Author: tecnavia

  • Des jeunes parlementaires pour construire avec la Région

    Des jeunes parlementaires pour construire avec la Région

    « Nous vous donnons la parole mais aussi les moyens d’agir », a indiqué le président (Ren.) Renaud Muselier dans l’hémicycle rempli de parlementaires âgés de 15 à 22 ans, lors de la session inaugurale, samedi, du Parlement régional de la jeunesse (PRJ). Issus des cinq départements, ces lycéens des filières générale, technologique, technique et agricole, apprentis et étudiants en formation professionnelle ou sanitaire et sociale, disposent d’un budget de 50 000 euros pour faire émerger des actions concrètes au sein de la politique régionale à destination de la jeunesse.

    Il y a 9 ans, sur le modèle du Département, « on s’est dit que faire découvrir le fonctionnement des instances démocratiques à la jeunesse était une bonne idée. Au fil du temps, les jeunes s’en sont emparés et sont passés des recommandations aux propositions. L’idée est devenue une boîte à idées », explique Renaud Muselier. Avouant son « incompréhension face à la montée des tendances suicidaires chez les jeunes », il entend puiser dans cette génération les enseignements capables « de nous faire avancer sur des problématiques propres à leur époque. Nous sommes les mêmes, mais dans un contexte différent ».

    Un lien intergénérationnel

    Le PRJ a déjà à son actif des travaux autour du devoir de mémoire, de la promotion d’actions écologiques innovantes, du développement de la pratique sportive en lien avec l’organisation des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver 2030. « C’est une chance de faire part de problématiques du quotidien, et de se dire que quand on peut les régler, les conseillers sont à l’écoute », a souligné, fort de deux mandats, Loris Martin, 19 ans, désormais étudiant en 2e année de droit.

    La nouvelle session organisera son travail sur les thèmes de l’Europe, de la communication, du développement durable, de la lutte contre le harcèlement en milieu scolaire, de la citoyenneté et du sport et les Jeux olympiques et paralympiques. Dans l’hémicycle, la curiosité et l’intérêt des jeunes se sont déjà fortement exprimés. « Peut-on financer des projets pour lutter contre la désinformation ? », « Comment aider ceux qui passent le Bafa à trouver des stages pratiques ? » ou « comment lutter contre le mal-être des jeunes ? »

    Ce nouveau mandat constitue pour ces 123 jeunes « une école formidable pour apprendre à devenir acteur de la vie publique » a salué Bruno Genzana (Les Centristes), président de la commission jeunesse. Une occasion, pour David Galtier (DVD), vice-président de la Métropole délégué aux Sports, aux équipements sportifs et aux JO, de « montrer que la jeunesse n’est pas seulement l’avenir mais le présent. Vous n’êtes pas là pour suivre mais pour proposer. Nous, pour transmettre ». Et, en un mot, « Osez ! » ont encore encouragé Élodie, Julie et Hakim, venus témoigner de leur expérience au sein du PRJ.

  • Alerte des auto-écoles sur la pénurie d’inspecteurs

    Alerte des auto-écoles sur la pénurie d’inspecteurs

    Le délai d’attente est de 85 jours en moyenne pour les candidats à l’examen. La pénurie a atteint un niveau record, estiment les organisations professionnelles représentatives des écoles de conduite. Mobilisée au national depuis septembre, l’intersyndicale demande le recrutement de 150 inspecteurs et 20 délégués au permis de conduire supplémentaires.

    Après Paris, Lyon et Evreux, et avant Bordeaux le 3 novembre prochain, les différents acteurs de la formation à la conduite (Mobilians, Unidec et Unic, le syndicat majoritaire des inspecteurs et délégués du permis de conduire, Snica-FO, les réseaux ANPER, CER et ECF et les principaux éditeurs pédagogiques, Codes Rousseau et ENPC-Ediser) organisent une nouvelle opération escargot ce 27 octobre dans les Bouches-du-Rhône pour alerter le gouvernement. Le cortège partira du boulevard de l’Europe à Vitrolles pour emprunter l’A7, bifurquer sur l’A55 et prendre la direction du tunnel du Vieux-Port afin de rejoindre la Corniche Kennedy, pour finir sur la place Castellane via le Prado à Marseille.

    « Nous avons demandé à être reçus en préfecture de région », explique Patrick Mirouse, président du Groupe ECF, dont le siège est à Marseille, qui considère cette mobilisation comme « historique ». La longueur des délais d’attente « pénalise énormément de monde, particulièrement en zone rurale. Aujourd’hui, l’âge moyen d’obtention du permis est de 24 ans et un jeune sur deux refuse un emploi faute de permis », précise-t-il.

    Apprentissage dès 14 ans

    L’intersyndicale, porte des solutions, en plus du recrutement d’inspecteurs, pour résorber les délais d’attente. Notamment, « une formation minimale de 28 heures de conduite, équivalent à la généralisation de la filière d’apprentissage en conduite accompagnée, garante d’un apprentissage solide et d’une meilleure préparation à l’examen ». En complément des revendications portées par l’intersyndicale, le président du Groupe ECF avance plusieurs propositions. A commencer par « généraliser la conduite accompagnée, la rendre obligatoire, serait un bon départ. Car ce qui fait un bon conducteur, c’est sa formation ». La conduite accompagnée serait la filière la plus performante avec 75% de réussite dès la première présentation, contre 57% en filière classique. « avec 28h de cours contre 35 en moyenne, elle est plus sûre, plus économique et plus efficace. C’est la clé de la résolution de la crise actuelle tout en améliorant la sécurité routière », assure Patrick Mirouse.

    Fort de ses 50 ans d’expérience, le Groupe ECF propose même d’ouvrir la conduite accompagnée dès 14 ans. « Plus un jeune apprend tôt, plus il développe des automatismes solides et une expérience diversifiée qui sécurisent son futur comportement au volant », argumente-t-il. Enfin, pour augmenter le taux de réussite aux examens, ECF propose également d’instaurer un test de fin de formation afin de réserver les places aux candidats qui sont prêts.

    Une visite médicale tous les 15 ans

    Une mesure « discriminatoire, coûteuse et inutile pour la majorité des automobilistes », juge l’association 40 millions d’automobilistes. Elle s’oppose à la révision des règles encadrant le permis de conduire que les eurodéputés ont adopté le 21 octobre. Cette dernière prévoit une validité limitée à 15 ans et ouvre la porte à la mise en place d’une visite médicale obligatoire pour tous les conducteurs. L’association rappelle que « les situations médicales nécessitant un contrôle sont déjà encadrées » et que « le permis est un diplôme, un droit qui ne peut être remis en question ». Elle lance une consultation nationale « Vieillir et Conduire », accessible sur www.vieilliretconduire.fr. M.G.

  • Plus de 110 000 euros récoltés pour sauver des vies en mer

    Plus de 110 000 euros récoltés pour sauver des vies en mer

    Un moment de solidarité et de sensibilisation sur le sauvetage en mer, c’était l’ambition du concert organisé samedi au Dôme (4e), à l’initiative des Mutuelles de France. Et l’objectif est presque atteint, en chiffre au moins : 111 000 euros ont été récoltés, contre 150 000 espérés. Le Projet Aquarius, qui aide les jeunes rescapés à reconstruire leur rapport à l’eau, la Société nationale de sauvetage en mer, qui officie au large de toutes les côtes françaises, et le bateau de sauvetage Louise Michel, qui se concentre sur la Méditerranée, sont trois des quatre associations bénéficiaires. La quatrième, Aide aux populations précaires et immigrées, est basée à Marseille et accompagne les personnes exilées dans leurs recours aux droits et démarches administratives.

    De 19h à 00h, 16 artistes se sont succédé sur scène. Parmi eux : Rim’K, interprète de Tonton du bled avec le 113 et Alonzo, célèbre rappeur marseillais. Zamdane, rappeur à l’origine de l’événement, est lui aussi monté sur scène, malgré la polémique liée aux accusations d’agressions sexuelles que portent à son encontre plusieurs collectifs féministes.

  • La menace de l’extrême droite omniprésente dans le Var

    La menace de l’extrême droite omniprésente dans le Var

    Dans un département qui a envoyé lors du dernier scrutin électoral six députés RN sur sept à l’Assemblée nationale, la menace de l’extrême droite plane sur pas mal de clochers varois. D’autant que les digues sont en train de sauter sous l’effet de prises de parole chez LR allant plus dans le sens de l’union des droites que du front républicain dynamité par Bruno Retailleau lui-même. Le Rassemblement national espère donc profiter de cette ambiance délétère pour jouer les trouble-fêtes partout où il le pourra. Avec hélas des chances de succès dans les deux plus grandes villes du Var que sont Toulon et La Seyne, si l’on n’y prend garde.

    Dans le Port du Levant pour commencer, la seule circonscription qui ne soit pas tombée dans le giron du parti à la flamme fasciste, c’est Laure Lavalette, l’une des porte-parole de Marine Le Pen lors de la dernière présidentielle, qui entend bien prendre la ville. Habituée des plateaux télé et bénéficiant d’un public dans la ville préfecture qui l’interpelle par son prénom, elle compte bien cacher derrière son sourire tout ce qui pourrait l’empêcher de briser le plafond de verre, y compris l’idéologie de son parti.

    Pour y faire face, à droite, le candidat LR Michel Bonnus, sorti du bois très tôt, souhaite lui aussi capitaliser sur son capital sympathie plutôt que de s’aligner sur Paris, pour essayer d’attirer au-delà de son propre camp. Pour ce faire, il vient la semaine dernière sous la pression de la gauche de clarifier sa position, en précisant que face au RN il voterait sans hésiter pour un candidat socialiste contrairement à son mentor et secrétaire général du parti Les Républicains.

    Il faudra également compter avec la participation de la maire sortante sans étiquette Josée Massi qui continue à gérer la ville mais n’a probablement pas dit son dernier mot. Elle est en effet à même de créer la surprise avec une liste renouvelée en entraînant derrière elle un électorat centriste rassuré par la rigueur et la loyauté de celle qui a su dans la tourmente rester droite dans ses bottes. Et lui reconnaissant aussi, son aptitude à écouter son opposition progressiste.

    La gauche a de son côté, avec Toulon en Commun, l’atout de l’unité, avec sous sa bannière le rassemblement de toutes les composantes des partis qui s’en réclament (hormis LFI, pour l’instant) élargie aux forces syndicales, associatives et citoyennes. Une équipe menée par la socialiste Magali Brunel désignée par l’Assemblée populaire souveraine. C’est l’instance où toutes les décisions sont prises dans la transparence. Une liste solidaire, écologiste et citoyenne à même de rassembler largement au-delà du camp des progressistes.

    À La Seyne, en revanche, le rassemblement de ce côté de l’échiquier politique n’est pas pour l’heure complètement scellé. Mais on voit mal la gauche, alors qu’elle est capable de reconquérir l’ex-Cité des Chantiers, s’embourber dans des querelles d’ego. Gageons que l’esprit de responsabilité guide les pas de tout le monde.

  • Vaucluse : la gauche en résistance face au RN

    Vaucluse : la gauche en résistance face au RN

    En mars, 151 conseils municipaux seront renouvelés dans le Vaucluse. Sans faire injure à Saint-Léger-du-Ventoux et sa trentaine d’habitants, les regards se tourneront ailleurs. Dans la préfecture Avignon, les jeux sont très ouverts depuis l’annonce surprise de Cécile Helle, maire (PS) depuis 2014, de ne pas briguer un 3e mandat. Sa majorité sortante se divise pour l’heure entre plusieurs candidats possibles : David Fournier (PS), Joël Peyre (PRG), Paul-Roger Gontard (La Convention) tandis que le Premier adjoint, Claude Nahoum soutient le néophyte Benoît Belvalette (Place publique). Tous martèlent que l’union est indispensable. Mais derrière qui ? Chez les insoumis, Mathilde Louvain a été désignée tête de liste. Le camp du centre et de la droite est aussi éclaté avec Olivier Galzi (SE), Stephan Fiori (DVD) – qui sont candidats officiels – et les deux Julien, Paudoie (bloc macroniste) et Aubert (LR) qui lambinent. Enfin, la cheffe de file de l’opposition RN, Anne-Sophie Rigault a de nouveau été investie.

    L’extrême droite, après avoir soutenu 13 candidats en 2020, compte bien tripler ses représentants. Le RN a ainsi investi Christian Richaud à Carpentras, Franck Marest à Bollène et a dévoilé des représentants à Monteux, Vedène ou Entraigues-sur-la-Sorgue, où le sortant (PCF) Guy Moureau ne s’est pas encore prononcé. Autant de communes susceptibles de basculer comme avant elles Le Pontet, Camaret puis Morières. Les trois maires RN sortants se représentent. Au Pontet, un front républicain du PCF au centre droit se construit derrière Jean-Firmin Bardisa. Le sortant RN Joris Hébrard affrontera aussi son 1er adjoint, Patrick Suisse… À Morières, Annick Dubois (PS) est pressentie pour mener l’union de la gauche. Fief de l’extrême droite depuis 1995 avec les Bompard père puis fils, Orange est suspendue à une décision de justice prévue en décembre, qui pourrait rendre inéligible le maire (Ligue du sud) Yann Bompard et la toujours députée RN Marie-France Lorho. En froid, les deux élus sont des candidats potentiels. En face, une tentative de large alliance gauche et droite a échoué cet été. À Carpentras, le maire (DVG) Serge Andrieu a été donné en tête d’un récent sondage, talonné par son prédécesseur Francis Adolphe (ex-PS). L’extrême droite est divisée avec la candidature de l’élu d’opposition Bertrand de la Chesnais, (ex-RN et Reconquête). À Bollène aussi, l’extrême droite devrait partir à plusieurs entre le RN et possiblement l’ex-maire Marie-Claude Bompard. Le maire (SE) Anthony Zilio devrait se représenter. À Cavaillon, c’est encore morne plaine pour tenter de succéder à Gérard Daudet (LR) qui n’a pas fait connaître ses intentions. Enfin, à Apt, la droite cherche un successeur à la maire sortante LR Véronique Arnaud-Deloy qui ne se représente pas. Céline Celce (Génération.s) incarnera l’union de la gauche.

  • Débat autour du centre de primatologie de Rousset

    Débat autour du centre de primatologie de Rousset

    La concertation publique sur le projet d’extension du centre national de primatologie (CNP) se poursuit. Une table ronde s’est tenue ce samedi après-midi au sein du site marseillais du CNRS (9e). Les chercheurs ont ainsi tenté de répondre aux questions de ceux qui s’y opposent.

    C’est la station déjà existante de Rousset, implantée en 1978, qui a été choisie pour ce projet. Quelque 300 primates y sont déjà accueillis, le but est d’étendre la capacité jusqu’à 1 800 animaux. « On a une équipe sur place d’animaliers qui sont spécialisés dans le soin aux primates et de vétérinaires qui travaillent à plein temps pour le suivi médical de ces animaux », explique Alexia Cermolacce, vétérinaire et directrice de la station de primatologie de Rousset. Selon les graphiques présentés au public, les critères et exigences au sein du CNP seront même supérieurs au cadre réglementaire européen. Les primates ne souffriront pas de « stress lié au transport aérien », étant donné que l’élevage sera local et pourront bénéficier de socialisation.

    Alors, pourquoi les primates ? Les exemples sont nombreux, Emmanuel Procyk, directeur de recherches au CNRS détaille leurs spécificités s’agissant du système nerveux. « Les primates ont évolué et ont un cortex frontal qui est spécifique et qu’on ne retrouve pas chez d’autres espèces. C’est une structure qui participe à la prise de décision et au comportement de résolutions de problèmes », indique-t-il avant de préciser : « C’est une structure très fragile qui est impliquée dans quasiment toutes les maladies psychiatriques et peut nous aider à comprendre comment y remédier. » Puis, il rappelle le rôle de ces primates dans la production des vaccins pour la polio, la fièvre jaune et pour le Covid-19.

    « Où ça va s’arrêter ? »

    Lors des sessions de questions / réponses, de nombreux défenseurs de la cause animale ont exprimé leurs inquiétudes. « C’est frappant de voir que le Royaume-Uni et l’Allemagne ont commencé leur baisse il y a trois ans et la France est restée au même niveau », proteste Roland Cash, médecin vice-président de l’association Transcience. « Où ça va s’arrêter ? », questionne un participant dans l’audience. « Pourquoi ne pas utiliser de l’intelligence artificielle ? », demande une internaute. À plusieurs reprises, les chercheurs ont rappelé que lorsqu’il est possible, d’autres alternatives sont privilégiées.*

    Le coût total du projet est estimé à 31 millions d’euros. La concertation, initiée par le CNRS, est prévue pour durer un mois, jusqu’au 16 novembre. Deux réunions publiques sont organisées les 5 et 13 novembre, après une visite de la station de primatologie fixée au 4.

    * La totalité des échanges et du projet est disponible sur www.cnrs-concertation-cnp.fr

    CHIFFRES

    1 800

    C’est le nombre de primates qui devraient être élevés et hébergés au sein de ce centre – en majorité des macaques cynomolgus – dont la superficie est estimée à quelque 6 033 m2 en surface de plancher. Actuellement peut accueillir 600 primates.

    80

    C’est le nombre de professionnels qui exerceront au sein du site de Rousset, dédiés exclusivement à ces animaux et à leur bien-être.

    31

    En millions, c’est le montant de ce site au total. En détail, 30 millions d’euros proviennent de l’Agence nationale de la recherche (ANR) à travers le plan France 2030 et le million d’euros restant émane des fonds propres du CNRS.

  • Budget : l’examen se poursuit, jusqu’à la censure ?

    Budget : l’examen se poursuit, jusqu’à la censure ?

    Le compte à rebours est lancé. Les députés poursuivent ce lundi matin l’examen du projet de loi de Finances pour 2026 par les articles 4, 11 et 12. Il s’agit respectivement des textes sur la prorogation en 2026 avec division par deux des taux de la contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises, sur l’anticipation de la suppression progressive de la CVAE (cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises) et sur le renforcement des dispositifs fiscaux de soutien à la géographie prioritaire de la politique de la ville. À eux seuls, ces trois articles cumulent plus de 500 amendements.

    Cet ordre de priorité a été choisi par le gouvernement et annoncé par la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin ce samedi soir, prétextant « la présence aux bancs du ministre Roland Lescure [ministre de l’Économie, Ndlr] qui aura, dans le reste de la semaine, des obligations qui le retiendront loin de Paris ». Ce qui repousse, de fait l’examen de la taxe Zucman, à plus tard dans la semaine.

    « À quel moment vous fixez votre deadline pour voir si vous arrivez à vous mettre d’accord avec le Parti socialiste sur la taxe Zucman, pour qu’on puisse savoir à peu près à quel moment elle sera examinée dans l’hémicycle ? », assène le député LFI Manuel Bompard dans l’hémicycle samedi soir à l’adresse de la ministre, à l’issue de débats houleux. Le coordinateur national des insoumis accuse les socialistes de mener des tractations secrètes avec le gouvernement. Le Premier secrétaire du PS s’en est défendu le lendemain sur le plateau de LCI « les contacts existent avec Sébastien Lecornu et sont normaux (…) Pour l’instant, nous n’avons jamais réussi à conclure sur quoi que ce soit mais la discussion existe », déclare Olivier Faure. Et le leader des socialistes de menacer le Premier ministre : « S’il n’y a pas de marge de manœuvre pour corriger le projet de loi de Finances et la loi de financement de la Sécurité sociale, ce sera terminé. » L’ultimatum est fixé à la fin de la semaine, « si le budget tombe, il n’y aura pas d’autre choix que de censurer et ensuite d’aller à la dissolution », assure celui qui est également député de Seine-et-Marne.

    Le vote solennel sur la partie « recettes » du budget est prévu le 4 novembre.

    Larcher menace

    la réforme des retraites

    Les membres de la commission des Affaires sociales débuteront en parallèle l’examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) auquel une lettre rectificative a été ajoutée pour suspendre la réforme des retraites. Depuis l’annonce du Premier ministre lors de sa déclaration de politique générale, de suspendre l’unique loi significative des macronistes, rejetée par les Français, le socle commun manifeste son agacement, la droite en tête.

    Cette fois, les menaces prennent une nouvelle tournure. « Le Sénat rétablira la réforme des retraites », fait savoir dans un entretien au Parisien le président de la chambre haute du Parlement Gérard Larcher. « Nous la votons depuis cinq ans. Je rappelle que son abandon, c’est 30 milliards de déficit en 2035 », justifie-t-il alors que la droite est majoritaire sur les bancs du palais du Luxembourg.

  • Dans les Bouches-du-Rhône, des porosités risquées entre droite et extrême

    Dans les Bouches-du-Rhône, des porosités risquées entre droite et extrême

    Au fil des semaines et des déclarations successives de candidature, la poussière retombe progressivement sur les municipales dans les Bouches-du-Rhône. À commencer par sa ville centre, Marseille, où la campagne est déjà bien engagée alors que doit s’appliquer un nouveau mode de scrutin avec deux urnes. L’extrême droite a dégainé en premier, avec la candidature dès le mois de juin du député RN de Marignane, Franck Allisio, jouant sur la normalisation du parti lepéniste et les débauchages d’élus de secteur à droite qui se poursuivent de mois en mois.

    Dans une ville où un tiers des électeurs, lors des derniers scrutins nationaux, votaient pour l’extrême droite, le sénateur Stéphane Ravier lui a enlevé une épine du pied en se retirant de la course début octobre pour lui apporter son soutien. À droite, la présidente (DVD) de la Métropole et du Département Martine Vassal a précipité sa candidature à la rentrée, durcissant le discours pour prendre des voix à l’extrême droite. Jusqu’à créer des tensions avec l’ex-secrétaire d’État Sabrina Agresti-Roubache, tandis que l’ex-maire des 9-10 Lionel Royer-Perreaut a annoncé quitter la vie politique, refusant de la soutenir. Le docteur Frédéric Collart (DVD), candidat, se fait désormais discret. Les insoumis, approchés par l’adjoint écologiste Sébastien Barles et son collectif Vaï Marseille, ont de leur côté adapté leur calendrier au contexte national, même si le député Sébastien Delogu ne cache pas son ambition. Quant à la majorité bien en place, le Printemps marseillais retarde son entrée en campagne après une démonstration de force à la rentrée, mais a reçu le soutien des communistes et d’écologistes frappés par la mise en retrait de leur chef de file.

    Ailleurs, l’extrême droite ne cache pas ses ambitions après avoir ravi il y a un an la ville de Rognac gangrenée par les affaires, mais à l’issue seulement d’une improbable quadrangulaire. Pour débaucher maires et candidats, le RN a concocté un label « Provence qu’on aime », espérant élargir son ancrage territorial après les législatives. Dans les bastions ouvriers de Fos-sur-Mer et Port-de-Bouc, la droite locale a franchi le Rubicon en s’y ralliant. Mais à Marignane, le maire Eric Le Dissès qui s’est allié à Franck Allisio doit faire face à une large coalition menée par le maire (UCE) de Gignac, Christian Amiraty.

    Sur la Côte bleue, le maire (DVD) de Carry René-Francis Carpentier doit faire face à une multiplication de listes, dont la défection de son ex-adjointe Valérie Guarino, également vice-présidente (DVD) au Département. À Aix, Sophie Joissains (UDI) déjà candidate annoncée depuis longtemps tient encore le centre et la droite, sans autre liste face à elle dans son camp pour le moment, mais devra affronter la gauche unie, sans les insoumis.

    Ailleurs, la gauche espère conserver ses villes, notamment les bastions communistes comme Martigues où le RN se montre ambitieux. Surtout, elle espère reprendre les territoires perdus comme Arles, où Nicolas Koukas (PCF) avait réalisé de bons scores aux législatives, ou Gardanne, où elle espère l’union face à la candidature du maire (LR) sortant Hervé Granier.

  • Du côté de l’OM, la bouteille est vue comme à moitié pleine

    Du côté de l’OM, la bouteille est vue comme à moitié pleine

    Que penser d’une équipe qui, à deux reprises hors de ses bases, ouvre le score, pour finalement s’incliner, tout en ayant nettement dominé son adversaire ?

    Après la défaite à Lisbonne (2-1), en Ligue des Champions mercredi, Roberto De Zerbi estimait avoir « assisté à la plus belle première mi-temps de mon équipe ». Après celle à Lens (2-1), c’est Medhi Benatia qui y est allé de ses louanges. « Quand je regardais les vingt premières minutes, c’est peut-être les vingt plus belles avec le ballon depuis que je suis au club », a confessé le directeur du football de l’OM, en zone mixte du stade Bollaert-Delélis.

    Toutefois, il a avant tout reconnu « un peu de frustration, un peu de déception, surtout pour les joueurs. Quand tu sors de ces derniers jours, avec le contenu que les joueurs ont été capables de mettre, aussi bien sur la première mi-temps contre le Sporting qu’aujourd’hui face à un bel adversaire… Les joueurs ont vraiment fait de belles choses. Et tu ressors avec deux défaites… c’est dur. C’est compliqué ».

    Battus à deux reprises sur le score de 2-1, les Olympiens n’ont pas retiré les marrons du feu dans des rencontres où ils ont été le plus souvent maîtres du jeu. « Perdre ce genre de match en jouant comme ça, ça laisse présager des jours meilleurs », estime Medhi Benatia.

    Des jours meilleurs à venir

    Il est clair que, si l’on compare les prestations de samedi à Lens et mercredi à Lisbonne aux défaites à Auxerre et Reims de la saison dernière, où il n’y avait rien à sauver des prestations marseillaises, le directeur du football et son entraîneur peuvent voir le verre à moitié plein dans les sorties au Portugal et dans le Pas-de-Calais.

    En règle générale, après une défaite, un entraîneur se montre rarement satisfait de sa soirée. Ce qui n’était pas le cas de Roberto De Zerbi. « Je suis content de ce qu’a fait mon équipe. » Il argumente son propos en reconnaissant que « c’est clair que, quand tu encaisses deux buts, notamment un contre ton camp, face à une équipe aussi physique et fermée, c’est difficile ».

    À Lisbonne, comme à Lens, son équipe a connu des passages à vide dont ont su profiter leurs adversaires. « Nous manquons un peu de fraîcheur parce que nous jouons beaucoup de matches. Nous devons garder l’équilibre, analyser avec calme », note l’Italien. Néanmoins, il voit des raisons d’espérer. « Si nous jouons tout le championnat comme la première mi-temps à Lisbonne, ou comme aujourd’hui, nous ferons une grande saison, même au-delà de ce que j’imaginais au début. »

    Son équipe doit apprendre à mieux gérer les enchaînements de match. Les variations dues à l’adversaire, au contexte d’une Ligue des Champions ou du championnat. Dans les deux semaines à venir, la cadence va rester la même. L’OM va enchaîner trois rencontres de Ligue 1 (Angers, Auxerre et Brest) et une de Ligue des Champions (Bergame). Trois auront pour cadre le Vélodrome. À commencer par la première, mercredi, avec la réception des Angevins.

    À la vue des derniers résultats, on pourrait croire qu’une certaine inquiétude est venue s’installer dans les têtes. Une situation qui n’inquiète pas (encore ?) Roberto De Zerbi, plus préoccupé par le coup reçu par Timothy Weah à Lens.

    « Il a pris un coup. Il va passer des examens et j’espère que ce n’est vraiment qu’un coup qui l’a obligé à sortir », a confessé l’Italien. L’entraîneur marseillais est conscient du rôle crucial de son homme à tout faire sur le terrain. Alors que son infirmerie est déjà copieusement garnie, le perdre « serait un très gros handicap pour nous », soupire-t-il.

    Roberto De Zerbi doit maintenant se pencher sur la meilleure manière de rebondir face à Angers, dès mercredi, pour le retour au Vélodrome d’un OM qui sera attendu au tournant.

  • Mal de maire

    Mal de maire

    Les mandats de Macron les ont sacrément malmenés : les maires, quintessence des corps intermédiaires dont le superprésident voulait se débarrasser. Mais des Gilets jaunes à l’épidémie de Covid, ils ont montré leur importance. Quand le pouvoir central était dépassé, c’était eux les interlocuteurs. Le maire est d’ailleurs, et de loin, l’élu préféré des Français, l’élu de proximité par excellence, qui connaît son terrain et ses administrés. Mais le sentiment d’abandon, difficultés budgétaires sans oublier les violences… ont provoqué un malaise qui a débouché sur un niveau record de démissions : 2 181 édiles lors du dernier mandat.

    Film symptôme

    L’instabilité politique du pays n’aide pas au lancement d’une campagne paisible pour le scrutin de mars. Et l’extrême droite qui surfe dans les élections nationales rêve de voir son hégémonie se traduire à l’échelon local. D’autant que les engagements non tenus de Macron ont sacrément endommagé le « front républicain ». Une extrême droite qui compte bien aussi capitaliser sur le malaise d’une droite explosée par le « en même temps » et qui voit ses appels du pied vers la droite maquillés sous des labels inaugurés pour l’occasion commencer à faire mouche. Si tout le pays est concerné, notre région reste un laboratoire de l’exercice local du pouvoir de l’extrême droite hier à Toulon, Marignane ou Orange… Et aujourd’hui, la lutte commune entre la candidate divers droite Martine Vassal et Stéphane Ravier, ex-zemmouriste rallié au RN Franck Allisio, pour la diffusion du film prosélyte de Bolloré « Sacré cœur » au Château de la Buzine à Marseille ne peut qu’inquiéter.