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  • Le patron de la CFE-CGC d’Orange dénonce les décisions de sa direction

    Le patron de la CFE-CGC d’Orange dénonce les décisions de sa direction

    Des erreurs de gestion manifestes, au détriment des salariés… En visite à Marseille ce mardi 28 avril, Sébastien Crozier, président du syndicat CFE-CGC d’Orange, est revenu notamment sur la situation de l’entreprise à Saint-Mauront (3e), site que la direction a finalement décidé de fermer en partie, suite aux alertes successives du syndicat sur la sécurité. Rappelant les « rixes [malgré] les démentis de la préfète de police déléguée, puis les tirs sur les fenêtres du bâtiment », il estime qu’il s’agit néanmoins d’un « site pérenne techniquement » puisqu’il permet l’arrivée de câbles sous -marin.

    « On ne peut pas faire une valorisation immobilière comme à Nédelec », analyse le responsable syndical, précisant que depuis le départ, son organisation estimait que Saint-Mauront n’était pas un bon choix pour rapatrier quelque 800 salariés.

    Des décisions de loin

    Convenant qu’Orange a perdu son ancrage dans le quartier, supprimant notamment les « journées de convivialité et portes ouvertes (…) au nom de la réduction des coûts », il estime toujours possible d’y créer de l’emploi local en rapatriant des centres d’appels délocalisés « en Tunisie ou à Maurice ». Il déplore un « immense gâchis et l’absence de vision », en raison de décisions prises depuis Lyon ou Paris alors que Marseille est en train « d’exploser en compétences ».

    Le rachat de SFR par Orange, Free et Bouyges l’inquiète aussi grandement. « Pas moins de 8 000 emplois vont sauter » évalue-t-il.

  • Quand les départements misent sur les cyclistes

    Quand les départements misent sur les cyclistes

    Depuis 2022, l’Hérault est labellisé « Terre d’excellence cycliste » par la Fédération française de cyclisme. Et pour cause, en comptant la trentaine de boucles cyclables, les voies vertes et les routes départementales à faible trafic, le département compte environ 4 000 kilomètres d’itinéraires cyclables. « La spécificité de l’Hérault est que le territoire offre à la fois des cols à plus de 1 000 mètres, la mer et le milieu lagunaire, explique Élodie Fonteneau, chargée des mobilités décarbonées et du vélotourisme au sein d’Hérault tourisme. Il y en a pour tous les goûts. Les boucles sont donc classées en termes de difficulté. » De son côté, Marie Doutremepuich, cheffe de service tourisme au Département, explique que de nombreux équipements sont mis en place sur le territoire pour favoriser ce mode de tourisme, tels que des stations de gonflage ou des kits de réparation. « Hérault tourisme travaille aussi au déploiement du label “accueil vélo”, ajoute-t-elle. Celui-ci garantit par exemple que des professionnels de l’hébergement ou des restaurateurs réservent un accueil de qualité aux cyclotouristes. Nous en avons déjà 339 sur le territoire. »

    « L’enjeu d’investir dans tous ces équipements est évidemment de décarboner les mobilités touristiques, continue Marie Doutremepuich. Mais il y a aussi un enjeu économique, puisqu’un touriste à vélo dépense davantage sur le territoire, c’est-à-dire environ 68 euros par jour et par personne, contre 55 euros pour un touriste lambda. »

    Le Gard investit lui aussi sur le développement du cyclotourisme : en février 2026, le Conseil départemental a inauguré un nouveau tronçon de la voie verte qui relie désormais le Pont d’Espeyran (commune de Saint-Gilles) au Port de Gallician (commune de Vauvert). Un équipement qui s’inscrit dans l’ambition européenne de la véloroute ViaRhôna, qui reliera, à terme, le lac Léman à la Méditerranée, en traversant le Gard.

  • Relance de la LEO à Avignon : le préfet reste prudent

    Relance de la LEO à Avignon : le préfet reste prudent

    Il y a deux semaines, Olivier Galzi était à Paris pour défendre la cause de la liaison Est-Ouest (LEO), aujourd’hui en phase de clôture par les services de l’État. Le nouveau maire (DVD) d’Avignon et président du Grand Avignon entend réaliser la phase 2 (Rognonas – carrefour de l’Amandier) telle que prévue et s’en est ouvert auprès de Philippe Tabarot, ministre des Transports. « La donne politique a changé, on suppose que l’on va rouvrir le dossier mais il est trop tôt pour dire sous quelles conditions », commente le préfet de Vaucluse, interrogé ce mardi matin. En décembre, ce dernier indiquait avoir enclenché le dossier de clôture du projet de contournement routier sud d’Avignon, où seule 1 tranche sur 3 a été livrée il y a 15 ans. « Le dossier est sur le bureau du ministre, s’il constate un consensus politique qui n’existait pas il y a un an, il n’y a pas de raison de le signer », fait valoir le préfet.

    Toutefois, les partisans du projet ne doivent pas s’emballer alors que, de nouveau, des opposants se font entendre (élus écologistes, association de sauvegarde de la ceinture verte). Un prochain comité de pilotage doit se réunir sans encore d’échéance calendaire. Il y a un an, l’État avait proposé un projet revisité de la phase 2 pour rester sur le coût initial autour de 170 millions d’euros alors que la facture grimpait désormais à 300 millions d’euros. « Il reprend le même trajet, cadre juridique et 90% des fonctionnalités », assure le préfet. Mais au lieu d’une 2×2 voies comme sur la phase 1 (Courtine-Rognonas), la LEO serait une simple 2×1 voies sans aspect autoroutier avec donc croisements, feux rouges… « Des études doivent être poursuivies pour voir si le projet peut aboutir ce qui n’est pas gagné d’avance », prévient Thierry Suquet, moins inquiet, en revanche, sur le financement : « Il faudra aller chercher l’argent dans un prochain contrat de plan. » Laissant entendre que si les crédits initiaux prévus ont été réorientés, de nouveaux pourraient abonder.

  • Des gens du voyage expulsés de leur aire d’accueil à Manosque

    Des gens du voyage expulsés de leur aire d’accueil à Manosque

    Un important dispositif policier a été déployé mardi matin pour expulser les gens du voyage résidant dans des caravanes sur une parcelle du quartier de la Loubière à Manosque, occupé depuis plusieurs mois. Le maire de Manosque, Camille Galtier (DVD), demandait son évacuation sans relâche. Il avait fait fermer la déchetterie mitoyenne depuis le 23 janvier en vue de l’expulsion. Le campement avait été au cœur du débat pendant les élections municipales, le candidat UDR-RN proposant d’aller à la rencontre des habitants du terrain communal.

    La Ville de Manosque et DLVAgglo (Durance Luberon Verdon Agglomération) avaient saisi le tribunal administratif et le tribunal judiciaire pour
    « faire cesser l’occupation illicite de plusieurs parcelles situées à la Loubière », le 12 janvier. C’est une de ces parcelles qui a été évacuée mardi matin par des policiers et des CRS.

    « À la demande du maire de Manosque, l’État a prêté son concours à l’exécution de la décision du président du tribunal judiciaire de Digne-les-Bains rendue le 29 janvier 2026 ordonnant l’expulsion des occupants sans droit ni titre du terrain appartenant à la commune », a expliqué la préfecture dans un communiqué diffusé mardi. « Cette occupation illicite s’était progressivement développée dans des conditions précaires, insalubres et dangereuses, notamment en raison de branchements électriques sauvages », précise-t-elle.

    Une aire d’accueil

    pour 90 jours seulement

    « En amont de l’intervention, les effectifs de la circonscription de police nationale de Manosque s’étaient présentés à plusieurs reprises sur le site afin d’avertir les occupants de l’imminence de leur expulsion et de les inviter à quitter les lieux », ajoute la préfecture. Les habitants n’étaient ainsi pas sur place au moment de l’expulsion.

    « Cette situation d’occupation illicite était inacceptable pour l’ensemble des citoyens qui respectent les lois de la République », a lancé en réaction le maire de Manosque, Camille Galtier. « La ville de Manosque tient à rappeler qu’elle reste en attente de la décision du Conseil d’État concernant la parcelle CB 37 suite aux décisions contradictoires du tribunal judiciaire et tribunal administratif. Une fois l’expulsion actée par le Conseil d’État, le même processus sera engagé par la Ville de Manosque », a-t-il ajouté. Les gens du voyage sont autorisés à rester seulement 90 jours maximum sur ce type d’aires d’accueil permanentes. « Une aire permanente est dite permanente dans sa fonction d’accueil, mais elle est destinée aux gens du voyage de passage. Elle n’a ni pour vocation ni pour finalité d’offrir des terrains publics viabilisés à des populations sédentarisées. Accepter une telle interprétation reviendrait à détourner l’esprit même du schéma départemental d’accueil et à créer une distorsion manifeste d’équité au détriment des contribuables manosquins », affirment la DLVA et la Ville de Manosque.

    La Ligue des droits de l’Homme 04 appelait, elle, à créer une nouvelle aire permanente pour régulariser la situation.

  • À la manœuvre, le RN a du mal à donner un véritable cap à la ville

    À la manœuvre, le RN a du mal à donner un véritable cap à la ville

    Aucune surprise dans le budget primitif présenté ce mardi étant donné la proximité du débat d’orientation budgétaire qui a eu lieu il y a quelques semaines à peine. L’opposition de gauche Alternative progressiste a tout de même essayé de lever quelques lièvres et rectifier des propos erronés énoncés par le maire d’extrême droite Dorian Munoz.

    Stéphane Sacco (GRS), a donc tenu, pour commencer, à apporter quelques éclaircissements, en rappelant que contrairement à ce qu’a affirmé lors des précédents conseils municipaux le premier magistrat, « le contexte budgétaire a profondément évolué, grâce notamment au travail engagé au cours des deux mandatures de gauche ». Et de préciser : « Aujourd’hui, la situation financière de la commune est nettement assainie : l’endettement représente environ 8,3 années, contre près de 100 ans en 2008. » Un horizon éclairci qui aurait dû permettre, selon lui, une politique d’investissement qui réponde aux besoins des habitants. Contrairement à celle timorée dans laquelle le Rassemblement national engage la deuxième ville du Var sous couvert de prudence contrainte.

    Budget de « transition »

    S’agissant du tissu associatif, interroge-t-il ensuite, « quels critères ont été retenus pour l’attribution ou l’évolution des subventions ? » La question étant de savoir si les associations de quartier, qui jouent un rôle essentiel de proximité vont être touchées par des amputations.

    Sur le fonctionnement global de la collectivité, le groupe Alternative progressiste a également souhaité connaître précisément le nombre estimé de postes non remplacés et les conséquences concrètes de ces choix sur la qualité du service public rendu aux habitants.

    Et puis connaissant le climatoscepticisme de l’extrême droite, Stéphane Sacco a demandé malicieusement quelle part réelle de ce budget est consacrée à la transition écologique ?

    Pour le chef de file de l’opposition de gauche, « ce budget montre une ambition limitée ». Et de conclure : « Il faut investir en faisant les bons choix avec une véritable vision d’avenir. »

    Le maire a répondu très sobrement que concernant les associations, la Ville est dans la continuité. « Mais comme c’est de l’argent public, on va contrôler, on va vérifier que l’argent public est bien utilisé. Pour quoi ? quand ? et pour qui ? », a-t-il précisé.

    Concernant la transition écologique, Dorian Munoz a mis en avant les 500 000 euros pour désimperméabiliser des cours d’école.

    Sinon, sur le peu d’empressement à adopter un nouveau cap pour la Ville, ce budget étant peu ou prou celui de l’équipe précédente : « C’est une question de prudence », répondra-t-il.

    Son adjointe aux finances Isabelle Delyon préfère parler, elle, d’« un budget de transition ». Pas pour autant écologique, malheureusement.

  • [Entretien] Hélène di Vita-Danchesi : « Rétablir une mixité des offres d’habitat à Aubagne »

    [Entretien] Hélène di Vita-Danchesi : « Rétablir une mixité des offres d’habitat à Aubagne »

    La Marseillaise : Vous êtes encore en plein diagnostic de la crise du logement à Aubagne. Qu’en est-il ?

    Hélène di Vita-Danchesi : En 2025, sur les 11 425 demandes de logement social, seulement 222 ont fait suite. Cela correspond à un taux de 1,94% d’attributions. C’est une goutte d’eau dans les besoins d’habitation à Aubagne. Les demandes augmentent, alors même que l’on constate une diminution des offres entre 2023 et 2025. Freiner la production des logements sociaux au profit de la construction de logements privés dans la commune était une volonté politique, portée par la précédente municipalité, que nous ne partageons pas. Ainsi, nous prévoyons de rétablir une mixité dans les offres d’habitat à Aubagne. Nous allons aussi nous concentrer sur certains logements du centre-ville, là où de nombreux locataires vivent dans des appartements dégradés, négligés par leurs propriétaires.

    Comment comptez-vous agir ?

    H.V.-D. : Nous nous opposerons à la vente, et à la privatisation des logements sociaux. À ce sujet, nous avons prévu de rencontrer prochainement les bailleurs sociaux afin d’en discuter ainsi qu’évoquer les projets à venir face à cette demande croissante. Par ailleurs, nous mettrons en place plusieurs dispositifs pour permettre à tous les ménages d’accéder à des logements dignes. Nous voulons instaurer le permis de louer et l’encadrement des loyers. Le propriétaire privé qui mettra en location un logement devra le signaler à un service qui vérifiera l’état du bien avant de le proposer sur le marché. Sans oublier un programme de rénovation urbaine. Actuellement, dans le vieux Aubagne, 28 procédures de sécurité sont lancées sur des appartements qui se dégradent. Nous avons lancé une étude et programmerons les opérations nécessaires quant à la rénovation des habitats. Évidemment, le tout en conservant l’identité provençale d’Aubagne, particulièrement importante pour le maire.

    Nicolas Isnard, maire de Salon-de-Provence est arrivé, mardi 7 avril,
    à la tête de la Métropole Aix-Marseille-Provence. Qu’attendez-vous des six années d’action à venir sur le territoire
     ?

    H.V.-D. : La Métropole a son rôle à jouer au niveau des communes autour d’Aubagne, qui ne respectent pas les nombres de logements sociaux légaux, et préfèrent payer des amendes plutôt que de respecter les taux requis. Je pense notamment aux 11 communes du Pays d’Aubagne qui ont reçu des pénalités financières cette année encore. Plus de 600 logements manquants à Auriol et Roquevaire, près de 300 à Roquefort-la-Bédoule. C’est une situation qui doit faire partie des priorités de la Métropole. Nous espérons une politique locale, qui s’adresse à tous les habitants, et ne laisse personne à l’écart, avec notamment un soutien de tous les maires quant à la gratuité des transports dans la région.

    Quelles sont vos autres priorités
    de mandat, notamment sur l’action sociale
     ?

    H.V.-D. : Nous récupérons une ville après 12 ans de politique municipale qui ne partage pas les mêmes priorités que nous. Sur l’action sociale, nous sommes en plein constat. Nous n’avons pas encore le recul nécessaire pour enclencher des projets, mais sommes déjà conscients que certains dispositifs sont à améliorer, comme le budget du CCAS. Je me suis rendue, la semaine dernière, à l’épicerie sociale. Une trentaine de personnes dans le besoin la fréquentent chaque semaine. L’une des premières étapes pourrait être de trouver davantage de donateurs alimentaires.

    Entretien réalisé par Calypso Sadousty

  • [Mort au travail] La Mède : à Total, la lutte contre l’amiante et le benzène

    [Mort au travail] La Mède : à Total, la lutte contre l’amiante et le benzène

    « Vous êtes exposés à du benzène rien qu’en étant venu à ce rassemblement », lance Fabien Cros, secrétaire du syndicat CGT de la plateforme Total de La Mède, devant ses auditeurs massés devant l’entrée de l’ancienne raffinerie mardi matin. Le rassemblement organisé par l’union locale CGT, le syndicat de la plateforme et la branche régionale de la fédération des industries chimiques CGT (Fnic) vise à partager les différentes luttes pour la sécurité et la santé au travail en cette journée internationale dédiée. Les syndicats de Kem One Saint-Auban (04), d’Arkema Marseille et de Sanofi Sisteron (04), entre autres, ont répondu présent.

    C’est la présence du benzène, un composé réputé cancérigène, mutagène et reprotoxique (CMR) lié à la production du site qui a conduit le syndicat à attaquer son employeur par deux moyens : au pénal pour mise en danger de la vie d’autrui, et aux Prud’hommes pour le préjudice d’anxiété lié à l’exposition des travailleurs de la plateforme. « La limite à laquelle les travailleurs pouvaient être exposés en 2000 à mon début de carrière était de 1 ppm », resitue Fabien Cros. « Aujourd’hui on est à 0,2 ppm grâce à la pression mise par nos syndicats et nos avocats. Pourtant le benzène n’a pas d’effet de seuil, en respirer une ou 100 fois ne fait pas de différence », dans les risques d’après le syndicaliste. « Cela démontre que ce seuil est politique et non médical (…) Nous voulons que le benzène soit reconnu au même titre que l’amiante », insiste-t-il.

    Son camarade Ludovic Veyret, délégué CGT Sanofi Sisteron, illustre le problème : « On met des casquettes des chaussures de sécurité, mais on nous laisse respirer des trucs et se démerder pour laver nos vêtements. »

    L’avocate du cabinet TTLA Julie Andreu suit ces sujets. « Les expositions perdurent et la prévention n’est pas là : pas de repérage avant travaux ni diagnostics » pour l’amiante. Les procédures judiciaires visent « une juste réparation et reconnaissance des conditions de travail » selon l’avocate. « Les pathologies se déclarant 20 à 40 ans après exposition, l’employeur ne sera peut-être plus là ou pourra dire que c’est faute d’hygiène de vie », relate-t-elle, « c’est pour ça qu’il faut agir avant d’être malade pour prouver qu’il y a eu exposition si demain vous l’êtes ».

    C’est le combat mené avec la CGT dans les industries de la région.

  • [Mort au travail] À Avignon, le drame de Bagnols en exemple

    [Mort au travail] À Avignon, le drame de Bagnols en exemple

    Le décès de Calvin, jeune de 15 ans, le vendredi 17 avril dernier à Bagnols-sur-Cèze après avoir été percuté par un engin de chantier lors d’un stage, était dans toutes les têtes ce mardi 28 avril lors de la mobilisation pour la journée mondiale pour la sécurité et la santé au travail à Avignon.

    Une cinquantaine de personnes se sont ainsi rassemblées à l’appel de la CGT sur le parvis de la gare centre. « Juste à côté de chez nous, c’est un gamin de 15 ans qui a perdu la vie. Nos vies valent plus que leurs profits. Notre santé ne se négocie pas », lance lors d’une prise de parole Jérémy Caillé, délégué CGT à Eurenco et membre du bureau de l’Union départementale. « Il y a un problème d’encadrement dans de nombreux cas. Il y a des responsables sécurité, mais ils ne sont plus sur le terrain et pensent que les plans de prévention sont systématiquement appliqués à la lettre, ce qui n’est pas le cas. Et on se retrouve parfois avec des minots de 14 ou 15 ans qui se promènent en usine sans savoir quoi faire et surtout sans surveillance », abonde Rémy, syndiqué CGT et employé à la carrière de Mazan par le groupe Siniat.

    Plus globalement, les manifestants observent et font part de procédés douteux chez certains de leurs employeurs, souvent de grands groupes. « Dans l’industrie, il y a beaucoup de tâches accidentogènes ou qui provoquent des troubles musculo-squelettiques. Au lieu de s’améliorer et de régler le tir, beaucoup de patrons sous-traitent, avec des normes qui sont moins respectées pour aller plus vite. Et on perd la visibilité sur d’éventuels cas d’accidents après », pointe à nouveau Rémy.

    Risques psychosociaux

    Dans son discours, Jérémy Caillé a également voulu « briser un autre silence », à savoir celui des risques psychosociaux. « Un fléau qui tue et mutile chaque jour davantage. Ils explosent dans les entrepôts logistiques chronométrés, dans les open spaces en restructuration permanente ou dans les services publics exsangues », expose-t-il, avant d’énumérer les différentes demandes du syndicat au niveau national. Comme par exemple le rétablissement des commissions santé, sécurité et conditions de travail (CHSCT) et des instances de proximité avec des prérogatives nouvelles, le doublement des effectifs de l’inspection du travail et des services de prévention, ou encore une politique pénale sévère contre les employeurs responsables d’accidents graves.

    Était également présent le Collectif Amiante Pays des Sorgues. Ceux-ci regrettent la mise en place d’un timbre à 50 euros pour saisir la justice. « On refuse que la justice devienne un service payant, c’est une régression sociale », clame Guy de Zordi, nouveau président de la structure.

  • Les Provençaux, mauvais élèves de la vaccination

    Les Provençaux, mauvais élèves de la vaccination

    « Nous voulons rappeler à toute la population de Provence-Alpes-Côte d’Azur que la vaccination est l’une des plus grandes avancées en termes de santé publique. » Alors que la semaine européenne de la vaccination a débuté lundi, le directeur général de l’Agence régionale de santé (ARS) de Paca, Yann Bubian, a rappelé ce mardi lors d’une conférence de presse l’importance des campagnes de vaccination.

    Dans la région, comme dans le reste du territoire, la confiance envers la vaccination est élevée avec 78% des 18-79 ans qui se déclarent très ou plutôt favorables aux vaccins, contre 80% en France. Pourtant, les Provençaux se vaccinent moins que le reste des Français, notamment contre le papillomavirus ou la rougeole. En Paca, moins deux filles sur cinq de 15 ans sont vaccinées contre trois sur cinq au niveau national, par exemple. « Alors que notre région est l’une des mieux desservies en termes de professionnels de santé, nous sommes l’une des pires en termes de couverture vaccinale », se désole le directeur général de l’ARS Paca. La région a toutefois connu des améliorations sur la vaccination contre la bronchiolite chez les nourrissons et la grippe chez les adultes.

    Hésitation vaccinale

    Des retards pour la région s’expliqueraient en partie
    par l’hésitation vaccinale. « Certaines personnes ont envie de se vacciner, mais ne sont pas sûres. Il faut donc un moment avec des professionnels de la santé qui les rassurent », explique Olivier Reilhes, directeur de la santé publique et environnementale à l’ARS Paca.

    Des hésitations en partie dues à la circulation de fausses informations au sujet des vaccins. Face à ces réticences, l’ARS souhaite mieux former les professionnels de santé, avec le développement d’un pacte anti désinformation. Cet outil permettra aux soignants de connaître les différentes théories qui existent pour mieux y répondre. La vaccination est également rendue difficile par l’éloignement de certaines populations du système de santé. Face à cette réalité, l’ARS mène donc des initiatives d’aller vers, où ce sont les acteurs de la santé qui vont à la rencontre des populations et non l’inverse.

    Des campagnes de vaccinations ont également été déployées dans plus de 400 collèges de la région, afin d’augmenter la couverture vaccinale contre le papillomavirus notamment, responsable de certains cancers. « Bien que les résultats restent en deçà de nos attentes, ces initiatives ont permis d’augmenter le nombre de filles et de garçons vaccinés », insiste Lauriane Ramalli, épidémiologiste chez Santé publique France. « Il faut donc que l’on continue à mobiliser pour faire mieux », conclut Olivier Reilhes.

  • Marseille : 25, rue du Camas, l’adresse clé pour 18 logements sociaux

    Marseille : 25, rue du Camas, l’adresse clé pour 18 logements sociaux

    Préemptée il y a deux ans et demi par l’Établissement public foncier Paca et cédée pour la même somme de 950 000 euros à la Société française des habitations économiques (SFHE), la parcelle de 344m2 située à l’angle des rues du Camas et Jaubert (5e) va passer après deux décennies d’abandon de l’artisanat de la serrurerie à l’habitat social.

    Cette offre sociale clé en main est la bienvenue dans un arrondissement qui affiche le faible taux de 8,3% de logements locatifs sociaux (chiffre 2024) contre 21,8% en moyenne pour l’ensemble de la ville quand l’objectif légal est de 25%. « Le projet répond à un besoin identifié dans un secteur où l’offre de logements à prix abordable demeure insuffisante », a approuvé le service de l’urbanisme qui a délivré le permis de construire fin novembre dernier, ajoutant que ce projet « participe à la mise en œuvre des objectifs de la loi SRU et de la politique locale de l’habitat, en renforçant la mixité sociale au sein d’un arrondissement dense mais sous-doté en logement social ».

    Le rez-de-chaussée ouvert sur la rue est prévu pour accueillir un local commercial ou associatif. Les six niveaux supérieurs accueilleront 18 logements sociaux – six T2, sept T3 et cinq T4 – pour 1 455m2 de surface de plancher.

    Le lettrage « Serrurerie » conservé et restauré

    Sur la typologie des LLS, elle s’organise en 11 PLAI (destiné aux revenus les plus bas) et 8 PLUS (l’offre habituelle des organismes HLM). Le programme bénéficie d’un financement de l’État dans le cadre de la reconstitution de l’offre locative sociale Anru et de subventions de collectivités locales.

    L’intégration urbaine de l’immeuble dans l’identité architecturale du quartier doit se traduire notamment avec la pose de menuiseries en bois, des loggias et des balcons en saillies. Car le programme dessiné par l’agence marseillaise Will Architecture démolit le bâtiment existant, tout en conservant la façade de l’ancien atelier Arnoux de menuiserie métallique et de serrurerie (1988-2005), ce qui permet d’assurer une insertion cohérente dans le tissu urbain du quartier. Le lettrage « Serrurerie » en façade Sud est conservé et restauré pour témoigner de ce passé.

    Le 25 rue du Camas, ce fut aussi pour les nostalgiques qui l’ont connu l’adresse d’un squat de février 2017 jusqu’à l’expulsion en avril 2018. C’était l’antre du « Guépier », un « centre social autogéré » qui a donné à cette friche une destination culturelle et politique avec des fêtes, des repas de quartier, des ateliers d’échecs, des projections cinéma, des cours de danse, de dessin de théâtre, des ateliers de gravure et de sérigraphie, des résidences artistiques, etc.

    Pas de parking

    Une affichette apposée en façade du site par un riverain conteste la décision de la mairie d’avoir validé un permis « sans prévoir une seule place de parking » pour 18 logements, mais un local à vélo de 30 places au rez-de-chaussée.

    La Ville a en effet dérogé à l’obligation de créer 9 places de stationnement (0,5 place par logement normalement attendu) en estimant que la desserte en transports en commun était satisfaisante, le projet étant situé à moins de 500 mètres d’un arrêt de transport public régulier, le tramway et d’un arrêt de bus. Cette dérogation pour faire l’économie de creuser des parkings souterrains est contestée. Un recours a été déposé sur ce fondement, confirmait mardi l’entreprise d’habitat social.