Author: tecnavia

  • Une médiathèque faite avec et pour les habitants rue Loubon

    Une médiathèque faite avec et pour les habitants rue Loubon

    « Ça sera notre prochain refuge ». Avant même de visiter les travaux qui transforment l’ancienne usine de farine du 32 rue Loubon en médiathèque, Wassila en est certaine : ça va lui plaire. La jeune mère, ambassadrice du livre de l’association Peuple et Culture, est venue avec ses collègues découvrir, vendredi dernier, l’évolution des travaux. Un projet qu’elles suivent depuis un an, afin d’apporter leurs idées et leurs besoins.

    Des habitantes du 3e arrondissement et membres de l’association Mot à mot les accompagnent pour visiter le lieu. Les fils qui pendent, les échafaudages et les isolants qui traînent ne semblent pas les empêcher de se projeter. « On s’y voit parfaitement », s’exclame Wassila. En découvrant le puits de lumière et les charpentes apparentes du lieu, Mounira lâche un petit « c’est trop beau ».

    Un peu plus loin, elles pénètrent dans l’espace prévu pour la cuisine et le restaurant, séparé par une baie vitrée de la zone prévue pour la jeunesse. « C’est ce qu’on voulait : un café pour se retrouver où on voit nos enfants », s’enthousiasme Fatiha, mère de 5 enfants, qui suit le projet avec l’association Peuple et Culture depuis un an.

    Puis direction l’étage pour voir les volumes qui deviendront des salles de danse, de lecture, d’éveil sensoriel pour les bébés. Le moment décidé par la directrice de la médiathèque, Coline Meirieu, pour annoncer qu’il y aura des tables de ping pong en extérieur. Ce qui fait germer des idées. « Pourquoi on ne ferait pas des tables pour les échecs aussi ? », propose Fatiha, provoquant l’engouement des participantes. Une idée à laquelle n’avait pas pensé la directrice.

    La parole des habitants

    « On voit qu’il y a eu la parole des habitants qui a été écoutée, applaudit Mounira. Je n’ai jamais vu un projet de bibliothèque aussi varié. ça va vraiment faire vivre le quartier ! ». Elle regrette cependant qu’il n’y ait pas eu plus de communication en amont autour de la concertation, car elle aurait souhaité y participer. Mais c’est enthousiastes que toutes ressortent de la visite. « C’est bien, parce qu’il manquait d’un lieu comme ça dans le secteur. Parce qu’Alcazar, c’est quand même un peu loin », confie Nesrine, habitante du 3e arrondissement.

    Une nouvelle concertation avec les habitants et les associations est prévue le mardi 27 janvier au centre social de la Belle de Mai à 14h pour réfléchir au fonctionnement de l’établissement.

  • Le jardin Saint-Nicolas, espace de jeux et d’histoire

    Le jardin Saint-Nicolas, espace de jeux et d’histoire

    « C’est un musée à ciel ouvert », déclare, samedi, devant les habitants venus assister à l’inauguration, Fabrice Denis, directeur du musée d’Histoire de Marseille.

    Dans ce jardin du quartier Endoume, dans le 7e arrondissement, « nous avons été sollicités pour enrichir ce site public d’un espace d’éveil à l’histoire de Marseille. Sur la terrasse supérieure où nous nous trouvons, plusieurs éléments nous plongent dans la très longue histoire de ce quartier depuis l’Antiquité », évoque-t-il. « Une grande maquette au 1/20e, pour l’heure en résine mais qui sera remplacée par du béton en janvier, reproduit la carrière antique découverte à l’issue de la fouille archéologique menée par l’Inrap en 2017-2018 », présente-t-il.

    Exploitée entre l’époque grecque archaïque (vers 500 avant notre ère) et la période romaine (Ier et IIe s. de notre ère), elle servait à produire des blocs pour la construction, des sarcophages, dalles funéraires… Signalétique patrimoniale, QR codes à télécharger… permettent au visiteur de s’immerger dans ce passé, ainsi que dans l’histoire du quartier, où se fabriquaient les cordages pour les navires. La carrière antique elle-même, pourtant classée monument historique, a été réenfouie à l’exception d’une petite partie qui ne sera accessible qu’aux scolaires.

    Maire des 1er et 7e arrondissements de Marseille, Sophie Camard (GRS) explique : « La Ville a réaménagé tout cet espace, et le jardin de la mairie de secteur qui avant ne comprenait que le petit plateau du milieu en contrebas avec quelques jeux d’enfants, est maintenant devenu un jardin de 2 000 mètres carrés sur 3 niveaux, avec 3 aires de jeux pour enfants de 0 à 12 ans, ce qui était demandé par les habitants, et plus de 50 arbres plantés. Nous avons aussi procédé à la réfection du mur patrimonial Louis XIV ». Nasta, maman de deux petites filles, assure : « On est très contents. On attendait la réouverture du jardin avec impatience ».

  • Les habitants mobilisés contre les rues fermées aux Chutes Lavie

    Les habitants mobilisés contre les rues fermées aux Chutes Lavie

    « Fermer un accès, c’est discriminer un quartier. » Les slogans sont divers ce samedi matin sur le boulevard des Chutes-Lavie, mais le message est le même : le refus de la fermeture de la rue de la Pépinière. À l’appel du collectif des habitants des Chutes-Lavie, ils sont une quarantaine à s’être rassemblés pour réclamer l’ouverture de ce portail, qui complique la vie quotidienne de certains d’entre eux.

    Le « portail de la discorde », se trouve à l’une des entrées de la cité jardin des Chutes-Lavie. Il a été installé par la copropriété de la cité, gérée en partie par Provence Métropole Logement. Depuis 2020, il n’est accessible que grâce à un badge, empêchant les non-résidents de la cité d’emprunter cette rue. Pourtant, elle est le passage le plus rapide pour accéder à la crèche, au centre municipal d’animation et au parc public situé à l’intérieur de la cité. Sa fermeture pousse les habitants à faire un grand détour pour accéder à ces services publics.

    Un kilomètre de détour

    Apolline a renoncé à mettre son fils d’un mois à la crèche. « J’habite rue de la Pépinière. La crèche est à 2 minutes à pied sans ce portail. Mais avec, on doit faire un détour de 1 km et emprunter le boulevard Guigou, où le trottoir est trop étroit pour rouler avec la poussette. On doit marcher sur la route mais les voitures vont super vite, donc c’est dangereux », se désole-t-elle.

    Un boulevard qui complique aussi la vie de Jean, 70 ans. Ancien habitant du quartier, il vient souvent rendre visite à des amis ou de la famille, et est dorénavant obligé de prendre ce boulevard. « Cette montée est très difficile pour les personnes âgées », se désole le septuagénaire, à qui il manque un poumon. « Et le trottoir est impraticable si on a une canne parce qu’il y a plein de trous », témoigne Mylène, membre du collectif.

    La fermeture rend également les commerces situés en haut de la cité moins accessibles. « Quand on a aménagé, il y a 4 ans, on pensait qu’on avait tout à proximité. Mais avec ce portail on est obligé de prendre la voiture », se désole Apolline. Un problème pour les personnes non véhiculées.

    Fermeture d’une école :

    la goutte d’eau…

    Cette entrave à la circulation a entraîné en septembre, la fermeture de l’école maternelle des Chutes-Lavie, par manque d’élèves. « Ce fut l’élément déclencheur à la création du collectif des habitants des Chutes-Lavie, raconte Nathalie Prost, membre de celui-ci. On était plusieurs groupes à lutter contre ce portail. On a donc fait une pétition contre et on a créé un collectif, ce qui nous a permis de nous regrouper. » Le 5 novembre dernier, il a obtenu une rencontre avec Solange Biaggi, présidente (LR) de Provence Métropole Logement, pour trouver une solution concertée. Le bailleur a décidé à la suite de cette réunion que le portail resterait fermé « au nom de la sécurité et de la tranquillité des résidents ».

    La mobilisation a reçu le soutien du maire (EELV) de secteur, Didier Jau, dès 2022 et depuis novembre dernier, celui de la mairie centrale. Dans une lettre, Benoît Payan, maire (DVG) de Marseille a notamment exigé du bailleur social, l’ouverture contrôlée de la rue de la Pépinière. « On ne demande pourtant pas la lune, juste un accès piéton en journée, pour nous éviter de faire des grands détours », soupire Mylène, membre du collectif.

    Pétition en ligne : bit.ly/Chutelavie

  • Une salle des Habeilles ouverte sur le quartier

    Une salle des Habeilles ouverte sur le quartier

    Vêtue d’une longue robe bleu nuit aux broderies dorées, une habitante du quartier, dans le 3e arrondissement de Marseille, se lève pour prendre la parole. « On vit dans un quartier populaire. On est métissés. Il y a des mamans qui ne travaillent pas. Mon projet, que je pourrais proposer une fois par mois, car je travaille, serait de réunir ces mamans, pour mélanger nos cultures », avance-t-elle. Monika Smiechowska, une des habitantes des Habeilles*, est l’une des animatrices de la réunion, qui a rassemblé, samedi, une quinzaine de personnes.

    Des demandes liées à l’apprentissage du français

    Lors de la pause, Monika explique : « Aux Habeilles, nous avons un espace au rez-de-chaussée, que nous voulons ouvrir aux rencontres, aux actions sociales et culturelles, ainsi qu’aux activités proposées par les habitants et les structures de proximité. » Lors de la réunion, « beaucoup d’envies et d’attentes ont été exprimées. Il y a par exemple de nombreuses demandes pour l’apprentissage de la langue française, de soutien en français, et pour que les ados aient un lieu », cite-t-elle. « Aux Habeilles, on veut faire de cet espace un lieu de référence pour le quartier, qui est l’un des plus pauvres d’Europe. Nous allons proposer du théâtre et de la méditation une fois par semaine, des cours d’informatique », annonce-t-elle. Les salles pourront également être louées. Mounira, elle, souhaite animer ici des activités ludiques pour les enfants. Habitante de Saint-Mauront, en proie au narcotrafic, elle déplore : « Il manque dans ce quartier des espaces communs ouverts, que les habitants s’approprient. »

    * Cet habitat, au 12 rue Jullien, dédié au locatif social et très social, accueille depuis mai 12 familles. Il a fallu près de 15 ans pour qu’il aboutisse. Contact : 06.72.44.62.97.

  • L’OM joue moche mais gagne

    L’OM joue moche mais gagne

    Malgré une soirée compliquée, l’OM termine l’année sur le podium.

    Pour cela, il n’avait pas d’autre solution que battre Monaco. Car les résultats de Lens et Lille, vainqueurs de Nice (2-0) et à Auxerre (4-3), dans l’après-midi, combinés au succès du PSG à Metz samedi (3-2) ne lui avaient pas été favorables.

    Pour l’ultime match au Vélodrome, c’était aussi le minimum que les hommes de Roberto De Zerbi devaient à des supporters qui permettaient de nouveau à l’enceinte du boulevard Michelet d’être à guichets fermés.

    Malheureusement, si les premières minutes ont donné le sentiment d’un OM volontaire et attiré par le but monégasque, au fil des minutes, la bonne volonté marseillaise s’étiolait. Ce dont devait profiter Monaco pour engranger de la confiance. Pour ensuite s’offrir les opportunités les plus franches, dans une première période plus équilibrée que ce que l’on pouvait penser.

    Une première période durant laquelle Geronimo était le gardien le plus en vue. Tandis que Lukas Hradecky n’avait que quelques ballons sans grand danger à négocier. Une première période qui ne laissait augurer rien de bon de la part d’un OM visiblement à bout de souffle et à court d’inspiration.

    Les retouches de Roberto De Zerbi n’allaient pas changer grand-chose. Même s’ils étaient plus présents aux abords de la surface monégasque, les Olympiens continuaient à faire des frayeurs à un Vélodrome qui pensait voir Lamine Camara ouvrir le score. Mais ce dernier était signalé hors-jeu (51e).

    Si dans le dernier quart d’heure, Mason Greenwood semblait enfin entrer dans son match, c’était toujours Gerónimo Rulli qui était sur le gril. L’Argentin avait heureusement retrouvé ses réflexes pour éviter à son équipe une cruelle désillusion. Et après que l’assistance vidéo à l’arbitrage ait annulé un second but monégasque, sur l’action qui suivait, Mason Greenwood sortait enfin de sa coquille pour offrir un avantage inespéré à l’OM.

    OM 1 (0) MONACO 0 (0)

    16e journée de Ligue 1

    Stade Vélodrome (64 509 spectateurs)

    Arbitre : F. Letexier.

    But : Greenwood (83e).

    Avertissements : Kondogbia (41e) à l’OM, Vanderson (64e) à Monaco.

    OM : Rulli – Murillo (Balerdi, 59e), Pavard (Paixão, 59e), Aguerd, Emerson- Höjbjerg (c), Kondogbia (O’Riley, 46e)- Greenwood, Vermeeren (Nadir, 82e) , Weah – Aubameyang (Bakola, 86e).

    Entraîneur : R. De Zerbi.

    MONACO : Hradecky – Vanderson, Kehrer, Salisu, Caïo Henrique – Camara (Ilénikhéna, 86e), Zakaria (c) – Akliouche, Minamino (Biereth, 86e), Golovin( Tézé, 74e) – Balogun.

    Entraîneur : S. Pocognoli.

    Le fait de match

    « Autorités/LFP, contrairement à vous, on a la lumière à tous les étages. » Pour étayer son message, le Virage nord a craqué des centaines de fumigènes, alors que François Letexier s’apprêtait à donner le coup d’envoi. Résultat, il a fallu attendre douze minutes avant que la pelouse ne retrouve de la visibilité. Un retard qui va coûter cher à l’OM.

  • « Tous ensemble ! »

    « Tous ensemble ! »

    1995 reste gravé dans les mémoires des militants qui ont connu cette bataille. Pour la victoire des forces syndicales. Pour le camouflet infligé à des dirigeants suintant le mépris de classes. Pour les souvenirs d’ambiance incroyable dans les cortèges. Un épisode riche en enseignements, tant sur l’importance de l’unité syndicale que sur l’action interprofessionnelle ou encore le lien avec la société et le soutien de l’opinion publique, sans oublier le relais politique. Si victoire il y a eu avec le beau slogan « Tous ensemble ! », c’est un ouvrage constamment remis sur le métier. Juppé s’attaquait alors aux retraites mais aussi à la sécu, à la casse des grandes entreprises publiques… Il marquait la volonté affichée de rompre avec une société héritée du Conseil national de la résistance et de se tourner résolument vers une politique libérale. Bien d’autres après lui ont continué à creuser le sillon de cette pensée réactionnaire.

    Gangrène libérale

    Bien sûr, la situation a changé et pas en faveur des travailleurs. Les grands services publics ont été explosés, la sous-traitance et la mondialisation ont fracturé le monde du travail, le libéralisme a gangrené les esprits… Mais nulle nostalgie dans cette commémoration. À bien des égards, les grands mouvements contre la dernière réforme des retraites et les actions contre l’austérité budgétaire de la rentrée attestent que l’heure n’est pas à la résignation. Certes, les victoires ne sont pas toujours au rendez-vous. Mais comme notre une le rappelle quotidiennement avec la citation de Bertold Brecht : « Celui qui combat peut perdre, celui qui ne combat pas a déjà perdu ».

  • Il y a 30 ans, la victoire pour les retraites

    Il y a 30 ans, la victoire pour les retraites

    Le 13 décembre 1995, devant l’Assemblée nationale, le Premier ministre Alain Juppé lâche finalement : « Il faut maintenant sortir de la confrontation. Les conditions sont réunies. » Deux jours plus tard, son gouvernement retire sa réforme des retraites de la fonction publique et des régimes spéciaux : en trois semaines, le mouvement social le plus important depuis Mai-68 l’a emporté. « Tous ensemble, nous les cheminots, on a gagné », chantaient le lendemain les grévistes de la SNCF dans le cortège marseillais. Une victoire qui fait encore date, trente ans après.

    Alors que le président Jacques Chirac l’avait emporté sept mois plus tôt en faisant campagne sur le thème de la « fracture sociale », la présentation du « Plan Juppé » devant l’Assemblée nationale le 15 novembre fait office de déclencheur. Celui-ci prévoit d’aligner les retraites du secteur public et des régimes spéciaux sur celles du privé, dont la durée de cotisation était passée de 37,5 à 40 années en 1993, mais aussi la mise en place d’une loi de financement de la Sécurité sociale avec un objectif de dépenses, un accroissement des frais d’hospitalisation et une baisse des remboursements des soins. C’est que trois semaines plus tôt, le président avait donné la priorité à la réduction des déficits, « ne serait-ce que pour entrer dans la monnaie unique européenne », expliquait-il à Alain Duhamel sur France 2.

    La France paralysée

    Mais cette réforme des retraites arrive dans un contexte social déjà tendu, avec le 10 octobre une grève unitaire des fonctionnaires contre le gel des salaires, une mobilisation à la SNCF deux semaines plus tard, des manifestations contre la réforme de la Sécurité sociale le 14 novembre. « Nous allons réussir ce qu’on n’a pas osé entreprendre depuis 30 ans », n’en fanfaronnait pas moins le Premier ministre devant l’hémicycle, soutenu par une partie du Parti socialiste et de la CFDT. La présentation du contrat de plan état-SNCF deux jours plus tard, avec la suppression de 73 000 postes et la disparition d’un quart du réseau ferré, achève de mettre le feu aux poudres.

    En grève dès le 23 novembre, les cheminots rejoignent la mobilisation des fonctionnaires le 24 novembre, une première journée de mobilisation massive à travers le pays. Le soir même, les assemblées générales votent la reconduction de la grève à la SNCF. Trois jours plus tard, la RATP rejoint le mouvement. Les grands services publics suivent : La Poste, France Télécom, EDF, les hôpitaux, l’Éducation nationale… La France est paralysée, privée de transports. Les divergences entre la CGT et FO sont enterrées, et le 28 novembre, l’unité syndicale est symboliquement scellée : les secrétaires généraux des deux organisateurs, Louis Viannet et Marc Blondel, se serrent la main dans les cortèges.

    Une majorité de médias a beau s’acharner sur la mobilisation dans les premiers jours, l’opinion publique soutient massivement la grève. Et le mouvement va crescendo. Face au durcissement, Alain Juppé annonce à l’Assemblée nationale le 5 décembre qu’il ne retirera pas son projet, et le lendemain tance dans les colonnes de Sud-Ouest : « Si deux millions de personnes descendent dans la rue, mon gouvernement n’y survivra pas. » Moqué par les Guignols de l’Info sur une chaîne pas encore inféodée à Bolloré, il lance involontairement le « Juppéthon ». Le 12 décembre, l’objectif est atteint. Jusqu’à 200 000 personnes manifestent à Marseille, du jamais vu : la queue du cortège n’a pas le temps de s’élancer du Vieux-Port que la tête arrive déjà place Castellane. Pour la première fois depuis 1947, CGT et FO sont côte à côte, avec une forte présence du mouvement associatif. « Ça va être un tremplin formidable pour gagner », annonce sur FR3 Marcel Carbasse, le secrétaire général de l’union départementale CGT. La suite lui donne raison. Quand bien même Alain Juppé maintient sa réforme de la Sécurité sociale.

  • Champions Cup : Sous pression, le RC Toulon domine Bath et se relance

    Champions Cup : Sous pression, le RC Toulon domine Bath et se relance

    Au pied du mur après son premier match de Champions Cup raté à Edimbourg la semaine dernière, le RC Toulon n’avait d’autre choix que de l’emporter face à Bath, champion d’Angleterre, leader de son championnat, vainqueur de la Champions Cup et de son premier match dans la compétition face au Munster (40-14). Mission accomplie, non sans souffrir, mais avec une âme retrouvée, et un précieux bonus offensif.

    Dans un début de rencontre très physique, les deux équipes se rendent coup pour coup au tableau d’affichage. Ce sont les Anglais qui dégainent les premiers sur une pénalité de l’inévitable Finn Russell (0-3, 9e). Bousculés jusque lors, les Toulonnais réagissent, puisque quatre minutes plus tard, Alainu’uese inscrit le premier essai du match, sur un ballon porté consécutif à une touche (7-3, 14e).

    Après deux pénalités de Russell (16e) et Garcia (19e), ce sont les Anglais qui parviennent cette fois à franchir l’en-but grâce à Hill, suite à une succession de rucks devant la ligne, pour reprendre l’avantage (10-13, 22e). De courte durée, puisque Garcia envoyait une nouvelle pénalité entre les perches (13-13, 25e), avant que Brex ne conclut une attaque initiée par Serin, permettant aux siens de rentrer aux vestiaires avec un avantage de cinq points (18-13, 34e).

    Le RCT prive Bath du Bonus défensif

    Le second acte redémarre sur les mêmes bases. Garcia, sur une nouvelle pénalité, donne un peu d’air aux siens (21-13, 47e). Les Anglais recollent rapidement par Carreras (21-20, 51e). Dans la foulée, Dréan redonne huit longueurs d’avance au RCT (28-20, 55e). Mais Bath n’abdique pas, et replace Toulon sous sa menace sur un essai de Green, en force (28-27, 61e).

    La partie n’a pas encore choisi son vainqueur. Alors, il faut forcer le destin. Et c’est le RC Toulon qui parvient à le faire, grâce à Ludlam, suite à une mêlée à cinq mètres de la ligne, pour l’essai du bonus offensif (35-27, 67e). Garcia, sept minutes plus tard, gonfle encore le score (38-27, 74e). Mais comme trop souvent, les hommes de Mignoni sont victimes de leurs sautes de concentration. Sur une mêlée anglaise, Hennessey se fait oublier et transperce la défense toulonnaise, pour offrir aux siens le point du bonus offensif et remettre, une énième fois, les coéquipiers de Charles Ollivon sous pression (38-34, 74e).

    Un petit bémol sans conséquence, et que le RCT parvient finalement en quelque sorte à effacer, grâce à un ultime essai, en force, de Baubigny, qui enlève, sur la sirène, le bonus défensif aux Anglais (45-34, 80e). Le RC Toulon est relancé dans la course à la première place.

    RC Toulon 45 – 34 Bath (MT : 18-13)

    2e journée de Champions Cup

    Dimanche 14 décembre, 16h15

    Stade Mayol, Toulon

    Arbitre : M. Amashukeli (GEO)

    RCT : Gros (Priso, 59e), Lucchesi (Baubigny, 41e), Sinckler ; Rebbadj (Mézou, 67e), Alainu’uese ; Ludlam (Quere-Karaba, 80e), Ollivon (c), Mercer (Abadie, 61e) ; Serin (White, 67e), Garcia ; Tuicuvu, Sinzelle, Brex (Smaili, 74e), Dréan ; Ferté.

    BATH : Obano, Dunn, Sela (Van Wyk, 56e) ; Roux (Richards, 55e), Molony ; Hill, Underhill (Reid, 55e), Barbeary (Green, 55e) ; Carr-Smith (Le Roux, 71e), Russell (c) ; Arundell, Redpath (Hennessey, 67e), Ojomoh, Cokanasiga ; Carreras

    Points RCT : 5E Alainu’uese (13e), Brex (34e), Dréan (55e), Ludlam (67e), Baubigny (80e) ; 4T Garcia (14e, 56e, 67e, 80e) ; 4P Garcia (19e, 25e, 47e, 74e)

    Points Bath : 4E Hill (22e), Carreras (51e), Green (61e), Hennessey (74e) ; 4T Russell (22e, 51e, 61e, 74e) ; 2P Russell (9e, 16e)

  • Les propositions très sociales des communistes de Montpellier

    Les propositions très sociales des communistes de Montpellier

    C’est place Albert 1er, alors que le tramway de la nouvelle ligne 5 fait ses essais « à blanc » (sans passagers) avant sa mise en service, le 20 décembre (lire aussi page 14), que les communistes de Montpellier ont rendu publiques lundi 8 décembre leurs propositions pour les élections municipales de mars 2026.

    « Les élections municipales se déroulent dans un contexte national très compliqué et particulier avec la contradiction des 211 milliards d’aides aux entreprises sans aucun contrôle ni social et écologique et dans le même temps des collectivités à qui on va demander encore 8 milliards d’économies », introduit Clara Gimenez, conseillère municipale déléguée à la vie étudiante et vice-présidente de la Métropole Montpellier Méditerranée.

    Cela posé, la détermination reste de mise et Hervé Martin, adjoint aux sports, souligne la qualité du bilan municipal de la majorité du maire Michaël Delafosse (PS) à laquelle les communistes participent. « On coche toutes les cases du projet que l’on avait proposé aux Montpelliérains en 2020 », résume Hervé Martin. « D’abord, des gros investissements avec la ligne 5 de tramway, la prolongation de la ligne 1, la gratuité des transports. Tout le bouclier social qui avait été promis aux Montpelliérains, au-delà des gros investissements, a été réalisé », appuie l’adjoint aux sports. Il rappelle que pour une famille, la gratuité des transports représente l’équivalent d’un 13e mois de salaire. Le bilan « c’est aussi la mutuelle communale, les premiers m3 d’eau gratuits, le coup de pouce pour inscrire un enfant dans un club de sport ou une association culturelle. C’est l’encadrement des loyers… »

    Pour poursuivre cette dynamique, les communistes ont des propositions nouvelles à mettre en débat pour construire le prochain projet municipal. La première est plus que symbolique : « Nous faisons la proposition qu’il y ait quelque part à Montpellier sur une place, dans un lieu emblématique un monument pour la paix », quelle que soit sa forme : « Une statue, une grande fresque. On fera appel à des artistes pour réfléchir à ce sujet pour nous absolument fondamental », insiste Hervé Martin. La deuxième grande proposition est la création d’une agence municipale du logement. « C’est un vrai sujet, particulièrement à Montpellier avec des ménages qui peinent de plus en plus à se loger avec un secteur privé qui spécule », explique Clara Gimenez. Après l’encadrement des loyers, le permis de louer « on a besoin de passer un nouveau cap et c’est dans ce contexte que l’on propose la création de cette agence municipale du logement qui permette de regrouper tous les dispositifs existants et de nouveaux. Que les gens aient un lieu unique pour poser leurs questions, connaître leurs droits. »

    « Nous souhaitons continuer à travailler

    avec cette équipe »

    La troisième grande proposition des communistes montpelliérains est l’accès aux vacances. « Pas un enfant ne doit entrer en classe de 6e sans souvenirs de vacances », annonce Hervé Martin. « On propose que la Ville de Montpellier achète un centre de vacances, que cela soit à la mer, à la montagne, peu importe, de façon à pouvoir accueillir tous les enfants de Montpellier qui ne peuvent pas partir en vacances. C’est absolument fondamental. »

    Alors que le maire Michaël Delafosse n’a pas encore déclaré sa candidature pour un deuxième mandat (il prendra sa décision en début d’année), les communistes précisent : « Pour nous, les discussions commencent de parti à parti pour s’entendre sur les contenus. Il est bien évident que si l’équipe a bien fonctionné pendant six ans, c’est aussi parce qu’elle avait un capitaine qui savait faire fonctionner l’équipe. Bien entendu nous souhaitons pouvoir continuer à travailler dans cette équipe élargie avec le même capitaine », précise Hervé Martin.

  • Richard Gasquet, le dernier bal

    Richard Gasquet, le dernier bal

    Sa première vie a pris fin le 29 mai sur le court de Roland-Garros. Sa vie de tennisman de haut niveau s’est achevée à 39 ans sur la terre de Paris devant le numéro 1 mondial : l’Italien Jannik Sinner. Plus de 1 000 matchs sur le circuit ATP, plus de vingt ans d’une carrière au très long cours à défier les plus grands joueurs de la planète.

    Tout est fini, tout est presque derrière lui. Richard Gasquet n’est pas là pour exhumer aujourd’hui son parcours, pour remonter le temps et corriger la trajectoire d’une carrière à courir après l’attente née de sa précocité et de son « génie ». Mardi 16 décembre, au stade Raoul-Barrière de Béziers, le Sérignanais (39 ans), veut partager sur les terres de son enfance et ce lieu de l’épopée de l’ASB une dernière balle avec ses amis de la génération post-Noah, avec d’autres retraités du haut niveau et le Variétés Club de France, qui rassemble d’anciens sportifs, la plupart footballeurs, sous la mainmise du journaliste Jacques Vendroux.

    Richard Gasquet vient peut-être humer les embruns de l’ex-stade de la Méditerranée en quête des sensations d’une enfance volée ou pour le moins très vite envolée. « Je voulais faire quelque chose à Béziers, parce que c’est là où je suis né. J’allais voir des matches de rugby quand j’étais tout jeune. Le stade de la Méditerranée, c’est un endroit que je connais depuis toujours. J’ai des souvenirs de rugby depuis tout petit, déjà parce que Richard Astre est un ami de mon père. J’ai vu des dizaines et des dizaines de matches au stade, c’est un lieu important pour moi » racontait-il récemment à nos confrères de Midi Libre. Richard Gasquet tombe quelque peu le masque d’un homme introverti, longtemps écrasé par sa réputation de petit génie et les promesses de ses premiers succès au tournoi des As à Tarbes devant Rafael Nadal ou de Monte-Carlo en quart de finale face à Roger Federer. Comme des jeunes footballeurs (Bravo, Ferreri…) ont été étouffés par la succession de Michel Platini, il a fait face à l’après Yannick Noah, dernier vainqueur français d’un tournoi du Grand Chelem (Roland-Garros en 1983), au charisme insolent. « Quand un magazine titre le champion que la France attend, quand tout le monde se retourne sur lui, on imagine tout le poids que ça peut engendrer chez un enfant », explique Julien Gillet, ancien sparring-partner de Richard Gasquet.

    « Une très belle carrière »

    Très tôt dans la région, très vite en France, tout le monde veut imiter le revers à une main d’un joueur, au talent rare. Très tôt, très vite, il est confronté à la médiatisation, au star-system d’un tennis, peut-être trop envahissant pour lui. Très tôt, très vite, au lieu de s’enthousiasmer pour la fulgurance de sa carrière naissante, tout le monde pointe ses échecs répétés en Grand chelem. Lui comme Tsonga, Monfils, Simon… croisent au début du siècle les trois monstres : Federer, Nadal et Djokovic.

    « Il y avait une attente en France, parce que depuis Noah, il n’y a pas eu de vainqueur de grands Chelem. En France, on a une densité de joueurs de haut niveau, mais on n’a pas l’égal des Espagnols, avec des joueurs comme Nadal ou Alcaraz capables de gagner les grands tournois. On lui a dit, mais pourquoi tu n’as pas réussi à en gagner alors que tu étais très fort jeune ? Ce ne doit pas être facile à gérer », relève le coach héraultais, qui se souvient de son style particulier. « Il jouait un tennis peut-être un peu moins puissant que n’est le tennis moderne. C’est du beau tennis, mais c’est vrai que c’est un tennis qui est aujourd’hui un peu moins joué. Il était très très régulier quand même dans ses performances, parce qu’il était très solide, il maîtrisait bien ce qu’il faisait. Pour être encore plus fort, il lui a manqué de servir mieux et de prendre la balle un peu plus tôt du fond de cours », décrypte Julien Gillet, entraîneur de Valentin Royer (58e mondial). Dans ce tennis, et ce sport de haut niveau musclé, Richard Gasquet oppose un jeu, empreint d’esthétique. Pas vraiment dans l’air du temps. Longtemps, peut-être s’est-il réfugié derrière ce jeu léché comme une carapace. « Il a fait tout de même une très, très belle carrière », rappelle l’ancien coach du Montpelliérain Arthur Cazaux. Ancien numéro 7 mondial, vainqueur de 16 tournois, notamment à l’Open Sud de France, présent à trois demi-finales de Grand chelem, deux à Wimbledon, une à l’US Open. « Sur la fin, il était plus démonstratif, plus accrocheur. Au début, c’était un peu moins le cas. On avait l’impression qu’il avait du talent, mais qu’il ne forçait pas son talent plus que ça. Alors qu’en fin de carrière, j’ai vraiment l’impression qu’il était vraiment dans la bagarre », pointe Julien Gillet comme on décèle une énigme.

    Cette vie est désormais derrière lui. Une autre peut commencer. Comme membre de la cellule « expert » de la fédération française. Pour aider peut-être des talents innés à mieux grandir.