Author: tecnavia

  • Le maire sortant d’Aubagne Gérard Gazay démarre sa campagne et affiche ses soutiens

    Le maire sortant d’Aubagne Gérard Gazay démarre sa campagne et affiche ses soutiens

    Après avoir, dit-il, « commencé sa campagne à bas bruit » si bas, d’ailleurs, qu’elle était jusque-là inaudible -, Gérard Gazay, 68 ans, élu en 2014 puis 2020, a annoncé, jeudi, qu’il entrait désormais dans le vif du sujet. Dans un environnement où les candidats « sans étiquette » fleurissent, il a déclaré : « Nous affirmons ce que nous sommes, une équipe de droite et du centre, de l’écologie sympathique et raisonnable jusqu’au parti Les Républicains. Nous n’avons aucune concession à faire avec l’extrême droite et avec l’extrême gauche. »

    Bruno Genzana, président du Nouveau Centre, s’est dit « très heureux » d’apporter le soutien de sa famille politique à Gérard Gazay. « J’ai été longtemps vice-président du Département des Bouches-du-Rhône. Les villes sont souvent en compétition et il faut peser pour remporter le morceau. Durant ces deux mandats, tu as été extrêmement engagé, volontaire. Tu défends pied à pied, avec des arguments très solides, les intérêts d’Aubagne. Par exemple le Val’Tram, qui va être inauguré dans quelques semaines », développe le conseiller régional.

    11 partis et mouvements en soutien

    Notamment président de la fédération 13 du Parti radical, Georges Panagiotou a revendiqué : « Soutenir Gérard Gazay, ce n’est pas un calcul de notre part, c’est le choix de la loyauté face à l’opportunisme, du rassemblement face à la division, de l’expérience face à l’improvisation. » Sylvie Brunet, présidente du MoDem 13, a loué « les valeurs » du maire, « la transparence, le dialogue, le respect des autres quelle que soit leur appartenance politique ». à l’exact opposé de tout ce que dénoncent les détracteurs du maire et candidats en lice, notamment, à gauche, Jean-Pierre Squillari (Aubagne en commun).

    Sur la « photo de famille » jeudi il y avait donc aussi, autour du maire sortant, Georges Cristiani, président de l’Union des maires de Provence (qui regroupe 100 maires sur 119), Christophe Madrolle, président de l’Union des centristes et écologistes, Pierre-Gilles Tronconi (Écologie et modernisme), l’UDI, Horizons, LR, Cap sur l’avenir (parti de Renaud Muselier), et Nouvelle Energie pour la France (parti de David Lisnard, maire de Cannes). Le 24 janvier prochain, Gérard Gazay inaugurera son local de campagne. Vers le 9 février, il présentera son programme, et sa liste mi-février.

  • La gauche choisit le logement pour propulser sa campagne à Aix-en-Provence

    La gauche choisit le logement pour propulser sa campagne à Aix-en-Provence

    Si les noms de colistiers proches et le programme restent encore à déterminer, la liste à gauche lance publiquement sa campagne. Rangée derrière Marc Pena, député PS de la 11e circonscription, la liste d’union Aix Avenir, composée des forces de gauche et écologistes (hors LFI), s’est affichée, mercredi soir dans son local rue Granet, derrière son candidat, pour une première rencontre avec le public. Marc Pena est d’ailleurs le premier des quatre candidats en lice pour le fauteuil de maire à avoir tenu une rencontre publique dans un contexte de campagne qui commence à peine à frémir. Chez Philippe Klein (Hor), Julie Boronad (LFI) et Jean-Louis Geiger (RN), les meetings n’ont pas encore commencé. Sophie Joissains, maire sortante (UDI), n’a toujours pas officialisé sa candidature.

    Chez Aix Avenir, c’est donc l’épineuse thématique du logement qui a été choisie pour rassembler les premières foules. Un débat animé par divers acteurs sur le sujet, dont Agnès Daures (DVG), conseillère municipale d’opposition dans le groupe Aix-en-Partage mené par Marc Pena, et commenté par les chefs de file des composantes de l’union. Pour le candidat, Aix « fait face à une crise du logement d’une ampleur inédite (…) notre ville ne respecte pas la loi SRU et accuse un déficit de près de 3 000 logements sociaux ».

    Promesses

    Avant d’annoncer : « Nous mettrons en œuvre une politique du logement d’abord, en considérant qu’avant toute autre aide, la priorité est de permettre à chacun d’avoir un toit », avec « une transparence totale dans les procédures d’attribution des logements », un « encadrement des loyers » et une « lutte contre les logements vacants et une régulation ferme des locations à courte durée ». Outre les promesses de campagne, le constat de mal logement est là, parmi les intervenants et le public militant, comme curieux. L’une des habitantes d’Encagnane évoque les nuisibles, le froid subi dans cette résidence. Un autre, participant aux maraudes sociales pointe le manque de solutions pour sans-abri : « J’en connais deux qui sont décédés sur la période [hivernale, Ndlr.]. » Constat similaire pour Emma Rose, cette étudiante dont la thèse est axée sur les solutions accueil des personnes à la rue dans Aix. Insalubrité, appartements qualifiés de passoires thermiques, logements délaissés… L’éventail des problématiques est large, le rôle de la majorité pointé du doigt. « On a en face de nous une municipalité bourgeoise et de droite dont le moins qu’on puisse dire c’est que le logement pour tous n’est pas sa priorité, et qu’elle préfère la spéculation immobilière au logement social. Ça campe le décor », pointe Agnès Daures. « Il va falloir se battre pour gagner deux fois. D’abord pour que Marc [Pena] soit élu maire : c’est déjà de ça qu’il s’agit. Le second combat est celui du jour d’après. (…) Il va falloir se battre pour que la commune ai les moyens d’appliquer tous les projets, toutes les propositions qu’on a entendues ce soir. C’est la deuxième étape du combat politique », estime David Tessier (PCF). À suivre.

  • Les vœux de fraternité du maire de Port-de-Bouc pour l’année 2026

    Les vœux de fraternité du maire de Port-de-Bouc pour l’année 2026

    « Faire preuve de fraternité, c’est tout d’abord apprendre à se connaître soi-même et avoir la capacité à se mettre à la place de l’autre. » Le maire communiste de Port-de-Bouc, Laurent Belsola, s’est montré quelque peu philosophe lors de la traditionnelle cérémonie des vœux à la population, salle Gagarine, ce jeudi soir. L’élu a notamment abordé le « vivre-ensemble, qui fait que peu importe d’où nous venons, nous construisons une société fondée sur le respect de l’autre, de ses différences et de ses aspirations ».

    Le premier magistrat n’a pas manqué de rappeler « la signature historique du contournement autoroutier », de la Ville, obtenu après 50 ans de lutte des élus communistes de Port-de-Bouc et de Martigues. Laurent Belsola a d’ailleurs salué la présence de Pierre Dharréville et de Gaby Charroux, figures de ce combat

    « Le budget fond »

    Le maire, candidat à sa réélection, a rappelé le rôle des élus locaux, « en première ligne pour répondre aux habitants, malgré le peu de reconnaissance pour leur travail et leur statut ». « Nous faisons face à une équation quasi insolvable : comment apporter des réponses à nos administrés lorsque les budgets des communes fondent comme neige au soleil ? », tance l’élu. « La tâche est difficile, elle demande du courage et de l’espoir », conclut le maire, entouré du conseil municipal… à l’exception du conseiller d’opposition Pascal Spanu (RPR), soutenu par l’extrême droite aux municipales .

  • Bruno Gilles veut en finir avec « l’affaire du portail » des Chutes-Lavie

    Bruno Gilles veut en finir avec « l’affaire du portail » des Chutes-Lavie

    La campagne officielle n’a pas démarré, mais Bruno Gilles (Horizons) est déjà dans le dur. L’ex-député-maire du secteur, candidat de la droite sur les 4e et 5e arrondissements pour les municipales, dénonce une tentative de déstabilisation. « C’est la première fois en quarante ans que je dépose trois plaintes en quinze jours », explique l’ancien patron de la fédération LR des Bouches-du-Rhône. La première pour des menaces de mort, a été déposée le 19 décembre. La deuxième suite au cambriolage de sa permanence, date du 29 décembre, et la dernière pour harcèlement, diffamation et dénonciation calomnieuse, du 9 janvier. « Ça prend de l’énergie, du temps et de l’argent », souffle-t-il.

    Violence politique

    Au cœur de la polémique, le portail de la cité HMP des Chutes Lavie, installé en 2019 par l’assemblée de copropriétaires. « Je n’étais même plus maire, mais on me fait porter le poids de tous les mécontents de ce portail », s’agace Bruno Gilles, accusant à demi-mot l’actuelle mairie de secteur d’en faire une affaire politique avant les élections. « Une histoire hallucinante s’écrit. Dans le quartier, on me dit : mais pourquoi as-tu fermé ce portail ? En gros, je suis un méchant. Donc, je dis stop ! Je n’y suis pour rien », martèle l’élu de droite, acculé dans son fief. « S’attaquer aux Chutes Lavie où je suis né, où je vis depuis trois générations, où j’ai mes meilleurs bureaux de vote… J’y fais plus de 60% au 2e tour en triangulaire. Peut-être qu’ils veulent ronger ce petit os jusqu’à la moelle ? »

    Romain Simmarano (Ren), porte-parole de Martine Vassal, candidate (DVD) à la mairie centrale, est venu en soutien. « C’est le symbole d’une violence politique qui rappelle des époques qu’on croyait révolues. Et le silence de l’héritier des méthodes Guerini, qui est Benoît Payan, est un silence coupable », tance le protégé de Renaud Muselier. Lui, choisit de taper sur le maire (DVG) de Marseille au moment ou sa candidate est distancée par le candidat (RN) d’extrême droite dans le dernier sondage La Marseillaise/Experts et territoires/Ipsos-BVA.

    Dans ce climat plombant, Bruno Gilles esquisse des projets : piétonniser une partie du boulevard Chave, sécuriser les abords des écoles, réaménager la place Sébastopol. Rappelant son opposition à l’implantation de la Halte soin addiction, il plaide « la concertation », critique « les décisions imposées » arguant que lui « sait faire ». Le fiasco de la concertation sur la réhabilitation de la place Jean-Jaurès, sous le dernier mandat Gaudin, n’en est qu’un contre exemple.

  • La FI présente les 13 piliers de sa « politique de rupture » à Marseille

    La FI présente les 13 piliers de sa « politique de rupture » à Marseille

    Conscient d’avoir « des défauts, réels, et supposés », le député LFI se présente comme « l’alternative crédible » face à « six ans de cirque », c’est-à-dire : « Martine Vassal qui a déjà le Département et la Métropole et veut être maire » et « Benoît Payan qui veut être maire avec la Métropole en sous main ». Sébastien Delogu veut être « le maire de Marseille, rien que de Marseille, mais de toute la ville », fort d’une candidature « avec un grand collectif ».

    La France insoumise marseillaise présente un programme de 380 mesures pour une ville « plus juste, solidaire et apaisée ». En rupture avec la Métropole comme Benoît Payan, mais en rupture avec la municipalité, Sébastien Delogu veut reprendre la main sur les compétences « voirie, propreté et transports ». Mais de façon radicale : « Supprimer Aix-Marseille-Provence » avec la proposition de loi que le député a déposé le 23 décembre.

    Une gestion de proximité pour « deux fois plus de transports marseillais. En démultipliant les lignes de bus dans les quartiers et des tram au Nord et vers La Valentine », exige Mohamed Bensaada, qui brigue la mairie des 13-14. Pour la sécurité également, souligne Léa Béjoui, en lice pour la mairie des 4-5, « plutôt que de recruter d’avantage, faire en sorte que la police municipale soit plus investie en prévention, en médiation ». Côté logements, l’objectif de « 30 000 offres supplémentaires » s’appuie sur un moratoire sur les démolitions Anru et sur la construction, la rénovation et la réquisition de logements vides. Déceptions aussi sur les piscines. Nord et Luminy, revues en version complexes sportifs, n’ont pas rouverts. « Des kits piscine pour tous et des petits bassins répartis sur l’ensemble de la ville », propose Victoire Diethelm, candidate à la mairie des 6-8.

    Déçus, mais confiants

    De nombreuses propositions étaient déjà portées par le Printemps marseillais. Encore adjoint au maire aujourd’hui, cofondateur de Vaï, Sébastien Barles soutient la liste LFI et précise : « Ce sont les renoncements que nous pointons. Comme l’encadrement des loyers, c’est une grosse déception. » Le programme LFI promet de faire mieux sur « l’opposition au croisièrisme, aux data centers » ou à « Sodexo, dans les cantines, que nous voulons remunicipaliser ». Avec quel budget et comment faire jouer ce rapport de force ? Rien de très chiffré encore. « Nous irons chercher des crédits à l’échelle européenne, on mobilisera les participations citoyennes », annonce le candidat.

    La campagne surfe sur l’électorat de ceux pour qui Vassal en a déjà trop fait contre Marseille et ceux pour qui Payan n’en aurait pas assez fait. Sur le terrain du mécontentement, comment se démarquer face au RN ? « J’ai largement démontré que le RN votait les lois contre la population. Je suis le seul à l’avoir affronté plusieurs fois dans des débats », défend Sébastien Delogu.

  • Des librairies de plus en plus ciblées par l’extrême droite

    Des librairies de plus en plus ciblées par l’extrême droite

    Dans un contexte où les intentions de vote pour le candidat RN à Marseille prennent de l’ampleur, les librairies qui se veulent refuge de l’esprit critique sont en proie à de plus en plus d’agressions. C’est ce que nous confie Michel Touzet, l’un des fondateurs de la librairie Transit, boulevard de la Libération (1er) à Marseille, qui a vu sa vitrine taguée d’une croix celtique « par l’extrême droite » assure-t-il. « Nous avons porté plainte, sachant qu’il y a très peu de chance qu’on retrouve le type qui a fait ça, mais au moins, la justice s’en occupe, la police fera une enquête, un dossier sera ouvert, ajoute le libraire. Ça permet que, si jamais la situation empire ou s’ils recommencent, cela ne tombe pas tout d’un coup du ciel. »

    « Il y a eu un changement »

    Pour Michel Touzet, dont la librairie associative dénonce depuis 13 ans déjà le fascisme et l’extrême droite à travers les livres proposés et ses soirées, « il y a eu un changement, ils n’hésitent plus. La librairie est un fond de pensée critique, de textes progressistes, notamment antifascistes, donc on est mêmes étonnés que ça n’arrive que maintenant ». Pour lui, le phénomène s’explique en partie par les scores élevés de l’extrême droite « aux législatives ». De quoi libérer, à ses yeux, « pas mal de gens. Ils se permettent de faire des choses maintenant ».

    La librairie Transit est loin d’être la seule à avoir subi des attaques. C’est ce phénomène que va dénoncer la branche Métiers du livre de l’union syndicale SUD Culture Solidaires, lors d’une conférence de presse, ce vendredi à Paris. Leur avocat, Maître Laforcade, sera présent. Un guide d’autodéfense juridique en cas d’attaque sera présenté pour aider les libraires à « faire les bonnes démarches », souligne Michel Touzet. Pour ce dernier, hors de question de se laisser faire : « On ne changera pas de ligne, ça serait nous désavouer. J’arrêterais tout si on devait nous dire qu’on ne pouvait plus faire comme avant. Ça serait sans moi. Ça veut dire qu’ils auraient gagné. » Il ajoute, prudent : « On est un peu plus attentif à notre sécurité. On doit être au moins deux à chaque fois pour ne pas qu’il y ait de mauvaises surprises. »

  • Le futur campus privé ouvrira en 2026 Porte d’Aix

    Le futur campus privé ouvrira en 2026 Porte d’Aix

    « Des écoles dans le numérique, il y en a très très peu dans la région, alors, on vient combler un manque », assure François Stephan, directeur général de l’ECE (école d’ingénieurs), en présentant l’ampleur du futur campus « Omnes éducation », en construction Porte d’Aix. Le colosse universitaire, institution privée, implanté au cœur de la ZAC Saint-Charles, ouvrira ses portes aux étudiants post-bac dès la rentrée 2026. Le site accueillera en son sein trois écoles : Inseec (Institut des hautes études économiques et commerciales), ECE (école centrale d’électronique dédiée à l’ingénierie du numérique) et Sup de Pub (école de communication).

    L’école d’ingénieurs sur Parcoursup

    « Les trois écoles constituent un triptyque pédagogique. Les étudiants pourront travailler ensemble sur des projets », revendique Sylvain Coulange, directeur du campus « Omnes éducation » à Marseille. À terme, le site accueillera 2 600 étudiants sur six étages et dans une surface globale de 6 500 m2. Le directeur général de l’ECE, François Stephan, espère que « d’ici 3 ou 4 ans, 500 élèves soient inscrits à l’ECE Marseille ».

    Le bâtiment, encore en travaux, « sera prêt à accueillir les étudiants en septembre 2026 », assure le directeur du campus. Une fois achevé, le bâtiment comprendra 47 salles de cours, un amphithéâtre de 175 places, une bibliothèque universitaire, un studio photo et vidéo, un rooftop de 500 m2, une salle de sport, des salles de projet ainsi que des cafétérias.

    L’annonce de l’ouverture de ce site, dès la rentrée 2026, résonne avec l’ouverture de Parcoursup le 19 janvier pour les étudiants de terminale, ainsi qu’avec la tenue du salon de l’étudiant à Marseille, ces 16 et 17 janvier. « Le programme ingénieur de l’ECE à Marseille sera proposé sur Parcoursup pour permettre aux étudiants de s’inscrire, via concours, à notre école », précise François Stephan. Les élèves, pour entrer en première année dans cette grande école, seront sélectionnés selon leur dossier et leurs notes au concours Avenir sur Parcoursup.

    Logement « via Airbnb »

    Une promotion de 50 élèves est ouverte en 2026. Le coût annuel de « la grande école de l’ingénierie et de l’IA » est d’environ 10 000 euros. Elle accueille 25% de boursiers du Crous. Interrogés sur la question du coût de la vie étudiante et du logement, Sylvain Coulange, François Stephan et Marc-Henri Desportes, président exécutif du groupe « Omnes éducation », signalent que « 25% de nos étudiants sur Marseille se logent via Airbnb ». Une visite du directeur d’Airbnb est prévue prochainement, lors d’une masterclass, afin « d’évoquer ces questions de logements ». Par ailleurs, « deux résidences étudiantes privées sont en train de se construire à proximité », ajoutent-ils, pouvant permettre aux étudiants de se loger.

  • Apollonia : prison ferme et mandat de dépôt pour une ribambelle d’escrocs

    Apollonia : prison ferme et mandat de dépôt pour une ribambelle d’escrocs

    « Vous êtes le corps et la tête pensante avec votre épouse de l’escroquerie en bande organisée », a lancé la présidente Azanie Julien-Rama à Jean Badache, 71 ans, serein voire décontracté dans la salle de la caserne du Muy, où plus d’une centaine de victimes se pressaient.

    Plus de vingt ans après les faits, l’escroc hors norme a été condamnée jeudi, avec son épouse Viviane, 69 ans, à la même peine de 7 ans d’emprisonnement ferme – contre dix ans requis – assortie d’un mandat de dépôt à effet différé et pour chacun 2,5 millions d’euros d’amende. Leur fils adoptif Benjamin, 48 ans, écope de 4 ans dont un an sous bracelet et 100 000 euros d’amende. Ce qui a pu être saisi à hauteur de 20 millions d’euros de leur immense patrimoine est confisqué, ainsi de leur villa luxueuse à Cassis, d’un palais à Marrakech. Le tribunal reste convaincu qu’ils ont lessivé à l’étranger une grande partie de leur fortune accumulée de 1997 à 2009 en vendant 5 305 biens immobiliers pour un montant phénoménal de 1,239 milliard d’euros.

    Le tribunal reste convaincu que Jean Badache « continue de tirer une certaine fierté » de ses agissements, mû qu’il était par « une volonté de revanche sociale et d’enrichissement hors-norme ». Le couple a organisé la dissimulation des revenus avec des montages financiers complexes entre la Suisse, le Luxembourg et le Maroc, preuve encore du « caractère extraordinairement lucratif » de leur escroquerie.

    Le tribunal a décortiqué le système Apollonia, société aixoise de conseil en investissements immobiliers qui s’est attachée le concours « d’hommes de loi pour donner une apparence de légalité et de respectabilité à ses opérations » qui aboutiront à la plus grande escroquerie immobilière et financière jamais commise en France. Apollonia, dissoute par le jugement, a soutiré 35 millions d’euros de dividendes en plumant 762 victimes ficelées – surtout des médecins – puis étouffées sous les empilements de crédits, même si selon le tribunal, rien n’établit que les banques savaient. Un de ses meilleurs commerciaux a dit que Jean Badache les poussait en leur disant « tous les matins un pigeon se lève et il faut aller chercher ».

    « Un enrichissement

    hors-norme »

    Les quatre commerciaux sont lourdement condamnés. Jusqu’à 5 ans ferme, 300 000 euros d’amende, confiscation de biens et interdiction définitive de gérer contre François Melis, le commercial qui a généré le plus gros chiffre d’affaires, s’assurant 1 million d’euros par an de revenu.

    Le système consistait à déposséder l’acquéreur du contrôle du déroulé des opérations organisées pour être opaques afin de prévenir tout contact entre les emprunteurs et les banques. Dès le départ, chacune des opérations allait être « forcément déficitaire quels que soient les aléas économiques » et « conduire nécessairement à la ruine des acquéreurs ».

    Quant aux notaires, si le Lyonnais Philippe Rambaud est relaxé « faute d’établir qu’il avait eu connaissance du processus délictueux », deux autres sont reconnus coupables d’avoir fait allégeance à Apollonia « par aubaine financière » : l’Aixois Jean-Pierre Brines, 77 ans, écope de 5 ans de prison dont 2 ans sous bracelet vu son âge, et 700 000 euros d’amende. « Sans vous, Apollonia n’aurait pas pu prospérer. Vous avez détourné votre office par volonté d’enrichissement. » Le Marseillais Philippe Jourdeneaud, 65 ans, qui a agi « de manière servile », écope de 5 ans dont 18 mois ferme sous bracelet, 300 000 euros d’amende. Pour les deux, une même interdiction définitive d’exercer.

    Complice de l’escroquerie et de blanchiment en bande organisée, l’avocat d’Apollonia, Me René Spadola, 61 ans, qui avait en main les éléments sur le processus frauduleux mis en place, écope de 5 ans de prison dont 2 sous bracelet, 300 000 euros d’amende et l’interdiction définitive d’exercer dans l’immobilier.

    « Les personnes condamnées sont entièrement responsables. Il nous incombe de réparer intégralement le préjudice », dit le tribunal, qui a fixé des dates d’audiences pour les intérêts civils.

  • Colère sociale crescendo au conservatoire de Marseille

    Colère sociale crescendo au conservatoire de Marseille

    « La sirène a retenti, on a dû sortir. » Ce jeudi matin, Jean-Marc Coppola, adjoint (PCF) à la culture à la mairie de Marseille, comme les autres membres du conseil d’administration de l’Institut national supérieur d’enseignement artistique Marseille-Méditerranée (Inseamm), dont le directeur général Raphaël Imbert, ont dû quitter l’instance après son interruption fortuite… Et devant une « haie du déshonneur » faite par plusieurs dizaines d’agents, enseignants aux Beaux-Arts, du conservatoire ou encore agents d’accueil. Lesquels ont largement hué la direction avec des slogans sans fausse note : « La direction s’engraisse, la pédagogie régresse » ou encore « direction gavée, école asphyxiée ». La veille, le conservatoire Pierre-Barbizet était fermé du fait d’une grève des agents d’accueil, en lutte depuis plus d’une semaine, pour « plus de reconnaissance » (lire nos articles du 07/01 et 15/01).

    En bref, la colère monte crescendo et les différents corps de l’Inseamm accordent leur violons pour se faire entendre. « Je suis agent ici depuis 1985 et c’est la première fois que je vois un tel mouvement », glisse un travailleur de la culture. Vincent Robinot, élu du Snam-CGT, résume la problématique : « On a le sentiment que la direction générale est sourde aux inquiétudes que l’on exprime depuis bien longtemps. Le projet du campus Art Méditerranée met à mal l’enseignement des arts dans nos établissements. » Avant de prendre un exemple concret : « On voit des embauches au secrétariat général, chez les hauts-cadres, mais aux Beaux-Arts et au conservatoire, pour les agents au contact, il y a des baisses de budgets. » L’écho est sensiblement le même chez les agents d’accueil : « Un sous-effectif, des horaires qui explosent, des missions qui s’alourdissent et des salaires qui stagnent. »

    « Des mesures d’avancées sociales »

    En bon chef d’orchestre puisque président du conseil d’administration, Jean-Marc Coppola veut calmer le tempo : « Il y a des revendications légitimes des agents d’accueil, on a fait des propositions qui ne les satisfont pas, on peut l’entendre. On va se remettre autour de la table. » Sur les critiques de gestion et autour du campus Art Méditerranée, il hausse le ton : « Il y a de l’incompréhension de la part des représentants des personnels. On a un projet qui vise à créer de nouveaux partenariats, à aller chercher des moyens supplémentaires. » Et rappelle tout un panel de « mesures d’avancées sociales » à la fois salariales et indemnitaires mises en place.

    Sur le fond, il renvoie à une situation budgétaire complexe : « Les moyens de l’établissement sont assurés à 80% par la Ville de Marseille, c’est plus de 16 millions d’euros. La contribution a augmenté depuis le début du mandat. Par contre, celle de l’État a diminué et il n’y a aucune contribution de la Région, ni du Département, ni de la Métropole. » Une nouvelle réunion est prévue, ce vendredi entre grévistes, direction et présidence du conseil d’administration.

  • Malgré les intimidations de l’extrême droite, à Aix, le collectif ne cède pas

    Malgré les intimidations de l’extrême droite, à Aix, le collectif ne cède pas

    « Dans notre pays, notre imaginaire collectif véhicule toujours des valeurs progressistes, solidaires, féministes, écologistes, antiracistes, démocratiques… », assure Alain Hayot, sociologue et politologue venu tenir une conférence à Aix, jeudi soir, en lien avec son dernier livre Face aux nouveaux monstres le sursaut (éditions l’Humanité). A vingt-quatre heures de la venue de Marine Le Pen (RN) à Marseille ce vendredi pour soutenir la candidature de Franck Allisio à la mairie, Alain Hayot appelle à « reconstruire un espoir dans un avenir de progrès social et écologique », lors de cet événement organisé par le Collectif aixois contre l’extrême droite.

    Cette association, qui a récemment été confrontée à la montée de l’extrême droite, en a fait les frais : lors de la conférence Soyons-Woke, en mai dernier, des militants néofascistes se sont mobilisés ; lors de distributions de tracts contre la tenue d’événements liés à Pierre-Edouard Stérin, des « insultes verbales » ont été proférées ;le collectif d’extrême droite Némésis a ensuite perturbé le Cercle du Silence, manifestation pour les droits des personnes immigrées…

    « Les intimidations à Aix sont périodiques, pas régulières, explique Philippe Sénégas, co-président du Collectif. L’intervention de Némésis est relativement récente. » Un autre militant pointe : « Les bataillons d’ultra-droite ont toujours été alimentés par la jeunesse, mais ils sont plus actifs, recrutent davantage à la faveur de l’amplification du score RN. » « Ce qu’il y a de nouveau, c’est qu’ils se montrent, ont une puissance électorale et se sentent légitimes. Depuis 6 mois, il y a eu un point de bascule », note Luc Foulquier (PCF), membre du Collectif. En cause, selon lui, la médiatisation accrue des figures à la tête du parti d’extrême droite.

    « Il y a une différence entre les forces politiques établies (d’extrême droite) et les groupuscules identitaires. Mais ces groupuscules identitaires fournissent beaucoup de cadres au RN ou à Zemmour », recontextualise Alain Hayot, qui encourage : « Cela dit, pas de confusion, tous les instituts de sondages montrent que près de 70% sont hostiles à l’extrême droite. » Le Collectif, de son côté, poursuit son travail.

    Le RN coupe les vivres aux collectivités

    « Le RN n’aime pas les villes, Franck Allisio n’aime pas Marseille », s’indigne, dans un communiqué, l’équipe du Printemps Marseillais au nom du maire Benoît Payan (DVG), candidat à sa succession.

    L’Assemblée nationale a adopté, ce mercredi 14 janvier, un amendement du Rassemblement national visant à baisser de près de 5 milliards d’euros la dotation globale aux collectivités locales en 2026. « À Marseille, cette baisse correspond à une perte de 50 millions d’euros : c’est plus que le salaire de l’ensemble de nos policiers municipaux et supérieur au budget total de la cantine scolaire de nos enfants », a calculé le Printemps, qui promet de « continuer de lutter pour un service public de qualité ».

    La droite aussi a voulu réagir. « Incroyable mais vrai : à Paris, le RN et Franck Allisio viennent de faire perdre 43,6 millions d’euros aux Marseillais rien qu’en 2026 », twitte ainsi Romain Simmarano, porte-parole de Martine Vassal, candidate (DVD) à Marseille. Et d’ajouter : « L’équivalent (en tout) d’une école rénovée, d’une piscine construite et de deux postes de police qu’on aurait pu installer dans nos quartiers.»