Category: accueil-merge

  • À Marseille, une école de danse contrainte de quitter ses locaux du diocèse

    À Marseille, une école de danse contrainte de quitter ses locaux du diocèse

    À Marseille, l’école de danse dirigée par Nathalie Setz est menacée d’expulsion après vingt ans d’occupation des mêmes locaux, sans que les raisons n’en aient été précisées à la directrice. « Le diocèse veut récupérer son bâtiment pour en faire ce qu’il veut. “Je n’ai pas besoin de savoir”, m’ont-ils dit », rapporte-t-elle.

    Pendant longtemps, son interlocuteur n’était pas directement le diocèse, mais le patronage Vauban, qui occupe le local du rez-de-chaussée et avec lequel elle avait passé une convention d’occupation. Ce dernier aurait toutefois rompu cet accord pour éviter d’être impliqué dans un éventuel contentieux, selon la directrice. « Ils se sont retirés, mais ils sont toujours là en vérité. Ils se sont couverts par le diocèse », estime la directrice, qui se retrouve seule face au propriétaire, sans véritable contrat.

    Plusieurs éléments laissent penser que ce départ forcé pourrait être lié à un projet d’installation du bar à tapas Gigi Marseille dans ces locaux : la police serait intervenue à trois reprises pour un transfert de licence 4, autorisant la vente d’alcool.

    Le diocèse a proposé

    une solution

    Face au refus du diocèse de la maintenir dans les lieux jusqu’à sa retraite, Nathalie Setz dit traverser une période difficile : « Mentalement et moralement, je suis parfois à l’envers. Ça me met une pression terrible, alors que j’ai tout donné pour cette école. » Une inquiétude partagée par ses élèves, dont certains suivent ses cours depuis des années, et ce plusieurs fois par semaine. « Les diocèses font normalement énormément de choses pour nous, les seniors. Mais là, ça me choque », confie Angélika Imbert, 75 ans, élève de l’école. Jean-Philippe Imbert, 78 ans, professeur de philosophie retraité, y voit aussi un lieu essentiel pour son bien-être : « Nathalie me permet de rester en forme. Et je ne vois quasiment pas de kinésithérapeutes. »

    Le diocèse a néanmoins proposé une solution : un relogement dans un autre bâtiment de l’Église. Mais, arrivée sur place, Nathalie Setz constate que cela est impossible : « À la salle du Roucas Blanc au CMA, on me propose seulement un créneau de 18h à 20h le vendredi. »

    Depuis décembre, la directrice verse ses loyers sur un compte verrouillé géré par son avocate, faute de cadre contractuel officiel. Une audience en référé est prévue le 1er juillet pour déterminer la légalité de cette expulsion. Sollicités, le diocèse et le patronage Vauban ont indiqué préférer s’abstenir de tout commentaire, l’affaire étant désormais entre les mains de la justice.

  • Pamar : même lutte, nouvelle direction

    Pamar : même lutte, nouvelle direction

    « On a eu des rencontres et ça, c’est le grand changement », reconnaît Kalathoumi Ibouroi. Pourtant, la déléguée syndicale CGT des salariés de Pamar ne désarme pas : « Les Pamar ne refusent jamais le dialogue, mais ces discussions ne nous mènent nulle part. »

    Entourés de nombreux soutiens venus des UL CGT Saint-Lazare, Centre, Quartiers Nord, Martigues, Cheminots, Croix Rouge et Indecosa, les huit salariés sont venus demander, devant la clinique Beauregard-Vert Coteau, leur réintégration dans des conditions de sécurité garanties. Mais, après une victoire au tribunal des prud’hommes de Marseille, puis une autre devant la cour d’appel d’Aix-en-Provence, il y a encore un hic à la reprise : « La cheffe de service à l’origine du conflit, est restée en poste », précise Kalathoumi Ibouroi.

    Pour rappel en 2024, les salariés de la blanchisserie avaient interpellé l’inspection du travail pour alerter de manquements graves à l’hygiène dans le procédé de traitement du linge et d’un management agressif. Quelques jours plus tard, ils déposaient une plainte au commissariat contre la cheffe de service suite à des menaces de mort à l’encontre des salariés.

    Il y a quatre mois le groupe Almaviva, 4e plus important groupe de cliniques privées en France, détenu à 60% par le fonds koweïtien Wren House Infrastructure, a repris le groupement des huit cliniques privées Sainte-Marguerite. Il hérite également du contentieux qui dure depuis plus de deux ans avec les salariés de sa filiale Pamar.

    Dernier point de blocage

    Devant la clinique ce jeudi, le tractage des militants était tout juste en cours. Deux représentants de la direction d’Almaviva et une de la clinique Beauregard-Vert Coteau sont venus à la rencontre des manifestants. La dernière s’est dite « désolée » ne voyant « pas de lien avec Beauregard ». Pour les salariés, le lien est pourtant évident : « C’est grâce à notre travail que votre établissement et tous ceux du groupe peuvent fonctionner. C’est grâce à notre lutte que vous avez obtenu l’assurance que le linge et les tenues de travail des soignants sont impeccablement traîtés parce que des contrôles ont obligé Pamar à respecter le bon process. »

    La direction d’Almaviva précisait : « Il y a des choses que nous proposons de mettre en place, mais ce ne sont pas les solutions qu’ils souhaitent. » Pour les salariés, la reprise ne tient qu’à une condition : « Nous avons accepté de travailler sous la direction de l’ancienne directrice qui, pourtant, n’a rien fait pour protéger ses salariés. Mais il est inacceptable que nous, victimes de ses menaces de mort, reprenions le travail sous le management de cette cheffe de service. » Sonia, salariée, insiste : « Nous voulons retourner travailler, mais il reste ce point de blocage qui est notre principale revendication : sa mutation ! » Or, dans cette déjà trop longue lutte, l’ultime levier semble difficile à actionner. « Sous mandat », en tant que représentante de section syndicale FO, « cette salariée est protégée », souligne la direction. Contacté, le syndicat n’était pas joignable à l’heure où nous écrivions ces lignes. Manu Roux, secrétaire de l’UL CGT Centre, lance en signe de revoyure : « Le temps passe, il y a urgence. Nous serons toujours là pour nos camarades. »

  • Ces professeurs réclament des piscines pour leurs élèves

    Ces professeurs réclament des piscines pour leurs élèves

    Des professeurs de sport serrés dans une piscine gonflable au milieu du Vieux-Port. C’est tout l’objet de la mise en scène organisée, ce jeudi, par le Snep-FSU Aix-Marseille pour attirer l’attention sur le manque d’équipements aquatiques et de piscines dans la ville. Lunettes de plongée et bonnet de bain sur la tête, ils veulent alerter sur cette situation qu’ils jugent préoccupante.

    « À Marseille, seulement 14 piscines sont en activité, ce n’est pas assez. Surtout qu’il y a des piscines qui ont fermé, notamment celles de Luminy et de la Bombardière. La situation ne s’améliore pas, elle a plutôt tendance à se dégrader », affirme Jean Cugier, cosecrétaire académique du Snep-FSU et professeur d’EPS au lycée polyvalent Antonin-Artaud (13e). « Dans la deuxième ville de France, on compte 100 m² de piscine pour 10 000 habitants. C’est deux fois moins qu’à Lyon par exemple. Énormément de professeurs d’EPS sont privés de piscine pour emmener leurs élèves apprendre à nager », déplore Cédric Vassenaix, enseignant à Aix-en-Provence.

    Les professeurs d’EPS alertent surtout sur le nombre important d’enfants qui arrivent au collège sans savoir nager. D’après le syndicat, jusqu’à 85% des élèves entrant en 6e ne maîtrisent pas la nage, dans certains quartiers de Marseille. C’est le cas pour les élèves du collège Henri-Barnier, dans le 16e arrondissement, toujours selon le syndicat. Ce dernier précise qu’une grande partie des élèves ne sachant pas nager sont scolarisés dans les quartiers nord de la ville et ne disposent que de cinq piscines municipales, contre neuf dans le reste de Marseille.

    Face à ce constat, les professeurs d’EPS ont choisi un slogan : « Savoir lire, c’est essentiel. Savoir nager, c’est vital. » L’occasion de mettre en avant les risques liés à l’absence d’apprentissage de la natation, d’autant plus élevés dans une ville bordée par la mer, soulignent-ils.

    Réunion avec la Ville

    Paul Mauranes, qui enseigne depuis deux ans au collège Elsa-Triolet (15e), témoigne : « On a bien 40% d’élèves qui entrent et qui ne savent pas nager. Ça fait presque un enfant sur deux, même si on n’est pas les plus mal lotis car la piscine est à 25 minutes à pied. »

    Cette mobilisation s’inscrit dans une revendication portée à l’échelle nationale. « Notre syndicat réclame la construction de 1 000 piscines sur le territoire et la rénovation des bassins », précise Jean Cugier, qui évoque un enjeu de santé publique : « L’an dernier, il y a eu 50 décès par noyade en France chez les enfants de moins de 12 ans. C’est aussi la première cause de décès par accident domestique chez les moins de 25 ans », ajoute-t-il.

    Prévenue de la mobilisation, la Ville de Marseille a proposé « une rencontre », selon le syndicat, afin d’échanger sur le manque de piscines. Celle-ci devrait se tenir le 10 septembre.

  • Une seule liste pour redorer le blason de la CCI du Vaucluse

    Une seule liste pour redorer le blason de la CCI du Vaucluse

    Depuis plusieurs années, la Chambre de commerce et d’industrie de Vaucluse (CCI 84) fait davantage parler d’elle pour ses déboires, faits de mises sous tutelles successives et problèmes de gouvernance, que pour ses missions d’aides aux entreprises. « On a peut-être besoin d’un exorciseur », ironise-t-on, ce jeudi, au moment de présenter la seule liste en lice pour reprendre la gouvernance, vacante depuis la démission du bureau et la mise sous tutelle par la préfecture, fin janvier.

    Portée par Anne Benedetti, la liste est soutenue par le Medef et l’U2P [union des entreprises de proximité] et se présente aux quelque 30 000 électeurs recensés amenés à voter – par papier – entre le 29 juin et 10 juillet. Un décompte tronqué qui s’arrête en 2021, année de la dernière élection, les futurs élus n’étant là que de manière transitoire pour achever la mandature jusqu’à l’automne 2027.

    « On a eu très peu de temps pour monter la liste, un mois et demi, alors qu’il faut un an d’habitude », campe Annie Benedetti, qui siège aussi à la Fédération des bâtiments et travaux publics, fière « d’avoir réussi l’union ». Toutefois, la CPME [petites et moyennes entreprises] n’est pas représentée. « Il y a eu un récent changement de gouvernance à la CPME [Denis Duchêne] pour qui c’était difficile d’être présent, il avait du mal à être partout », justifie Roland Paul, président du Medef Vaucluse et patron de l’entreprise GSE, hôte du point presse.

    « Allez voter, il nous faut une légitimité, que l’on soit reconnus pour fédérer et unir les forces vives », tente de convaincre Anne Benedetti, alors que ce type d’élection n’a mobilisé que 7,27% des votants en 2021 et risque d’être historiquement faible dans le contexte estival et de chambre transitoire. « Il faut nous aider à redorer le blason du territoire », abonde Nordine Saihi, président de l’U2P et seul, avec William Baud, à avoir déjà été élu parmi les 32 candidats. La future nouvelle équipe ne s’en cache pas, l’année de mandat sera consacrée « à gérer les affaires courantes, apprendre à se connaître et préparer une feuille de route », concède Roland Paul.

    Fini l’aéroport et le Quai des saveurs

    « On compte prendre nos marques, connaître les rouages de la CCI et mettre en place des moyens pour que les décisions prises soient des demandes des entreprises et non quelque chose fait en chambre », poursuit le patron du Medef qui précise que 70% des entreprises en Vaucluse ne comptent aucun salarié. Anne Benedetti trace toutefois un chantier : celui de la transmission d’entreprise : « 56% des chefs d’entreprise en Vaucluse ont plus de 60 ans [contre 41% au national], c’est un gros sujet dans les années à venir », se projette-t-elle.

    Parmi les dossiers, celui de l’aéroport qui a pris son envol sans la CCI. Jusque-là, la chambre gérait l’infrastructure via une société dédiée en délégation de service public pour la Région. « On aurait aimé que sa gestion reste ici, mais les dés sont jetés », regrette Roland Paul, la CCI n’ayant pu déposer un dossier pour renouveler la DSP. Autre sujet épineux, le Quai des saveurs. Le restaurant du parvis de la gare centre, géré par la CCI, est en redressement judiciaire et a fermé ses portes dans l’attente d’un repreneur. Une audience est prévue en juillet.

  • Sophie Binet et Carole Delga somment l’État d’agir pour sauver Fibre Excellence

    Sophie Binet et Carole Delga somment l’État d’agir pour sauver Fibre Excellence

    « Nous avons déplacé des montagnes. » Au pied des Pyrénées, dans l’usine de pâte à papier Fibre Excellence à Saint-Gaudens (Haute-Garonne), Sophie Binet affiche sa satisfaction quant à la récente évolution positive du dossier. « Grâce à la combativité des salariés, nous avons réussi à trouver un investisseur qui souhaite la pérennité des sites », martèle la secrétaire générale de la CGT, aux côtés de Carole Delga (PS), présidente de la Région Occitanie, et des représentants des salariés.

    Une référence à l’arrivée de Matthieu Pigasse, banquier d’affaires, en soutien à l’unique offre de reprise pour sauver l’entreprise en redressement judiciaire (lire nos articles du 18/06). D’où le message emprunt de combativité de Sophie Binet : « Ces victoires nous permettent de déjouer le scénario que les vautours avaient organisé dans notre dos. Le scénario prévu était la liquidation. Maintenant, nous allons pouvoir construire un projet d’avenir pour les trois papeteries », développe-t-elle, citant les sites de Tarascon et de La Chapelle-Darblay (Seine-Maritime).

    Reste toutefois de sérieux points d’interrogation pour que le sauvetage de Fibre Excellence se déroule sans accroc : la position du gouvernement et le rôle de l’État dans le dossier. Car ce sont bien leurs actions qui peuvent, ou pas, « lever des conditions suspensives » dont dépend l’avenir de l’entreprise. Sophie Binet cite plusieurs « enjeux » liés à une intervention étatique et qui sont une question de survie pour l’entreprise. Parmi eux, une « révision du prix de rachat de l’électricité produite sur les sites » ou encore « garantir un approvisionnement en bois » à des prix raisonnables. C’est sur ce dernier point que la secrétaire générale tape du poing sur la table : « Les difficultés sont essentiellement dues à la désorganisation de l’approvisionnement en bois. L’État refuse d’organiser cette filière, nous lui demandons solennellement d’y remettre de l’ordre. »

    « Trois semaines pour corriger le tir »

    Autre demande formulée par Sophie Binet et Carole Delga : « Nous demandons au ministre de l’Industrie une table ronde avec l’investisseur, les porteurs du projet, les élus, l’intersyndicale. » En clair, si Matthieu Pigasse « s’est positionné sur un ticket d’entrée », comme le résume Sophie Binet, « la question reste bien les conditions suspensives ». « Pour faire les investissements, nous avons besoin que le marché du bois ne soit pas déséquilibré comme il est aujourd’hui », prend-elle pour exemple. Avant d’insister : « La balle est dans le camp du gouvernement. Nous avons besoin que l’État soit au rendez-vous. »

    D’autant que cela n’a pas vraiment été le cas depuis le début des difficultés de Fibre Excellence : « À ce stade, le ministre se contente à dire qu’il peut accorder des prêts garantis par l’État. Même quand on a un investisseur, les portes ne s’ouvrent pas en grand… Ça interroge. Si les usines ne sont pas sauvées, il y aura un seul responsable : l’État. Ça se paiera très cher. Il reste trois semaines pour corriger le tir. »

  • Des contrefaçons broyées pour l’exemple à Marseille

    Des contrefaçons broyées pour l’exemple à Marseille

    Pas moins de 206 054 marchandises contrefaisantes, d’une valeur de 42 millions d’euros, avaient été saisies, en février, sur le Marché du soleil, dans le cadre d’une enquête judiciaire du parquet de Marseille pour trafic de contrefaçon et blanchiment, après la saisie des murs en novembre 2025, entraînant la fermeture des lieux pour six mois.

    Dans la cour intérieure de la cité des douanes (3e) ce jeudi 18 juin, une partie d’entre elles sont étalées au pied d’un camion dans lequel a été installée une déchiqueteuse. Lunettes de soleil, sacs haute couture approximatifs, chaussures de sport et claquettes en cuir, maillots de foot plus ou moins olympiens et tee-shirt, le panel est impressionnant. On trouve également des machines à coudre pour doter les textiles d’étiquettes contrefaites.

    Pour la préfète de police déléguée, Corinne Simon, il s’agit d’une « opération emblématique ». D’abord « parce qu’elle permet de mettre en avant toute l’efficacité de la loi narco du 13 juin dernier », estime-t-elle. Un texte qui permet aux préfets « de pouvoir fermer administrativement les commerces dès lors où une infraction est caractérisée, que ce soit sur du trafic de stupéfiants, de l’association de malfaiteurs, du recel ou de la présomption de blanchiment », précise-t-elle. Et c’est sur cette dernière que Corinne Simon s’est appuyée pour la fermeture du Marché du soleil.

    Autre objet de satisfaction pour la préfète de police déléguée, il s’agit « d’une opération d’envergure qui a nécessité un travail de préparation important, un travail interservices », où une centaine de douaniers, une quinzaine d’officiers de police judiciaire, à la fois de police et de gendarmerie nationale, et des CRS ont été mobilisés. Cela fait aussi « 40 ans que ce marché existe » a-t-elle rappelé, et « d’année en année, on a vu qu’il s’était modifié pour devenir un marché à ciel ouvert de contrefaçons, il était impératif que nous puissions y mettre un terme, parce que c’est une concurrence déloyale par rapport aux marques et que cela permet de déclencher une économie souterraine qui finance des activités illégales ».

    Un milliard de taxes

    en moins pour l’État

    Le procureur de la République de Marseille, Nicolas Bessone, a lui aussi insisté sur la contribution des douanes. C’est sur la base de leurs saisies « menées régulièrement de 2024 à 2025, et à chaque fois, c’était bingo, que nous avons pu déterminer qu’on était dans le cadre de la marchandise contrefaisante en bande organisée » assure-t-il, s’étonnant que « dans les guides touristiques, l’existence de ce marché soit donnée comme un must ». Le procureur se félicite au passage d’une opération « gagnant-gagnant », le « représentant du consortium des marques » prenant en charge les coûts de la destruction, et du don des machines à coudre « à l’administration pénitentiaire pour fournir du travail aux détenus ».

    Pour l’État, le manque à gagner reste important, insiste Delphine Sarfati-Sobreira, directrice générale de l’Union des fabricants (Unifab). « C’est un milliard d’euros de taxes que la contrefaçon fait perdre, en période économique compliquée, on ne peut pas passer à côté et 38 000 emplois perdus par an », ajoute-t-elle. Soulignant le danger pour les consommateurs qui achèteraient ces produits, avec des lunettes de soleil qui n’ont pas de filtre, des teintures pouvant provoquer de graves allergies, elle précise que ces marchandises « fabriquées à des milliers de kilomètres ont un bilan carbone absolument désastreux et les usines qui fabriquent de la contrefaçon rejettent leurs déchets dans la nature ».

    Malins, les fraudeurs ont prévu également de dissocier les textiles des logos pour mieux écouler la marchandise, note-t-elle. « L’assemblage se fait en France, révèle-t-elle. C’est moins compliqué de se faire envoyer un carton de logos en cas de saisies que tout un lot de vêtements complet ». Tout un système qui sera explicité lors du procès. Parmi les 15 prévenus, les gardiens du marché, le gérant administratif, une gérante sur le terrain, une agente de la préfecture et deux policiers municipaux…

  • Alpes 2030 : les emblèmes olympique et paralympique révélés

    Alpes 2030 : les emblèmes olympique et paralympique révélés

    Au moment où apparaissent à l’écran, ce jeudi soir à Briançon, les deux formes triangulaires, représentant de manière épurée, mais claire, deux massifs montagneux, emblèmes des futurs Jeux d’hiver 2030, aussitôt, dans le public, les avis fusent. « C’est beau, sobre et élégant », pour l’un ; « c’est tout, juste deux dessins de montagne ? », questionne une autre.

    Désormais, pour chaque événement sportif international, JO ou Coupe du monde, la conception du logo et les débats qui en découlent constituent un passage médiatique majeur. Les Jeux de 2030 n’y échappent pas, bien au contraire. Mais, que l’on aime ou non, résumer le design des futurs logos à un simple dessin de montagne est un peu réducteur. Leur créateur a poussé loin le souci de communication et même de sémiotique.

    « Les Alpes françaises sont disposées du nord au sud et, avec le mouvement solaire, on a une épiphanie quasiment quotidienne, explique Mathieu Sakkas, directeur de la marque et de l’image du Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques (Cojop) Alpes Françaises 2030. Cette traversée des cimes crée une diffraction de lumière, qui nous a beaucoup inspirés. On l’a capturée à la Pointe percée [sommet de 2 750 m d’altitude en Haute-Savoie] et l’on a pu en retirer une forme minimaliste et sa contre-forme. »

    Surtout, le double logo permet de représenter les Jeux olympiques et paralympiques « Ces deux formes sont complémentaires, se répondent, détaille Mathieu Sakaks. À partir de ce dessin, on s’est dit : pourquoi ne pas exprimer l’identité olympique et paralympique avec une forme chacune ? Pour la première fois de l’histoire, on aurait deux formes complémentaires. » Une idée qu’a appréciée Oscar Burnham, skieur para-alpin : « La complémentarité des deux emblèmes me touche beaucoup. En tant qu’athlète paralympique, on bénéficie de l’effervescence des Jeux olympiques. C’est important pour nous d’avoir cette mise en lumière et cela peut susciter des vocations », a-t-il réagi.

    Quant aux couleurs, là aussi, rien n’a été laissé au hasard. Le bleu azur représente le ciel méditerranéen reflété dans les lacs de montagne, et le rouge-rose les teintes que le soleil de l’aurore ou du crépuscule dépose sur les sommets. Les deux, associés, rappellent évidemment les couleurs du drapeau tricolore. Au total, Mathieu Sakkas a travaillé six mois avec l’agence Saint-Lazare, studio de design graphique basé à Paris, à la conception des logos et leur déclinaison sur les différents visuels et produits commercialisés.

    Un moment festif malgré la pluie

    « Je ne sais pas vous, mais moi, j’adore. Ils sont simples, purs, élégants. Finalement, ils ressemblent tellement à nos montagnes qui sont tout ça à la fois », s’est enthousiasmée la ministre des Sports, Marina Ferrari, qui s’est d’ailleurs rendue à Briançon avec le président de la Région Sud (Ren.), Renaud Muselier, à bord de l’Alpe Express. Ce train express relie Briançon à Marseille en 3h40 et sera mis en place pendant les Jeux, puis maintenu après, à raison de deux trajets par jour.

    Pour la présentation, la mairie de Briançon a organisé un moment musical et festif au Parc des Sports, avec concerts et prises de parole. L’événement, retardé d’1h30 à la suite d’un fort épisode pluvieux, a attiré près d’un millier de personnes.

    Ange Fabre

    La carte des sites validée ce vendredi ?

    Le comité d’organisation se réunit, ce vendredi, lors d’un nouveau bureau exécutif. L’objectif est de « stabiliser » la carte des sites, en vue de la validation par CIO, qui doit arriver début juillet.

    Si celle des Jeux paralympiques s’éclaircit, celle des JO reste incertaine. Les sites de ski alpin doivent encore être déterminés et les sports additionnels doivent, eux, être confirmés. Ces derniers seront de toute façon placés au sud, selon un accord entre Régions.

    P.G.

  • Au Vélodrome, Toulouse et le Racing visent la finale

    Au Vélodrome, Toulouse et le Racing visent la finale

    Le gratin du rugby français fait étape le temps d’un week-end au stade Vélodrome. L’écrin habituellement utilisé par l’Olympique de Marseille reçoit, vendredi et samedi, les demi-finales du Top 14. La discipline est une habituée des lieux entre les délocalisations du RC Toulon, mais aussi l’accueil de ces mêmes demi-finales en 2017 et de la finale il y a deux ans. Le Stade Toulousain et le Racing 92 seront les deux premières équipes à fouler l’herbe marseillaise, ce soir (21h05).

    Une rencontre au sommet, dans un antre que les deux coachs, Ugo Mola et Patrice Collazo, apprécient tout particulièrement. « Je suis content de venir au Vélodrome. Pour moi, c’est le plus beau stade de France, voire du monde. Je trouve que c’est un endroit rêvé pour le rugby, que ça donne une dimension à ces demi-finales. C’est un stade avec une caisse de résonance monstrueuse », appuyait Collazo. Mola le Toulousain a aussi raconté que le pèlerinage au Vélodrome était commun, lorsqu’il était joueur, dans les années 1990.

    Les Racingmen savent pertinemment qu’ils sont loin d’être favoris lors de cette rencontre. Ce costume leur sied à merveille, vu qu’ils viennent simplement d’infliger à Pau sa seule et unique défaite de la saison à domicile (33-31), lors du barrage. Avec ce phrasé qui lui colle à la peau, Patrice Collazo a évoqué un Toulouse « en formule all inclusive », avec toutes ses stars disponibles pour le choc de la soirée. Surtout que les différentes statistiques à propos des phases finales ne penchent pas en faveur des Franciliens. Depuis 2018, aucun barragiste n’a atteint la finale du Top 14. Pire encore, les Haut-Garonnais sont des monstres de réussite lorsque l’été approche. Terminer parmi les deux premiers du championnat les amène forcément en finale par la suite. 7 sur 7 lors des deux dernières décennies.

    Dupont IN, Ramos OUT

    Patrice Collazo a d’ailleurs catégoriquement refusé d’évoquer la soi-disant méforme de son adversaire. « Ce sont les médias qui ont dit ça. Ça fait deux semaines qu’ils étaient dans les eaux profondes. Pour connaître un peu la maison, quand ils ferment les écoutilles et qu’ils descendent dans les eaux profondes, ça veut dire qu’ils se préparent. Heureusement, il y a des articles qui sont réapparus un peu aujourd’hui. Je vous laisse interpréter la saison de Toulouse, je n’ai pas la prétention d’interpréter. »

    Ugo Mola n’a pas laissé planer le doute trop longtemps en révélant qu’Antoine Dupont sera dans le groupe pour ce match. Il sera même titulaire aux côtés de Romain Ntamack. Seule ombre au tableau, Thomas Ramos est absent. D’après les explications de son entraîneur, il a lui-même préféré ne pas tenter le coup pour le bien de l’équipe. Blair Kinghorn le remplace au poste de numéro 15.

    Demi-finale du Top 14

    Stade Vélodrome (21h05)

    Arbitre : Pierre Brousset

    TOULOUSE : Kinghorn – Thomas, Barassi, Chocobares, Lebel – Ntamack, Dupont – Roumat, Willis (cap.), Cros – Meafou, Brennan – Merkler, Mauvaka, Neti

    RACING : James – Manu, Fickou, Tuisova, Spring – Gibert, Carbonneau – Hughes, Manyarara, Baudonne – Taofifenua, Hill – Bamba, Tarrit, Gogichashvili

    Plusieurs animations à travers la ville

    Marseille se met, le temps d’un week-end, au rythme du rugby. Des animations liées à la discipline sont prévues dans les prochains jours sur le Vieux-Port et sur le parvis du stade Vélodrome. De nombreuses activités et initiations sont au programme, avec entrée gratuite pour tous, fans de rugby ou non.

    Un village éphémère a été installé, face à la mer, en partenariat avec plusieurs sponsors du Top 14 et de la Ligue Nationale de Rugby. Une « Sensory Room » a également été mise en place au Vélodrome et sera destinée à des personnes souffrant de troubles sensoriels, cognitifs ou neurodéveloppementaux. 28 personnes suivront les matches en audiodescription, pour une immersion totale.

  • Les agents ne veulent pas faire les frais des coupes budgétaires

    Les agents ne veulent pas faire les frais des coupes budgétaires

    Les organisations syndicales de la Métropole Aix-Marseille avaient déjà alerté face à la copie budgétaire présentée par la chambre régionale des comptes, jeudi 11 juin. En adoptant les 91 millions d’euros d’économies dans le fonctionnement de l’intercommunalité préconisées par les magistrats financiers pour arrêter le budget de l’institution sous tutelle depuis le mois d’avril, le préfet de région n’a fait que confirmer leurs craintes.

    « À la fin, nous le savons bien, les seuls qui devront faire des efforts, ce sera nous, constate ainsi, ce jeudi, le syndicat CGT des agents de la Métropole. Leur seule proposition semble être de nous imposer des sacrifices, tel que réduire la médecine de prévention, comme si cela ne posait de problème à personne. » En déplorant qu’en un mois, « aucun élu n’a même évoqué notre existence ». Au total, ce sont pourtant 4,5 millions d’euros d’économies qui ciblent directement les agents, que ce soit en gelant remplacements et recrutements, en réduisant les heures supplémentaires et le complément indemnitaire annuel (CIA) ou en sabrant dans la médecine du travail. « Une ligne rouge à ne surtout pas franchir », déplorait, mercredi, le syndicat FO de la Ville et de la Métropole. « Il n’est pas question de faire des économies sur le dos des agents qui payent déjà cash la facture des choix politiques de l’État ! », dénonce l’organisation, qui rappelle que des grilles salariales commencent sous le Smic. Tandis que les magistrats financiers justifiaient les coupes dans la médecine du travail « au regard de l’exécution moyenne de cet article les trois années précédentes », le syndicat les juge « hors-sol », en particulier après avoir demandé un renforcement des visites de prévention après trois décès prématurés d’agents, qui avaient suscité une vive émotion. « Aucun agent contractuel occupant un emploi permanent ne sera licencié dans le cadre des mesures budgétaires annoncées, aucun acquis social ne sera rogné cette année », veut tempérer la FSU. Tout en reconnaissant que « les interrogations demeurent concernant les recrutements, le remplacement des départs, les moyens des services et l’avenir des missions ».

    Inquiétude sur la gratuité

    Parmi ces missions, la CGT Métropole appelle déjà à « défendre la culture, les sports, les compétences que nous exerçons avec professionnalisme ». Mais le syndicat dénonce aussi le choix du préfet de retirer 53 millions d’euros aux attributions de compensations reversées aux communes pour compenser l’ancienne taxe professionnelle. Rappelant qu’elles sont versées aux territoires qui accueillaient l’industrie « sacrifiant parfois la santé de leur population au nom du développement économique ». À contre-courant de la FSU qui refuse « une Métropole qui renoncerait à son ambition de solidarité territoriale ».

    Enfin, si l’union syndicale des retraités CGT se réjouit de voir la gratuité des transports maintenue, « elle est toujours largement menacée », reconnaît-elle, s’opposant à la refonte des tarifs proposée par la présidente (DVG) de la RTM Samia Ghali.

  • Investisseur béton pour Fibre Excellence

    Investisseur béton pour Fibre Excellence

    Face aux grandes cheminées de l’usine Fibre Excellence de Tarascon, dont presque plus aucune fumée ne sort depuis le placement en redressement judiciaire de l’entreprise de pâte à papier, fin avril par le tribunal de commerce de Toulouse, une bonne partie des plus de 300 salariés étaient présents avec le sourire, ce jeudi 18 juin. Et pour cause, ils ont appris l’entrée, ce mercredi, d’un investisseur de taille dans l’unique offre de reprise : Matthieu Pigasse.

    En conséquence, l’audience devant le tribunal de commerce, qui devait statuer sur l’avenir de la structure et était initialement prévue le mercredi 17 juin, a été reportée au 6 juillet, le temps d’étoffer le dossier. L’entreprise risquait notamment la liquidation judiciaire après le retrait de son actionnaire principal indonésien, il y a bientôt deux mois.

    La plupart des salariés ont ainsi suivi en visioconférence la conférence de presse organisée sur l’autre site de l’entreprise, à Saint-Gaudens, en Haute-Garonne, en présence de la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, et de la présidente du conseil régional d’Occitanie, Carole Delga (PS). Depuis le parking de l’usine, une télévision avait été installée pour l’occasion. Les élus locaux et les représentants syndicaux, quant à eux, ont suivi l’événement depuis le réfectoire de l’entreprise.

    « Il y a 48 heures, on a appris qu’un investisseur français allait essayer de sauver 10 700 emplois directs et indirects. Le ministre avait des réserves avant, car les investisseurs étaient Indonésiens. Maintenant que c’est un Français, il faut y aller. C’est une très bonne chose pour nous, mais le combat n’est pas fini. Si ça se réalise, c’est comme si le père Noël était passé en juin », se réjouit, sous les applaudissements, Laurent Quinto, salarié du site de Tarascon et représentant de la Filpac-CGT. « Il ne faut plus traîner », lance de son côté Florent Bertaud, secrétaire FO du site. Il dénonce le « blocage du gouvernement » qui selon lui « a l’entière responsabilité » de la situation, tout en appelant à « passer par une nationalisation temporaire si nécessaire ». « Ce matin, on a la banane avec cette petite lueur d’espoir », conclut Frédéric Sanchez, représentant de la CFDT, qui donne rendez-vous le 6 juillet. En espérant une bonne nouvelle.

    Table ronde

    L’occasion, également, pour les responsables politiques de réaffirmer leur soutien. Si les Régions Occitanie et Sud ont mis la main à la poche (lire ci-dessous), les différents maires et présidents d’intercommunalités alentour rappellent l’importance de Fibre Excellence pour le territoire. Le maire d’extrême droite de Tarascon, Alexandre Ducouret (RN), n’a pas été convié à la conférence de presse, la CGT rappelant son opposition aux idées de son parti. L’édile aurait menacé de porter plainte avant de publier un communiqué sur les réseaux sociaux de la commune.

    C’est son prédécesseur et vice-président du conseil départemental des Bouches-du-Rhône, Lucien Limousin (DVD), qui a pu s’exprimer aux côtés des maires d’Arles et de Maussane-les-Alpilles. « L’intersyndicale réalise quelque chose d’énorme. On espère que l’État va se réveiller », lance-t-il.

    « On ne peut pas claironner haut et fort être en faveur de la réindustrialisation de la France et ne pas s’occuper des sites industriels », abonde l’édile arlésien Patrick de Carolis (Horizons), avec l’approbation de ses voisins. Comme la plupart des acteurs autour de la table, il attend une position claire de l’État sur l’avenir du site, alors que de nombreuses lettres adressées aux ministères sont restées sans réponse jusqu’ici. « Le plus important, c’est le rapport de force que vous avez su créer. C’est vous les experts de l’outil de travail et la suite doit être créée avec vous. C’est pour cela qu’il faut désormais impérativement organiser une table ronde », plaide Camille Di Falco, attaché parlementaire du sénateur communiste des Bouches-du-Rhône Jérémy Bacchi, qui n’a pas pu être présent ce jeudi.

    Après ces moments intenses, place au barbecue, avec merguez et saucisses sous le barnum installé à côté du parking à motos. Un moment de répit après des mois de stress. « Une petite heure de décompression qui va faire du bien à tout le monde », lance joyeusement au micro Laurent Quinto.

    Le rôle déterminant des Régions

    Pour sauver Fibre Excellence, Région Occitanie comme Région Sud ont « mouillé le maillot », confie Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT. Et pour cause : elles appuient à hauteur de 8 millions d’euros (5 pour Occitanie, 3 pour Sud) l’unique offre de reprise présentée par la direction actuelle de Fibre Excellence. « Sa disparition serait la signature de l’arrêt de mort pour nos territoires », a expliqué Cyril Juglaret, représentant du président (Ren.) de Région Sud, Renaud Muselier, ce mercredi. Avant de se réjouir : « On va rentrer au capital, c’est exceptionnel ! ». Quand Carole Delga, présidente (PS) de Région Occitanie, a souligné avoir « remué ciel et terre » dans la recherche d’un investisseur et avoir « pensé à Matthieu Pigasse ». « La France a besoin de cette production, il y a un débouché, un marché pour la pâte à papier », a-t-elle martelé. A.B.

    TÉMOIGNAGES DE SALARIÉS DE FIBRE EXCELLENCE

    Philippe Verdiere, Opérateur service régénération

    « J’ai grandi ici et j’ai toujours connu l’usine. Même si elle a connu des périodes de bien et de moins bien, il y a beaucoup de peur liée à la précarité de la situation. Pas mal d’entre nous étaient au chômage partiel. Ça fait mal au niveau du salaire et, pour certains, c’était dur de joindre les deux bouts. Cette bonne nouvelle nous donne un espoir qu’on était en train de perdre.

    Cette possible issue favorable, c’est un coup de boost. »

    Martine Barbier, Comptable

    « C’est une société importante et on aimerait tous qu’elle reste en vie. Il y a quand même 600 salariés concernés. Il faut que l’État réagisse. Je suis fatiguée après des mois de «ça va fermer» et de «ça ne va pas fermer». Et encore plus avec les collègues mis au chômage partiel. Cela fait très bizarre de se promener dans une si grande entreprise, où nous sommes généralement très nombreux, et qui est désormais quasiment vide. On se sent seuls. »

    Muriel Sanchez, Assistante de direction

    « Je travaille ici depuis 30 ans, depuis l’obtention de mes diplômes. Quasiment toute ma famille y travaille et j’y ai même rencontré mon époux.

    À l’annonce de la mise au chômage partiel, j’ai mis quinze jours à m’en remettre.

    Et là, je ressens enfin une lueur d’espoir et je croise les doigts, car une fermeture ferait énormément de malheureux. Toute cette solidarité que l’on voit permet en tout cas d’y croire. »

    Recueillis par M.S.