Author: tecnavia

  • Atypiques, les Rockets seront au départ du Grand Prix

    Atypiques, les Rockets seront au départ du Grand Prix

    Nom d’équipe : Unibet Rose Rockets, activité annexe : chaîne Youtube. Un ovni est sur le point d’atterrir à Marseille. Rien à voir avec un certain rappeur aux trois lettres, mais le cyclisme mondial a aussi son alien. La formation néerlandaise, sous licence française, est pour le moins atypique dans le peloton. Fondée par trois Youtubers fans de cyclisme il y a seulement trois ans, cette équipe gravit les échelons à vitesse grand V. Après une entrée remarquée en troisième division, les Rockets sont désormais au deuxième niveau et pourraient être invités sur le Tour de France.

    Une ascension express que l’on doit notamment à Bas Tietema. Cet ancien espoir de la bicyclette aux Pays-Bas est l’un des co-fondateurs de cette structure. Contre vents et marées, il s’est armé, il s’est entouré et la progression a été fulgurante. Son projet fou – l’invitation sur la Grande Boucle en 2026 – a été largement décrié par des spécialistes de la discipline, jugeant le timing bien trop court. Mais son objectif est en passe d’être validé.

    Lafay dans le moule

    La licence française ouvre une porte plus grande à propos d’une wild-card, puisqu’Unibet Rose Rockets est désormais aligné sur la Coupe de France, dont le Grand Prix de Marseille – La Marseillaise est la première étape, le 1er février. Bas Tietema évoquait ceci avec nos confrères de Vélofuté : « Notre rêve est de participer au Tour de France, car nous avons commencé à filmer nos vidéos YouTube sur le Tour et nous avons maintenant une équipe performante. Il est essentiel d’être aussi prêts que possible. C’est déjà un grand compliment que l’on nous considère maintenant comme un candidat potentiel ».

    Unibet Rose Rockets est l’une des rares formations à montrer l’envers du décor, à travers sa chaîne Youtube, grâce à un groupe média très présent aux côtés des coureurs. Des jours de course aux présentations des recrues. Parmi elles, Victor Lafay, cycliste aussi atypique que sa nouvelle équipe. Le Haut-Savoyard avait pensé à arrêter le cyclisme, à 29 ans, pour se consacrer… à la vente de fromages au Japon. Vainqueur d’étape sur le Tour, il a modifié sa décision et repart pour au moins une année avec Tietema et les siens. Bas Tietema explique le projet vidéo autour de sa formation. « Les gens apprennent à beaucoup mieux connaître notre équipe en regardant ces vidéos, et pas seulement en regardant une course. Que ce soit Lukas Kubis, Victor Lafay et son transfert, ou Dylan, les gens sont tellement captivés par leur histoire. » Même sans Lafay et leur sprinteur star Dylan Groenewegen, les Violets et Roses vont arriver sur le Grand Prix cycliste avec l’ambition de jouer les premiers rôles.

  • L’Espagne en deuil après la terrible collision ferroviaire

    L’Espagne en deuil après la terrible collision ferroviaire

    C’est un jour de douleur pour toute l’Espagne », a dit notamment Pedro Sanchez, le président du gouvernement, qui s’est déplacé hier en milieu de journée à Adamuz, village de 4 000 habitants, et a annoncé un deuil national de trois jours. C’est au niveau de la gare de cette commune, que s’est produit ce tragique accident. Il était 19h45 dimanche, lorsqu’un premier train grande vitesse d’une compagnie italienne Iryo qui reliait Malaga à Madrid, s’est couché en partie sur la voie voisine après avoir déraillé. Vingt secondes plus tard un autre train grande vitesse un Alvia de Renfe, qui arrivait de Madrid à destination de Huelva, a percuté les voitures couchées sur les rails. Un choc d’une violence inouïe, qui a projeté des voitures de l’Alvia en contrebas, une chute de quatre mètres. C’est surtout dans cet amas de ferrailles de l’Alvia, que les sauveteurs craignent de trouver d’autres victimes ce qui viendrait alourdir le bilan humain qui était lundi en fin d’après-midi de 40 morts, 152 blessés dont 43 sont encore hospitalisés et 12 dont un enfant en unité de réanimation.

    Les habitants d’Adamuz ont été les premiers, dimanche soir, à se rendre sur place et apporter tant bien que mal leur aide auprès des personnes valides, pour les sortir du train et les réconforter. Très vite, le village s’est mobilisé et une chaîne de solidarité s’est mise en place. Les habitants ont tout de suite guidé les secours à travers les chemins qu’ils connaissent parfaitement bien pour accéder au lieu de la catastrophe. La commune a mis en place plusieurs lieux d’accueil où les villageois ont apporté couvertures, eau, alimentation.

    Les secours très rapidement sur les lieux, ont œuvré sans relâche toute la nuit de dimanche à lundi avec des températures en dessous de zéro, les recherches se poursuivent et une commission d’investigation est sur place pour essayer de déterminer la cause de cet accident.

    « Un accident étrange »

    Oscar Puente, ministre des Transports, qui était présent hier aux côtés du chef du gouvernement, a déclaré qu’il s’agissait « d’un accident étrange, il s’est produit sur une ligne droite sur une voie récemment rénovée pour un coût de 700 millions d’euros » de son côté le président de Renfe, Álvaro Fernández, interrogé par la radio Cadena SER, a précisé qu’il n’y avait pas eu d’excès de vitesse puisqu’un des trains circulait à 205 km/h et l’autre à 210 km/h au moment du choc, il ajoutait que ce tronçon de voie ferrée permet aux trains de circuler jusqu’à 250 km/h.
    « Bien que j’évite de tirer des conclusions, tout montre qu’il pourrait s’agir d’une possible défaillance matérielle soit sur le train, soit sur l’infrastructure. » Alvaro Fernandez devait rappeler que le système de sécurité et de signalisation LZB (système de protection automatique des trains) est opérationnel sur cette ligne, « il est précisément prévu pour empêcher les erreurs humaines ».

    La porte-parole de la Guardia Civil, Rosa Reina, a fait savoir qu’un appel était lancé aux familles des victimes afin de recueillir leur ADN, tant le travail d’identification s’avère difficile. Cinq centres sont ouverts pour cela : à Madrid, Huelva, Malaga, Cordoba et Séville. Ces centres permettent aussi aux familles d’obtenir des informations. L’émotion et la douleur sont grandes dans toute l’Espagne, comme le rappelait hier Pedro Sanchez, qui a assuré les familles de la solidarité du gouvernement « la tragédie exige unité dans la douleur et unité dans la réponse qu’il faudra apporter. La société espagnole se demande ce qui a pu se produire. Le temps de l’investigation va s’ouvrir, dès que nous connaîtrons les conclusions, c’est avec clarté et transparence que nous informerons les citoyens de notre pays. »

  • Les personnels de l’abbaye du Thoronet en grève

    Les personnels de l’abbaye du Thoronet en grève

    Alors que le Centre des monuments nationaux s’est targué ces derniers jours d’un nouveau record de fréquentation (12 millions pour l’année 2025), la réalité du terrain n’est pas toujours aussi reluisante. La CGT-CMN pointe ainsi « des moyens humains et matériels insuffisants et des équipes en souffrance ». Des difficultés qui touchent les agents de l’abbaye du Thoronet, l’un des plus emblématiques monuments varois, qui revendiquait plus de 84 000 visiteurs en 2025. Ils ont ainsi déposé un préavis de grève, qui court du 19 au 31 janvier.

    Discussions infructueuses

    En cause : des conditions de travail dégradées, notamment dues au manque d’effectif, de rémunération et à la non-prise en compte du temps de travail. Les grévistes réclament ainsi « la création de postes (a minima un en billetterie et un en accueil) afin de pallier l’accroissement des missions » ; « une révision de l’effectif minimum de sécurité, tenant compte des contraintes pour le passer de 3 à 5 ou 6 agents » ; « l’attribution d’une enveloppe de vacations » ; « la reconnaissance financière et la valorisation des missions annexes (pratique des langues étrangères, référent RH…) » ; « la prise en compte dans le temps de travail des déplacements pour les séminaires, formations et réunions » et « le réaménagement du comptoir billetterie datant de 1994 attendu depuis des années. » Des travaux sont prévus pour 2027, sans plus de précision.

    Une réunion s’est tenue entre la direction et les syndicats mercredi dernier. Mais si « des discussions sont ouvertes » concernant « les déplacements et la reconnaissance des missions annexes, aucune réponse n’a été apportée sur les questions d’emplois, de reconnaissance salariale, et le renforcement de la sécurité », pointe la CGT-CMN. « Sur les créations de postes, la direction se retranche derrière la contrainte du plafond d’emplois du CMN insuffisant pour répondre aux besoins », poursuit le syndicat, qui fustige la proposition « d’externalisation du poste Vigipirate, pour un coût prohibitif, au prétexte de libérer un poste en accueil et surveillance, tout en restant à effectif constant ». « Les agents ont fait part des difficultés auxquelles ils sont confrontés. La direction doit les entendre ! », conclut la CGT-CMN.

  • Condamné pour perception de loyers malgré l’arrêté de péril

    Condamné pour perception de loyers malgré l’arrêté de péril

    Un professionnel de la gestion locative a été condamné pour avoir perçu des loyers malgré l’arrêté de mise en sécurité de 2022 sur le Gyptis, ce bidonville vertical de la Belle de Mai évacué en mars 2023. Un symbole de la lutte contre l’habitat indigne.

    Alors que plus d’un millier d’immeubles marseillais sont frappés d’un arrêté de mise en sécurité (péril), des propriétaires sans scrupule exigent de leurs locataires le versement de loyers quand l’immeuble n’est pas interdit d’occupation. C’est le cas de locataires de la Maurelette (15e), qui subissent pour certains des pressions pour continuer de verser des loyers malgré le péril des parties communes depuis 2019.

    Gabriel Saghroun, 62 ans, a écopé de 6 mois de prison avec sursis et de 15 000 euros d’amende. Sa société civile immobilière Batim est condamnée à 35 000 euros d’amende. La société possède 24 locaux dans le 1er et le 3e arrondissements, qui ont généré près de 70 000 euros de revenus, en 2021. L’habitat indigne n’est pas étranger à cette société : un des cinq appartements qu’il possède au Gyptis se trouve, depuis juillet 2022, sous le coup d’un arrêté préfectoral d’insalubrité.

    Les deux prévenus sont condamnés en outre à une interdiction d’acheter ou d’être usufruitier d’un bien à usage d’hébergement pendant 5 ans. S’ils échappent à la confiscation du bien, c’est en raison de la
    procédure d’expropriation en cours du Gyptis par l’établissement public foncier Paca. M. Saghroun et sa SCI devront restituer à la famille victime les 3 600 euros de loyers indûment payés, leur verser solidairement 4 000 euros de préjudice moral et 1 500 euros de frais de justice.

    « Des locataires vulnérables »

    L’affaire débute avec un signalement de la Ville de Marseille concernant la situation de l’appartement 253, au 10e étage du Gyptis, 7-9, rue Cristofol (3e) et de la plainte du couple de locataires à qui M. Saghroun a dit de ne pas écouter la mairie. « Tu dois payer, on trouvera une autre solution. » Quand le couple évacué a demandé à être relogé, la société Batim a alors remis à la mairie un document faisant croire que le couple avait résilié le bail avec un état des lieux effectué ce jour-là. Bien qu’il n’ait pas été saisi du délit de faux sur la résiliation, le tribunal a tenu compte du « comportement procédural du prévenu » et notamment de la production d’un « document dont le caractère authentique est largement questionnable ».

    M. Saghroun affirmait que le couple ne payait plus le loyer depuis l’arrêté de péril, alors même qu’il leur avait remis des quittances. Il soutenait que le couple était parti en novembre 2022, laissant les clés à des squatteurs et que si ses locataires étaient revenus au moment de l’évacuation, c’était uniquement pour bénéficier des dispositifs de relogement mis
    en place par la mairie. Contrairement aux allégations du prévenu, le tribunal a retenu que le couple s’était réellement acquitté de 9 mois de loyer indus, que toutes les quittances comportaient bien le tampon de la société Batim, et que les locataires produisaient des factures d’électricité dûment acquittés pour l’appartement 253.

    Les juges de la 6e chambre retiennent que des relances ont bien été adressés par SMS au couple, qu’elles ont été « particulièrement insistantes et abusives sur l’ensemble de la période ». « Ce comportement révèle de la part des prévenus le mépris tant de ses locataires qu’il sait économiquement et socialement vulnérables, que de l’autorité municipale et préfectorale, et ce par appât du gain » a tranché le tribunal, qui considère « les faits sont d’autant plus graves que Gabriel Saghroun est un professionnel de la gestion locative ».

  • Une plateforme pour donner un nouveau répit aux aidants

    Une plateforme pour donner un nouveau répit aux aidants

    Venir en aide à ceux qui aident. En décembre dernier, Ladapt Méditerranée, les Établissements médico-sociaux publics du Haut-Var et ceux du Var, sous l’égide de la Communauté 360 du Var portée par l’Union pour la gestion des établissements des caisses de l’Assurance Maladie (Ugecam), ont signé une convention pour le lancement de la Plateforme du Répit du Var.

    Une avancée majeure pour le soutien aux aidants familiaux de personnes en situation de handicap dans le département. Elle constitue une réponse en cohérence avec les orientations de l’Agence régionale de santé (ARS) et les politiques publiques de soutien aux aidants et de prévention de l’épuisement, avec le concours des acteurs institutionnels et médico-sociaux du territoire varois.

    Cette convention rassemble les partenaires institutionnels et médico-sociaux autour d’une ambition commune, impulsée par l’ARS : proposer aux aidants un parcours d’accompagnement lisible, accessible et coordonné. L’objectif est de garantir une couverture départementale complète et réduire les inégalités territoriales, afin que chaque aidant puisse accéder à des solutions de répit adaptées à ses besoins, et quel que soit son lieu de vie. En croisant les expertises et en mutualisant les ressources existantes, les partenaires apportent des réponses concrètes, coordonnées et adaptées aux besoins du terrain.

    Un numéro unique :

    0 800 360 360

    La Plateforme de Répit du Var a pour mission d’accueillir, écouter, informer, orienter et soutenir les aidants. En plus de conseils, elle propose aux aidants de l’écoute, du soutien psychologique et des groupes d’expression, des ateliers collectifs, mais aussi des solutions de répit adaptées aux besoins : temps libéré (interventions ponctuelles de courte durée permettant à l’aidant de souffler de 1 à 4 heures par jour, jusqu’à 5 jours par an), temps de répit (journées d’accompagnement de la personne aidée, offrant à l’aidant la possibilité de se libérer entre 5 à 8 heures, jusqu’à 8 jours par an), et des solutions de relayage (intervention d’un professionnel au domicile auprès de la personne aidée, permettant à l’aidant de s’absenter entre 1 et 5 nuits). Elle propose aussi des séjours de répit « aidant-aidé » dans un cadre agréable et adapté, pour se ressourcer en duo (jusqu’à 6 jours/5 nuits).

    La Plateforme s’appuie sur le numéro unique et gratuit de la Communauté 360 du Var, permettant aux personnes d’être rapidement orientées vers des solutions adaptées : 0 800 360 360, disponible du lundi au vendredi de 8h à 20h. À ce titre, les prescripteurs, professionnels de santé, travailleurs sociaux et acteurs de proximité sont invités à relayer l’information et à orienter les aidants vers la Plateforme.

  • La réponse à l’amiante en milieu scolaire à la peine

    La réponse à l’amiante en milieu scolaire à la peine

    Une plainte contre X pour mise en danger de la vie d’autrui et manquement à la réglementation a été déposée le 19 novembre 2025 par le collectif. Si l’enquête est en cours, le collectif alerte sur « l’absence de réponse concrète » des communes, du Département, de la Région et de l’Éducation nationale. « Cette plainte a eu le mérite de provoquer de l’émoi, du débat », se félicitent les membres du collectif qui réunit les organisations syndicales départementales CGT Éduc’action, FSU-SNUipp, Snuidi-FO, SUD Éducation, Snes-FSU Aix-Marseille, rejointes par CNT-SO, la Fédération des parents d’élèves et l’association Avalé. Pour autant, ils déplorent que la prise de conscience ne soit pas suivie d’actes.

    Pour un plan national

    Il y a le temps des procédures, qui n’est pas celui de la fibre léthale. « Les bâtiments concernés datent des années 70. Il y a urgence à travaux. Le risque lié à l’amiante est exponentiel au fil du temps », rappelle Tristan Navailh-Hamza de SUD éducation. Or, à Fonscolombes à Marseille la situation reste sensible, à Cuges-les-Pins les enseignants de l’école Pierre-Cornille ont fait valoir un droit de retrait, à Marignane, à Eyguières… dans « 80 des 132 collèges », « partout, les diagnostics sont difficiles à obtenir », témoigne un parent. Un livret pour former les personnels face au risque sur lequel ils travaillent depuis 2022, validé par l’inspection académique, « n’est toujours pas publié », dénonce Sébastien Fournier (FSU-SNUipp 13).

    Une lenteur qui laisse personnel éducatif, agents territoriaux et élèves potentiellement exposés au poison. L’exposition passive est difficile à faire reconnaître, mais l’amiante tue encore « 60 personnes par an », relève Monia Haddaoui de la CGT Éduc’action. Localement ce sont « 6 cas avérés depuis 2019 », précise Nathalie Laclau, responsable d’Avalé 13, qui préconise un plan national, « les communes n’ont pas à porter cette charge qui devrait être un budget de l’État ».

  • Une grève de la faim pour que l’État agisse sur le narcotrafic

    Une grève de la faim pour que l’État agisse sur le narcotrafic

    Le bout du bout… Mohammed Benmeddour, médiateur avec l’association Apis depuis de nombreuses années, a décidé d’entamer une grève de la faim pour qu’enfin « l’État agisse sur le narcotrafic ». « J’ai récupéré un jeune à deux doigts de replonger. Il sort de prison, il s’est déjà pris une balle dans le genou, il n’a nulle part où aller et personne ne nous aide. Pire, on nous met des bâtons dans les roues », raconte-t-il, visiblement fatigué.

    Alors, il installera son lit de camp et celui de son protégé devant la préfecture, dès ce mercredi 21 janvier, « pour qu’on nous reçoive ». Lors de la venue du président de la République à Marseille, le 16 décembre dernier, Mohammed avait pu lui rappeler leur première rencontre en 2021, à la cité Bassens. Il lui réclamait déjà des moyens.

    Depuis, il a créé un projet de médiation nomade « peu suivi », déplore-t-il, allant notamment à la rencontre des jeunes au pied des immeubles.

    Dès qu’il en a l’occasion, le médiateur n’hésite pas à prendre la parole devant les caméras pour faire entendre sa voix et surtout celle de ceux qui « cherchent à s’en sortir ». Si Emmanuel Macron a publiquement pris l’engagement de soutenir la prévention et l’éducation, « d’accompagner les jeunes », Mohammed n’a rien vu venir. « Aucune suite n’a été donnée. J’ai même interpellé Vincent Jeanbrun, [ministre du Logement Ndlr] à la Maurelette ce vendredi, mais rien du tout », assure-t-il.

    Ultime recours

    Déplorant les effets d’annonce et de communication au fil des visites ministérielles et présidentielles, il s’indigne : « Je fais le travail le plus difficile, je vais à la rencontre des jeunes sur les points de deal, je vais parler avec des gars en prison et derrière, ça ne suit pas, on ne nous considère pas. Là, on a un cas concret. Je ne m’alimenterai plus jusqu’à ce qu’on me donne une réponse. C’est mon dernier recours ».

  • Municipales sous le signe de l’austérité

    Municipales sous le signe de l’austérité

    À moins de deux mois des élections municipales, la crise politique nationale initiée par la dissolution
    de l’Assemblée nationale par le président de la République n’en finit pas de s’approfondir.

    Après les échecs de Michel Barnier et de François Bayrou à la tête de gouvernements minoritaires, Sébastien Lecornu avait promis de « changer de méthode » et de « renoncer à l’emploi
    du 49-3
     ». Il a péniblement réussi à faire adopter
    le budget de la sécurité sociale sans y recourir. Pour celui de l’État, le Premier ministre a décidé de jeter sa promesse à la poubelle.

    Dans notre démocratie, empoisonnée par les désillusions successives
    et la défiance envers la parole publique, cette décision du moine-soldat d’Emmanuel Macron, ce revirement, abîme encore un peu plus le débat public.

    « Les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent », disait Jacques Chirac. La macronie qui a bien du mal à marcher dans ses pas pour faire entendre la voix de la France au plan international, lui emprunte volontiers son cynisme démocratique.

    Le nerf
    de la guerre

    À quelle sauce seront mangées les collectivités dans ce budget ? Elles qui
    -malgré leurs budgets équilibrés- marinent depuis trop d’années dans l’austérité et les baisses
    de dotation devront encore revoir leurs moyens
    à la baisse même si, pour satisfaire le Sénat, le gouvernement semble ne vouloir leur prendre « que » 2 milliards d’euros.

    Les élus et les citoyens qui croient à l’action publique dans la proximité ne trouveront pas d’alternative du côté du RN qui a voté, quant à lui, un amendement privant de près de 5 milliards d’euros les collectivités de notre pays.

    Pour bâtir des programmes ambitieux
    et changer la vie quotidienne, les moyens sont pourtant le nerf
    de la guerre.

  • Le Secours populaire cultive la solidarité

    Le Secours populaire cultive la solidarité

    Une centaine de personnes se sont réunies ce lundi 19 janvier à la Galerie, située rue de la République, pour la traditionnelle cérémonie des vœux du Secours populaire des Bouches-du-Rhône, dans une ambiance festive. La soirée a débuté par la prise de parole de Farida Benchaa, secrétaire générale de la fédération des Bouches-du-Rhône : « Cette année nous avons un objectif, celui d’agir pour ceux qui en ont le plus besoin », s’exclame-t-elle. Le ton est donné et au regard de l’accroissement des besoins, de fixer la barre plus haut : « Nous irons plus loin », campe Farida Benchaa. Le Secours populaire, c’est remettre l’humain au centre, à travers de nombreuses actions, aussi « nous allons encourager les initiatives et faire ensemble, pour un impact encore plus fort », promet la secrétaire générale. « Aujourd’hui faire de la solidarité, c’est un engagement au quotidien, de tous et de toutes », lance-t-elle.

    Dans l’action et l’éducation populaire

    Farida Benchaa est revenue sur le bilan des actions menées par l’association au cours de l’année 2025, de quoi se féliciter : « Nous avons programmé la journée des oubliés à Paris en août dernier, ce qui a permis à 700 jeunes de l’ensemble du Département, d’assister à un concert », se réjouit-elle. L’action culturelle du Secours populaire revêt différentes formes, de l’accompagnement scolaire en passant par la lutte contre l’illettrisme et le franchissement des portes des institutions culturelles. « Parce que nous sommes une association d’éducation populaire, nous contribuons, à l’occasion de la semaine de la poésie par exemple, à découvrir des œuvres et des artistes et cela permet de découvrir d’autres cultures », rappelle à son tour, Mireille Faure, bénévole au Secours populaire.

    Une soirée placée sous le signe de la solidarité et du partage, à cette occasion et pour la troisième année consécutive, le Secours populaire organise une exposition qui mêle art et solidarité visible jusqu’au 24 janvier.

    De l’art et des artistes

    Ce sont huit artistes qui sont venus exposer et vendre leurs œuvres au profit de l’association, l’objectif est de verser 50% des bénéfices à cette dernière. Pour Christophe Ymer, artiste marseillais, c’est une évidence d’être présent : « C’est une double occasion pour moi, à la fois de proposer une exposition et de la faire au bénéfice du Secours populaire », se réjouit-il. L’année dernière, l’artiste à vendu six de ses œuvres.

    Élise Gabassi expose pour la deuxième fois ses créations. « C’est une cause qui me tient à cœur, et si l’art peut y participer c’est encore mieux », confie-t-elle. Cette exposition c’est aussi l’occasion de revenir sur la quintessence même de l’association : un intérêt pour l’être humain dans sa globalité, dont l’accès à la culture.

    Farida Benchaa rappelle sur la place qu’occupe l’action culturelle au sein de l’association : « Nous sommes dans une démarche culturelle avec un grand C, c’est-à-dire l’accès aux cultures et Marseille en est la preuve. » C’est donc permettre un regard croisé grâce à un ensemble de dispositifs qui permettent de faire foisonner la richesse de cette pluralité. « La culture appartient à tout le monde, l’idée de cette exposition c’est d’avoir un lieu ouvert à tous sans cette barrière de “ce n’est pas pour moi” », décrit la secrétaire générale. Rendre la culture accessible au plus grand nombre donc, la culture c’est « l’affaire de tous ».

    L’année dernière, la vente des œuvres a permis de récolter 1 200 euros au profit du Secours populaire. L’association espère que cette nouvelle exposition permettra de lever davantage de fonds.

  • Passage en force d’un budget taillé à la serpe

    Passage en force d’un budget taillé à la serpe

    Ce mardi, le Premier ministre Sébastien Lecornu va recourir au 49-3 pour faire adopter la partie recettes du projet de loi de finances (PLF). Lundi, à la sortie d’un Conseil des ministres au palais de l’Élysée, il acte : « Nous avons décidé d’engager la responsabilité du gouvernement avec regret et amertume. » Prêt à tout pour éviter la censure, le gouvernement prévoit d’ajuster sa copie jusqu’à la dernière minute. Reste à savoir s’il reviendra par exemple sur la réduction de 4,9 milliards d’euros de la dotation globale de fonctionnement (DGF) versée aux régions et aux 1 254 intercommunalités, que les troupes lepénistes et leurs alliés ciottistes ont fait adopter mercredi, profitant d’un faible taux de présence dans l’hémicycle. Une mesure qui inquiète et ulcère -à juste titre- les élus locaux (lire ci-contre).

    Malgré les semaines de tergiversations, nul n’a oublié que le 3 octobre dernier, sur le perron de l’hôtel de Matignon, le Premier ministre promettait : « J’ai décidé de renoncer à l’article 49-3 de la Constitution (…) dans un Parlement qui fonctionne, qui a été renouvelé il y a un peu plus d’un an, qui ressemble aux Français, on ne peut pas contraindre les oppositions. » Un vœu pieux, auquel peu ont cru. Le RN et les insoumis ont déjà annoncé le dépôt d’une motion de censure dans la foulée. « Sébastien Lecornu impose donc le 49-3 pour passer en force son budget de malheur. Comble du ridicule pour les socialistes qui se vantaient de l’abandon de ce 49-3 », tacle Mathilde Panot, présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale. Pour les communistes, il s’agit d’« un nouveau déni de démocratie pour faire passer un budget de guerre et une politique toujours plus favorable aux ultra-riches, contre l’intérêt général et le pouvoir d’achat de nos concitoyens », conspue le PCF sur X. Cyrielle Châtelain estime que le gouvernement est le seul fautif : « En refusant de présenter un nouveau budget début janvier, le gouvernement a créé l’impasse dans laquelle il se trouve », refusant « d’accepter que sa politique au profit des ultra-riches n’a pas de majorité », tance la cheffe des députés écologistes.

    Le PS n’entend

    pas censurer

    Mais le PS a lui assuré qu’il ne censurerait pas Lecornu, estimant avoir obtenu des « victoires » : hausse de la prime d’activité, repas à un euro pour les étudiants, hausse des moyens des bailleurs sociaux et du fonds vert, ainsi que la surtaxe sur les bénéfices de 300 grandes entreprises. C’est peu, au regard des 20 milliards de coupes budgétaires que prévoit ce budget. Après des mois de tensions, de négociations, de reniements, la séquence budgétaire touche à sa fin par un passage en force, dans la tradition macroniste. Le « moine-soldat », tente de justifier ce revirement qui n’étonne personne : « Pour le budget, les choses se sont gâtées depuis Noël », avance-t-il, pointant « certains parlementaires [qui] ont acté que l’on n’irait pas jusqu’au bout ». « La représentation nationale doit maintenant prendre ses responsabilités », tonne le chef de gouvernement.

    Selon un sondage Elabe pour BFMTV, 69% des Français interrogés rejettent l’utilisation du 49-3, estimant qu’il faut « laisser les débats se poursuivre à l’Assemblée nationale même si cela retarde davantage l’adoption d’un budget et qu’il y a un risque que celui-ci ne soit pas adopté ». C’est pourtant ce qu’ont réclamé -et obtenu- les socialistes après avoir conclu un pacte de non-censure avec Sébastien Lecornu sur la promesse qu’il ne l’utiliserait pas… Dans le détail, le Premier ministre activera trois fois l’arme constitutionnelle. Une première fois ce mardi après-midi, puis quelques jours plus tard sur le volet « dépenses » du PLF, avant un passage au Sénat et un retour à l’Assemblée nationale où il dégainera un troisième et ultime 49-3 sur le texte dans son entièreté. Le budget pourrait donc être promulgué à la mi-février. Si le gouvernement n’est pas renversé d’ici là.

    « Comble
    du ridicule pour les socialistes qui se vantaient
    de l’abandon
    de ce 49-3»