Author: tecnavia

  • Les minots de l’OM terminent en beauté une semaine rêvée

    Les minots de l’OM terminent en beauté une semaine rêvée

    Les minots olympiens ne chôment pas en cette fin d’année. Après être remontés de deux places en championnat grâce à leur victoire à la dernière seconde sur la pelouse de l’OGC Nice (2-3), puis avoir arraché de manière historique la dernière place qualificative pour les 16e de finale de la Youth League (Ligue des champions juniors) suite à leur victoire mercredi à l’Union Saint-Gilloise (1-4), les pensionnaires de la pouponnière phocéenne ont passé avec brio le premier tour de la Coupe Gambardella, dimanche après-midi à l’OM Campus, en battant Colomiers (4-1). « On savait que l’on avait fait une grosse semaine et il fallait remettre de l’énergie et les bons ingrédients pour passer contre Colomiers », souligne Grégory Auger, l’entraîneur des U19 de l’OM. Ce dernier a fait appel à plusieurs joueurs de la génération 2009, et même quelques-uns nés en 2010, à l’image du prodige Samy Bedja – entré en fin de match – pour compléter l’effectif. « Il y a quelques bons joueurs dans ces générations », confirme le technicien marseillais, en ayant conscience que certains sont déjà parfois conviés par Roberto De Zerbi à participer à des séances d’entraînement avec le groupe professionnel, notamment Antoine Valero et le capitaine Milan Leccese.

    Quatuor de choc

    Face à Colomiers ce dimanche, un adversaire présent dans leur groupe en championnat, les Olympiens ont dû faire face à un bloc bas efficace en début de match, qui a permis aux Haut-Garonnais d’exploiter la moindre contre-attaque éclair. Pourtant en pleine maîtrise de la possession, les coéquipiers de Gianni Calisto ont concédé le premier but de la partie sur une erreur défensive. Derrière, ce petit revers a réveillé les Marseillais : Dan Cohen sur un centre-but inattendu, Saïd Remadnia sur une contre-attaque idéalement lancée, Antoine Valero sur un pénalty parfaitement exécuté et Moctar Guirassy face à un but vide, se sont montrés intransigeants.

    « Quand on est à l’OM, il faut gagner les matches », martèle Grégory Auger, conscient que son équipe n’est plus qu’à sept victoires d’une finale au Stade de France. Avant d’en arriver là, les U19 de l’OM devront se présenter face au grand Real Madrid, au début du mois de février, pour les 16e de finale de la Youth League.

    MARSEILLE 4 (2) COLOMIERS 1 (1)

    1er tour fédéral – Coupe Gambardella

    Stade Paul-le-Cesne, à l’OM Campus (500 spectateurs environ)

    Arbitre : Nolhan Zermane

    Buts : Cohen (26e), Remadnia (40e), Valero (53e), Guirassy (76e) pour Marseille ; Pochot (16e) pour Colomiers

    Avertissements : Remadnia (18) pour Marseille ; Bicakci (23), Danglades (34) pour Colomiers

    MARSEILLE : Badaoui – Cohen, Calisto (Cesarini 69e), Baradji (Camara 79e), Dione – Guirassy, Remadnia (Ahamadi 69e), Levy – Valero, Leccese (Bedja 79e), Ali.

    Entraîneur : Grégory Auger

    COLOMIERS : Bedoui – El Jadidi, Danglades, Mesbah (Diallo, 70e), Chapuis – Bicakci, Rusques – Pochot, Roche, Injiraky (Boateng, 58e), Yao (Anakaba, 64e).

    Entraîneur : Kalifa Kaba

  • Football féminin : les Marseillaises mises à terre par les Nantaises

    Football féminin : les Marseillaises mises à terre par les Nantaises

    Lucie Calba (23e), Abdulai Toloba (31e) et Mélissa Bethi (33e) se sont montrées décisives pour les Bretonnes. Avec cette sixième défaite de la saison, Les Marseillaises pointent toujours à la neuvième place du championnat, avec seulement trois points d’avance sur le RC Lens et l’AS Saint-Etienne, positionnés dans la lanterne rouge. Les protégées de Corinne Diacre auront l’occasion de finir l’année en beauté samedi sur la pelouse de Montpellier (à 21h).

  • Sylvain André a inauguré le pumptrack de Grans

    Sylvain André a inauguré le pumptrack de Grans

    Il est fait de boucles et de bosses et serpente aux abords du lac de la Canebière.

    En plein cœur du Parc de Mary-Rose, le circuit de pumptrack est le nouvel équipement sportif qui vient enrichir le patrimoine de Grans. Né d’une proposition faite par le conseil municipal des jeunes de la commune, il a un parrain prestigieux, Sylvain André, le Cavaillonais médaillé d’argent aux Jeux de Paris, lors d’un triplé français historique.

    « C’est un honneur pour moi d’avoir été appelé sur cette manifestation », confie le champion du Monde 2018. Sous l’œil de dizaines de jeunes Gransois, il a coupé le ruban symbolique de la mise en service de la piste, au côté de Philippe Léandri, maire de la ville, et Alisson Devaux, représentant le conseil départemental des Bouches-du-Rhône, partenaire de l’opération.

    Sur une surface de 2 000 m2, le pumptrack comprend trois niveaux de circuit, sur une longueur de 49 mètres et une largeur de 37 mètres. Adapté à tous les âges, à partir de 3 ans et jusqu’à 99 ans, voire plus, il peut accueillir des pratiquants de BMX, skate-board, longboard, rollers ou encore trottinettes. Cela pour des pratiquants de tous les niveaux, qu’ils soient débutants, ou champion du Monde comme Sylvain André.

    Le médaillé d’argent de Paris 2024 n’a pas résisté à la tentation et a fait quelques tours de piste. « C’est un magnifique équipement et cela va créer des émulations dans la région, qui est riche en équipements de ce type, ce qui est une très bonne chose. Et ce qui est cool, c’est que ce n’est pas que pour une seule discipline », souligne-t-il. Dans son sillage, les gamins de Grans et des environs ont apprécié.

  • En Espagne, les affaires font tanguer le gouvernement

    En Espagne, les affaires font tanguer le gouvernement

    Le gouvernement de Pedro Sanchez traverse de nouvelles turbulences qui secouent la vie politique, avec les derniers actes de corruption, de harcèlement et d’abus sexuels présumés commis par des responsables du PSOE. El Pais titrait dimanche à la Une : « Le gouvernement vit ses heures les plus critiques. » Les révélations sur la corruption de certains cadres du Parti socialiste, les cas de harcèlement sexuel dans les sphères dirigeantes de ce parti mis au grand jour par le journal en ligne Eldiario, et des détentions provisoires, fragilisent encore davantage le gouvernement de gauche. Un « tsunami politique » comme le disent des commentateurs, dont la droite et l’extrême droite espèrent tirer profit.

    Le Parti populaire (PP) attend avec impatience les résultats des élections régionales anticipées qui vont se dérouler en Extrémadure le 21 décembre. La droite et l’extrême droite (Vox) gouvernaient cette région ensemble jusqu’à la mise en retrait de Vox qui a eu pour conséquence la convocation de nouvelles élections. Le PP espère une réélection et une forte progression qui le conforterait dans sa volonté de faire chuter le gouvernement. Souvent en alliance avec Vox, il détient déjà la majorité des régions en Espagne. Le leader du PP, Alberto Nuñez Feijoo, en campagne électorale, samedi, n’a pas manqué de cibler Pedro Sanchez, qu’il accuse de donner des « leçons sur le féminisme alors qu’il cache un troupeau de machistes et de corrompus ».

    Du côté des partenaires au gouvernement, Yolanda Diaz, 2e vice-présidente, communiste et membre de la coalition Sumar a estimé, samedi, qu’il devient nécessaire de remanier en profondeur l’équipe gouvernementale.

    « Changement profond »

    « À Sumar, nous sommes clairs : le gouvernement a besoin d’un changement profond et courageux. Il ne suffit pas de retouches cosmétiques ni de gestes symboliques » a-t-elle déclaré lors d’un entretien sur la Sexta. Yolanda Diaz demande au président du gouvernement, Pedro Sánchez, « de prendre des mesures et au PSOE de faire face à sa responsabilité et d’agir (…) je veux envoyer toute mon amitié et solidarité aux femmes socialistes et féministes (…) la seule façon est d’agir sans ambiguïté et de remanier le gouvernement, pour continuer des politiques sociales et faire progresser le droit… »

    Les autres partenaires demandent aussi au président Pedro Sanchez qu’il comparaisse devant les députés comme le Parti National Basque (PNV) ou encore Esquerra Republicana Catalana (ERC) afin d’apporter des explications. Pedro Sanchez, qui semblait rester droit dans ses bottes « un capitaine ne quitte pas le navire en pleine tempête » avait-il déclaré lors de précédentes affaires de corruption, vient de trouver l’occasion de reprendre la main. L’interview ce dimanche dans le journal La Vanguardia du président de la conférence épiscopale espagnole ouvre un autre front, Luis Argüello connu pour sa proximité avec l’extrême droite profite de cette crise politique pour réclamer soit une motion de censure, soit des élections anticipées.

    « Il y a une autre option, celle de respecter le résultat électoral, même si vous êtes nostalgique de l’époque où les évêques interféraient dans la politique. Celle-ci est terminée depuis que la démocratie a été instaurée dans ce pays » a rétorqué Pedro Sanchez ce dimanche en meeting électoral à Caceres. À suivre donc, mais les joutes verbales ne suffiront pas à apaiser la colère et l’inquiétude dans l’électorat de gauche, tant que des actes concrets ne viendront pas clore cet épisode qui met à mal les progrès sociaux déjà accomplis par le gouvernement et ceux à venir.

  • Monaco n’a pas fait de cadeau aux Olympiens

    Monaco n’a pas fait de cadeau aux Olympiens

    Avant le coup d’envoi, le système mis en place par Roberto De Zerbi pouvait rappeler l’organisation choisie face à Saint-Gilles en Ligue des Champions.

    Mais rapidement, l’OM a dévoilé ses plans. Avec Timothy Weah appelé à suppléer Igor Paixão dans le couloir gauche de l’attaque. L’États-unien se montrait rapidement à l’aise dans sa zone. Alors que le jeu était confié à Arthur Vermeeren, et que la défense retrouvait Benjamin Pavard, associé à Nayef Aguerd dans l’axe.

    Les Marseillais auraient pu rapidement prendre le score. Mais les deux occasions nettes de Pierre-Emerick Aubameyang n’allaient pas au bout. Des Marseillais qui avaient le contrôle, face à des Monégasques prudents, mais, à l’image d’Alexandr Golovin, prompts à se projeter vers la surface de Gerónimo Rulli.

    Monaco était finalement plus dangereux. Alors que les Olympiens ne mettaient que sporadiquement le nez à la fenêtre. Après deux buts refusés aux Monégasques, l’OM allait enfin au bout de ses intentions, à l’image de Mason Greenwood, buteur prodigue.

  • 50 ans de carrière en dédicace à L’Isle-sur-la-Sorgue

    50 ans de carrière en dédicace à L’Isle-sur-la-Sorgue

    Il y a quelques jours de cela, le chanteur Renaud a dédicacé l’ouvrage que sa fille Lolita Séchan lui a consacré à l’occasion de ses 50 ans de carrière. Il s’intitule Renaud, le livre et a été écrit aux côtés d’Erwan L’Eléouet. L’événement était organisé par la libraire isloise Le passeur de l’Isle. Dès l’annonce de l’initiative, les réservations étaient pleines en vingt minutes. Renaud, qui réside depuis quelques années à L’Isle-sur-la-Sorgue a une affection particulière pour cette ville où il avait donné un concert exceptionnel il y a quelques années. Pour mémoire, il était aussi venu à Apt aux côtés du réalisateur Claude Berri présenter le film Germinal dans lequel il avait tourné. Il était également passé au festival d’Oppède de Michel Leeb, où il avait chanté Mistral gagnant avec Hugues Aufray.

    Lien vauclusien

    Passé par la suite par l’auditorium du Thor, ou encore à La Scala à Avignon pour sa remontée sur scène, il avait aussi rendu visite à son ami Bénabar au festival de Gordes. Pour fêter ses 50 ans de carrière voilà donc ce livre. De sa fille Lolita qui raconte sa carrière magistrale. Des témoignages, des écrits « manuscrits reproduits » nourrissent l’ouvrage.

    Renaud va remonter sur scène l’année prochaine. Sa fille Lolita à laquelle il a consacré une merveilleuse chanson, Morgane de toi, a aussi dédicacé aux nombreux lecteurs présents.

    Autant de fans à qui Renaud et sa fille ont offert un beau cadeau.

  • Hiver comme été, les Suds à Arles frappés par un soleil musical

    Hiver comme été, les Suds à Arles frappés par un soleil musical

    Elle était déjà venue ravir les oreilles des spectateurs arlésiens en 2019 de sa musique tour à tour folk et blues imprégnée de la culture du chant wassoulou. Son nouvel album dans l’escarcelle, dont la sortie est prévue au printemps prochain, la chanteuse malienne Fatoumata Diawara sera de retour au Théâtre antique d’Arles jeudi 16 juillet 2026, ont annoncé les organisateurs des Suds à Arles. Femme courage à la voix puissante engagée dans de nombreux combats, « elle nous revient cet été avec un nouvel opus épuré, aux accents intimistes, livrant avec une belle sincérité ses épreuves de femme, de mère et de fille ». L’un des deux premiers noms dévoilés il y a quelques jours par les organisateurs de ce festival des musiques du monde, dont la 31e édition accueillera également Gaël Faye.

    Se produisant pour sa part au Théâtre antique d’Arles le samedi 18 juillet, cet artiste franco-rwandais viendra à nouveau délivrer un rap sans frontières dont il est coutumier. Un Pili-pili sur un croissant au beurre, imageait sur son premier album, en 2013, ce fruit d’une mère rwandaise et tutsie réfugiée au Burundi, où il est né, et d’un père français. « J’ai été à une école entre un rap qui veut dépeindre les réalités sociales et un rap qui joue avec les mots et la langue française, sans oublier les musiques africaines, la rumba congolaise et la chanson française à texte qui m’ont nourri », a pu expliquer à de nombreuses reprises à La Marseillaise celui qui est également devenu un écrivain à succès. En 2024, il avait été couronné du prix Renaudot pour son deuxième roman Jacaranda.

    Grands et petits poètes

    La déclinaison hivernale du festival, Les Suds en hiver, se déploiera quant à elle du 8 au 15 février 2026, lancée par le chanteur et compositeur Walid Ben Selim qui prêtera « sa voix aux grands poètes soufis Mahmoud Darwich, Rumi, Ibn Arabi, Ahmad Matar ou Nizar Qabbani », au Château de Tarascon – Centre d’art René Anjou, indique un programme qui a pour le moment annoncé quelques autres artistes. Parmi eux, Orange Blossom, groupe qui électrisera les musiques du monde à la salle de l’Étoile de Châteaurenard. Le trio Boucs ! fera quant à lui écouter son rock mêlant des accents anglo-saxons et méditerranéens à la Salle des fêtes d’Arles. De chanson italienne, il sera aussi question à la Salle Mistral de Saint-Martin-de-Crau avec une chorale de 150 enfants et 40 adultes réunis autour d’un répertoire « proposé par la chanteuse et musicienne Maura Guerrera et transmis aux choristes par les chefs de chœur Julien Bellec, Anne-Sophie Chamayou, Anne Cesano-Giordano, Manon Ghobrial et Guylaine Renaud ».

  • [Le feuilleton] Autobiographie d’un menteur

    [Le feuilleton] Autobiographie d’un menteur

    Pierre Dharréville est journaliste et écrivain, auteur d’essais mais aussi des fictions comme En l’absence de Monsieur J ou L’enlumineur. Il est également connu pour son engagement politique en tant qu’élu communiste sur notre territoire et notamment comme député de la 13e circonscription.

    Pour ces périodes de fêtes, La Marseillaise vous propose Autobiographie d’un menteur, un texte inédit situé dans le milieu journalistique. Une fable romanesque à retrouver chaque jour de la semaine jusqu’à la fin des vacances.

    Il y a une jouissance certaine à voir son nom dans le journal. Aussi, la première chose que fit Patrice Quiniond en s’installant devant son café, comme tous les matins, fut d’ouvrir L’Impertinent pour vérifier que sa griffe figurait bien au bas de son article, en élégants caractères italiques, et de s’assurer que son patronyme n’avait pas été écorché au fil des transmissions jusqu’à l’imprimeur. Ses demi-lunes au bord du précipice, la truffe jetée en avant, après avoir aspiré une bouffée de tabac brûlé, il scruta. Réflexe narcissique, un peu puéril peut-être, mais irrépressible.

    Il ne suffit pas de venir au monde, il faut y exister. Ce qu’on cherche dans ses reflets, c’est la preuve de soi, puisse-t-elle s’imposer aux autres.

    L’homme se tenait voûté, comme s’il avait été habitué à faire le dos rond. Sa veste de lin froissé se tendait comme une voile au vent, manifestant une envie d’en découdre qui collait mal avec le personnage. Deux pièces de velours désuètes ornaient ses coudes endurcis : la bête avait quelques heures de vol au compteur.

    Quiniond avait tout vu.

    Et pour ce qui le concernait, il avait tout lu : « Quignon », évidemment, mais aussi « Quiniont », qui le mettait en joie en raison des élucubrations d’Hergé avec les Dupond et Dupont, sans parler de « Guignond », qui semblait faire de lui un envieux alors même qu’il se voyait plutôt dans le statut d’enviable, un malchanceux alors qu’il avait forcé le destin…

    Évidemment, après avoir scanné la feuille noircie, Quiniond fut de méchante humeur, ainsi que l’indiquaient ses sourcils déjà broussailleux d’ordinaire. Sa main un peu gonfle, avec ses accents de marbre brun, s’abattit sur le papier dans un clappement sourd, tandis qu’il rejetait la tête en arrière. Il jura.

    Il fallait quand même le faire, au bout de vingt-cinq ans de maison… On avait encore jugé bon de retoucher son papier. Pourquoi diable fallait-il que des individus se croyant plus perspicaces que les autres s’autorisent à modifier ce qui avait été mûrement réfléchi et relu ? Pourquoi fallait-il que l’on remette en cause sans cesse la lucidité du reporter, qui certes travaille dans l’urgence, mais finit, bon sang de bois, par s’y habituer ? Pourquoi fallait-il, en somme, que des incompétents viennent lui gâcher son bonheur matinal… Correcteurs malappris, gardiens d’une langue tristement rigide et invariable. Incorrigibles correcteurs.

    Patrice Quiniond respirait bruyamment en tournant désormais les pages du journal sans le lire. Il aurait une journée de ruminant. À tous les étages de L’Impertinent, on louait la prose de « Paq » avec fierté, et ce diminutif était prononcé avec respect dans toutes les rédactions et sur les principaux plateaux de télévision. Ces trois lettres signaient sa consécration. Alors dans son cerveau fumant, fulminant, fumerollant, il hurlait au sacrilège, au sabotage et à toutes autres sortes de choses du même acabit.

    Sa plume se trempait dans la boue comme la cartagène, dans le sang des victimes ou les yeux des bourreaux… La plume est une arme pour qui sait s’en servir. Elle peut détruire presque plus sûrement qu’une grenade et ses arabesques peuvent si bien maquiller les coups de bâton. Elle pénètre les têtes molles, pour retoucher les paysages intérieurs, elle applique le vernis des puissants. Qui n’a pas de mots, pas de parole, n’a pas de pensée, n’a pas de bannière, n’a pas d’empreinte… Qui n’a pas de mots n’existe pas.

    Se penchant à nouveau sur son objet fétiche, il jaugea la taille du titre, ainsi que la place occupée par son article et pesta, cette fois-ci, contre le maquettiste qui avait voulu faire rentrer trois papiers dans cette page, mésestimant sans doute la taille du bandeau de publicité qui en barrait le pied sur toute la longueur.

    À coté, l’édito était indigent. C’était un fait. Jean-Michel Barnard n’avait ni la plume ni les idées pour mieux faire. Et il ne s’était pas foulé, le petit père… En réunion de rédaction, Patrice Quiniond n’en dirait rien ou peut-être le contraire, et, comme tous les matins, s’épancherait en douce dans les couloirs dès que l’occasion lui en serait donnée, car c’est si bon. Pour lui, la place de Jean-Michel Barnard était à prendre. D’ailleurs, titrer « Crime et châtiment », révélait soit la prétention la plus crasse, soit le vide le plus sidérant.

    Patrice Quiniond grommelait, comme de triste habitude. Son journal en portait la marque : une tache rondâtre à l’endroit où avait résidé sa tasse d’élixir matinal. Le serveur le débarrassa et lui proposa « un autre café, monsieur Paq ? ». Il en prit un autre, comme tous les matins. Il faut se cramponner fermement à ses habitudes lorsque l’on travaille le matériau toujours en mouvement de l’actualité.

    « Si l’info ne vous fait pas bander, vous pouvez sortir d’ici tout de suite », s’était-il entendu dire élégamment lors de son premier cours de journalisme, qui commençait à dater. Il était resté… Il avait appris à « bander » pour l’info, à ne plus être obnubilé que par elle, à déprimer de ses accalmies, à ne jamais se détacher des événements quels qu’ils soient, à afficher une passion toujours renouvelée pour le moindre élément nouveau afin de lui faire dire souvent bien plus qu’il ne faudrait sur l’époque, à se parfumer de l’air du temps… L’info remplissait sa vie comme l’eau une carafe. Lui et l’info ne faisaient qu’un.

    Mieux : il était l’info.

    Comme pour réfréner sa colère, par de petits mouvements aériens, il se passa la main sur les cheveux pour s’assurer qu’ils étaient bien rangés en arrière au-dessus de son visage poupon, n’étaient-ce les cernes qui gonflaient le ressac de ses yeux. Une vieille odeur de tabac macéré lui tapissait la langue.

    L’Impertinent, comme son nom ne l’indiquait pas, avait toujours été le quotidien de référence, le temple du grand sérieux et, pour tout dire, plutôt une école de la retenue. C’est pourquoi le rêve de tout journaliste qui se respectait était de forcer le pont-levis qui lui servait d’entrée.

    Le jour où Patrice Quiniond avait accompli ce prodige, il avait rejoint le cercle restreint de l’excellence. Il était devenu une huile, il avait intégré le gratin. Il avait trouvé son Graal, gravi son Everest, atteint l’inaccessible étoile, comme on voudra. Le souvenir de ses premiers pas venait à cet instant de lui traverser l’esprit. Aujourd’hui, tout lui semblait naturel, mais cela n’empêcha pas un léger sourire d’orgueil de lui zébrer le visage. Il rejeta ses épaules en arrière et étendit les jambes, croisées juste par les chevilles. La contrariété de l’aube semblait s’être évaporée. Il imaginait les nouveaux défis qui s’offraient à lui et donneraient à son talent de nouvelles occasions de surgir et d’éclabousser le monde.

    ACTE PREMIER

    1- Où l’on se frotte à un vieux loup de mer

    — Holà, confrère ! Les nouvelles sont-elles bonnes ?

    L’homme était légèrement en avance, ce qui était pour Patrice Quiniond autant une tare que d’être en retard. Et comme l’entrée en matière du garçon lui avait semblé un peu trop familière, il n’avait pas jugé utile de répondre.

    L’importun venait de lui gâcher son plaisir matinal. Un plaisir qui faisait partie de son rituel de travail. Car, l’air de rien, tel qu’on pouvait le voir, avachi sur sa chaise, tout en se laissant aller à quelque rêverie, Quiniond travaillait déjà… il méditait, il écoutait les conversations, il observait la rue…

    Une bonne moitié d’emmerdeurs était en vacances, et il y avait de l’espace, dans les rédactions désertées, pour s’arrêter sur des sujets plus badins et se lancer, gaillard avant, dans de vaines polémiques. C’était l’époque où de jeunes pousses mal dégrossies pointaient le bout de leurs stylos, prêtes à toutes les envolées lyriques pour briller.

    Tous les héros naissent d’une imposture.

    Ainsi cheminait le monde, à la va-comme-je-te-pousse. Et c’est ainsi que Grégoire Charvin avait débarqué à L’Impertinent comme en terrain conquis, désireux disait-il d’être « utile à la manifestation de la vérité », volontaire pour une presse « moins coupée des réalités ».

    Quiniond avait levé les yeux au ciel, avant de tracer un signe de croix.

    — Hé bé ! On en reparlera de la vérité, avait-il marmonné.

    Pas de cravate, mais un costume sombre ajusté sur un tee-shirt blanc impeccable. Une fausse note bien étudiée pour éclairer l’ensemble : sa barbe de trois jours qui trahissait le contraire d’une négligence et qui semblait constituer la racine de cette chevelure noire savamment désordonnée dont il avait le crâne bien arboré. Ce mélange de fougue et de conventions en disait long sur le personnage, ou plutôt sur ce qu’il voulait laisser paraître.

    Comme il l’avait raconté incidemment pour meubler les silences, sur le ton d’une anecdote ingénue, sa première visite dans la capitale avait été le Cimetière des Illustres, ce qui donnait une petite idée du bonhomme. Il présentait ce geste comme une sorte de révérence, de marque de fascination, de culte des grands anciens. Et cette prétention contenue et retenue énervait d’autant plus Quiniond qu’elle lui rappelait le jeune homme qu’il n’était plus depuis longtemps. Il se souvenait avoir lui-même gravi jadis les buttes de Siège, et, là-haut, tel Rastignac, avoir pensé que la capitale, un jour, serait pour de bon à ses pieds, déraisonnablement éprise de lui. Lui, unique et génial, empli de son destin (et de sa vanité). Mais Siège, perle du Septentrion, ne se donnait à personne. Ville-phare, elle avait besoin de matière noire pour étendre son halocité.

    Donc. « Confrère », qu’il avait dit, le blanc-bec, en arrivant. Quiniond n’avait pas oublié, et il n’écoutait qu’à demi ses babillages, en se repassant régulièrement le film de son irruption, ce qui accentuait les traits de sa mine renfrognée. Non, le maître, quelle que fût sa supposée sagesse, n’avait pas encaissé l’innocente comparaison de l’élève. Le maître s’était retenu sur le moment, mais l’oisillon allait regretter cette expression joviale. Il allait déguster.

    Le premier jour, Quiniond le laissa silencieusement regarder les dépêches pour se familiariser avec l’outil. Grégoire Charvin vit les informations défiler sous ses yeux et ce fut tout. Et Quiniond pensa que cela était bon. Le deuxième jour, le novice fut chargé de rédiger une brève sur les déclarations d’un édile critiquant la présence du loup dans les alpages, sujet auquel il n’entravait pas grand-chose. Et Quiniond pensa de nouveau que cela était bon. Le troisième jour enfin, l’impétrant fût envoyé en reportage sur le terrain, pour couvrir un sujet qui méritait à peine le déplacement. Et cela fit un jour de repos à Quiniond.

    *

    Titre

    Une héroïne modeste

    Chapô

    Dans la petite bourgade de Tibourg-lès-Loinville, une enfant rend service à tous ses voisins. Elle vient d’être décorée par l’Académie du Mérite.

    De notre envoyé spécial.

    Texte

    Désignée super-voisine de l’année, Jeanne Chapiron, quatorze ans, ne triomphe pas. Elle se dit simplement « contente » et prend la récompense comme un « encouragement à continuer ». Un manteau rouge un peu élimé sur les épaules, deux tresses bien soignées, un petit regard noisette : elle est à croquer. Pas mutine pour un sou, elle va faire les courses pour la mémé Ghislaine, qui habite au bout d’un sentier ; elle apporte du pain rassis à l’âne de Monsieur Gerbier ; elle s’applique à dire bonjour d’un air enjoué à toute personne qu’elle croise sur son chemin ; elle aide les plus petits à gravir les escaliers, et les plus âgés à traverser. La liste de ses gentillesses serait trop longue à égrainer. C’est comme si le titre de super-voisine avait été créé pour elle.

    Jeanne est issue d’un milieu défavorisé ; elle a grandi dans une famille d’immigrés sans le sou ; elle a connu les coupures d’électricité, les repas que l’on saute, les huissiers matinaux. À sa place, d’aucuns auraient mal tourné. Comme quoi, ce n’est pas une raison…

    Abandonnée par son père, maltraitée par son beau-père, elle fut victime d’un grave accident de voiture, dont elle a pu réchapper sans séquelles. Sa mère en garde une jambe abîmée qui la fait boitiller. Alors, comme pour compenser, Jeanne sautille, parsemant l’allégresse sur ses pas. Dans la petite habitation à loyer modéré de Tibourg, elle est connue comme le loup blanc. Elle semble réussir à échapper à la fatalité qui est le lot de nombreux jeunes du quartier. Quand ils ne sombrent pas dans la drogue, ceux-là chahutent bêtement, se lancent des insultes plus ou moins créatives, pratiquent le feu de poubelles à l’occasion, et déambulent comme des âmes en peine en shootant dans des canettes de soda.

    Sans trop le savoir, Jeanne représente un modèle, et peut-être un espoir. « Elle est adorable, elle est notre petit rayon de soleil quotidien », déclare cette femme emblématique du quartier que les gens appellent plus ou moins affectueusement « la Paulette ». Les petits sont invités à prendre exemple, et une saine émulation semble devoir prospérer dans la bourgade. Cela n’est pourtant pas sans créer de jalousies : « Faut qu’elle arrête de faire la belle, cette connasse », tempêtait hier un jeune à casquette. Sur ces entrefaites, la lauréate pointait le bout de son nez, et lui offrait le dernier polo à la mode, compris dans son lot de gagnante et dont, disait-elle, elle ne ferait rien…

    Signature

    Léo Jalès

    *

    Charvin -qui, malgré le sourire narquois de Quiniond, avait choisi pour pseudonyme Léo Jalès en hommage à son grand-père d’une part et à un haut-lieu chargé d’histoire de sa région d’origine de l’autre-, avait réécrit cinq ou six fois son papier à la demande de son tuteur. Ce dernier lui avait fait observer tour à tour les défauts de son attaque (qui n’en venait pas au fait), ceux de ses explications savantes (mais confuses), ceux de ses phrases (à rallonge), ceux de ses ellipses (obscures), ceux de sa conclusion (pompeuse)… Au fond, ceux de son article tout entier (depuis son économie générale jusqu’à ses virgules mal placées). Charvin avait supporté sans broncher, mais il était tout estransiné. Tout ça pour un article de seconde zone, sur un sujet sans grand intérêt, avait-il pensé…

    — Il n’y a pas de petit sujet, l’avait sermonné le maître, qui lisait dans ses pensées comme dans un journal ouvert. Nous rendons compte du monde tel qu’il va dans toutes ses dimensions. Si la réalité ne t’intéresse pas toute entière, tu n’as rien à faire ici, tu comprends ?

    — C’est ça, ouais, s’était marmonné Charvin, ou quelque chose comme.

    Il hochait la tête comme on bêche. Il bêchait la tête, si l’on veut. Dans ces conditions, comment ne pas rendre une copie quelconque et truffée d’accents mièvres, puisque le sujet l’était déjà en soi. Tandis que l’autre le priait de ne pas faire le délicat, il s’était accroché à ses points-virgules, convaincu que l’inventivité de sa langue valait bien tous les académismes. Lassé, Quiniond l’avait gratifié d’un : « Allez, on a plus le temps, on envoie ! » Et hop, il avait balancé le papier dans les tuyaux qui conduisaient jusqu’au marbre et aux rotatives. Ça faisait vachement plaisir, tiens ! Son premier article pour cette grande institution de la République qu’était L’Impertinent envoyé à l’impression avec aussi peu de cérémonial…

    Au fond, Grégoire Charvin conservait de l’admiration pour le journaliste, mais il commençait à douter sévère des qualités de l’homme. Pourquoi avait-il instauré entre eux une distance intergalactique ? Le brio de son style ne collait pas avec ses égards ronchons et ses petites manœuvres entre les uns et les autres. Par la porte entrouverte, le jeune homme s’était complu à observer l’animal dans sa tanière, ses flatteries, ses veuleries, ses ragots. Celui-ci l’avait toutefois impressionné par sa culture et sa facilité éblouissante à développer des idées sur tout et n’importe quoi, sans paraître jamais tâtonner, frappant juste et fort. Avec lui, l’art de la conversation était un combat de boxe.

    Pendant un repas méridien, il fallait voir comment il avait défendu d’un ton péremptoire les récentes évolutions de l’art contemporain, qu’un des convives conspuait avec légèreté, s’appuyant sur Marcel Duchamp jusqu’à le citer abondamment dans le texte pour le discuter. Un peu plus tard, il avait expliqué le détail du débat picrocholin entre quelques spécialistes de la majorité parlementaire sur le projet de loi en cours d’examen et prédit avec assurance la façon dont la controverse se solderait au bout du compte. Il discutait la tactique mise en place par le nouvel entraîneur du club de la capitale et pouvait pérorer sur la nouvelle révolution numérique qui s’amorçait avec l’intelligence artificielle, sans en avoir rien pratiqué peut-être…

    Rien ne semblait lui échapper.

    Et puis il fallait voir comment il disait en se pinçant les lèvres : « demain, je vais écrire… »

    Ecriiiire. Avec trois ou quatre « i ».

  • Papin entre dans le patrimoine provençal

    Papin entre dans le patrimoine provençal

    Dans la multitude de santons possibles et imaginables, il manquait un homme qui a marqué les Marseillais balle au pied. Jean-Pierre Papin, légende de l’OM, fait désormais partie de la liste des personnages représentés sur ces petites figurines en argile. « Ça fait bizarre mais je suis très fier », sourit l’ancien attaquant aux 182 buts sous le maillot olympien. Il était présent entre 14h et 15h samedi après-midi à la Foire aux santons, sur le Vieux-Port, pour dédicacer « le petit Papin ». Des Italiens et des Belges ont rapidement fait la queue pour obtenir le précieux symbole.

    Emily fait des progrès

    Une partie des ventes de ce santon sera reversée à l’Association Neuf de Cœur, fondée par Jean-Pierre Papin lui-même, papa d’une fille qui présente un handicap dû à des lésions cérébrales. « Emily va très bien, elle a fait plein de progrès. On ne sait que ce ne sera jamais comme les autres, mais à chaque progrès, on est content », souligne le n°9 de cœur.

  • [Entretien] Olivier Masini : Dans le Var, « tout le monde peut être Père Noël vert »

    [Entretien] Olivier Masini : Dans le Var, « tout le monde peut être Père Noël vert »

    La Marseillaise : En novembre, vous avez lancé, comme chaque année, la campagne « Père Noël Vert » : expliquez-nous en quoi cela consiste.

    Olivier Masini : Le Père Noël vert, dont on va bientôt fêter les 50 ans, a été mis en place en 1976. Il a pour objectif de donner la main là où le Père Noël rouge ne peut pas passer. Il est vert, car c’est la couleur de l’espoir. La campagne a débuté mi-novembre et se poursuit jusqu’à fin décembre. C’est un moment important, où on a beaucoup d’initiatives réalisées par des partenaires. Des personnes, notamment des salariés d’entreprises, organisent, en lien avec leur direction, des collectes de jouets. Pour certains, c’est la première fois, d’autres le font depuis des années car en général, quand on l’est une fois, on le reste. Tout le monde peut être Père Noël vert. L’important est de porter la solidarité.

    Comment cela s’inscrit-il dans
    le cadre de l’action globale du Secours populaire
     ?

    O.M. : Nous sommes une association généraliste de la solidarité, qui apporte une aide inconditionnelle. Nous voulons permettre à chaque personne en difficulté de remettre le pied à l’étrier, et parfois de retrouver la dignité. A travers nos campagnes, on fait en sorte que les personnes accueillies deviennent aussi actrices de la solidarité. Quand quelqu’un rentre dans un accueil du Secours populaire, personne ne peut dire si les personnes sont des bénévoles ou des personnes accueillies. On crée aussi les conditions pour faire se rencontrer les personnes. On veut montrer que la solidarité est une richesse, d’autant plus dans le contexte d’aujourd’hui.

    Qui sont les partenaires qui vous épaulent sur cette campagne ?

    O.M. : On a des partenariats historiques avec des CSE d’entreprises. J’y suis attaché car cela signifie que le personnel s’attache à l’action solidaire. A ce titre on a, entre autres, des liens de longue date avec le CASI des cheminots du Var et la CMCAS EDF. Ils ont fait leurs arbres de Noël. Grâce à cela, une vingtaine d’enfants ont participé avec les autres enfants du personnel. Ils nous aident aussi sur les autres campagnes de l’année. Mais on a besoin de davantage de CSE, et il suffit d’en parler aux salariés, qui adhèrent en général. On a aussi le monde du sport, avec un partenariat avec le RC Toulon, qui organise un lancé de peluches pour son dernier match de l’année, comme c’était le cas ce dimanche. On a aussi un partenariat avec le Hyères Toulon Var Basket. Vendredi, des enfants du Secours Populaire vont assister au match et rentrer sur le terrain avec les joueurs. C’est bien, car on a l’image d’un fournisseur d’aide alimentaire et vestimentaire. Mais ce qui compte pour nous, c’est l’accès au droit, au sport, à la culture, au loisir, des choses auxquelles on ne pense pas forcément quand on est en grande difficulté. On est aussi soutenu par des associations comme « les Rockeurs ont du cœur ». Les dons sont par ailleurs tracés, car il est normal de rendre compte des actions.

    Combien de personnes vont-elles pouvoir en profiter et que vont-elles recevoir ?

    O.M. : On fait attention, à travers nos partenariats, à s’approvisionner en circuit court, pour avoir des produits de qualité. Il y aura un peu de tout : des colis alimentaires avec du poisson, des friandises, des desserts… Pour les jouets, c’est selon ce qu’on reçoit, en essayant de classer par sexe et âge. On insiste sur les livres, mais les parents peuvent choisir. On ne sait pas encore exactement le nombre de bénéficiaires, mais cela augmente chaque année. Rien qu’à Toulon, au moment de Noël, 500 familles sont suivies. Dans le département, on sera certainement entre 9 500 et 10 000 personnes accueillies. La semaine dernière, ils ont accueilli plus de 100 personnes sur une journée à Toulon, c’est énorme. C’est une réalité sérieuse, il n’y a plus de profil type, et on reçoit autant de jeunes étudiants, bien plus que les autres années, que de retraités.

    Que peut on vous souhaiter pour 2026 ?

    O.M. : Que cette solidarité ne baisse pas. Quelles que soient les difficultés, quand on organise des initiatives et qu’on le fait très largement avec des bénévoles, des personnes accueillies, on se rend compte de l’efficacité de ces projets-là. Il faut qu’ils perdurent et se multiplient. On veut montrer qu’il y a d’autres choix possibles, qu’il n’y a pas de fatalité dans la vie, et qu’on n’est pas isolé quand on vient faire des actions solidaires. La force du collectif permet de faire de grandes choses. Et cela est essentiel dans un contexte où les personnes se renferment sur elles même face aux difficultés. Particulièrement pour les enfants. Notre rôle à ce sujet est important car nous sommes une association d’éducation populaire. On intervient d’ailleurs dans des écoles pour enseigner la solidarité dans le cadre de l’instruction civique. Si on commence à avoir cette vision dés le plus jeune âge, on ne l’oublie pas adulte. Et cette petite lumière vient se rallumer à certains moments de la vie.