Author: tecnavia

  • La médiathèque se dessine comme un lieu de vie à Loubon

    La médiathèque se dessine comme un lieu de vie à Loubon

    « Maintenant, on aura l’Alcazar et la médiathèque Loubon à Marseille », sourit Anthony Krehmeier, maire (PM) du 2e et 3e arrondissement de Marseille. Au 32 rue Loubon, la façade de l’ancienne minoterie (fabrique de farine) n’a pas changé, mais à l’intérieur, l’usine se transforme pour devenir, d’ici 2027, une médiathèque, dans un arrondissement qui en est dépourvu. Un espace pensé comme un véritable lieu de vie pour les habitants.

    Après huit mois de travaux, le gros œuvre est enfin terminé. Le travail d’aménagement a été important pour préserver les attributs patrimoniaux du site. Le premier bâtiment, qui donne sur la rue, a conservé ses murs typiques, mais a perdu son toit, pour construire un auditorium de 170 places. Dans le bâtiment arrière, « la charpente en bois et acier a été conservée, explique Guillaume Beccaria, architecte du projet. Et un puits de lumière a été créé pour apporter de la lumière, car c’est essentiel pour la lecture. »

    Une ouverture qui permet d’illuminer un rez-de-chaussée imaginé comme un espace de vie, où se trouveront des canapés, un restaurant et l’espace jeunesse de la bibliothèque. « Ce forum devra être un vrai lieu de rencontre pour les habitants du quartier », s’enthousiasme Coline Meirieu, la directrice de la médiathèque Loubon.

    De multiples usages

    à l’étage, l’ambiance sera plus studieuse, avec des salles de travail et la collection de livres adultes et adolescents. Des vitres doivent isoler ces espaces des bruits du rez-de-chaussée. « L’enjeu est de faire cohabiter tous les usages », ajoute la directrice de la bibliothèque. En effet, ces 3 200 m2 abriteront, en plus de l’auditorium et du restaurant, des salles de musique, de danse, d’éveil sensoriel et de soutien scolaire. « Ce sera le nouveau cœur du quartier », s’enthousiasme le maire du secteur. Différents espaces « qui seront cloisonnés pour leur permettre d’ouvrir à des heures différentes », précise Kévin Jorda, directeur d’études projets et de construction de la Ville de Marseille.

    Des visites du chantier sont organisées pour le grand public jusqu’au 20 décembre, les mercredis et samedis. Les visiteurs pourront proposer des ouvrages pour compléter et enrichir la bibliothèque. « Le but de cette médiathèque est que les habitants s’en emparent », insiste la directrice de l’établissement.

    Sur réservation : concertation-loubon@marseille.fr

  • Restauration à venir pour les vitraux du palais Fortia

    Restauration à venir pour les vitraux du palais Fortia

    Après une série de diagnostics et d’études préparatoires pilotés par le cabinet d’architecte du patrimoine Fabrica Traceorum, qui ont montré la nécessité et l’urgence des interventions, le ministère de la Justice a lancé, en octobre, le marché de travaux pour la restauration des grandes verrières et des menuiseries du palais Fortia. Une véritable cathédrale art-déco dessinée par l’architecte Gaston Castel (1886-1971), labellisée « Architecture Contemporaine Remarquable » et candidate à l’inscription au titre des monuments historiques. Ses deux péristyles sont couronnés des frises du sculpteur Antoine Sartorio.

    Le palais Fortia, dit P2, a été construit à partir de 1930 dans un vocabulaire Art déco et inauguré le 16 juillet 1933. C’est une annexe du palais Monthyon édifié lui sous le Second Empire. Gaston Castel, Prix de Rome et architecte en chef du département, l’a voulu en « style néoclassique voire éclectique égyptien de la troisième période ». Sa frise décorative en façade surprend toujours avec ses bas-reliefs représentant des croix gammées inversées.

    Les 96 panneaux de vitraux en verre soufflé sont l’œuvre du maître verrier Jacques Gruber (1870-1936), qui les a réalisés à partir des dessins de Gaston Castel. Ce maître verrier et artiste décorateur parisien de l’école de Nancy a été un élève de l’illustre Gustave Moreau (1826-1898). La restauration s’appuiera sur les dessins de Gaston Castel retrouvés au musée d’histoire de Marseille.

    « Un ensemble d’exception »

    La grande salle d’audience du tribunal de commerce situé à l’angle des rues Grignan et Emile-Pollak comporte six grandes verrières. « Ces gigantesques apports de lumière baignent la vaste pièce de nuances chaleureuses et offrent un décor prégnant, qui rehausse le marbre gris de Saint-Anne des Pyrénées des piliers, les boiseries et les décors peints. Ces panneaux aux motifs géométriques de style Art Déco forment un ensemble d’exception », décrit le rapport de présentation de l’agence d’architecte du patrimoine Fabrica Traceorum.

    Les travaux délicats nécessiteront la dépose de certains panneaux de vitraux par nacelle et des éléments de structure métallique souvent très corrodés, pour une restauration lourde en atelier. L’autorisation d’urbanisme vient d’être délivrée.

  • 107 millions à trouver pour réindustrialiser le golfe de Fos

    107 millions à trouver pour réindustrialiser le golfe de Fos

    L’ambition est posée d’emblée : « Faire du golfe de Fos-étang de Berre le premier pôle industrialo-portuaire décarboné de la zone Euro-Méditerranée-Afrique, tout en préservant et valorisant ses atouts environnementaux. » Cinq mois après la fin d’une concertation XXL sur l’avenir de la zone, le conseil régional doit adopter, ce jeudi, le contrat de projet partenarial d’aménagement, afin d’accompagner l’installation de 30 projets industriels majeurs sur le territoire avec 10 000 emplois créés et de 15 à 20 milliards d’euros d’investissement sur dix ans. Un contrat qui doit être aussi validé en conseil départemental le lendemain, puis métropolitain lundi.

    Au total, 679,5 millions d’euros doivent être investis d’ici 2030 pour créer les infrastructures nécessaires, entre lancement d’études et réalisation des premiers travaux. Des financements fléchés en majorité sur les transports, en particulier sur la réalisation, attendue depuis cinquante ans, du contournement de Martigues et Port-de-Bouc avec 228 millions d’euros prévus, mais aussi pour la modernisation de la ligne de la Côte bleue en étudiant un possible rapprochement de la gare de Fos avec sa zone industrielle, à hauteur de 93 millions d’euros, pour la réalisation de pôles d’échanges multimodaux à Miramas, au Rove, Vitrolles et Rognac avec en plus une piste cyclable de Port-Saint-Louis à Distriport, pour 54 millions d’euros… Et puis il y a les études de la liaison Fos-Salon, la requalification de la D268 qui dessert les terminaux.

    S’ajoutent d’autres gros dossiers : la modernisation depuis longtemps réclamée de l’hôpital de Martigues pour 60 millions d’euros, le développement des réseaux d’eau industrielle pour 42,5 millions, auquel s’ajoutent des études pour prélever l’eau du canal d’Arles à Fos, se connecter au réseau du canal de Provence voire se pencher à plus long terme sur la dérivation de l’eau de l’usine hydroélectrique de Saint-Chamas vers le Rhône. La zone de la Fossette, à Fos-sur-Mer, doit de son côté être aménagée avec un investissement de 40 millions d’euros pour accueillir des services sur mesure pour la zone industrielle, avec espaces tertiaires, aires de services pour poids lourds, ainsi que future cité de l’industrie et du port.

    5 600 logements à créer

    Le document se penche aussi longuement sur la question du logement. Des zones prioritaires sont identifiées, sur le secteur nord canal à Port-Saint-Louis, autour du contournement de Martigues – Port-de-Bouc, sur la friche Rassuen à Istres. Au total, ce sont 5 600 logements qu’il faut livrer en cinq ans. Pour faciliter la maîtrise foncière, une opération d’intérêt national doit être mise en place, une société publique locale d’aménagement d’intérêt national (Spla-in) créée.

    Mais, sur l’enveloppe prévue, 107 millions d’euros restent à trouver. « Quand on a le projet, on trouve les fonds, je ne suis pas très inquiet », tient à rassurer le président (Ren.) de Région, Renaud Muselier. Qui rappelle que sur les fonds européens, « on est éligibles à tout ».

    Un cap, surtout, reste à passer, celui de la ligne très haute tension qui doit assurer le doublement de la demande en électricité, et sur laquelle une décision du préfet est attendue pour samedi. « Le conseil que je lui donne, c’est de le faire après les municipales pour ne pas déclencher de conflits qui n’existent pas », glisse Renaud Muselier, qui veut rassurer les industriels. Rappelant que l’ancien préfet, favorable au projet, est maintenant directeur de cabinet à l’Élysée.

    Pour Muselier, le RN a peu de chances aux municipales

    Interrogé par la presse, ce mercredi, sur la menace de l’extrême droite aux municipales, le président (Ren.) de Région Renaud Muselier se montre optimiste. « Je ne crois pas à la victoire du RN dans la région », assure-t-il. Avec même l’espoir de refaire basculer Rognac, un an après la victoire surprise du RN. Cela ne l’empêche pas d’être inquiet pour Toulon, où « il y a de la division sur la ligne », tandis qu’à Arles, il a œuvré pour l’union de Cyril Juglaret avec Patrick de Carolis face au risque de défaite. Prudent sur la situation à Marseille avec l’évolution du mode de scrutin, il n’en rappelle pas moins que « le national ce n’est pas le local », taclant le candidat RN. Et d’écarter les craintes sur une alliance avec l’extrême droite : « Il faut bien qu’on récupère les électeurs RN et, en même temps, il ne faut pas qu’on perde les électeurs du centre. » Quant à Sabrina Agresti-Roubache, qui s’était émue des propos de Martine Vassal, « elle a sa place, mais ça ne peut fonctionner que si on est une équipe. »

  • La majorité régionale fête dix années au pouvoir

    La majorité régionale fête dix années au pouvoir

    Le film promotionnel projeté devant la presse, ce mercredi midi, a beau ne pas être totalement fini, assure le président (Ren.) de la Région Sud, Renaud Muselier, la majorité régionale de droite et du centre est bien prête pour fêter ses dix ans à la tête de la collectivité. « On s’est dit à l’époque : ça va changer, ça a quand même bien changé », célèbre le président qui a inscrit ce bilan en tête de l’ordre du jour de la séance plénière ce jeudi.

    « Nous ne sommes plus le tiroir caisse des autres collectivités et de l’État », vante-t-il, en assurant avoir « restauré la justice territoriale ». Et d’énumérer les actions menées d’abord sous Christian Estrosi, puis sous son égide, avec le « premier budget vert d’Europe » qui certifie un impact au moins neutre pour chaque dépense, le développement du tourisme, le « meilleur contrat de plan État -Région de l’histoire », les milliards obtenus de l’Union européenne, les subventions pour les équipements de police municipale, les investissements dans les transports. « Nous avons doublé les lignes de train sur les réseaux ouverts à la concurrence », pointe-t-il. Et de célébrer les dernières victoires obtenues : 90 millions de subventions supplémentaires de l’Europe sur la Ligne nouvelle Provence – Côte d’Azur, la validation de l’État sur le pipeline d’hydrogène Barmar. Avec bien sûr le regard rivé sur les Jeux d’hiver des Alpes françaises en 2030. « On m’accuse d’être macroniste, finalement, sur les arbitrages, c’est pas mal », rit-il en visant son opposition RN.

    C’est l’occasion pour lui de défendre « un modèle politique qui gagne, autour du rassemblement et de l’addition ». Sans s’attarder sur le barrage républicain qui a empêché la Région de basculer à l’extrême droite.

  • Portuaires et marins vent debout contre le low-cost

    Portuaires et marins vent debout contre le low-cost

    Sur les quais comme en mer, ça tangue sérieusement pour l’emploi en Méditerranée. Ce sont des personnels de tous les ports de France, très inquiets face à un redoublement de l’offensive libérale, qui sont appelés à se mobiliser à Port-la-Nouvelle, ce 11 décembre. Craignant que le port audois devienne « une zone de non-droit pratiquant une concurrence déloyale », les syndicats interpellent les Régions et l’état sur leur stratégie de développement du trafic maritime et industrialo-portuaire.

    Côté ports, c’est l’ouverture d’une ligne de déchargement de véhicules pour Neptunes lines, dans l’enceinte de Port-la-Nouvelle, qui provoque d’énormes remous chez les ouvriers dockers et travailleurs portuaires. Mais c’est l’ensemble des ports qui est concerné. « Hors de question d’avoir un port “low cost” mettant en péril les équilibres sur l’ensemble des ports de la Méditerranée, de Nice à Port-Vendres, en passant par Marseille, Fos, Sète et utilisant une précarité structurelle, jusqu’à ne pas respecter les règles conventionnelles en termes de formation professionnelle », explique la FNPD CGT, dans son communiqué.

    L’opérateur grec livre déjà 80% des 90 000 véhicules par an à Sète. à partir de janvier 2026, ce partenariat avec la Semop (société d’économie mixte à opération unique), qui est à la fois manutentionnaire, concessionnaire et actionnaire de Port-la-Nouvelle, lui permet de passer à 180 000 véhicules sur 20 ans.

    Ne pas baisser pavillon

    « Ce que nous dénonçons depuis des mois, c’est une gestion des ports qui s’organise sans contrôle sur le trafic, où on laisse s’implanter des entreprises qui ne respectent pas les statuts des travailleurs », résume Pascal Galéoté, le secrétaire général CGT du grand port maritime de Marseille (GPMM). L’occitanie ferait office de cheval de Troie de la « low-costisation » des ports en utilisant le dumping social. La présidente de la Région Occitanie, Carole Delga (PS), proposant de « jouer la complémentarité et faire pack », n’a pas eu l’heur de rassurer les portuaires. Ils exigent aujourd’hui : « La question de la gouvernance opaque de ce port doit être éclaircie, alors que des projets de loi sur l’avenir des ports sont en cours de discussion. » Contactés, les services de la Région n’ont pas donné suite.

    Déréglementation également côté mer. Une délégation syndicale CGT Marins de Maritima, du Remorquage, de Corsica Linea et de La Méridionale a bloqué à quai deux navires, ce mercredi, dans le port de Marseille-Fos. C’est l’exploitation sous pavillon international du pétrolier Shana des Slops par la société port-de-boucaine Sermap et de l’avitailleur Gaz Vitality, affrété par TotalEnergies, qui provoque la colère des marins. « Ces sociétés pratiquent une concurrence déloyale avec les opérateurs historiques du port de Marseille-Fos, précise Frédéric Alpozzo, secrétaire général CGT Marins. Elles mettent en péril l’emploi maritime en allant à l’encontre des droits sociaux des marins et en passant par des sociétés de placement de travail temporaire pour échapper au droit et aux cotisations sociales de notre régime ENIM [établissement national des invalides de la Marine]. »

    Là encore, depuis 2018, les marins n’ont cessé de dénoncer ces conditions d’exploitation. Lors des dernières Assises de la mer, la Fédération nationale des syndicats du maritime CGT s’était encore alarmé « de l’annonce de la volonté du gouvernement de supprimer la dotation publique des ports, qui devront s’autofinancer par la privatisation du domaine public maritime ».

    Repères

    12

    Outre le Grand Port Maritime de Marseille (GPMM), la façade méditerranéenne compte 12 ports de commerce décentralisés dont Sète, Toulon, Bastia, Port-La-Nouvelle, Ajaccio, Port-Vendres, Porto-Vecchio, Propriano, Nice, Cannes…

    3

    Outre les ports de plaisance, la Région Occitanie compte 3 ports majeurs : Sète-Frontignan, Port-la-Nouvelle et Port-Vendres. En région Paca, le port de Marseille est le seul port maritime d’État de la façade méditerranéenne.

    800

    Port-la-Nouvelle prévoit 800 millions d’euros d’investissements pour atteindre un trafic de « 12 millions de tonnes, entre 2040 et 2060 ». Marseille-Fos prévoit plus d’un milliard pour son projet stratégique « Marseille Fos 25-29 ».

    3 000

    La Région Occitanie table sur la création 3 000 emplois, directs et indirects, à venir avec le développement de Port-la-Nouvelle, quand la réindustrialisation du golfe de Fos est estimé à 10 000 emplois dans les Bouches-du-Rhône.

    66

    Au total, la France compte plus de 500 ports décentralisés, dont des ports de plaisance, de pêche… Parmi eux, on décompte 66 ports de commerce maritimes, dont 11 ports maritimes d’État.

  • Hisser haut l’emploi portuaire !

    Hisser haut l’emploi portuaire !

    Si Paris valait bien une messe pour le futur Henri IV, la compétitivité des ports du sud de la France ne vaut certainement pas de passer par-dessus bord les droits des travailleurs, de niveler par le bas leurs salaires et de déséquilibrer l’économie des territoires.

    Ces sites stratégiques, au cœur des échanges mondiaux et moteur du développement de la façade méditerranéenne, sont en plein essor, mais une logique suicidaire de mise en compétition pourrait enrayer cette belle dynamique. C’est pour protester contre ce danger que de nombreux ouvriers dockers et travailleurs portuaires se rassemblent, ce jeudi 11 décembre, sur le port de Port-la-Nouvelle (Aude), un des plus importants d’Occitanie et de Méditerranée, à l’appel de la Fédération nationale des ports et docks CGT.

    Intérêt général

    Car le développement des activités portuaires ne peut se réaliser en jouant la concurrence entre les ports français. Or, certains opérateurs jouent sans vergogne cette carte pour attirer des clients au détriment des autres places portuaires. Mettre en concurrence Marseille, Sète et Port-la-Nouvelle relève d’un calcul à très court terme, où seul l’accumulation de l’argent domine au détriment de l’équilibre économique de toute la façade méditerranéenne. Or, pour tirer les coûts vers le bas, le moyen le plus simpliste est de dévaloriser les métiers portuaires en embauchant une main-d’œuvre mal payée. C’est aussi accepter l’inacceptable : le non-respect du pavillon français. Bref, la mobilisation des travailleurs portuaires est d’intérêt général. Ils attendent aussi de l’État et des collectivités des engagements forts au service des ports.

  • Le plan Horus déployé pour apaiser les zones commerçantes

    Le plan Horus déployé pour apaiser les zones commerçantes

    Dissuader et rassurer. C’est l’objectif affiché par le dispositif Horus, mis en place par la Ville de Marseille. L’opération, lancée le 17 novembre, doit durer jusqu’au 4 janvier. « Ce sont plus de 100 agents qui, chaque semaine, vont sillonner au nord, au centre, au sud, à l’est, les zones commerciales, les grands centres, mais aussi les petits commerces, les rues piétonnes, pour assurer une présence préventive, dissuasive, sécurisante à l’approche des fêtes », explique Céline Lefléfian.

    Pour cette présentation, en bas de la Canebière, à l’entrée du marché de Noël, la directrice de la police municipale (PM) est entourée des brigades canine, VTT, moto, scooter et du bataillon des marins-pompiers. La brigade équestre de la PM viendra en renfort le week-end sur les sites festifs, place Bargemon et autour du Vieux Port, et la brigade maritime s’amarrera Quai des Belges, à deux pas de l’Ombrière.

    Depuis son lancement, plus de 1 000 prises de contact ont été réalisées avec les commerçants, et 90 procès verbaux ont été dressés à l’occasion de quelques 200 passages dans les centres commerciaux. « C’est une première. Tous les centres commerciaux de la ville sont concernés », note Benoît Payan, le maire (DVG) de Marseille. « A Saint-Loup, au Merlan, à Grand Littoral, aux Terrasses du port, aux galeries du Prado, partout où ils vont faire leurs courses, les Marseillais veulent se sentir dans les meilleures conditions ».

    « Logique à long terme »

    « C’est rassurant, même si on a une porte sécurisée, ils arrivent toujours à passer », explique une commerçante de la rue de Rome qui a profité du dispositif la semaine passée, lorsqu’un individu sous stupéfiants s’est introduit dans son magasin. « La police municipale, c’est la police du quotidien. Elle connaît chaque commerce, chaque problématique, elle est ancrée dans son territoire. Ces prises de contact et ces agents engagés sur cette mission, ça apaise », abonde Yannick Ohanessian, adjoint (PS) à la tranquillité publique, qui met en lien ce travail avec les efforts engagés par la collectivité pour renforcer sa police.

    En termes d’effectifs, d’équipements, mais aussi dans son déploiement, avec les ouvertures de postes à Bonneveine (8e) et plus récemment à Saint-Jérôme (13e). « Il y a pour nous une logique à long terme de sectorisation des missions d’ilotage, reprend l’adjoint. On souhaiterait que de la même manière, la police nationale se réorganise avec à la fois la lutte contre le narcotrafic, les opérations massives comme mardi, mais aussi la police du quotidien. Cela nécessite désormais un double engagement, de la municipalité et de l’état ».

  • Une grève à Ducros pour l’équité salariale

    Une grève à Ducros pour l’équité salariale

    Un peu moins de 90 salariés des sites de production des épices Ducros et des ingrédients pour desserts Vahiné étaient sur le piquet de grève, ce mercredi, pour « une meilleure répartition des augmentations de salaires », précise Denis Chauvy, délégué syndical CGT Ducros-Vahiné.

    à l’issue des négociations annuelles obligatoires (NAO), terminées ce lundi 8 décembre, une augmentation générale des salaires a bien été obtenue. Cependant, la CGT demande à ce que cette enveloppe soit « divisée de façon égalitaire entre l’ensemble des salariés ».

    « Les deux tiers de l’enveloppe partiront vers l’encadrement, et aux ouvriers, les miettes », assure le syndicat, dans un tract distribué depuis ce mardi 9 décembre. Pour les ouvriers, l’augmentation ne représente ainsi, en moyenne, que 19,50 euros par mois, hors mesures sur la mutuelle, soit une revalorisation située entre 1,6% et 3%. Alors que si l’enveloppe était répartie en parts égales, celle-ci serait d’environ 80 euros, d’après la CGT. La grève est reconduite ce jeudi 11 décembre.

    « On ne demande même pas plus d’argent. C’est simplement que c’est plus avantageux pour les hauts salaires. C’est la première fois qu’on demande ça et on ne le fera pas à chaque fois », ajoute Denis Chauvy, qui regrette que la direction n’ait toujours pas contacté le syndicat depuis l’annonce de la grève, ce mardi midi.

    « On ne jalouse pas »

    « Ce mouvement ralentit fortement la production, avec certaines lignes qui ne tournent pas. Cette semaine, le résultat risque d’être fortement impacté », ajoute Gilles Cargnino, représentant de la CGT sur le site de Monteux. « On ne jalouse pas leurs salaires, car ils sont diplômés. Mais on n’est pas récompensés, alors que les chiffres sont toujours dans le vert », poursuit Tom*, conducteur de ligne de production depuis plus de dix ans.

    Du côté de Ducros-Vahiné, qui appartient à la multinationale américaine McCormick, on assure que « les mesures proposées par la direction visaient à préserver le pouvoir d’achat de l’ensemble des salariés, et particulièrement celui des ouvriers ». Et d’ajouter qu’ils respectent le droit de grève tout en réaffirmant leur « volonté de poursuivre un dialogue social constructif pour trouver une solution satisfaisante pour tous ».

    *Prénom modifié

  • Hérault : des prostituées mineures de plus en plus jeunes

    Hérault : des prostituées mineures de plus en plus jeunes

    « C’est un phénomène qui a augmenté depuis les années 2018-2019, avec un pic après le confinement, les réseaux sociaux ayant pris de l’ampleur sur ce sujet », explique Claire Grangeaud, cheffe de service du Fil. Dédié aux mineurs victimes d’exploitation sexuelle, ce service dépend de l’Amicale du Nid de l’Hérault, association qui accompagne les personnes en situation de prostitution. Il est né en 2020 « parce qu’on était de plus en plus interpellés sur la prostitution des mineurs. L’objectif était d’intervenir le plus tôt possible pour tenter de les sortir de cette emprise », explique Claire Grangeaud.

    Depuis leurs débuts il y a 5 ans, les équipes du Fil ont enregistré environ 380 signalements, réalisés par des professionnels de l’aide à l’enfance, des jeunes eux-mêmes (dans une moindre mesure) ou des parents. « En 2024 nous avons été sollicités pour 105 situations différentes de mineur(e)s et jeunes majeur(e)s, contre 53 en 2023 », indique le rapport d’activité de l’association, qui accompagne une soixantaine de jeunes. Des filles dans leur immense majorité (97%), dont la moyenne d’âge se situe autour de 15 ans. « Jusqu’à 2023, on avait essentiellement des jeunes filles d’à peu près 15, 16, 17 ans. Depuis fin 2023 – la tendance s’est confirmée en 2024 et 2025, ce qui est inquiétant -, plus de 30% des jeunes qu’on accompagne ont de 11 à 14 ans », souligne Claire Grangeaud. « Là ça devient des enfants. Quand elles ont 12-13 ans, on ne peut pas se tromper. Les clients ne peuvent plus se cacher derrière : Elle a 17 ans on aurait dit qu’elle en avait 20… »

    Pour supporter les passes, l’immense majorité (80%) de ces jeunes filles se drogue. « Une partie de ces réseaux de prostitution sont issus des réseaux de stupéfiants. Au départ, la drogue est offerte, les proxénètes leur font croire que ça va être gratuit. Mais au bout d’un certain temps ils leur disent : Tu nous dois de l’argent, tu vas travailler pour nous.  »

    La plupart du temps issues des foyers de l’enfance, ces jeunes filles ont presque toutes (90%) « vécu des violences sexuelles avant la prostitution, dont une grande partie de l’inceste (63%) », indique Claire Grangeaud. Une fragilité qui en fait des proies idéales pour les proxénètes, lesquels « gravitent autour des foyers dans l’objectif de trouver des jeunes filles vulnérables ». Une emprise d’autant plus facile à établir que les victimes sont jeunes. « Parfois, ces mineures sont aussi recrutées par d’autres jeunes filles exploitées. »

    La suite se passe sur les réseaux sociaux. « Les prostituées mineures ne racolent pas dans la rue. Tout se passe via les réseaux sociaux, avec des messages éphémères sur Snapchat par exemple, ou des applications type Telegram, Signal, WhatsApp avec messageries cryptées. Si bien que ce n’est pas simple de remonter ces réseaux », concède Claire Grangeaud, qui déplore toutefois un manque de moyens policiers et judiciaires engagés dans la lutte contre ce fléau. « À ma connaissance sur l’Hérault, il y a très peu d’enquêtes et de démantèlements. Il y a besoin que la justice agisse. Qu’elle démantèle des réseaux, mais aussi qu’elle arrête des clients. Car la plupart ont un vrai sentiment d’impunité. »

    Pour les aider à s’extraire de cet enfer, le Fil propose « une écoute non jugeante. On essaie de les déresponsabiliser de la situation, en leur expliquant que ce n’est pas elles qui ont un souci mais les acheteurs et les proxénètes. Dans un deuxième temps, il y a souvent un accompagnement psychologique pour qu’elles puissent faire le lien entre la prostitution et ce qu’elles ont vécu avant. Mais on ne sort pas une jeune fille comme ça de ce système ; ça prend des mois, parfois des années tant les conséquences, physiques et psychologiques, sont importantes ».

  • Occitanie : ces maires qui se représentent

    Occitanie : ces maires qui se représentent

    Michel Mercier, Le Martinet (Gard)

    « Le mandat de maire est un joli mandat, j’avais envie de rendre service »

    Édile de ce village de 740 âmes depuis 2008, Michel Mercier a encore envie de continuer. C’est donc naturellement qu’il est candidat à sa succession. « On travaille sur le long terme, cela fait quelques temps que je suis maire et il y a une volonté de poursuivre la politique menée depuis une décennie dans un esprit de solidarité. On est dans la continuité avec de l’enthousiasme, de la sérénité. Le mandat de maire est un joli mandat, j’avais envie de rendre service », soutient Michel Mercier. Néanmoins, la majorité sortante sera quelque peu remaniée afin de prendre en compte la dernière réforme des municipales dans les villages de moins de 1 000 habitants, la parité au sein des listes étant de rigueur et le panachage étant fini.

    Pas de quoi démotiver l’équipe de Michel Mercier, ce dernier misant « sur le travail collectif, je ne crois pas à la divine personne avec toutes les qualités » afin de développer les deux thèmes principaux de sa campagne, l’éducation et la jeunesse. « On pallie les carences de l’agglo d’Alès qui a la compétence de la jeunesse. Nous organisons donc des séjours à thème pour les enfants, la cantine est à un euro », énumère Michel Mercier. Un élan de solidarité que l’édile souhaite amplifier. Bien que le contexte économique soit un peu morose, la fiscalité ne bougera pas. « Cela fait 30 ans que nous n’avons pas touché à la fiscalité. Nous avons une gestion rigoureuse, ce qui nous permet de ne pas avoir beaucoup de dettes et l’excédent nous permet d’investir. » Un investissement qui pourra servir à l’aménagement du cœur de village et la réhabilitation d’une résidence pour personnes âgées.

    L.D.

    Jacques Demanse, Sauveterre (Gard)

    « Se présenter, c’est faire de la Résistance »

    Trente ans après s’être assis pour la première fois dans le fauteuil de maire de Sauveterre, Jacques Demanse n’est pas prêt à jeter l’éponge. « J’ai toujours la même motivation pour continuer à travailler pour les Sauveterrois et pour la qualité de vie de la commune. On va se serrer les coudes surtout dans le contexte actuel où on va se faire assassiner par le gouvernement dans les dotations. Mais je vais mouiller ma chemise pour Sauveterre. Se présenter aujourd’hui, c’est faire de la Résistance pour que la commune sorte au mieux les administrés de cette tempête », précise l’édile.

    Une résistance qui passe par la poursuite de la rénovation énergétique des bâtiments communaux, impulsée lors du précédent mandat. Mais Jacques Demanse ambitionne d’aller plus loin avec un véritable service public de l’énergie. « On pousse pour faire notre propre énergie. Le soleil appartient à tout le monde, on en marre de donner quitus à des sociétés privées qui se gavent comparé à ce que nous rapporte la location des terrains. On veut créer notre propre énergie solaire et la raccorder à nos bâtiments pour réduire la facture énergétique. »

    Christian Miaille, La Vernarède (Gard)

    « Maire rural, c’est la gestion du quotidien »

    Maire PCF de La Vernarède depuis 2020, Christian Miaille repartira en 2026. Sans slogan ni bilan ronflant, il avance une raison simple, presque désarmante : « Parce que j’adore ça. » Ce qu’il aime, précise-t-il, c’est « rendre service aux gens ». Rien d’autre.

    Dans ce village cévenol de 420 habitants, l’élu revendique une gestion au ras du terrain. « On est là pour écouter et apporter ce dont les habitants ont besoin. Un petit village, ça ne se gère pas avec des grandes phrases, mais avec du concret. Le reste, je m’en fous. » Miaille assume une approche totalement dépolitisée : « Ma politique, c’est quand je vote. Après, je suis là pour la population, pas pour autre chose. »

    Face à la montée de l’extrême droite dans le Gard, il a sa propre idée : l’écoute avant tout. « Les petits villages n’ont qu’à faire comme moi, il y aura moins d’extrême droite », lâche-t-il. Être présent, jouer les médiateurs, résoudre les petites tensions du quotidien, même celles qui semblent anodines : « Les fleurs volées au cimetière, par exemple… On cherche, on trouve, on parle. C’est ça, un maire rural. »

    A.J.