Author: tecnavia

  • [Grand entretien] « De la noirceur totale à une lumière sincère »

    [Grand entretien] « De la noirceur totale à une lumière sincère »

    Oxmo Puccino : Dans cet album, il y a une fiction qui s’appelle Glock. Elle raconte l’histoire d’une arme à feu qui voyage des mains d’un policier jusqu’à celles d’un jeune qui l’utilise contre un autre, provoquant le chagrin immense de deux familles. Ce morceau fait référence à un interlude de l’album Opéra Puccino [son premier opus sorti en 1998, Ndlr] dans lequel j’évoquais la présence d’armes à feu de gros calibre en circulation libre dans les quartiers. à l’époque, on me disait : « Est-ce que c’est vrai ? ». 30 ans après, les jeunes se tuent entre eux par dizaines en France. En tout cas, je vous remercie de poser cette question de l’amour. Aujourd’hui, je parle de paix parce que je viens d’une jeunesse où la violence était un moyen d’expression. Et lorsque je parle de paix aujourd’hui, à l’âge de 50 ans, c’est pour célébrer ce parcours de la noirceur totale à une lumière sincère. C’est uniquement cela que je veux partager : une lumière qui est sortie de la noirceur. Même si je peux friser la caricature, c’est un risque que je prends. Car, aujourd’hui, si vous consommez, comme tout le monde le fait, les moyens que l’on a pour être soi-disant au courant de tout, sans vraiment communiquer avec personne, alors, vous vous rendez compte qu’il y a très peu d’amour. Et uniquement des choses à acheter ou à vendre.

    Même si vous n’êtes pas nostalgique, n’exprimez-vous pas, avec votre ultime album, le regret que le hip-hop soit passé d’une contre-culture à une culture de masse ?

    O.P. : Dans l’histoire, la musique n’a pas toujours été commerciale, n’a pas toujours été un produit. Mais, lorsqu’elle l’est devenue, le risque que pouvaient courir tous les courants musicaux, c’était de devenir mainstream, connaître le succès, avant d’être remplacés par un autre courant. Et donc, je ne sais pas pourquoi la musique hip-hop y aurait échappé car, aujourd’hui, c’est la plus écoutée de toutes, paraît-il. Elle est en passe de vivre ce que tous les courants musicaux comme le jazz, la disco, la funk ou le rock ont connu après leur apogée. C’est quelque part le revers de la médaille que nous avons toujours voulu.

    « Le rap est le plus grand baromètre artistique de la société », disiez-vous à « La Marseillaise », il y a 10 ans. Que dit-il alors de la société actuelle ?

    O.P. : Ce que le rap dit, c’est que notre société a un problème de perception, un problème créatif, de frénésie. De ce que nous connaissons sur les origines du rap, il n’y a aujourd’hui plus matière à appeler cette pratique du même nom. Nous sommes passés d’un rap à une chanson qui n’est ni RnB, ni chanson française. Mais c’est la chanson chantée par tous les enfants de nos jours. Et on continue à appeler ça du rap. C’est la conséquence d’années de déni qui font qu’aujourd’hui, le public est en décalage avec les artistes que les médias auraient voulu promouvoir. Le rap n’a pas été choisi, il s’est imposé avec les années, notamment avec la transmission de parents qui en écoutaient et l’ont fait découvrir à leurs enfants, qui ont eux-mêmes écouté les chanteurs que sont devenus les rappeurs aujourd’hui. C’est formidable qu’on en parle 30 ans plus tard. Mais la donnée en tant que telle, c’est de ne pas l’avoir vu. La vision médiatique du rap n’a rien à voir avec la manière dont cette musique est appréciée, si on peut encore appeler ça du rap. D’où le décalage. Pendant longtemps, les médias l’ont affublé de politique, engagée, délinquante. Aujourd’hui, cette musique de divertissement pur est, malgré son succès, toujours un peu stigmatisée. Il n’y a qu’à voir le tollé qu’a provoqué la participation d’Aya Nakamura à la cérémonie des JO. Alors que ce n’est pas une rappeuse, elle est quand même traitée en tant que telle.

    « Le temps est froid, il pleut des tragédies. Tous ces vampires ont très peu de projets dignes », rappez-vous sur le dernier titre « Léger ». Auxquels pensez-vous ?

    O.P. : Un très bon ami à moi m’a offert L’heure des prédateurs. C’est le livre le plus précis sur l’atmosphère politique mondiale actuelle, que nous subissons tous. Il décrit tous ces personnages au pouvoir dans les grandes puissances comme des prédateurs, des animaux, primaires. Aujourd’hui, hélas, nous avons beaucoup d’hommes d’État mais peu de chefs d’État. Leurs proies sont surtout ceux qui n’ont pas conscience de cela. Quand je vois des gens scroller au lieu de regarder un ciel bleu, je trouve ça dommage. On dit que fumer tue, mais il faudra aussi trouver quelque chose pour les smartphones.

    L’une des seules prises de position que le grand public vous connaisse, c’est l’engagement en faveur de l’enfance à travers l’Unicef. « Ma vérité, c’est des enfants heureux, j’suis content à haute dose. Aux autres, je laisse les boniments des fausses causes », exprimez-vous sur un titre avec Vanessa Paradis…

    O.P. : Car il faut déjà peut-être soigner son enfant intérieur : se réconcilier avec lui et, surtout, prendre soin d’une innocence, garantir un futur à l’échelle de l’être choyé. Dans ce monde rempli d’incertitudes, la garantie de pouvoir faire des gens solides et préparés, c’est de leur donner de l’amour. [Il se met à déclamer un couplet de son titre Cosmos] : « Les blessures du passé ressemblent aux illusions. C’est bien de là que partent toutes les allusions. Si les parents n’faisaient pas d’erreurs, dans 20 ans, les enfants aimeraient les leurs. L’amour va pas tout régler s’il est mal appris. Nos vies : un film qu’on n’a pas écrit ».

    Entretien réalisé par Philippe Amsellem

  • « Le moustique tigre est une espèce très opportuniste qui s’adapte vite »

    « Le moustique tigre est une espèce très opportuniste qui s’adapte vite »

    Claire Teillet : Nous savons qu’elle joue un rôle mais il y a encore beaucoup à comprendre sur ces interactions et les implications en matière de santé publique. Le mâle a besoin de la végétation pour se nourrir du nectar des plantes. Et la femelle –qui nous pique pour obtenir les protéines nécessaires à ses œufs– en a aussi besoin pour se nourrir et se mettre à l’abri pendant les périodes de repos. La végétation apporte de l’humidité et de la fraîcheur qui conservent l’eau. Et la femelle peut y pondre ses œufs.

    Il lui faut vraiment de l’eau stagnante ?

    C.T. : Oui, car après l’éclosion de l’œuf -pondu sur les rebords asséchés du récipient et immergé quand l’eau monte avec la pluie ou l’arrosage-, la larve se développe dans l’eau puis se transforme en nymphe. Ces stades ont besoin d’eau pour exister. Mais des œufs peuvent rester même si l’eau s’évapore. Ils entrent dans une sorte de dormance –la diapause– pour passer l’hiver. Quand l’eau revient et que les conditions sont plus propices –comme au printemps-, ils peuvent éclore.

    Chasser l’eau stagnante est donc crucial pour limiter la présence du moustique tigre, en été, et le risque de transmission de maladies ?

    C.T. : Oui, et notamment dans nos espaces privés qui sont les zones produisant souvent le plus de moustiques tigres. Ils peuvent pondre dans n’importe quel objet pouvant retenir de l’eau. C’est une espèce très opportuniste qui s’adapte vite.

  • [Science] La lutte contre le moustique tigre prend de la hauteur

    [Science] La lutte contre le moustique tigre prend de la hauteur

    Originaire du Sud-Est asiatique, le moustique tigre est vecteur de maladies comme la dengue, chikungunya ou Zika. Arrivé en France métropolitaine en 2004, il a aujourd’hui colonisé presque tous les départements. Il ne provoque pas encore d’épidémies récurrentes dans l’Hexagone, mais les cas autochtones se multiplient. « Il est important de s’attaquer au problème avant que des épidémies ne surviennent régulièrement », insiste Claire Teillet.

    Quartiers résidentiels

    L’étude montre que la végétation augmente la probabilité de trouver des larves dans les chambres télécoms et collecteurs d’eau pluviale à proximité. « Une densité de végétation très élevée semble toutefois diminuer la probabilité de présence », note la chercheuse. De plus, la végétation associée à des structures urbaines influence cette probabilité de présence : « Elle est plus forte dans des environnements organisés autour d’objets urbains et de zones végétalisées, ainsi qu’à proximité de grands espaces verts », précise-t-elle. Autrement dit, dans des quartiers résidentiels composés d’habitations avec jardin et de parcs.

    Les images satellites ont été associées à des modèles de distribution d’espèces. Des données recueillies sur le terrain par l’Entente interdépartementale pour la démoustication du littoral méditerranéen ont permis d’identifier des gîtes larvaires privilégiés pour calibrer les modèles et pouvoir prédire la probabilité d’en trouver ailleurs. « Ce n’est pas la première fois que l’imagerie satellitaire est utilisée pour mener ce type d’étude, précise Claire Teillet. Mais nous avons utilisé une méthode particulière permettant d’extraire de l’information quant à l’arrangement spatial des éléments dans une image. »

    La chercheuse voit dans cet outil un moyen d’identifier les zones prioritaires à inspecter dans l’espace public. « C’est maintenant aux politiques et aux acteurs en charge de la lutte de s’en emparer », pointe-t-elle, rappelant que les principaux gîtes larvaires ne sont pas dans l’espace public mais privé – dans les coupelles et autres récipients dans les jardins.

  • [Recette] Les poireaux vinaigrette revisités

    [Recette] Les poireaux vinaigrette revisités

    Pour 2 personnes
    il vous faudra :

    – Deux blancs de poireaux

    – Deux œufs durs

    – Des cornichons et des câpres

    – Des anchois à l’huile

    – De l’huile de pépins de raisins et d’olive

    – Du jus de citron jaune et vert, de pamplemousse et d’orange

    – Du vinaigre de cidre et de xérès

    – Des graines de courge, chia, fenouil et noix de cajou torréfiées, concassées

    – De la coriandre fraîche

    Il est possible de cuire les blancs de poireaux la veille, à la vapeur ou dans une eau frémissante. Laissez refroidir à température ambiante pour ne pas perdre les saveurs du légume, coupez les blancs en deux puis de nouveau en deux dans le sens de la longueur. Brûlez au chalumeau ou dans une poêle chaude, sans matière grasse, et faites mariner une nuit idéalement avec de l’huile d’olive, du vinaigre de xérès, du sel et du poivre. égouttez une heure avant le service de votre assiette.

    Une vinaigrette revisitée

    En parallèle, réalisez la vinaigrette et mettez en premier dans un saladier les noix de cajou, les graines de courge, de chia et de fenouil. Ajoutez deux cuillères à soupe d’huile d’olive, une de vinaigre de cidre puis une cuillère à soupe de chaque jus. Faites foisonner légèrement, ajoutez de nouveau une pincée de chaque graine et, à la fin, les herbes fraîches pour éviter leur oxydation.

    Une sauce nappante

    Vous pouvez également réaliser la sauce caesar dans un récipient haut et étroit en mettant les œufs et 25g de chacun des ingrédient suivant, à savoir les anchois, les cornichons, les câpres, une cuillère à soupe de moutarde et une gousse d’ail râpée. Mixez le tout avec un mixeur plongeant pour avoir quelque chose de lisse puis monter comme une mayonnaise avec l’équivalent de 200g d’huile de pépin. Détendez le tout avec un filet d’eau et de jus de citron.

    Pour le dressage, déposez les poireaux dans l’assiette zébrez les 2/3 avec la sauce caesar et le reste avec la vinaigrette. Servez et régalez-vous !

  • Des projets pour l’innovation verte primés

    Des projets pour l’innovation verte primés

    Au cours de cette cérémonie, qui avait lieu à l’hôtel du Département mardi 2 décembre, trois prix ont été remis à des chercheurs qui se sont distingués dans leurs travaux. « Nous comptons plus de 5 000 chercheurs sur le département et cette nouvelle édition se tourne vers l’innovation et l’avenir », a expliqué en préambule Sylvain Di Giovanni, conseiller départemental délégué à la santé, à l’enseignement supérieur et à la recherche, mais aussi président du jury. « La culture scientifique est faite pour être partagée avec l’objectif de la rendre intelligible de tous. »

    « Sauve ta mer, mange un crabe bleu »

    Parmi eux, le Prix spécial, qui a pour objectif de mettre en lumière une découverte et un résultat remarquable en lien avec la thématique annuelle, à savoir « biodiversité, espèces envahissantes et nuisibles : trouver une solution face au réchauffement climatique ». C’est le projet du docteur Guillaume Marchessaux, chercheur au sein de l’Institut méditerranéen d’océanologie (MIO) qui a été récompensé pour ses travaux sur l’invasion du crabe bleu en Méditerranée. Une espèce marine invasive qui a fait son apparition dans les années 1960 dans l’étang de Berre. Une espèce à la fois opportuniste, agressive et vorace, qui provoque, depuis son arrivée, la disparition locale d’espèces méditerranéennes emblématiques et un effondrement écologique et économique pour la pêche artisanale. Les recherches du docteur Guillaume Marchessaux sont combinées à des actions de sensibilisation du grand public, comme la campagne « Sauve ta mer, mange un crabe bleu », qui mêle ateliers, événements artistiques et valorisation culinaire pour promouvoir une gestion innovante et durable de cette invasion en Méditerranée.

    étaient également présents, lors de l’événement, Gianni La Tonna, président du Conseil départemental des jeunes, et Mostfa Bentousi, conseiller. Ensemble, ils ont « fait entendre la voix des jeunes sur les sujets de demain » en présentant une campagne de sensibilisation réalisée par ce conseil axée sur le frelon asiatique. Une espèce envahissante que l’on retrouve de plus en plus dans la région et en France. « Il y a plusieurs actions de sensibilisations qui sont menées au niveau des communes sur le frelon asiatique et nous avons décidé de nous emparer de ce sujet car l’espèce représente un risque pour la biodiversité et notamment la survie des abeilles », a précisé Mostfa Bentousi.

    Ont également été remis le Prix Jeune Chercheur et le Grand Prix, chacun des lauréats s’étant vu remettre respectivement un chèque de 3 000 et 5 000 euros pour le dernier prix, récompensant ainsi leur travail.

  • La Sainte-Baume à travers les contes

    La Sainte-Baume à travers les contes

    C’est dans cette optique qu’elle organise, ce dimanche, au Jardin des Oliviers à Sanary, une matinée de présentation de contes locaux.

    Des contes pour personnes hospitalisées

    Ces œuvres filmées et réalisées sur le territoire de la Sainte-Baume ont la particularité d’avoir été conçues pour des personnes alitées, hospitalisées et/ou à mobilité réduite.

    « Notre association a été lauréate, début 2025, de l’appel à projet de la mutuelle Mutualia. Ces films, souvent tournés dans un environnement naturel, ont pour but de divertir les patients ou le public qui ne peut pas y accéder, pour apporter une ambiance plus favorable en leur faisant découvrir le monde des légendes », explique Thierry Blondeau, président de l’association.

    Une idée à la base portée par Christian Vacquié, un touche à tout aux multiples casquettes (technicien forestier, conteur, professeur de yoga et musicien) désireux de partager la richesse de ses sorties en nature. Ce dernier est accompagné de quatre autres conteurs, présents ce dimanche avec l’équipe de l’association.

    Les visionnages auront lieu de 10h à midi, après un accueil café à 9h30. Il sera possible de visiter, avec une guide, le jardin des oliviers et son moulin à huile, sa route des oliviers, ses fours à chaux et à cade… à midi, place à un apéritif dînatoire durant lequel vous pourrez déguster de l’anchoïade, de la tapenade, ainsi que du pain cuit au four à bois, préparé directement par une boulangère de la commune de Bras, qui propose aussi des chocolats (sur commande*). Chacun est invité, s’il le souhaite, à compléter ce repas en apportant le met de son choix. Les visiteurs pourront ensuite aller profiter des illuminations sanariennes, pour poursuivre ce dimanche aux accents de Noël.

    *Infos sur guidesaintebaume.fr et sur la page facebook de l’association

  • « À Nîmes, je suis le seul à pouvoir battre l’extrême droite »

    « À Nîmes, je suis le seul à pouvoir battre l’extrême droite »

    La Marseillaise : jeudi 11 décembre, a lieu la restitution publique des réponses au questionnaire de « Nîmes en commun » auxquels ont répondu plus de 3 000 habitants. Pourquoi cette démarche ?

    Vincent Bouget : C’est une des étapes de la construction politique que nous avons engagée il y a un an maintenant et qui consistait à changer de perspective dans une campagne électorale. C’est-à-dire qu’au lieu d’arriver avec des propositions soumises au choix des électeurs nous avons d’abord souhaité écouter les habitants de la ville. Quels étaient les sujets qui les préoccupaient le plus ? Les objets de débats, de controverses, les problématiques essentielles pour eux. Cela a été la première partie du travail, jusqu’en juin.

    Ensuite, à partir des problématiques et des controverses qu’on avait identifiées nous avons essayé de voir quelles étaient les priorités et les réponses à apporter. Dans les sujets de débat qui avaient été posés – le cadre de vie, la question de la réussite économique ou sociale, la question de la démocratie, du rôle du politique – il n’y avait pas toujours les mêmes priorités émises par les uns et les autres dans la population. On voulait avoir l’émanation la plus fidèle possible de là où en était la population nîmoise.

    Ces réponses vont-elles charpenter le programme de « Nîmes en commun » ?

    V.B. : Ce questionnaire vise à la fois à quantifier les sujets et à dégager un certain nombre de priorités telles qu’elles sont pensées par les habitants. Elles peuvent, des fois, nous percuter ou ne pas être dans nos façons de penser ou de faire. Mais on doit répondre aux questions telles qu’elles sont posées et pas telles qu’on imagine qu’elles devraient l’être ! Souvent, on a l’impression d’avoir la science infuse et des propositions qui peuvent être crédibles mais qui ne rencontrent pas d’écho parce qu’on n’arrive pas en entrer en dialogue avec la population.

    L’enjeu de la soirée du jeudi 11 décembre est d’affiner le projet et de dégager les priorités du prochain mandat : priorités opérationnelles, dans le temps, de voir par quoi on commence et de quelle manière. Après, nous ferons des choix politiques. L’objectif est de présenter publiquement soit fin janvier ou début février la liste et le programme.

    Le nombre de questionnaires
    à analyser est impressionnant…

    V.B. : Oui, nous avons plus de 3 000 questionnaires remplis, essentiellement « papier ». Ce n’est pas le questionnaire en ligne qui a le mieux marché. C’était une volonté parce qu’un questionnaire « papier » permet la rencontre. Cela nous a permis de nous déployer dans la ville et d’aller échanger avec les habitants. Et cela a permis à des habitants de se retrouver dans un appartement ou dans un marché pour engager une discussion. Notre volonté, depuis le début, c’est vraiment de retrouver les voies de la discussion et de la délibération collective. Parce ce que dans nos sociétés ces espaces démocratiques existent de moins en moins et sont mis à mal. Le monde politique est déconnecté parfois du débat.

    La volonté est de dialoguer, d’échanger, confronter des idées et de faire que les gens se reparlent. Quand on crée les cadres du débat, on s’aperçoit que non seulement les gens ont envie et besoin de s’exprimer mais, qu’en plus, cela se passe bien. Partout depuis le début, on a trouvé des gens prêts à s’écouter. Tout cela avec un collectif de trois cents personnes qui nous permet d’être dans tous les quartiers.

    Comment va se constituer la liste qui va incarner Nîmes en commun ?

    V.B. : Nous sommes un collectif soutenu et investi par la quasi-totalité des partis de gauche [sauf la FI, Ndlr], et des propositions de candidatures émaneront des forces politiques mais pas que. Notre objectif est d’avoir une liste représentative de ce que nous sommes, c’est-à-dire à la fois un mouvement qui est soutenu par des organisations politiques et un mouvement ancré dans la ville avec des personnalités engagées aux profils différents. Il faut qu’on soit à l’image de la gauche et à l’image de la ville. Ensemble, on va porter un message dans ces élections. Car nous sommes à la croisée des chemins dans cette ville. On ne pouvait pas se résigner à ce qu’une minorité de personnes s’engagent dans les élections juste pour mettre un bulletin dans une urne. Parce que ça, c’est le risque de laisser la place à des discours qui vont s’appuyer sur la division, la méfiance des uns vis-à-vis des autres. « Nîmes en commun » c’est dire : on construit ensemble. On n’est pas d’accord sur tout – à gauche c’est le cas – on a des différences et on a fait le pari que nos différences nous enrichissent et que la diversité est un atout. On veut être l’équipe de toute la population.

    En fait, vous êtes le véritable antidote à l’extrême droite RN ?

    V.B. : Face à la division, il faut faire du commun et je suis le seul à pouvoir battre l’extrême droite. Si on veut faire reculer le terreau sur lequel se nourrit l’extrême droite, c’est aussi en proposant un espace démocratique, apaisé, dynamique qui permet aux gens de se reparler. Parce que c’est quand on ne se parle plus que l’on cherche des boucs émissaires, qu’on a de la frustration. Mais cela ne suffit pas. Il y a aussi des réponses économiques et sociales qu’il nous faut apporter.

    On a vocation, quand nous serons aux manettes après mars, à continuer cette méthode participative tout en apportant des réponses concrètes aux difficultés qui sont posées immédiatement et des choses qui nous permettent de se projeter.

    Si on ne se projette pas collectivement, soit on fait du chacun pour soi, ça c’est la ville libérale où les intérêts particuliers priment sur le collectif. Soit on fait du tous contre tous, ça c’est les forces de l’extrême droite qui divisent la population. Soit on regarde ensemble, on se parle et on fait du commun.

  • Zidane réunit ses amis pour une soirée au Vélodrome

    Zidane réunit ses amis pour une soirée au Vélodrome

    Rien que le fait de penser à Zinédine Zidane fouler la pelouse du stade Vélodrome fait rêver le moindre passionné de football. Le champion du monde 1998, natif de la cité phocéenne, sera présent ce dimanche soir (à partir de 18h30) dans le cadre de l’événement « The Universe League », porté et produit par Universe Football, la structure fondée par son neveu Ryad Zidane.

    Florilège de grands noms

    Pour cette grande soirée, « Zizou » a fait appel à ses amis du ballon rond : Didier Drogba, Samir Nasri, Blaise Matuidi, Robert Pirès, etc. Une quarantaine de joueurs sont prévus au programme, au terme des quatre matches de légende qui se dérouleront : un choc Paris vs Marseille, un autre entre Madrid et Barcelone, et un affrontement entre créateurs français et internationaux.

    Chaque duel sera disputé sous le format de la Kings League (7 vs 7), ligue de football nouvelle génération fondée par Gérard Piqué en 2022. Entre chaque match, des show musicaux viendront se greffer au spectacle. Les rappeurs Soolking, Josas et Gradur, sans oublier les Marseillais Alonzo et Soprano, seront présents sur scène pour enflammer le public du stade Vélodrome.

    Universe Football s’est engagé à reverser un euro par billet vendu, ainsi que les bénéfices de la mise aux enchères des maillots portés par les joueurs, à l’association « Des Coccinelles rouges pour Thomas », association qui accompagne les enfants atteints de cancer ou de maladies rares, ainsi que leurs familles.

    Quelques places (entre 18 et 80 euros) sont encore en vente via le site internet : billetterie.orangevelodrome.com.

  • À Édimbourg, le RC Toulon repart à la conquête de l’Europe

    À Édimbourg, le RC Toulon repart à la conquête de l’Europe

    C’est une parenthèse qui suscite forcément une excitation particulière. La Champion’s Cup reprend ses droits ce week-end, et les prolonge jusqu’au suivant. « On change de compétition, de format, d’arbitrage, d’intensité, et on s’entraîne dur pour ça depuis 15 jours. C’est notre rythme, notre obligation, donc c’est un changement d’état d’esprit », affirme Pierre Mignoni. Et c’est en Écosse, à Édimbourg, que le RCT débute son aventure européenne. Actuellement dans le ventre mou du United Rugby Championship (10e), le Édimbourg Rugby n’est, sur le papier, pas l’adversaire le plus impressionnant. L’historique parle cependant pour les Écossais, qui avaient battu les Varois lors de leurs deux confrontations dans cette compétition, en 2018/2019 (40-14 à Édimbourg, 17-28 à Mayol).

    Six ans plus tard, les deux effectifs ont changé, et du côté de la Rade, on avoue connaître assez peu cette équipe. Mais le staff toulonnais a de la ressource : « Je me sers d’Andrea Masi [entraîneur des trois quarts du RCT, Ndlr] car il a joué dans ce championnat avec Trévise, et à travers la vidéo. On a préparé notre game plan pour que les joueurs soient à 100%. Ce n’est pas une préparation d’une semaine, mais de toute une saison. Sur ce qu’on a vu, Édimbourg est une équipe qui joue très vite, fort, sur une surface synthétique très rapide. Ils mettent beaucoup de pression sur l’adversaire, ne te laissent pas beaucoup d’oxygène pour faire ton jeu. On se sait attendu, ce sera un gros défi pour nous », détaille Pierre Mignoni.

    Autre atout : la présence de Ben White, qui connaît bien ses futurs adversaires, qu’il côtoie, pour certains, en sélection : « Je connais beaucoup de joueurs, c’est un match cool à jouer contre mes amis. Pour préparer le match, j’ai présenté l’état d’esprit de l’équipe, parlé des joueurs, du stade, les petites choses comme ça. On est prêt pour tout, on n’a pas d’excuses », certifie l’international écossais, qui définit ce premier adversaire européen comme « une équipe costaude, qui aime le combat. Ils jouent beaucoup au pied, il faudra contrôler les 9 et 10 pour avoir nos momentums ».

    « L’an dernier, on a montré qu’on avait progressé »

    Il faudra aussi tenir compte des règles propres à la Champion’s cup (bonus d’un point pour toute équipe inscrivant quatre essais, et pour les équipes perdant avec moins de 7 points d’écart), et un arbitrage différent de celui du Top 14 : « Il faut habituer les joueurs à l’arbitrage sur les mauls, le jeu au sol, les mêlées… Il ne faudra pas être surpris, on a travaillé avec ça, il n’y aura pas de tolérance à ce sujet », prévient l’entraîneur toulonnais.

    Pour cette première mission européenne de la saison, ce dernier pourra compter sur le retour d’une grande partie de ses internationaux, qui doivent, selon lui, reprendre le train en marche : « On verra après le match si on y est parvenu. Il faudra voir comment ils s’intègrent dans l’équipe, comment sont-ils en termes de fraîcheur. Tous les internationaux doivent amener un plus, car ils ont l’habitude de ces matches au niveau international. » Seul Charles Ollivon manquera finalement à l’appel, ce qui ne manque pas d’agacer Pierre Mignoni : « Le RCT a pour priorité la santé des joueurs. Après sa commotion, on a pris le relais de l’Équipe de France, et Charles était considéré apte. Mais une commission externe doit donner son aval, et elle nous a dit non mercredi. La commotion est un aspect important, on ne fait pas de politique là-dessus. Mais quand on suit un protocole classique, que le joueur s’entraîne à 100%, il est apte à jouer. Je ne ferai jamais jouer un joueur qui n’est pas à 100%. Donc là, on [cette commission, Ndlr] est dans la politique, on se couvre. Nous, on n’est pas là pour se couvrir, mais pour protéger les joueurs et pour performer. »

    Si les supporters se rêvent déjà à une quatrième étoile, l’objectif sera avant tout de montrer que le club franchit des paliers, après une aventure européenne cruellement stoppée en quart de finale par Toulouse l’an dernier : « Ce match nous avait fait vraiment très mal. C’était pour moi un bon match pour retrouver le très haut niveau, le genre par lequel le groupe a besoin de passer. Mais ça avait mis le moral de certains joueurs à zéro. L’objectif, c’est de faire du mieux possible. L’an dernier on a montré qu’on avait progressé, j’espère qu’on va encore le montrer cette année. »

    Champion’s cup, 1ère journée

    18h30, Hive Stadium, Édimbourg

    Arbitre : M. Carley (ANG)

    RCT : Gros, Baubigny, Sinckler ; Ribbans (C), Alainu’uese ; Ludlam, Abadie, Mercer ; White, Garbisi ; Ferté, Sinzelle, Brex, Dréan ; Jaminet.

  • Mauvaise limonade chez Perrier après de nouvelles contaminations

    Mauvaise limonade chez Perrier après de nouvelles contaminations

    Chez Perrier, dans la tourmente depuis 2024, l’accalmie aura été de courte durée. Deux semaines après la décision de justice qui, suite à un recours en référé de l’UFC que choisir, autorisait le 18 novembre la filiale de Nestlé Waters à continuer à commercialiser son eau en bouteille sous l’appellation « eau minérale naturelle », une nouvelle bombe assomme l’entreprise historique de Vergèze.

    Mercredi 3 décembre, la cellule investigation de Radio France a révélé que de nouvelles contaminations ont récemment perturbé le site gardois. Lequel attend toujours fébrilement la décision du préfet du Gard, qui doit décider si Perrier peut encore afficher son label d’eau minérale naturelle.

    Selon l’enquête de nos confrères, l’exploitation des deux derniers puits du site de Vergèze aurait été suspendue par la direction plusieurs jours entre le 23 et le 28 novembre. Près de 4 millions de bouteilles seraient ainsi bloquées. En cause, la découverte de deux nouvelles sources de pollution bactérienne. Interrogée, Nestlé Waters confirme avoir détecté « une anomalie » lors d’une analyse du premier puits arrêté « dans l’attente d’analyses complémentaires ». Concernant le second forage, il s’agirait d’un simple souci technique lié à une « panne de courant ». La multinationale continue à affirmer que « les eaux de Perrier peuvent être bues en toute sécurité ».

    Pourtant, les signaux d’alerte qui créent du doute se multiplient ces derniers mois. En 2024, Nestlé avait dû détruire 3 millions de bouteilles contaminées par des bactéries à base de germes fécaux. En mai 2025, un rapport sénatorial évoquant de nombreuses « défaillances » recensées depuis 2020 avait conduit la préfecture du Gard à contraindre la firme de changer ses microfiltres non réglementaires à 0,2 micron destinés à filtrer les bactéries. En 6 mois, pas moins de 27 incidents de non-conformité – dont certains restent en cours d’analyse – en lien avec la présence de pollutions bactériologiques auraient été signalés.

    Quelle décision

    du préfet ?

    Ce nouveau couac intervient au moment où Didier Jaffre, le directeur de l’Agence régionale de santé (ARS) Occitanie, est censé remettre au préfet son rapport. Lequel pourrait être « favorable sous réserves », selon Radio France. Cette révélation peut-elle changer la donne ? Dans tous les cas, ce sera au préfet du Gard, Jérôme Bonet, de trancher d’ici la fin de l’année. Le principe de précaution prévaut-il ? Des solutions techniques peuvent-elles encore être trouvées par l’exploitant pour garantir au consommateur une eau de Perrier de la qualité qui, par le passé, a fait sa renommée ? Ce qui est sûr, c’est que dans le Gard, plus d’un millier d’emplois sont en jeu.