Author: tecnavia

  • De jeunes marseillais prêts à vivre l’Euro des quartiers

    De jeunes marseillais prêts à vivre l’Euro des quartiers

    Des jeunes de Marseille en partance pour l’Allemagne. C’est une initiative rare mise en place par l’entraîneur, Guy Pinna. En novembre, dix adolescents de plusieurs quartiers défavorisés participeront à l’Euro de tennis des quartiers, à Sarrebruck. L’idée de cette compétition a germé depuis deux ans et voit désormais le jour. Ces dix tennismen sont âgés de 12 à 16 ans et viennent de Félix-Pyat, la Viste, le Canet, les Caillols et Saint-Giniez. Ils ont tous été sélectionnés grâce à l’ATC. Ce circuit a organisé 150 tournois dans 35 quartiers de la ville depuis 2015 et de nombreux joueurs y ont découvert le tennis.

    La mise en place de l’ATC Tour était déjà une évolution pour Guy Pinna. Il a commencé, il y a plus de 30 ans, à donner des cours de tennis improvisés au pied des immeubles, sur des terrains de sport de proximité. L’idée originelle était de « faire découvrir le tennis, d’animer les quartiers et créer de l’animation ». Une découverte pour ces jeunes qui n’aurait pas été possible sans cet homme d’une soixante d’années, tant la discipline a encore du mal à s’ouvrir à toutes les classes sociales.

    Ce premier championnat d’Europe opposera des jeunes marseillais à des jeunes de Sarrebruck. Avant de s’ouvrir à d’autres pays dans les prochaines années. « Nous avons réussi à mélanger les enfants de différents quartiers de Marseille en faisant de la mixité sociale, je trouve ça super », éclaire Guy Pinna. Pour cela, l’entraîneur part en mission dès le début de la semaine prochaine dans le « Land » de la Sarre. « Je pars en visite à Sarrebruck pour préparer l’événement avec les autorités locales et trouver des hébergements pour les jeunes. » Un club partenaire, sur place, a même été trouvé. Le TC Rotenbühl pourra accueillir la délégation sur ses courts en terre battue.

    Un capitaine âgé de 17 ans

    Samedi, Guy Pinna et le club de l’AS Time présenteront l’ensemble de la délégation française pour Sarrebruck. Le capitaine choisi pour encadrer cette sélection est Assane Boina Madi, seulement 17 ans. En 2021 et 2022, il a été le leader du circuit ATC. Le chef de file de ce petit groupe n’a lui que 12 ans. Yanisse Mzembaba est numéro 1 au classement ATC depuis un peu plus d’un an. Il représente le quartier Félix-Pyat, tout comme Yanis Ali. Adem Bakas, de la Viste, ou encore Adem Bounour, du Canet, sont aussi sélectionnés.

    Cette petite troupe a reçu l’aide financière de la Ville de Marseille, ainsi que du Département des Bouches-du-Rhône. Un Mondial est également dans les cartons pour fin 2026 avec des adolescents ghanéens, comoriens et ougandais, en plus des Français et Allemands. Celui-ci se déroulera dans la cité phocéenne. Ces dix jeunes marseillais vont vivre une expérience unique et se confronter à de nouveaux joueurs outre-Rhin.

  • Roberto De Zerbi tire la sonnette d’alarme après une entame ratée

    Roberto De Zerbi tire la sonnette d’alarme après une entame ratée

    Août 2015 et 2025 ont la même caractéristique pour l’OM.

    Dans les deux cas, le match d’ouverture de la saison a été raté et a déclenché une tempête dans le vestiaire. Il y a dix ans, Caen était venu s’imposer au Vélodrome (1-0) et, à l’issue de cette claque, l’entraîneur Marcelo Bielsa avait démissionné, en pleine conférence de presse d’après-match. Le 15 août dernier, après une défaite concédée en fin de rencontre à Rennes, c’est un clash dans les vestiaires qui a mis le feu aux poudres.

    Si, face à Paris, l’OM a réussi à colmater quelques brèches, la défaite à Lyon, dimanche, les a rouvertes. Outre d’avoir concédé le but en fin de rencontre, comme à Rennes, c’est la manière dont l’équipe s’est comportée qui a de quoi inquiéter. Si l’on excepte les dix premières minutes, où les Marseillais semblaient avoir des ambitions, l’essentiel de la soirée a montré un collectif sans suite dans les idées.

    « Oui, nous avons souffert »

    Interrogé sur un collectif plus spectateur qu’acteur, Roberto De Zerbi a pris la défense de ses joueurs. « Oui, nous avons souffert, surtout après l’exclusion. Mais nous n’avons pas concédé de très grosses occasions. À 11 contre 11, même si ça n’était pas notre meilleur match, je pense que nous avons fait mieux que Lyon », a-t-il répondu.

    Si le scénario de dimanche a rappelé celui de l’année dernière, avec un OM rapidement réduit à dix et les entrées anticipées d’Ulisses Garcia et Pol Lirola, les similitudes se sont arrêtées là. Car les deux entrants n’ont pas marqué. Et s’il y a eu un but en fin de match, c’est Pavel Sulc qui l’a marqué, offrant un succès inespéré aux Gones (1-0).

    Au terme de cette nouvelle soirée cauchemardesque, où ses joueurs ont oublié souvent de jouer en équipe, Roberto De Zerbi dresse un constat : « si nous voulons jouer avec courage, il faut avoir de la personnalité. Si les joueurs pensent qu’ils peuvent se refermer complètement à cinq derrière, ils ne vont pas générer beaucoup d’occasions. Ce n’est pas la bonne mentalité pour jouer dans un grand club. »

    Alors que la première trêve internationale arrive, l’entraîneur marseillais tire la sonnette d’alarme. Même s’il a déjà vécu des moments compliqués lors de sa première année, il sent que ce début de championnat raté cache sans doute un problème plus profond, alors que se profile l’entrée en lice face au Real, en Ligue des Champions.

    La tempête déclenchée dans son vestiaire par l’incident de Rennes a eu des conséquences. Elle a obligé l’OM à revoir son effectif en profondeur et en urgence dans les derniers jours du mercato. En témoignent les mouvements de ces dernières heures.

    Des mouvements qui vont contraindre Roberto De Zerbi à revoir ses plans durant la trêve. « Tout ce qui a été effectué avant la reprise n’a servi à rien. Il va falloir reprendre certaines choses », regrettait-il avant le voyage à Lyon. La conception du mercato estival est loin d’être idéale. Elle amène des situations cocasses, à l’image d’Esteban Lepaul, buteur avec Angers lors des deux premières journées, et qui a marqué avec Rennes, contre Angers, dimanche.

    Avec trois points sur neuf possibles, l’OM a clairement raté son départ. Comme en 2015. Il faut espérer que la situation sportive se rétablira dès la réception de Lorient, le 12 septembre à 20h45. Car, il y a dix ans, cette entame avait débouché sur une valse des entraîneurs et une saison crispante.

  • [Info La Marseillaise] Solange Biaggi pressentie à la tête du bailleur de la Métropole

    [Info La Marseillaise] Solange Biaggi pressentie à la tête du bailleur de la Métropole

    Il n’aura fallu qu’un seul week-end pour pousser
    le président du bailleur social métropolitain Provence Métropole Logement (ex-HMP), Patrick Pappalardo, vers la sortie. Après la révélation samedi, dans nos colonnes, de son ralliement à l’extrême droite pour les prochaines municipales, la présidente (DVD) de la Métropole Aix-Marseille, Martine Vassal, a dès dimanche soir annoncé qu’un remplaçant lui sera trouvé dès le prochain conseil métropolitain.

    « J’ai pris acte de la décision de Patrick Pappalardo de rejoindre le camp de l’UDR et du RN », écrit-elle dans un communiqué transmis à la presse. Avant d’annoncer que « dans ces conditions, il n’est plus possible pour Patrick Pappalardo de se maintenir à son poste ». « Le 18 septembre 2025, une délibération sera mise au vote en conseil de Métropole afin de désigner un futur président, détaille la présidente de l’intercommunalité. Cette délibération visera à remplacer Patrick Pappalardo à son poste et à assurer la continuité des projets et des activités de Habitat Marseille Provence. »

    Selon nos informations, c’est la conseillère métropolitaine (LR) chargée des commerces de centre-ville, Solange Biaggi, qui serait pressentie pour prendre la suite à la tête du bailleur fraîchement renommé et qui gère quelque 14 700 logements sociaux sur le territoire métropolitain. Un intérim jusqu’aux prochaines municipales, avec cependant le dossier de la rénovation urbaine à Frais-Vallon, longtemps freiné par Habitat Marseille Provence (HMP), sur le haut de la pile.

    Élue au côté de Jean-Claude Gaudin depuis 2001 et siégeant désormais dans l’opposition municipale, l’ex-adjointe marseillaise au commerce était déjà au conseil d’administration de HMP, désignée parmi les administrateurs métropolitains, en juillet 2020, après les dernières élections municipales. Élue dans les 2-3, elle fait également partie du conseil d’administration de la Société publique locale d’aménagement d’intérêt national (Spla-IN) chargée de la rénovation de l’habitat dégradé dans le centre-ville de Marseille. « Solange Biaggi a toujours été extrêmement impliquée à HMP/PML, ce serait amplement mérité », glisse un représentant métropolitain au conseil d’administration du bailleur social. Sollicitée, l’intéressée n’a pas donné suite.

    « Je ne m’y opposerai pas »

    « Je ne suis pas favorable à ma démission, quand on démissionne, c’est que quelque chose ne va pas », protestait pour sa part Patrick Pappalardo à l’occasion d’une conférence de presse, ce lundi matin. « C’est une mauvaise chose de changer de président à quelques mois des élections, c’est déstabilisant pour les locataires », justifiait-il, après avoir été appelé, la veille au soir, par Martine Vassal. S’il conçoit qu’il ne peut rester à son poste « parce qu’il y a un changement de ligne politique », celui qui a franchi le Rubicon pour s’allier à l’extrême droite s’étonne de la rapidité de la décision. « Je sens cela comme une punition, parce que je suis allé à un meeting », déplore-t-il. Dès samedi, il s’affichait au côté d’Éric Ciotti. Malgré cela, il accepte la sanction : « Je ne m’y opposerai pas, c’est son droit. » Et un réflexe républicain face à l’extrême droite.

  • Mercato : Emerson Palmieri s’engage officiellement à l’OM

    Mercato : Emerson Palmieri s’engage officiellement à l’OM

    C’est la première prise olympienne dans ce dernier jour du mercato d’été. Le défenseur italien Emerson Palmieri (31 ans) s’est engagé, ce lundi, avec l’OM pour la somme d’un million d’euros, bonus compris, en provenance du club anglais de West Ham.

    L’ancien pensionnaire de Chelsea, club avec lequel il a soulevé la Ligue Europa en 2019 et la Ligue des Champions en 2021, a paraphé un contrat de deux saisons avec le club phocéen.

    Emerson Palmieri devient ainsi la neuvième recrue olympienne du mercato estival, en attendant les officialisations de Nayef Aguerd et Matt O’Riley, qui ont débarqué en fin de matinée à l’aviation générale de Marignane.

    Toujours en quête de renforcer son secteur défensif, l’OM s’est mis d’accord avec l’Inter Milan pour attirer Benjamin Pavard dans ses filets. L’international tricolore, champion du monde avec les Bleus en 2018, va être prêté en provenance de l’Inter avec une option d’achat de 15 millions d’euros non obligatoire.

  • Le Challenger de Cassis réunit la jeunesse et l’expérience

    Le Challenger de Cassis réunit la jeunesse et l’expérience

    Qui dit début du mois de septembre, dit apparition du Challenger de Cassis dans le calendrier de la petite balle jaune. Offrant 75 points ATP au vainqueur, de grands noms du tennis mondial y font chaque année leur apparition.

    Cette septième édition, dont le tableau principal débute ce lundi, n’a pas échappé à la règle. « On est très content d’avoir un tableau homogène », souligne Frédéric Moschetti, l’organisateur du tournoi cassiden. Comme chaque année depuis la deuxième édition, c’est un Français qui se retrouve tête de série n°1 cette semaine : Quentin Halys (70e mondial). Le Francilien de 28 ans, originaire de Bondy comme un certain Kylian Mbappé, a été éliminé prématurément à l’US Open après une défaite au 1er tour face au Belge David Goffin. Ce qui lui permet de se présenter au Challenger de Cassis quelques jours plus tard et ainsi rejoindre dix de ses compatriotes dans le tableau principal. « Il y a quand même huit joueurs qui ont été dans le top 100 », note le directeur du tournoi, fier de pouvoir permettre à des pépites régionales comme Clément Chidekh, Sascha Gueymard-Wayemburg ou Robin Bertrand de se frotter à eux. « On se doit, en tant que Challenger, de leur donner une chance », ajoute-t-il. C’est d’ailleurs dans cette même logique qu’il a convié quatre jeunes locaux au classement négatif à prendre part aux qualifications : Pierre Tailleu, Hugo Carr, Hugo Cardinaud et Damien Salvestre. Mais aucun d’entre eux n’a réussi à passer le premier tour.

    Pas de Gasquet, mais un Paire à relancer

    La dernière édition du Challenger de Cassis avait notamment été marquée par la participation de Richard Gasquet. Le vétéran, qui réalisait sa tournée d’adieu, avait même réalisé l’exploit de remporter le tournoi 22 ans après sa première victoire dans cette catégorie. Il est ainsi devenu le troisième joueur le plus âgé vainqueur d’un tournoi sur le circuit secondaire derrière Ivo Karlovic et Fernando Verdasco. Mais cette année, c’est n’est pas un Mousquetaire qui sera au centre de l’attention. L’organisation a décidé d’attribuer une wild-card (invitation) à Benoît Paire. Le Vauclusien, désormais 686e au classement ATP, tentera de prouver qu’il a toujours du talent à revendre malgré ses 36 printemps. Même s’il manque cruellement de régularité, il est capable d’avoir un éclair de génie par moments. Le dernier en date reste sa victoire en huitièmes de finale du Challenger de Francavilla al Mare, au mois de mai en Italie, sur le Kazakh Timofey Skatov, qui se retrouve être la tête de série n°6 du Challenger de Cassis. Depuis ce valeureux succès, le tennisman, connu pour son caractère bien trempé, n’a plus remporté un match.

  • L’info massacrée

    L’info massacrée

    « Au rythme où les journalistes sont tués à Gaza par l’armée israélienne, il n’y aura bientôt plus personne pour vous informer. » Aujourd’hui, lundi 1er septembre, plus de 150 médias, dont votre journal, répartis sur une cinquantaine de pays, affichent à leur Une ce message terrible. La Marseillaise fait partie de ces médias partenaires de cette initiative mondiale inédite impulsée par Reporters sans frontières (RSF).

    Médias du monde entier

    Nous le faisons en nous associant à des médias du monde entier pour dire stop au massacre de nos consœurs et confrères dans la bande de Gaza : Mediapart (France), Disclose (France), The Independent (Royaume Uni) + 972 Magazine (Israël/Palestine), Local Call (Israël), Frankfurter Rundschau (Allemagne), RTVE (Espagne), L’Humanité (France), Le Desk (Maroc), Photon Media (Hong Kong), La Voix du Centre (Cameroun), Guinée Matin (Guinée), RTE (Irlande), L’Orient Le Jour (Liban), Media Today (Corée du Sud)…

    Le droit d’informer est bafoué par les attaques subies par les journalistes palestiniens qui chroniquent l’enfer vécu par la population gazaouie. Ce droit est piétiné également car depuis octobre 2023, tous les autres journalistes, y compris les journalistes israéliens qui font un travail remarquable (Haaretz notamment), sont dans l’impossibilité de se rendre dans la bande de Gaza. Interdits par
    le gouvernement Netanyahu et par l’armée.

    Ce précédent, gravissime pose avec force
    la nécessité d’avoir une information fiable et pluraliste sur toutes
    les zones de conflits dans le monde.

  • Plus de 200 journalistes palestiniens tués

    Plus de 200 journalistes palestiniens tués

    Chaque semaine, les mêmes scènes d’une dramatique banalité se répètent : des corps inanimés, ensanglantés, sont enveloppés dans des draps blancs et recouverts d’un gilet pare balles siglé « PRESS » en lettres capitales. Des appareils photos ou des caméras encore salis par la poussière des bombardements sont disposés sur ces cadavres. Un symbole, un rappel, une triste réalité : ils ont été tués parce qu’ils étaient journalistes. Leur crime était d’informer.

    Ils sont les yeux de Gaza. Depuis le 7 octobre 2023, au moins 210 journalistes ont été tués dans l’enclave selon le bureau des droits de l’Homme de l’ONU, la grande majorité d’entre eux étaient palestiniens. Pour la plupart, ils ont été tués dans le cadre de leur fonction, ce qui constitue un crime de guerre. À titre comparatif, 13 journalistes ont été tués par les forces russes depuis l’invasion de l’Ukraine en février 2022. Pour rappel : Israël empêche les journalistes internationaux d’accéder au territoire palestinien qu’il occupe à 70%.

    Les images de Khan Younès

    Les images de la dernière tuerie en date ont été largement diffusées dans les médias et sur les réseaux sociaux, provoquant l’émoi et la condamnation de la communauté internationale. La scène se déroule lundi dernier, après l’explosion d’un drone sur l’hôpital Nasser de Khan Younès dans le sud de la bande de Gaza. Alors que les journalistes et les secours se rendent sur place pour aider les victimes et constater les dégâts un bombardement aérien frappe. L’agence de presse Reuters a par la suite indiqué qu’au moment de la première frappe, l’un de ses collaborateurs diffusait un flux vidéo en direct. « Encore plus de journalistes tués aujourd’hui. On fait taire les dernières voix qui dénoncent la mort silencieuse des enfants victimes de la famine. L’indifférence et l’inaction du monde sont choquantes. (…) Cela ne peut pas être notre nouvelle norme pour l’avenir. La compassion doit prévaloir. Mettons fin à cette famine provoquée par l’homme en ouvrant les portes sans restrictions, protégeant les journalistes et les travailleurs humanitaires et sanitaires. Il est temps de faire preuve de volonté politique. Pas demain, maintenant », fustige Philippe Lazzarini, le chef de l’Agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (Unrwa).

    « Je veux mon fils que tu ne m’oublies pas, j’ai tout fait pour te rendre heureux », tels sont les mots de Mariam Abu Dagga, adressé à son fils, Ghaith, 13 ans. La journaliste de 33 ans est l’une des victimes de ces frappes. Indépendante, elle travaillait avec Associated Press, Independent Arabia et MSF. Elle est morte, appareil photo en main, aux côtés de quatre de ses confrères.

    Si Tsahal a reconnu avoir mené ses frappes, elle dit avoir visé et « identifié une caméra placée par le Hamas dans la zone de l’hôpital Nasser, utilisée pour observer l’activité des troupes [israéliennes] afin de diriger des activités terroristes contre elles ». Les soldats « ont agi pour éliminer la menace en frappant et en démantelant la caméra », est-il ainsi écrit dans ce texte du commandant militaire, présentant les résultats de l’enquête. Selon l’AFP, six victimes ont été présentées comme « terroristes » par l’armée israélienne mais aucun de leur nom ne correspondant à aucun de ceux des journalistes tués. Au total, 20 personnes sont mortes ce jour-là.

    « Une fois de plus, j’appelle Israël à cesser de tuer ceux qui tentent d’informer le monde de ce qui se passe à Gaza. Les journalistes, les médecins et les secouristes doivent être protégés à tout moment », martèle Hadja Lahbib, commissaire européenne à l’Égalité et à la gestion de crise. Au-delà des condamnations, de réelles sanctions se font toujours attendre. Le génocide se poursuit.

    L’attaque du 7-Octobre 2023 perpétrée par le Hamas a entraîné la mort de 1 219 personnes côté israélien, en majorité des civils. Sur les 251 personnes enlevées ce jour-là, 49 restent retenues à Gaza dont 27 sont décédées selon l’armée. La guerre déclenchée par Israël a fait au moins 62 744 morts dans le territoire palestinien occupé, en majorité des civils, femmes et enfants essentiellement. Dimanche 31 août, la Défense civile de Gaza a fait état de 16 personnes tuées au cours d’opérations militaires israéliennes dans le territoire palestinien, dont 10 près de sites de distribution d’aide.

    « On fait taire les dernières voix qui dénoncent la mort silencieuse des enfants victimes de la famine. »

  • Inéligibilité et démission d’office pour l’ex-maire de Rognac

    Inéligibilité et démission d’office pour l’ex-maire de Rognac

    Saisi par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques, après avoir constaté par décision du 23 juin 2025 le dépôt hors délai du compte de campagne de Sylvie Miceli-Houdais (UDI), le tribunal administratif de Marseille a condamné l’ex maire de Rognac au non-remboursement de ses dépenses électorales par l’État et déclaré « inéligible pour une durée de six mois » et « démissionnaire d’office ». Ses comptes ont été déposés le 7 mars 2025 plus de trois mois après le délai prescrit.

    Nouveau camouflet

    Si le président du tribunal a considéré que la candidate n’a pas justifié « avoir pris les dispositions pour déposer son compte de campagne en temps utiles, ni avoir été confrontée à des difficultés particulières pour ce faire », celui-ci a pris en compte le fait qu’il s’agissait de sa première campagne électorale en qualité de tête de liste et le montant limité des sommes en cause, et l’absence d’autres irrégularités relevées par la CNCCFP.

    Lors des municipales anticipées tenues les 17 et 24 novembre 2024 après des démissions en cascades au conseil municipal, la liste de la maire sortante, qui avait pris la succession de Stéphane Le Rudulier (LR) devenu sénateur, n’avait convaincu que 13,84% des votants, arrivant en troisième position, loin derrière celles de Willy Nicollet (DVD), son ancien adjoint à la sécurité (34,65%), et du candidat d’extrême droite, Christophe Gonzalez (RN) arrivé en tête avec 38,24% des suffrages.

    Ce désaveu des citoyens était le fruit des scandales qui ont éclaboussé la gestion de Sylvie Miceli-Houdais et celle de son prédécesseur. Un rapport de la Chambre régionale des comptes rendu public cet été, a dépeint cette gestion municipale à la dérive, de 2019 à 2024. Les magistrats y pointaient un manque de pilotage, avec un poste de Direction générale des services vacant durant de deux ans, un cabinet du maire pléthorique, des dépenses de marchés publics explosant les seuils légaux, ou bien encore des frais de mission comportant l’utilisation « dévoyée » d’une carte achat…

    Cette décision du tribunal administratif de Marseille est un camouflet de plus à porter au crédit de la représentante de la droite locale même si ces deux chefs de file, Martine Vassal (DVD) et Renaud Muselier (Ren) ont soutenu la candidature de Willy Nicollet (DVD), au second tour. Dans un jugement rendu le même jour, le tribunal administratif a d’ailleurs été plus clément avec ce dernier qui avait lui aussi déposé son compte de campagne hors délais. Il n’a été condamné qu’au nom remboursement de ses frais par l’État.

  • La dépollution des scories du littoral Sud va démarrer

    La dépollution des scories du littoral Sud va démarrer

    Après sept comités de suivi en Préfecture et deux réunions publiques, la dernière organisée à la Maison du peuple à la Madrague fin juillet, un premier acte sera posé ce lundi dans la dépollution du littoral sud de Marseille*. Les dépôts massifs de scories métalliques, résidus de traitement du minerai de plomb, résultants de près de deux siècles d’activités industrielles, entre le Mont Rose et Callelongue, vont être mis en sécurité.

    En mars 2024, l’Ademe avait été missionnée pour assurer la maîtrise d’ouvrage de ces travaux visant à éradiquer les risques sanitaires liés au transfert de polluants contenus dans les scories vers le milieu naturel et les personnes. 14 millions d’euros ont été alloués au projet fin 2023, cofinancés par l’état, le conseil départemental, la Ville de Marseille et la métropole. En décembre dernier, le tribunal administratif de Marseille avait même condamné l’État à mettre en sécurité les dépôts pollués d’ici 2028.

    « L’objectif sanitaire est prioritaire : ces travaux visent à supprimer le risque d’exposition des personnes aux polluants contenus dans les dépôts de scories présents, en incluant une réhabilitation environnementale et paysagère, tenant pleinement compte des spécificités du site concerné : cœur du Parc national des calanques et site classé », indique la Préfecture qui sait faire face à l’inquiétude des riverains.

    Sept sites traités avant l’été

    L’ensemble du chantier concerne vingt dépôts terrestres identifiés comme prioritaires au regard de leur potentiel de contamination. Sept d’entre eux seront traités la première année de travaux (Samena, Port de l’Escalette, Carneau du mauvais Pas et Calanque des Trous) et treize autres l’année suivante. La « mise en sécurité » se fera selon les spécificités de chaque dépôt soit par « l’élimination complète des scories » soit par « un confinement des résidus au moyen d’ouvrages pérennes. »

    Le calendrier de réalisation des travaux a été fixé à deux périodes de sept mois de 2025 à 2027, entre les 1er septembre et 31 mars. Ce chantier « très encadré en matière sanitaire » insiste la Préfecture, intègre plusieurs dispositifs et protocoles de maîtrise des émissions et dégagement de poussières, ainsi qu’une surveillance régulière de la qualité de l’air et du milieu marin.

    En matière de transport, pour éviter l’engorgement de la circulation d’un secteur déjà surfréquenté, les bus 19 et 20 doivent être renforcés et des zones au-dessus du parking Napoléon et dans le secteur de la Maronaise, serviront de délestage durant les travaux. À noter enfin que deux zones de circulation alternée nécessaires à la bonne conduite du chantier (calanque des Trous et de Mauvais Pas) seront levées chaque week-end.

  • Comment concilier industrie et services publics ?

    Comment concilier industrie et services publics ?

    Réconcilier les usines polluantes avec la protection de l’environnement tout en créant 10 000 nouveaux emplois : c’est la promesse du grand mouvement de réindustrialisation qui anime l’ouest du département depuis la fin de l’année 2023. Mais pour le Parti communiste français et la CGT, ce développement économique doit impérativement être indissociable d’un élargissement des services publics.

    Daniel Bretonnès, secrétaire général de l’Union locale du syndicat CGT, affirmait dimanche, lors du débat du festival Terres de résistance : « L’industrie a besoin de services publics, de routes, de fluvial, de fret ferroviaire… C’est quand même incroyable que l’un des plus grands ports d’Europe, Marseille, ne soit alimenté que par une voie ferrée quand Rotterdam en a douze et Le Havre cinq. »

    Sur ce plan, une première étape historique a été franchie avec le financement du contournement autoroutier de Martigues et de Port-de-Bouc, dont le chantier démarrera en 2027 pour s’achever en 2030. « Un premier maillon vient d’être posé, reconnaît le maire (PCF) Gaby Charroux. Mais il y en a bien d’autres. Nous nous battons depuis des années sur la question des besoins en moyens publics pour la santé des habitants du territoire, je veux parler de l’hôpital de Martigues. »

    « Rétablir la taxe professionnelle »

    Josie, retraitée de l’établissement, témoigne : « L’hôpital est exsangue malgré toutes les interventions qu’on a pu faire, il y a une fuite des effectifs, on ferme des lits, le personnel fait 14 heures de travail en chirurgie… C’est du jamais vu. » Le maire de Martigues admet : « Il nous manque des moyens financiers, des moyens en termes de locaux, des moyens technologiques et des moyens humains. Les urgences sont submergées, ce n’est pas possible. Je suis en contact avec beaucoup de chefs de pôle qui me disent leur dégoût de ne pas voir un schéma directeur se mettre en place. Les choses n’avancent pas, il va falloir peut-être trouver des moyens de pression auprès de l’Agence régionale de santé. » La CGT revendique 170 millions d’euros d’investissements et la création de 90 emplois statutaires, « le minimum pour se remettre à flot » selon Josie.

    Pour un développement économique harmonieux, Daniel Bretonnès préconise le rétablissement de la taxe professionnelle « pour que l’industrie redonne une partie de ses richesses à la région qu’elle impacte et pour qu’on puisse construire du social, du logement, améliorer les écoles, qu’on ait du personnel territorial qualifié ». Le syndicaliste assène : « Les mairies, c’est la démocratie. Si elles n’ont plus la taxe professionnelle ni la taxe d’habitation, elles n’ont plus de pouvoir. Le lien entre industrie et services publics se fera que si on a une réforme fiscale qui va dans le bon sens. »