Author: tecnavia

  • Hiroshima – Nagasaki : une journée pour se souvenir

    Hiroshima – Nagasaki : une journée pour se souvenir

    Comme chaque été depuis l’an 2000, des personnes de tous les horizons se réunissent autour d’une journée de commémoration. L’objectif ? Se souvenir, tous ensemble, des bombardements qui ont frappé Hiroshima et Nagasaki les 6 et 9 août 1945.

    81 ans après, le collectif du Mouvement de la paix accueillera les participants au cœur du camping du Bousquet d’Orb, le 9 août prochain. Ce collectif, né en 1982 lutte contre la course à l’armement et s’engage en faveur du désarmement nucléaire.

    Un combat commun

    Dans une ambiance qui se veut festive, Raymond Cubells, l’un des organisateurs de l’événement, souhaite réunir petits et grands autour d’un combat unique : « Faire la promotion de la paix. » Stands d’associations et divers producteurs locaux présenteront également leurs produits à l’occasion de cet après-midi consacré au souvenir.

    « On ajoute toujours un côté culturel », explique l’organisateur. Dès 10h, le collectif proposera aux curieux une visite du Musée des lumières de la mine, fleuron culturel de la ville. Chaque année, de plus en plus de locaux participent à ce rassemblement itinérant. En 2025, à Joncels, 80 personnes avaient fait le déplacement. « Ça prouve que les gens se mobilisent », conclut Raymond Cubells.

    * Commémoration des bombardements sur Hiroshima et Nagasaki, camping du Bousquet d’Orb, le 9 août,
    à partir de 10h.

  • « Un éclairage exceptionnel pour notre région »

    « Un éclairage exceptionnel pour notre région »

    La Marseillaise : Le Tour féminin qui arrive au Ventoux, cela représente quoi pour vous ?

    Stéphane Garcia : les femmes s’attaquent enfin à un mythe que certains, jusque-là, estimaient réservé aux hommes. Mais qu’elles y viennent n’est pas une fin en soi. Car, au-delà de l’image d’une arrivée sur le toit de la Provence, c’est de voir le peloton féminin traverser le Vaucluse, passer par Sisteron et les Alpes-de-Haute-Provence pour une arrivée finale à Nice. Ce qui donne un éclairage exceptionnel pour notre région.

    Pour la Ligue dont vous êtes le président, c’est une reconnaissance ?

    S.G. : C’est surtout un encouragement à poursuivre notre politique de féminisation de la pratique du vélo. Nous venons de créer une équipe, Dévoluy – Région Sud, qui augmente notre visibilité dans les pelotons. Une nouvelle étape est proche d’être bouclée, avec la création d’une seconde équipe espoirs et avenirs.

    Pourquoi cette initiative?

    S.G. : Nous avons dans notre Ligue de très bons clubs formateurs, mais, à partir de 14-15 ans, ils n’arrivent pas à garder les filles, car il y a un manque de structures pour leur permettre de continuer leur progression. Alors, les championnes vont voir ailleurs. Nous devons faire en sorte de les garder, en leur proposant des possibilités d’études. L’idée étant de ne plus voir les autres régions profiter de notre savoir-faire. Ce sont les clubs qui façonnent les moteurs. Nous devons faire en sorte de les accompagner en les aidant à créer les carrosseries.

  • Le département du Vaucluse fait la part belle au vélo

    Le département du Vaucluse fait la part belle au vélo

    Aux abords et sur le Mont Ventoux, mais aussi sur les véloroutes de la ViaRhôna, de la Via Venaissia et du Calavon, les cyclistes sont omniprésents dans le département de Vaucluse. Le résultat d’une politique en faveur de son développement au cours des dernières années.

    Preuve en est, le Vaucluse est le premier département de France labellisé « Département à vélo » par ASO, l’organisateur du Tour de France. Avec précisément deux « vélos » sur le baromètre de l’organisation. Une distinction qui « vient récompenser l’ensemble des politiques publiques vauclusiennes en matière de vélo menées de longue date », se réjouit la collectivité. Ce ne sont au total pas moins de 185 000 Vauclusiens, sur environ 570 000, qui utilisent leur vélo régulièrement.

    En ce qui concerne le Géant de Provence, ce ne sont pas moins de 125 000 cyclistes qui tentent de le gravir chaque année. Un chiffre qui monte même à 150 000 les années de passage du Tour de France, comme ce vendredi 7 juillet pour le Tour féminin (voir ci-contre). Aux alentours, les autres disciplines sont aussi mises en avant. Côté VTT, une « Grande Traversée » de 500 kilomètres a été créée en 2014, « avec de multiples variantes au départ de Bollène et de Savoillans, jusqu’à Cavaillon ou Mérindol », est-il précisé. Tandis que les sites du Ventoux et du Luberon totalisent à eux deux 1 000 kilomètres d’itinéraires. Sans oublier le BMX, dont la piste de Sarrians est l’une des capitales françaises, voire même européennes. Elle a notamment accueilli les coureurs français de la discipline en amont de leur triplé historique aux Jeux olympiques de Paris en 2024.

    Convergence des routes

    Comme évoqué précédemment, la convergence des trois véloroutes permet d’ouvrir l’horizon des dizaines de milliers de cyclotouristes qui arpentent notre région. La plus emblématique, la ViaRhôna, permet ainsi de relier le lac Léman à la mer Méditerranée sur 615 kilomètres. Tandis que la Via Venaissia relie, elle, L’Isle-sur-la-Sorgue à Orange sur les traces de l’ancienne voie ferrée. Enfin, la voie verte du Calavon, au cœur du parc naturel régional du Luberon, commence au village de Robion et se termine à Castellet, 45 kilomètres plus loin.

    Le territoire est également l’un des leaders en termes de points d’accueil des cyclistes. Avec 349 établissements certifiés Accueil Vélo, le Vaucluse est en tête des départements en la matière.

  • Les pompiers de Carpentras débrayent à cause de la chaleur dans les chambres

    Les pompiers de Carpentras débrayent à cause de la chaleur dans les chambres

    Dans un article de nos confrères de La Provence, les pompiers volontaires de Carpentras ont annoncé débrayer à cause de l’absence de climatisation dans les chambres du centre.

    Un problème qui concernerait les 24 chambres de garde où les soldats du feu se reposent. Un devis aurait même été adressé au président du conseil d’administration du Sdis, Thierry Lagneau. Le montant estimé des travaux est de 25 000 euros.

    Réponse globale

    Une demande à laquelle la direction du Sdis 84 n’a pas tardé à répondre. Dans un communiqué de presse ce vendredi 7 août, elle précise que « la question de la climatisation des chambres de garde ne se pose pas qu’à Carpentras : elle concerne également 10 autres centres de secours ». Et assure que des dispositions ont été prises « dès le début de l’été » pour que des espaces climatisés soient aménagés en espaces de repos.

    Une réponse dont « chacun convient qu’elle n’est pas suffisante », poursuit la direction du Sdis, qui cherche à mettre en place des mesures plus pérennes. Mais celles-ci « se doivent d’être équitables à l’échelle départementale ». L’organisme assure donc que le président du conseil d’administration a pris l’engagement, le 13 juillet dernier, que d’ici à l’été 2027, chaque centre de secours disposera d’un nombre suffisant de chambres climatisées pour accueillir l’effectif de sapeurs-pompiers de garde. « Dans l’attente, toutes les dispositions sont prises pour maintenir le niveau de réponse opérationnelle sur le secteur de Carpentras », assure le Sdis 84.

  • L’Athletic Bilbao, adversaire de prestige des Olympiens

    L’Athletic Bilbao, adversaire de prestige des Olympiens

    Le 17 mai, c’était il y a près de trois mois. Trois mois que l’Olympique de Marseille n’a pas joué de match au stade Vélodrome. Ce dimanche, sur les coups de 17h30, les hommes de Bruno Genesio vont retrouver leur antre pour une rencontre amicale de gala. L’Athletic Bilbao se déplace sur le boulevard Michelet, pour ce qui sera un 4e rendez-vous de pré-saison pour les Phocéens. Après Nice (0-3), Nîmes (2-1) et Al-Shahania (3-0), l’adversaire monte encore d’un cran avec le club espagnol. Les Basques font partie des épouvantails de la Liga, bien qu’ils sortent d’une saison médiocre, bouclée à la 12e place.

    Leur préparation estivale est pour le moment sans défaite, avec six rencontres face à d’autres formations ibériques, dont trois professionnelles. Il y a eu Eibar (2-2), Santander (3-0) et plus récemment Burgos (3-0). Les pensionnaires de San Mames ont d’ailleurs pu compter sur le retour d’Inaki Williams, leur ailier star, présent à la Coupe du monde avec le Ghana.

    Genesio fait avec

    les moyens du bord

    La pré-saison marseillaise prend un autre virage avec ce match face à Bilbao. Après ce face-à-face, il ne restera plus que 12 jours avant l’ouverture du championnat, contre Strasbourg, toujours au stade Vélodrome. Même si l’équipe a encore du mal à se dessiner, certains joueurs ont obtenu beaucoup de minutes ces dernières semaines. C’est le cas des plus jeunes, comme Alexi Koum et Kelyann Bezahaf, mais aussi d’Igor Paixao, Jeffrey De Lange ou encore Angel Gomes.

    Aussi engagés dans « leur » Coupe du monde, l’Américain Timothy Weah et le Canadien Derek Cornelius sont revenus à l’entraînement et pourraient fouler la pelouse, ce dimanche.

    Match amical

    Stade Vélodrome (17h30)

    MARSEILLE : De Lange – Emerson, Koum, Balerdi, Weah – Hojbjerg, Gomes, Nnadi – Paixao, Abdallah, Maupay

    BILBAO : Padilla – Berchiche, Areso, Alvarez, Paredes, Rego – Jauregizar, Sancet, Sanchez – Berenguer, I.Williams

  • [Week-end] Au camping Arc-en-ciel à Aix, le pari de la simplicité

    [Week-end] Au camping Arc-en-ciel à Aix, le pari de la simplicité

    Dans un monde de camping ou chalets, mobile homes et gestionnaires, dessinent peu à peu le paysage des vacances en plein air ici, on arrive en plantant les piquets de sa tente dans les sols, ou sa caravane, devant laquelle on détend les stores banne, au-dessus d’une table en plastique posée pour le mois. Au Camping Arc-en-ciel, « ce qu’on a gardé, c’est l’authenticité du camping, comme il a commencé dans les années 1950 », résume Cécile. Ici, cinquante-cinq terrains nus composent ce lieu de vacances familial, dont la gérance est passée de génération en génération. Avant elle, sa mère, Corinne, toujours occupée à la maintenance dans les allées du camping, en était à la tête.

    Pour Cécile : « On résiste, en quelque sorte. » Notamment aux spéculations de promoteurs, gourmands d’un terrain situé aux portes de la ville : le centre, est accessible à pied. Derrière le bureau de l’accueil, l’actuelle gérante des lieux jongle entre accueil, administration, réservations par téléphone. « Je travaille encore un peu à l’ancienne, je n’ai pas de centrale de réservation, j’ai mon site internet et les gens me font leur demande par mail. Obligé. J’ai un camping atypique, avec des coins des recoins, des emplacements qui ne sont pas de la même superficie… »

    « On se charge de tout »

    La saison a démarré dès la mi-mai. Au mois de juillet, les journées battent déjà leur plein, démarrées à sept heures, pour Cécile, et sans horaire de fin. Il faut répondre aux diverses demandes, accueillir, gérer les « imprévus ». « Qui ne sont pas toujours mauvais ! Comme on est un camping familial, on est donc régulièrement invités à manger, boire l’apéro… C’est du relationnel, ça fait partie du travail », précise-t-elle.

    Pour preuve, à l’accueil, des photos de vacanciers fidèles
     « on n’a quasiment que ça » – trônent de partout. Certaines, abîmées par le temps, capturent les années 1960, 1970. Idem, dans la salle des fêtes ouverte aux jeunes « pour qu’ils puissent faire la fête », indique Corinne qui, entre deux tâches, désignera plusieurs tuiles accrochées au mur, peintes par des habitués. Parmi les centaines d’anecdotes que racontent mère et fille – sur chacun des vacanciers croisés, sur les lieux – il y a ce pont des Trois Sautets, qui enjambe le fleuve de l’Arc et fait le lien entre les communes de Meyreuil et d’Aix. « Quand mon père a racheté dans les années 1950, il a eu l’honneur de recevoir Churchill, qui était un peintre magnifique. Il venait là, il mettait sa voiture à gauche… », pointe Corinne. « À la fin de sa vie, il avait suivi les pas de Cézanne. Il est venu deux années de suite ici », complète Cécile. Le temps d’un tour du camping, on prend des nouvelles de l’un, on s’arrête boire un verre chez cette famille… Ce qu’elles préfèrent dans cette vie-là ? « Le contact avec les gens », répond, sans hésiter, Corinne. « Sinon, on prendrait du personnel ! C’est un challenge avec chaque client », poursuit Cécile. Qui, malgré, l’aspect bon enfant des vacances, rappelle : c’est « du travail toute l’année », pointe la gérante, qui ouvre les portes d’un atelier dont les murs sont emplis d’outils de jardinage, de mécanique… Les mois de fermeture sont, entre autres, rythmés de journées entières dédiées à l’administratif, toujours plus exigeant. Un salarié à l’année les aide. « Autrement, on se charge de tout. »

  • Le plan de végétalisation d’Arles reçu froidement par l’opposition

    Le plan de végétalisation d’Arles reçu froidement par l’opposition

    L’urgence climatique appelle une stratégie beaucoup plus globale », affirme le groupe d’opposition de l’Union pour Arles dans son communiqué de jeudi, en réponse au plan de végétalisation d’Arles annoncé le 22 juillet par la Ville dirigée par Patrick de Carolis (Horizons).

    Au menu du plan municipal, « végétaliser davantage la ville et identifier les espaces où le végétal peut apporter un bénéfice climatique concret », « créer davantage d’ombre et de fraîcheur dans les espaces publics », et « mieux adapter les logements et les bâtiments anciens aux enjeux du confort d’été ». La Ville indique planter 300 arbres chaque année pour un investissement moyen de 100 000 euros à cet effet.

    Les oppositions républicaines ont accueilli froidement ces propositions. À gauche, l’Union pour Arles regrette de ne pas y « intégrer la rénovation thermique des logements, la désimperméabilisation massive des sols, des îlots de fraîcheur, des fontaines et points d’eau, des ombrières, la végétalisation des écoles, l’adaptation des matériaux utilisés dans l’espace public, mais également la protection des populations les plus fragiles » car « le changement climatique est aussi une question de justice sociale » selon le groupe.

    « Impossible seuls »

    « Nous ne pourrons pas relever seuls un défi d’une telle ampleur » alerte l’Union pour Arles, qui demande comme durant la campagne « l’ouverture d’une négociation avec l’État » pour obtenir un statut particulier pour la plus grande commune de France, pour « financer durablement l’adaptation au changement climatique » et les propositions du groupe.

    L’opposant (DVC) Jean-Michel Jalabert estime quant à lui que « l’effet d’annonce prend le pas sur une véritable stratégie : on rebaptise l’existant », pointant « des plantations d’arbres déjà engagées et difficilement entretenues » et « un permis de végétaliser qui existe déjà depuis 15 ans ».

  • Le feu de Bayons contenu, le risque incendie reste très élevé

    Le feu de Bayons contenu, le risque incendie reste très élevé

    « Après 18 jours, le feu du Gros Bessillon est déclaré officiellement fixé », a indiqué vendredi soir la préfecture du Var. « Pour autant, le travail des sapeurs-pompiers se poursuit et une extrême vigilance reste de mise car ce feu inédit par sa durée et ses trois départs consécutifs (les 21, 24 et 31 juillet) qui interrogent les spécialistes comme les enquêteurs, couve encore », écrit-elle dans un communiqué. « Il faudra encore plusieurs jours avant de le maîtriser et l’éteindre définitivement ; il faudra de nombreux mois pour reconstruire (70 maisons ont été impactées et 41 détruites) et oublier le traumatisme des flammes pour les 6 000 personnes évacuées », rappelle-t-elle. Le feu a parcouru 6 300 hectares. 450 pompiers restent mobilisés. L.M.

    Le feu de Bayons n’évolue plus, mais il est loin d’être terminé. Une semaine après son départ et 95 hectares parcourus, les pompiers restent mobilisés. « On ne peut pas dire qu’il est fixé, même s’il évolue peu. Il est contenu dans une enveloppe d’une centaine d’hectares », précise, ce vendredi matin, Sylvain Besson, directeur départemental des services d’incendie et de secours (Sdis 04).

    Malgré d’importants renforts, quatre Canadair et un avion Dash, les pompiers estiment devoir maintenir une présence « au minimum pendant une semaine » avant de pouvoir annoncer un feu éteint. 60 sapeurs-pompiers restent sur le terrain aux côtés de l’Office national des forêts (ONF).

    Si « la situation n’est plus évolutive », la chaleur, la faible humidité et le vent maintiennent un risque incendie élevé. Les opérations sont compliquées par le relief. « On est en moyenne montagne donc ce n’est pas accessible facilement et c’est dangereux », rappelle Sylvain Besson, évoquant de nombreuses chutes de blocs.

    Aucun blessé ni aucune habitation touchée ne sont à déplorer. L’incendie laisse néanmoins des traces sur le milieu naturel. L’ONF évoque un secteur présentant « une vraie richesse en biodiversité », avec notamment des espèces protégées. Une étude environnementale sera engagée pour mesurer les conséquences de l’incendie.

    Risque incendie très sévère dans le département

    Les pompiers insistent aussi sur le coût considérable d’un feu qui serait d’origine humaine. « Ça aura été minimum deux semaines de travail. Tout ça à cause, semble-t-il, d’une négligence », pointe Sylvain Besson. Un chauffeur-livreur dignois, suspecté d’avoir provoqué l’incendie, a été placé en garde à vue le 1er août, tandis que le parquet des Alpes-de-Haute-Provence a ouvert une enquête.

    Dans le reste du département, le feu de Thorame-Basse est éteint après trois jours d’intervention et 21 hectares parcourus. Dans ce contexte, la préfète a placé, l’ensemble des massifs du département en risque modéré à l’exception du massif du Luberon et du plateau de Valensole classé en risque incendie « élevé ».

  • Un nouveau regard sur l’évolution humaine grâce à un travail de fourmis

    Un nouveau regard sur l’évolution humaine grâce à un travail de fourmis

    C’était peu après sa thèse. « À la fin du XXe siècle », sourit François Marchal. Le chercheur, aujourd’hui paléoanthropologue pour le CNRS au laboratoire Anthropologie bio-culturelle, droit et éthique et santé (ADES) à Marseille, a besoin de connaître le nombre de fossiles d’hominines – le groupe de primates auquel nous appartenons – dont dispose la communauté. « Je n’ai pas trouvé », se souvient-il. Seules des listes partielles existaient. Il se lance alors dans un travail de fourmis qui va durer des décennies : recenser tous les fossiles qu’il croise, au fil de ses lectures, au détour d’un article, ou sur le terrain, en Afrique. Année après année, le tableau s’étoffe. Jusqu’à ce que sa collègue Sandrine Prat, paléoanthropologue CNRS au Musée de l’Homme, émette l’idée de le diffuser.

    Des années plus tard, naît la première base de données de tous les fossiles connus autour du lac Turkana, entre l’Éthiopie et le Kenya : 1 231 spécimens, surtout des dents, mais aussi des os, des crânes, des mandibules… qui retracent l’évolution des hominines entre -7 millions d’années (Ma) et -780 000 ans dans cette région d’Afrique. « Nous avons commencé par là car nous y travaillons avec Sandrine Prat, explique François Marchal, auteur de deux articles parus dans Journal of Human Evolution. C’est aussi une des trois régions d’Afrique les plus riches en fossiles et elle est explorée depuis longtemps. » Des recherches sur le terrain importantes y ont commencé dès les années 1960.

    La règle et l’exception

    Ces données rassemblées parlent déjà. « Nous confirmons principalement des choses connues, admet François Marchal. Mais nous les précisons et les quantifions de manière fiable pour la première fois. » Par exemple le fait que les fossiles sont très abondants pour certaines périodes et beaucoup moins pour d’autres. Et chaque période d’abondance est associée à une région : d’abord à l’Ouest du lac pour les fossiles les plus anciens, puis au Nord et enfin à l’Est. Rien à voir avec une quelconque migration des hominines, précise François Marchal : « C’est probablement lié à la sédimentation qui conserve les fossiles. »

    Concernant nos ancêtres
    – le genre Homo, apparu il y a 2,8 Ma – ils occupent la région en même temps qu’un autre genre – les paranthropes. Mais on retrouve deux fois plus de fossiles de ces derniers. Étaient-ils vraiment deux fois plus nombreux ? Est-ce dû à un biais de conservation ? « Le mystère est entier », admet François Marchal. Tout comme la raison pour laquelle cette proportion est vraie partout sauf à Koobi Fora, à l’Est du lac, entre -2 Ma et -1,8 Ma, où elle s’inverse. Cette même région et cette même période où les fossiles de crânes, mandibules et autres éléments de squelette sont bien plus abondants que les dents. C’est probablement un apport important de cette base de données : soulever de nouvelles questions.