Author: tecnavia

  • À Marseille, premiers pas des salariés d’ID Logistics aux prud’hommes

    À Marseille, premiers pas des salariés d’ID Logistics aux prud’hommes

    Le 15 octobre 2025, maître Mathilde Lanté versait 20 litiges aux affaires du Conseil de prud’hommes. C’est avec cette séance de conciliation que la bataille démarre pour ces vingt salariés, qui refusent de faire les frais à si bon compte de la mesure de licenciement peu cavalière de leur employeur. ID Logistics sélective 3 a usé d’une clause de mobilité lui permettant de proposer un poste à plus de 100 km de leur domicile aux 47 préparateurs de colis employés sur le hangar ouvert à Saint-Antoine (15e), deux ans plus tôt.

    « On veut retrouver nos droits, notre dignité. Et, au-delà, on souhaite que ce procès serve à d’autres. Il faut mettre un terme à cette pratique de licenciements déguisés », explique Alex Regnault, porte-parole des ex-salariés. Pour ces contractuels précaires du géant de la logistique, qui ont travaillé sans relâche dans des locaux délabrés et mal équipés, cette clause qui excluait tout dédommagement de transport, était « innacceptable. Et elle a été le prétexte à des licenciements pour faute grave. Ce qui a permis à la direction de masquer un motif économique, d’éviter un plan de sauvegarde de l’emploi », estime-t-il. Un terme brutal est mis à leur contrat la veille des fêtes de Noël, après une lutte de plus d’un mois, avec une grève et des d.ébrayages pour conserver leur travail.

    Travail qui consistait en grande partie à décharger des camions, étiquetter des centaines de paquets par jour. « On manipulait des colis, certains pesaient plus de 55 kg », témoignent les salariés. Un travail difficile dans des conditions souvant extrêmement éprouvantes. « Il pleuvait à l’intérieur de l’entrepôt. En hiver, on avait les mains gelées, un été, on étouffait ». Exploités, ils ont tenu jusqu’au bout : « Parce qu’on a besoin d’un travail, pour vivre, se loger, élever nos enfants ».

    6 000 de plus en 2026

    La méthode de l’employeur, leader international de la logistique contractuelle, blesse d’autant plus profondément ces licenciés qu’ils n’ont pas ménagé leurs efforts. « On s’est senti trahi. Et une faute grave, ça vous poursuit sur un CV », lâche Alex. Ce mardi matin, c’est la tête haute et sur le terrain judiciaire qu’ils passent à l’offensive, espérant faire jurisprudence. En menant la lutte à Marseille, Zaïr, Leila, Abdul, Robert, Mohammed ou Alex ont réalisé « que d’autres salariés subissaient le même sort sur d’autres sites et qu’il y avait une bataille collective à mener ».

    Les audiences s’ouvrent à Marseille alors que le groupe, qui a généré un chiffre d’affaires de 3,3 milliards d’euros en 2024, annonce sur son site vouloir pour 2026 « recruter environ 6 000 collaborateurs pour soutenir sa dynamique internationale », dont « 2 000 aux états Unis et 1 500 en France ». Cette augmentation des effectifs répond « au lancement de nouvelles plateformes et à l’intensification des flux ». Gare aux clauses scélérates !

  • Occitanie : deux docus pour célébrer l’amitié franco-allemande

    Occitanie : deux docus pour célébrer l’amitié franco-allemande

    Pour la troisième année consécutive, Doc Cévennes, réseau de diffusion de cinéma documentaire sur 4 départements (Gard, Hérault, Aveyron et Lozère) participe à la journée de l’amitié franco-allemande, en référence à la signature, le 22 janvier 1963 par le président Charles de Gaulle et le chancelier Konrad Adenauer, du traité de l’Élysée scellant la réconciliation franco-allemande après des décennies de conflits. Le projet vise à « créer un dialogue culturel entre la France et l’Allemagne » à travers une circulation de films documentaires.

    2 films, 2 invitées, 6 projections

    Durant 5 jours, du 19 au 24 janvier, Doc Cévennes va donc diffuser, dans 4 départements occitans (le Gard, l’Hérault, l’Aveyron et la Haute-Garonne) deux films documentaires contemporains et indépendants sélectionnés en partenariat avec le Festival DOK Leipzig, « un des plus anciens et des plus prestigieux festivals allemands de documentaires », souligne Marion Blanchaud, co-présidente de l’association Champ Contrechamp et responsable du réseau DOC-Cévennes.

    Dans le premier film, Lichter der strasse (littéralement Les lumières de la rue), la réalisatrice Anna Friedrich suit quatre femmes nomades et s’interroge sur la façon dont la société perçoit leur mode de vie. Dans le second, Sedimente, la Laura Coppens nous plonge, à travers les conversations qu’elle entretient avec son grand-père, dans différentes époques de l’Histoire allemande. Un film sur la mémoire et la responsabilité individuelle en temps de dictature.

    Chaque documentaire fera l’objet de trois projections*, à l’issue desquelles interviendront, pour l’un, la réalisatrice Anna Friedrich et pour l’autre, la programmatrice du festival DOK Leipzig Jana Kraft.

    * Lichter der Strasse sera diffusé lundi 19 à 18h15 au Sémaphore de Nîmes (30) ; mardi 20 à 19h au Goethe Institut de Toulouse (31) ; et mercredi 21 janvier à 19h à Trèves (30), petit village sur le Causse.

    Sedimente quant à lui sera projeté jeudi 22 janvier à 19h à la salle Pelloutier à Montpellier (34), précédé d’un cocktail ; vendredi 23 janvier à 19h à Valleraugue (30) ; et samedi 24 janvier à 18h à Nant (12).

  • Hérault : de nouveaux outils pour la mobilité et le logement

    Hérault : de nouveaux outils pour la mobilité et le logement

    Pour que la forte croissance démographique reste soutenable autour de Montpellier, il est indispensable que les conditions d’accueil suivent. Le phénomène impose aux décideurs de penser le développement à long terme dans plusieurs domaines.

    Côté logement, seul le parc social de la Ville de Montpellier respecte la loi SRU (25% d’habitat minimum). Parce que les loyers privés sont souvent hors de prix, la majorité de Michaël Delafosse a créé en 2021 son Organisme foncier solidaire (OFS). Dans toutes les ZAC publiques, il permet 22% de logements abordables via le Bail réel solidaire (BRS). « Cela permet à des gens qui n’ont pas les moyens de s’acheter une villa à 800 000 euros de devenir propriétaires », résume Claudine Vassas-Mejri (PS). Sous conditions de ressources (plafond haut), il est ainsi possible d’acheter des murs et de payer une redevance à la collectivité (1,3 euro/m²) pour la location du foncier. « Cela permet aussi d’éviter la spéculation », précise la vice-présidente. Encore méconnu, cet outil privilégie les travailleurs essentiels, les familles avec enfants venant du logement social. Un millier d’habitats en BRS sont programmés, 4 000 à terme.

    Depuis le Covid, la crise du logement fait rage. L’actuel Plan local de l’habitat prévoyait la construction de 5 000 logements dans la métropole « mais on n’y arrivera pas », regrette l’élue. La faute à l’inflation, au désordre national, à la fin des incitations fiscales (type Pinel) et à la rareté du foncier. Sans compter que la loi Zéro artificialisation nette des sols (ZAN) freine l’appétit des promoteurs. « Dans les villages, le moindre projet de ZAC suscite une levée de boucliers alors que la plupart des gens qu’on reçoit cherchent un logement », témoigne C. Vassas-Meijri.

    Dès 2020, le président M. Delafosse (PS) a doté la Métropole de nouveaux outils. La régulation des locations AirBnB (déclaration obligatoire) vise à lutter contre la concurrence déloyale. Les loyers encadrés à Montpellier permettent d’éviter les abus. Et le permis de louer (à Celleneuve, Figuerolles, Saint-Martin et aux Cévennes) traque les marchands de sommeil.

    Le Service express régional…

    Dans un monde qui s’accélère, les mobilités sont aussi essentielles. Avec la 5e ligne de tramway et la connexion entre les deux gares, Montpellier est désormais bien maillée. Ce n’est pas le cas des territoires aux alentours. C’est la raison d’être du Service express régional métropolitain (Serm), sorte de RER métropolitain promis par Emmanuel Macron. « À Montpellier, 20% des trajets viennent d’en dehors de la métropole, où la dépendance à la voiture est forte », résume Julie Frêche. Elle a beau adorer le vélo, la vice-présidente sait que les pistes cyclables ne peuvent pas tout quand on se déplace aussi loin.

    Avec 8 intercommunalités de l’aire d’attraction de Montpellier, de l’agglo de Sète à celle de Lunel en passant par la vallée de l’Hérault et le Pic-Saint-Loup, un réseau de transports en commun est en cours d’élaboration pour connecter ces territoires qui concentrent 73% de la population héraultaise et accueillent 12 000 habitants de plus par an. Il y a bien sûr le grand projet de Ligne à grande vitesse (LGV) Montpellier-Perpignan. Le premier tronçon vers Béziers (horizon 2032) aura vocation à désengorger la ligne ferroviaire du littoral. La Région pourra ainsi renforcer son offre de TER.

    Du côté de la Métropole de Montpellier, on travaille déjà sur les futures lignes de bustram ou cars dits « à haut niveau de service ». Ils seront non polluants et éviteront les bouchons grâce à des voies réservées. Trois études sont déjà en cours pour des cars vers le Cœur d’Hérault (Gignac, Clermont, Lodève…), Balaruc depuis Garcia Lorca et Saint-Mathieu-de-Tréviers depuis le rond-point de Girac. Deux autres lignes verront le jour : l’une depuis Castelnau vers Castries, l’autre vers Lavérune, Pignan, Cournonsec voire Poussan. Des liaisons vers Saint-Gély-du-Fesc ainsi qu’entre Baillargues et Mauguio sont aussi dans les tuyaux. Au total : 267 millions d’euros d’investissement qui créeront des emplois. Mais « l’État doit jouer son rôle », presse Julie Frêche.

  • Gard : Vauvert, une gauche unie face au RN

    Gard : Vauvert, une gauche unie face au RN

    Soutenue par de nombreux démocrates et des représentants de LFI, la gauche citoyenne socialiste et communiste s’est unie dès le premier tour (prévu le dimanche 15 mars) pour mettre en échec cette menace qui diviserait un peu plus la ville gardoise et pour poursuivre une politique solidaire dans une commune en pleine mutation.

    À quelques semaines des municipales, un froid mordant traverse Vauvert. Dans le quartier prioritaire des Costières, qui rassemble près de 2 700 habitants (sur 11 700 au total), on vit avec le spectre de l’extrême droite comme avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête.

    « Si Nicolas Meizonnet (RN) passe, ça craint… Nous, on n’a jamais eu de problème avec les élus actuels. Je suis de nationalité hollandaise, mais je vais aller voter pour les municipales, parce que la situation est très compliquée. On sent tous ces regards sur nous », confie Hoda, très inquiète à l’idée que le RN puisse prendre le pouvoir, et s’acharne sur un quartier déjà en proie à la stigmatisation. Non loin de là, immergé dans l’odeur douce-amère des tonnes d’agrumes empilées sur les étals du primeur, un client acquiesce.

    Sur ce petit bout de Camargue, qui fait office d’exception politique comparée au territoire environnant, le socialiste Jean Denat l’a toujours emporté d’une courte tête. Une avance fragile puisque le politique sait d’ores et déjà qu’il n’arrivera jamais à s’attirer la sympathie de la frange la plus réactionnaire de sa commune. Mais dans ce quartier populaire, quadrillé par un entrelacs d’immeubles bas où le chômage atteint les 35%, il est clairement la seule option.

    « Quand on est jeune,

    on se mélange… »

    Du plus loin qu’il s’en souvienne, Hicham a toujours baigné dans cette atmosphère fracturée. « à Vauvert c’est flagrant. Il y a deux mondes dans la même ville. Quand on est jeune on se mélange, et puis quand on grandit, chacun se remet à sa place… », souffle ce natif du cru, un gobelet de café fumant entre les mains. « De nombreux employeurs du coin préfèrent embaucher des gens de l’extérieur plutôt que des personnes d’origine immigrée. “Les arabes, avec les arabes”, ça on nous l’a déjà dit », poursuit encore le trentenaire, qui envisage désormais de quitter la ville. « Ici on a grandi dans le racisme. C’est fou, mais on l’a accepté. On vit avec des gens qui ne nous supportent pas ».

    Une résignation réelle, et des dérives que Katia Guyot, première adjointe au maire et conseillère régionale (PS), met sur le compte de la « méconnaissance ». « La société de Vauvert est ancrée dans une logique qui est nationale : elle est en butte à un discours de division. Mais quand les populations se rencontrent, les fantasmes et les tabous sont levés… »

    Engagé dans la campagne aux côtés de Jean Denat, le communiste Samuel Pabion partage ce diagnostic. « De nombreux médias ressassent les discours d’extrême droite en boucle ; or il ne faut pas confondre l’insécurité et le sentiment d’insécurité. À Vauvert, il y a les mêmes problèmes qu’ailleurs, mais il n’y en a pas davantage », affirme le colistier en réaction aux marottes sécuritaires du candidat RN qui alimentent la division.

    La confiance par l’action

    En 2024, le quartier prioritaire de Vauvert a été étendu jusqu’aux artères les plus paupérisées du centre-ville. Mais à la différence des Costières, à deux mois du scrutin, ici la présence de l’extrême droite s’affiche en grand. Dans le Bar des Halles, Hali les côtoie de loin. Il les sert et les salue poliment, mais quand il est en service, son enceinte crache du Tryo à pleine balle. Ce jour-là justement, il écoute La Misère d’en face et fredonne son refrain comme un mantra tombé à point nommé. « Peuple d’Occident, réveille-toi… »

    « La confiance, nous

    la gagnons petit à petit »

    Une façon d’assumer ses idéaux malgré le déferlement réactionnaire qui s’abat sur sa ville. « Samedi matin, Nicolas Meizonnet a inauguré son local de campagne dans la rue d’à côté. Quand ils sont passés devant le bar, il m’a serré la main, mais sans jamais me regarder dans les yeux parce qu’il connaît mes convictions. Ici on se connaît tous, j’étais en classe avec son frère », assure Hali, convaincu néanmoins que l’extrême droite ne passera pas. « Les gens ne sont pas si cons », balaie le quadragénaire, blindé d’enthousiasme.

    Si elle l’exprime en d’autres termes, Katya Guyot partage pour partie son sentiment. « Quand on regarde les élections nationales, on voit que le RN est largement en tête, mais sur les scrutins locaux la situation est moins manichéenne. Je crois qu’une des raisons des fractures de notre société, c’est l’inquiétude », analyse l’élue, qui estime qu’en 12 ans, la municipalité actuelle n’a eu de cesse de pallier l’injustice et de créer des ponts.

    « Travailler une société universaliste »

    « Je crois que par l’action culturelle et les spectacles gratuits pour les enfants, nous avons réussi à provoquer un vrai mélange des populations. Mais aussi via l’action sur l’habitat social, la rénovation, l’entretien des espaces verts… Ces politiques illustrent une volonté de traiter les quartiers et les populations de la même façon », assure encore Katya Guyot, qui estime que cette ambition s’inscrit forcément dans un temps long.

    « La confiance, nous la gagnons petit à petit. Mais il faudra encore beaucoup de travail et de présence sur le terrain pour la rétablir, et rappeler que chaque citoyenne et citoyen a droit de cité. Je crois qu’on a intérêt à travailler à une société universaliste, c’est le fondement de la République française », résume-t-elle.

  • « La Marseillaise » présente auprès de collégiens-journalistes

    « La Marseillaise » présente auprès de collégiens-journalistes

    Succès croissant pour le concours Reporters en herbe en Vaucluse. Un dispositif, mis sur pied par le club de la presse Grand Avignon-Vaucluse et le Département. Il vise à la fois à présenter le métier de journaliste, et plus largement le monde de l’information à des collégiens, tout en leur donnant des conseils pour la réalisation de leur projet. Cette année, 19 collèges et 22 classes participent à Reporters en herbe, contre 12 collèges et 14 classes en 2025.

    Comme l’an dernier, La Marseillaise est impliquée dans le concours. Après une première intervention début décembre au collège Jules-Verne du Pontet, nos deux journalistes de la zone se sont rendus tout récemment aux collèges Saint-Exupéry de Bédarrides, Barbara-Hendricks d’Orange et Champfleury d’Avignon. La thématique du concours cette année est le Vaucluse en 2050. À Bédarrides, la classe média s’est tournée sur la construction d’installations sportives. À Orange, la classe de 6e s’est penchée sur le traitement des déchets, en particulier ceux agricoles. Enfin, la 5e Obama du collège Champfleury d’Avignon a choisi le thème de la relation entre la ville et les arbres dans 100 ans. La classe vainqueure sera invitée à Marseille dans les locaux de France 3.

  • Le rugby des montagnes s’accroche

    Le rugby des montagnes s’accroche

    Rugby des villes, rugby des villages. Mais aussi rugby des montagnes.

    Dans le cadre de son tour de France des Ligues, Florian Grill est allé à la rencontre des clubs de Sud – Paca. Le président de la Fédération française de rugby (FFR) a surtout passé deux jours dans les départements alpins, où il a rencontré « des dirigeants héroïques, qui font vivre le rugby dans des conditions qui ne lui sont pas favorables ».

    Ainsi, lors de son étape à Briançon, il a assisté au tournoi de snow-rugby, organisé par le club local. « C’était incroyable. J’ai vécu des moments comme seul le rugby sait en faire. Je tiens à saluer le travail des dirigeants de ce club, qui font vivre le rugby dans les Alpes. »

    Il salue « le travail des bénévoles sans qui notre sport serait absent dans ce territoire. Il est nécessaire de se souvenir aussi que c’est grâce à eux que le rugby professionnel existe et qu’il est primordial de valoriser leur investissement ». Côté club, « avoir la visite du président de la FFR, c’est une première pour Briançon et nous l’apprécions », confie Loïc Pons. Pour le président du RCB, « c’est reconnaître le travail de nos bénévoles qui font vivre le rugby dans des conditions très difficiles depuis 56 ans. Florian Grill a été surpris de découvrir notre tournoi de rugby sur la neige. Un rendez-vous qui permet d’ouvrir le sport à d’autres pratiques. Notre ADN de montagnards fait que ça marche ! » Florian Grill a aussi rendu visite au club de Digne-lès-Bains. « Il y a dans cette structure une dynamique exceptionnelle. Ce qui a été fait ici, à l’occasion du Mondial des clubs amateurs, mais ce qui se fait au quotidien, avec notamment les ateliers de rugby adapté, doit être encouragé et servir de modèle », apprécie-t-il.

    Le président de la FFR a pris le temps de discuter avec les représentants des clubs des deux départements alpins de Haute Provence. « Nous allons mettre en place des antennes locales, afin de réduire les distances et permettre aux clubs de poursuivre leur développement », détaille-t-il. Florian Grill a aussi touché du doigt les contraintes du quotidien. « Pour ces clubs, un déplacement est une véritable expédition. Surtout en hiver. Leurs mérites n’en sont que plus grands », souligne-t-il.

  • Florian Grill vient appuyer l’ovalie dans les quartiers des Bouches-du-Rhône

    Florian Grill vient appuyer l’ovalie dans les quartiers des Bouches-du-Rhône

    Dans les Bouches-du-Rhône, Provence rugby est la locomotive de la pratique du ballon ovale.

    Mais le club aixois n’est que la partie émergée de l’iceberg rugby. Son existence n’est possible « que parce que des petits clubs sont là pour former les professionnels de demain ». C’est à la rencontre de ces clubs formateurs que Florian Grill est allé. Durant quatre jours, le président de la Fédération française de rugby (FFR) a pu ainsi toucher du doigt le quotidien de ces clubs.

    À Marseille, où il a assisté au match Smuc – Digne dimanche, il a aussi vu dans quel état se trouve sa discipline. « Dans une ville d’un million d’habitants, il n’est pas normal qu’il y ait si peu de clubs » regrette-t-il. Comme il a pu constater « le manque de structures adaptées pour une pratique correcte ».

    S’il a conscience « que le football écrase tout », il estime « qu’il y a du potentiel pour développer le rugby, à condition d’en avoir la volonté ». Du côté du Smuc, Florian Grill a trouvé un club qui a cette volonté de diffuser la pratique en allant à la rencontre des pratiquants potentiels.

    Une académie se précise

    « Nous avons lancé une collaboration auprès d’une école et d’un collège, en misant sur les valeurs sociales de notre sport. Que le président de la FFR vienne voir comment nous agissons, c’est valorisant », confie Stéphane Tollet. Le président du club du 8e arrondissement de Marseille évoque les actions menées au sein de l’école primaire de La Soude, et de la convention signée avec le collège de Provence pour l’ouverture d’une classe de rugby.

    « Il s’agit d’un projet social et sportif qui permet de développer les compétences des enfants que l’on nous a signalés », précise Jimmy Courtial. Le directeur sportif du Smuc a carte blanche pour mettre en route ce que le président Florian Grill présente comme « une antenne de rugby de proximité dans les quartiers ».

    Le club marseillais a ciblé deux autres collèges, Marseilleveyre et Honoré Daumier. « À terme, nous souhaitons créer une véritable académie, avec des bourses pour aider les joueurs à mener de front études et pratique sportive », détaille Jimmy Courtial.

    Les dirigeants marseillais se sont donné quatre ans pour que la dynamique s’enclenche. « Il y aura des retombées auprès des jeunes, mais aussi des bénéfices pour notre équipe fanions, que nous aimerions amener en Fédérale 1 », souligne Stéphane Tollet. Mais, pour aller au bout, il faudra avant tout obtenir des structures adaptées. « Je constate qu’à Marseille, les installations sportives ne sont pas à la hauteur des besoins du rugby » déplore Florian Grill. « Nous avons touché du doigt ce problème avec la montée en puissance de nos féminines, qui sont freinées par ces manques », confirme Stéphane Tollet.

    Les deux présidents espèrent que leurs efforts ne seront pas bridés par ces carences. « Nous avons besoin du soutien des institutions pour mener à bien nos missions. Mettre en place nos antennes de développement du rugby au plus près des gens, afin qu’ils puissent pratiquer sans contraintes », insiste Florian Grill. Quitte à partager les stades avec les cousins du football.

    Pour lui, le jeu en vaut la chandelle. « Car, en plus des essais, le rugby transforme les personnes. Il est un acteur majeur dans l’éducation. J’aime à rappeler que plus de rugby, cela amène une société meilleure et des relations apaisées. »

  • Le RC Toulon retrouve les 8e de finale de la Champions Cup

    Le RC Toulon retrouve les 8e de finale de la Champions Cup

    Ils devaient tout faire pour ne pas repartir du nord-ouest de l’Angleterre avec une défaite, sous peine de voir leur aventure européenne s’arrête précipitamment. Les pensionnaires du Rugby Club Toulonnais ont réussi leur mission samedi soir sur la pelouse de Gloucester, lors de la 4e et dernière journée de poule. Ce troisième succès dans cette compétition leur permet de décrocher leur qualification pour les 8e de finale, où ils sont assurés de recevoir le futur adversaire au stade Mayol.

    « On est très content de la victoire, ça faisait un moment qu’on ne gagnait pas à l’extérieur », reconnaît Andréa Masi, entraîneur de l’attaque varoise. « On a dominé, mais il y a un peu de frustration, parce qu’on a manqué de précision. Pendant la période de Noël, on ne s’est pas trop entraînés, il y a un manque de repères collectifs et de rythme. Mais nos avants ont dominé physiquement, même si on n’est pas encore au top. Ça nous tenait à cœur de gagner à l’extérieur, ça va nous faire du bien pour la confiance. Maintenant, on veut aller le plus loin possible. On veut jouer des gros matches, il faut les vivre pour gagner de l’expérience », poursuit le technicien italien.

    Un plein de confiance

    « C’était un match très dur, c’est toujours difficile ici, contre une équipe qui se bat. Le plus important, c’était de gagner », martèle Lewis Ludlam, le troisième ligne toulonnais, conscient que ce genre de succès rebooste les troupes. « Nous, les avants, on devait donner une bonne plateforme à nos trois-quarts. On doit rester comme ça chaque semaine. On a beaucoup perdu à l’extérieur, là c’était important de gagner, ça donne confiance à l’équipe. L’ambition, c’est les trophées ! On veut en gagner un. On est contents, on a l’occasion de le faire maintenant », ajoute l’international anglais, auteur de l’un des quatre essais inscrits à Gloucester, aux côtés de Mathis Ferté et d’un grand Gaël Dréan. Les Rouge et Noir peuvent désormais se concentrer sur la réception de Montpellier, samedi 24 janvier (à 16h35).

    GLOUCESTER 14 (7)

    TOULON 31 (21)

    4e journée de Champions Cup

    Kingsholm Stadium, à Gloucester

    Arbitre : Eoghan Cross (IRL)

    Gloucester : 2 essais (Clement 31’ ; Williams 68’), 2 transformations (Barton 32’, 69’)

    Toulon : 4 essais (Dréan 9’, 80+1’ ; Ferte 13’ ; Ludlam 37’), 4 transformations (Domon 10’, 14’, 38’, 80+2’)

    GLOUCESTER : Barton – Hathaway, Butler, Atkinson, Cotgreave – Atkinson, Williams (cap.) – Clement, Ludlow, Trenholm – Alemanno, Eite- Laulala, Crane, Bleuler. Remplaçants : Knowles (65’), Ruskin (44’), Knight (44’), Gwynne (64’), Venter (55’), Austin (79’), Byrne (60’), Morris (60’).

    Manager : George Skivington

    TOULON : Domon – Dréan, Brex, Cowie, Ferté – Albornoz, White – Mercer, Ollivon (cap.), Ludlam – Ribbans, Alainu’uese – Sinckler, Baubigny, Gros. Remplaçants : Toevalu (78’), Ametlla (68’), Priso (47’), Javakhia (55’), Abadie (60’), Serin (55’), Garcia (78’), Sinzelle (68’).

    Manager : Pierre Mignoni

  • Les supporters de l’OM ont fait leurs adieux au Coach Courbis

    Les supporters de l’OM ont fait leurs adieux au Coach Courbis

    Un grand silence accueillait les supporters marseillais, samedi lors du rendez-vous donné par les groupes de supporters à 14h45, au croisement du cours Belsunce et de la Canebière, venus rendre un dernier hommage à Rolland Courbis, natif de la cité phocéenne, ancien défenseur de l’OM et coach du club phocéen entre 1997 et 1999, décédé lundi à l’âge de 72 ans. « C’était un entraîneur à l’ancienne, comme on en voit plus aujourd’hui, avec des méthodes de la vieille époque », estime Thierry Suavet, fin connaisseur du football olympien, triste de la disparition de cette « grande gueule sympathique ».

    Il a notamment pu le voir en action à Moscou, lors de la finale de la Coupe de l’UEFA en 1999, perdue face « au Parme des Buffon, Cannavaro, Boghossian et Thuram ». « On lui a souvent reproché de ne pas avoir de titres en France, mais c’est quelqu’un qui ne laissait personne indifférent », poursuit Thierry, en observant plusieurs dizaines de personnes se réunir autour de Rachid Zeroual, leader historique des South Winners et présent en tête de cortège aux côtés d’élus de la majorité municipale comme Samia Ghali, Ahmed Heddadi et Hedi Ramdane. « En tant que supporter et ami de Rolland, il a laissé une belle image. C’était notre Marcel Pagnol, il avait ses mots à lui et sa manière de vivre. Mais on n’oublie pas ce qu’il a été avant tout, un homme », insiste Rachid Zeroual, au cœur du peloton qui a accompagné le cercueil tout au long du trajet entre la Canebière et l’église des Réformés, où s’est tenue la messe à 16h. « Il était comme un père pour moi », lâche Olivier, supporter de l’OM et fidèle suiveur d’Endoume les Catalans, deuxième club qu’a entraîné Courbis. « Il a failli nous faire monter en Ligue 2 en 1992, mais on a perdu le dernier match décisif contre Grenoble au stade Vélodrome », ajoute celui le voyait quotidiennement venir au stade Paul-Le-Cesne à bord d’une Porsche.

    « On a tous un peu de lui »

    Devant le corbillard, ses enfants Stéphane et Olivia, son fils adoptif Amine et sa femme Clara ont été les premiers à être accueillis par les supporters et les proches de la famille qui ont directement rejoint l’église des Reformés. Une pléiade de célébrités du ballon rond qui ont côtoyé Coach Courbis, à l’instar de Laurent Blanc, Éric Di Méco, Bryan Dabo, Alain Giresse ou encore Pascal Olmeta, a assisté à la cérémonie. « On voulait être présents parce qu’on a tous un peu de lui en nous », souligne Laurent Paganelli, le célèbre commentateur bord-terrain de Canal+ qui fut l’un de ses anciens coéquipiers au SC Toulon. « Le monde du football a perdu l’une de ses légendes », glisse Benoît Payan, le maire de Marseille, présent dans les tribunes du stade Vélodrome lors de la fameuse victoire (5-4) contre Montpellier, le 22 août 1998, où l’OM était mené quatre buts à zéro à la mi-temps. « Il était unique et irremplaçable par sa façon de relever la tête », martèle Guy Cazadamont, ancien directeur de la sécurité de l’OM, présent à ses côtés ce jour-là.

  • L’OM prend un bon élan avant sa semaine capitale

    L’OM prend un bon élan avant sa semaine capitale

    Est-ce l’air du Koweit et d’avoir flirté avec un titre ?

    Toujours est-il que l’OM qui a fait voler en éclats la dalle angevine, samedi, était à des années-lumière de celui qui s’était éteint face à Nantes au Vélodrome, pour la reprise du championnat. « La première mi-temps est la meilleure depuis mon arrivée à l’OM, en termes de qualité de jeu. » Le propos de Roberto De Zerbi est clair.

    Dans la foulée de leur démonstration offensive en Coupe de France contre Bayeux (9-0), ses Olympiens ont assommé une formation angevine dépassée par les événements. Chaque accélération marseillaise amenait le danger sur le but de Henri Koffi qui, à quatre reprises, est allé chercher le ballon dans son filet.

    Toutefois, des bémols viennent tempérer la joie de l’entraîneur marseillais. Car sa défense a encore offert deux buts, dans le temps additionnel de chaque mi-temps. « Le but d’Angers en fin de période nous a plus énervés qu’inquiétés. Le deuxième but est différent du premier. O’Riley n’aurait pas dû mettre le ballon dans l’axe. J’insiste souvent sur le fait qu’une passe en plus peut tout changer. »

    Pourtant, le festival de samedi aurait pu ne pas avoir lieu. Car la délégation marseillaise a eu du mal à rejoindre le stade Raymond Kopa. « Comme les supporters, nous sommes arrivés deux heures avant le coup d’envoi », plaisante Roberto De Zerbi. La cause de ce retard ? Le brouillard dense qui a empêché l’avion des Olympiens d’atterrir sur l’aéroport d’Angers. Déroutés sur Rennes, c’est en bus qu’ils ont rejoint la cité du Roy René.

    L’entraîneur marseillais a reconnu que jusqu’au match, « nous avons vécu une journée de merde, oui. Nous avons gagné, ça aide à faire passer le reste. Le mauvais temps a perturbé notre voyage, on est arrivés deux heures avant le coup d’envoi, comme les supporters. Ça nous a permis de comprendre ce qu’ils vivent. Ça m’a rappelé ma jeunesse. »

    Dix à la suite

    Dans la foulée d’un trophée des champions qui a révélé le potentiel du groupe, avec une attaque qui vient de marquer quatorze buts en deux matches. Avec les retours en forme de Hamed Traoré et Amine Gouiri, buteurs samedi, Roberto De Zerbi peut envisager sereinement la semaine qui s’annonce.

    « Mon équipe est très forte. Mais elle doit être à tous les matches comme aujourd’hui. Nous devons toujours être l’équipe telle qu’elle a été ce soir pendant les 90 minutes et dans le championnat pendant les 38 matches d’une saison » a-t-il confié. Avant d’évoquer le prochain rendez-vous, mercredi en Ligue des Champions. « Nous pouvons très bien jouer contre Liverpool, mais si nous ne sommes pas dans le match, nous pouvons perdre contre n’importe qui. L’objectif, comme je l’ai dit aux joueurs à la mi-temps, c’est d’enchaîner dix matches de ce niveau avec moi sur le banc. C’est notre grand défi. »

    Liverpool n’arrive toujours pas à gagner

    Adversaire de l’OM, mercredi en Ligue des Champions, Liverpool stagne dans le championnat anglais.

    Samedi, les Red ont été une nouvelle fois tenus en échec. Burnley est venu prendre un point (1 – 1) à Anfield road, S’ils restent invaincus depuis leur défaite à domicile face au PSV (1 – 4) le 26 novembre en coupe d’Europe, les hommes d’Arne Slot restent sur une série de quatre nuls consécutifs.

    Le score final ne reflète pas la physionomie d’un match, largement dominé par les Liverpuldians. Dans lequel l’international français Hugo Ekitiké, recrue hivernale, a été particulièrement actif. Il a même inscrit un but, refusé, après l’égalisation de Burnley.