Author: tecnavia

  • En Vaucluse, les viticulteurs toujours au milieu du gué

    En Vaucluse, les viticulteurs toujours au milieu du gué

    Un temps festif et convivial va envahir la place du palais des Papes, ce samedi : le traditionnel du ban des vendanges, mis sur cépages par les compagnons des Côtes-du-Rhône. Quelque 13 000 personnes sont attendues à partir de 17h pour mettre à l’honneur les prémices du millésime 2025. « La récolte est portée par un état sanitaire favorable, des acidités particulièrement préservées et un vignoble qui, malgré des épisodes climatiques contrastés, a montré une résilience remarquable, se félicite déjà Philippe Pellaton, président d’Inter Rhône, qui représente les vignobles de la vallée du Rhône. Ce résultat laisse entrevoir un millésime de grande qualité. »

    De quoi déjà donner un peu le sourire au sein du 2e vignoble AOC de France et, plus largement, à la profession qui, en Vaucluse, représente une part prépondérante de l’économie agricole (60 %). « Les premières vendanges ont démarré la semaine du 11 août pour les premiers muscats, on est sur un millésime qui flirte avec les plus précoces des 50 dernières années, observe François Bérud, chef de service vigne et vin à la chambre d’agriculture de Vaucluse. Maintenant, les vendanges se finissent à la période où on les commençait à l’époque. » Ce qui ne veut pas dire altération de la qualité, car lui aussi confirme « de belles conditions sanitaires des grappes ».

    Reste ensuite à écouler la marchandise, aussi réussie soit-elle. Dans un secteur très hétéroclite, entre grands crus, AOP ou vins de table, impossible de faire des généralités, même si dans l’ensemble, « la situation est compliquée », reconnaît François Bérud. Baisse de la consommation, incertitudes sur l’export… « Les crises anticipées sont toujours plus faciles à résoudre qu’essayer de trouver des solutions en plein milieu du gué », analyse le technicien de la chambre d’agriculture. Parmi les réponses, proposer des vins moins alcoolisés : « Il y a une vraie volonté de nombreux vignerons de proposer des vins à petits degrés, 11 parfois même à 8, pour des rosés », note François Bérud.

    Souvent évoquées l’an dernier, les campagnes d’arrachage de vigne sont restées très marginales en Vaucluse, à peine 2 % du vignoble. « Cela montre que les vignerons croient encore à la viticulture. À la chambre, on propose des services pour cerner leurs objectifs et volontés de diversification, mais ce n’est pas d’une simplicité absolue », résume François Bérud, qui écarte toute solution miracle et universelle.

  • Des raisins de plus en plus précoces

    Des raisins de plus en plus précoces

    Les viticulteurs sont des vigies du changement climatique et des acteurs en première ligne de l’embrasement de la planète. Dans l’Aude, une grande partie du vignoble est partie en fumée et été et les vignes épargnées portent un raisin au goût de cendres impossible à récolter. Sans être en proie au même drame, la majorité des viticulteurs doivent faire face à la précocité des vendanges. Dans notre région, qui a connu des épisodes caniculaires majeurs, ce bouleversement démontre combien le réchauffement de la planète impacte cette activité humaine millénaire mais aussi la géographie et nos paysages. De plus en plus difficiles, les vendanges vont pourtant proposer de bons vins et un excellent millésime 2025. Mais un autre problème, de taille, met en grandes difficultés la profession.

    Climat et taxes Trump inquiètent

    Car outre le climat, qui nécessite d’adapter les cépages pour proposer des vins buvables, la politique agressive du président des États-Unis, Donald Trump, met en péril l’avenir de nombreux professionnels. Les taxes à l’exportation vont priver les viticulteurs d’un marché. Le phénomène du recul de la consommation de vin, au profit d’autres alcools, travaille aussi la profession. Mais la passion est toujours vivace en dépit des obstacles. En Provence, les exploitations sont à échelle humaine et la question, centrale, des conditions de travail des saisonniers dans les vignes, est désormais posée au grand jour par les syndicats.

    Une action indispensable pour dénoncer et mettre fin aux situations d’exploitation des travailleurs sans qui aucune récolte n’est possible.

  • Montpellier Handball part en reconquête

    Montpellier Handball part en reconquête

    Une victoire en phase de préparation est-elle un détail ? Ou les prémices d’une nouvelle histoire ? Dimanche 24 août à Strasbourg, lors d’un tournoi de pré-saison, Montpellier Handball balayé un vieux fantôme. Et un complexe naissant à l’égard de Nantes, qu’il n’avait plus battu depuis 2019. Le MHB s’est imposé (32-28) en finale pour boucler un été sans fausses notes.

    Cette victoire devant Nantes, qualifié pour la Ligue des champions, promet-elle le second acte d’un changement d’ère au sein d’un club emblématique, marqué l’été dernier par le départ du manager Patrice Canayer et son remplacement par Erick Mathé ?

    L’ancien entraîneur adjoint de Guillaume Gille à la tête de l’équipe de France (54 ans) a plutôt bien géré une succession casse-gueule. Choisi par le président Julien Deljarry, adoubé par les joueurs et rompu aux arcanes héraultais, Mathé a assumé le passage de témoins avec la victoire en Coupe de France. Un premier trophée comme une pierre angulaire, un premier trophée pour remplumer un palmarès, en panne sèche depuis sept ans et le succès en Ligue des champions. « On a réussi à gagner un titre. Cela fait du bien de se prouver que l’on en est capable », apprécie-t-il.

    Erick Mathé amorce la seconde étape du renouveau de Montpellier à partir de ce samedi 30 août avec le trophée des champions devant le Paris SG, maître des affaires domestiques depuis 2012 et champion en titre. Un challenge qui lance la saison à une semaine de la reprise du championnat face à Dijon.

    Pour basculer un peu
    plus dans l’après-Canayer, Montpellier a renouvelé son effectif à l’intersaison. Avec un flux inédit de départs et d’arrivées. Sept joueurs ont quitté le club héraultais et sept autres l’ont rejoint. Yanis Lenne (Veszprem), Karl Konan (PSG), Ahmed Hesham (Veszprem), Stas Skube, Véron Nacinovic (Kiel), Sébastian Karlsson (PSG) ou Cikusa (Barcelone) ont émigré vers de grands clubs européens.

    Pour répondre à cette fuite de talents, Montpellier a attiré des joueurs expérimentés. Internationaux et rompus à la Ligue des champions comme les Espagnols David Balaguer (PSG), Agustin Casado (Veszprem), le Croate Zvonimir Srna (Zagreb), le pivot brésilien Moraes (Mensungen), l’arrière suédois Jack Thurin (Allborg) ou les ailiers français : Benjamin Richert et Léo Plantin.

    « C’est le début d’une nouvelle période avec sept recrues. C’est la première fois depuis plus de dix ans, et l’affaire des paris, que les recrues amènent une plus forte expérience que la saison précédente », relève le président Julien Deljarry.

    Erick Mathé dispose d’un mois et demi pour façonner le jeu de son équipe et la préparer à enchaîner deux rendez-vous majuscules à mi-octobre. L’un face à Kiel (Allemagne), en Ligue européenne, l’autre face à Nantes, lors de la 7e journée de championnat. Deux rencontres qui se joueront à la Sud de France Arena.

    Comme depuis 2010, et l’inauguration de l’Arena, Montpellier s’apprête à aller et venir entre le palais des sports Bougnol, renommé FDI stadium, et la salle de spectacles multimodales adossée au Parc des expositions. Avec une Métropole de Montpellier, aux finances concentrées sur l’aménagement du Tramway, la construction d’une nouvelle salle de 6 000 places semblait plus jamais hypothétique.

    Néanmoins, l’échéance imminente des élections municipales (15 et 22 mars) peut chambouler l’ordre des choses. Ainsi, le président Julien Deljarry s’apprête à rencontrer dans les prochains jours les services de la Métropole. « Est-ce que l’on peut agrandir le FDI stadium ? Est-ce que l’on doit partir ? On étudie toutes les éventualités. La réhabilitation du FDI stadium est une possibilité », estime le président du MHB, avant ce fameux rendez-vous.

    En gros, la Métropole, présidé par le maire de Montpellier, rétro-pédale. Et balaie le pessimisme de Christian Assaf, délégué aux sports, lequel avait douché toute perspective en février. « La situation économique ne nous permet pas de faire une salle à 100M d’euros telle qu’elle était prévue en lieu et place du Zénith. »

    Ce changement de discours tombe à pic. Car pendant que Montpellier piétine, les autres grands clubs français avancent. À l’image de Nantes, qui a élu domicile à la H Arena (6 000 places) et délocalise les affiches au Hall XXL (10 000 sièges).

    Le MHB ne veut pas être à la remorque de Paris, champion en titre, ni surtout de Nantes, qui ne cesse de monter en puissance. « L’objectif principal est que l’on joue les premiers rôles, que l’on joue le titre jusqu’au bout et que l’on aille chercher une place en Ligue des Champions. On ne veut pas de troisième place », alerte le président Julien Deljarry. Pour l’heure, il entend le prouver sur les parquets.

  • À l’hôpital de Béziers, la colère gronde

    À l’hôpital de Béziers, la colère gronde

    La parenthèse estivale touche à sa fin et la rentrée sociale se prépare. Un des premiers rounds s’est joué à Béziers, lors de la venue du ministre de la santé Yannick Neuder, le 27 août pour inaugurer la Maison des femmes (lire ci-contre). « Même si la Maison des femmes est quelque chose de bien, on profite de sa venue pour rappeler les 1,1 milliard d’euros d’économies à réaliser dans le secteur de la santé [prévus dans le cadre des 40 milliards d’économies de Bayrou, Ndlr]. On est en colère. Les hôpitaux sont à l’agonie et pour faire ce genre de structures, il faut de l’argent », soupire Magali Lafaille, représentante CGT du personnel de l’hôpital de Béziers.

    Des professionnels au bout du rouleau, comme en témoigne la situation biterroise. « Le flux des entrées aux urgences est de plus en plus tendu, avec une moyenne de 200 admissions par jour. Cela révèle le problème d’une population vieillissante sur le Biterrois en constante augmentation avec des poly-pathologies que seul l’hôpital peut recevoir car ces patients ne sont pas rentables pour les cliniques privées », souffle Valérie, administratrice au centre hospitalier.

    Réunis devant l’établissement, ces syndicalistes sont venus dénoncer ce « coup de communication » de la part du ministre. Car le manque de moyens dans la santé est un problème national, à l’instar de l’hôpital de Béziers « Nous sommes en déficit de 6 millions d’euros et nous devons encore faire des économies. Mais qu’est-ce-qu’on supprime ? Ce n’est pas possible », poursuit Magali Lafaille.

    Une délégation reçue

    Dans ce contexte, cette inauguration a de quoi poser question. « La Maison des femmes est un plus évidemment. Mais elle laisse des interrogations. Qui va travailler là-dedans ? Il n’y a pas 36 associations compétentes. Sera-t-elle plus efficace que l’espace Delphine [l’ancienne structure accueillant les femmes victimes de violences, Ndlr] ? Quelles solutions ? », avance Chantal Lapuerta, présidente de l’association les Simones veillent. Et de regretter également la mise en avant de l’édile d’extrême droite de Béziers Robert Ménard, présent lui aussi à la sauterie du ministre. « Cela montre qu’il est déjà en campagne électorale car plus misogyne que lui, ça n’existe pas. »

    Une délégation a été reçue par le ministère afin de faire part de ses revendications et d’aborder les pistes de financement – une lourde tâche face à un interlocuteur qui ne veut pas entendre parler de hausse d’impôts. « Il existe d’autres pistes pour trouver l’argent. Un rapport sénatorial a montré que 211 milliards d’euros d’aides publiques ont été versés aux entreprises en 2023 sans contrepartie. On pourrait piocher là-dedans pour financer les services publics et donc la santé », fait valoir Sébastien Boudesocque, de la CGT héraultaise. Et permettre ainsi d’embaucher dans un secteur manquant fortement de bras. « Nous avons échangé sur la précarité de l’emploi, la revalorisation des catégories C, la souffrance au travail. Il s’est engagé à répondre à chacune de nos questions », détaille Magali Lafaille. Après les mots, les actes ?

    « Faire encore des économies n’est plus possible »

  • Pollution de l’air : que risquent les sportifs ?

    Pollution de l’air : que risquent les sportifs ?

    Cet été, le départ d’une célèbre course d’ultra-trail dans le Colorado (États-Unis) était menacé en raison de fumées issues de feux de forêts. En 2020, la qualité de l’air perturbait l’Open d’Australie de tennis à Melbourne. En 2014, les participants au marathon de Pékin s’élançaient dans le « smog » de la capitale chinoise. « Les grands événements sportifs sont de plus en plus perturbés par des problèmes de qualité de l’air qui deviennent récurrents », souligne Valérie Bougault, spécialiste de la santé respiratoire des sportifs de haut niveau à l’Université Côte d’Azur et membre d’un groupe de travail mis en place en 2019 par le Comité international olympique pour dresser le bilan des connaissances quant à l’impact de la pollution de l’air sur la santé des sportifs.

    La dizaine de spécialistes recrutés livrent leurs conclusions dans un article paru cette année dans le British Journal of Sports Medicine. « Nous savons peu de chose, résume la chercheuse, première autrice de l’article. Jusqu’à présent, il y a eu beaucoup d’études sur les effets de la chaleur, mais moins sur la pollution ». Il est encore difficile d’établir les doses inhalées et les effets des différents polluants pendant un exercice physique, constatent les auteurs, « ce qui rend difficile d’émettre des recommandations claires pour protéger la santé des athlètes ».

    Le risque ozone

    Un polluant semble toutefois se détacher : l’ozone. « c’est ce qui ressort des études de terrain qui confirment ce qui avait été observé en laboratoire », indique Valérie Bougault. Ce gaz se forme sous l’effet du soleil, des ultraviolets et de la chaleur, à partir de molécules d’origine humaine ou biogénique : les composés organiques volatiles (COV), les particules fines et le dioxyde d’azote issus des activités humaines d’un côté, et les COV produits par la végétation de l’autre. « Ce gaz oxydant réagit avec les bronches », explique la chercheuse. Causant des difficultés à respirer ou de la toux par exemple. Quant aux particules fines ou au dioxyde d’azote, « les conséquences directes sur la santé des sportifs sont peu claires, d’autant que les sources sont souvent localisées et peuvent être évitées », indique-t-elle.

    Que risquent les sportifs qui s’entraînent dans des environnements pollués ? « A priori, les sujets sains ne risquent pas grand-chose dans l’immédiat, si ce n’est une baisse des performances et des symptômes temporaires comme de la toux, les yeux qui piquent ou un mal de crâne, poursuit Valérie Bougault. Mais les effets d’une exposition répétée sont encore méconnus ». Et certains individus sont plus sensibles que d’autres. Quant à ceux ayant des problèmes respiratoires
    – comme de l’asthme – ou cardiaques, ils doivent être prudents. « Ils risquent une exacerbation de leur maladie pouvant conduire au décès », alerte la chercheuse. Un sujet à ne pas prendre à la légère.

  • Hamed Traoré est dans les starting-blocks pour dimanche

    Hamed Traoré est dans les starting-blocks pour dimanche

    Hamed Traoré est bien arrivé et est prêt à disputer son premier match avec l’OM Celui qui, la saison dernière, avait été le bourreau des Olympiens, dans les deux confrontations avec Auxerre, a les « cannes » pour jouer dès dimanche. « J’ai fait toute la préparation et matches amicaux avec Bournemouth, je me sens bien », a reconnu celui qui a été passeur décisif contre Liverpool, lors du match d’ouverture de la Premier league anglaise.

    Visiblement intimidé lors de sa conférence de presse, vendredi à la Commanderie, il a reconnu « avoir eu du mal à croire que j’allais devenir olympien. Même lorsque je suis arrivé à l’aéroport. » Après avoir signé son contrat, un prêt avec option d’achat, et pris part à son premier entraînement, Hamed Traoré n’a plus besoin de se pincer. « Je vis quelque chose de merveilleux. Avec ce maillot sur le dos, je pense à mon premier entraîneur, en Côte d’Ivoire, dont j’exhausse le rêve. Il doit être fier de moi », a-t-il confié.

    Roberto De Zerbi a confirmé que « les contacts avaient été pris en juin. Je le connais de Sassuolo, il connaît le championnat de France et peut jouer à tous les postes devant. » L’OM a pris son temps pour attirer celui « qui aimerait bien (s)e stabiliser quelque part. Marseillais, ce serait bien ! »

    Pour répondre aux attentes de Roberto De Zerbi, l’OM explore toujours la piste menant au Lillois Edon Zhegrova. L’ailier de 26 ans a accepté la proposition marseillaise. Mais ses dirigeants continuent de faire comme si de rien n’était. Olivier Létang, président du Losc, s’est dit « très surpris par la situation. Les règlements sont clairs. Un joueur ne peut pas parler à un autre club sans l’autorisation de son propre club. Moi, je n’ai pas été contacté par l’Olympique de Marseille avant cet accord ».

    Mauvaise foi lilloise

    Propos qui ont déclenché une réplique marseillaise. « Les deux présidents ont eu un entretien, début août, au sujet du joueur. C’est ensuite l’agent de Zhegrova qui a poursuivi les discussions avec nous », a tenu à éclaircir la direction marseillaise, étonnée de la mauvaise foi du président lillois.

    Rabiot, le point mort

    Avant la présentation de Hamed Traoré, Roberto De Zerbi est également revenu sur le cas Adrien Rabiot. Il avait tendu la main à son joueur, après la victoire face au Paris FC. Pablo Longoria s’est également exprimé sur une possible réintégration de l’international dans le groupe.

    L’Italien a reconnu « ne pas avoir parlé avec Adrien (depuis samedi, Ndlr). C’est entre lui et le club, ce sera sa décision s’il doit aller voir le club ou pas. Désormais, je n’ai plus rien à dire sur cette question ». Il a surtout regretté que le joueur « n’ait pas encore jugé bon de suivre le conseil que je lui ai fait ».

    D’ici lundi, 20 heures, à la fermeture du marché des transferts, Adrien Rabiot a encore le temps d’effectuer une démarche. L’OM ne veut pas lui imposer d’aller à Canossa, juste qu’il s’excuse pour l’attitude déplacée qu’il a eue à Rennes. La porte est donc toujours ouverte. C’est désormais au joueur de faire la part des choses. Montrer qu’il a vraiment envie d’aller en Ligue des Champions avec l’OM. Ou pas.

  • Les enseignants de l’Unsa alertent pour la rentrée

    Les enseignants de l’Unsa alertent pour la rentrée

    Pour cette rentrée, on est sur un état des lieux difficile », campe Franck Delétraz, secrétaire départemental du SE-Unsa des Bouches-du-Rhône. Le représentant syndical, également professeur des écoles, fait part « d’un état d’esprit des enseignants morose », miné par « une confiance trahie depuis trop longtemps en ce qui concerne l’éducation avec trop d’effets d’annonces ». « Le constat est clair : on ne peut plus remplir correctement nos missions. On n’est pas assez nombreux, épuisés et invisibilisés. Cela fait trop longtemps que ça dure », développe-t-il, le ton grave.

    Des affirmations qui s’appuient notamment sur les derniers chiffres du baromètre annuel du SE-Unsa, fruit d’une consultation auprès de dizaines de milliers d’enseignants. « 77 % des enseignants ne conseilleraient pas ce métier à un proche. C’est un chiffre en hausse constante chaque année. 92 % rejettent la politique éducative de ces dernières années », prend-il pour exemple. Johanes Togbé, secrétaire académique du SE-Unsa et professeur de lycée professionnel à La Ciotat, abonde : « Les mesures annoncées et les dispositifs mis en place par le ministère ne sont pas suivis de moyens ». Là encore, exemple concret avec l’annonce par Élisabeth Borne, ministre de l’éducation, de la « pause numérique » au collège avec l’interdiction des téléphones. « Ils laissent les chefs d’établissements organiser la logistique, en accord avec le Département. Mais cela représente des investissements et un temps perdu à structurer cette organisation à l’heure où l’on manque de moyens », tacle-t-il.

    Enfin, si une estimation du nombre d’enseignants manquants pour cette rentrée n’est pas facile à établir avant le jour J, le SE-Unsa évoque déjà des cas de profs manquants.

  • Le couple Macron-Merz parle d’une seule et même voix

    Le couple Macron-Merz parle d’une seule et même voix

    Dans un contexte international très tendu et avec un des deux gouvernements en sursis, le couple franco-allemand a tenu à montrer vendredi, au terme d’un Conseil des ministres commun qui s’est déroulé dans le salon de la résidence du préfet maritime, une image d’unité. Seul l’avenir nous dira, assez vite d’ailleurs, si elle n’était que de façade ou si la machine vient réellement de redémarrer.

    Pour booster cette image, la volonté exprimée a été celle de bâtir de concert une vingtaine de projets phares. Une stratégie présentée comme profitable, bien sûr, aux deux économies. Et cela autant au niveau de l’industrie, de la recherche que de la défense.

    En matière d’énergie, par exemple, il a été en mis en avant « une avancée majeure ». Avec pour ambition de « diminuer les coûts, garantir la sécurité d’approvisionnement et atteindre nos objectifs climatiques ».

    La paix à l’agenda

    Emmanuel Macron a également mis en avant, au cours de cette conférence de presse, les efforts pour « parvenir à une paix juste et durable » en Ukraine, au cœur de l’agenda commun.

    « Je le dis avec autant de force et de solidarité après ces derniers jours, où les attaques ont repris avec force et où, à nouveau, des civils ukrainiens ont été touchées », a-t-il insisté, pointant l’écart qu’il existe entre les positions prises, avec les autres dirigeants dans les sommets internationaux, par le Président Poutine et la réalité sur le terrain. Et de poursuivre, au cas où les engagements du président russe ne seraient pas tenus : « Nous continuerons d’exercer des pressions pour que des sanctions supplémentaires soient prises par nous-mêmes ainsi que par les États-Unis d’Amérique. »

    Concernant la situation au Proche-Orient, le chef de l’État a condamné « le désastre humain dans la bande de Gaza » qualifié d’« intolérable ». « L’état de famine qui a été déclaré par les Nations unies est très clairement le résultat du blocage de l’aide humanitaire », a-t-il souligné, en appelant en urgence à l’arrêt des combats et à l’ouverture des accès humanitaires et de l’aide aux populations civiles. Mais, aussi, à construire « un chemin de paix, un chemin politique de discussion avec toutes les parties ». Une solution politique, insiste-t-il, « pour une paix durable pour les Israéliens comme pour les Palestiniens ». Bien sûr dans le cadre d’une solution à deux états.

    Parmi les solutions à court terme, il a salué « la décision très courageuse du chancelier de cesser toute exportation d’armements susceptibles d’être utilisées à Gaza ».

    Au sujet des solutions « pour augmenter la compétitivité de l’Europe », ambition partagée par Emmanuel Macron et Friedrich Merz, les recettes apportées, sans surprise, reposent une nouvelle fois sur une baisse des charges pour les entreprises, ainsi que sur une « synchronisation de l’agenda économique et social », une notion encore floue dans ses applications concrètes.

    Pas de démission

    Interrogé sur la barre franchie des 3 millions de chômeurs en Allemagne, le chancelier a brandi le sempiternel remède libéral : « Il faut réformer le marché du travail ». Sur ce point aussi, les deux dirigeants parlent d’une même voix, au risque d’inquiéter les syndicats et les salariés des deux côtés du Rhin.

    Titillé sur la crise politique que traverse notre pays et sur la chute annoncée du gouvernement, le Président français a affirmé que, quoi qu’il advienne, il ne démissionnerait pas. Un mandat qu’il entend « exercer jusqu’à son terme ».