Author: tecnavia

  • Un pas vers l’apaisement au sein du conseil municipal de Mimet

    Un pas vers l’apaisement au sein du conseil municipal de Mimet

    Depuis les élections, le conseil municipal de Mimet s’est réuni à cinq reprises, dont ce mardi 29 septembre. Vingt-quatre élus de la majorité, et désormais deux élues du Collectif Citoyen (DVG) et un élu sans groupe le composent. Et les tensions, déjà apparues pendant la campagne, persistent.

    Les membres de l’opposition dénoncent notamment des difficultés à exercer « librement » leurs mandats. Après le conseil municipal de mai, le Collectif avait saisi, en juin, le tribunal administratif. En cause, plusieurs dispositions du règlement intérieur qui limitaient « notre temps de parole [à 2 minutes, ndlr], le fait de prendre la parole à chaque délibération, le fait de limiter le nombre de questions orales à un groupe alors que c’est un droit… », déroule Muriel Martin Pettavino (Collectif Citoyen). Des difficultés « d’accès aux documents » étaient également pointées du doigt.

    Ce mardi, le débat est revenu sur la table. L’une des délibérations visait à actualiser ce règlement intérieur en assouplissant certaines de ces restrictions. « Certaines dispositions que nous avions précédemment contestées ont évolué, donc nous en prenons acte et nous en félicitons », a déclaré en conseil Muriel Martin-Pettavino, qui a souligné néanmoins quelques « points » à éclaircir.

    « Enfin du respect »

    « Qu’on évite les discussions stériles, les éclats de voix, c’est mon projet », a répondu de son côté le maire (DVC), Georges Cristiani, tout en soulignant son « respect » pour les trois élus d’opposition, avant d’ajouter : « On ne va pas continuer à solliciter toujours des modifications du règlement intérieur (…). Aujourd’hui, il a été modifié comme vous l’avez souhaité pour éviter tout problème. » À l’issue du conseil, Sabrina Bourgeois, cheffe de file du groupe Collectif Citoyen, estime « qu’au bout du cinquième conseil municipal, on a enfin eu du respect », rappelant des « attaques personnelles » et des « attributions politiques » récurrentes lors des derniers conseils. Parmi elles figurent, selon les questions orales publiées sur le compte du Collectif Citoyen, des remarques invitant à « apprendre à utiliser un Bescherelle » ou une invitation à écrire à « nos sénateurs écolos, socialistes et LFIstes ».

    « On a remis cela en cause grâce au tribunal administratif et on se réjouit que ça ait agi. Maintenant, on attend une écoute de l’opposition », note Sabrina Bourgeois. « Mon souci est simple, que le conseil municipal se passe bien. Jusqu’ici, c’était compliqué, l’opposition était toujours dans la campagne. Aujourd’hui, ça s’est bien passé, mais c’est dû, par ma part, à la volonté d’éviter les conflits. Je veux gommer toutes les aspérités », précise Georges Cristiani, à l’issue du conseil. Lui préfère parler des projets « d’avenir sur la commune ».

    Quant à la suite de sa procédure devant le tribunal administratif, le Collectif Citoyen indique qu’il« réfléchit collectivement à la stratégie à mettre en place ».

  • [Voile] Pratt et Radulic-Ferrat s’attaquent à leur finale

    [Voile] Pratt et Radulic-Ferrat s’attaquent à leur finale

    C’est le jour J pour le duo Christopher Pratt et Maïlys Radulic-Ferrat. La finale des championnats du monde de course au large démarre, ce mercredi, à Marseille. Mardi en fin de journée, les deux navigateurs ont pu découvrir leur bateau, tiré au sort, puisque toutes les embarcations sont des Class 30 identiques. Après un travail sur l’électronique et sur les voiles, ils sont revenus sur la qualification, qui a eu lieu la semaine dernière.

    « C’était une manche intense et pleine de rebondissements. On est partis avec du vent très léger et on a fait un premier bord qui a été difficile dans les choix stratégiques. Mais ensuite on a assez bien géré et ça nous a permis de reprendre la tête avant la dernière partie plus ventée et avec plus de mer », détaille précisément Maïlys Radulic-Ferrat.

    48 heures chrono

    Cette première place en qualification leur a permis de prendre du repos. Quatre jours bienvenus, alors que certains adversaires ont dû passer par des repêchages. « Les premiers sont arrivés vers 8h ou 9h, ce mardi matin, donc ils n’auront pas beaucoup de repos », souligne Maïlys. Le tandem marseillais explique que chacun des 11 bateaux en lice peut l’emporter, mais il ne laisse pas la place au stress ou aux calculs. « Le classement de la finale, c’est le classement du championnat du monde, donc il y a une envie de bien faire et de tout mettre en place pour réussir à naviguer devant. Après, ça reste une navigation comme une autre. Il faut faire ce qu’on sait faire et naviguer du mieux possible », note simplement Christopher Pratt.

    Pour gagner la finale, il faudra passer sous les 48 heures de course. Le drapeau bleu-blanc-rouge flotte sur le Class 30 frappé du numéro 12. Le calme avant la tempête.

  • [Roller] Carla Pasquinelli, un quotidien à corps gagnant sur tous les terrains

    [Roller] Carla Pasquinelli, un quotidien à corps gagnant sur tous les terrains

    Carla Pasquinelli va (plus ou moins) à 100 à l’heure, sur ses patins et dans la vie, avec légèreté et (plus ou moins) sans stress. Au point d’égarer son passeport avant son départ pour les championnats du monde de roller freestyle, qui se tiennent à partir de cette semaine, au Paraguay. « Je l’ai perdu il y a une semaine. J’ai un passeport temporaire d’urgence et j’ai vécu ça dans un calme absolu. Je n’ai pas stressé une seconde. C’est là que je me dis que je suis très à l’aise dans la désorganisation », dit-elle entre deux rires.

    Elle est comme ça Carla, organisée, désorganisée, un peu entre les deux, au milieu d’un planning riche qu’elle s’impose avec plaisir. Car ses deux métiers sont aussi ses passions. Il y a 20 ans, on lui a montré ce qu’était le roller et l’aventure s’est lancée. Une entrée fracassante, alors que la Marseillaise n’était qu’une écolière de maternelle. « Je ne faisais que ça comme sport. C’est surtout que ma mère m’avait inscrit à tous les clubs de roller de la ville. J’avais 15 heures de roller par semaine, il n’y avait pas vraiment la place pour autre chose. Je voyais ça plus comme une activité, je m’amusais, et je pense que c’est toujours le cas. »

    Tant d’amusement et de liberté que la freestyleuse de 25 ans ne se rendait pas vraiment compte qu’elle était en train de devenir athlète de haut niveau. « Franchement, ça m’est tombé dessus. Le roller, je ne le voyais toujours pas comme un sport et on m’a dit qu’il passait sur les listes ministérielles liées au sport de haut niveau. Mais ça n’a pas changé grand-chose, je faisais déjà du sport de manière assez sérieuse », détaille la jeune femme.

    L’ostéopathie,

    son autre voie

    Être sur des patins lui permet aussi de rouler sa bosse, de mûrir et d’être prête à affronter une multitude de situations. Quand on lui demande les aptitudes nécessaires pour pratiquer le roller, Carla Pasquinelli répond du tac au tac : la résilience. « Parce que c’est un sport où on tombe beaucoup. On a beau avoir répété une figure un milliard de fois, ce n’est jamais acquis. » Ensuite, elle ajoute directement la patience, mot tatoué sur son poignet gauche, parmi tant d’autres dessins gravés sur la peau de ses bras. Le mental occupe donc une part importante, mais cette adepte de la musculation et de l’escalade n’oublie pas le physique, le corps, son outil de travail.

    Ses six dernières années, la vice-championne du monde 2022 a vécu au rythme intense des compétitions et de ses études d’ostéopathie. « J’ai toujours été passionnée de thérapie manuelle. J’avais envie de me servir de mes mains et de faire du soin. J’étais aussi passionnée par l’humain, par le mouvement en général », justifie-t-elle avec un enthousiasme évident. Cet équilibre est un rouage important de sa vie. Elle ajoute : « Le roller, c’est ma passion. L’ostéopathie, c’est ma passion aussi. Je n’ai jamais vu de contrainte à ça. J’étais toujours très heureuse de me lever le matin, que ce soit pour aller en cours ou à mes entraînements. »

    Le double projet a été rondement mené avec, malgré tout, six années au lieu de cinq. Un redoublement qui a coïncidé avec une absence des skateparks dû à des blessures à répétition, chevilles et genoux en tête. « Je pense que le moral a pris un coup à ce moment-là et j’ai aussi été moins performante dans mes études. » Des études bouclées pour de bon au début de l’été. La rideuse phocéenne est entrée pleinement dans la vie active, mais jongle toujours entre ses nombreux voyages et ses premières consultations. Son cas est singulier, unique : la trouver dans un skatepark et sur Doctolib est pourtant d’une logique implacable.

    Sa vie se déroule souvent en dehors de Marseille, mais elle réussit à consacrer deux après-midi – « le mardi et le jeudi, car je rentre de voyage le lundi et je repars le vendredi » – à ses nouveaux patients au Centre méditerranéen du sport (12e). Un quotidien tumultueux, sorti des sentiers battus, mais qu’elle maîtrise. Comme sur des roulettes.

  • [Entretien] Jean Pugens : « Nous affirmons que la fin de la gratuité ne réglera rien »

    [Entretien] Jean Pugens : « Nous affirmons que la fin de la gratuité ne réglera rien »

    La Marseillaise : Vous dites que supprimer la gratuité des transports ne résoudra pas les difficultés financières de la Métropole. Pourquoi ?

    Jean Pugens : Le budget de la Métropole, c’est 5 milliards et le trou annoncé sur le budget 2026 qui n’est pas voté, c’est 144 millions, aujourd’hui réduit à 53. La gratuité sur le pays d’Aubagne et de l’Étoile, c’est 2 millions, et pour les plus de 65 ans et les moins de 11 ans sur l’ensemble de la Métropole, c’est 10 millions estimés… Ces 12 millions ne résoudront donc pas la problématique. Surtout que ça n’interviendra que sur le budget 2027.

    Vous faites le lien entre gratuité et transition écologique. Comment en évaluez-vous l’impact ?

    J.P. : Sur la fréquentation. À Aubagne, elle a été multipliée par trois avec la mise en place de la gratuité en 2009. Après, il n’y a pas de réelles études, mais on sent une montée en puissance, surtout aujourd’hui, avec le prix de l’énergie et du carburant : les gens veulent prendre les transports en commun.

    Pourquoi être opposé à la tarification sociale qui est proposée ?

    J.P. : La tarification sociale permet de préserver les plus démunis, c’est certain, mais pour mettre en place le tarif social, il faut des moyens de contrôle. On y est opposé parce que ça n’a pas été estimé par la Métropole, ça va coûter cher et on n’y gagnera rien. Après, sur un autre aspect, ça stigmatise les plus démunis qui doivent se justifier d’être pauvres. Beaucoup ne vont pas demander cette tarification, ils ne savent parfois même pas qu’ils y ont droit, donc derrière, il y a un non-recours aux droits. L’accès libre règle bien mieux les choses.

    Pourquoi demandez-vous un bilan du plan mobilité métropolitain ?

    J.P. : Le plan mobilité a été voté en 2021 avec des objectifs, notamment réduire la part de la voiture et les rejets de CO2, améliorer la fréquentation des transports en commun… Supprimer la gratuité, c’est remettre des barrières et bloquer à nouveau leur accès. On demande cet audit car comme la chambre régionale des comptes l’a signalé, il n’y a aucun indicateur dans le plan. On est sur des orientations qui étaient bonnes il y a six ans, mais aujourd’hui, on ne sait pas où on en est, ni ce qu’on peut mettre en œuvre pour y arriver. On a besoin de le mesurer pour repositionner la politique de la Métropole sur les transports.

    Quelles mesures portez-vous pour répondre à la question financière ?

    J.P. : Aujourd’hui, la question financière, on la renvoie aux politiques qui ont à décider. Nous, nous affirmons que la fin de la gratuité ne réglera rien. Deux options ont été posées par le préfet sur les dotations financières d’équilibre et de solidarité. Les communes doivent se mettre d’accord. Après, un autre sujet commence à se poser, celui du millefeuille métropolitain et départemental, il y a peut-être là des économies à faire. On demande aussi l’utilisation des fonds verts européens et nationaux qui n’ont pas été mobilisés par la Métropole pour décarboner les transports. On demande aussi le retour de l’argent des dividendes des tunnels et parkings métropolitains qui tombent dans les poches des actionnaires de Vinci. On peut trouver de l’argent pour développer des politiques qui vont dans le sens de l’amélioration du climat.

    Le versement mobilité est une autre option sur la table ?

    J.P. : Nous portons ce sujet depuis plus de dix ans. Aujourd’hui, le président de la Métropole a signé une tribune avec l’association France urbaine en ce sens. Si le versement mobilité montait au même niveau que Paris, c’est 1% de plus, on gagnerait 220 millions. Or, la gratuité totale estimée sur la Métropole, c’est 202 millions. Par contre, on ne partage pas du tout le point de vue de Nicolas Isnard qui dit que c’est le budget de transport qui créé un déficit. Il y a d’autres choses qui créent du déficit. C’est pour ça aussi qu’on réclame cet audit du plan.

    L’équité de traitement des usagers du territoire est souvent avancée contre la gratuité ?

    J.P. : L’équité, selon M. Isnard, c’est que tout le monde paye, et paye plus cher puisqu’il parle d’augmenter la part du ticket. En 2025, avec la gratuité pour les plus de 65 ans et les moins de 11 ans, l’équité a progressé, et on demande à l’étendre à tous les retraités. La gratuité totale est finançable. C’est cette équité qui amènera un véritable progrès social.

  • À Fos-sur-Mer, La concertation s’ouvre pour un pipeline d’hydrogène

    À Fos-sur-Mer, La concertation s’ouvre pour un pipeline d’hydrogène

    Le projet est titanesque : 820 km de pipe line, 512 communes traversées réparties dans cinq régions et douze départements de France, des Bouches-du-Rhône à la Moselle. La concertation publique du projet Hy-Fen, porté par NaTran, s’est ouverte lundi 28 septembre et s’achèvera le 20 décembre prochain.

    Cette infrastructure, qui doit transporter 2 millions de tonnes d’hydrogène par an, formerait un axe majeur à l’échelle européenne, reliant des zones de production importantes, situées notamment dans la péninsule ibérique, et des zones de consommation industrielle en France et dans le Nord de l’Europe. « L’acier, pour se décarboner, va avoir besoin d’hydrogène vert, détaille Anthony Mazzenga. La molécule servira aussi à la production de carburants de synthèses (e-saf) qui pourront se substituer aux carburants fossiles. » Le directeur développement chez NaTran défend un projet « structurant » pour la zone industrialo-portuaire de Fos-sur-Mer, pour la volée de la chimie et les nombreuses industries situées dans le Grand-Est. « Hy-Fen a vocation à être une infrastructure ouverte pour accueillir de nouveaux industriels le long du parcours et faire bénéficier à la France d’une attractivité industrielle », poursuit-il.

    Le projet se pose également comme un maillon essentiel du corridor européen H2Med, et est soutenu par l’Union européenne qui s’est fixé l’objectif d’atteindre 10 millions de tonnes d’hydrogène renouvelable produites sur son territoire d’ici à 2030, et de couvrir 20 à 25% de la demande énergétique d’ici à 2050.

    Sur le terrain, les études ont commencé depuis plusieurs mois et se poursuivront jusqu’en 2030. Le périmètre du tracé est en cours d’élaboration, sur une largeur de 5 à 6 km. La concertation « doit permettre de le réduire dans une logique de moindre impact », explique Agnès Sindou-Faurie, déléguée territoriale Rhône Méditerranée chez Natran. Fos-sur-Mer a une place toute particulière dans ce parcours, puisqu’elle sera la zone d’atterrage du tuyau. La mise en service fonctionnelle est prévue en 2032.

  • Les seniors en forme à la Vieille Charité

    Les seniors en forme à la Vieille Charité

    « J’ai trouvé ce dispositif qui est gratuit et qui a l’air génial ! » s’exclame Anne-Marie, 67 ans et retraitée depuis le 1er septembre, qui a découvert le dispositif cet été. Elle fait partie des plus de 1 000 seniors qui bénéficieront de séances hebdomadaires gratuites de sport-santé sur neuf sites de la ville, notamment au parc Longchamp ou à l’Espace Mistral, à l’Estaque.

    Cette matinée marquait donc la rentrée sportive pour ces seniors qui, après avoir partagé un petit-déjeuner offert et un temps d’échange, se sont mis en mouvement sous la conduite des six coachs présents. De la danse, de la marche à pied au sein du bâtiment historique de la Vieille Charité et plusieurs ateliers motricités étaient proposés.

    Pour Faty Maoulida, coach sportive pour l’organisation depuis quatre éditions, cet événement est indispensable : « J’avais vraiment envie de cibler ce public car il est super intéressant. On fait beaucoup d’agilité, de motricité, d’équilibre, de la coordination aussi. On voit l’évolution chaque année pour les personnes qui reviennent ».

    « Un engouement exceptionnel »

    Le dispositif a été perturbé en raison des fortes chaleurs cet été, empêchant la pratique de plusieurs activités en plein air. Eric Méry, adjoint au maire de Marseille délégué au sport, est revenu sur le sujet : « On a clôturé la saison dernière avec un engouement exceptionnel, on en a moins fait cet été à cause de la canicule, mais nous sommes de retour, encore plus nombreux cette année pour vous accompagner et vous écouter ». L’accompagnement s’accentue avec le lancement du pass séniors et la gratuité des piscines municipales pour les plus de 60 ans depuis 2025.

    Détails sur le site marseille.fr

  • [Entretien] Lucie Guermond : « On va être de plus en plus touchés par le manque d’eau »

    [Entretien] Lucie Guermond : « On va être de plus en plus touchés par le manque d’eau »

    La Marseillaise : Quels enseignements tirer de ce panorama ?

    Lucie Guermond : Regard Sur l’Eau est un travail partenarial qui veut synthétiser les enjeux de l’eau pour les collectivités. En 2025, on considérait 54% des masses d’eau de surfaces en bon état écologique, des contrastes marqués entre le secteur alpin et le littoral, et plus de dégradations dans les zones agricoles. Cette parution dresse un portrait de l’état de nos milieux aquatiques et identifie les différentes pressions qui s’y exercent. On en dénombre cinq : la surexploitation des ressources, l’artificialisation et l’altération physique des milieux, la pollution, les espèces exotiques envahissantes et, enfin, le changement climatique. Ce dernier point exacerbe tous les autres et impacte aussi bien la quantité que la qualité de la ressource en eau. On prévoit une baisse de 10 à 20% des débits moyens annuels d’ici 2050, qui ira jusqu’à 50% pour les débits estivaux d’ici la fin du siècle. Aussi, aujourd’hui, une grande partie de la gestion régionale de l’eau est tributaire de l’enneigement du massif alpin, qui pourrait réduire de moitié d’ici 2030.

    Quelle place tient la région Paca dans le constat par rapport
    au reste du territoire national
     ?

    L.G. : Au niveau national, cet été s’est remarqué par la multiplication des canicules et les modélisations scientifiques montrent qu’on se dirige vers des phénomènes extrêmes de plus en plus fréquents et puissants. L’été 2026 a également été le plus chaud jamais enregistré en région et des déficits en eaux souterraines persistent dans certains secteurs, notamment à l’est, dans le Var et en Provence verte. Il est important de rester vigilant et de prendre en compte que le changement climatique et les sécheresses seront plus marqués à l’avenir. C’est le message qu’on veut faire passer : on va être de plus en plus touchés, on l’est déjà et ça s’accentue.

    Ce rapport s’adresse-t-il aux élus ?

    L.G. : Comme le dit le proverbe : « On protège ce que l’on aime et on aime ce que l’on connaît. » L’objectif est de permettre aux élus de saisir les enjeux que présente la ressource en eau, pour que les collectivités puissent décliner des réponses d’adaptation et de restauration des milieux sur leurs territoires. On publie nos travaux aujourd’hui, mais le travail se fait tout au long de l’année, via différents outils : notre analyse des enjeux en région doit favoriser la prise en compte de l’eau et des milieux aquatiques dans les programmes des politiques et des pouvoirs publics.

  • Le vœu pieux d’Olivier Galzi sur la crèche publique de l’hôpital

    Le vœu pieux d’Olivier Galzi sur la crèche publique de l’hôpital

    « Franchement, vous faites un truc qui sert à rien », finit par lâcher Olivier Galzi, las des relances de son opposition de gauche, lundi soir, en clôture du conseil municipal. Le maire (DVD) était sommé de se positionner quant à une motion portée par le groupe de « La nouvelle Avignon populaire (LFI-PCF) ». Lu par Mathilde Louvain, le vœu plaide pour que la direction de l’hôpital « abandonne tout projet de privatisation ou de délégation au secteur privé de sa structure d’accueil de la petite enfance et que la crèche soit pleinement maintenue dans le giron du service public, avec des moyens humains et financiers pérennes garantissant un accueil optimal pour les enfants ».

    Depuis cet été, personnel et usagers, épaulés par l’intersyndicale CGT-FO-CFDT, sont vent debout contre la possible externalisation de ce service interne à l’hôpital, proposant des horaires adaptés au rythme de travail des agents hospitaliers. Mi-septembre, un vif échange a eu lieu directement dans le bureau du directeur, Pierre Pinzelli. Celui-ci assurait qu’aucune décision sur le mode de gestion n’était prise, mais que la crèche nécessitait de lourds investissements de modernisation « et que l’établissement ne dispose pas de ce financement, sa priorité d’investissement restant les équipements médicaux et le projet architectural des services de soins ».

    Ce lundi soir, ils étaient une quinzaine devant l’Hôtel de ville à réaffirmer leur attachement à une crèche publique hospitalière. « Nous partageons l’ensemble des objectifs que vous venez d’énoncer, mais le centre hospitalier est un établissement autonome et, par conséquent, c’est lui qui décide du mode de gestion pour sa crèche », répond Olivier Galzi à Mathilde Louvain.

    La crèche, un atout « d’attractivité médicale »

    Trop court pour l’opposition qui demande au maire, également président du conseil de surveillance de l’hôpital, de se mouiller davantage. « Au conseil de surveillance, je demande de préserver des places pour le personnel hospitalier avec des horaires élargis et une tarification accessible, développe le maire. Je n’interviens pas dans le mode du choix de gestion. J’ai même envie d’aller plus loin : un mode de gestion publique n’est pas une garantie d’un bon service. » Olivier Galzi assure en parallèle travailler « à des solutions pour proposer des places dans les crèches municipales pas très loin » de l’hôpital.

    Quand David Fournier (PS) rappelle que cette crèche « aide à l’attractivité médicale » ou que Oukacha Rtili (LFI) renvoie le maire à son programme municipal « où vous marquiez votre soutien à l’hôpital public », Olivier Galzi se fait le porte-voix du directeur de l’hôpital : « Son souhait est d’optimiser le coût et le service rendu ». Et de clore le débat. « On a fait le tour, vous verrez bien en conseil de surveillance ».

    La motion a été rejetée par toute la majorité, le RN s’abstenant, seules la gauche avec ses dix voix a voté pour.

    ET AUSSI

    Galzi – Rigault, tensions à la chaîne

    Entre le maire et son opposante RN, la soirée a été piquante. Avant même l’entame des rapports, Anne-Sophie Rigault s’est plainte de ne pas disposer d’un bureau, le seul attribué étant à ses yeux« insalubre », déplorant aussi l’absence de réponses à ses questions en amont des séances ou le détail des votes. « Je ne suis pas sourd d’oreille, vous l’aurez à la Saint-Glinglin », s’agace un peu plus tard Olivier Galzi quand son opposante en remet une couche. Le maire dénoncera aussi« un coup politique qui a entravé l’enquête interne »au sujet du vol de viande à la cuisine centrale, affaire pour laquelle Anne-Sophie Rigault a récemment fait un signalement à la justice. « Vous parlez de vol, or, cela n’a pas été caractérisé à l’inverse de votre nouveau sénateur que l’on peut traiter de voleur », balance Olivier Galzi en référence à la condamnation définitive en 2014 de Thierry D’Aigremont à deux ans de prison avec sursis pour recel de vol. L’élue RN avait un peu plus tôt évoqué la défaite aux sénatoriales d’Anaïs Hausmann, compagne du maire, absente lundi soir.

  • L’exigence d’un meilleur accès aux services publics à Digne

    L’exigence d’un meilleur accès aux services publics à Digne

    « Avant, on avait des services publics qui étaient organisés en fonction des besoins de la population. Aujourd’hui, ils sont organisés en fonction des besoins du capital. Cela crée une inégalité de traitement des citoyens, puisque les services qui ne sont pas rentables sont fermés », a regretté Cédric Volait de la CGT Santé 04, mardi, en marge de la manifestation organisée notamment pour défendre les services publics, déplorant la fermeture régulière des services d’urgence du département pendant la nuit.

    Le syndicaliste était présent lorsque l’Anap (Agence nationale d’appui à la performance des établissements de santé et médico-sociaux) a présenté les conclusions de son rapport pour identifier de potentielles mesures d’efficience, le 9 juillet. « L’Anap, qui était là uniquement dans un objectif d’économie, a dit qu’ils recommandaient de ne pas rouvrir les urgences la nuit à Manosque, parce que ça coûtait trop cher », regrette-t-il.

    « Nous ne sommes pas agents de l’hôpital public pour générer des profits ou faire des économies », a ajouté Anne-Laure Collado, la secrétaire de la CGT de l’hôpital de Digne. « L’hôpital de Digne est en déficit, pas parce que nous coûtons trop cher, mais parce que les gouvernements successifs ont tout fait pour ne plus le financer », a-t-elle lancé au micro. « Plutôt que de financer le soin et la vie, Macron décide de financer la guerre et la mort. »

    Une délégation reçue

    par la préfète

    Sylvie Mouffok, la secrétaire de Sud PTT 04, alerte de son côté sur deux bureaux de poste « menacés de fermeture » : celui d’Allos et celui de la Javie. « Cet été à Digne a été catastrophique pour la distribution de courrier. Un jour sur deux, il n’y avait pas de tournée », déplore-t-elle. « On est sur un territoire ultra-rural, qui est pénalisé, comme tous les territoires excentrés. Les différentes réformes n’ont pas aidé », regrette Bertrand Perrin, secrétaire départemental du PCF.

    Lionel Lasfargues, secrétaire du Snes-FSU 04, a de son côté déploré le manque d’accès aux cours de français langue étrangère pour les élèves non francophones, pour certains réfugiés politiques. « L’éloignement géographique et les contraintes de transport en milieu rural conduisent à l’affectation de ces élèves dans des établissements de proximité dépourvus » de dispositifs adaptés.

    Une délégation de cinq personnes de FO a été reçue, à midi, par la préfète pour alerter sur « les services publics dégradés » dans le département rural, les fermetures de classe et le manque de moyens de l’hôpital de Digne. « Tous ceux qui dépendent des services publics souffrent, sans parler de l’augmentation du prix du gasoil et de la fermeture des urgences », regrette Agnès Campanella, secrétaire départementale FO 04.

  • À Martigues, la santé publique sous pression

    À Martigues, la santé publique sous pression

    Le lieu était symbolique. C’est devant l’entrée de l’hôtel de ville de Martigues que l’Union locale CGT a choisi d’organiser le rassemblement pour cette journée de grève au sein de la fonction publique, comme pour signifier que l’administration ne tournerait pas sans ses agents. Mais la manifestation aurait très bien pu se tenir devant le centre hospitalier des Rayettes.

    « Les services publics sont partout soumis aux mêmes logiques : réduire les dépenses, supprimer des moyens, rechercher des économies et faire payer les agents et les usagers », dénonce Laure Privat. Pour la représentante syndicale CGT de l’hôpital, la logique financière s’applique à la santé depuis la mise en place de la tarification à l’acte, en 2004. « On parle d’efficience, de mutualisation, d’externalisation, de restructuration… Mais derrière ces mots, ce sont des agents, des services et des patients qui sont concernés. »

    Cette recherche de rentabilité, les aides soignantes de l’Ehpad les Magnolias de Port-Saint-Louis-du-Rhône, un établissement rattaché à l’hôpital de Martigues, la ressentent au quotidien. Deux d’entre elles, qui souhaitent garder l’anonymat, témoignent : « Le matin, on est quatre pour faire la toilette de 46 résidents, qui sont soit grabataires, soit valides mais avec des troubles cognitifs. On essaye de faire de notre mieux, mais il faut aller vite, donc le travail est forcément bâclé. On nous demande aussi de les stimuler et de favoriser leur autonomie, mais pour ça, il faut des moyens humains et du temps. » Les deux collègues plaident pour un changement de prisme au sein de l’Agence régionale de santé, qu’elles pointent comme déconnectée des réalités de terrain. « Il faut qu’on parle d’humain, pas de chiffre. »

    À l’hôpital de Martigues, au-delà du sous-dimensionnement des infrastructures, ce sont les conquis sociaux des personnels qui sont menacés, en raison de mesures d’économie portées par la direction sur injonction de la Chambre régionale des comptes. « Aujourd’hui, il y a une crise des vocations parce qu’il n’y a plus de perspectives qui donnent envie de travailler dans le public, dénonce Nathan Cabiac, représentant CGT. Les salaires sont très bas, il n’y a plus de compensation humaine, on vient attaquer notre temps de travail, nos heures supplémentaires, nos RTT, notre pause méridienne… Dans quelque temps, si on va au bout de ce genre de chose, des agents vont fuir l’hôpital comme c’est déjà le cas pour les infirmiers, qui ont le libéral en face. »

    Le syndicat demande l’abrogation de toutes ces mesures. Au niveau national, « la priorité est l’augmentation des effectifs et la revalorisation du point d’indice, parce qu’on est pratiquement à 20% de perte de pouvoir d’achat depuis le début des années 2000 sur des salaires qui sont déjà très faibles, puisque la catégorie C représente la grande majorité des salariés ».