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  • [Entretien] Jean-Frédéric Déjean, PCF : « Notre démarche unitaire est pertinente »

    [Entretien] Jean-Frédéric Déjean, PCF : « Notre démarche unitaire est pertinente »

    La Marseillaise : Pourquoi avoir quitté vos responsabilités au PCF ?

    Jean-Frédéric Déjean : Car les statuts du PCF préconisent de ne pas occuper le même poste plus de neuf ans. Après trois mandats, c’est l’occasion de donner des responsabilités à quelqu’un d’autre. Je ne quitte pas le Parti ! J’accompagnerai la suivante, Margaux Efthimiadi-Alpe, élue le week-end dernier, je continuerai à militer activement et à jouer le rôle d’élu municipal et communautaire.

    Quels sont les enjeux du mandat municipal malgré la défaite ?

    J.-F.D. : Je retiens que malgré tout, les scores ont placé une liste d’union de la gauche portée par un communiste en tête. Il faut mesurer la qualité de notre travail : nous avons augmenté notre score de plus de 2 000 voix au 1er tour comparé aux municipales de 2020. Idem au 2nd tour, où on en fait 600 de plus, alors que Patrick de Carolis en perd au lieu d’être réélu au 1er tour. Cela démontre que notre démarche unitaire est pertinente et que la gauche n’est pas morte à Arles.

    Quelle est votre plus grande fierté après 10 ans à la tête de la section du PCF arlésien ?

    J.-F.D. : Notre capacité à renouveler nos adhérents. Nous avons perdu des camarades âgés, mais aussi réussi à faire venir de nouvelles adhésions et maintenir un effectif équivalent à mon arrivée en 2016. La section est active en dehors de la vie municipale : loto, ferrade, drôle de Noël, solidarité avec Cuba et 1336… Je retiens les 3 semaines de législatives en 2024 où tout le peuple de gauche s’est rassemblé sans se disputer, c’était la première fois que je voyais un tel enthousiasme. C’est là que le désir d’Union pour Arles s’est créé.

    Quel rôle a tenu le PCF dans votre parcours personnel ?

    J.-F.D. : Avant d’être secrétaire de section en 2016, j’ai effectué une formation de cadre. Il y a une volonté dans le Parti d’accompagner les adhérents dans l’acquisition de connaissances économiques, philosophiques et sociologiques, ou l’animation de collectif. Entre mon adhésion en 2013 et aujourd’hui je ne suis plus le même homme. Je le dois à la bienveillance de mes camarades.

    Que comptez-vous faire lors des prochaines échéances électorales ?

    J.-F.D. : Mon engagement c’est avant tout de consolider le rassemblement de la gauche citoyenne et écologiste à Arles, d’être présent sur le terrain dans le cadre de mes mandats. Concernant les échéances électorales, je n’ai pas de plan de carrière, ce n’est pas pour cette raison que je me suis engagé. Tout dépendra de l’état de l’union de la gauche, de ce que veulent les communistes et l’Appel d’Arles. Mais ça ne me ferait pas peur.

  • Deuxième lame d’arrêtés pour ralentir les trottinettes à Avignon

    Deuxième lame d’arrêtés pour ralentir les trottinettes à Avignon

    « On a un bon client là », lance à des policiers municipaux Jean-Luc Queyla, adjoint à la sécurité d’Avignon, en voyant arriver un jeune avec ses écouteurs sur sa trottinette électrique. Une opération de contrôle et de prévention des engins de déplacement personnel motorisés (EDPM) était organisée ce mercredi 17 juin à l’entrée de la rue de la République.

    Alors qu’une quinzaine de trottinettes ont été saisies temporairement – elles seront restituées sur présentation d’une attestation d’assurance – par les agents, et qu’une quarantaine de verbalisations ont été dressées, le maire Olivier Galzi (DVD) en a profité pour exposer un nouvel arrêté d’interdiction de circulation de ces engins. Ainsi, dans une zone concernant la rue de la République, une partie de la rue Thiers et les rues de l’hypercentre situées entre les deux, les conducteurs devront poser pied à terre à partir du 1er juillet, sous peine d’une amende de 135 euros. Cela concerne également les autres EDPM, à savoir les gyropodes, les monoroues ou encore les hoverboards. À cette même date, ils devront également porter un casque (notre édition de ce lundi 15 juin).

    « La priorité est la sécurité des piétons », insiste Olivier Galzi. Un périmètre limité car « c’est tout de même un transport vertueux ». La personne qui gare son véhicule dans un parking relais, soit à Piot, soit aux Italiens, peut ainsi toujours se rendre en centre-ville rapidement. Devant le stand de prévention de la préfecture, le directeur de cabinet du préfet, Thibaut de Cacqueray, estime que les services ont « fait assez de câlinothérapie » et qu’il n’y aura désormais « plus de tolérance ». Ce, après avoir évoqué les deux personnes décédées en trottinette dans le Grand Avignon.

  • Stéphanie Colombero veut « faire gagner la droite » au Sénat

    Stéphanie Colombero veut « faire gagner la droite » au Sénat

    La candidate LR aux sénatoriales, Stéphanie Colombero en tournée dans le département pour rencontrer ses soutiens, espère représenter la droite et le Département au Sénat, et briser le règne de la gauche. Cette année, elle est l’unique candidate de droite, alors que, lors des précédentes élections sénatoriales, deux candidats s’étaient présentés et avaient facilité la victoire de la gauche. Elle affrontera le sénateur sortant Jean-Yves Roux (PRG), Fabrice Durnerin (RN), qui avait échoué aux élections municipales de Manosque, et Stephane Durbec, ancien collaborateur de Jean-Marie Le Pen et élu d’opposition à Céreste. Mercredi, la candidate s’est affichée aux côtés de ses soutiens de la majorité départementale, la présidente Eliane Barreille (DVD), qui a quitté LR « insatisfaite du fonctionnement », et plusieurs vice-présidents.

    En se déplaçant aux quatre coins du département, Stéphanie Colombero espère, « afficher son attachement à la proximité ». Elle compte sur son expérience en tant que cadre de santé pour convaincre les grands électeurs, alors que les déserts médicaux sont un enjeu majeur dans le département. Elle insiste notamment sur « le maintien à domicile des aînés ». « Le fait de siéger dans la majorité sénatoriale donnera un poids supplémentaire et permettra de faire avancer les projets du département plus facilement », assure-t-elle. Sa candidature est aussi « une façon de faire barrage au RN ».

    « On a un sénateur de gauche car il n’y a pas eu d’entente à droite », explique Eliane Barreille, qui se réjouit d’avoir cette fois-ci une seule candidate issue de LR. Sandra Raponi, qui a laissé sa place à la tête de la fédération des Républicains à Bruno Vivien la semaine dernière, vante les mérites d’une candidate « expérimentée » et « compétente ». « Statistiquement, si on prend le nombre de communes à droite Stéphanie Colombero pourrait avoir ses chances », espère Eliane Barreille.

  • [Entretien] Simon Abkarian : « De Gaulle nous tend un miroir pour nous regarder dedans »

    [Entretien] Simon Abkarian : « De Gaulle nous tend un miroir pour nous regarder dedans »

    La Marseillaise : La Résistance a été une aventure minoritaire, difficile. Est-ce compliqué de jouer de Gaulle en sachant l’icône qu’il est devenu ?

    Simon Abkarian : Non, car mon travail est d’être au présent de ce que je raconte dans le film. Il faut donc que j’oublie ce qu’il s’est passé. Après, c’est sûr que ça peut paraître casse-gueule d’incarner de Gaulle vu que c’est une icône pétrifiée dans le panthéon de l’histoire de France.

    Qu’est-ce que vous inspire la récupération politique de son héritage par l’extrême droite qui en est pourtant, dans son essence, un ennemi héréditaire ?

    S.A. : Ils se réclament de figures tutélaires comme lui pour faire avancer leur affaire. Mais il faut tenir compte de la matrice du RN qui est celle que l’on connaît.

    Celle que l’on connaît, mais que beaucoup de gens ont visiblement tendance à oublier…

    S.A. : Ça, c’est surtout à cause de certains médias qui s’appliquent à le faire oublier. Mais c’est comme l’histoire de la grenouille et du scorpion. La grenouille traverse la rivière avec le scorpion sur le dos de la grenouille qui dit : « pourquoi tu m’as piquée ? on va se noyer tous les deux ». Et le scorpion lui répond : « parce que c’est ma nature ». Il y a quelque chose de cet ordre. Dans le Rassemblement national, il y a le mot rassemblement qui cloche. Quand on veut rassembler, il faut rassembler tous les Français, quelles que soient leurs origines, naissances, confessions et couleurs de peau. Je trouve dommage qu’on parle toujours de cette ethnicité de la France et jamais du fait social, alors que la misère participe à ce que certaines régions, villes ou quartiers soient livrés à eux-mêmes.

    La perte des repères, les fissures des digues républicaines, le révisionnisme de l’histoire… qu’est-ce que cela dit de la société française actuelle et de ses dirigeants selon vous ?

    S.A. : L’histoire de France, c’est l’histoire de France. De sujets du roi, on est passé à citoyens. De citoyens, on est passé à citoyens éclairés. De citoyens éclairés, on est passés à consommateurs décérébrés. Et après, on nous dit de réfléchir. Mais on n’a plus les outils pour le faire. À mon époque dans les années 1970, on était politisé. On savait qui faisait quoi, où étaient la droite et la gauche. Maintenant, les choses sont ce qu’elles sont sur la planète, le mur est tombé et le capitalisme a gagné la guerre. Il roule sur tout ce qu’il trouve.

    Pensez-vous que « La Bataille de Gaulle » peut permettre de reposer certains repères ?

    S.A. : Alors là, bien sûr qu’il va en poser des repères, ne serait-ce que sur la question de la probité politique, sur l’honneur et la morale, les droits et les devoirs. De Gaulle nous tend un miroir pour nous regarder dedans. Je ne pense pas qu’Antonin Baudry ait réalisé ce film pour que cela résonne politiquement, même si cela va le faire à son corps défendant. Car tout est politique. Moi, j’ai une grande idée de la France. Les gens qui ne font que parler de « grand remplacement » ont une piètre idée de la France et de sa force.

    Quelle était votre image de
    de Gaulle avant de l’incarner
     ?

    S.A. : Chez moi, mon père en parlait en disant qu’il avait sauvé la France et lavé son honneur. Mais je ne savais pas, par exemple pas qu’il avait été condamné à mort par Vichy et déchu de sa nationalité. Mon père était un Arménien du Liban. Il était politiquement engagé à gauche dans la Fédération révolutionnaire arménienne (FRA). Chez nous, l’éducation était de base : injustice-justice, héroïsme-lâcheté. On me demande souvent de quelle origine je suis. Je réponds d’abord que je suis d’origine pauvre.

    Arménien et pauvre comme Missak Manouchian. Un apatride, un ouvrier, un poète, un résistant communiste et une figure dont le RN a aussi voulu s’emparer au moment de sa panthéonisation ?

    S.A. : Ils veulent se laver de leur passé et faire peau neuve pour pouvoir accéder au pouvoir. Après, je pense qu’on n’échappe pas à sa nature. Je suis sûr qu’ils vont finir par se réaffirmer tels qu’ils sont avec leur idéologie mortifère.

  • Un camp d’été dans le Dévoluy pour les collégiens de REP

    Un camp d’été dans le Dévoluy pour les collégiens de REP

    « Bon allez, si dans cinq minutes, il y en a qui ne sont toujours pas prêts, on part sans eux ! » Jean-Lou Vinard, médecin retraité et accompagnateur de montagne, donne de la voix. Il est 8h50, la randonnée débute dans dix minutes. Il s’apprête à emmener 21 élèves de 5e du collège de Laragne-Montéglin et leurs deux professeurs pour une boucle de 12 km entre Saint-Étienne-en-Dévoluy et le Vallon d’Âne.

    Lui et Luc Bernard, herboriste, tous deux randonneurs de montagne chevronnés, ont créé « Tous ensemble au sommet ! », un programme à travers lequel ils emmènent en camps de montagne des collégiens de REP, souvent issus de milieux modestes, avec plus de difficultés scolaires.

    Course d’orientation, escalade, fabrication d’un herbier, spéléologie… La majorité des élèves du groupe, âgés de 12 à 14 ans, n’a jamais passé autant de temps en montagne ou pratiqué des activités comme la via ferratta. « C’était mon moment préféré. Je ne connaissais pas du tout, ça faisait un peu peur mais c’était super cool », témoigne l’un d’eux, mi-exalté mi-effrayé par le souvenir du parcours en altitude sur les falaises. « C’est tarpin bien ! , s’enthousiasme sa camarade. En plus, on est sans nos téléphones, on est déconnectés alors on profite à fond. »

    La montagne pour tous

    Pour eux, le camp apporte son lot de découvertes, à tous les niveaux. « On mange plein de choses nouvelles, comme des fleurs, on en a dans toutes les salades, ça rajoute du goût », remarque Paris. « On fait plein de choses mais le meilleur moment c’est quand on se rassemble le soir, qu’on est entre nous, on mange des marshmallows sur le feu et on joue au loup-garou », témoigne Kenzo, suscitant l’adhésion de son groupe. Seul hic : « Les nuits en tente ! Il fait froid et le matin tout est mouillé », grimace l’une d’entre eux. « Pour moi, la montagne, c’est une belle maîtresse d’école, elle apprend aux enfants l’initiative, la solidarité, l’effort. Elle m’a beaucoup apporté et pour des gamins, ça leur ouvre la tête, affirme Jean-Lou Vinard. L’idée nous est venue d’un copain, Loïc Preghenella, accompagnateur de montagne comme nous, qui a emmené en 2023 des enfants de milieux défavorisés de la région parisienne grimper le Monte Cinto en Corse. On a contacté Dominique Gosselin, principale du collège de Laragne, qui nous a donné son feu vert. » Au bout d’une heure de marche, le groupe s’arrête à la fontaine de la ferme de Luc Bernard, herboriste, qui a grandi dans le Dévoluy. « Je randonne ici depuis maintenant soixante ans. C’est un espace naturel magnifique à leur faire découvrir, explique ce dernier, qui, la veille, a fait composer un herbier au groupe. On est tous deux retraités alors on a du temps pour transmettre. J’essaye de renouer un peu avec ce savoir des anciens, la connaissance des plantes avec lesquelles on peut manger, se soigner ou celles qui sont dangereuses. »

    Après deux ans, le partenariat est pérennisé avec le collège de Laragne. Mais Jean-Lou déplore cependant un manque de soutien local : « On fait découvrir le Dévoluy et pourtant on voit qu’autour de nous, ça ne se mobilise que partiellement. Cette année, on a démarré le projet en négatif de 3 000 euros. On va finir par les trouver, mais on aimerait être un peu plus soutenus », soupire-t-il.

  • Quand l’intelligence artificielle secoue le cinéma

    Quand l’intelligence artificielle secoue le cinéma

    Une dystopie faite de bonhommes en plastique, qui voit leur monde sombrer dans la panique lorsque la matière dont ils sont composés est transformée en carburant… Utopsie, court-métrage réalisé par Anthony Smeyers, est l’un des 48 films d’une minute, 100% généré par IA, sélectionnés par le jury du festival MarsAI, sur le thème « Imaginer des futurs souhaitables ».

    L’événement, qui se tient vendredi, est organisé par l’école La Plateforme, qui propose des formations d’audiovisuel assistées par l’IA, et Bruno Smadja, créateur du Mobile Film Festival, qui présente des films courts réalisés à l’aide de smartphones. Tous se sont réunis, ce mercredi à l’ex-Docks des Suds, pour l’avant-première de la projection de certains courts-métrages. « L’objectif est de créer ensemble de l’attractivité pour faire le futur le plus souhaitable possible. Bruno, en apportant les formats courts, et nous, l’IA », explique Cyril Zimmermann, co-fondateur et président de La Plateforme.

    L’idée du projet est de rendre le cinéma accessible à tous. Réalisés à partir de plusieurs outils vidéos, gratuits comme payants, et de prompts (questions posées à l’IA), « ces formats courts permettent de se mettre à l’échelle de ce qui est possible. On souhaite faire émerger de nouvelles traditions, donner l’envie de créer », déclare Bruno Smadja. La durée de réalisation n’a rien à voir avec un film classique : 48h à 15 jours suffisent à créer un court-métrage 100% IA. « On a vu arriver l’IA comme un formidable outil de création. En discutant avec beaucoup de créateurs, on a compris qu’elle permettait d’exprimer des idées et de raconter des histoires sans besoin financier. »

    L’IA va-t-elle bouleverser l’industrie cinéma ? Bruno Smadja apporte une réponse nuancée : « Elle va plutôt s’intégrer petit à petit. Parce que l’émotion que peut transmettre un acteur ou une actrice sera difficilement battable par une IA. » Au risque toutefois de remplacer le travail humain. « ça aide à la réalisation d’un film, comme le font les effets spéciaux. C’est un outil », précise-t-il.

    « On consomme

    une énergie délirante »

    Les films d’une minute, qui défilent lors de cette avant-première, présentent pratiquement tous un même thème : celui de l’environnement. Un paradoxe lorsque l’on sait que l’IA a des conséquences néfastes sur celui-ci. « L’impact carbone est absolument terrible. Il faut penser différemment et construire des data center avec intelligence », souligne Bruno Smadja. « Je pense qu’on a besoin de définir un cadre d’utilisation, on consomme une énergie délirante. Il faut imposer des usages responsables », confirme Cyril Zimmermann.

    Mais ce cinéma, pensé comme accessible, réclame tout de même certaines connaissances. « Pour retranscrire ses idées, il faut avoir une culture audiovisuelle, comme les angles ou les postures de caméra », développe Bruno Smadja.

    Vendredi, lors du festival, cinq lauréats obtiendront une bourse de 10 000 euros, leur permettant de créer d’autres projets. « Ce n’est pas en refusant l’outil qu’on va répondre aux inquiétudes, c’est en l’utilisant bien qu’on va l’intégrer », conclut Bruno Smadja.

  • Un partenariat pour protéger les littoraux et les lacs du Sud

    Un partenariat pour protéger les littoraux et les lacs du Sud

    « Une terre agricole est perdue pour toujours si elle est artificialisée » lance François Fouchier, délégué régional Provence Alpes Côte d’Azur au Conservatoire du littoral. C’est cette problématique qui a poussé la Safer à signer une convention de partenariat avec le Conservatoire pour protéger les littoraux et les lacs de l’artificialisation des terres agricoles. Ces deux opérateurs fonciers achètent des terrains et les mettent à disposition, « à prix juste » d’agriculteurs qu’ils choisissent pour préserver l’environnement.

    « La Safer a une mission de préservation de l’environnement mais aussi de développement de l’agriculture. C’était naturel, à travers les missions du conservatoire, de tisser un partenariat concret pour concilier les enjeux à la fois de préservation de l’environnement et de développement de l’agriculture sur le littoral », explique Laurent Vinciguerra, directeur de la Safer PACA. Le Conservatoire du littoral a lui été créé en 1975 avec l’idée de « définir un bien commun inaliénable : le but est de préserver et d’extraire ces territoires naturels de toute velléité d’artificialisation et de construction », rappelle François Fouchier. « Il y a des outils de préservation des espaces naturels mais, pour l’agriculture, ils sont les plus menacés aujourd’hui par la pression d’urbanisation et d’usage, d’aménagement », explique-t-il.

    La convention a été signée entre les deux opérateurs fonciers pour neuf ans. Elle couvre tous les départements de la Région, sauf le Vaucluse. Avec ce partenariat, la Safer et le Conservatoire du littoral espèrent « lutter contre les changements de destination, les détournements d’usages et l’artificialisation », avance Laurent Vinciguerra.

    Maintenir les agriculteurs en place

    « Concrètement, la Safergarantit à travers des cahiers des charges le maintien d’une activité agricole pour éviter un dévoiement », explique François Fouchier. Avec cette convention, les deux opérateurs fonciers mutualisent leurs moyens pour mieux prévenir l’artificialisation des milieux naturels.

    Dans les Alpes-de-Haute-Provence, le Conservatoire du littoral travaille sur des projets sur les lacs du Verdon et sur celui de Serre-Ponçon. « Sur les communes de ces lacs-là, on a déjà acquis 1 600 hectares sur le Verdon et une centaine d’hectares sur Serre-Ponçon », détaille Franck Horon, délégué adjoint de la délégation des lacs. L’objectif est de maintenir les exploitants en place sur les parcelles agricoles. « Sur le Verdon, on est même en train de débroussailler plusieurs centaines d’hectares qui étaient perdus pour l’agriculture », se félicite Franck Horon.

  • Affaire Bruel : le maire de L’Isle-sur-la-Sorgue « stupéfait »

    Affaire Bruel : le maire de L’Isle-sur-la-Sorgue « stupéfait »

    Depuis près de 20 ans, Patrick Bruel a pris ses quartiers à L’Isle-sur-la-Sorgue, en développant des activités économiques au sein d’un domaine viticole et oléicole, puis, depuis septembre, avec un hôtel 5 étoiles à l’entrée du centre historique. Autant dire que la mise en examen du chanteur pour une série de viols fait réagir localement. Longtemps muet, le maire, Pierre Gonzalvez, est sorti du silence en fin de semaine, se disant « aux côtés des victimes ».

    « Je ne supporte plus que l’image de la Ville de l’Isle-sur-la-Sorgue soit associée à l’affaire Patrick Bruel, déplore l’édile. Le sujet est grave. Si Patrick Bruel et moi-même avons développé une relation cordiale, la découverte de cette affaire m’a stupéfié comme bon nombre de mes concitoyens. Alors que la justice doit suivre son cours sereinement, la Ville continuera à agir dans le respect de ses compétences, de la loi et de l’intérêt général. »

    Pierre Gonzalvez, qui coupait encore le ruban lors de l’inauguration de l’hôtel 5 étoiles, avait engagé une modification du plan local d’urbanisme pour que le projet puisse voir le jour. « Une délibération du conseil municipal a été adoptée et validée par les services de l’État », rappelle-t-il, après avoir fait venir aussi Patrick Bruel aux vœux de la préfète Violaine Démaret, en janvier 2024. Le maire partage « l’inquiétude » de la centaine de salariés de l’hôtel, dont l’activité pourrait être considérablement affectée par l’affaire.

  • Une révolution à portée de main grâce à la sphère du travail social

    Une révolution à portée de main grâce à la sphère du travail social

    « Nous sommes dans un moment de crises majeures qui s’entrelacent. Mais la gravité de cette situation, paradoxalement, peut donner au travail social de nouveaux moyens de se réaffirmer », commence Stéphane Rullac. Le professeur en innovation sociale explique que les ressources dont on a besoin aujourd’hui pour réinventer les modèles de demain se trouvent entre les mains des travailleurs sociaux.

    « Pas directement, parce que nous, nous sommes trop normés pour réinventer la société de demain. Mais en se tournant vers ce que j’appelle les experts d’usage, c’est-à-dire les gens qui sont dans les dispositifs, qui sont accompagnés », précise-t-il. Parce que, précisément, ces personnes ont soit échoué à l’intégrer, soit refusé, ou alors viennent d’ailleurs, comme les migrants, par exemple. Et de poursuivre : « Ce sont les architectes de demain vu qu’il faut tout réinventer. »

    Un renversement conceptuel tout à fait innovant, qui a fait réagir la salle réunissant plus de 300 travailleurs sociaux. Désigner ceux qui sont en dehors du système, au sens normatif, comme les forces vives sur lesquelles on va devoir s’appuyer pour changer profondément les choses n’est pas une évidence.

    Un nouveau pouvoir

    « On est capable, avec ça, de complètement renverser la table pour pouvoir affronter les polycrises et remettre l’innovation sociale au cœur de tout, comme il y a 100 ans, lorsque le modèle productiviste a commencé à arriver », reprend l’auteur du livre Le travail social va sauver le monde (Sociographe). Et de conclure : « Ça va se jouer dans les quartiers, au plus près de ceux qui sont considérés comme les plus éloignés du système. C’est pour ça que la prévention spécialisée est au centre de tout. Il faut que les travailleurs sociaux prennent conscience de ce nouveau pouvoir. »

    Pour rendre possible ce changement, il est nécessaire de réinventer la participation et de donner du pouvoir à ceux qui en sont aujourd’hui dépourvus. Au moment où « le néolibéralisme atteint son apogée avec un système qui est en train de se dévorer, de nous dévorer et de dévorer la planète, c’est une véritable révolution » à mener.

    « L’objet de cette journée, c’est d’avoir un moment commun de réflexion et de travail entre toutes les équipes de la prévention spécialisée du département », explique Christina de Robertis, présidente de l’Association de prévention spécialisée et d’aide à l’insertion (APEA). « Notre rôle est d’arriver à proposer des solutions à des situations un peu difficiles pour des jeunes et les familles », ajoute Vincent Tessereau, président de l’Association de prévention spécialisée (APS). Bernard Salles, à la tête de la Ligue varoise de prévention (LVP), met lui aussi en avant la nécessité de développer un réseau afin de voir ce que chacun peut apporter aux autres. Tous trois ont également à cœur de faire évoluer l’image de la prévention spécialisée, alors que beaucoup ne se réclament que de la répression.

    Sur la possibilité pour le travail social de changer le monde, Sandrine Firpo, directrice générale de la Ligue de l’Enseignement, a dit « entendre déjà la petite voix du réalisme ou du cynisme », en réaction à la brillante intervention du chercheur. Et pourtant, poursuit-elle : « Nous qui manquons de moyens, de reconnaissance, de temps, nous qui nous débattons avec des injonctions contradictoires, des financements incertains, des institutions qui nous demandent de tout mesurer, de tout évaluer, de tout justifier, l’heure n’est plus à la modestie coupable. »

    L’heure n’est plus non plus, pour le travail social, ajoute-t-elle, de se contenter d’accompagner les dégâts d’un monde qui n’a jamais eu autant besoin d’être transformé. Et de conclure : « Nous voyons chaque jour les fractures sociales, les inégalités, le mépris de classe, la solitude. Et ce savoir du terrain, de l’intime, est un savoir politique. Il nous oblige. »

  • Retraite et santé en entreprise, les priorités de la Carsat

    Retraite et santé en entreprise, les priorités de la Carsat

    « Une année 2025 de transformation, de proximité… et de célébration. » Dans son bilan annuel publié ce mardi 16 juin, le directeur général de la Caisses d’assurance retraite et de la santé au travail (Carsat) Sud-Est, Vincent Verlhac, rappelle l’importance de cette composante essentielle de la Sécurité sociale, alors que cette dernière a fêté ses 80 ans. Tandis que le Conseil d’orientation des retraites a publié le jeudi 11 juin son treizième rapport annuel remettant sous le feu de l’actualité un conquis social sans cesse attaqué, le patron de la Carsat Sud-Est met en avant son rôle d’accompagnement des pensionnés et son action au sein des entreprises pour prévenir les risques professionnels.

    Avec pas moins de 13,3 milliards euros de prestations d’Assurance vieillesse versés pour l’année contre 12,8 en 2024 et 1 315 703 retraités payés tous les mois en France et à l’étranger, la caisse de notre région reste un des poids lourds nationaux. Ses 1 617 salariés assurent le calcul du montant des pensions et garantit l’exactitude de leurs droits. En 2025, quelque 59 253 carrières ont été rectifiées, dont 20 067 en coproduction et 10 862 dans le cadre de la convention France Travail, « contribuant directement à la fluidité du traitement des futures demandes de retraite » estime la Carsat Sud-Est.

    Plus d’indemnisation amiante

    La caisse prend également en charge l’ensemble des étapes liées au calcul et à la liquidation des pensions. En 2025, l’organisme considère avoir « réalisé un saut de performance » pour « absorber l’augmentation des demandes tout en réduisant les délais ». Le temps de traitement d’un dossier atteignant 63 jours. La Carsat Sud-Est exerçant également un rôle de caisse référente pour les dossiers internationaux, avec 2 982 pensions de réversion pour le Maroc et 14 autres pour Monaco.

    Dans une optique de « simplification des démarches », notamment dans les demandes d’aide d’autonomie, la Carsat Sud-Est a mis en place un plan « Oscar », avec un formulaire unique permettant de recueillir 2 104 demandes en ligne et 16 398 demandes papier en 2025. « La reconnaissance mutuelle des évaluations, actuellement déployée dans 6 départements sur 7, sera généralisée à l’ensemble du territoire en 2027 », promet-elle.

    Un chantier qui risque de prendre de l’ampleur, vue l’évolution démographique de notre région. Une étude de l’Insee, publiée le 2 juin, prévoit 54 400 seniors de plus en perte d’autonomie à l’horizon 2050, soit 31% de plus qu’en 2021. Près de six sur dix d’entre eux, étant âgés de 85 ans ou plus.

    Côté entreprises, l’organisme entend renforcer le suivi des risques psychosociaux avec le ciblage de 40 établissements supplémentaires en 2026 et 2027. Le dispositif amiante progresse assure aussi la Carsat avec 138 nouveaux allocataires. En 2025, 69,2 millions d’euros d’allocations ont été versés à 1 965 travailleurs exposés pour un montant moyen de 2 933,78 euros précise-t-elle.