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  • Le tourisme varois veut s’étendre et diversifier sa clientèle

    Le tourisme varois veut s’étendre et diversifier sa clientèle

    C’était une première amenée à devenir un rendez-vous annuel. Les Assises du tourisme du Var se sont tenues jeudi à l’hôtel du Département, à l’initiative de l’agence Var Tourisme. Environ 230 acteurs locaux et nationaux, issus des collectivités et du domaine touristique, se sont donné rendez-vous pour une journée organisée autour de quatre tables rondes thématiques.

    Celles-ci ont permis de rappeler les priorités et d’ouvrir les perspectives à venir. Et une volonté revient souvent : « aller plus loin ». Notamment dans le développement d’une clientèle quatre saisons, pour laquelle Var Tourisme a mis en place « une stratégie depuis 2023, qui paye sur le printemps et l’automne », développe Guillaume Décard, son président, qui indique que ce résultat est lié « à la clientèle internationale, qui a plus de pouvoir d’achat que la clientèle française ».

    « Les Varois savent qu’en été, on prête le Var »

    Et Var Tourisme ne compte pas s’arrêter là : après être parvenu à consolider la clientèle européenne de proximité (Italie, Grande-Bretagne, Autriche et Pologne plus récemment), elle s’attaque désormais à la Scandinavie et aux États-Unis, dans un élan « d’augmentation considérable du tourisme américain dans le Var », ajoute Guillaume Décard.

    Et ce développement passe par la diversification de l’offre. Pour ce faire, l’accent doit être mis sur « le Var des terres », où « l’authenticité est beaucoup plus forte ». Dans cette optique, le tourisme mémoriel a notamment été usité dans le cadre des 80 ans du débarquement de Provence, et l’agritourisme apparaît désormais comme la perspective d’avenir. « En un an et demi, nous sommes devenus département pilote auprès d’Atout France [agence de développement touristique nationale, Ndlr] », souligne le président de Var Tourisme. Un domaine vecteur d’emplois et « intégré dans le dispositif Var insertion emploi », ajoute Jean-Louis Masson, qui certifie que « l’offre dépasse même la demande ». Et pour loger les saisonniers, question mise sur la table par plusieurs candidats aux élections municipales, le président du conseil départemental propose de généraliser la mise à disposition des résidences étudiantes durant l’été. Une solution qui paraît limitée, puisque seuls les bassins toulonnais et fréjusiens disposent de telles infrastructures.

    Et le tourisme engendre aussi une augmentation des prix, et parfois des situations difficiles à vivre pour les locaux. « Nous sommes la première destination de France à avoir mené une étude anthropologique pour abolir les croyances limitantes sur le tourisme », indique Martine Felio, directrice générale de Var Tourisme, qui affirme que « les entretiens montrent que les Varois savent qu’en été, on prête le Var ». Un panier de consommation témoin est par ailleurs utilisé pour surveiller l’augmentation des prix dans un contexte déjà inflationniste.

  • Les sauveteurs font visiter leur nouveau canot aux Nauticales

    Les sauveteurs font visiter leur nouveau canot aux Nauticales

    Entre les voiliers et les bateaux à moteur gris ou blancs, l’orange éclatant du bateau de la Société nationale des sauveteurs en mer (SNSM) se démarque dans le nouveau port de La Ciotat. À l’occasion du salon des Nauticales, du 14 au 19 avril, la SNSM de La Ciotat a amarré son nouveau canot de sauvetage pour le faire découvrir aux curieux.

    Sur le pont, quelques bénévoles, en gilet orange attendent que des badauds montent pour leur faire visiter l’embarcation. Parmi eux, Eric Delort, bénévole depuis tout juste deux ans, explique avec le sourire le fonctionnement de ce nouveau canot « tout récent et monté en France », insiste-t-il. Sur le pont, il présente l’écope qui permet de remonter les personnes dans l’eau, ainsi que les câbles qui servent à tracter les embarcations en difficulté.

    Après le poste de navigation, et de secourisme, c’est la salle des machines que les bénévoles font découvrir en descendant dans la cale du bateau. En bas, des vivres et de quoi s’allonger pour pouvoir tenir plusieurs jours : « Parce qu’on sait quand on part mais on ne sait jamais vraiment pour combien de temps », précise Eric Delort.

    Créée en 1967, la SNSM est une association de sauvetage, composée de secouristes bénévoles, qui intervient sur le littoral et en haute mer. « Si on est missionné par la préfecture, on peut intervenir jusqu’à 50 miles nautiques [92,6 kilomètres], explique Philippe Bisson, président de la station SNSM de La Ciotat. Quand l’alarme est donnée, on a 15 minutes pour être prêt à partir en mer. »

    Composée de 35 bénévoles, c’est principalement l’été que la station ciotadenne est active. « 80% de nos sauvetages ont lieu de mai à septembre », précise Philippe Bisson. Et les volontaires viennent d’horizons différents.

    Des sauveteurs bénévoles

    « Je prends toutes les bonnes volontés, à condition de pouvoir être au canot en 15 minutes. Mais s’ils n’ont jamais navigué, on les forme, insiste le président. Dans un premier temps, les gens passent trois mois, reconnaissent un petit peu la station, les gens. Puis il y a deux, trois formations obligatoires régionales et nationales comme une de premiers secours.»

    En face du bateau, les secouristes vendent des tee-shirts, des affiches et des sacs à l’effigie de l’association. « Le but c’est de renflouer un peu les caisses de l’association, car 70% du financement de la SNSM sont des dons. »

  • Créer un jardin en mer pour les poulpes

    Créer un jardin en mer pour les poulpes

    « À la fois outil de protection et objet de séduction pour attirer les femelles, la cabane des poulpes est un sujet d’étude passionnant », explique Christian Qui se remémorant la chanson des Beatles Octopus’s Garden, qui déjà, en 1970 parlait de façon poétique d’un jardin des poulpes. Plus pragmatique, les pêcheurs en Méditerranée utilisent des pots pour les pêcher. Les poulpes qui s’accrochent à leur maison se retrouvent ainsi embarqués. Les pécheurs locaux confirment l’existence de coquillages, nacres objets brillants et pacotille devant les demeures créant des habitats et des jardins.

    Dans le cadre du dispositif Cordées de la réussite à l’École centrale Méditerranée, l’association Échanges phocéens accompagne les collégiens et les lycéens toute l’année. Emma et Alexandre étudiants, tutorants bénévoles aident des élèves à réussir leur scolarité. Des sorties et activités culturelles sont aussi proposées dans ce cadre. 36 élèves ont choisi de suivre ce stage qui a pour finalité de créer des pots en céramique peints et émaillés destinés à être déposés au large de Marseille, autour des îles du Frioul. « Nous avions rendez-vous ce matin à Castellane, et pas un seul étudiant ne manquait à l’appel pour partir à Luminy », souligne Monira Allaoui chargée de mission ouverture sociale à Centrale.

    Un projet collaboratif

    Daniela Banaru, maître de conférences à l’Institut méditerranéen d’océanologie (MIO) et spécialiste du poulpe, a ouvert jeudi grand les portes du laboratoire pour parler avec eux de ce céphalopode, qu’elle n’hésite pas à qualifier de « plus intelligent des mollusques ». Projections au tableau, présentation du poulpe dans des bocaux remplis d’alcool, différenciation entre espèces, anecdotes. Les questions fusent sur cet être marin passionnant pourvu de neuf cerveaux. « Je suis le dispositif depuis la quatrième. J’adore, ça me permet de sortir et d’apprendre des choses », confie Ghofrane 16 ans visiblement ravie. Pour réaliser et cuire les 40 pots à poulpes, il a fallu mobiliser tout le savoir-faire de Samuele Perraro, céramiste marseillais. « Nous nous sommes inspirés des noix de coco, et pour le trou sur le sommet, on s’est dit que le poulpe verrait mieux arriver le prédateur », explique Christian Qui.

    Vendredi, est le dernier jour de stage. Il démarre par une visite du marché aux poissons sur le port, en espérant découvrir l’animal vivant. Ensuite direction le bateau pour se rendre au Frioul. « Pour bon nombre de ces petits Marseillais, ce sera une première. Ils sont tous hyper motivés, c’est vraiment cool de pouvoir leur offrir ça », confie Emma jeune tutorante.

  • L’A7 fermée au nord de Marseille ce week-end

    L’A7 fermée au nord de Marseille ce week-end

    Cette interruption exceptionnelle de la circulation, durant 36 heures sur cette portion, vise à permettre des travaux lourds sur deux ouvrages de franchissement situés chemin des Bourrely et chemin de l’Hermitage, au nord de Marseille. Selon la préfecture des Bouches-du-Rhône, des diagnostics techniques ont mis au jour des dégradations structurelles importantes : fissures traversantes des poutres, éclats de béton, armatures apparentes et affaiblissement de la capacité portante des tabliers. En l’absence d’intervention, la sécurité des usagers pourrait être compromise.

    Trafic redirigé

    L’opération est pilotée par la Métropole Aix-Marseille‑Provence, en coordination avec la Direction interdépartementale des routes Méditerranée (Dirmed). Elle s’inscrit dans le cadre d’un chantier dit « coup de poing », concentré sur un week-end afin de « réduire la durée globale des perturbations sur cet axe stratégique ».

    Durant la fermeture, le trafic de transit sera prioritairement redirigé vers les autoroutes A55 et A50 afin de contourner Marseille sans emprunter l’A7. Les autorités appellent les usagers à anticiper leurs déplacements, à différer les trajets non indispensables et à privilégier les transports en commun, en particulier le train. Les conditions de circulation seront relayées en temps réel sur Radio Vinci Autoroutes (107.7) et via la signalisation dynamique.

    Un second week-end de fermeture, sur le même périmètre, est d’ores et déjà prévu du 12 au 14 juin prochain.

  • Un plan de sauvegarde en septembre pour les Rosiers

    Un plan de sauvegarde en septembre pour les Rosiers

    Quatre mois après la validation du Conseil d’État et la publication des décrets qualifiant d’intérêt national quatre opérations de requalification de copropriétés dégradées (notre édition du 29/12/2025), c’est un pas supplémentaire qui vient d’être franchi pour redonner de la dignité aux plus des 3 000 habitants des ensembles des Rosiers et du Super Belvédère, dans le 14e arrondissement de Marseille. Le 3 avril, à la demande de la Métropole Aix-Marseille, la préfecture de région a mis en place les commissions chargées de préparer les plans de sauvegarde de ces copropriétés dégradées, associant les habitants aux pouvoirs publics. Dans la foulée, l’établissement public foncier (EPF) Paca, chargé de piloter les quatre opérations d’intérêt national (Orcod-IN), a lancé vendredi les marchés publics pour rédiger les documents qui piloteront à la fois les lourds chantiers de rénovation (environ 600 millions d’euros sont prévues pour les quatre Orcod-IN) et l’accompagnement des résidents. De quoi pouvoir lancer, dès septembre, les premiers travaux d’urgence avec la signature du plan de sauvegarde. « Nous voulions que ça aille rapidement », confirme l’ex-vice-président (LR) au logement David Ytier. Avant deux ans d’études, et un chantier qui pourra s’étaler sur cinq ans.

    Marchands de sommeil

    L’urgence est bien connue. Le cahier des charges établi par l’EPF dresse un état des lieux détaillé de ces deux ensembles voisins, 723 logements répartis dans neuf bâtiments pour les Rosiers, « l’une des copropriétés les plus dégradées de Marseille », auxquels s’ajoutent 160 logements dans les petits immeubles du Super Belvédère.

    « Depuis une vingtaine d’années, la copropriété des Rosiers est entrée dans une spirale de dégradation », introduit l’EPF qui décrit les risques de chute de blocs de béton, les infiltrations d’eau depuis les toitures, les risques d’incendie depuis les gaines électriques, l’affaissement du sol, les fuites des canalisations, les ascenseurs vétustes, le manque d’isolation… S’y ajoute la « présence d’humidité dans quasiment tous les logements, amplifiée par la présence de ménages en suroccupation », des « nuisibles en abondance ». Et les trafics qui se sont installés. Alors les propriétaires occupants sont partis, ne représentant plus que 8% des habitants. « Des propriétaires bailleurs, profitant de l’effondrement des valeurs immobilières et de taux de rentabilité élevés les ont remplacés », explique l’EPF. Les multi-propriétaires représentent 54% des copropriétaires, avec parmi eux, de nombreux marchands de sommeil pointe son état des lieux. De quoi accélérer la chute, alors que les impayés, à hauteur de 1,4 million d’euros, représentent 107% du budget annuel, auxquels il faut ajouter 600 000 euros de dette auprès des fournisseurs. Un premier plan de sauvegarde avait été lancé entre 2001 et 2006. Le deuxième, entre 2006 et 2008, a échoué. « Quand on confie un plan de sauvegarde à un syndic qui ne fonctionne pas et contient en son sein un nombre de marchands de sommeil important, il ne peut pas fonctionner », pointe la maire (DVG) des 13e et 14e arrondissements, Tina Biard-Sansonetti. En 2024, la justice avait débouté la Métropole qui voulait nommer un administrateur judiciaire. Alors que deux syndics se sont succédé depuis 2017, elle a finalement réussi à en nommer un le 24 novembre dernier, tandis que l’EPF, après avoir freiné, s’est vu confier une enveloppe de 2 millions d’euros pour préempter les biens. « Une dizaine de lots ont à ce jour été préemptés par l’EPF », indique l’établissement.

    « L’activation du plan de sauvegarde en septembre est une bonne nouvelle, la puissance publique va pouvoir intervenir pour faire les travaux d’urgence », se réjouit désormais la maire des 13-14, qui espère voir débloqués rapidement les crédits de l’agence nationale de l’habitat (Anah), que devra réclamer l’administrateur provisoire. « L’enveloppe budgétaire du plan de sauvegarde ne peut pas être déterminée à ce stade », précise cependant l’EPF. Les études devront se pencher sur les volets techniques, financier, social, juridique, avec l’objectif de scissionner la copropriété.

    Aménager le quartier

    « Au-delà de la bataille sur les Orcod-IN, la Ville depuis cinq ans intervient de manière globale sur ce site pour porter un projet d’ensemble », précise aussi Tina Biard-Sansonetti. Le dernier conseil municipal du mandat avait notamment ouvert la voie pour transformer l’ancien Casino en halle sportive et culturelle. De quoi espérer redonner de la dignité pour ces habitants en grande précarité, « pour qui les Rosiers constituent la seule voie d’accès possible au logement », rappelle l’EPF.

  • Les coopératives de distribution de la presse sous tension

    Les coopératives de distribution de la presse sous tension

    Dans un communiqué commun, CPMM, la coopérative de distribution de la presse qui rayonne sur les Bouches-du-Rhône, une partie du Var et du Vaucluse, et son homologue lyonnaise, Oyé distribution alertent sur l’attitude des éditeurs de presse, des messageries et des pouvoirs publics qui restent sourds à leurs propositions pour consolider la filière.

    « Malgré nos propositions de revoir la rémunération et d’intégrer de nouvelles activités de livraison du dernier kilomètre pour que les dépôts puissent vivre de leur travail, celles-ci n’ont pas été retenues. Au contraire la seule réponse apportée est la casse sociale en demandant aux deux coopératives de supprimer des emplois sans que cela ne règle quoi que ce soit, pire cela conduit à une dégradation de l’accès à la presse partout et pour tous », explique un communiqué du SGLCE-CGT des deux entreprises.

    « À quoi servent ces fonds publics ? »

    « Les salariés du Livre CGT de ces deux coopératives portent un tout autre projet basé sur un niveau de rémunération suffisant et des synergies à trouver avec d’autres services de livraison d’intérêt général pour assurer la mission afin de maintenir l’objectif de la loi Bichet à savoir la diffusion du pluralisme des idées partout sur tout le territoire », poursuit le communiqué.

    Et de s’interroger : « Pour les cinq prochaines années ce n’est pourtant pas moins de 107,5 millions d’euros d’argent public qui seront directement versés aux éditeurs de titres IPG quotidiens ou hebdomadaires. Pour 2026 l’aide à la distribution passant même de 18 à 22,4 millions d’euros. À quoi servent ces fonds publics s’ils ne vont pas irriguer les outils de distribution qui en assument la mission par délégation ? »

    La section distribution du SGLCE-CGT avec les salariés des deux coopératives CPMM et Oyé Distribution, déterminés à conserver leur activité et leurs emplois ont décidé de se mobiliser. Ils ont ainsi ralenti les titres magazines dans la nuit de mercredi à jeudi.

    Une manière de sonner l’alerte et de montrer leur détermination à préserver la filière et les emplois nécessaires à son fonctionnement.

  • Déjà 31 affaires traitées en six mois par la cellule anticorruption du parquet de Marseille

    Déjà 31 affaires traitées en six mois par la cellule anticorruption du parquet de Marseille

    « La cellule anticorruption a vocation à regrouper les dossiers de corruption et d’atteinte à la probité pour avoir une vision transversale et panoramique, assurer un traitement centralisé pour mettre en œuvre des stratégies face à l’infiltration et la pénétration du crime organisé », pose solidement le procureur de la République de Marseille, Nicolas Bessonne, qui a dévoilé hier les premiers résultats de cette « COC » créée il y a six mois, le 1er octobre 2025.

    « Détecter et poursuivre » sont les pivots de cette cellule qui traite tous les corps de métier impactés par un phénomène corruptif en expansion : agents pénitentiaires, policiers, militaires, gendarmes, auxiliaires de justice, avocats, notaires, opérateurs privés à des postes stratégiques, dockers, agents de sécurité, élus, agents publics « jusqu’aux personnels des services judiciaires car nous ne sommes pas épargnés », se désole le procureur dont la cellule a lancé plusieurs enquêtes flash pour des levées de doute rapides. Si les signalements abondent chaque semaine, il n’y a pas toujours au bout des infractions. « On imagine le pire et on trouve de l’incompétence, une erreur de bonne foi, du je-m’en-foutisme, l’absence de tout repère professionnel », observe aussi le procureur.

    « On est très fortement impactés à Marseille »

    « Jusqu’alors on s’arrêtait à l’écume des choses, la face émergée de l’iceberg, que sont les violations de secrets, les consultations de fichiers, les remises illicites d’objets, l’objectif de cette cellule est d‘aller au-delà. » La montée en puissance a été rapide. Partant d’un portefeuille de 17 dossiers récupérés dans différents services, la cellule est montée à 31 dossiers. Le stock actuel est de 28 dossiers, trois dossiers ayant été clôturés : un classement sans suite, une condamnation d’un policier syndicaliste marseillais corrompu (La Marseillaise du 3 avril) et un transfert à la Jirs.

    « On est très fortement impacté par le phénomène à Marseille », reconnaît le procureur qui passe en revue les cas : un élu dont il ne dira rien, deux auxiliaires de justice, six agents des services judiciaires, neuf affaires impliquant des agents pénitentiaires et treize affaires concernant des policiers. Les infractions vont du détournement de fichiers à la corruption passive, de la participation à association de malfaiteurs à la violation du secret professionnel ou de l’instruction. Deux dossiers vont bientôt toucher la barre de la 6e chambre correctionnelle.

    Cartographie des risques

    Une problématique généralisée se dégage sur des recrutements rapides sans enquête sérieuse de moralité, mais surtout la consultation de fichiers avec détournement de données. « C’est un vrai sujet qui impose des réflexions au niveau de l’administration centrale sur la traçabilité, les contrôles aléatoires surtout dans une société totalement numérisée. L’inspection des services judiciaires et l’Agence française anticorruption sont venues la semaine dernière cartographier les risques et les points de fragilités. On attend un retour de cet audit sur les failles de sécurité », explique Nicolas Bessone.

    Cette cellule a pour mérite de redresser des pratiques. Le président du tribunal judiciaire s’est emparé du sujet de l’accès des agents du tribunal aux différents fichiers d’État. La directrice de greffe a procédé à un audit et une remise à plat des droits d’accès des agents, droits qui finissaient par rester ouverts après des mutations internes.

    « Désormais chaque agent du tribunal qui ouvre son ordinateur voit une fenêtre s’ouvrir l’avertissant qu’il traite des données sensibles qui ne doivent faire l’objet d‘aucunes compromissions et dont on pourra vérifier l’utilisation irrégulière », observe le procureur. « La multiplication en quelques années des applicatifs et des fichiers a amélioré le fonctionnement des services mais il a aussi banalisé l’importance des fichiers », note Jean-Yves Lourgouilloux, le vice-procureur chargé de la grande délinquance économique et financière.

  • Kem One sommé d’agir contre l’amiante

    Kem One sommé d’agir contre l’amiante

    « Pour nous, on a gagné une bataille. Mais pas la guerre. » Leur guerre, aux syndicalistes CGT de l’usine pétrochimique Kem One, sur la plateforme de Lavéra, c’est celle contre l’amiante et ses dégâts sur la santé comme l’envisage le délégué syndical CGT Geoffrey Del Baldo.

    Le comité social et économique (CSE) du 2 avril a marqué un tournant dans la lutte des syndicalistes pour leur sécurité et leur santé au travail. Une motion adoptée par l’ensemble des élus du personnel, moins une abstention, ouvre la voie à une nouvelle politique de prévention, et des actes. Cette motion que La Marseillaise a pu consulter fait part de « la plus grande inquiétude des élus quant à l’absence d’une politique structurée, documentée et effective de prévention du risque amiante sur le site », en violation du Code du travail selon les auteurs, « exposant directement la santé et la vie des travailleurs à un risque cancérogène avéré ». Plus précisément, les syndicats au travers de leur motion mettent en cause un « traitement superficiel et non conforme au cadre réglementaire du risque amiante » dans le document unique d’évaluation des risques professionnels de l’entreprise, ainsi que l’absence d’évaluation spécifique des unités de travail exposées à des agents chimiques dangereux présents sur le site.

    « Aucune prévention »

    De même, « les élus ont constaté l’absence totale d’une politique cohérente, documentée et effective de prévention du risque amiante sur le site avant 2019 », jugeant les actions entreprises depuis « largement sous dimensionnées et insuffisantes face aux risques et expositions avérés ». Soit des procédures de repérages avant travaux sur des installations anciennes « non systématiques », des interventions sans repérage, l’absence de plan de retrait ou de confinement lorsque des matériaux amiantés sont identifiés, l’absence de formation et la « défaillance du suivi médical » spécifiques pour les travailleurs exposés.

    C’est dans ce contexte que la direction du site Kem One de Lavéra est mise en demeure par les élus du CSE de prendre une somme de mesures selon un échéancier de 0 à 24 mois, en y associant le Service de santé au travail. Parmi les mesures immédiates exigées, la formation généralisée des personnels et la création d’une commission des expositions. À court terme, de 3 à 12 mois, de cartographier l’ensemble du site par zone, bâtiment et service de manière matérialisée, de fournir « un état des lieux complet et documenté du risque amiante sur le site ». Plus encore, la mise en place du suivi médical renforcé pour tous les travailleurs exposés, en lien avec la médecine du travail et en établissant les fiches d’exposition individuelles, de manière rétroactive.

    Pour Geoffrey Del Baldo, cette « victoire » réside dans le fait de « contraindre la direction dans la durée » par le suivi des mesures prises par le CSE. « Ce n’est que le début, nous resterons exigeants », promet le délégué syndical CGT. En perspective, la demande de reclassement des installations comme site amianté, initiée par la CGT, qui permettrait de prétendre au préjudice d’anxiété des travailleurs exposés ainsi que le départ à la retraite anticipé sous conditions. « Même si demain le dossier de reclassement n’aboutit pas, nous aurons déjà obtenu quelque chose pour la santé des salariés à long terme », conclut Geoffrey Del Baldo. Alors que le futur du groupe Kem One s’assombrit avec le départ annoncé du fonds Apollo propriétaire, la lutte syndicale offre encore des espoirs à l’horizon. Contactée, la direction n’a pas donné suite à nos sollicitations.

  • [Entretien] Benoît Thomassin : « L’objectif est de rouvrir des lits en psychiatrie »

    [Entretien] Benoît Thomassin : « L’objectif est de rouvrir des lits en psychiatrie »

    La Marseillaise : L’hôpital est en proie à des difficultés de recrutement de médecins, ce qui avait conduit à la fermeture de l’unité la Nef il y a un an. Sur le site de l’hôpital 32 offres restent à pourvoir. Où en est-on ?

    Benoît Thomassin : L’établissement comme beaucoup dans la psychiatrie, a des difficultés à attirer les médecins et à pouvoir les fidéliser. Sur l’hôpital aujourd’hui on a 67 équivalents temps plein de médecins, ce qui fait 81% de postes pourvus. Mais on a une difficulté sur le pôle littoral où des postes de médecins seniors, c’est-à-dire des praticiens hospitaliers ou des hospitaliers contractuels, restent vacants. Seuls 38% sont pourvus. On accueille des internes ou des praticiens diplômés étrangers qui s’ajoutent également. On essaie de renforcer les équipes de façon pérenne. Il y a eu la fermeture de la Nef faute d’effectifs médicaux, mais on met tout en œuvre pour avancer dans les recrutements de médecins. Selon les maquettes de l’hôpital, il n’y a pas de problème de sous-effectifs parmi les postes de soignants.

    Les syndicats CGT, FO et SUD ont interpellé les élus qui siègent au conseil de surveillance, inquiets d’une éventuelle suppression d’unités externes du pôle littoral Nord situées dans les 15e et 16e arrondissements. Est-ce une option envisagée par le comité de direction ?

    B.T. : Nous comprenons les inquiétudes des personnels car il y a eu des fermetures par le passé. Mais en conseil de surveillance, nous n’avons pas présenté de tel projet. On n’est pas dans cette idée. Aucune démarche n’a été engagée par la direction en ce sens. Édouard-Toulouse dispose de huit pôles avec une quarantaine de structures extrahospitalières dans le nord et le centre-ville de Marseille pour répondre à ses missions de soins, pour une offre de proximité. L’objectif est de rouvrir des lits en psychiatrie. On va essayer de regagner les 25 lits qui ont été supprimés lors de la fermeture de la Nef. C’est pour cela que nous avons besoin d’effectifs. Ce n’est pas un problème financier, car l’Agence régionale de santé nous soutient dans cette démarche. Ce que nous privilégions c’est qu’il n’y ait pas de rupture dans le parcours de soins du patient. Et ce parcours ne se passe pas uniquement dans les unités d’hospitalisation.

    Face au manque de médecins, pour éviter les fermetures, on se réorganise, mais on le fait dans le calme, dans le temps, dans le respect des instances médicales et non médicales des représentants des personnels de l’établissement. Il faut pouvoir garantir la sécurité des soins et en améliorer la qualité de prise en charge des patients. On étudie comment travailler différemment. Il était convenu qu’on travaille avec un comité de pilotage élargi. Et que ce comité produise un diagnostic sur l’état de la population, les critères démographiques, les évolutions des dernières années, les besoins d’accès à l’offre de soins en santé mentale.

    La psychiatrie est un secteur difficile. Comment regagner en attractivité ?

    B.T. : On met en avant ce que fait l’établissement qui est à la pointe de la politique de ce qui se fait en zéro contention. On organise des journées de référence sur le territoire. Les salaires sont encadrés dans la fonction hospitalière et il s’agit de ne pas créer de déséquilibre dans les équipes donc nous travaillons à l’amélioration des conditions de travail, nous sommes attentifs au projet personnel. Nous comptons aussi sur des appuis extérieurs avec des postes partagés.

    Dimanche 12 avril, un infirmier a été agressé au couteau par un patient qui avait des problèmes d’addiction aux stupéfiants et qui avait fait l’objet d’une hospitalisation sous contrainte. Ce type d’hospitalisation représente-t-il la majorité des occupations de lits ?

    B.T. : Il y a des problématiques qui sont prégnantes et qui ne sont pas spécifiques à cet hôpital, ni à Marseille. Et il y a plusieurs modalités d’accès à l’hospitalisation psychiatrique parmi lesquelles les prises en charge sous contraintes, soit à la demande d’un tiers, souvent la famille, soit à la demande du représentant de l’État. Aujourd’hui, sur les trois pôles de psychiatrie adultes il y a 45% de journées en soins libres et 55% sous contrainte. En fonction des secteurs, il y a des pôles qui sont plus sous contrainte que d’autres. Ce sont des patients sur lesquels il y a des risques. Il n’y a pas de risque zéro. Nous devons réexaminer comment les réduire tout en garantissant l’accompagnement du patient dans les soins et la protection des soignants. Une de nos difficultés c’est que l’hôpital est un milieu ouvert. Mais c’est aussi nécessaire car c’est un lieu de soins.

    Quelles mesures ont été prises ?

    B.T. : Le médecin ainsi que l’administrateur d’astreinte se sont rendus sur les lieux de l’agression pour aider à la gestion de la situation de crise et accompagner les professionnels. Le centre hospitalier accompagnera l’infirmier touché dans l’exercice de ses missions et s’associe à la plainte déposée le 13 avril. Un accompagnement individuel et collectif a été engagé pour les professionnels et les patients et se poursuivra sur un temps assez long car les répercussions peuvent être à moyen ou long termes. Ensuite, nous ferons un retour d’expérience pour évaluer les pratiques et travailler à la réduction des risques avec le service qualité et gestion des risques.

    Des investissements sont-ils prévus sur le bâti ?

    B.T. : D’importants travaux de rénovation ont déjà été entrepris depuis quelques années sur l’ensemble de nos pôles. Ce sont entre 8 et 10 millions d’euros qui sont ainsi investis sur un budget de 80 millions. C’est un des hôpitaux qui investit le plus dans son patrimoine.

  • Condamnés pour guets-apens homophobes

    Condamnés pour guets-apens homophobes

    Triste télescopage d’actualité à caractère homophobe ce jeudi après-midi au tribunal judiciaire d’Avignon. « C’est effarant », glisse-t-on, perplexe, au parquet à la vue de ces affaires. En comparution immédiate, trois personnes étaient prévenues pour avoir, le 30 mars dernier à Bédarrides, volé le véhicule de la victime dans le cadre d’un rendez-vous fixé sur une application de rencontres pour homosexuels. Si l’affaire a été renvoyée, les faits sont qualifiés de vol avec violences, commis en raison de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre de la victime.

    Une caractéristique que l’on retrouve dans une autre affaire, qui a occupé les débats pendant 3h30. D’abord présentés en comparution immédiate le 23 février dernier, trois prévenus étaient jugés ce jeudi, dont deux, les frères Ayoub et Kaysse A., avaient depuis été placés en détention provisoire. Un aspect qui a permis à l’audience de se tenir, malgré la nouvelle demande de renvoi par les avocats en grève. « Le délai d’expiration de la détention est proche », justifie la présidente Céline Simitian. Les deux frères étaient poursuivis pour « violences aggravées suivies d’incapacité n’excédant pas 8 jours » et « extorsion commise en raison de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre de la victime ». À leur côté, Mohamed K., connu au collège, comparaissait sous contrôle judiciaire avec des faits finalement requalifiée en complicité, uniquement sur l’une des trois agressions pour lesquelles l’affaire est jugée.

    Le 8 janvier à Vedène puis, deux fois, le 31 janvier à Avignon, Ayoub (20 ans) et Kaysse A. (19 ans) sont suspectés d’avoir organisé des guets-apens contre des personnes homosexuelles rencontrées sur l’application Romeo. Mohamed K. (20 ans) est uniquement présenté comme étant l’auteur d’une vidéo du 31 janvier. Seulement deux des trois victimes se sont constituées parties civiles et une seule était représentée à l’audience par son avocate, Me Christelle Elineau-Yannakis. « Mon client a honte et il est terrorisé à l’idée des représailles », fait-elle valoir.

    Après avoir délibéré pendant près d’une heure, le tribunal a reconnu coupable Ayoub et Kaysse A. les condamnant à la même peine de 4 ans de prison, 2 ferme et 2 de sursis probatoire avec notamment obligation de soins et de travail [leurs parents ont présenté des promesses d’embauche]. Mohamed K, échappe, lui, au mandat de dépôt malgré une peine de 6 mois ferme, aménageable sous bracelet électronique. Il est condamné à 18 mois de prison dont 12 de sursis probatoire. Le fait qu’il soit scolarisé et « n’ait été qu’un intermittent du spectacle qui a reconnu sa présence », selon son avocat Jalil-Henri Amar, a joué en sa faveur. La procureure, Cécile Charrière, avait requis une peine commune aux deux frères de 5 ans de prison dont 1 an de sursis probatoire et de 3 ans dont 1 an de sursis probatoire pour Mohamed K. « Comparer l’homosexualité à la pédophilie, c’est insoutenable, je ne pensais pas que c’était encore possible en 2026 », pointe la procureure.

    « Sale pédé », des vidéos accablantes diffusées

    Car c’est là le cœur de l’affaire, utiliser un faux profil sur un site de rencontres et tendre un piège ensuite à la victime qui est molestée par plusieurs personnes cagoulées. « Sale pédé », entend-on dans plusieurs vidéos diffusées à l’audience. En garde à vue, Ayoub A a déclaré que « tous les pédés sont des pédophiles » et qu’ils « devraient être en prison comme dans d’autres pays ». Ce jeudi devant le tribunal, le mutisme règne. Considérés comme pénalement responsables de leurs actes par une expertise psy, Ayoub est bien en peine d’expliquer ces gestes. Tantôt dans le déni, les dénégations de propos en garde à vue, ou préférant « garder le silence », il est souvent à peine audible et multiplie les « je sais pas », aux questions de la présidente. Son frère est un peu plus loquace mais tout aussi confus sur les circonstances qui les ont poussées « à s’ériger en justiciers envers des gens qui n’ont rien fait d’autre que d’être différent de vous », selon l’expression de la présidente.

    À tour de rôle, la fratrie explique s’être nourrie des réseaux sociaux et de vidéos où des policiers américains piègent des pédophiles. « Ils font partie de la meute mais ne sont pas les chefs de bande », plaide en défense Isabelle Cuilleret, rejetant sur les réseaux sociaux le mauvais rôle. Très loin du cas vauclusien où aucune preuve de pédophilie n’existe sur les victimes et « surtout vous n’êtes pas policiers, formés et autorisés à agir », appuie Céline Simitian. Du bout des lèvres, les accusés tentent une tardive prise de conscience. « Je n’ai rien contre les homos, ce n’est pas bien ce qu’on a fait », confesse Ayoub. Tous ont dix jours pour faire appel.

    CHIFFRES

    186

    C’est le nombre d’agressions physiques LGBTIphobes en France, rapporté à l’association SOS Homophobie, dans son rapport pour l’année 2025. 67% des victimes sont des hommes, suivi de 15% pour les femmes puis 8% pour les femmes trans.

    66%

    C’est le pourcentage d’agressions qui relèvent des « coups et blessures ». Pour les autres types, d’agressions, c’est 16% de « crachats et jets d’objets», 8% d’agressions sexuelles ou encore 4% de viol ou tentative de viol.

    6/10

    SOS Homophobie note que 6 fois sur 10, l’agresseur est un homme ou un groupe d’hommes. D’où l’analyse de l’association : « Agresser les personnes LGBTI semble être l’apanage des hommes ».