence Olivier Masini, membre de la direction de la fédération varoise du Secours populaire. La prise de conscience de cette absolue nécessité s’est faite, rappelle-t-il, face à la menace fasciste. Et d’insister : « Il faut rappeler le coup de force du 6 février 34 où véritablement, l’extrême droite était décidée à prendre le pouvoir par la force ».

    Le militant associatif revient d’ailleurs sur les grandes manifestations de riposte du monde du travail des 9 et 12 février 1934, à Toulon notamment. « J’ai d’ailleurs une photo que je garde dans mon bureau de cet immense cortège qui défile devant la chambre de commerce, pour répondre à cette menace fasciste », ajoute-t-il. Il poursuit : « C’est pour ça que pour moi 36, même si la mémoire populaire retient essentiellement les congés payés, incarne des valeurs sur lesquelles on ne transige pas. Et avec la montée du fascisme, on ne transige pas. Je pense que ça a été vraiment le message qui a été lancé en 1936 » .

    L’occasion, aussi, pour l’observateur avisé du monde social et politique de mettre en avant la situation à laquelle la population est confrontée aujourd’hui aussi. Avec, pour y répondre, des forces progressistes qui avancent pour l’instant, malheureusement, en ordre dispersé.

    « 1936 c’est aussi l’année où le Secours rouge international devient Secours populaire de France et des colonies », ajoute-t-il. Et où, en cette période marquée par la guerre d’Espagne, « il s’impose comme un acteur majeur de la solidarité internationale, soutenant les combattants et les civils républicains ». « D’ailleurs, de nombreux dirigeants du Secours populaire s’engagent alors dans les brigades internationales », insiste Olivier Masini. De quoi redonner espoir et envie de résister.

    T.T.

  • Focus sur les enjeux de la 17e journée de Ligue 1

    Focus sur les enjeux de la 17e journée de Ligue 1

    Après deux semaines de pause, la Ligue 1 reprend ses droits.

    Et dès vendredi, le match d’ouverture de la 17e journée, qui clôture la phase aller, sera déterminant pour le haut du tableau. Lens, qui occupe actuellement la première place et compte un point d’avance sur son dauphin, le PSG, peut obtenir cette distinction, toute symbolique.

    Les Artésiens ouvrent le ban de la journée de reprise, avec un déplacement à Toulouse, ce vendredi à 20h45. En cas de succès au Stadium, les Sang et Or compteront quatre longueurs d’avance sur le PSG. Le champion en titre, qui est moins dominateur cette saison, sera le dernier à reprendre avec le derby de la capitale, face au Paris FC, dimanche à 20h45.

    Pour les hommes de Luis Enrique, qui ont ajouté la Coupe Intercontinentale à leur palmarès durant la trêve, le seul espoir de doubler Lens et un succès face au promu parisien. Résultat qui devra être assorti d’une défaite, ou d’un nul des Sang et Or vendredi, à Toulouse.

    Derrière ce tandem, l’OM va tenter de rester sur le podium. Les hommes de Roberto De Zerbi ont connu des hauts et des bas lors des derniers matches de 2025. S’ils sont troisièmes, ils le doivent à une meilleure différence de buts par rapport à Lille.

    Duels à distance

    Ainsi, au même titre que Lens et le PSG pour être champion d’automne, l’OM et Lille vont se livrer au deuxième duel à distance. Cette fois pour la troisième place.

    Les Lillois seront les premiers en action, samedi soir. Ils recevront Rennes, qui a entrepris de grignoter son retard sur le haut du tableau, après avoir raté son entame de saison. Les Olympiens connaîtront le résultat des Dogues au moment du coup d’envoi de leur match contre Nantes, dimanche (15h) au Vélodrome.

    Nantes qui livrera le troisième duel à distance de cette journée de reprise. Les Bretons et Metz, qui sera à Lorient, sont à égalité de points, en queue de classement. Le perdant du jour sera seule lanterne rouge.

    17e journée

    Toulouse – Lens ven 20h45

    Monaco – Lyon sam 17h00

    Nice – Strasbourg sam 19h00

    Lille – Rennes sam 21h05

    OM – Nantes dim 15h00

    Le Havre – Angers dim 17h15

    Lorient – Metz dim 17h15

    Brest – Auxerre dim 17h15

    PSG – Paris FC dim 20h45

    Classement

    Pts J G N P bp bc dif

    1. Lens 37 16 12 1 3 28 13 + 15

    2. PSG 36 16 11 3 2 35 14 + 21

    3. OM 32 16 10 2 4 36 15 + 21

    4. Lille 32 16 10 2 4 33 20 + 13

    5. Lyon 27 16 8 3 5 22 16 + 6

    6. Rennes 27 16 7 6 3 27 24 + 3

    7. Strasbourg 23 16 7 2 7 25 20 + 5

    8. Toulouse 23 16 6 5 5 24 19 + 5

    9. Monaco 23 16 7 2 7 26 27 – 1

    10. Angers 22 16 6 4 6 17 18 – 1

    11. Brest 19 16 5 4 7 21 27 – 6

    12. Lorient 18 16 4 6 6 19 28 – 9

    13. Nice 17 16 5 2 9 19 29 – 10

    14. Paris FC 16 16 4 4 8 21 29 – 8

    15. Le Havre 15 16 3 6 7 13 22 – 9

    16. Auxerre 12 16 3 3 10 14 25 – 11

    17. Nantes 11 16 2 5 9 14 28 – 14

    18. Metz 11 16 3 2 11 17 37 – 20

    Nayef Aguerd toujours sur le pont au Maroc

    Si Pierre-Emerick Aubameyang a déjà fait ses valises et est rentré à Marseille, Nayef Aguerd, l’autre Olympien de la CAN, poursuit son séjour au Maroc.

    Contrairement au Gabon du premier nommé, les Lions de l’Atlas marocains ont réussi leur phase de groupes et sont qualifiés pour les 8e de finale. Sortis premiers, ils seront opposés à la Tanzanie, dimanche. Nayef Aguerd sera aux côtés du joueur du PSG Achraf Hakimi et tentera de qualifier le Maroc pour les quarts de finale. Les deux hommes ne seront donc pas du voyage avec l’OM au Koweit, le 8 janvier. Date du Trophée des Champions, qui opposera les Phocéens au PSG dans ce pays du Golfe persique.

  • [Les illuminations font un carton] Cassis, un petit port enchanté par des vagues d’images

    [Les illuminations font un carton] Cassis, un petit port enchanté par des vagues d’images

    Il est près de 19 heures, ce mardi 30 décembre. Une nuit sans lune tend, sur le petit port cassiden, un ciel couleur d’encre. Par contraste, le château, entouré de remparts et situé sur une hauteur de la ville, est vivement éclairé. Il fait froid. Dans les rues où s’engouffre le vent, les rares passants pressent le pas. Toute la vie de Cassis semble avoir reflué dans les bars et restaurants qui longent le quai du port.

    Habillée de sombre, une famille se hâte vers le centre-ville. Elle vient d’assister au spectacle « Maisons de pêcheurs en lumière artistique »*, conçu pour la 4e édition consécutive par CS Prod Architectes des imaginaires, à la demande de la Ville de Cassis. « C’était très beau et très bien fait ! On n’a pas pu le regarder en entier, car il faisait trop froid », réagit Louane, 12 ans. « On est venus pour ça, aujourd’hui à Cassis, et demain pour la Saint-Sylvestre à Marseille », complète le papa. Pour lui, « les illuminations font partie du charme de la période de Noël ». La famille est originaire de Montauban, dans le Tarn-et-Garonne.

    Emmanuelle et son jeune fils, Bastien, accompagnés d’un ami d’une vingtaine d’années, Kamil, reviennent de l’office de tourisme, situé en début de digue. C’est en effet depuis cet endroit que le mapping, pour la première fois sonorisé cette année, offre le meilleur point de vue. « Je trouve ça magique, voire féérique. Cela rajoute beaucoup de charme à la ville, déjà très belle. Cela me met des étoiles dans les yeux », confie Kamil, emmitouflé dans une épaisse parka noire, bonnet sur la tête. Le trio a fait le déplacement depuis Martigues.

    Et le village devient mer

    Dominées par la silhouette ambrée du clocher, les façades du port, soudain, s’animent. Comme vus au travers d’un kaléidoscope, des fragments de couleurs vives semblent y être jetés comme des pétales, avant d’être aspirés par on ne sait quel vent facétieux. Cassis ayant longtemps été prospère grâce à la pêche nourricière, des bancs de poissons y glissent. Les fameuses sardines représentées sur son blason, mais aussi des rascasses… Des poulpes fantaisistes y remontent à la surface.

    Tout l’imaginaire lié à la mer se donne rendez-vous ici, maintenant. Les galions à la voile gonflée. Si la plupart des tableaux du mapping sont identiques à la projection de l’an passé, comme la référence à la découverte de la grotte Cosquer, de nouvelles scènes ont été ajoutées. Celle notamment où le port semble s’embraser, et où, sur le feu rouge orangé des maisons, passe le traîneau du Père Noël tiré par ses rennes…

    Mais l’une des séquences les plus féeriques reste sans doute celle où le village de pêcheurs devient mer. Les vagues bleues frangées d’écume ondoient, s’enflent, semblent emporter les façades dans leur mouvement… Et, dans le silence de la nuit hivernale, au clapot de l’eau du port se mêle l’ample respiration de la Méditerranée, que l’on entend là-bas, juste de l’autre côté de la jetée. Un enchantement dont on ne se lassera jamais.

    * Jusqu’au 4 janvier, projections (environ toutes les 15 minutes ), chaque jour, de 18h à 22h. Gratuit

  • Ce que l’on sait de la future médiathèque Trucy à Toulon

    Ce que l’on sait de la future médiathèque Trucy à Toulon

    L’initiative mérite à nouveau d’être saluée tant sont connus les enjeux sociaux, éducatifs et culturels que constitue l’ouverture d’une médiathèque au cœur d’un quartier défavorisé comme celui de Saint-Jean du Var. Un outil à part entière pour tenter de réduire les inégalités, renforcer la cohésion sociale et favoriser l’émancipation des habitants.

    Même si ici, on ne part pas de rien, puisque l’équipement de la Roseraie permettait déjà le prêt gratuit de livres, de presse, de musique, de films et de ressources numériques. Mais il le faisait dans un espace vétuste et exigu, à peine plus grand qu’un appartement, peu accueillant et insuffisamment doté, même si les habitués y trouvent pour l’instant un précieux service de proximité.

    Une ouverture prévue

    en 2027

    Avec la future médiathèque François-Trucy, qui ouvrira en 2027, on change complètement d’échelle et d’ambition.

    Implantée rue Marnata, à deux pas de l’école maternelle, le site accueillera en effet un bâtiment moderne en forme d’arc de cercle de 800 m². Un espace « conçu comme un lieu de vie fluide et traversant, baigné de lumière et ouvert sur son environnement », explique la maire de Toulon, Josée Massi (SE). Et pour ne rien gâcher, il va éclore au cœur d’un vaste jardin public de plus de 3 000 m² qui va devenir le nouveau poumon vert du quartier, non loin du parc du Pré-Sandin.

    Cette nouvelle médiathèque accessible à tous proposera une salle de lecture lumineuse, un espace dédié aux contes pour éveiller les plus jeunes au plaisir de la lecture en titillant leur imagination, et même une terrasse ombragée pour profiter des beaux jours.

    Le jardin sera équipé d’un square, d’une aire de jeux et d’un parcours botanique, afin de favoriser le lien entre générations, explique la municipalité. Et une promenade verte, le long de la voie ferrée, permettra en outre aux enfants de rejoindre la médiathèque en toute sécurité depuis les écoles voisines.

    Mixité et de lien social

    Les premiers travaux débuteront au premier trimestre 2026 pour une ouverture prévue au troisième trimestre 2027. Espérons que cette nouvelle médiathèque occupe une aussi belle place que celle de son aînée Chalucet dans le cœur des Toulonnais et participe à attirer de nouveaux publics dans ce quartier en jouant pleinement son rôle de lieu de mixité et de lien social.

    Quant à son impact sur la réussite éducative, de nombreuses expériences ont montré l’importance d’un tel équipement pour accompagner les parcours scolaires et offrir aux enfants comme aux jeunes un cadre propice au travail personnel, à la lecture et à l’apprentissage autonome. D’autant que des actions complémentaires peuvent aussi être menées parallèlement : soutien scolaire, aide aux devoirs, lutte contre l’illettrisme ou apprentissage du français.

    D’ici 2027, il ne reste plus qu’à se mobiliser pour que les urnes ne viennent pas compromettre ou dévoyer un tel atout. On connaît en effet le peu d’intérêt de l’extrême droite pour la culture et le bien‑être des quartiers populaires.