Author: tecnavia

  • [Entretien] Bastien Bonnargent : « Il y a un sentiment de déclassement chez les jeunes »

    [Entretien] Bastien Bonnargent : « Il y a un sentiment de déclassement chez les jeunes »

    La Marseillaise : Vous avez été élu ce dimanche à la tête du MJCF. Quel est votre parcours ?

    Bastien Bonnargent : J’ai adhéré à la JC en 2016, dans le département dans lequel j’ai grandi, les Hautes-Pyrénées. Mais comme beaucoup de jeunes des Hautes-Pyrénées, j’ai déménagé très vite pour faire des études d’histoire dans la métropole toulousaine, où j’ai pris mes premières responsabilités jusqu’à devenir secrétaire fédéral. En 2024, je suis ensuite rentré à la coordination nationale de la JC. Et désormais, c’est un nouveau mandat qui s’ouvre.

    Quelles sont les priorités
    de ce mandat ?

    B.Bo. : C’est toute une équipe de direction nationale qui est renouvelée. Nos priorités, pour les mois et années à venir, c’est de continuer le travail de renforcement engagé pour construire une organisation qui s’adresse à toute la jeunesse, dans sa diversité. Nous nous fixons comme objectif de nous implanter au maximum dans les lieux de formation professionnelle, dans les lieux d’emploi, pour toucher un public moins politisé que dans les lycées généraux ou les grands pôles universitaires, et qui pourtant constituent les futures forces vives du pays. Nous avons engagé depuis l’année dernière une campagne pour la création d’emplois pour nous adresser à eux sur les conditions de stage, d’apprentissage, leur orientation. Nous voulons les impliquer au maximum pour faire émerger des responsables qui viennent de ces milieux.

    C’est presque à rebours des autres organisations de jeunesse qui ciblent plus les universités
    et les quartiers populaires ?

    B.Bo. : Nous voulons développer une conscience de classe, nous adresser à tout le monde. Nous militons bien sûr dans les facs, les résidences étudiantes, mais nous voulons éviter de nous adresser à un petit cercle déjà convaincu. Les jeunes dans les milieux professionnels sont pour beaucoup confrontés aux effets les plus immédiats du capitalisme, ils subissent la casse de la formation, la baisse du salaire des apprentis, les conditions de stage de plus en plus difficiles. On le voit avec le nombre de jeunes morts au travail qui augmente de manière fulgurante. Et ces lieux de formation ou d’emploi sont le plus souvent dans les quartiers populaires.

    La présidentielle est un moment de politisation pour une jeunesse qui a surtout connu Emmanuel Macron au pouvoir. Vous l’abordez comment ?

    B.Bo. : Nous n’avons pas encore de position arrêtée, mais il ne faut pas avoir peur de ce que nous sommes, des communistes, et de revendiquer ce que nous portons au quotidien sur la création d’emplois, contre l’impérialisme. Nous devons être les plus offensifs possible. Nous sommes dans un moment où il y a énormément de résignation, il y a un sentiment de déclassement très fort chez les jeunes. C’est dans les endroits où nous militons, les CFA, les lycées professionnels, que le Rassemblement national s’implante alors nous devons pousser pour créer de la conscience de classe et transformer la colère sociale des jeunes en levier de transformation sociale.

  • Sophie Binet : la parole syndicale criminalisée

    Sophie Binet : la parole syndicale criminalisée

    « J’ai appris vendredi que j’étais mise en examen suite au fait que j’ai dénoncé la répression syndicale qui sévit à Tefal », a expliqué Sophie Binet, lundi sur France 2.

    Cela fait suite « à une plainte en diffamation de l’entreprise Tefal contre les propos de Sophie Binet : “la CGT de Tefal fait face à une répression patronale violente” tenus lors d’un débat à la Fête de l’Humanité en septembre 2025 », a précisé la CGT dans un communiqué. Si la mise en examen est quasi-automatique en cas de plainte pour diffamation, les poursuites engagées par l’entreprise témoignent de la criminalisation des actions syndicales en France. Sollicité par l’AFP, Tefal a confirmé « avoir engagé une procédure judiciaire contre Madame Binet et ses co-auteurs » à savoir le directeur du journal l’Humanité et sénateur communiste Fabien Gay, lui aussi mis en examen. « Cette procédure concerne des accusations publiques graves et erronées visant l’entreprise, que Tefal conteste fermement », indique l’entreprise, en précisant que la mise en examen « lui a été notifiée le 12 mars ».

    Alerte sur la dangerosité des PFAS

    Sophie Binet a expliqué que « la CGT alerte depuis des mois sur la dangerosité des PFAS, un composant chimique qui est utilisé pour les poêles de Tefal ». La coordinatrice CGT du groupe SEB (détenant la marque Tefal) et membre de la direction confédérale de la CGT a été sanctionnée en interne par le groupe pour avoir demandé des précisions sur ces composants, une sanction qu’elle contestera le 4 juin aux prud’hommes, selon la CGT. Pour Sophie Binet, Tefal « essaie de bâillonner les syndicalistes qui s’expriment sur les conditions de travail ou l’impact environnemental des productions ». Les propos de Sophie Binet tenus lors d’un débat au Forum social, samedi 13 septembre 2025 lors de la Fête de l’Humanité, sont les suivants : « Les luttes environnementales sont maintenant parmi les plus réprimées, avec le plus de violence. À Tefal, je suis très fière que la CGT ait eu la force de dénoncer les PFAS et d’expliquer qu’il ne fallait pas céder au chantage à l’emploi mais qu’il fallait transformer le modèle productif de l’entreprise pour défendre l’emploi à moyen et long terme ». Sophie Binet ajoutait : « J’étais à Tefal la semaine dernière avec mes camarades pour soutenir la CGT, qui fait face à une répression patronale violente, puisque notre camarade Ouria Belaziz, coordonnatrice de la CGT Tefal, a été sanctionnée par la direction. » Tefal de son côté affirme qu’« il ne s’agit pas de remettre en cause la liberté syndicale, le droit de critique ou le débat public » mais estime que « la liberté d’expression ne permet pas d’imputer à une entreprise des faits inexacts ». « Tefal réfute toute accusation de répression syndicale », ajoute l’entreprise.

    « Une loi pour protéger

    la liberté d’expression »

    La CGT, estimant « anodins » les propos pour lesquels Sophie Binet est poursuivie, affirme, elle, que « sur cette base, la quasi-totalité des syndicalistes du pays pourraient être poursuivis ». La leader de la CGT a appelé les parlementaires et le gouvernement « à enfin mettre sur le tapis une loi pour protéger la liberté d’expression et la liberté syndicale qui aujourd’hui est en danger ». Sophie Binet avait déjà été mise en examen en décembre pour « injure publique » après avoir qualifié en janvier à la radio les patrons de « rats qui quittent le navire » dont « le seul objectif, est l’appât du gain ». Selon l’Humanité, « depuis le 1er avril 2023, la CGT dénombre plus de 1 000 militants et cadres inquiétés par des poursuites judiciaires ou disciplinaires ».

  • Léna, une enfance fracassée en quête d’émancipation

    Léna, une enfance fracassée en quête d’émancipation

    « Comment se construire quand sa vie commence par un infanticide manqué ? » La question traverse chaque page de Léna, le roman coécrit par l’actrice aixoise Mylène Jampanoï et le réalisateur marseillais Samuel Massilia. Un récit sombre et sensible, porté par une héroïne cabossée qui tente de se frayer un chemin vers elle-même dans la France des années 1990.

    « C’est une enfant, puis une adolescente, qui n’accède jamais vraiment à l’âge adulte », précise Mylène Jampanoï. Elle a imaginé cette histoire il y a une dizaine d’années, alors qu’elle était pensionnaire à la Fémis, l’École nationale supérieure des métiers de l’image et du son, à Paris. « Cette jeune fille cherche sa voie, même si elle n’a pas les mots pour s’exprimer ou pour fuir les milieux qui lui semblent menaçants. Elle cherche sa liberté tout en étant constamment contrainte », poursuit-elle. Marquée dès l’enfance par une tentative d’infanticide, Léna développe un instinct de survie presque viscéral. Elle tente de se construire dans un environnement hostile, tout en cherchant sa propre identité, entre la précarité de sa vie avec sa mère à Aix-en-Provence et le dandysme parisien auquel elle aspire pour s’élever.

    Un roman féministe, engagé et pas manichéen

    Pour ses auteurs, Léna refuse les oppositions simplistes. « Le livre n’est pas binaire. Ce n’est pas elle contre le reste du monde. Elle n’est pas seule non plus », insiste Mylène Jampanoï. Le roman pose aussi le regard sur une époque, les années 1990, « où l’on voyait des adolescentes traverser des situations extrêmement gênantes ou violentes que l’on ne tolérerait plus aujourd’hui ». Très attachée à la féminité de son personnage, l’autrice explore les contradictions de Léna, ses fragilités autant que sa force.

    À cette écriture intime
    répond l’approche plus cinématographique de Samuel Massilia. Journaliste, réalisateur et scénariste, il apporte une attention particulière à la psychologie du personnage et à la question du déterminisme social. « Quand on lit le livre, on comprend d’où elle vient, notamment à travers ses origines vietnamiennes », explique-t-il. « Quand on est issu de l’immigration, il existe parfois une forme d’injonction à effacer son passé, à ne pas regarder d’où l’on vient. La société préfère parfois gommer ces héritages plutôt que les comprendre. » Mais Léna refuse cet effacement. Au fil des rencontres -tantôt lumineuses, tantôt destructrices-, elle tente de se réapproprier son histoire pour construire son propre avenir. Une quête d’émancipation, cœur battant du roman né de la collaboration entre Mylène Jampanoï et Samuel Massilia, entamée il y a quatre ans et pensée pour une adaptation au cinéma dans un avenir proche.

    Une soirée pour « célébrer ce livre » est prévue le jeudi 28 mai
    à partir de 18h à la librairie – galerie Rupture Art & Books à la cité radieuse le Corbusier,
    dans le 9
    e arrondissement

  • Festival de Cannes : le palmarès

    Festival de Cannes : le palmarès

    Au-delà du Palmarès dévoilé samedi dernier (lire ci-contre), les onze jours pendant lesquels s’est déroulé le Festival de Cannes, a montré la dichotomie entre deux sortes de cinéma. D’un côté, celui qui s’intéresse aux histoires intimes sans impact réel sur l’évolution de la société. De l’autre, des sujets essentiels dont la résolution marquera l’avenir collectif. Est-ce vraiment un hasard si l’on trouve dans la première catégorie, des films occidentaux et dans la seconde, essentiellement des productions venues d’ailleurs ? Comme la réalisatrice rwandaise, Marie-Clémentine Dusabejambo qui a reçu la Caméra d’or pour le bouleversant Ben’Imana. Elle expliquait : « Je voulais rendre hommage aux femmes de mon pays qui sont à la racine de la guérison de toute une nation […]. Cette humanité-là, cette bravoure méritent d’être saluées ».

    La sélection d’un Festival n’est évidemment qu’une petite partie de la production mondiale. Il reste néanmoins difficile d’éviter les grandes questions qui secouent la planète, le regard vers le passé pour mieux appréhender l’avenir. C’est en tout cas ce que le jury, présidé par le cinéaste coréen, Park Chan-wook, a voulu préserver, même si l’on peut regretter qu’un certain nombre de films ont été oubliés dans le Palmarès, à commencer par L’Être Aimé, de Rodrigo Sorogoyen. Javier Bardem y est magistral et méritait le prix d’interprétation.

    En recevant la Palme d’Or pour Fjord, le Roumain Cristian Mungiu (primé pour la deuxième fois, après Quatre mois, trois semaines en 2007), a rappelé que « l’état du monde n’est pas le meilleur », appelant à plus de « tolérance, d’inclusion et d’empathie ». Son film se déroule en Norvège et montre comment une société qui se veut très libérale a du mal à accepter la confrontation avec une autre culture, celle d’une famille religieuse venue de l’est de l’Europe.

    Le jury a voulu s’inscrire dans l’histoire, avec un grand H, sans vraiment départager le fonds et en mélangeant peut-être les sujets. Ainsi, le Prix de la Mise en scène est allé, ex-aequo, à Javier Calvos et Javier Ambrossi pour La Bola Negra et Pawel Pawlikosvki pour Fatherland. La guerre d’Espagne pour le premier à l’approche ambigüe. Les réalisateurs ont campé leurs deux personnages côté républicain pour l’un, franquiste de l’autre, avec Garcia Lorca au milieu, le tout relié non pas par un engagement politique mais par l’homosexualité. Le cinéaste polonais lui, a évoqué avec justesse la venue de Thomas Mann en Allemagne de l’ouest puis de l’est.

    Deux jeunes acteurs primés

    La première guerre mondiale n’est qu’un prétexte pris par Lukas Dhont pour parler des relations entre deux jeunes appelés, ce qui a valu à Emmanuel Macchia et Valentin Campagne, le prix d’interprétation masculine dans Coward.

    Notre Salut de Emmanuel Marre recevra le Prix du scénario qui suit un fonctionnaire français dans l’administration pétainiste et collaborationniste. C’est également un duo qui a reçu le prix d’interprétation féminine, attribué à Virginie Efira et sa partenaire japonaise Tao Okamoto dans Soudain de Ryusuke Hamaguchi, film qui aurait pu prétendre à la Palme d’Or. S’il est un personnage féminin qui a marqué les esprits, c’est l’héroïne de L’Aventure rêvée (prix du jury) de l’allemande Valeska Grisebach, l’histoire d’une femme qui s’érige contre la mafia bulgare. De guerre actuelle, il en a été également question à travers Minotaure, du réalisateur russe Andreï Zviaguintsev, qui a reçu le Grand Prix. Un vrai-faux remake de La Femme infidèle (1969) de Claude Chabrol, surtout remarqué pour son évocation de ces Russes enrichis et corrompus sur fond de mobilisation militaire des classes populaires. « Des millions de gens de part et d’autre ne rêvent que d’une chose : que les massacres cessent enfin. Et la seule personne qui puisse mettre fin à cette boucherie est le président de la Fédération de Russie. Mettez fin à ce carnage, le monde entier attend cela », a dit le cinéaste.

    Quant à la Palestine, il aura fallu qu’en remettant le prix de la mise en scène, Xavier Dolan lise un extrait de Sur cette terre, du poète Mahmoud Darwich pour déclencher une salve d’applaudissements.

    Palme d’Or. Fjord du Roumain Cristian Mungiu

    Prix de la mise en scène. Javier Calvo et Javier Ambrossi pour La bola negra et Pawel Pawlikowski pour Fatherland

    Prix du scénario. Notre Salut du Français Emmanuel Marre

    Grand prix. Minotaure du Russe Andreï Zviaguintsev

    Prix du jury. L’Aventure rêvée de l’Allemande Valeska Grisebach

    Prix d’interprétation masculine. Emmanuel Macchia et Valentin Campagne dans Coward du Belge Lukas Dhont

    Prix d’interprétation féminine. Virginie Efira et Tao Okamoto dans Soudain du Japonais Ryusuke Hamaguchi

  • Bordeaux-Bègles réalise le doublé en Champions Cup

    Bordeaux-Bègles réalise le doublé en Champions Cup

    Létale, surpuissante, acharnée, l’Union Bordeaux-Bègles a remporté samedi à Bilbao sa deuxième Champions Cup de rugby d’affilée en écrasant les Irlandais du Leinster (41-19), pourtant des mastodontes de l’épreuve. Malgré un premier essai Irlandais, les joueurs de l’UBB ont balayé leurs adversaires avec déjà cinq essais à la pause (35-7), tuant tout le suspense ensuite. L’UBB est la sixième équipe à gagner deux titres en suivant dans cette compétition, la troisième française après Toulon, seule à avoir réalisé le triplé entre 2013 et 2015, et La Rochelle en 2022 et 2023.

    Long parcours sans-faute

    Les rois de l’Europe du rugby sont en Gironde et cela ne souffre d’aucune contestation : après une phase de groupes parfaite (20 points sur 20), en balayant notamment les Anglais de Northampton (50-28), finaliste en 2025, l’UBB a écarté en élimination directe le champion de France Toulouse (30-15), celui d’Angleterre Bath (38-26) et enfin en finale les Irlandais, derniers vainqueurs de l’URC. Le tout avec le plus grand nombre d’essais inscrits dans une édition (48).

    Contre les Irlandais, invaincus lors de la compétition et meilleure défense avant cette finale, les Bordelais ont infligé, dans une « cathédrale » de San Mamés à Bilbao bien vite acquise à leur cause, une fessée qui a longtemps ressemblé à celle qu’ils avaient reçue en 2024, en finale de Top 14 contre Toulouse (59-3). Sauf qu’ils ont baissé le pied en seconde période. L’UBB laisse en route le record de points inscrits dans une finale de Champions Cup et le plus gros écart, propriété du Leinster depuis 2012.

  • Une belle fête du football provençal qui a tenu toutes ses promesses

    Une belle fête du football provençal qui a tenu toutes ses promesses

    Un stade Marcel Roustant avec ine tribune pleine. Une ambiance familiale. Et de beaux matches.

    « C’est exactement ce que nous recherchions, en proposant de regrouper l’ensemble des finales de coupes et de challenges sur le long week-end de Pentecôte. Les joueurs, les familles, les encadrants, tout le monde a apprécié » souligne Raouf Ben Belgacem.

    Pour le conseiller technique départemental, l’idée était « que chaque finale soit un moment fort pour ceux qui la vivrait. Et vu l’ambiance, je pense que c’est réussi ». L’ensemble du personnel du District de Provence, secondé par les bénévoles du club de Salon-de-Provence, avaient mis les petits plats dans les grands. Avec une moyenne de 400 personnes par rencontre. Ce qui devrait amener à conserver cette organisation pour les prochaines années.

    Samedi 23 mai

    U14 : Cheminot – La Castellane 5 -0

    U15 : Arles – Malpassé 3 – 2

    U16 : Le Rove – Malpassé 2 – 2 (tàb)

    U17 : Le Rove – S.O Caillols 2 – 0
    Futsal Meyreuil – St Barthelemy reporté

    U19 : Le Rove – SCAAB 2 – 2 (tàb)

    Séniors Berre – Marignane-G 3 – 2

    Dimanche 24 mai

    Vétérans Airbus – Croix Sainte 4 – 2

    U15 F Croix Sainte–SCAAB 3 – 1

    U18 F St Victoret – St-Loup 20 – 1
    Séniors F: St Martin – Michelis 6 – 1

    Vétérans St Mitre R– SCAAB 5 – 4

    Lundi 25 mai

    Challenge Laggiard
    Port St Louis – Le Rove 2 – 10

    Chalenge Garau

    Carnoux – Istres 2 – 1

    Challenge Romanelli

    Gemenos – Pennes Mirabeau 0 – 7

    Challenge Régnier

    Ca Croix Sainte – Fcl Malpasse 2 – 0

    Challenge Oliver

    Luynes – Marignane-Gignac 7-3

    Challenge Crouzet

    Le Rove – Luynes . 0-3

  • Provence Rugby a un rendez-vous historique à Colomiers

    Provence Rugby a un rendez-vous historique à Colomiers

    L’entame du barrage opposant Provence rugby à Brive, samedi, a rappelé ceux de l’UBB et Montpellier.

    Comme les Girondins et les Héraultais, les Aixois ont rapidement concédé le premier essai du match. Et, comme dans les finales de la Coupe des Champions et du Challenge européen, les mouches ont rapidement changé d’âne. Et comme les deux clubs français du Top 14, les hommes de Philippe Saint-André n’ont pas tremblé et ont culbuté un adversaire dépassé par les événements.

    Néanmoins, la copie provençale a été loin d’être sans faute. « Je ne suis pas très heureux de la performance et je ne peux pas accepter que nous soyons aussi indisciplinés » a soupiré le manager de Provence rugby. Il n’a pas du tout apprécié les quatre cartons jaunes, qui heureusement n’ont pas eu d’incidence. Ni la manière dont son équipe est entrée dans le match.

    « Nous avons fait le contraire de ce que nous avons préparé tout au long de la semaine. Heureusement, nous avons su marquer les essais ! » Venus trois fois dans la zone de vérité briviste, ses aixois ont terminé trois fois en terre promise. Une quatrième fois même, si l’on prend en compte le premier essai refusé à Adrien Lapègue, pour une faute initiale de Setareki Bituniyata.

    Retrouver la discipline

    « Si nous voulons aller plus loin, il est impératif de retrouver la discipline qui nous a manqué contre Brive », prévient Philippe Saint-André. Il revient sur « les pénalités gratuites et placages sans ballons. Des erreurs à ne pas faire en phase finale ». Heureusement pour ses protégés, les Corréziens ont manqué de suite dans les idées pour exploiter les trop nombreux ballons que les Aixois leur ont rendus.

    « Il y a eu trop de pénaltouches. Il faut savoir prendre les points, même si je reconnais que c’est tentant pour mes joueurs de privilégier le jeu », a regretté Pierre-Henry Broncan. L’entraîneur de Brive est donc, comme Philippe Saint-André, resté sur sa faim. Car il sentait que ce barrage pouvait sourire à son équipe, revenue des morts après un début de saison cauchemardesque.

    Mais c’est Provence rugby qui va donc poursuivre l’aventure. Avec une troisième demi-finale consécutive d’accession au Top 14. Surfant sur la dynamique de ses derniers matches de la phase régulière, où ils ont battu Vannes, le leader, et Valence-Romans, l’autre barragiste malheureux, le club va se préparer avec sérieux pour retrouver Colomiers.

    « Pour l’équipe, le club et les supporters, cette troisième demi-finale consécutive est la preuve que Provence rugby grandit », estime Philippe Saint-André. Il lui reste maintenant à briser le plafond de verre des échecs précédents. Par deux fois, les Aixois ont échoué face à Grenoble. Pour la troisième chance, c’est à Colomiers que va se jouer l’avenir des Provençaux.

    « Nous allons retrouver une grosse équipe, bien structurées. Ce sera dur, mais, sur un match, tout est possible », commente Adrien Lapègue. Le héros du barrage, avec deux essais qui lui ont permis d’atteindre la barre des 50 réalisations sous le maillot noir, a déjà la tête du côté de la Haute-Garonne. « Il ne faut surtout pas nous enflammer », souligne celui qui a connu le double échec face à Grenoble. Selon lui, « c’est l’équipe qui gérera le mieux la pression qui passera. Et peut-être que les Columérins, qui seront chez eux, en auront un peu plus que nous, car ils auront plus à perdre que nous ».

    Clin d’œil du destin, la demi-finale aixoise se jouera à quelques kilomètres du stade Ernest Wallon. Le fief du Stade Toulousain sera le cadre de la finale de Pro D2. Les Provençaux humeront en avant-première le parfum. À eux de mettre les ingrédients pour qu’il y ait du concret derrière.

    Rendez-vous vendredi à 21 heures pour cela, sur la pelouse du Sélery où Provence rugby a rendez-vous avec l’histoire.

  • [Entretien] Vincent Boulet (PCF) : « Redonner à la France une voix indépendante pour la paix et le droit international »

    [Entretien] Vincent Boulet (PCF) : « Redonner à la France une voix indépendante pour la paix et le droit international »

    La Marseillaise : Quel message avez-vous envie de porter aujourd’hui ?

    Vincent Boulet : Je veux parler de paix. Parce qu’elle est, aujourd’hui, comme le disait Jean Jaurès, « la mère de toutes les batailles ». Elle permet de lutter contre la domination impérialiste et les concurrences capitalistes qui provoquent les guerres, de poser la question de l’émancipation démocratique et sociale, car il n’y a pas de paix sans progrès social ni de progrès social sans paix. Et puis, ça permet d’aborder le positionnement de la France dans les crises internationales. En perdant les outils de sa politique d’indépendance, la France est devenue inaudible et vassale de l’Otan et des États-Unis. Donc la question, c’est comment redonner à la France une voix indépendante pour la paix et le droit international.

    Comment fait-on pour peser
    sur cette question avec une gauche affaiblie, en France et en Europe ?

    V.B. : Au PCF, nous pensons que la question est de savoir sur quelle base on reconstruit une gauche à l’offensive sur les questions sociales et sur celle de la république que nous voulons. Est-ce qu’on veut un État désindustrialisé, sans vision ni poids sur les questions internationales, ou en position de peser ? Ça fait longtemps que les communistes disent que l’Otan n’est pas un outil pour la sécurité mais un outil de guerre et d’ingérence et on le voit aujourd’hui avec les injonctions à porter les dépenses militaires à 5% du PIB ou les menaces de Trump contre ses membres. Donc nous militons pour la sortie de l’Otan, ce qu’avait fait le général de Gaulle en sortant du commandement intégré en 1966 et nous posons aussi l’exigence d’un autre ordre de sécurité collective en Europe sur la base de l’esprit de la conférence d’Helsinki de 1975. Ce sont des sujets que nous portons, notamment via des événements comme la Fête de La Marseillaise.

    Sous-entendez-vous la création d’une Europe de la défense ?

    V.B. : Non, car elle serait soumise à l’Otan. L’UE a renforcé sa vassalisation envers l’Otan et les États-Unis, et après plus de quatre ans de guerre en Ukraine et plus d’un million de morts à nos frontières, elle a été incapable de prendre la moindre initiative diplomatique et pire, provoque des tensions. Donc une Europe de la défense ne peut pas exister et encore moins une armée européenne. Ce que nous voulons, c’est une Europe de la sécurité collective, impliquant que la sécurité d’un peuple ne peut pas être assurée contre celle du peuple d’à côté. C’est le principe de l’indivisibilité de la sécurité. Et les peuples européens de l’Atlantique à l’Oural ont des intérêts communs à la paix et à la sécurité.

    En termes de souveraineté, la hausse de 36 milliards d’euros de la loi de programmation militaire
    ne va-t-elle pas dans ce sens ?

    V.B. : Non, elle ne répond pas à ces enjeux-là car elle reste, là aussi, dans une logique de soumission à l’Otan et de renforcement de la militarisation. La défense nationale doit retrouver son indépendance en sortant de l’Otan, en rebâtissant un pôle public industriel de défense, et au service d’objectifs politiques de paix. Mais on n’oppose pas les choix souverains des peuples à la nécessité des coopérations. Au contraire, l’un ne va pas sans l’autre. C’est justement en reconquérant des outils de souveraineté que la France pourra rebâtir des politiques de coopération selon ses intérêts, mais aussi les intérêts communs à l’ensemble des peuples.

    Un débat sur la paix au programme de l’après-midi

    Quelle défense nationale ? Pour ou contre le nouveau porte-avions ? Quel rôlede la France dans le concert des nations ? Quel chemin pour atteindre la paix ?Vincent Boulet (PCF) a croisé son point de vue avec celui de Richard Roméo-Giberti (UD CGT 83). Un débat de haute tenue salué par l’assistance. Photos M.E.H.

  • Avignon : « Roulant et touristique », le parcours dévoilé

    Avignon : « Roulant et touristique », le parcours dévoilé

    Dans quatre mois, le 27 septembre, se courra
    le premier marathon d’Avignon. Une course, accompagnée d’un semi-marathon, dont les 3 500 dossards se sont arrachés en quelques heures (semi) et jours (marathon) début novembre. Si en fin année dernière, le parcours du semi-marathon avait été dévoilé, les organisateurs ont levé le voile mercredi dernier sur le tracé des 42,195km.

    Un temps de latence pour affiner le parcours mais aussi et surtout laisser passer le temps des élections et que la nouvelle municipalité donne quitus. « Il n’y avait pas d’obstacle, personne n’arrête un marathonien, confie le maire Olivier Galzi (DVD) lors du point presse à l’hôtel de ville. Le projet est sérieux, organisé par des passionnés et s’inscrit dans notre ambition d’avoir de grands événements sportifs qui comptent et font rayonner Avignon. »

    « Nous sommes heureux de voir que le projet est attendu », apprécie Bertrand Delhomme, co-organisateur avec Christophe De Cecco, tous deux déjà à la manœuvre du semi-marathon du Ventoux. Et alors que les inscrits sont sur les rangs depuis 6 mois, Bertrand Delhomme reconnaît l’impatience grandissante des coureurs dans l’attente du parcours. « Il sera roulant et touristique », promet Christophe De Cecco qui, « depuis un an », étudie toutes les options possibles. « On a dû faire des concessions mais on a trouvé un bon compromis », juge-t-il.

    Une seconde édition

    pour fin février

    Comme déjà annoncé, les coureurs s’élanceront depuis la gare centre pour un tour des remparts jusqu’à la porte Saint-Lazare et plusieurs kilomètres dans l’intra muros (rues Carreterie, Guillaume-Puy, place des Corps Saints, passages devant le palais des papes et l’hôtel de ville) avant d’en ressortir vers Saint-Roch pour rejoindre le pont d’Avignon puis ensuite l’île de la Barthelasse. Un gros quart du parcours sera donc urbain puis le reste très nature mais « 100% bitume » dans le poumon vert et fluvial avignonnais. « Il fallait des routes larges, il y aura quelques lignes droites et allers-retours », admet Christophe De Cecco, tout en promettant lors de ces points de rencontres « une ambiance musicale et beaucoup d’encouragements ».

    Si les organisateurs ont, en vain, essayé de se diriger vers l’île de l’Oiselet, « la Barthelasse est une vraie plus-value », estiment-ils. Comme pour le semi marathon -dont les 13 premiers kilomètres seront communs avec le marathon-, l’arrivée sera jugée le long du Rhône sur les allées Marie-Josée-Roig. Quelque 15 nationalités différentes seront représentées ainsi que 90 départements français. Pour l’heure, un tiers des inscrits sont Vauclusiens. La donne pourrait évoluer puisque 500 nouveaux dossards (300 pour le semi et 200 pour le marathon) ont été remis à la vente vendredi.

    Sans attendre la tenue du premier marathon, les organisateurs ont confirmé avoir déjà acté une seconde édition dès fin février 2027. « L’idée est d’en faire l’un des premiers marathons de l’année et concurrencer ceux d’Espagne, tout en positionnant ce rendez-vous dans une période assez creuse pour la ville », fait valoir Christophe De Cecco, déjà « convaincu que cette 2e édition attirera encore plus de monde ». Notons aussi que la course se veut solidaire : mercredi un chèque de 10 580 euros a été remis au fonds de dotation Av’ence, qui finance « des projets améliorant l’accueil, le confort et le bien-être » à l’hôpital d’Avignon.

  • Vaucluse : sur la corde raide, les centres sociaux jouent collectif

    Vaucluse : sur la corde raide, les centres sociaux jouent collectif

    Poser la question, c’est déjà y répondre. Il y a deux ans et demi, la fédération des centres sociaux de Vaucluse avait organisé une table ronde en mode alerte face aux risques de disparition de structures, au nombre de 30 en Vaucluse (centres sociaux et espaces de vie sociale confondus). Est-ce que cela a été suivi d’effets ? Silence gêné et partagé chez Salima Ezzahri et Benoît Leroyer, tous deux co-délégués de la fédération, questionnés au lendemain de l’assemblée générale de la structure, tenue mardi dernier. « On développe la résilience », commente dans une litote Benoît Leroyer.

    Manière polie de dire que la situation globale ne s’est pas améliorée. En juillet dernier par exemple, la fédération s’était émue d’une baisse de dotations de 400 000 euros de la part du conseil départemental. Et « l’environnement socio-économique, l’instabilité politique suite aux municipales » drainent plus d’inconnues que de certitudes. Sans procès d’intention, la fédération attend de voir quelle va être la position de la nouvelle majorité RN à Carpentras, où sont installés 4 centres sociaux. Restrictions budgétaires, précarité croissante des publics et tension permanente des équipes ont été ciblées lors de l’AG par Elsie Guillaume, présidente de la fédération. « Ce qui nous tient, c’est l’intelligence collective, de faire ensemble », a-t-elle prévenu.

    « Le premier réseau social »

    Un message qui a pu être délivré l’été dernier lors de la venue de l’ancienne ministre de la Ville, Juliette Méadel, qui s’était rendue au centre social de la Croix-des-Oiseaux. « Il est indispensable de réfléchir nos alliances et nos partenariats entre structures de l’animation de la vie sociale car nous ne trouverons pas les réponses en étant seuls, campe Salima Ezzahri. Il devient urgent de construire une stratégie pour prévenir les risques de crises. » La fédération veut aussi faire de la pédagogie. « Le centre social est la pierre angulaire sur son territoire et joue un rôle central entre plusieurs acteurs associatifs ou institutionnels. Souvent on nous regarde comme un centre de loisirs où on fait du tricot pour les mamies, mais c’est vraiment plus large que ça, on est des acteurs clés de la cohésion sociale, de l’inclusion et de la démocratie locale », développe la co-déléguée.

    « On accompagne de manière globale les habitants en leur donnant une place première, abonde Benoît Leroyer. Ça nécessite une agilité qui n’est pas connue et, avec les difficultés évoquées, met les équipes en tension. » Les centres sociaux sont quasiment tous situés en quartiers prioritaires. « À part deux, tous sont à moins de 200 mètres d’un point de deal », souligne le co-délégué, entraînant, de fait, des questions de sécurité pour les quelque 420 salariés et 1 400 bénévoles œuvrant à l’année dans ces structures. Pour autant, pas question de lâcher le terrain. « Par rapport à la précarité grandissante, le repli généré par une société en fragmentation, les centres sociaux sont plus que jamais utiles : ce sont encore des lieux où il fait bon vivre, où les gens se croisent, où on réfléchit ensemble, où on est d’accord de ne pas être d’accord, bref le premier réseau social », conclut Benoît Leroyer.