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  • Avocats et magistrats font bloc contre la réforme

    Avocats et magistrats font bloc contre la réforme

    Les dysfonctionnements entourant l’affaire Lyhanna ont remis un coup de projecteur sur une institution en souffrance. L’Assemblée nationale examine, ce mardi, le projet de loi Sure (« Sanction utile, rapide et effective ») portant sur la justice criminelle et le respect des victimes, défendu par Gérald Darmanin, sur lequel le gouvernement a engagé une procédure accélérée.

    Voilà plus d’un an que le garde des Sceaux tente de faire passer ce texte, critiqué de toutes parts. Il a d’ores et déjà été contraint à retirer sa mesure phare et la plus controversée : le plaider-coupable criminel pour les infractions les plus graves. Mais les articles restants, comme l’allongement de la détention provisoire et la réforme des cours criminelles départementales, scandalisent.

    Avocats, magistrats

    et police judiciaire

    Des rassemblements se sont tenus partout en France, de Brest à Cayenne en passant par Angers, Paris, Toulouse, Montpellier, Aix-en-Provence, Marseille et Ajaccio, ce lundi devant les tribunaux (lire ci-contre), afin d’exiger le retrait du texte. Une large part des 78 000 avocats de France étaient en grève. « Abandon de la cour d’assises, éloignement du jury populaire, extension du fichage génétique, recul des droits fondamentaux, tel est le projet aberrant du garde des Sceaux », fustige, dans un communiqué, le Syndicat des avocats de France (SAF), qui dénonce un « projet dévastateur pour la justice et les libertés fondamentales ».

    De son côté, l’Union syndicale des magistrats (USM), qui représente 60% de la profession, a appelé à des débrayages. Son secrétaire général adjoint, Aurélien Martini, s’est livré vendredi à une violente charge contre son ministre de tutelle, lors d’une réunion à la Chancellerie : « Vous avez perdu la confiance des magistrats, elle est aujourd’hui brisée », a-t-il lancé en l’absence de Gérald Darmanin. Dans un long texte, le procureur adjoint de la République de Meaux prévient : « Nos moyens, vos directives, notre environnement institutionnel et juridique ne permettent pas à l’institution de prévenir de telles situations. Il y aura d’autres drames. Malgré tout l’engagement des magistrats, il y a dans les stocks de procédures, à l’évidence, des dossiers semblables. Et il faudra plus que des mesures démagogiques laissant croire que l’on peut traiter efficacement 70 000 procédures en un mois ou dématérialiser toutes nos procédures en six mois pour que le problème soit derrière nous. »

    L’association nationale de la police judiciaire (ANPJ) s’est jointe à la mobilisation : « Après avoir perdu la confiance des policiers quand vous étiez ministre de l’Intérieur, vous avez désormais aussi perdu celle des magistrats », écrit-elle dans une lettre. « Il est accablant d’éluder la question du manque de moyens (…) qui contraint les services de police et de la justice à fonctionner avec des process et des modes dégradés, au détriment des victimes, et sous la pression d’orientations politiques et opportunistes qui varient au gré de l’actualité », dénonce-t-elle.

    Gérald Darmanin

    en difficulté extrême

    À la fronde des professionnels s’ajoute celle des parlementaires. Le texte a été rejeté le 10 juin dernier lors de son examen en commission des Lois, par 16 voix contre, celles de la gauche, et 10 voix pour, celles du bloc central, tandis que le Rassemblement national s’est abstenu. Sur les 72 députés que compte cette commission, la plupart ont déserté, favorisant la mise en échec du texte. Un camouflet pour Gérald Darmanin, mis en extrême difficulté depuis le début de l’affaire Lyhanna. Les appels à sa démission s’enchaînent. L’avenir de ce texte pourrait remettre en question sa place au sein du gouvernement.

  • Finances, circulation, cours d’école… conseil tendu en vue

    Finances, circulation, cours d’école… conseil tendu en vue

    Chaud dedans et chaud dehors. Le conseil municipal se réunit ce mardi (18h, Hôtel de ville) avec 55 délibérations à l’ordre du jour. Un menu très chargé autour des différents bilans financiers 2025, le rapport de la chambre régionale des comptes (CRC) sur la gestion de la Ville, l’adoption du règlement intérieur ou les subventions aux associations revues à la baisse.

    Le tout alors que le maire a dévoilé, vendredi, un audit sur les finances municipales qu’il a commandé à son arrivée et dont l’analyse est déjà remise en cause par l’opposition de gauche. « Un champ de ruines », a pesté Olivier Galzi (DVD), accusant l’ancienne majorité d’avoir manipulé les comptes, préparant ainsi les esprits à la rigueur. Ce lundi matin, « face à l’état catastrophique des finances dont nous héritons » et « la nécessité de faire d’immenses efforts collectifs pour éviter le naufrage », il annonce revenir sur l’augmentation des indemnités de ses adjoints qui avait fait polémique en ouverture de mandat (+35%). De 1 200 euros bruts, les adjoints étaient passés à 1 700 euros. Selon nos calculs, ce revirement permet une économie de 120 000 euros par an. Soit la moitié de travaux pour végétaliser les cours d’écoles.

    Une comparaison loin d’être anodine puisque la Ville vient de geler le programme Fraich’ cours. Cet été, seule l’école Louis Gros sera végétalisée contre six prévues initialement. « Une seule a été budgétée. Donc aujourd’hui, les parents d’élèves qui vous disent “la mairie ne fait pas les travaux pour les cinq cours que vous avez promis”, oui, c’est vrai. Merci, Madame Cécile Helle [ex-maire], merci, Joël Peyre [ex-élu aux finances] », se dédouane Olivier Galzi. En amont du conseil municipal, des parents d’élèves sont attendus pour marquer leur désapprobation. Ils seront aussi accompagnés par plusieurs collectifs et associations opposés à la refonte du plan Faubourgs de circulation routière.

  • À Marignane, Sabena technics jette l’éponge et ses soixante-dix salariés

    À Marignane, Sabena technics jette l’éponge et ses soixante-dix salariés

    Bonjour, on a appris la fermeture du site et on vient vous proposer notre aide et notre solidarité », lance François Le Verne au premier automobiliste se présentant au portail de Sabena Technics, à Marignane. Ce lundi, dès 5h30, ce militant retraité de l’Union locale CGT de Vitrolles-Marignane, accompagné d’autres syndicalistes, s’est présenté devant les emblématiques hangars Boussiron, investis par l’entreprise de maintenance aéronautique spécialisée dans les hélicoptères.

    Certains travailleurs s’arrêtent et échangent quelques mots. D’autres passent, la mine grise. Pour l’un d’entre eux, « c’est fini ! Je prends ma retraite », lance-t-il. Car l’entreprise ferme, aussi étonnant que cela puisse paraître dans le secteur aéronautique. 70 emplois directs sont menacés. Le climat est évidemment morose. « C’est incompréhensible. Il n’y a que colère et dégoût », livre ce mécanicien, présent depuis trois ans dans l’entreprise. « Il n’y a quasiment que des jeunes dans l’équipe, et si tu dis quelque chose, tu te fais dégager », dépeint-il, estimant que « l’aéronautique est un petit monde, faut pas faire de bruit si on veut travailler à côté ». Un autre salarié dit attendre juillet « pour se décider, si on bouge », en fonction des annonces de la direction.

    « La Ville doit agir »

    Le milieu de l’été est donc la période durant laquelle les travailleurs rencontrés estiment que sera mis en place le plan de sauvegarde de l’emploi. Dans ce contexte, l’Union locale CGT de Vitrolles-Marignane joue son rôle. « On a une permanence juridique à Vitrolles avec un expert des lois qui siège aux prud’hommes », explique François Le Verne aux salariés. « Si on te propose un PSE avec juste les indemnités légales, c’est pas la peine. Se mobiliser d’une manière ou d’une autre peut permettre d’aller chercher un peu plus », lance directement le syndicaliste à l’un d’entre eux. La démarche est assumée : « Nous, on amène la solidarité et on accompagne l’éventuel mouvement social. Mais ce sont les salariés qui décident », assure le syndicaliste.

    Dans le même temps, la conseillère municipale d’opposition (PCF), Ariane Lombardi, présente avec son colistier Youssef El Ouanaghly (PS), s’interroge : « On parle de 70 emplois directs, mais combien d’indirects ? ». « Nous sommes aux côtés de la CGT, en soutien des salariés, dans cette période difficile. Ils n’ont pas à subir des décisions prises sans eux », affirme l’élue. « Nous demandons à la mairie de prendre conscience de la situation et d’aller demander le reclassement digne des salariés auprès de la direction. La majorité ne peut pas se dispenser de cette initiative quand la casse sociale a lieu sur son territoire », estime Ariane Lombardi.

    Sollicitée, la direction de Sabena Technics n’a pas donné suite à nos demandes.

  • L’émancipation des femmes des quartiers populaires à la loupe

    L’émancipation des femmes des quartiers populaires à la loupe

    « Ni invisibles, ni silencieuses. » Tel est le nom de la journée d’études organisée au Musée d’Histoire de Marseille, ce mercredi. Ce rendez-vous a rassemblé chercheurs, sociologues, géographes et militantes associatives. Organisé par le Comité d’histoire de la politique de la ville, en partenariat avec la Ville de Marseille, l’événement a permis d’apporter une analyse des trajectoires des femmes issues des quartiers populaires.

    « La jeunesse féminine, notamment les femmes des quartiers populaires de Marseille, est généralement réduite à des figures imposées du patriarcat, celles des mères », introduit Philippe Mejean, représentant de la coordination marseillaise du Comité d’histoire de la politique de la Ville.

    Souvent considérées comme apolitiques et invisibilisées dans la société, l’histoire et de nombreux travaux de recherche démontrent pourtant que ces femmes se sont engagées, ont porté de nombreuses mobilisations et ont créé des associations. « Quand on commence un mouvement où la classe traditionnelle et celle des travailleurs sont en crise, les femmes sont le public cible d’un certain nombre d’associations, appelées à les rejoindre et à en être actrices », raconte Michel Peraldi, sociologue.

    « Féminisme marxisme avenir (FMA), en 1967 [association devenue aujourd’hui Mouvement de libération des femmes, Ndlr.], a joué un rôle important dans le mouvement féministe maghrébin », souligne Louise Barbier, à l’origine de cette journée et doctorante travaillant sur l’état des connaissances et les controverses autour des figures féminines en milieu populaire urbain.

    Ces mouvements politiques féministes de l’histoire maghrébine ont permis aux femmes de poursuivre le combat et de construire leur place dans la société française. « Les femmes devaient être de bonnes épouses, faire six enfants… Le statut de mère, il n’est pas inné, il s’est construit », explique Yamina Benchenni, militante associative.

    Le passé impacte le présent

    La mémoire coloniale de la ville et son histoire politique sont étroitement liées. Pour Lela Bencharif, géographe et militante associative, il est essentiel de travailler sur la question coloniale, en l’articulant aux flux migratoires. « Aujourd’hui, il faut lutter contre la fabrique de stéréotypes, comme pendant le temps de la colonisation, pour éviter de créer des paniques identitaires », tranche-t-elle. C’est dans ce contexte que les démarches mémorielles prennent tout leur sens politique.

    Si les femmes sont invisibilisées, c’est parce qu’elles se trouvent à l’intersection de plusieurs dominations : elles subissent à la fois des rapports de domination masculine, du racisme et des stéréotypes sexistes. « On a soit la beurette émancipée, soit la voilée à sauver », déplore Louise Barbier, qui dénonce une vision culturaliste, voire islamophobe.

    Pour lutter contre ces stéréotypes, la Ville de Marseille souhaite développer des politiques publiques et renforcer le travail associatif auprès des jeunes femmes issues des quartiers prioritaires. « Elles ont des trajectoires complexes et il faut faire tomber ces barrières en mettant en place des dispositifs qui leur ouvrent des portes », affirme Anne-Sophie Sidani, conseillère municipale déléguée à la politique de la ville.

    L’enjeu est ainsi de complexifier la vision des quartiers populaires et de sortir d’un certain nombre de clichés.

  • « Une fête qui crée de l’intelligence collective »

    « Une fête qui crée de l’intelligence collective »

    Il y a ceux qui font la fête pour « oublier », pas nous. Nous, nous la faisons pour nous rassembler, nous organiser, réfléchir et lutter pour ne pas rester seul dans cette société où l’individualisme et la compétition entre les citoyens sont érigés en valeurs suprêmes. Cette société où la culpabilité est renvoyée à celui qui est en difficulté. Tu ne trouves pas de travail ? C’est de ta faute. Tu n’arrives pas à boucler ton budget, c’est de ta faute. Ton gamin ne s’en sort pas, c’est de ta faute. La planète brûle, c’est de ta faute…

    Si les services publics, la santé, la justice dysfonctionnent, c’est sûrement de la faute de certaines personnes et on ne remet jamais en cause ce système ultralibéral.

    Alors non, ce n’est pas notre faute à nous si la société va mal, très mal. En revanche, c’est notre responsabilité collective de faire face. Ce ne sera jamais une réponse individuelle qui pourra résoudre quoi que ce soit.

    Voilà pourquoi nous sommes communistes et pas populistes et que nous luttons depuis toujours contre les forces d’extrême droite.

    Si nous sommes ici aujourd’hui, c’est pour faire la fête, une fête qui crée de l’intelligence collective, une fête de luttes, une fête de fraternité. »

  • [MAJ] L’alerte de niveau 2 de pollution de l’air est levée ce mardi 30 juin

    [MAJ] L’alerte de niveau 2 de pollution de l’air est levée ce mardi 30 juin

    Considérant que les conditions météorologiques de ces derniers jours ne génèrent plus une pollution de l’air à l’ozone. Le Préfet a pris un arrêté de levée de la circulation différenciée à Marseille à partir de ce mardi 30/06 minuit.

    Dans le département :

    Abaissement de 20km/h des vitesses maximales autorisées sur les voiries, sans toutefois descendre en dessous de 70km/h.

    À Marseille :

    Mise en place la circulation différenciée depuis 6 heures jusqu’à ce soir 23h59 (attention, la reconduction du dispositif sur les prochains jours est très probable). Les véhicules autorisés à circuler à l’intérieur du périmètre défini (ZFE-m), sont les véhicules équipés des certificats : classe électrique et hydrogène (vignette crit’air verte) ; classe 1 (vignette crit’air violette) ; classe 2 (vignette crit’air jaune).

    A ce titre et dès aujourd’hui, la préfète de police déléguée a demandé un renforcement des contrôles de vitesse sur l’ensemble du département et des contrôles concernant la circulation différenciée à Marseille.

    Le non-respect de ces mesures pourra entraîner des verbalisations tout au long de la période concernée.

  • Vers un « juillet noir » à l’hôpital de Clermont

    Vers un « juillet noir » à l’hôpital de Clermont

    « Tant que nos revendications ne seront pas entendues, juillet sera noir ! », affiche un tract de la CGT du centre hospitalier de Clermont-l’Hérault appelant à la grève et à un rassemblement le 2 juillet à 14h devant l’établissement. « Depuis 10 mois, les agents subissent une dégradation continue de leurs conditions de travail », alerte Elie Mazzarone, secrétaire général CGT de l’hôpital clermontais, qui pointe notamment « l’augmentation du nombre d’accidents du travail ». Une situation qui, selon lui, n’est pas nouvelle mais se serait aggravée depuis la signature, en juin 2025, d’une convention de direction commune avec le CHU de Montpellier. « On a moins de cadres sur le terrain, donc les décisions sont prises un peu plus haut. Par ailleurs, on avait davantage d’intérimaires que ça auparavant. Ça fait plusieurs années que la CGT demande un véritable pôle de remplacements pour soulager les équipes. Là, les personnels se remplacent entre eux encore plus souvent qu’avant », dénonce le cégétiste.

    Globalement, les agents font face à une baisse des effectifs, souligne-t-il, laquelle se répercute sur leurs conditions de travail. « En 2022, il y avait 208 agents, aujourd’hui on est 195. Ça veut dire qu’on a perdu au moins 13 équivalents temps plein (ETP). La charge de travail en a été considérablement augmentée », assure Elie Mazzarone.

    Des demandes

    de renforts d’effectifs

    « Les après-midi, quand les personnels sont en effectifs réduits, c’est 1 soignant pour 17 résidents », illustre-t-il. « En effectif normal, on est autour des 1h07 d’accompagnement par résident de 6h30 du matin à 21h, sachant que cela comprend un petit déjeuner, un goûter, un repas, deux toilettes, des changes… Je ne sais déjà pas comment elles font. Mais en effectifs réduits, on passe sous la barre des 1h », alerte le syndicaliste pour lequel « la qualité des soins et le respect des agents n’y sont pas ».

    Les agents mobilisés réclament donc en priorité des renforts d’effectifs : « La création d’un poste de nuit pour alléger la prise en charge, plus lourde et chronophage car les personnes qu’on reçoit sont de plus en plus grabataires ; un poste d’aide soignant supplémentaire par jour dans chaque service le matin ; un véritable pôle de remplacements ; et la création d’un poste de secrétaire médicale pour l’Ehpad, car actuellement le travail administratif détourne les soignants de leur cœur de métier », liste Elie Mazzarone.

    Une entrevue a bien eu lieu avec la direction le 19 juin, « mais elle ne nous a pas donné satisfaction. On a donc décidé de se mobiliser le 2 juillet et il risque d’y avoir d’autres dates par la suite. D’où l’annonce d’un “juillet noir” jusqu’à ce que nous ayons obtenu gain de cause. »

  • À Montpellier, miser sur le collectif avec les librairies coopératives

    À Montpellier, miser sur le collectif avec les librairies coopératives

    En 2018, la fermeture de la librairie L’ivraie, dans le quartier des Beaux-Arts, à Montpellier, provoque des remous chez les fidèles clients. « Comme il n’y avait pas de reprise, un collectif réunissant des riverains des Beaux-Arts et des lecteurs a été créé. Ils trouvaient dommage de perdre un lieu de culture, de rencontres, ce commerce de quartier. Ils ont donc décidé de créer une librairie », raconte Claire Chanvry, coopératrice et salariée à la Cavale, librairie créée, donc, par le collectif.

    Car la Cavale a un modèle un peu particulier : c’est une coopérative. En choisissant de devenir une Société coopérative d’intérêt collectif (Scic), la librairie n’est plus détenue par des actionnaires mais par les coopérateurs eux-mêmes. Chacun a une seule voix donnant les mêmes droits. « L’adhésion est de 20 euros, il est possible de donner plus mais cela ne donnera pas plus de voix. Il y a une vraie volonté de rendre accessible la part sociale à tous », détaille Claire Chanvry. Preuve que le modèle fonctionne : de 14 en 2018 au lancement du projet, les coopérateurs sont maintenant 530.

    Une force collective

    L’ensemble des décisions sont prises de manière collégiale. Un conseil coopératif composé de 14 membres – renouvelé en partie tous les deux ans – se retrouve tous les 15 jours afin de décider des décisions à prendre pour la librairie. « Nous avons ensuite plusieurs comités avec différentes délégations : les ressources humaines, la politique des animations, la vie coopérative, la lecture jeunesse et les travaux. D’autres bénévoles viennent ponctuellement pour donner un coup de main sur un événement », complète Claire Chanvry.

    Une force collective mise en avant par les coopérateurs. « Le fait d’être nombreux nous permet d’avoir des idées multiples, c’est ce qui fait notre force. Alors qu’en étant seul, on peut parfois être saturé. Aussi, les gens qui s’investissent pleinement dans le projet viennent régulièrement. Que ce soit pour les animations ou faire des achats, on crée de la proximité », poursuit la libraire. Des rencontres sont organisées une fois par mois afin de favoriser le lien entre les coopérateurs. « Là, on ne parle pas de boulot », sourit Claire Chanvry.

    Si la Cavale est la seule librairie coopérative de l’Hérault, il en existe une soixantaine à l’échelle de l’Hexagone. « Avec nos huit ans d’expérience, on fait partie des plus vieux », note la libraire. Preuve que le modèle attire ? « La librairie coopérative se répand car il y a un fort intérêt citoyen pour la lecture et en général la culture. Et ce n’est pas évident d’être un libraire seul, qui travaille dans son coin. C’est plus facile d’être plusieurs. »

  • Des voix s’élèvent contre un projet agrivoltaïque à Servas

    Des voix s’élèvent contre un projet agrivoltaïque à Servas

    Partout en France, des projets agrivoltaïques fleurissent sur le territoire et divisent les citoyens. La commune de Servas, dans le Gard, ne fait pas exception. Le dernier projet en date est celui des Martinets, porté par Verso Énergie, qui concerne une quinzaine d’hectares dans le Nord de la commune. Il était présenté ce 22 juin aux élus municipaux.

    Pour l’occasion, la Confédération paysanne du Gard avait appelé à un rassemblement devant la mairie à 18h, afin d’alerter sur le fait que les installations agrivoltaïques à Servas pourraient impacter jusqu’à 129 hectares de terres agricoles, soit près de 12% du territoire communal. « Nous étions une petite cinquantaine, rapporte Sébastien Espagne, co-référent départemental des Ami.e.s de la Confédération paysanne du Gard. Notre association était présente aux côtés de la Confédération paysanne, mais aussi de l’association Agir 30 et d’habitants du village. »

    « On a vu passer une quinzaine de projets de ce type ces 18 derniers mois, explique de son côté Simon Le Berre, porte-parole de la Confédération paysanne du Gard. Nous ne sommes ni contre le progrès, ni contre les énergies renouvelables, bien au contraire. Nous voulons simplement demander une véritable réflexion collective sur ces projets et surtout, qu’ils soient envisagés en priorité sur des terres déjà artificialisées. »

    Sébastien Espagne se montre satisfait de cette première mobilisation : « Nous avons été très bien accueillis par les habitants et la société Verso Énergie a proposé aux collectifs présents de les rencontrer plus tard, pour leur présenter le projet plus en détail. » De leur côté, les élus devront voter le projet au prochain conseil municipal, après s’y être déjà opposés une première fois.

    Augmentation du foncier

    Ce n’est pas un hasard si les projets agrivoltaïques se multiplient dans le Gard. Depuis un décret d’avril 2024, les installations de production d’énergie photovoltaïque ne peuvent être implantées que sur des terrains identifiés dans un document-cadre spécifique à chaque département. Or, dans le Gard, ce dernier est très restrictif et ne laisse que peu de parcelles libres pour le photovoltaïque au sol. C’est la raison pour laquelle les entreprises se tournent vers l’alternative de l’agrivoltaïsme, c’est-à-dire l’installation de panneaux solaires au-dessus d’une parcelle d’activité agricole. C’est d’ailleurs ce qui explique que les opposants à ces projets parlent généralement de « caution » agricole.

    Selon Simon Le Berre, le scénario se déroule pratiquement toujours de la même façon. Un propriétaire qui veut valoriser son terrain contacte ou se fait démarcher par une entreprise. Il trouve ensuite un agriculteur qui accepte de faire pâturer ses bêtes ou de cultiver sur une parcelle qui sera dédiée à l’agrivoltaïsme, en échange d’une partie des gains de revente de l’électricité. « L’idée de l’agrivoltaïsme, c’est d’apporter un gain pour l’activité agricole, poursuit Simon Le Berre. Or, pour l’instant, les études qui sont censées démontrer ces gains sont bien souvent biaisées. Le bétail est à l’ombre des panneaux ? Il serait tout aussi bien à l’ombre d’un arbre… »

    Ce sont aussi les propriétaires et les entreprises qui semblent toucher la majorité des bénéfices de la vente de l’électricité. « Nous demandons que si de tels projets existent, ils soient portés par les agriculteurs eux-mêmes, ou par des collectifs d’agriculteurs, explique Simon Le Berre. Pour nous, si le choix revient aux propriétaires qui n’exploitent pas eux-mêmes leurs terres, cela présente un risque de spéculation et de montée des prix des terres agricoles. » Une inquiétude que partage Sébastien Espagne : « Il y a un véritable risque d’augmentation du foncier agricole, ce qui va encore empêcher de nouveaux agriculteurs de s’implanter. Nous avons d’autres ambitions pour nos terres nourricières, dans un contexte où il y a urgence à regagner en autonomie alimentaire. »

  • Christian Bastid, une vie au service du collectif

    Christian Bastid, une vie au service du collectif

    Bien sûr il a participé à la bataille pour défendre Nelson Mandela. Mais contrairement à de nombreux militants, poussés dans le grand bain politique par les tumultes du monde, les injustices nationales ou les lectures de Marx, l’engagement de Christian Bastid est né dans les batailles locales. « J’ai adhéré au Parti communiste en 1983 lorsqu’on a perdu la Ville de Nîmes. J’étais sympathisant mais à ce moment-là, je me suis dit qu’il fallait être partie prenante pour contribuer à reconquérir la ville de Nîmes, ce qui est arrivé à deux reprises », explique-t-il.

    Natif de la capitale du Gard, Christian Bastid a d’abord multiplié les métiers dans le privé, monteur, élagueur, métallurgiste… des postes d’ouvriers qui lui ont permis de « comprendre ce qu’était l’exploitation par le capital ». Puis, il intègre les collectivités territoriales. Dans le même temps, c’est d’abord l’engagement syndical qui marque son parcours, en adhérant à la CGT puis en devenant secrétaire de l’union locale CGT de Nîmes. « Nîmes est une ville de cheminots mais l’industrie y était aussi très forte. Le PCF a toujours eu un rôle important dans cette ville », ajoute-t-il.

    Ce passionné de football et de rugby, mais aussi de spéléologie qui lui a permis d’ouvrir très tôt les yeux sur les problématiques environnementales, est élu conseiller général pour la première fois en 2011 sur le canton de Nîmes 3. Marqué par le mandat et la personnalité d’Alain Clary, il a d’abord lutté pendant la première partie du XXIe siècle contre une droite hégémonique à Nîmes avant d’engranger les responsabilités. Au Département, il est en effet vice-président délégué à l’Habitat, au logement et au renouvellement urbain et il préside aussi la Coopérative des élu.e.s communistes républicain.e.s et citoyen.ne.s du Gard. Depuis mars, il est aussi conseiller municipal délégué à la Mémoire, aux Anciens combattants et à la Culture de paix et siège également comme conseiller communautaire.

    Préparer 2027

    L’élu nîmois, reconnu pour son expérience et son attachement au Parti, a souhaité placer son élection sous le signe « du rassemblement et de l’unité de tous les communistes ». Parmi, ses priorités, il veut engager une réflexion sur « quel Parti nous voulons pour demain ». Pour cela, il souhaite s’emparer des thématiques de « la jeunesse, la paix, des questions sociales, la lutte pour l’emploi, la précarité, l’égalité entre les hommes et les femmes et la lutte contre le racisme ». « Ces axes sont étroitement liés avec les problématiques du département du Gard », précise-t-il.

    Mais Christian Bastid devra aussi préparer les prochaines échéances électorales de 2027 avec en ligne de mire l’élection présidentielle et les législatives. « L’enjeu, c’est de savoir quel rôle aura le PCF, parce que nous proposons des choses différentes, dans un contexte où il y a un risque d’élection de l’extrême droite », conclut-il.