Author: tecnavia

  • AlgérieS, un spectacle musical aux Rotatives de « La Marseillaise »

    AlgérieS, un spectacle musical aux Rotatives de « La Marseillaise »

    Une Algérie plurielle, traversée par les influences et les musiques arabes, andalouses, séfarades, ottomanes, berbères et françaises. « C’est sur cette diversité culturelle et l’amitié entre les peuples que nous mettons l’accent », explique Serge Baroni, président des Amis de La Marseillaise.

    Et pour cela qui de mieux que ces deux musiciens, nés l’un dans la mythique casbah d’Alger et l’autre à Sidi Bel Abbès, bastion des communistes, qui revisitent un répertoire riche et varié ? « Ce spectacle est ponctué d’extraits musicaux qui ont marqué la musique populaire algérienne selon une chronologie qui fait écho aux événements historiques », précise Pierre Pradel, le président de l’Association nationale des pieds-noirs progressistes et leurs amis (ANPNPA), à l’origine de cette invitation qui a déjà fait salle comble à Toulon, à Lyon, aux Mées et au Casi des Cheminots Paca.

    Réservations fortement conseillées au 06.71.20.68.08. ou 06.89.14.42.12.

  • [Entretien] Benjamin Stora : « La crise diplomatique la plus forte depuis 1962 »

    [Entretien] Benjamin Stora : « La crise diplomatique la plus forte depuis 1962 »

    La Marseillaise : Dans quel cadre s’inscrivent les rencontres auxquelles vous participez à Marseille ?

    Benjamin Stora : Ces rencontres sont organisées par la partie française de la commission mixte des historiens français et algériens. Depuis sa mise en place en 2022, elle s’est réunie cinq fois. Puis, ses travaux se sont interrompus à cause de la crise diplomatique et politique actuelle. Le travail mémoriel de cette commission en a été la première victime, d’où l’intérêt d’essayer de maintenir un lien. L’idée est de faire le point sur l’état des travaux. Il y a quand même des historiens algériens qui sont invités, pas au nom de la commission mixte, mais à titre personnel.

    À Marseille, beaucoup gardent en mémoire la vague de crimes racistes qui avaient touché la ville en 1973 et 1974, avec pour point d’orgue, l’attentat contre le consulat d’Algérie, alors établi rue Dieudé. Une crise diplomatique s’en était suivie. Celle que l’on connaît actuellement a-t-elle dépassé son intensité ?

    B.S. : J’ai déjà évoqué les épisodes dont vous parlez dans la bande dessinée Les Algériens en France [signée avec l’illustrateur Nicolas Le Scanff et sortie en 2024 aux éditions la Découverte, Ndlr]. Mais à cette époque, il n’y avait pas eu de rappels d’ambassadeurs réciproques entre la France et l’Algérie. Or aujourd’hui, et depuis un an et demi, il n’y a plus d’ambassadeur de France en Algérie, ni d’ambassadeur d’Algérie en France. La crise diplomatique actuelle est la plus forte que l’on ait connue depuis 1962 et l’indépendance de l’Algérie.

    Plusieurs facteurs l’expliquent, parmi lesquels le récent vote de proposition de résolution portée par le RN à l’Assemblée nationale, qui remet en cause les accords de 1968. Qu’est-ce que ce vote dit de l’état du pays selon vous ?

    B.S. : Cette dernière résolution en date est très symptomatique de la dégradation, non seulement des rapports existants, mais aussi des points de vue relatifs à cette histoire générale. Les accords de 1968 avaient été prévus pour réguler le flux entre la France et l’Algérie car, suite aux accords d’Evian, il y avait une circulation libre entre les deux pays pour permettre, à la fois aux Européens d’Algérie qui sont venus nombreux après 1962, et aussi aux travailleurs algériens qui ont continué leur migration, de pouvoir venir au moment où le pays connaissait les Trente glorieuses : c’est-à-dire l’expansion économique de la France. Le pays avait besoin de bras à cette époque. Les accords de 1968 visaient à réguler ce flux en accordant une compensation aux Algériens qui n’avaient pas choisi la nationalité française : une compensation avec la carte de résidence de 10 ans et la possibilité de la migration familiale. C’étaient les conditions fixées à cette époque. Mais entre-temps, il y a eu toute une série de mesures qui ont été prises en France et qui ont restreint considérablement le champ d’application des accords de 1968. D’abord, la fermeture des frontières décidée en 1974 par Giscard d’Estaing, puis l’instauration en 1986 d’un visa pour les pays du Maghreb en général. Un durcissement des conditions d’entrée. Ensuite, il y a eu une révision de ces fameux accords par des décrets en 1993 et 94, de sorte à ce que ces accords de 1968 soient progressivement vidés de leur substance. Néanmoins, l’extrême droite française a pris cet aspect et cette question pour en faire une arme de bataille contre l’immigration algérienne en France. On n’avait pas parlé de cette histoire depuis longtemps. Et voilà que depuis quelques années, nous sommes dans une situation où les Algériens sont désignés comme étant une sorte d’ennemi principal, de l’intérieur. Le fait de dénoncer les accords de 1968 est une façon de livrer les Algériens à l’opinion publique française.

    La droite dite « républicaine » s’adonne également à ces manœuvres nauséabondes…

    B.S. : La droite traditionnelle s’est radicalisée depuis plusieurs années maintenant. Pour une partie, elle a jeté l’héritage du gaullisme qui était quand même celui de la décolonisation, pour passer sur le rivage de l’extrême droite qui, elle, était foncièrement anti-gaulliste. Il ne faut pas oublier qu’elle a voulu assassiner en 1961 et 62 le général de Gaulle. Une partie de la droite républicaine a abandonné cet héritage par souci électoraliste, peut-être, pour se joindre à cette volonté de désignation des seuls Algériens, coupables selon eux de toute une série de méfaits liés à beaucoup de stéréotypes racistes dont je ne vais pas faire l’inventaire.

    Outre la droitisation extrême de la société française, la crise diplomatique a aussi été exaltée par le soutien de la France au plan marocain sur le Sahara occidental…

    B.S. : La dégradation de ces relations est antérieure à cette histoire d’ambassadeurs. Lorsque j’avais remis mon rapport au président de la République en 2021, j’avais eu droit à des attaques très dures venant de la droite française avec des pétitions, et même des expositions contre ce rapport : de Louis Aliot à Perpignan, de Valérie Boyer avec pétition chez les LR contre le rapport, des fils et femmes de harkis avaient aussi fait pétition contre l’entrée de Gisèle Halimi au panthéon, une stèle de l’émir Abd-el Kader avait été vandalisée à Amboise… L’une des préconisations de mon rapport consistait aussi à poser des stèles pour commémorer les massacres du 17 octobre 1961 à Paris. Un climat de refus s’était déjà exprimé, notamment de la part de la droite et de l’extrême droite qui ne voulaient pas toucher au plan mémoriel, tout cela au nom du refus de ce qu’ils appellent la « repentance » : c’est-à-dire le refus de regarder en face ce passé colonial. Sauf que notre travail n’était pas un discours de repentance mais une série de mesures et actes symboliques, comme la réhabilitation de Maurice Audin assassiné en 1957. Bien avant 2024, il y avait une effervescence politique et idéologique forte d’opposition à l’établissement de relations entre l’Algérie et la France à travers, à la fois, la position française sur le Sahara occidental, mais aussi le refus des OQTF que l’Algérie ne voulait pas reprendre.

    Macron n’est-il pas le premier responsable de cette crise diplomatique, lui qui s’est volontairement laissé déborder par sa droite la plus extrême ? Hormis de timides pas comme la reconnaissance de l’assassinat par l’armée française de militants pour l’indépendance de l’Algérie comme Larbi Ben M’hidi ou Maurice Audin, le chef de l’État n’est-il pas un gardien de plus de l’imaginaire colonial français ?

    B.S. : On ne peut absolument pas dire cela car aucun chef d’État français n’est allé aussi loin que lui dans la mise en œuvre de préconisations mémorielles. Ce que l’on peut déplorer, c’est que le travail s’est interrompu car il n’y a eu ensuite pas de volontarisme dans la poursuite de cette tâche, coté Français. Mais les recommandations concernant Larbi Ben M’hidi, Ali Boumendjel, Maurice Audin, l’ouverture des archives, la réunion d’une commission sur les essais nucléaires, l’érection d’une stèle d’Abd-el Kader à Amboise, la participation du chef de l’État à la commémoration du 17 octobre 1961… Après, on ne peut pas régler le problème de 132 ans de colonisation française en Algérie, simplement par des mesures qui démarrent un processus. Le gros problème, c’est son interruption. L’objectif était pour moi de faire en sorte qu’elles soient inscrites dans les manuels scolaires en France. Ma préoccupation, c’est que toutes ces mesures prises risquent d’être détricotées par une extrême droite qui peut arriver au pouvoir dans deux ans. Mon problème est de faire en sorte que le démarrage de ce travail mémoriel ne soit pas détruit.

    « Un second souffle à un dialogue rompu »

    Dans le petit monde du Quai d’Orsay comme dans les cercles d’historiens, le constat ne fait pas de doutes : la crise diplomatique franco-algérienne actuelle est la plus aiguë jamais connue depuis 1962 et l’indépendance de l’Algérie. Portée par le RN, soutenue par ses affidés de la droite et votée à l’Assemblée nationale la semaine dernière, la proposition de résolution décriant les accords migratoires de 1968 a exalté un ressentiment colonial et raciste plus que jamais à l’œuvre dans l’Hexagone. Avec le soutien de la France au plan marocain sur le Sahara occidental, l’une des causes de cette crise diplomatique qui a également interrompu le travail d’une commission mixte d’historiens algériens et français, annoncée en 2022 par les chefs des deux États sismographes. Pour regarder le passé colonial en face. Certains de ces historiens se réunissent du 12 au 14 novembre à Marseille pour poursuivre tant bien que mal leurs travaux et tenter de redonner un second souffle à un dialogue rompu. Au prix de la seule chose qui vaille : des débats qui s’appuient sur les réalités de l’histoire et des préconisations pour apaiser une mémoire sans cesse bafouée.

  • Un dialogue à nourrir

    Un dialogue à nourrir

    Lors de la séance d’ouverture de la nouvelle législature en juin 2022, le doyen de l’Assemblée nationale, le député d’Allauch d’extrême droite, José Gonzalez, avait fait l’apologie de l’Algérie française, en mettant en scène son déracinement…

    Trois ans plus tard,
    son groupe politique,
    le Rassemblement national, a réussi à faire voter d’une courte voix -pour la première fois dans l’histoire- un texte non contraignant remettant en cause l’accord franco-algérien de 1968. Avec le soutien des groupes de droite…

    à qui profite la crise actuelle entre l’Algérie et la France ?

    Des rapports pacifiés

    La réponse est là, sous nos yeux. Aux tenants de la haine et de la rancune tenace, qui font de chaque Algérien un ennemi. Comme l’OAS en son temps. Cette crise ne date pas d’hier, rappelle à juste titre l’historien Benjamin Stora. Du soutien au Maroc sur la question hautement clivante du Sahara occidental, aux arrestations d’influenceurs dont l’Algérie a refusé l’expulsion, jusqu’aux emprisonnements de l’écrivain Boualem Sansal et du journaliste Christophe Gleizes, chacun des deux pays enveniment la situation à outrance, au point de laisser les portes grandes ouvertes aux extrêmes. Et la mise entre parenthèses des travaux d’historiens des deux rives est très préoccupante pour les partisans de rapports pacifiés entre les deux pays.

    Il y a pourtant une mémoire à nourrir, une histoire commune à écrire, un dialogue à faire fructifier. Mais faut-il vouloir la paix.

  • À Aix-en-Provence, la CGT à nouveau mobilisée contre un spectacle lié à Pierre-Edouard Stérin

    À Aix-en-Provence, la CGT à nouveau mobilisée contre un spectacle lié à Pierre-Edouard Stérin

    Remontez le temps pour assister aux grandes heures de la cathédrale la plus visitée au monde », est ainsi résumé le synopsis du spectacle « La Dame de Pierre », programmé le dimanche 16 novembre à l’Arena du Pays d’Aix, géré par la Ville, sous délégation de service public. Cette fresque musicale, qui se décrit sur son site comme un projet « ambitieux », est pourtant contestée par la CGT Spectacles et la CGT Métropole AMP (Aix-Marseille-Provence) qui signent conjointement et alertent de l’étroit lien entre le spectacle et le projet Périclès « patriotes, enracinés, résistants, identitaires, chrétiens, libéraux, européens et souverainistes » mené par le milliardaire et ouvertement réactionnaire Pierre-Édouard Stérin. Le spectacle est mis en scène par Corentin Stemler, fondateur et président de l’association vendéenne Symphonia Productions, productrice et bénéficiaire du soutien du Fonds du Bien Commun, fondé à l’initiative de Pierre-Édouard Stérin. Un spectacle « révisionniste critiqué par de nombreux historiens, mis en scène par un ancien journaliste de l’Action Française », assène la CGT. Déjà, une polémique similaire avait fait couler de l’encre lors de la tenue de la Nuit du Bien Commun, au 6MIC. « Nous refusons que nos lieux de spectacles, gérés par de l’argent public, permettent à l’extrême droite de répandre sa culture de haine xénophobe, masculinise et patriarcale », ajoute le syndicat, qui appelle les élus locaux à réagir. Une mobilisation est prévue le 16 novembre, à 16h, devant l’Arena.

  • À la barre, les silences brisés de la bibliothèque de l’Alcazar

    À la barre, les silences brisés de la bibliothèque de l’Alcazar

    C’est une audience fleuve de 14 heures avec 17 parties civiles et six témoins cités par la défense, qui s’est tenue devant la 6e chambre du tribunal correctionnel. Patrick Casse, cadre retraité des bibliothèques de Marseille, délégué du syndicat Force ouvrière, y était jugé pour harcèlement moral présumé à l’encontre de Pierre Chagny, directeur des bibliothèques de 2019 à 2023.

    Une situation dénoncée par ce dernier début 2022 dans une alerte éthique et un article 40. Tout au long de l’audience, Me Callen, l’avocat de Patrick Casse a plaidé la nullité d’une « procédure déloyale », considérant que « 80% des faits » étaient en dehors de la période de prévention du 1er février 2019 au 1er janvier 2023.

    Malgré tout, les émouvants témoignages qui se sont succédés ont donné corps à une ambiance. Celle des années Gaudin. Avec pour décor, l’Alcazar, le vaisseau amiral d’un service public de la lecture en plein naufrage, entre manque d’agents, embauche de fils d’élus et de haut fonctionnaires estimés à un tiers des effectifs, absentéisme, temps de travail illégal, et cogestion avec FO.

    Au cœur de cette machine infernale, Patrick Casse, élevé au grade suprême de conservateur au fil des promotions, était sous sa double casquette cadre – syndiqué, le rouage essentiel d’un système qu’il s’astreignait à entretenir. Ce système qui broyait l’humain à tous les étages (9 directeurs en 20 ans) dans une inorganisation inopérante, a été documenté dans un rapport de l’Inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche (Igesr) en 2022. « Brisé », Pierre Chagny s’en dit une victime.

    Patrick Casse, lui, s’estime « totalement innocent » et se retranche derrière vingt ans de tensions et de rivalités syndicales. Les insultes, « truie », « bécasse », « clown » ? « C’est faux » ! « Un ressenti peut-être », glisse-t-il en se dépeignant comme « le mouton noir » des conservateurs. Au mieux admet-il « un ton sec » et une forme « de parler marseillais », avant de reconnaître, en larmes, de « la souffrance ».

    Dix mois de prison requis

    « Une dilatation de ressenti potentiel », ironise la procureure pour qui « le parler marseillais n’excuse pas tout ». Elle demande dix mois de prison avec sursis et 10 000 euros d’amende alors que Me Callen, « consterné », renvoie à une enquête interne. Arguant l’absence de preuves, il réclame « la relaxe au bénéfice du doute ».

    « M. Chagny a permis d’ouvrir la parole », explique Chantal Boler, responsable CGT-ICT de la Ville, évoquant la problématique des avancements de carrières, à l’arrêt complet malgré vingt ans de service pour des agents à la barre, la souffrance morale, la pression. Emmanuelle Pinguet a travaillé huit ans sous sa responsabilité et n’a « jamais osé se plaindre par peur des représailles ». Elle n’ose plus mettre un pied à l’Alcazar.

    « M. Casse a toujours été très bien noté mais par des gens de FO », observe Elsa Morandy, quand Nora Mekmouche, à la tête du pôle accueil de 2014 à 2016 évoque « intimidations », « propos disqualifiants et désobligeants ». Elle a quitté le réseau en 2019 après avoir saisi la cellule harcèlement. En 2019, Lydia Belmekki, 27 ans, est nommé responsable de la division jeunesse. Son 1er poste. « La jeune beurette qui cherche à faire ses preuves » se verra discréditée dans cette guerre de pouvoir par une rumeur « attribuée » au clan Casse, lui prêtant une relation avec Pierre Chagny : « Je ne savais plus à qui faire confiance. »

    Les témoins de la défense, quand leur mémoire ne flanche pas à cause « d’une plaque en fer reçue sur la tête », n’ont rien vu ni entendu. Délibéré le 16 décembre.

  • Hommages aux Poilus à Marseille

    Hommages aux Poilus à Marseille

    « Garantir la sécurité, la liberté et la dignité de chacun, ce projet porte un nom : la République » a réaffirmé ce mardi 11 novembre Alice Rufo, ministre déléguée auprès de la ministre des armées et des anciens combattants par la voix d’Isabelle Epaillard, préfète des Bouches-du-Rhône par intérim, qui a lu son message lors de la cérémonie d’hommage aux combattants de la Première guerre mondiale. Députés, sénateurs, le maire de Marseille, Benoît Payan (DVG), la présidente de la Métropole, Martine Vassale (DVD) et les autorités militaires se sont réunis devant la porte d’Aix en fin de matinée. Cadets de Marseille et élèves de 3e du collège Mallarmé étaient également présents, assurant la lecture des poèmes « Mon enfant »,, « 1914 », « Les tranchées » de Fabienne Berthomier ou de « La dernière lettre écrite à ses élèves par l’Adjudant Henri Boulle. »

    Dans l’après-midi, c’est au carré militaire du cimetière Saint-Pierre que se sont retrouvés des élus de la majorité départementale, sous l’égide de la présidente Martine Vassal qu’une cérémonie a eu lieu avec un hommage à Gaston Castel, architecte de la Ville de Marseille et des Bouches-du-Rhône, qui a réalisé plus de 270 bâtiments dont la crypte du cimetière, l’opéra de Marseille ou encore les Baumettes… Mais dont on sait moins qu’il fut mobilisé dès septembre 1914, combattit à quelques encablures de Verdun avant d’y laisser un oeil. Une gueule cassée qui plus tard n’hésitera pas à s’engager dans la Résistance…

    La crypte est d’ailleurs ouverte au public gratuitement tous les jours jusqu’au dimanche 16 novembre, avec une exposition, organisée par les Amis du Vieux Saint-Marcel, le comité de Marseille du Souvenir français et l’association républicaine des anciens combattants de Saint-Marcel.

  • [Quoi de neuf ?] « Transmettre les valeurs républicaines aux jeunes »

    [Quoi de neuf ?] « Transmettre les valeurs républicaines aux jeunes »

    La Marseillaise, en partenariat avec radio Divergence FM 93.9, participe à l’émission politique « Quoi de neuf ? » .

    Cette semaine,
    notre invité est Manuela Parra, présidente de l’association Voix de l’extrême.

    Du 19 au 25 novembre, se déroule à Montpellier la 6e édition des Rencontres franco-espagnoles, portée par l’association Voix de l’extrême. Conférences, films, lectures, pléthore d’événements culturels sont programmés pour ne pas oublier ignominie de la dictature franquiste. Sa présidente, Manuela Parra, revient sur cette édition particulière, cinquante après la mort de Franco.

    Louis Dupin : Ces rencontres sont un événement culturel mais également mémoriel puisque vous revenez sur la période sombre de la dictature franquiste. Aujourd’hui, ce devoir de mémoire est-il d’autant plus important à l’heure où on voit le retour de l’autoritarisme de l’extrême droite un peu partout dans le monde ?

    Manuela Parra : Bien sûr qu’il est important. Il est nécessaire de réveiller ou de réactiver les consciences et de transmettre ces valeurs républicaines aux jeunes qui, contrairement à ce que l’on peut penser, comprennent rapidement et s’impliquent. Dans les rencontres franco-espagnoles, on s’adresse à tout public, mais une large partie est basée sur la transmission à la jeunesse. L’année dernière, nous avons eu, durant les rencontres, 480 lycéens qui ont participé. Cette année, je pense qu’on va doubler. Mais si les lycéens s’impliquent, c’est parce qu’il y a des professeurs qui s’impliquent avec eux, pour eux. Et c’est extraordinaire, c’est une belle récompense.

    Olivier Nottale : Et puis cette jeunesse va peut-être être aussi touchée parce que vous racontez des histoires de très jeunes gens qui ont été victimes du franquisme…

    Manuela Parra : Certains ont été notamment fusillés parce qu’ils militaient en distribuant des tracts pour la République espagnole. C’est vrai que c’était des jeunes qui croyaient en l’avenir de liberté, comme des jeunes peuvent le faire aujourd’hui. C’est comme les 13 Roses, des jeunes femmes qui ont été d’abord jugées par un tribunal militaire parce qu’elles étaient mineures, donc elles ne pouvaient pas être jugées par un tribunal civil. Elles ont été fusillées, il y en avait même qui avaient 16-17 ans. On ne se rend pas compte de la répression qu’il y a eu en Espagne, c’est quelque chose d’effarant, certaines statistiques montrent que pour les crimes hors conflit armé, l’Espagne arrive en deuxième position après le Cambodge.

    Louis Dupin : Pour illustrer cette répression, vous mettez à l’honneur plusieurs militants notamment Pablo Casals, un violoncelliste humaniste qui fera l’objet d’une conférence animée par Jean-Jacques Bedu…

    Manuela Parra : Jean-Jacques Bedu a écrit une biographie sur Pablo Casals. Sa mère était de Prades et donc elle a bien connu Pablo Casals quand il vivait à la Villa Colette avec Joan Alavedra. C’est un homme qui a refusé de jouer dans des pays qui n’ont pas soutenu la République espagnole et il a fallu vraiment qu’il y ait beaucoup de diplomatie pour qu’il crée en France le festival Pablo Casals. C’est pour ce festival que Jean-Jacques Bedu a écrit ce livre qui nous sera présenté à la maison des relations internationales, le 19 novembre.

    Louis Dupin : La période qui a suivi la mort de Franco s’est caractérisée par une faible présence de l’extrême droite en Espagne. C’est ce devoir de mémoire réalisé après la mort du dictateur qui a permis de l’endiguer ?

    Manuela Parra : Elle s’est peut-être mise en retrait, s’est fait oublier. Dans les gouvernements démocratiques de gauche espagnols, il y a eu des efforts énormes pour reléguer le patrimoine laissé par les fascistes et les franquistes en Espagne. Pour mémoire, la première loi sur la mémoire et a été promulguée en 2007. À ce moment-là, ils ont commencé à vouloir déboulonner les statues, gommer les plaques, essayer de remettre en scène la démocratie. Je pense que le fascisme n’a pas de frontières, comme la liberté et on voit aujourd’hui en Espagne le retour de l’extrême droite avec le parti Vox. Sauf que le gouvernement espagnol actuel de Pedro Sanchez ne se laisse pas intimider. Si on regarde les récentes initiatives qu’il a prises avec la loi de mémoire démocratique et les réouvertures de fosses communes pour identifier, le fait de sortir Franco du Valle de los Caídos. C’est très symbolique pour continuer le nettoyage de cette période horrible.

    Louis Dupin : La jeunesse est également au centre de ces rencontres puisque plusieurs actions dans des établissements scolaires ont été réalisées pour inculquer cette histoire, ce devoir de mémoire ?

    Manuela Parra : Ce sont des petits groupes de professeurs qui travaillent collectivement au sein de leur établissement et ensuite font appel à nous. Par exemple, le lycée Jean-Mermoz à Montpellier, où les élèves – en partenariat avec un lycée madrilène – ont réalisé un projet autour de la mémoire historique de la guerre au chemin de l’exil. Ils partiront prochainement en Espagne pour travailler sur les fosses communes d’Alcalá-de-Henares. Il y a aussi la soirée « Graines de résistance », le 24 novembre, où le grand public pourra observer ce travail extraordinaire des professeurs et des élèves sur des faits de résistance passés à Montpellier.

  • La quinzaine du Japon est lancée dans le Gard

    La quinzaine du Japon est lancée dans le Gard

    Tout le Gard concerné

    Mais cette quinzaine qui séduit petits, adolescents et adultes autour d’une même culture va rayonner sur l’ensemble du territoire gardois. Ainsi, la Bambouseraie en Cévennes propose des « visites exclusives » du jardin d’inspiration japonaise « Le Vallon du Dragon » (les 8, 9 et 11 novembre). Toujours dans les Cévennes, le Vigan organise aussi une journée avec de nombreuses animations dimanche 9 novembre. Jusqu’au 28 novembre, la Maison de ma Région de Nîmes accueille une exposition sur les « Voyages autour du Mont Fuji ». Du 15 au 18 novembre, le Cinéplanet à Alès met, lui, en lumière le cinéma japonais.

    Quatre lycées du département vont également accueillir des animations autour du manga, du dessin, de la cuisine japonaise ou des expositions. La médiathèque de Saint-Christol-lez-Alès accueillera l’exposition « Curieux Japon » et celle de Saint-Hippolyte-du-Fort proposera de nombreux ateliers (8, 12, 15, 19 novembre). Enfin, le musée voisin de la soie présente une exposition de broderies japonaises traditionnelles.

  • Le droit syndical bafoué à la mairie d’Uzès ?

    Le droit syndical bafoué à la mairie d’Uzès ?

    Après une réunion prévue de longue date à Uzès, les territoriaux ont occupé le parvis de la mairie pour soutenir les trois élus syndicaux CGT qui dénoncent des atteintes à leur droit syndical. « Aux élections professionnelles de 2022, la CGT a remporté trois des quatre sièges de la mairie d’Uzès. Mais depuis plusieurs mois, on nous empêche d’aller aux réunions départementales des territoriaux pour motif de nécessité de service. Des journées de formation syndicale nous ont aussi été refusées », s’agace Jacques Martin, le délégué syndical CGT. « La nécessité de service n’est pas justifiée. Comme je suis resté, j’ai travaillé comme d’habitude, il n’y avait pas plus d’événements. Si ça avait été en juillet ou en août, où il y a beaucoup de festivités à Uzès, je ne serais pas allé aux réunions départementales parce que je sais que nous avons beaucoup de travail. Nous sommes responsables », précise l’électricien de la collectivité. La CGT a aussi interpellé le préfet sur ce sujet.

    Un local pour la CGT

    La CGT fustige également l’absence de local syndical au sein de la mairie pour recevoir les agents qui le souhaitent. « Ça fait plusieurs années qu’on le réclame mais on ne voit rien venir alors qu’ils sont tenus de nous donner un bureau. Parfois, ils nous laissent une salle quand on en fait la demande, mais ce n’est pas suffisant pour informer sur les droits des salariés. Je ne peux pas travailler dans ces conditions, j’ai besoin d’une pièce pour ranger nos papiers et accueillir les salariés », prévient Jacques Martin.

    Face à ces critiques, le maire Jean-Luc Chapon (DVC) n’a pas reçu les élus CGT de la mairie mais s’est entretenu avec Philippe Alby, secrétaire de l’Union locale CGT Pays d’Uzès, mercredi 5 novembre. Il lui a notamment promis un local pour l’UL et non pour la CGT de la mairie. « C’est vraiment un pied de nez qui nous est fait. La veille de notre mouvement, il lui a proposé d’aller visiter un local la semaine prochaine », fustige Jacques Martin qui espère être rapidement reçu par le maire.

  • Pissevin retrouve un lieu de culture

    Pissevin retrouve un lieu de culture

    Fermée en 2023 pour des raisons de sécurité liées au narcotrafic, la médiathèque Marc-Bernard a rouvert ce mardi 4 novembre à Pissevin dans un bâtiment provisoire flambant neuf. Située rue Edgar-Poe, à proximité du groupe scolaire Paul-Langevin, cette structure de 273 m² symbolise pour la municipalité la continuité du service public culturel dans un quartier en pleine transformation.

    À l’intérieur, l’atmosphère est lumineuse et chaleureuse : près de 10 000 documents en libre accès, une salle d’animation, des postes informatiques, un espace petite enfance et des coins lecture pour tous les âges. « 60 % des inscrits sont des enfants », rappelle Valérie Travier, directrice des bibliothèques, qui souligne « le travail de terrain mené sans relâche par les équipes depuis la fermeture du site d’origine ». La médiathèque, qui a coûté 690 000 euros, bénéficie d’un cofinancement de l’État à hauteur de 40 %. Un dispositif de sécurité renforcé accompagne cette réouverture, avec vidéoprotection, rondes de police et contact quotidien entre les agents municipaux et les forces de l’ordre.

    L’opposition dénonce une réponse tardive

    Lors de l’inauguration, Daniel-Jean Valade, adjoint à la Culture, a insisté sur la portée symbolique de ce retour : « Aucun narcotrafiquant ne nous empêchera d’irriguer la culture partout dans Nîmes. Nous ne faisons pas de différence entre Pissevin, la garrigue ou le centre-ville. » Pour le sous-préfet Mathias Nieps, présent aux côtés de l’adjoint et de Claude de Girardi, adjointe à la rénovation urbaine, cet équipement « est un outil essentiel pour la mixité sociale et la réussite du projet de renouvellement urbain ».

    Mais dans les rangs de l’opposition municipale, le ton est plus réservé. Les élus de gauche dénoncent une réponse tardive et un manque de moyens structurels. « Deux ans et demi sans médiathèque dans un quartier prioritaire, c’est beaucoup trop long », critique l’élu communiste Vincent Bouget. « Ce nouvel espace est bienvenu, mais il ne saurait masquer l’abandon dont Pissevin a été victime. Une cabane provisoire ne remplace pas un vrai lieu de culture. » Du côté des écologistes, on s’interroge sur la cohérence du projet : « La médiathèque aurait dû être rouverte bien plus tôt et intégrée dans une stratégie culturelle globale à l’échelle des quartiers populaires », estime Amal Couvreur, élue d’opposition. « On applaudit la réouverture, mais elle arrive après des années de désengagement ».

    La municipalité défend pour sa part une stratégie progressive, adaptée à la requalification urbaine du secteur. La construction d’une médiathèque définitive est déjà prévue à l’horizon 2029-2030, dans le cadre du Nouveau Programme National de Renouvellement Urbain (NPNRU). « L’équipement sera central, moderne, et ouvert à tous les usages : culture, numérique, citoyenneté », promet Claude de Girardi. En attendant, la médiathèque temporaire Marc-Bernard doit renouer le lien avec les habitants. « Cela manquait aux enfants, mais aussi aux parents, qui savaient que leurs enfants étaient dans un bon endroit », confie Youssef, habitant du quartier. Une ouverture qui oscille donc entre bouffée d’air frais pour certains, et symbole d’une politique culturelle de « rattrapage » pour d’autres.

    La médiathèque Marc-Bernard est ouverte mercredi et samedi, de 10h à 17h et mardi, jeudi, vendredi, de 13h à 7h.