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  • [Entretien] Natacha Malet : « Les communistes seront de toutes les mobilisations de la rentrée sociale »

    [Entretien] Natacha Malet : « Les communistes seront de toutes les mobilisations de la rentrée sociale »

    La Marseillaise : Cette année, vous prononcez le discours de rentrée du PCF 13 à la place du secrétaire fédéral, Jérémy Bacchi ?

    Natacha Malet : Jérémy s’apprête à être une deuxième fois papa, donc on a préféré collectivement assurer le fait qu’il soit potentiellement absent ce jeudi. Je suis honorée qu’il m’ait confié cette responsabilité. Après, il est normal que chacun apporte sa contribution à la réussite de cette rentrée.

    Quelle sera la teneur de ce discours ?

    N. M. : Ce sera un discours dynamique et offensif, après une période estivale compliquée. Je tire mon chapeau à tous les pompiers qui ont bravé ces incendies avec des moyens constamment en baisse, et y compris pour leurs interventions au quotidien auprès des plus précaires avec la canicule. Après on sort, nous communistes, d’un congrès national qui veut porter un communisme de conquête. Donc, même si on a mené une campagne estivale intense sur le département, on veut amplifier cela dans une rentrée qui s’annonce explosive avec un gouvernement ne prête pas cas de ce qui se passe réellement dans le pays.

    Quels sont les chantiers de cette rentrée pour le PCF ?

    N. M. : On va en avoir plusieurs dans le cadre de notre plan climat, avec une rentrée sociale dense, nous serons de toutes les mobilisations-actions en septembre : le 15, il y a la manif régionale de la santé et de l’action sociale, la fonction publique se mobilise le 29, les énergéticiens… Après on va faire ce qu’on sait le mieux faire : aller au contact des citoyens, s’approprier le terrain, les entreprises, comme on l’a fait cet été, à Haribo ou à Fibre Excellence.

    C’est un dossier sur lequel les communistes sont impliqués ?

    N. M. : On voit, plus encore aujourd’hui, que l’alerte des travailleurs a du sens. On était à leurs côtés quand le mandataire a voulu intervenir pour démanteler l’entreprise. Une entreprise Seveso avec tous les risques environnementaux que ça comporte… On était là parce qu’on ne souhaite pas que cette entreprise ferme. Il en reste deux en France et quand on parle de réindustrialisation, on ne peut pas l’accepter. Et puis, il y a aussi ce budget d’austérité qui s’annonce pendant que celui de l’armement explose. Les communistes portent des propositions, Fabien Roussel l’a clairement exprimé lors de l’université du parti à Toulouse. On veut maintenir cette dynamique, l’amplifier et renverser cette tendance à voter à l’extrême droite qui est un leurre, car elle n’a jamais porté de vraies conquêtes sociales. Pour cela on est au contact du plus grand nombre et des entreprises pour gagner ce pari en 2027.

    Comment va se dérouler le vote sur la candidature de Fabien Roussel ?

    N. M. : L’ensemble des communistes va être invité à voter pour la proposition de candidature de Fabien Roussel qui a été validée au Congrès. Le vote ouvre jeudi et se termine dimanche. Tout a été fait pour que l’ensemble des communistes, travailleurs, travailleuses, retraités puissent voter sur plusieurs jours. C’est un moment important, éminemment démocratique où l’ensemble des voix des communistes sont prises en compte. C’est inscrit dans nos statuts, on ne peut qu’en être fiers. Comme on a su le faire dans le cadre du texte de base commune.

    L’autre grand rendez-vous, c’est la Fête de l’Humanité ?

    N. M. : Parfaitement. La vente des bons de soutien s’est faite dans à peu près toutes les sections du département pour permettre au plus grand nombre de soutenir et participer. Là encore, c’est un axe fort pour montrer qu’on est sur une démarche de conquête pour enfin sortir de ce système d’économie de guerre et d’austérité qu’on vit sous Macron. La paix sera au cœur de notre démarche et de notre campagne. C’est en occupant le terrain et en organisant le débat entre nous qu’on arrivera à convaincre.

    Vous êtes optimiste ?

    N. M. : Ce n’est pas de l’optimisme. On veut gagner ces jours heureux et mettre tout le monde à contribution, en réaction, j’ai envie de dire, aux propos de David Lisnard au Medef. On veut gagner l’amélioration des conditions de travail de l’ensemble des travailleurs, y compris de nouveaux droits pour les jeunes étudiants, la retraite à 60 ans… Ce ne sont pas des slogans, c’est ce qu’on veut aller chercher. Et les communistes seront au rendez-vous dès aujourd’hui, de façon à ce qu’on puisse dynamiser les AG de rentrée dans nos sections.

  • Guerre d’hélicoptères sur le toit du Samu

    Guerre d’hélicoptères sur le toit du Samu

    Chaque jour, les hélicoptères jaunes du Samu interviennent six fois en moyenne dans la région. Mais loin des enjeux de santé publique et des vies sauvées, c’est dans les bourrasques d’une guerre commerciale que sont désormais pris les engins. Saisi par le groupe britannique Babcock, le tribunal administratif de Marseille a ainsi décidé, vendredi, de maintenir son annulation de l’appel d’offres lancé par le groupement hospitalier de territoire des Hôpitaux de Provence pour les transports sanitaires héliportés. Un marché d’un montant pouvant aller jusqu’à 104 millions d’euros sur huit ans.

    La procédure avait été lancée au mois de février dernier pour renouveler ce marché, attribué en février 2019 au groupe Babcock, dont la filiale française est installée au Cannet-des-Maures, dans le Var. Détenue par des fonds d’investissement internationaux, la société opère aujourd’hui les hélicoptères du Samu pour les centres hospitaliers de Marseille, Nice, Gap, Toulon et Avignon, à raison de 2 300 missions annuelles et un coût compris entre 11 et 13 millions d’euros par an. Le groupe avait candidaté pour poursuivre l’activité, tandis qu’une autre offre avait été déposée par le leader européen, le Savoyard SAF Hélicoptères, racheté en 2025 par des fonds d’investissement britanniques et italiens.

    Pertes économiques

    Mais, le 30 avril, le troisième acteur du secteur, Mont Blanc hélicoptères, avait réclamé l’annulation de la procédure, en reprochant des délais trop brefs pour pouvoir obtenir les cinq hélicoptères nécessaires. Certes pour le groupement hospitalier territorial, ces délais « se situent dans la moyenne haute de ceux prévus dans d’autres marchés comparables au niveau national ». Mais face à des délais de livraisons de neuf mois pour les appareils neufs, jusqu’à 36 mois pour les Airbus H145 nécessaires pour les hôpitaux de Marseille, Nice et Digne, les opérateurs ne pouvaient candidater avec de nouveaux appareils, « sauf à avoir commandé ces hélicoptères antérieurement à la procédure de passation, ce que le pouvoir adjudicateur ne peut exiger », objectait le tribunal. Alors que le 26 juin dernier, il ordonnait l’annulation de la procédure. Une décision maintenue malgré les réclamations successives de SAF Hélicoptères et Babcock France. Sans conséquence sur les secours : « Le marché actuel sera prolongé jusqu’au déploiement du nouveau marché », explique le groupement hospitalier. Le cahier des charges, lui, sera relancé prochainement, en prenant en compte les attendus du jugement.

    Cette bataille procédurale – que les trois acteurs du marché ont déjà menée sans succès à Lyon, Clermont-Ferrand, Montpellier, Brest ou Cayenne – révèle surtout les tensions du secteur. Le 7 juillet, la députée (PS) de Côte-d’Or, Océane Godard, alertait ainsi sur « un risque réel de cessation d’activité à court ou moyen terme ». « Avec l’ouverture à la concurrence, dans les années 2010, des appels d’offres fondés sur le seul critère du coût [ont] conduit à une compression durable des marges », pointait-elle dans une question écrite, alors que l’essor du marché militaire a augmenté le coût d’acquisition et d’exploitation des hélicoptères. Résultat : en 2024, SAF Hélicoptères essuyait 1,6 million d’euros de pertes, contre 6,2 millions d’euros pour Babcock France. Les équipages des hélicoptères avaient même mené une grève historique, en mai 2025, dénonçant des salaires bien inférieurs à la moyenne européenne face à la compression des coûts. « La plupart des opérateurs français sont en réalité gérés par des fonds de pension, qui s’inscrivent dans une recherche permanente de profitabilité », dénonçait un an plus tôt la Garde médicale aérienne française, s’inquiétant des conséquences sur la sécurité des vols. Elle réclamait la mise en place d’un modèle associatif sous délégation de service public pour « désamorcer une bombe qui ne saurait tarder à exploser ».

  • Fibre Excellence : à Tarascon, l’expertise des salariés sacrifiée

    Fibre Excellence : à Tarascon, l’expertise des salariés sacrifiée

    Tout se précipite autour de l’avenir de l’industrie de la pâte à papier en France. Alors que l’entreprise de Haute-Garonne du dernier fabricant français doit trouver 90 millions d’euros d’ici le 8 septembre, la présidente de Région Occitanie, Carole Delga (PS), demande à l’état d’entrer temporairement au capital (lire ci-contre) et de ne pas démanteler. Sur le site de Tarascon, liquidé fin juillet, la question de la mise en sécurité du site inquiète de plus en plus.

    À peine l’usine prise en main par le mandataire désigné par le liquidateur, que de mauvaises manipulations font craindre le pire pour l’environnement. Du côté des riziculteurs et des ostréiculteurs, on s’alarme également et justement des rejets toxiques dans le Rhône, alors que, jusque-là, l’usine rejetait de l’eau plus propre que celle qu’elle puisait. Le PCF 13 fustige : « L’état a refusé de soutenir et d’aider financièrement l’offre de reprise qui aurait pu sauver l’usine. Quant au Conseil régional Paca à majorité de droite, il n’est pas intervenu sur ce dossier, contrairement au Conseil régional d’Occitanie à majorité de gauche ». Dénonçant « une catastrophe économique, sociale et écologique », il « soutient les exigences de la CGT ». La France insoumise (FI) 13 condamne également « l’inaction de l’État » et demande « la nationalisation des deux sites ». Le maire RN de Tarascon, Alexandre Ducouret, a quant à lui vu dans ces incidents l’occasion d’un coup d’agitation en arrivant sur le site avec des pompiers.

    Mais à Tarascon, ce sont ces salariés qu’on laisse sur le carreau qui sont les mieux placés pour prévenir les dégâts. Depuis des mois qu’on leur souffle le chaud et le froid, soutenus par la CGT et FO, ils n’ont eu de cesse d’alerter sur les risques d’une fermeture bâclée et de continuer à surveiller les installations. Depuis le 28 août, on leur demande de rendre leur tablier et de transmettre en quinze jours leur expertise et leur savoir-faire sur ce site complexe pour laisser la main à une équipe de Realtec, missionnée par le liquidateur. « Même moi qui suis sur cette usine depuis 10 ans, je n’ai pas la prétention de tout connaître sur le réseau électrique », indique Jean-Michel Bulinge, délégué CGT et technicien de maintenance.

    Dernière veillée

    Il en tient pour évidence les premiers jours de délais pour cette « passation » accordés par un arrêté préfectoral d’urgence pris le 28 août au soir, suite à la situation de blocage et de crise sur le site de Fibre Excellence. Un nouveau rendez-vous en urgence le 31 août, tenu sous l’égide de la sous-préfète d’Arles, actait d’une mise en sécurité « avec une équipe hybride composée d’anciens salariés de Fibre Excellence Provence ainsi que du personnel de la société Realtec mandatée par le liquidateur. Cette organisation pourra ainsi bénéficier de la connaissance, du savoir-faire et de la compétence des anciens salariés afin d’évacuer les principaux produits et déchets sur site tout en prenant soin de l’outil industriel pour le laisser dans le meilleur état de conservation possible et favoriser la reprise d’une activité sur site ».

    Une présence de neuf personnes était requise. « Pas de quoi permettre de garantir la sécurisation lors des opérations de vidange et de nettoyage », regrettait amèrement Jean-Michel Bulinge à la sortie de la réunion. La CGT estimant également, en se reportant à une note interne de l’usine, que la présence de 24 salariés était nécessaire sur une durée de six mois.

    Dès le 1er septembre, des opérations ont été réalisées avec cette équipe mixte et devaient se poursuivre durant un mois. « En quelques heures, trois événements inquiétants se sont produits, pollution alcaline, liqueurs noires déversées dans un bac de rétention, équipements de sécurité privés d’alimentation, liste le syndicaliste. Une situation potentiellement beaucoup plus grave a été évitée grâce à la surveillance des ex-salariés. » Alors que leurs contrats prennent fin, ces derniers restent, ce 2 septembre, « en attente des résultats des courbes de déversement des produits ».

    Pour sa part, Fibre Excellence dénie toute gravité : « Un écoulement imprévu d’un effluent industriel a été intégralement contenu dans le dispositif de rétention prévu à cet effet. Environ 6 m³ ont été dirigés vers la station de traitement des effluents. Aucun rejet dans le milieu naturel ni aucune pollution n’ont été constatés ».

  • [Exclusif] La Métropole Aix-Marseille veut mettre à contribution le patronat

    [Exclusif] La Métropole Aix-Marseille veut mettre à contribution le patronat

    Au lendemain de la signature, par le préfet de région, de l’arrêté fixant le budget d’une Métropole encore sous tutelle, le président (LR) de l’intercommunalité Nicolas Isnard insistait, depuis son fief salonnais : « Plus on évite les impôts, mieux on se porte. » Mais il faut croire que l’institution se porte encore mal. Selon les documents prévisionnels du prochain conseil métropolitain, celui-ci s’apprête en effet à mettre à contribution les entreprises du territoire à hauteur de 24,5 millions d’euros supplémentaires en 2027.

    Plus de quatre mois après le refus de l’hémicycle métropolitain de voter son budget, celui-ci se réunit en effet de nouveau, jeudi 10 septembre, pour reprendre la copie budgétaire imposée par l’État après la mise sous tutelle de l’institution. En refusant la version préfectorale. Si l’essentiel des 91 millions d’euros de coupes drastiques imposées à l’intercommunalité reste inchangé dans le projet de décision budgétaire modificative, c’est bien dans la dotation de solidarité communautaire (DSC) versée aux communes qu’il est proposé de tailler à hauteur de 53 millions d’euros, là où le préfet ciblait les attributions de compensation (AC) reversées aux municipalités après la suppression de la taxe professionnelle. En clair : c’est bien Marseille qui supportera la plus grosse part de cet effort, à hauteur de 36 millions d’euros. En contrepartie, il est proposé de rétablir dès 2027 cette dotation de solidarité à son niveau initial. Surtout, conformément aux promesses de la dernière conférence des maires, la création d’un fonds de concours exceptionnel de 53 millions devrait être soumise au vote pour compenser, pour chaque commune, la baisse de la dotation de solidarité. Ainsi, ce que la Métropole retire aux communes, elle promet de le rendre intégralement, en finançant leurs investissements, ce qui lui permet d’éponger la dépense par un emprunt supplémentaire de 74 millions, d’euros selon la première maquette présentée.

    26,3 millions d’impôts

    Reste à préparer l’année à venir. Face au besoin de financement des transports, la Métropole se résout à augmenter des taxes dont le niveau était resté inchangé depuis parfois dix ans. À commencer par la cotisation foncière des entreprises, alors que l’institution fait partie de celles qui taxent le moins celles qui ont le chiffre d’affaires le plus élevé, avec un barème « globalement dégressif ». Le choix est donc fait de diminuer l’impôt pour les 74 600 entreprises dont le chiffre d’affaires est inférieur à 100 000 euros, de l’augmenter pour les 49 500 autres : de quoi rapporter 19 millions d’euros. Avec la suppression d’exonérations et la taxation des logements neufs ou vacants, le total monte à 26,3 millions d’euros de recettes fiscales supplémentaires espérées. Bien loin, cependant, d’un déficit attendu de 240 millions d’euros en 2027. Reste à savoir si l’hémicycle trouvera une majorité pour approuver ces mesures.

  • [Occitanie] Carole Delga veut une nationalisation temporaire pour Saint-Gaudens

    [Occitanie] Carole Delga veut une nationalisation temporaire pour Saint-Gaudens

    La présidente de la Région Occitanie, Carole Delga (PS), ne lâche pas le morceau pour sauver l’usine sœur de Fibre Excellence Tarascon, située à Saint-Gaudens, en Haute-Garonne. Lors d’une conférence de presse, ce mercredi, l’élue a notamment appelé l’État à procéder à une « nationalisation temporaire » pour l’aider dans sa quête d’un repreneur pour le site occitan. Le tout, alors que le tribunal de commerce de Toulouse doit se prononcer, le 8 septembre prochain, sur son avenir.

    Concrètement, Carole Delga réclame « une prise de participation de l’État pour laisser le temps à un partenariat industriel de se former ». Avant de développer : « Je demande une participation de l’État à hauteur de 15 millions d’euros en capital et en trésorerie, sachant que la Région Occitanie a prévu 13 millions d’euros ». Si elle explique que l’Aris (Agence régionale des investissements stratégiques), a déposé une offre de reprise de 90 millions d’euros, il faut encore la consolider avec l’apport d’un « investisseur étranger » qui reste à trouver.

    Avec la nationalisation temporaire, Carole Delga espère donc gagner du temps. Concernant le site de Tarascon, elle ne baisse pas les bras non plus : « Nous avons demandé à ce qu’il n’y ait pas de démantèlement de l’outil industriel de Tarascon pour qu’il puisse y avoir de nouveau un projet ».

  • À Montpellier, des étudiants « de plus en plus désemparés » pour trouver un toit

    À Montpellier, des étudiants « de plus en plus désemparés » pour trouver un toit

    Tous les ans, c’est le même casse-tête pour des jeunes de plus en plus précarisés : trouver un toit à se mettre sur la tête dans une ville, Montpellier, où quelque 80 000 étudiants prennent leurs quartiers. Malgré des semaines de recherches, ils sont nombreux toujours sans solution à l’approche de l’échéance. Les agences immobilières croulent sous les demandes et les budgets dont disposent les jeunes sont souvent bien maigres au regard des loyers pratiqués dans le parc locatif privé, par ailleurs saturé. Le public quant à lui, via les résidences universitaires du Crous, n’est en mesure d’accueillir que 10% des étudiants montpelliérains.

    Selon l’enquête annuelle du syndicat étudiant Unef publiée le 17 août, « le coût de la vie étudiante en 2026 a augmenté
    de 1,66% sur un an et de plus
    de 35% depuis l’élection d’Emmanuel Macron en 2017
     ». Une augmentation due notamment, selon le syndicat, « à la hausse du prix des loyers : 627,11 euros en moyenne par mois dans le privé, soit +2,87% sur un an et +1,04% à 426,36 euros pour une résidence du Crous ». Le loyer représente ainsi une part énorme dans le budget de ces jeunes, dont beaucoup peinent, avec ce qui leur reste, à se nourrir. « Un sur deux ne mange pas à sa faim et un tiers déclarent avoir déjà sauté des repas faute de moyens », assure le Scum (Syndicat de
    combat universitaire de Montpellier), qui distribue environ 15 000 colis alimentaires aux étudiants précaires chaque année.

    « Ça remet en question leur projet d’études »

    Dans ce contexte particulièrement tendu, certains se tournent vers des associations susceptibles de les aider dans leurs recherches, comme Habitat jeunes Montpellier qui propose des solutions d’hébergement, de restauration et d’accompagnement pour les jeunes de 16 à 29 ans. « Nous avons 9 résidences à Montpellier et Pérols, qui représentent 350 logements au total », indique le directeur de la structure, Frédéric Adell. « Nous y logeons des jeunes qui ont trouvé leur premier emploi, des alternants, des apprentis, des jeunes en parcours d’insertion professionnelle ainsi que des étudiants. » Outre ces résidences Habitat Jeunes proposant de l’hébergement direct, la Boutique logement jeunes (BLJ)* dispense une aide à la recherche de logement. « On est en première ligne pour accueillir les jeunes de moins de 30 ans à la recherche de logement. Et effectivement, depuis le mois de juin, on voit beaucoup plus d’étudiants affluer, comme chaque année. Mais chaque année, on les voit de plus en plus désemparés, parfois jusqu’à pleurer », rapporte Alexandra Schild, responsable de la BLJ. « Dans un premier temps ils essaient de répondre à des offres sur internet, ils se rendent dans des agences immobilières, mais le parc privé est saturé. Donc ils essuient des refus : soit ils ne sont pas recontactés, soit ils cumulent les visites et ne sont jamais retenus. Surtout les jeunes qui n’ont pas des garants avec des conditions de ressources importantes. Ils se retrouvent alors dans des situations de désespoir, car ça remet en question leur projet d’études. Ils viennent de loin pour quelques jours dans l’espoir de trouver un appartement, et ils se rendent compte que c’est plus compliqué que prévu. »

    Selon la responsable de la BLJ, sur Montpellier, « le loyer d’un appartement de type studio se situe entre 500 et 550 euros. Et malgré le fait que nous soyons soumis à l’encadrement des loyers, certains propriétaires ne jouent pas le jeu », déplore-t-elle. « Il y a également des résidences privées avec services qui proposent des loyers de 600 à 750 euros, complètement inaccessibles pour certains jeunes », ajoute le directeur.

    Les étudiants qui se rendent à la BLJ se voient proposer d’assister à une réunion d’information** où leur sont présentés les dispositifs existants. « Car au-delà du privé, il y a des résidences temporaires, il y a le logement social, il y a des résidences étudiantes en dehors du Crous… L’idée, c’est de leur donner le maximum d’informations ainsi que des astuces pour éviter les arnaques, qui pullulent à cette époque. Une fois qu’ils ont assisté à cette réunion collective, ils peuvent participer à des ateliers numériques***, où on va les aider à monter des dossiers », explique Alexandra Schild. Une aide précieuse pour un public qui, souvent, cherche un logement pour la première fois. « Ils n’ont pas nécessairement les codes de la recherche et font face à une urgence. »

    * 3 bis rue de la Vieille, près des Halles Castellane, en centre-ville.

    **Les vendredis à 17h et un samedi sur deux à 10h.

    *** Les après-midi de 14h à 18h. Le tout sans rendez-vous.

  • Cinq associations réclament un moratoire sur la chasse

    Cinq associations réclament un moratoire sur la chasse

    Depuis plusieurs jours, les pétitions en ligne se multiplient en Gironde, à Fontainebleau ou dans le Var pour réclamer l’arrêt de la chasse après l’été apocalyptique qui a touché l’Hexagone. L’une d’elles, « Pas de fusils sur les cendres »*, portée par un particulier, cumule déjà près de 470 000 signatures. Si elle demande que des mesures soient prises dans les zones concernées par les 116 085 hectares partis en fumée en 2026 (record absolu en France), cinq associations souhaitent aller plus loin et réclament un moratoire sur l’ensemble du territoire.

    « On peut imaginer que les populations d’animaux sauvages ont un petit peu dégringolé, voire beaucoup, puisqu’avec la canicule, les incendies et la sécheresse, elles n’ont pas augmenté pendant l’été », avance Christian Perrenot, délégué régional de l’Aspas, l’Association pour la protection des animaux sauvages. Face à cette inquiétude, l’Aspas s’est associée avec l’Aves (Agir pour le vivant et les espèces sauvages), Focale pour le sauvage, One Voice et le Pôle Grands Prédateurs pour réclamer la suspension de la chasse le temps qu’une étude sur l’état des populations sauvages soit réalisée.

    « Aujourd’hui, nous n’avons aucune information précise sur l’état de la faune, même si nous pensons qu’il y a eu de gros dégâts », prévient Christian Perrenot. « Cette étude pourrait être réalisée par les services de l’État. La DDTM [Direction départementale des territoires et de la mer] et l’OFB [Office français de la biodiversité] ont des experts qui pourraient rapidement réaliser ce travail. Selon les conclusions, il faudrait adapter la chasse. S’il y a eu zéro dégâts, il n’y a pas de raison que la chasse soit modifiée mais nous avons de gros doutes. »

    Dialogue difficile

    L’Apsas a également envoyé un courrier pour renouveler sa demande de moratoire à 45 préfectures dont celles du Gard et de l’Hérault. Pour l’heure, elle n’a reçu aucune réponse. Contactées, la préfecture du Gard indique avoir « sollicité l’Office Français de la Biodiversité pour avis » et « qu’une fois le retour de l’OFB reçu, les services de l’État analyseront les éléments et une décision sera prise ». « Un article du Code de l’environnement précise qu’à l’occasion d’événements exceptionnels, par exemple un tsunami, un tremblement de terre, des gros gels ou des canicules, la chasse peut être suspendue par les préfets pendant des périodes de 10 jours renouvelables. Les préfets pourraient donc y recourir le temps qu’une étude scientifique sérieuse soit réalisée », précise Christian Perrenot.

    Car si la chasse sera ouverte dans le Gard et l’Hérault le 13 septembre, plusieurs espèces peuvent déjà être chassées comme le sanglier, le chevreuil ou encore le renard, considéré comme une Espèce susceptible d’occasionner des dégâts (Esod). Depuis, le 21 août, la chasse est également autorisée pour le gibier d’eau comme les canards. « Avec la sécheresse, les surfaces d’eau se réduisent et les gibiers d’eau ont beaucoup moins d’espace. La chasse va donc être un massacre, car ces espèces n’ont plus que le tiers, la moitié ou le quart des étangs pour se réfugier. C’est pour cela que la LPO [Ligue pour la protection des oiseaux, Ndlr] demande que la chasse soit décalée d’un mois », s’inquiète le délégué de l’Aspas dans l’Hérault.

    Si ces organisations environnementales souhaitent ouvrir le débat au vu de la situation exceptionnelle de l’été, elles regrettent le manque d’écoute de la part de l’État. « On n’a pas eu de réponse de la part des préfectures et on ne sait pas si on en aura une. Chaque fois, on reste scotchés par la mauvaise foi des chasseurs et par une forme de quasi-soumission des pouvoirs publics à ce monde de la chasse », fustige Christian Perrenot qui invite tous les amoureux des animaux « à venir les aider à l’Aspas » et espère surtout que la pétition fasse bouger les lignes.

  • Comment rapprocher les services publics des usagers les plus éloignés ?

    Comment rapprocher les services publics des usagers les plus éloignés ?

    En 2024, la Direction interministérielle de la transformation publique (DITP) lançait un appel à manifestation d’intérêt visant à renforcer la connaissance des usagers éloignés du service public, pour leur en faciliter l’accès. Deux propositions étaient retenues : celle de l’université Rennes II et celle de l’université de Nîmes, intitulée ProCD (Proximité Confiance Distance).

    Cette dernière, restituée lors d’un colloque le 26 juin 2026 à Nîmes, s’est traduite sous la forme d’une enquête qualitative de 18 mois, menée sur deux territoires contrastés du Gard : le quartier Pissevin (QPV), en périphérie de Nîmes et la sous-préfecture rurale du Vigan, dans les Cévennes gardoises. Son originalité résidait notamment dans la mobilisation d’étudiants issus de Pissevin comme parties prenantes, afin d’avoir un accès privilégié au ressenti des habitants.

    « Nous avons réalisé 74 entretiens qualitatifs et 50 heures d’observations ethnographiques afin de mieux comprendre la relation des usagers avec leurs services publics », explique Marc Olivaux, directeur scientifique du projet ProCD. « Cela nous a permis d’analyser de nombreux éléments, dont certains corroborent nos intuitions initiales et d’autres sont assez surprenants. » Les chercheurs ont étudié les guichets France Services, qui regroupent différents services pour aider les usagers dans leurs démarches. Pilotés par l’État, ces guichets ont pour but de rapprocher le service public des citoyens, à moins de 20 ou 30 minutes de n’importe quel usager.

    « Nous avons observé que, pour être cohérent, ce maillage territorial ne peut pas se baser uniquement sur des périmètres géographiques ou administratifs, explique le chercheur. Parfois, une distance symbolique se révèle plus importante qu’une distance géographique. » L’étude démontre ainsi que pour les habitants du quartier de Pissevin, le guichet France Services le plus proche se trouve dans le quartier Valdegour. Or, ces deux quartiers sont en conflit territorial pour de nombreuses raisons, ce qui peut créer un effet repoussoir pour les usagers de Pissevin : « Ce type de distance, on ne peut pas le repérer sur une simple carte. »

    Effets pervers

    Parmi les autres éléments révélés par l’analyse, on trouve également l’impact de la dématérialisation des démarches administratives, qui ne semble pas avoir eu l’effet d’autonomisation des usagers qu’elle visait initialement. « La fracture numérique a pour conséquence de rendre certains usagers encore plus dépendants des services publics », déplore Marc Olivaux. « Pour accompagner la dématérialisation, l’État a mis en place des médiateurs numériques. Seulement, ces derniers sont voués à disparaître. » Une agente d’un guichet France Services a ainsi expliqué aux chercheurs que, comme les usagers ne reçoivent plus de courriers, ils sont parfois obligés de faire appel à ces médiateurs, notamment s’ils n’ont pas d’ordinateur. « La dématérialisation produit beaucoup d’effets pervers, poursuit le chercheur. Notamment la peur de se tromper et de ne pas pouvoir revenir en arrière. En ayant peur de perdre leur accès au droit, certains usagers vont donc préférer ne pas prendre le risque de faire les démarches. Un dispositif qui est censé rendre les gens autonomes crée ainsi du non-recours. Et ça, on peut s’en rendre compte uniquement en allant sur le terrain. »

    De leur analyse, les chercheurs de l’université de Nîmes tirent quatre axes d’amélioration : maintenir des alternatives humaines au tout-numérique ; adapter l’offre de proximité aux réalités territoriales ; améliorer la lisibilité du système d’accompagnement et prévenir les ruptures de parcours ; et enfin, reconnaître le travail relationnel des agents des services publics. Ces pistes de réflexion alimenteront le rapport actuellement en cours de rédaction, qui sera ensuite remis au délégué interministériel.

  • La Métropole instaure le permis de louer à Auriol

    La Métropole instaure le permis de louer à Auriol

    La lutte contre l’habitat indigne s’étoffe sur le territoire de la Métropole Aix-Marseille Provence, compétente en matière de politique du logement.

    Depuis mardi 1er septembre, un dispositif de permis de louer est entré en vigueur dans le centre ancien d’Auriol. Mis en place par la Métropole Aix-Marseille-Provence, il a été conçu « en lien étroit avec la municipalité », précise la Métropole dans un communiqué. Cet outil réglementaire vise à encadrer la mise en location des logements privés afin de garantir des conditions d’habitation dignes, sûres et salubres pour l’ensemble des résidents. Une décision prise face aux situations de dégradation constatées dans certains secteurs du centre ancien d’Auriol sur un périmètre ciblé. L’objectif est double : « garantir la sécurité des occupants » et « accompagner les propriétaires dans l’amélioration de leur patrimoine immobilier ». Le secteur concerné concentre près de 214 logements, dont 86 privés mis en location et 20 logements vacants depuis plus de 2 ans ; il sera désormais soumis à cette nouvelle réglementation.

  • À Fibre Excellence, déjà des incidents inquiétants

    À Fibre Excellence, déjà des incidents inquiétants

    Suite à la situation de blocage et de crise sur le site de Fibre Excellence, une réunion s’est tenue lundi soir en préfecture, où l’on précise : « L’accord trouvé lundi soir à 22h entre le liquidateur et les représentants syndicaux permet d’engager la mise en sécurité de l’usine de Tarascon avec une équipe hybride composée d’anciens salariés de Fibre Excellence Provence ainsi que du personnel de la société Realtec mandatée par le liquidateur. »

    Et de préciser : « Des opérations de vidange et de nettoyage pourront également être réalisées en s’appuyant sur les capacités internes de traitement de l’usine ». Le travail devrait se poursuivre sur un mois. Ce mardi 1er septembre, les nouvelles équipes ont démarré leur travail. Or, « plusieurs incidents se sont produits lors des interventions demandées par l’entreprise prestataire par des personnes insuffisamment formées », déplore le syndicat CGT dans un communiqué. Les salariés réitèrent leur demande d’embauche d’une quarantaine de salariés éperonnés sur le site le temps de sa mise en sécurité. Les ouvriers encore présents sur le site témoignent d’une manipulation qui « a provoqué une pollution alcaline dont une partie pourrait se déverser dans le Rhône dès ce soir ». Mais, aussi, que la réduction de la consommation électrique a « privé d’alimentation les sprinklers, destinés à la sécurité ». Et, enfin, lors d’une vidange, « 50 m3 de liqueur noire se sont déversés dans un bac de rétention ». Ce qui fait beaucoup pour une première journée de prise en main.