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  • À Avignon, la rue Thiers a fait peau neuve et va reprendre vie

    À Avignon, la rue Thiers a fait peau neuve et va reprendre vie

    Il est un peu moins de 11h ce vendredi matin et les ouvriers, gilets orange sur le dos, procèdent aux derniers ajustements des travaux de la rue Thiers, tandis que les rayons du soleil se faufilent entre les bâtiments aux différentes teintes de beige et de gris. Dernières plantes mises en terre et petits trous à boucher pour que tout soit prêt pour l’inauguration, ce samedi, de la deuxième phase de requalification.

    Après plusieurs mois de travaux, du croisement avec la rue Philonarde jusqu’au croisement avec la rue Guillaume Puy, le changement est là. La route goudronnée et les trottoirs ont laissé place à un cheminement au même niveau. S’ajoutent aussi des « appuis vélos » supplémentaires, une reprise de l’éclairage public, un choix de plantes adapté au changement climatique ou encore une meilleure infiltration de l’eau grâce aux espaces végétalisés.

    Des changements qui réjouissent les quelques commerçants ouverts en cette matinée, malgré les difficultés rencontrées. Tel que Philippe Le Veve, gérant bar-tabac Thiers, qui, tout en constatant « une perte assez énorme de 30% du chiffre d’affaires » pendant la « très longue » période, ce qui l’a obligé à « travailler à flux tendu », estime tout de même que « c’est très beau ». « On ne fait pas d’omelette sans casser des œufs », concède également Evelyne Bourret, de l’institut Beauté Marine, à quelques pas de là, qui se dit toutefois « très satisfaite » du résultat. Du côté de la municipalité, on assure qu’un suivi a été mis en place avec les habitants et les commerçants, notamment avec le coordinateur de l’entreprise Tecelys, qui réalisait les opérations, présent quotidiennement sur place. « C’étaient des travaux compliqués car ils se faisaient en demi-chaussée. Mais tout s’est bien passé, à part quelques soucis, comme dans tous les travaux », précise ce dernier, citant par exemple le perçage d’une conduite de gaz enterrée trop peu profondément. Ce qui a provoqué une coupure momentanée.

    Poursuite prévue

    La suite de la requalification sera donc entre les mains de la prochaine équipe municipale. « On ne peut pas s’arrêter là en si bon chemin. Il faut terminer », explique Jean-Marc Bluy, adjoint au maire délégué au centre-ville. « Plus rien ne fonctionnait dans la rue. L’objectif de cette requalification est de la redynamiser. Quand on voit ce qui se passe avec la rue Carnot, réhabilitée ces dernières années, c’est l’objectif ici aussi. On espère un redémarrage », poursuit-il. La suite doit s’organiser en deux phases supplémentaires : la première de la rue Guillaume Puy à la rue Buffon, puis de la rue Buffon à la porte Thiers pour terminer. L’issue des travaux est estimée à fin 2026 ou courant 2027. La totalité des aménagements est estimée à environ 3,7 millions d’euros.

  • Une nouvelle lumière pour magnifier le Palais des Papes

    Une nouvelle lumière pour magnifier le Palais des Papes

    Fiat lux. Un nouvel éclairage du Palais des Papes et de sa place, avec tous les bâtiments autour tels que le Petit Palais et l’Hôtel de la Monnaie, a été inauguré ce vendredi 27 février à la tombée de la nuit.

    Ou tout du moins la première moitié du projet, avec évidemment la devanture de la résidence pontificale. Et ce, avec une « mise en lumière à la fois sobre et innovante », grâce à un dispositif qui « joue sur les équilibres entre lumière et pénombre », assure la municipalité. Un projet dont le coût est estimé à 2,7 millions d’euros : 2,2 millions de la part de la Ville d’Avignon, mais aussi 420 000 euros de l’État et 100 000 euros de la fondation LVMH, qui avait fait un défilé dans le lieu l’an dernier.

    Dispositif spécial

    Un éclairage qui sera allumé à la tombée de la nuit jusqu’à environ une heure du matin, « mais cela peut changer selon la saisonnalité », précise Cécile Helle, maire (PS) d’Avignon. Elle se réjouit du « choix d’éclairer la place par sa périphérie avec une meilleure illumination aussi de la place. Car avant, on était vraiment dans la pénombre, ce qui pouvait donner une impression de peur », ajoute-t-elle. « Il y avait avant beaucoup de lumière parasite. Et on ne pouvait pas faire n’importe quoi en rapport avec le patrimoine mondial de l’Unesco », glisse la première édile.

    Ainsi, quatre mâts ont été installés avec des projecteurs spéciaux dits « projecteurs gobo » qui « suppriment les fuites de lumière en dessous et au-dessus et limitent la pollution lumineuse », précise Jean-Yves Soëtinck, concepteur lumière pour l’entreprise Acte Lumière, qui s’est chargée du projet. Une entreprise qui s’est occupée également de l’illumination de la cathédrale de Strasbourg et de celle de Lausanne. Des engins dont la longévité est comprise entre 50 000 et 100 000 heures de fonctionnement.

  • La Gambardella offre au Rove un rendez‑vous historique

    La Gambardella offre au Rove un rendez‑vous historique

    David contre Goliath. Un David avide de succès, sans pression et sûr de ses forces avant de défier la montagne qui se dresse face à lui. Le nom de la montagne ? L’Estac (Espérance sportive Troyes Aube Champagne), vainqueur de la Coupe Gambardella au printemps 2018. Un gros morceau pour l’Olympique Rovenain, club basé au Rove, 5 500 habitants environ. être présent à ce stade de la compétition représente déjà un exploit pour la jeune bande de David Gallego. Après des victoires contre le Castanet, l’Uspeg Marseille et Dijon, Troyes se présente face à eux. « C’est exceptionnel. Nous étions déjà en 32e de finale il y a trois ans. C’est tout bénef’ pour nous », signale Christophe Rouzault, directeur technique.

    Un match déplacé

    à quelques kilomètres

    Le club n’a pas voulu bousculer les joueurs et leurs préparatifs avant cette rencontre phare, ce dimanche (14h30). Surtout que ces jeunes de moins de 18 ans vont tous vouloir figurer sur cette fameuse feuille de match. « Il y a une superbe ambiance entre eux, mais il y aura des déçus, car ils espèrent tous être retenus. On évite d’en faire trop, souffle Rouzault. Pour ne pas leur mettre de pression. »

    Surtout que cette équipe ne joue pas tout le temps ensemble, à cause du règlement de cette coupe nationale. Seuls les U19 première année peuvent participer à la compétition. « C’est une équipe recomposée. Cinq moins de 18 ans sont en U19 Nationaux à plein temps et le reste joue en U18 Régionale 1. Ils sont d’ailleurs en haut de tableau avec deux matches de retard. Des joueurs descendent donc pour former la meilleure équipe possible. »

    Une équipe pour deux catégories, donc deux coaches à l’unisson pour mener les joueurs. Entraîneur des U19 Nationaux, David Gallego est l’un des artisans de ces performances avec le patron des U18 R1, Lyes Bouzidi. « David, c’est un pur produit du club. L’accession s’est faite avec lui, il était déjà présent en 32e de finale, il y a trois ans. C’est un coach jeune avec déjà une certaine expérience, avec cette force de travail », détaille Christophe Rouzault. Le Rove s’est concentré sur la formation dès le début de siècle, pour atteindre le niveau qui est le leur aujourd’hui. « Je suis arrivé il y a 20 ans et dès les dix premières années, j’ai misé sur la qualité des éducateurs et la construction d’une équipe technique avec cet esprit club et des passionnés. » Une double casquette joueurs/éducateurs avec « 7 ou 8 joueurs passés par l’école du foot du Rove et qui sont dans le groupe Gambardella ».

    Mais l’Olympique Rovenain n’évoluera pas totalement à domicile lors de ce huitième de finale de Coupe Gambardella. Troyes se déplacera 15 km plus loin, car Sausset-les-Pins est l’hôte de la rencontre, et non Le Rove. Les terrains sont pourtant assez similaires, seule l’homologation diffère. Christophe Rouzault explique : « à partir des huitièmes de finale, les terrains doivent être homologués en T3. Ils nous manquent un peu de dimension, la longueur est bonne, mais il y a un mètre en moins en largeur. 50 centimètres de chaque côté à peu près. Nos vestiaires étaient également trop petits, avec 5 m2 manquants. »

    Rêver en coupe, lutter

    en championnat

    Le club de Sausset-les-Pins possède également une pelouse synthétique et les dirigeants du Rove ont préféré opter pour celle-ci. Les maires des deux villes [Paul Sabatino (PCF) pour le Rove, Maxime Marchand (Écologiste) pour Sausset-les-Pins] se connaissant, les tractations ont été rapides. Le voisin laisse donc son stade pour une journée historique.

    Quoi qu’il arrive, la saison sera loin d’être terminée pour l’Olympique Rovenain. Comme évoqué précédemment, l’équipe évolue en U19 Nationaux, le plus haut niveau français dans cette catégorie. Des rencontres hebdomadaires contre l’OM, Toulouse, Nice, Monaco, Montpellier ou Saint-Etienne, l’élite du football hexagonal.

    D’où les difficultés d’exister lorsqu’on est un club d’un petit village. Actuellement 12e sur 13 avec un match en moins, il faudra finir dans les dix premiers pour la formation de David Gallego. Cette position assurerait un maintien exceptionnel pour la structure. Mais, avant de penser au championnat, il y a un nouveau tour de coupe à disputer, pour continuer de rêver d’un quart de finale qui dépasserait largement n’importe quelle espérance.

  • Le MMA débarque en force à Aix-en-Provence

    Le MMA débarque en force à Aix-en-Provence

    Le handball laissé un temps de côté au profit du MMA. L’Arena du Pays d’Aix accueille, ce samedi soir, une grande soirée arts martiaux mixtes avec l’Hexagone MMA, sponsorisé par un géant des paris sportifs. L’étape aixoise est la première des 13 prévues jusqu’à fin septembre sur le sol français. Le combat principal opposera un Tricolore Leopold Goi (8-2 en carrière) à l’expérimenté brésilien Romeo Dos Reis (20-10).

    Les deux hommes se battront, ce week-end, pour le titre des mouches de l’organisation (-57 kg). Deux concurrents qui ont pour habitude de terminer leurs affrontements avant la limite, du spectacle est donc attendu. Par ailleurs, huit autres combats sont au programme et précéderont ce choc franco-brésilien. Une soirée avec de nombreux locaux, comme les Marseillais Araik Margaryan et Moussa Ndiaye.

  • L’OM à la vie, à la mort

    L’OM à la vie, à la mort

    L’air de l’Andalousie aura-t-il le même effet que celui du Latium sur les Marseillais ? L’an dernier, le « ritiro » organisé par Roberto De Zerbi dans la banlieue de Rome, après la déroute à Reims, avait permis à l’OM de retisser des liens pour aller chercher la deuxième place et le billet de qualification directe en Ligue des Champions.

    Habib Beye, après une prise de fonction marquée également par un naufrage, à Brest, a opté pour le sud de l’Espagne. Il a emmené ses troupes à Marbella, pour cinq jours de travail en autarcie complète. Loin de la Commanderie et de sa prétendue pression.

    Un choix qui a fait bondir Pascal Olmeta. L’ancien gardien de but de l’OM et de Lyon n’a pas mâché ses mots pour dénoncer cet exil. « Si tu veux leur montrer que c’est une chance de jouer à l’OM, tu les emmènes à la Timone voir les enfants malades avant l’entraînement. Et tu peux aussi t’entraîner devant les supporters, c’est la vraie vie ça ! Après, tu retrouveras les vraies valeurs », a-t-il confié dans les colonnes du Progrès de Lyon.

    En misant sur le conclave, Habib Beye, qui a aussi instauré un silence radio durant les cinq jours de travail en Andalousie, souhaitait que son groupe se concentre uniquement sur le jeu. Et sur le rendez-vous qui attend les Marseillais, dimanche. Pour un retour au Vélodrome qui peut inquiéter certains.

    Car, si jusqu’à présent, le peuple des virages s’est montré solidaire, sa patience a des limites. Et il attend que ses favoris montrent un tout autre visage que lors de leurs dernières prestations, que ce soit face à Strasbourg, à la maison, ou lors des deux déplacements, à Paris ainsi qu’à Brest.

    Lyon a bénéficié de la chute libre marseillaise pour doubler l’OM et prendre un peu de marge à la troisième place. « C’est mieux d’avoir cinq points d’avance que cinq de retard », a admis Corentin Tolisso. Sachant que, sans le faux pas à Strasbourg, son équipe de Lyon aurait pu avoir huit longueurs d’avance. Et bénéficierait de ce capital en cas de coup de Trafalgar, dimanche.

    Habib Beye va organiser un dernier entraînement, samedi, en fin d’après-midi, pour le retour à la Commanderie. Ce sera pour lui l’occasion de prendre le pouls de ses joueurs et d’une répétition générale avant le grand saut.

    Pour l’ancien défenseur olympien, il sera aussi question de ne pas rater sa première sur le banc de l’OM au stade Vélodrome. Ses joueurs lui doivent une revanche pour avoir gâché cette première sortie à Brest.

    L’attaque lyonnaise en manque de forces

    Pour le déplacement au Vélodrome dimanche, Paulo Fonseca doit faire face à plusieurs absences importantes dans son groupe. À celles de longue date telles que Malick Fofana, Ernest Nuahmua ou encore Afonso Moreira, est venue s’ajouter celle de Pavel Sulc. Le Tchèque a dû sortir en cours de rencontres à Strasbourg. Malgré les efforts du staff médical, le buteur du match aller face à l’OM ne sera pas du voyage, ce dimanche. Une situation dont devrait profiter Roman Yaremchuck pour débuter, vraisemblablement à la pointe de l’attaque des Gones. Cette situation n’inquiète pas outre mesure Corentin Tolisso. « Je pense que la force de notre équipe, c’est justement le collectif. Quand Moussa (Niakhaté) n’était pas là pendant la CAN, nous avons gagné. Quand moi je n’étais pas là, nous avons gagné. Quand Nico (Tagliafico) n’était pas là, nous avons gagné aussi. Cela montre que notre équipe est très forte », a confié le capitaine lyonnais en conférence de presse, vendredi.

    Repères

    Retour tardif

    Les Olympiens étaient en Espagne dès lundi et ne sont rentrés que vendredi, en fin d’après-midi. Un dernier entraînement est prévu, ce samedi à 16h, à la Commanderie.

    Sécurité

    La préfecture déploie un large dispositif pour OM–OL : déplacements et présence des supporters lyonnais interdits autour du stade et en centre‑ville, ainsi que les fumigènes ; forces mobiles en renfort.

    Buts pour elles

    La fondation OM a reconduit l’opération « Buts pour elles », destinée à apporter un coup de pouce financier pour le développement du football féminin. Chaque but marqué par les équipes professionnelles olympiennes est converti en euro. Les associations souhaitant en bénéficier devront transmettre leur dossier avant le 31 mars.

    « C’est mieux d’avoir cinq points d’avance que cinq de retard »

  • Fibre Excellence : des discussions mais toujours pas d’avancées

    Fibre Excellence : des discussions mais toujours pas d’avancées

    Notre usine s’arrête ce lundi 2 mars jusqu’au 15, on n’a plus de bois ! On ferme car il faut refaire le stock. » Au lendemain d’une réunion à Bercy, Laurent Quinto, travailleur de l’usine de pâte à papier de Tarascon et représentant de la Filpac-CGT, tire à nouveau la sonnette d’alarme pour l’avenir de Fibre Excellence. Malgré une réunion à Bercy, au ministère de l’économie, sous la houlette du Ciri (comité interministériel de la restructuration industrielle), ce jeudi, la situation n’est toujours pas apaisée pour la filière papetière française. Et surtout, elle n’avance pas officiellement après la proposition d’une aide à hauteur de 150 millions d’euros par le ministre délégué à l’industrie, Sébastien Martin, qui date de la semaine dernière. « Les ministères sont désormais dans l’attente d’un retour de l’actionnaire afin de poursuivre le travail sur le dossier Fibre Excellence », relate l’intersyndicale (CGT, FO, CFDT), dans un communiqué de presse. Rappelons que l’aide gouvernementale se ferait en deux parties, entre étalement de dettes, intégration aux quotas carbone et garanties de prêts… Mais sous condition que l’actionnaire principal de Fibre Excellence, Domtar (ex-Paper Excellence), mette la main à la pâte et apporte « des fonds ».

    Contactée ce vendredi, l’entreprise confirme l’arrêt temporaire du site tarasconnais pour réapprovisionnement en bois. Du reste, elle temporise et explique que des discussions sont toujours en cours suite à la proposition du ministre délégué à l’industrie. Pour rappel suite à l’annonce ministérielle, elle évoquait « un premier pas » mais rappelait surtout que le nœud du problème était celui « du tarif de rachat de l’électricité ».

    Ça coince toujours

    sur le tarif de l’électricité

    Ce sujet du coût de l’électricité a également été abordé lors de la réunion avec le Ciri. « On a encore demandé une revalorisation du tarif de revente de l’électricité pour toute la filière. On ne lâchera pas cette piste », martèle Laurent Quinto. En effet, l’intersyndicale juge depuis le début du conflit qu’une hausse du prix de vente du mégawattheure (MWh) produit sur sites permettrait « la pérennité » de l’entreprise. Problème : « Au regard du rapport de la Cour des comptes sur les centrales à charbon [lire article ci-dessous, Ndlr.], le ministère ne veut pas prendre le risque de refaire pareil », relate Laurent Quinto. L’intersyndicale développe : « L’État a réaffirmé qu’il ne reviendrait pas sur le tarif du MWh. Il a indiqué qu’une éventuelle évolution devrait nécessairement passer par la voie législative. »

    Et qui dit voie législative dit potentiellement une attente jusqu’au prochain budget pour 2027… Un timing intenable au regard de la situation financière des sites selon les salariés, l’entreprise étant menacée de mise en redressement judiciaire à la mi-mars. Reste que « les représentants de l’État ont assuré que les négociations ne sont pas terminées et qu’il existe d’autres solutions que la seule revalorisation du MWh ». Rien de définitif donc mais rien de concret non plus. Preuve en est avec un autre sujet central pour l’avenir de la filière : « les discussions relatives à l’approvisionnement en bois n’avancent guère », selon l’intersyndicale. Laquelle est bien décidée à poursuivre la pression, puisqu’elle propose « l’organisation d’une réunion à Bercy rassemblant le ministère de l’industrie, Énergie, de l’Agriculture, EDF, organisations syndicales, Véolia ainsi que l’ONF… ». De quoi faire écho au travail du sénateur communiste Jérémy Bacchi en vue d’une table ronde en préfecture des Bouches-du-Rhône avec les acteurs concernés.

    En attendant, une mobilisation des salariés est « possible » à la date du 6 mars prochain à Toulouse « avec l’appui de la présidente de la Région Occitanie, Carole Delga ».

  • La Cour des comptes s’attaque à la centrale de Gardanne

    La Cour des comptes s’attaque à la centrale de Gardanne

    La très libérale Cour des comptes (CRC) s’est penchée sur le cas de l’arrêt des centrales à charbon dans un rapport publié ce mercredi 25 février. Forcément, elle s’est largement attardée sur le cas de la centrale thermique de Gardanne et n’y va pas de main morte dans ses observations. Elle explique entre autres que l’installation a « un bilan carbone critiquable et un impact environnemental contesté ». Mais pointe surtout que « le soutien public important accordé au producteur en fin d’année 2024 présente un risque élevé pour les finances publiques ». Et sort du chapeau, sans développer le calcul, le montant potentiel d’1,5 milliard d’euros comme « coût aux finances publiques dans certaines hypothèses étudiées par l’administration ».

    Elle cible ici le contrat de revente d’électricité entre GazelEnergie et l’État à 800 millions signé en 2024. Un contrat qui a « d’importantes fragilités juridiques, pour une installation dont la justification technique n’est pas avérée » selon la CRC. Outre ses traditionnelles errances méthodologiques, elle fait à peine état des mouvements sociaux sur le site et du combat des salariés pour la survie de l’écosystème économique du bassin minier. Justement, la CGT du site «  ne souhaite pas commenter pour l’heure » le rapport mais « reste vigilante sur le sujet ». Et GazelEnergie balaie d’un revers de main les dires du rapport de la CRC. « On conteste fermement le chiffre d’1,5 milliard. Les négociations avec l’État avaient justement pour but de réduire le montant du contrat », répond Camille Jaffrelo, porte-parole du groupe. Et d’assurer : « On se tient à disposition de la CRE [Commission de régulation de l’énergie, Ndlr.] qui confirmera que le contrat est bien de l’ordre d’une centaine de millions par an. »

  • Le service autonomie de Bois fleuri définitivement fermé

    Le service autonomie de Bois fleuri définitivement fermé

    Des alertes graves lancées par les enfants placés avaient révélé de lourds dysfonctionnements dans la gestion de la Mecs Bois fleuri. Financée par le service départemental de l’aide sociale à l’enfance, deux services de l’établissement avaient été fermés provisoirement en décembre. L’arrêté du 20 février condamne définitivement l’accueil des jeunes adultes.

    Dès le mois de juin les salariés avaient donné l’alerte, fait remonter des difficultés à fonctionner, à habiller, voire à fournir des repas corrects aux enfants. Face aux « carences manifestes » dans la gestion de cette Mecs du 10e arrondissement, un administrateur provisoire a été nommé le 13 novembre à la tête de Bois fleuri. Au-delà d’un déficit de plus de 700 000 euros, d’une gestion calamiteuse, de mésententes entre la direction et ses équipes, la collectivité pointait « la multiplicité de signalements d’agressions sexuelles concernant plus d’une dizaine de mineurs sans que des dispositions n’aient été prises pour éloigner et protéger les mineurs concernés ». Des agressions perpétrées par des mineurs placés. La gravité des faits avait conduit la direction de la protection de l’enfance à produire un arrêté le 10 décembre dernier. L’arrêté ne mentionnait cependant plus que « des violences de personnels éducatifs sur mineurs » et stipulait que le service Interlude n’était « pas adapté à l’accueil de très jeunes enfants ».

    Des éducateurs écœurés

    Dans le nouveau document, il est indiqué que « les mesures correctrices mises en œuvre par l’association gestionnaire n’ont pas permis de remédier de manière suffisante aux dysfonctionnements ». Si la situation financière n’a pas été redressée, « les travaux de mise aux normes réalisés sur l’unité Interlude permettent de garantir des modalités d’hébergement et des conditions d’accueil attendues » et justifient sa restauration. « C’est un soulagement car on sauve la prise en charge des plus petits », réagit une éducatrice, qui déplore cependant que « la mauvaise gestion condamne 18 places pour les jeunes ». Pire, « c’est sur le dos des éducateurs que la faute retombe. Alors qu’on avait alerté, qu’on s’est démené pour tenir ce service, sans argent, et que le CSE avait alerté sur l’incohérence de passer de 4,5 à 2,5 éducateurs, alors qu’il y a deux postes de directeur ».

    L’arrêté du 20 février relève en effet « l’absence de mise en œuvre de démarche d’accompagnement » pour les mineurs non accompagnés, et le « peu d’intervention des professionnels aux domiciles des jeunes » ou « pas de travail sur l’insertion professionnelle » pour les jeunes en autonomie. Côté éducateurs, comme jeunes majeurs, l’annonce de fermeture avait été « brutale », avec une injonction à libérer les appartements trois jours avant Noël. Le 18 décembre, les jeunes s’étaient mobilisés devant la Mecs, soutenus par leurs éducateurs, pour dénoncer la situation.

    Du côté des salariés, c’est l’hécatombe : les cinq éducateurs et les deux psychologues sont en arrêt maladie. Tous
    « choqués, écœurés par ces décisions. Alors que le prix de journée alloué par le Département ne cesse de baisser, que les Mecs crient à l’agonie, on supprime un service jugé trop cher et on fait peser les responsabilités sur les épaules des salariés pour protéger des directions incompétentes », lâche l’un d’entre eux, si amer, qu’il compte « jeter l’éponge », dans ce secteur qui peine à recruter.

  • Réservistes, des policiers à part entière

    Réservistes, des policiers à part entière

    Livreur, policier municipal ou policier administratif, ils ont choisi de donner de leur temps pour renforcer les effectifs de policiers notamment sur la voie publique mais pas que… Mise en place en 2003 au départ pour les policiers nationaux à la retraite, la réserve s’est ouverte aux civils 8 ans plus tard puis aux anciens adjoints de sécurité en 2016. « Une force supplétive » qui devrait passer de 2 500 sur la zone sud aujourd’hui à 8 000 en 2030 précisait dans nos colonnes Cédric Esson, directeur interdépartemental de la police nationale 13 en décembre dernier.

    Pour Jean-Claude, 55 ans, livreur de colis à Marseille, c’était comme une évidence. Passé à côté du métier de ses rêves après avoir échoué au concours de la police municipale, il a vu là l’opportunité de se réaliser. « Mon ami d’enfance fait partie de la BAC de Vitrolles, il m’a dit que je pouvais rentrer dans la police en étant réserviste. Je me croyais trop vieux, j’ai toujours voulu faire ce métier », nous raconte-t-il. Sportif, il passe haut la main les tests d’aptitude, se familiarise avec le port de l’arme après une formation d’un mois en tout à Fos-sur-Mer et à Marseille. « L’arme, c’est le plus important, je n’en avais jamais touché et en plus je suis gaucher ! » rigole-t-il ajoutant que les patrouilles se font toujours encadrer par des titulaires.

    Quelques notions de Code pénal plus tard, le voilà sur la voie publique. Palais de justice, matches de foot… Il se « régale », s’applique à « rester calme », à surtout ne « pas se prendre pour un autre parce qu’on a un uniforme ». Pas un « cow-boy » mais plutôt un bon samaritain qui ne fait pas ça non plus pour l’argent quand la vacation est à 74 euros net. « J’ai toujours aidé tout le monde. C’est le contact avec la population qui m’intéresse c’est pour ça que je suis livreur aussi », témoigne-t-il.

    Même son de cloche chez Amandine* 34 ans, réserviste depuis 2 ans. Policière depuis 12 ans dans un service administratif à Marseille, celui « qui sanctionne les fautes des policiers », elle a besoin elle aussi de rencontrer du public mais y voit aussi une occasion de découvrir « l’envers du décor ».

    Des missions très variées

    « J’ai un peu tout fait : police secours, BST (Brigade spécialisée de terrain), GSP (groupes de sécurité de proximité), SIC avec les appels 17, du tribunal judiciaire… Je préfère le côté terrain, ce que je n’ai pas tous les jours », explique-t-elle. Pour élever son enfant, elle a fait le choix d’horaires de bureau mais passer de l’autre côté l’a déjà effleurée : « Ça reste dans un coin de ma tête. J’y pense parfois, est-ce que je ne plaquerai pas tout ? »

    Karim, 37 ans, policier municipal responsable d’un service de nuit, nous explique avoir lui trouvé son équilibre avec la réserve. Avec un père dans la BAC centre de Marseille, « policier chez nous c’est de père en fils », nous confie-t-il fièrement. « Le terrain c’est mon truc, j’ai trouvé là un métier complémentaire », précise-t-il, « c’est varié, on peut verbaliser pour un feu rouge puis partir sur un cambriolage, une tentative d’homicide ».

    Au sein de police secours la nuit à La Ciotat, il est aussi souvent mobilisé au tribunal. Au fil des audiences, « je vois comment ça marche après pour les gens qu’on interpelle, et je me suis rendu compte du travail méticuleux des enquêteurs dont les délinquants n’ont sûrement pas conscience ». Il s’est formé aussi à l’identité judiciaire. Dédié à la prise d’empreinte, d’ADN, de traces, « le service est ouvert à la réserve » s’enthousiasme-t-il, et il attend de voir pour celui des « transports en commun ». Il participe aussi à des missions à Dunkerque où il acquiert de « nouvelles façons de travailler ». Passionné, il ne compte pas lâcher de si tôt la réserve. « Mon père est à la retraite, il en fait partie. Comme pour lui, ce métier c’est ma vie. »

    *Le prénom a été changé

    « Quand je suis avec la police,
    je me régale »

  • À Manosque, une guerre des droites avant les municipales

    À Manosque, une guerre des droites avant les municipales

    Je suis le même qu’en 2020, le même qu’en 2022… De droite et une droite qui n’a ni vocation à être la béquille de la macronie, ni le suppositoire du RN », a tenu à répondre le maire DVD de Manosque, Camille Galtier, à la députée Sophie Vaginay. Cette dernière, ex-maire de Barcelonnette, est venue dans ses terres, jeudi, pour signifier son soutien au nouveau candidat RN-UDR déclaré en dernière minute, Fabrice Durnerin. La députée en avait profité pour accuser le maire sortant, candidat à sa réélection, de mener une liste « macroniste », « d’extrême-centre ».

    « Non je n’ai pas changé. Toi oui, assurément, en indiquant que c’est une fierté de faire alliance avec le parti de Jean-Marie Le Pen », a encore lancé Camille Galtier sur le réseau X, jeudi soir, alors que l’ancienne maire de Barcelonnette avait été investie par le RN pour les élections législatives anticipées, en 2024. Le maire sortant a qualifié Fabrice Durnerin de « candidat fantôme » et a affirmé : « En 10 ans, j’ai toujours battu le Front national et ses candidats, je compte le faire de nouveau les 15 et 22 mars prochains. »

    Un « candidat fantôme »

    Plus tôt dans la journée, dans un autre post sur X, Camille Galtier s’était adressé directement au candidat RN-UDR : « J’espère que votre mois d’installation sur la ville de Manosque va vous permettre d’appréhender tous nos sujets locaux. » « Après les emplois fictifs de l’Union européenne, le RN nous invente le candidat fantôme dans cette élection municipale venant lui-même du Parlement européen », avait-il encore écrit.

    La liste menée par Fabrice Durnerin, nommée « Manosque d’abord », compte non seulement des membres de l’UDR et du RN, mais aussi des sympathisants du parti d’extrême droite zemmouriste Reconquête et du mouvement Identité Libertés de Marion Maréchal. Les deux députés du département, Sophie Vaginay et Christian Girard, ainsi que la secrétaire départementale du RN, étaient venus soutenir le candidat lors de l’annonce de sa candidature, ce jeudi.

    Camille Galtier, Sophie Vaginay et David Gehant, maire de Forcalquier, avaient quitté au même moment le parti Les Républicains suite à l’élection d’Éric Ciotti à la présidence du parti, en décembre 2022.

    Le maire sortant et Fabrice Durnerin affronteront Patrick Rousset, syndicaliste à la tête d’une liste de rassemblement de gauche « le Regain manosquin », et Sébastien Aubert, menant une autre liste de gauche pour les municipales à Manosque.