Author: tecnavia

  • Le grand JT des territoires du 18 avril

    Le grand JT des territoires du 18 avril

    Cette semaine dans le Grand J.T. des Territoires de Cyril Viguier sur TV5 Monde :

    Face aux incivilités dans les transports en communs devenues trop courantes, certaines communes ont décidé d’agir. Comment ? Réponse dans ce journal.

    Ancien champion de lancer de marteau, il vient d’être élu maire de sa commune ! Une reconversion peu commune pour Quentin Bigot, maire de Gandrange en Moselle.

    Immersion au cœur de son nouveau quotidien. L’exploitation des lignes TER dans les régions est ouverte à la concurrence, depuis 2018.

    Cela oblige la SNCF à s’adapter aux besoins des usagers quotidiens. Exemple sur la ligne Cannes-Menton, dans la région Sud.

  • [Rue de la République] Jean-Pierre Squillari : « Nous ferons d’Aubagne une ville à nouveau vivante et festive »

    [Rue de la République] Jean-Pierre Squillari : « Nous ferons d’Aubagne une ville à nouveau vivante et festive »

    Chaque week-end dans La Marseillaise, chaque dimanche à 12h10 sur Maritima radio, ceux qui font l’actualité sont interrogés sur leurs choix, leurs décisions, leurs stratégies.

    La victoire

    Didier Gesualdi : À quoi attribuez-vous le désir de changement exprimé par les électeurs d’Aubagne ?

    Ça a été difficile mais au plus c’est difficile, au plus la victoire est belle. Je constate que le maire finit en troisième position, c’est quand même significatif. J’attribue ce désir de changement tout d’abord à un rejet de M. Gazay par les citoyens. Cela faisait trois ans que nous arpentions les rues aubagnaises, les quartiers, et les gens ne pouvaient plus supporter le maire en place. Ensuite, Mme Mélin du RN arrive en deuxième avec un score uniforme dans la région et même dans le pays. Le tout était de battre ces deux candidats.

    Léo Purguette : Et pourtant Mme Mélin avait gagné deux fois les législatives. C’est un désaveu pour elle aussi ?

    Oui, elle avait gagné, haut la main, aux législatives. Mais je remarque que sur les municipales elle a du mal à faire des scores conséquents bien que cette année, elle passe devant M. Gazay.

    Didier Gesualdi : Pour vous, c’est la proximité qui fait la différence ?

    Oui, ma campagne a été fondée sur la proximité. Je suis un enfant d’Aubagne, mes anciennes fonctions font que je connais parfaitement la ville. J’ai commencé à 16 ans comme pompier volontaire et j’ai fini à la direction du Service départemental d’incendie et de secours (Sdis). Je suis resté dans ma ville toute ma vie sauf trois ans où j’ai été chez les pompiers de Paris. Je connais les rouages de la ville, énormément de personnes… Et puis je suis à l’aise quand je promène. Ce qui n’était pas trop le cas du maire précédent.

    Didier Gesualdi : Vous avez dit à son propos « on a tourné l’une des pages les plus sombres de l’histoire d’Aubagne ». C’est quand même très fort. En quoi cette page était-elle sombre ?

    Il faut se rendre à l’évidence. Le rejet, c’est un constat. Et l’image renvoyée par notre ville aussi. Autrefois on me disait « tu habites Aubagne ? Quelle chance, c’est une ville sympathique avec son centre-ville, ses animations… » Mais depuis plusieurs années, les gens disaient « je ne vais plus à Aubagne, c’est mort, les magasins ferment, c’est sale ». La page est sombre en effet.

    La bétonisation

    Léo Purguette : Le bilan a-t-il pesé d’après vous dans le choix des Aubagnais ? Vous avez beaucoup critiqué le volet urbanisme durant votre campagne.

    Le bilan est sans équivoque. Nous allons faire un moratoire, nous allons arrêter la bétonisation. Des citoyens se sont organisés en collectif, ils ont fait un « Aubagne béton tour ». C’est-à-dire qu’ils passaient dans chaque quartier, pour annoncer aux riverains ce qui allait se passer. Le mouvement s’est amplifié. Ils ont porté la contestation devant les tribunaux ou devant le préfet, ils ont pratiquement toujours eu raison. Les Aubagnais sont fatigués du bétonnage de leur ville.

    Didier Gesualdi : Quels étaient les problèmes posés ? Construction ? Infrastructures ?

    Un problème de lieu aussi. Quand vous construisez dans la plaine de Beaudinard sur des terres agricoles irriguées et que vous n’en avez pas le droit… Quand vous construisez au piémont de Garlaban avec le risque feux de forêts et que vous n’avez pas le droit… Lorsque vous décidez de remplir une carrière de déchets soi-disant inertes et que le préfet a mis son opposition… Il n’y a pas de secret, il y a un problème.

    Didier Gesualdi : Dans votre programme vous parlez de renaturation du centre-ville, comment ça va se décliner concrètement ?

    On va revégétaliser le centre-ville qui est triste. On va aussi désimperméabiliser. Je suis allé visiter la ville de Cuers dans le Var qui arrive, l’été, à avoir trois degrés de moins que les autres villes, par la végétalisation, les matériaux utilisés, les îlots de fraîcheur… En adaptant ces solutions, cela ne représente pas des sommes astronomiques. Végétaliser ça veut dire aussi recréer des parcs urbains. Vous vous rendez compte qu’on a supprimé des parcs pour construire des maisons résidentielles !?

    Le logement social

    Léo Purguette : Vous refusez la bétonisation mais il y a des constructions utiles, celles qui permettent de se loger avec un loyer modéré. À gauche, on défend généralement cette perspective. Est-ce que vous la défendez, vous ?

    Bien sûr qu’on la défend ! D’autant plus qu’il y a besoin de logements sociaux. La volonté du précédent maire a été de vendre les logements sociaux aux locataires. À première vue on peut se dire que c’est une bonne chose mais quand on se penche sur le dossier, on se rend compte que ce sont des appartements vieillissants ou vieux et qu’il va y avoir des travaux à faire, aux frais des nouveaux propriétaires. Ensuite cette opération diminue le logement social. Nous on veut en faire du logement social, il ne s’agit pas de faire des ghettos, on veut faire du mitage. Et ça, le précédent maire ne le comprenait pas.

    Didier Gesualdi : Qu’est-ce que vous proposez pour les primo-accédants ?

    Vous savez, depuis que je suis maire, j’ai dû recevoir une cinquantaine de demandes de logements – que des logements sociaux – on ne m’écrit pas pour avoir des logements résidentiels. On va faire l’état des lieux, récupérer des logements vacants, travailler avec la Métropole pour proposer des solutions aux personnes en difficulté.

    L’Hôpital d’Aubagne

    Léo Purguette : Nicolas Isnard expliquait sur ce plateau que ce serait les maires qui représenteraient la Métropole dans les établissements de leur territoire comme les hôpitaux. Quid de celui d’Aubagne ?

    Nous arrivons, nous n’avons pas encore eu les détails du dossier de l’hôpital. Ce qui est certain, c’est que nous sommes favorables, favorables et encore favorables à la construction du nouvel hôpital, contrairement à ce que dit M. Gazay. À quel endroit ? La déclaration d’utilité publique est sortie, il va y avoir des procédures d’expropriation ce qui est quand même assez compliqué mais nous espérons, que l’hôpital verra le jour avant la fin de ma mandature.

    La gratuité des transports

    Léo Purguette : La gratuité des transports qui date des majorités à direction communiste à Aubagne, a perduré malgré la Métropole. Avez-vous des garanties pour l’avenir ? Faut-il généraliser la gratuité à l’échelle de toute la métropole ?

    La gratuité des transports, c’est fondamental. Je suis persuadé que dans 20, 30 ou 40 ans, les transports seront gratuits, on ne pourra pas y échapper. Il y a 15 ans, Aubagne a décidé de mettre les transports gratuits dans la commune et puis dans son agglomération. On nous a pris pour des hurluberlus à l’époque. On nous a dit que c’était impossible et l’opposition de droite avait même dit que les impôts avaient augmenté à cause de cela, c’était complètement faux. Il y a une taxe qui s’appelle le versement transports et qui s’applique aux entreprises. Si le taux dans les Bouches-du-Rhône était équivalent à celui de Paris, on pourrait faire la gratuité partout.

    L’office du tourisme

    Didier Gesualdi : Allez-vous renoncer à un projet que vous avez qualifié de « pharaonique », celui du nouvel office du tourisme d’Aubagne qui était porté par votre prédécesseur ?

    Oui ! C’est un projet ubuesque… J’étais au conseil municipal lorsque M. Gazay a annoncé qu’il allait faire l’office du tourisme et que tous les maires de la Métropole étaient d’accord. Vous imaginez que les portables ont marché très rapidement lorsqu’on a appris cette nouvelle. On a reçu des textos de plusieurs maires disant qu’ils n’étaient même pas au courant. Ce projet est surdimensionné, quatre ou cinq fois plus grand que celui de La Ciotat alors qu’on reçoit dix fois moins de personnes… En plus Internet est passé par là, les gens se renseignent différemment, même à Paris il n’y a pratiquement plus d’office du tourisme dans la forme dont on parle. Et nous on construirait un office du tourisme de 400 m² sur le cours Voltaire ? Pour nous, c’est complètement inopérant.

    Le début du mandat
    Léo Purguette : Changer de politique, ça prend du temps. Que vont voir de neuf les habitants dans les tout prochains mois ?
    Les 100 premiers jours, c’est important. Il y a de l’organisation à avoir, des décisions à prendre. Il y a celles qui coûtent et celles qui ne coûtent pas grand-chose. Par exemple, on va faire une braderie tous les mois à partir de juin à la mode de Lille, toutes proportions gardées.
    Didier Gesualdi : Avec des moules frites ?
    On mettra des panisses ! Ça ne sera pas une braderie classique mais festive, avec des animations, de manière à faire revenir les gens dans le centre-ville. Il faut que les commerçants jouent le jeu, que ce jour-là, il n’y ait pas le rideau de baissé. C’est une des premières choses. Ensuite on va travailler sur une mutuelle communale, comme ça se fait pas loin de chez nous, à Peypin par exemple. J’ai rencontré le maire de cette commune qui m’a dit « c’est extraordinaire, on arrive à faire baisser pratiquement à 50 euros par mois la cotisation ». Donc ça sera du gain sur le pouvoir d’achat et ça ne coûtera pas grand-chose à la Ville. On va se pencher également sur les frais d’obsèques, on va voir si on peut municipaliser ça. Ce seront les premières mesures.
    Didier Gesualdi : Vous défendez l’idée d’une zone agricole protégée. En quoi consiste-t-elle ?
    De tout temps Aubagne a été le grenier de la région. J’ai travaillé en amont de l’élection avec les agriculteurs, je les revois en tant que maire afin de créer la zone agricole protégée où on ne pourra plus construire. Il n’y aura plus de spéculation en espérant qu’un terrain passe constructible. M. Gazay a enlevé 10 hectares agricoles à Aubagne ! Dans une zone agricole protégée, un agriculteur qui part à la retraite, soit il va louer à un agriculteur, soit il va vendre à un agriculteur. Une vingtaine d’entre eux cherche du terrain.
    Didier Gesualdi : La Métropole des maires avancée par Nicolas Isnard, ça va dans le bon sens ?
    On a l’avantage d’avoir un président de la Métropole qui est maire, qui connaît les problèmes des maires. Le tout premier président, Jean-Claude Gaudin, était maire de Marseille mais je pense que le trou dans la chaussée de La Destrousse, ça lui passait un peu au-dessus. En revanche, M. Isnard qui est maire de Salon, une commune équivalente à celle d’Aubagne nous a rassurés sur une politique de proximité.
    Didier Gesualdi : Le Val’Tram arrive l’été prochain si je ne me trompe pas…
    Vous vous trompez, il arrivera beaucoup plus tard. M. Gazay a fait un caprice en voulant faire le tour d’Aubagne plutôt que de relier la gare. Il a défiguré le centre-ville pendant 2-3 ans. Les commerçants et les Aubagnais en ont payé les conséquences. Pour faire quoi ? L’Aubagnais va monter une fois ou deux à Roquevaire ou à La Destrousse et puis c’est fini.
    La République c’est quoi ?

    Jean-Pierre Squillari : « La République nous rassemble, elle est là pour protéger le citoyen. les différentes Républiques se sont faites après des crises ou des combats. La Ière naît de la Révolution et destitue Louis XVI, la IIe naît de la Révolution de 1848 et destitue Louis-Philippe, la IIIe République, c’est Gambetta qui la proclame on était dans la guerre, le siège de Sedan. La IVe République, c’est après la guerre de 1939-45. Et la Ve, on était en pleine guerre d’Algérie. Chaque fois la République a su rassembler. »

    La question des lecteurs de La Marseillaise

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de Christophe : Bonjour M. le maire qu’allez-vous faire au niveau de la culture ? La culture provençale et Pagnol ne font pas tout.

    Oui tout à fait d’accord. Nous avons créé un service événementiel. Nous avons dans notre équipe, Gaëlle Rodeville, elle est responsable du festival du cinéma d’Aubagne qui fait un carton. Elle a d’énormes idées pour renouveler la politique culturelle d’Aubagne. On va travailler dans l’originalité, la culture populaire et faire de notre commune une ville festive.

  • [Série 3/3] Les soins de support, maintenir la nutrition et la qualité de vie

    [Série 3/3] Les soins de support, maintenir la nutrition et la qualité de vie

    Les soins de support permettent de soutenir le patient en parallèle de la prise en charge médicamenteuse ou chirurgicale de sa pathologie cancéreuse. « Il existe neuf soins de supports définis comme la nutrition, l’activité physique, ou encore la douleur, entre autres », explique le docteur Braticevic gériatre et directrice du Comité de liaison en alimentation et nutrition au sein de l’Institut Paoli-Calmettes. « Les soins de support sont les mêmes que l’on soit jeune ou moins jeune. Par contre, il y a un aspect supplémentaire à prendre en compte pour les personnes âgées, ce sont les comorbidités, c’est-à-dire d’autres pathologies qui auraient pu se développer avec l’avancée en âge. »

    Activité physique et maintien de la nutrition sont essentiels

    C’est au moment du diagnostic que les évaluations ont lieu, au début donc de la prise en charge pour ensuite adapter au mieux les soins de support en fonction des besoins du patient soigné. « Lors d’un bilan oncogériatrique nous faisons particulièrement attention à l’activité physique et à la nutrition », souligne-t-elle. « Une personne qui a une activité physique – à ne pas confondre avec du sport – tolérera mieux les traitements, sera moins fatiguée et cela permet, pour certains types de cancer, d’éviter le risque de récidives. » Et de continuer, « L’aspect nutritionnel ne doit également pas être négligé car on sait que la plupart des médicaments dans le sang se fixent sur les protéines. Sauf que, quand on maigrit on baisse son taux de protéines, donc les médicaments se fixent moins bien et de fait fonctionnent moins bien. » Les professionnels de santé proposent donc aux patients traités pour un cancer un enrichissement de l’alimentation en calories et en protéines. L’objectif étant de maintenir l’état nutritionnel pour que les traitements fonctionnent au mieux tout en préservant un bien-être global. « L’essence même de notre métier c’est de soigner au mieux un patient tout en préservant sa qualité de vie parce que souvent quand on avance en âge c’est ce qui importe le plus. Il ne faut donc pas sous-traiter quelqu’un sous prétexte qu’il est âgé mais il ne faut pas le surtraiter non plus. Tout l’enjeu étant de prendre la juste mesure », ajoute Cécile Braticevic.

    En somme, un patient qu’il soit âgé ou non ne doit pas perdre de poids au cours de son hospitalisation. Ce poids perdu correspondant à de la masse musculaire surtout chez un sujet âgé. « Les personnes âgées sont davantage touchées car quand on vieillit, on a tendance à diminuer sa masse maigre au profit de sa masse grasse. Pour donner un exemple, quelqu’un de 80 ans qui perd un kilo perd en fait 800 g de muscles, la dénutrition est donc la bête noire du patient », renchérit-elle. « 40% des patients hospitalisés chez nous sont dénutris et pour certains types de cancers, cela monte à 70% il y a donc une nécessité d’assurer un suivi tout au long du processus de soins avec si besoin, un partenariat pour des hospitalisations à domicile. »

  • [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] Au Palais Longchamp, l’énigme de Françoise Duparc

    [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] Au Palais Longchamp, l’énigme de Françoise Duparc

    Les gender studies, des livres à propos des femmes peintres les ont remarquées : Pierre Rosenberg les emmena en 1975 entre Tolède, Chicago et Ottawa, lors d’une exposition de la Peinture française du siècle de Louis XV.

    Trois publications – « L’Histoire des Hommes illustres de Provence » de Claude-François Achard, un article de l’archiviste Joseph Billioud et un chapitre de Luc Georget dans le catalogue « Marseille au XVIIIe siècle » – rassemblent de minces informations. Naissance de Françoise en Espagne, à Murcie, octobre 1726. Une mère espagnole, le grand-père Albert et son père Antoine Duparc sont des sculpteurs, auteurs pour les églises de Marseille de décors de bois ou bien de marbre. La peste de 1720 aurait poussé Antoine à quitter Marseille ; il revient en 1730.

    La formation qu’elle reçoit de sa famille est complétée par l’aixois Jean-Baptiste Van Loo. Elle travaille à Paris, séjourne à Londres qui indique Achard, « fut le théâtre de sa gloire : on y admira ses talents, on y enleva sa production ». Elle n’a pas d’époux, les deuils de sa sœur et de son frère l’affectent. Quand elle revient à Marseille, elle est « hors d’état de pouvoir manier le pinceau». 52 ans, son décès survient le 17 octobre 1778.

    Les meilleurs noms, Le Nain et Chardin sont avancés pour définir le silence et la grâce de ses portraits. Puisqu’elle représente – avec rigueur et discrétion, comme l’historienne Arlette Farge – gens du peuple et petits métiers, on situe Duparc en raccord avec Louis-Sébastien Mercier et Bouchardon. On n’a pas traces de ses toiles dispersées à Londres, les tableaux de Longchamp ne sont pas signés. D’autres toiles pas encore identifiées figurent certainement en mains privées. La chance et l’improbable dorment quelque part, le commerce de l’art les réveillera.

    À propos de ce qui bouleverse quand on scrute la finesse de La Marchande de tisane, les miracles s’accumulent. Regard qui rêve et visage de porcelaine, en proximité avec Van Eyck. Son baudrier or et rouge précède Delacroix. Pour esquiver ces références, on admire les rayures de son fichu, les ombres de sa fontaine en étain, le petit mortier qu’elle actionne.

  • Travaux d’étanchéité à la maternelle Rose la Garde

    Travaux d’étanchéité à la maternelle Rose la Garde

    Au beau milieu de la végétation du groupe scolaire Rose la Garde dans le 13e arrondissement de Marseille, les engins de chantiers sont discrets. Pourtant, depuis lundi, des ouvriers sont à l’œuvre pour rénover le bâtiment de l’école maternelle. Ce vendredi, la nouvelle adjointe (PM) déléguée au bâti scolaire, Nassera Benmarnia, y faisait sa première visite officielle, accompagnée de la nouvelle maire (PM) du secteur, Tina Biard-Sansonetti.

    Le bâtiment, construit dans les années 70, avait des problèmes d’infiltrations lors d’épisodes de grosses pluies. Pendant les vacances scolaires, la ville a donc entamé une rénovation pour 400 000 euros. « Il s’agit de travaux d’urgence en attendant des travaux plus globaux », précise Tina Biard-Sansonetti, maire de secteur du 13-14. Le but étant d’assurer l’étanchéité et mieux isoler le bâtiment, en mettant de nouveaux drains pour que l’eau puisse s’écouler plus facilement, et ne pas s’infiltrer dans les murs. Des travaux d’autant plus nécessaires que 400 nouveaux logements doivent être construits dans le quartier.

    Comme l’établissement Rose La Garde, ce sont 117 écoles qui sont en train d’être rénovées par la mairie, pour une enveloppe globale de 2,3 millions d’euros. « Il y a des programmations de travaux dans toutes les écoles de Marseille, de manière équitable sur tous les secteurs et pas uniquement les secteurs acquis à la gauche, martèle la nouvelle adjointe au bâti scolaire, au plan école et à la rénovation et construction des écoles. On [la municipalité] rattrape, on rénove, on construit de nouvelles écoles. Ce n’est pas facile, ce n’est pas simple, mais la volonté est là. »

  • En attendant sa cité, la justice doit pousser les murs

    En attendant sa cité, la justice doit pousser les murs

    Ce jeudi 9 avril sur ses réseaux sociaux, le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, célébrait « une grande avancée dans notre projet de construction d’un nouveau palais judiciaire à Marseille et pour le service public de la Justice dans les Bouches-du-Rhône ». Deux mois après avoir demandé aux collectivités de mettre au pot, le ministère annonçait avoir bouclé son tour de table pour réunir les 10 millions d’euros nécessaires aux études préalables pour construire la future cité judiciaire à Arenc (dont 3 millions des collectivités). Un projet à 300 millions d’euros, qui ne doit pas voir le jour avant 2031.

    Mais, d’ici là, les magistrats doivent encore un peu se serrer. Depuis la loi de programmation pour la justice, les renforts commencent en effet à arriver dans la juridiction marseillaise. Une dizaine d’agents supplémentaires sont ainsi attendus à l’automne 2026, avant que quinze autres personnes n’arrivent à l’horizon 2027. Si les effectifs sont encore insuffisants aux yeux des magistrats du siège (notre édition du 15/10/2025), l’espace manque déjà pour les accueillir. En catastrophe, le ministère de la Justice doit donc lancer une étude, avec une « livraison urgente » avant l’été, insiste en caractères gras soulignés son cahier des charges, pour créer ces vingt-cinq postes de travail supplémentaires au cours du mois d’août prochain. « Malgré un travail d’optimisation effectué par la juridiction sur son bâtiment, les surfaces sont insuffisantes pour accueillir les agents dans de bonnes conditions et conformément aux surfaces préconisées », détaille le ministère de la Justice, qui regrette que « les différents services judiciaires, répartis sur plusieurs bâtiments, souffrent aujourd’hui d’un manque de surface important ».

    Les renforts dans

    les archives

    Alors le service de l’immobilier ministériel veut dessiner un nouveau schéma de réorganisation des services entre l’emblématique palais Monthyon, le palais Fortia désormais inscrit aux Monuments historiques et surtout le palais Autran. Parmi les priorités, le ministère table ainsi sur une transformation du local d’archives au 2e étage du palais Autran en bureaux et espaces de travail. Et espère surtout « avoir le coût le plus rationalisé possible ». « Les investissements sur les bâtiments actuels doivent être limités à l’essentiel dans l’attente de la nouvelle cité judiciaire », explique le cahier des charges. Reste que si la place manque encore, le site rue Edouard-Delanglade pourrait aussi accueillir les nouveaux effectifs.

    Surtout, le ministère réfléchit à une étude plus élargie pour accueillir les nouveaux effectifs sur ce site Delanglade et dans la caserne du Muy, voire en louant ou achetant un nouveau bâtiment… à l’horizon 2037. De quoi anticiper un retard de livraison significatif pour la cité judiciaire.

  • À Montauban, le RC Toulon veut surfer sur sa dynamique européenne

    À Montauban, le RC Toulon veut surfer sur sa dynamique européenne

    Ils espéraient se rassurer. Ils se sont offert une parenthèse enchantée. Avec envie et une qualité de jeu qu’on n’avait plus vue depuis des mois, les Rouge et Noir, qualifiés pour les demi-finales de Champions Cup pour la première fois depuis leur dernier sacre en 2015, ont retrouvé « un peu de sourire et de confiance », souligne l’entraîneur adjoint, Sergio Parisse. « On est revenu de nulle part, on avait très peu d’espoirs à Glasgow parce qu’on n’était pas favoris. Les joueurs se sont payés pour les efforts qu’ils font depuis un moment. »

    Mais le temps n’est déjà plus aux célébrations. « On est ravi de pouvoir jouer cette demi-finale, mais on bascule vite sur le Top 14 », assure l’entraîneur de la touche. Pour Matthias Halagahu, ce ne sera « pas dur du tout, vu notre classement et nos récentes prestations en championnat. Si on veut aller chercher ce qu’on veut, il faut de bonnes performances rapidement ». 11e à 7 points du 6e, Clermont, le RCT n’a en effet plus vraiment le choix et doit engranger un maximum de points, à six matches de la fin du championnat, pour continuer à y croire.

    Premier rendez-vous ce samedi sur la pelouse de la lanterne rouge montalbanaise, déjà quasiment condamnée à retrouver la Pro D2. Un match « important pour garder la dynamique », et à ne surtout pas galvauder pour l’entraîneur italien, qui a confirmé son départ en fin de saison pour intégrer le staff de la Nazionale : « On n’est pas en situation de fanfaronner. On ne pense pas qu’aller à Montauban, ça va être une promenade, loin de là. »

    Turnover en vue

    Ce sera l’occasion de confirmer les progrès entrevus dans le jeu, sur l’aspect défensif et les mauls portés. Une conséquence de l’apport de Cédric Béal, directeur du centre de formation, qui a intégré le staff depuis quelques semaines. « On a travaillé cet aspect. Sur les touches, quand tu ne sautes pas, tu t’exposes moins et tu es davantage prêt en bas pour défendre. Ce n’est pas une révolution, mais un changement d’approche », lié au besoin « de retrouver de la solidité. »

    Il faudra aussi réussir à réintégrer des joueurs qui ont moins joué ces derniers temps, Pierre Mignoni et son staff ayant fait le choix d’apporter de la fraîcheur. Ce n’est pas facile quand on ne joue pas. Mais il n’y a rien à dire sur leur investissement au quotidien. Ils ont eux aussi aidé l’équipe à performer en coupe d’Europe », martèle Sergio Parisse. Parmi eux, Matéo Garcia, qui va retrouver le terrain quatre mois après son dernier match, à Gloucester, en Champions Cup : « En signant au RCT, je savais où je mettais les pieds. Heureusement, on a un super groupe et c’est toujours le collectif qui prime. J’essaie de garde la tête haute et je suis très content de revenir ce week-end. »

  • L’extrême droite RN s’empare de la Petite Camargue

    L’extrême droite RN s’empare de la Petite Camargue

    S’il était attendu, c’est tout de même un coup de tonnerre qui s’est déroulé au conseil communautaire de Petite Camargue mercredi 15 avril. Et ce, pour deux raisons. D’abord parce que pour la première fois un élu du Rassemblement national va gérer une intercommunalité dans le Gard. Mais c’est aussi l’ampleur du score qui interroge : Nicolas Meizonnet l’a en effet emporté avec 25 voix sur les 30 possibles et aucun candidat n’a osé se présenter face à lui.

    Tous les maires l’ont ainsi soutenu, que ce soit Jean-Paul Franc, maire d’Aimargues et ancien secrétaire CGT chez Perrier, le président sortant réélu à Aubord André Brundu, le nouveau maire de Beauvoisin Frédéric Meseguer ou encore l’édile du Cailar, Joël Tena. Des soutiens d’autant plus incompréhensibles que dans l’histoire de la Communauté de communes, le maire de Vauvert, la ville centre, n’a jamais eu la présidence de l’interco.

    « C’est déconcertant, il n’y a eu aucune opposition, aucune résistance », s’indigne Magali Nissard, nouvelle leader de l’opposition à Vauvert depuis le retrait de Jean Denat. « Il y a la droite dans toutes les villes et on voit qu’elle bascule. Meizonnet a dit que la Communauté de communes ne serait pas la vitrine du RN mais on a du mal à y croire. J’ai tenté de pousser le président sortant à y aller mais il n’a jamais donné d’explications sur son retrait. Ce qui m’inquiète c’est comment ils vont se positionner face à lui par la suite ? Est-ce qu’ils vont laisser tout passer ? »

    La gauche s’élargit

    à l’Agglo d’Alès

    Toute la semaine, les présidents des intercommunalités ont été élus avec une forme de continuité. C’est par exemple le cas pour le maire de Cardet, Fabien Cruveiller, qui était seul en lice pour récupérer la présidence du Piémont Cévenol où la majorité de Saint-Hippolyte-du-Fort a retrouvé la première vice-présidence, tournant ainsi la page de l’opposition frontale qui avait entaché le mandat précédent. Les élus régionaux socialistes Régis Bayle et Fabrice Verdier ont également été réélus respectivement à la tête du Pays Viganais et du Pays d’Uzès. Du côté des changements, l’opposant à Pierre Martinez et maire de Montpezat, Jean-Michel Andriuzzi, a été élu président du Pays de Sommières. Elu à Montfrin, Philippe Marchesi, a pris la suite de Pierre Prat à la tête de l’intercommunalité du Pont du Gard sur fond de divisions.

    Côté Alès Agglomération, Christophe Rivenq (LR) a été réélu confortablement dans le fauteuil de président qu’il occupe depuis 2020. Mais pour cela, il a plié devant les demandes de la gauche qui lui demandait plus de responsabilités. Ainsi, le PCF a récupéré un poste de vice-président supplémentaire (Sylvain André (Cendras), Claude Cerpedes (Saint-Martin-de-Valgalgues), Pascale Eugène (La Grand-Combe) et Ghislain Chassary (Rousson). Avec l’écologiste Aurélie Génolher et Nathalie Montoro Teissier (DVG), la gauche compte six vice-présidents sur 15 à l’Agglo. « Il y a les vice-présidents mais il y a aussi les responsabilités et on peut affirmer que la gauche prend une place plus importante à l’Agglo, en compromis avec Christophe Rivenq », réagit Sylvain André.

  • A l’hôtel Saint-Charles,la grève de la propreté a payé

    A l’hôtel Saint-Charles,la grève de la propreté a payé

    Si tous les licenciements ne sont pas évités, la lutte a permis des conditions de départs bien supérieures à ce qui était proposé, des garanties sur la protection, le maintien des droits et acquis du personnel et le paiement de la moitié des jours de grève », se félicite leur syndicat CNT-SO. Un rassemblement de soutien est prévu lundi 20 avril à 9h devant l’hôtel, avant la signature du protocole.

    Les femmes de chambre et équipiers de l’Hôtel Marseille Centre Gare Saint-Charles s’étaient mis en grève, le lundi 29 décembre 2025, jusqu’au 12 janvier 2026. Ces salariés du groupe Alboran dénonçaient une vague de licenciements « sous prétexte de travaux de rénovation ». L’hôtel a réouvert partiellement ce 2 avril. Alors que les femmes de chambre et les équipiers affectés à la propreté s’apprêtaient à reprendre leur mobilisation, le groupe Alboran a préféré négocier un accord de fin de conflit.

    Le mouvement de grève a mis en lumière « les pratiques inacceptables du groupe Alboran et de l’Hôtel marseillais : licenciements injustifiés, mépris des travailleurs et remise en cause de droits élémentaires », rappelle le syndicat. Déterminés à faire valoir leurs droits, les salariés ont tenu un piquet de grève devant l’hôtel durant plusieurs jours et obtenu un accord de sortie de crise. Les grévistes arrachent des avancées majeures : « Dommages et intérêts pour les licenciés largement supérieurs aux premières propositions de la direction, paiement de 50% des jours de grève, garantie de reprise de l’ensemble des avantages acquis en cas de changement de sous-traitant, garantie de non-licenciement économique des grévistes jusqu’à fin 2028 », précise la CNT-SO, qui remercie les soutiens apportés aux grévistes durant cette courageuse lutte.

  • Sur scène, les minots de l’ASE mettent la joie en mouvement

    Sur scène, les minots de l’ASE mettent la joie en mouvement

    C’est au théâtre L’Escale, à La Garde, que nous étions invités vendredi à venir découvrir le travail des minots de l’ASE sur les planches, dans le cadre de la première édition du Festival Môme. Un événement artistique porté par l’Institut des arts inclusifs du groupe Umane et la compagnie de danse 6e Sens. Un spectacle chorégraphique pensé comme un espace d’expression, de rencontre et de dépassement de soi afin de renforcer la confiance et aider le grand public à porter un regard nouveau sur la jeunesse et l’inclusion.

    « L’aide sociale à l’enfance fait beaucoup parler d’elle dans les médias où elle est souvent pointée du doigt comme un modèle qui serait à bout de souffle avec des institutions qui font du mieux qu’elles peuvent, mais sont souvent en difficulté », souligne Aline Rol, la directrice de l’institut. Et de poursuivre : « Nous, on essaye à notre modeste échelle d’offrir à ces enfants des expériences un peu innovantes qui peuvent leur permettre un chemin de construction. »

    Le collectif engagé essaie d’ailleurs, est-il expliqué, d’explorer de multiples pistes « pour montrer aussi au pouvoir public qu’il y a peut-être d’autres façons de faire ». Et dans ce cadre répond en ce moment à un appel à projet du Département pour pouvoir structurer un réseau de ce qu’on appelle les tiers de confiance. Des proches qui peuvent prendre le relais en cas d’ordonnance de placement pour éviter l’institution qui est souvent, par définition, maltraitante. Non pas, insiste Aline Rol, par les professionnels, mais par le fait de regrouper des enfants avec des fragilités, des soucis de délinquance, de prostitution, de drogue… L’idée est donc de proposer des alternatives. Et de poursuivre : « On a monté ce projet de résidence autour de la danse avec dix enfants qui ont été sélectionnés sur volontariat, qui avaient envie de vivre cette expérience.»

    Une pièce qui coupe

    le souffle

    Pendant deux semaines, une en février et pendant ces vacances scolaires, ils se sont donc retrouvés en communauté autour d’une compagnie de danseurs professionnels dans lequel se mêlent déjà avec harmonie artistes valides et en situation de handicap.

    Avec au final, une chorégraphie époustouflante construite de A à Z avec les jeunes sur le thème de la joie.

    Aujourd’hui, dernier jour de résidence, on retrouve les gamins en situation. Et c’est vraiment bluffant. Chacun endossant parfaitement son rôle en s’intégrant dans l’ensemble pour donner du sens. L’idée était de les mettre en situation pour une première restitution avant qu’ils ne se retrouvent à nouveau sur scène le 12 mai cette fois devant une salle remplie d’un public venu apprécier la qualité de leur travail au même titre que les autres danseurs. Et se mettre en joie.

    « On a eu vraiment un retour exceptionnel », déclare avec beaucoup d’émotion Cécile Martinez, la chorégraphe qui a monté avec eux la pièce de 35 minutes en 8 jours seulement.

    « Ils ont été considérés en tant qu’artistes dès le départ au même niveau qu’une compagnie professionnelle », souligne celle qui a le talent de transformer les faiblesses en force.

    Alors Alison, 14 ans, confie : « Oui, j’avais un peu peur au début mais je me suis dit que ça allait bien se passer. Que c’était l’occasion de créer quelque chose. Et franchement ce qu’on vient de vivre c’est un truc à faire au moins une fois dans sa vie. »

    Anastasia, 14 ans, intervient : « Ça nous a appris ce que, nous, on pouvait faire de nos envies et comment se canaliser dans le spectacle, en confiance. »

    À ses côtés Jasmine, 14 ans également, explique, elle, avoir déjà fait du théâtre et aimer beaucoup la danse. « Je trouve que ça fait découvrir d’autres choses que celles qu’on rencontre d’habitude enfermés dans un foyer. Ça fait changer d’air ! », explique-t-elle.

    Et conclut, des étoiles dans les yeux : « Je suis fière de tout le monde, parce qu’en même pas deux semaines on a fait un fabuleux spectacle, avec de vrais danseurs professionnels, tout le monde n’a pas cette chance. Je pense qu’on n’aurait pas pu faire ça si on n’était pas en foyer. »

    De toute cette gratitude et ces émotions exprimées on en ressort tout retourné. La magie de la culture.

    « Je suis fière de ce fabuleux spectacle. Tout le monde n’a pas cette chance »