Author: tecnavia

  • Paul Sabatino réélu maire du Rove avec près de 80% des voix

    Paul Sabatino réélu maire du Rove avec près de 80% des voix

    Paul Sabatino s’est dit « tendu », cette semaine, avant ce premier et unique tour dans sa commune du Rove. L’actuel maire communiste, qui a pris la suite de Georges Rosso le 1er mars 2025, a pourtant réalisé un score sans appel, ce dimanche soir. « Nous avons réalisé 77,92%, donc il n’y a pas de modification dans la constitution du conseil municipal. 26 contre 3. Je pourrais dire, avec un peu de prétention, que je suis sur les mêmes traces que Georges Rosso », dira-t-il quelques instants après avoir donné un premier discours devant 200 sympathisants.

    La candidate Rassemblement national Laetitia Cangelosi est donc nettement battue dans la commune de 5 500 habitants. « Il n’y a rien qui a changé, ici, parce que la population, elle n’est pas sur des positions nationales, elle est sur des positions de réalisation locale et de promesses », analyse le maire. Il avait été pour le moins irrité de voir les visages de Jordan Bardella et Marine Le Pen sur les tracts de son adversaire dans ces élections municipales.

    Le Rove, fief historique du PCF, reste donc à gauche et Paul Sabatino se porte désormais vers l’avenir, pour son village : « Notre équipe est rajeunie, il y a quand même beaucoup de jeunes et cet enthousiasme a modifié un peu la perception que l’on avait de nous, puisqu’il y avait bien entendu un maire de 95 ans. »

  • André Molino élu au premier tour à Septèmes-les-Vallons

    André Molino élu au premier tour à Septèmes-les-Vallons

    Septèmes-les-Vallons conserve une gouvernance communiste. Dirigée par le PCF depuis 1965 et l’élection de Marc Ferrandi, la ville de 12 000 habitants reste à gauche. 27 ans après son premier plébiscite, André Molino est de nouveau élu maire, ce dimanche soir. Ce dernier va donc briguer un sixième mandat puisqu’il a reçu 60,63% des suffrages exprimés, dès le premier tour. La candidature d’extrême droite menée par Adrien Duché (UDR) a atteint 32,86%des voix, tandis que Smahane Mebarki (LFI), soutenu par Sébastien Delogu, recueille 6,51%. Notons que la participations’élève à 52% dans la commune.

    Peu avant 21 heures, André Molino s’est exprimé devant ses partisans. « Je remercie chaleureusement les Septèmoises et les Septèmois pour leur confiance mais aussi l’ensemble des militants qui se sont engagés dans cette campagne. Je remercie également mes proches pour leur soutien et tout particulièrement mon épouse. L’engagement politique est aussi une aventure humaine et collective. »

    L’édile de 79 ans s’était retrouvé dans une situation similaire en 2014, année où il était confronté à deux autres listes. Son score est supérieur en ce mois de mars 2026, puisque 57% des Septèmois avaient voté en sa faveur il y a 12 ans. Pas plus tard qu’il y a un mois, André Molino parlait de Septèmes-les-Vallons comme « une ville de solidarité, de fraternité, de progrès social, du vivre ensemble ». Une phrase à l’image de son bilan, avec notamment un renforcement de l’offre de santé, une école de qualité et le développement des transports. Un maire qui se veut proche de ses habitants et cela va continuer pour un mandat supplémentaire.

  • Delogu appelle Payanà un « front antifasciste »

    Delogu appelle Payanà un « front antifasciste »

    Il est 21h35 lorsque Sébastien Delogu pénètre l’Afriki Djigui Theatri, quartier général de la liste qu’il mène, « Marseille fière et populaire ». « Oh, vous êtes silencieux ou quoi ? », s’étonne-t-il devant de nombreux militants, avant que ces derniers n’embrayent par des applaudissements et n’entonnent Siamo tutti antifascisti. Dans ces locaux situés dans le quartier de Belsunce, rue du Baignoir, la douche paraît presque écossaise. Si le candidat LFI peut se targuer d’environ 12% à l’heure où nous écrivons ces lignes, « un résultat considérable pour une première participation à ce scrutin sur l’ensemble de la ville », il déplore qu’« un trop grand nombre de Marseillaises et Marseillais ne se soient pas rendus aux urnes ». Mais, ajoute-t-il, « fidèles à nos habitudes, nous continuerons à lutter pour une participation électorale la plus large possible ».

    « Nous sommes prêts

    à nous réunir »

    Alors que le roquet du RN Franck Allisio réalise un score considérable, juste derrière Benoît Payan, et fait plus que jamais planer son ombre sur Marseille, Sébastien Delogu l’affirme : « On ne laissera jamais passer l’extrême droite dans cette ville. C’est pourquoi nous appelons dès ce soir à la constitution d’un front antifasciste pour empêcher le RN de conquérir Marseille. Nous tendons la main à l’ensemble des composantes du Printemps Marseillais et leur candidat, Benoît Payan, pour construire ce front. Nous sommes prêts à nous réunir et à travailler les conditions nécessaires d’une victoire. L’heure est à la responsabilité. Les Marseillais nous ont qualifiés au second tour. Nous y serons d’une manière ou d’une autre avec la ferme intention de battre le RN ».

    Face au péril Allisio, l’heure est grave et appelle les deux candidats de gauche à s’entendre, leur programme n’étant finalement séparé que par quelques mesures dignes d’un papier à cigarettes. Mais depuis plusieurs mois, les invectives, de part d’autres, n’ont pas cessé par réseaux et médias interposés, LFI ayant fait campagne sur le ton du « tous pourris » et le Printemps marseillais ayant rétorqué par la diabolisation de son adversaire. Alors, un rassemblement, mais sous quelles conditions ? « Nous appelons déjà à une rencontre avec Benoît Payan et les conditions seront exposées à leurs têtes de listes. On l’appelle à une rencontre la plus rapide possible », esquive à moitié Sébastien Delogu. « La chose la plus importante, c’est de savoir si aujourd’hui, oui ou non, Benoît Payan veut faire tomber la ville dans les mains des fascistes », met-il la pression sur son adversaire qu’il espère rallier. Quelles que soient leurs stratégies, aucun humaniste ne pardonnerait au candidat de la France insoumise ainsi qu’à celui du Printemps marseillais de jouer avec le feu d’une souillure RN sur la ville.

  • Une semaine pour repousser la vague brune

    Une semaine pour repousser la vague brune

    Dans notre région, les résultats sont contrastés et témoignent d’une forme de fragmentation politique héritée du macronisme finissant. Comme au plan national trois blocs se font face : la gauche unie, la droite et le centre, et l’extrême droite.

    Partout, la France insoumise échoue à percer sauf à Avignon, où, alliée au PCF, elle est au coude à coude avec la liste conduite par un socialiste.

    La droite, longtemps dominatrice dans notre région, si elle sauve parfois dès le premier tour certains de ses bastions : Salon-de-Provence, Manosque, La Ciotat, subit néanmoins un recul assez général au profit du RN.

    La gauche, singulièrement les muncipalités communistes comme à Port-de-Bouc, au Rove, à Septèmes-les-Vallons, résiste et reste en position de conquêtes dans plusieurs autres villes.

    Plusieurs municipalités de premier plan sont menacées par l’extrême droite. C’est le cas à Toulon, où la gauche est éliminée et où seule la maire sortante (SE) est en capacité de battre le RN si son concurrent LR ne se maintient pas.

    Marseille joue son avenir

    C’est le cas aussi à Marseille. La deuxième ville de France joue son avenir dans une semaine.

    Seul le Printemps marseillais conduit par Benoît Payan est en mesure de l’emporter pour éviter à la cité phocéenne le déshonneur d’être dirigée par l’extrême droite.

    Tous les progressistes, les démocrates sincères doivent prendre leurs responsabilités et se mobiliser pour que Marseille reste fidèle à son histoire.

  • À Marseille, Martine Vassal, à la peine, confirme les sondages

    À Marseille, Martine Vassal, à la peine, confirme les sondages

    Une permanence fermée aux médias. Voilà qui donnait déjà le ton ce dimanche du côté de la candidate de la droite et du centre Martine Vassal. Restait à savoir quelle était l’étendue de la catastrophe. Les premières estimations tombent, la créditant de 11 à 13% des voix. Mais de commentaires point. Toute la soirée, la candidate aura joué au chat et à la souris avec la presse rassemblée devant sa permanence du 42, cours Pierre Puget (6e), rideau tiré, lumières éteintes. La prise de parole prévue pour 22h30 est reportée d’une heure.

    Une de ses co-listières, Sandra Blanchard, avocate en droit public, finit par débarquer en voiture, chargée de sacs de courses. « On est allé acheter à manger pour les militants », répond-t-elle, un peu embarrassée, à la foule de micros qui se dressent devant elle. « On n’a pas encore les résultats, dès qu’on en saura plus, on vous tiendra au courant, je ne sais pas quand elle va arriver », promet-elle. Quand on lui demande si elle a prévu les mouchoirs, elle convient qu’elle est déçue. « Mais c’est le jeu démocratique, parfois on gagne, parfois on perd, les Marseillais ont décidé, évidemment qu’on aurait voulu faire beaucoup plus ». Et de se dire surtout « déçue qu’il y ait autant de Marseillais qui ont voté pour le Rassemblement national, pour le reste… »

    Un second tour décisif

    Même si elle n’a eu de cesse de le marteler, « le sondage qui va compter, ce sera le résultat du 15 mars au soir », au cours de la campagne, de projections en projections, la liste de Martine Vassal a lentement dégringolé. Elle n’aura rien lâché, jusqu’à son dernier meeting ce mercredi. « Ne vous laissez pas voler cette élection, on va gagner » exhortait-elle alors sur la scène du Florida Palace. Mais les électeurs ont tranché, réalisant le pire des scénarios.

    Reste à savoir quelle attitude elle va désormais adopter pour le deuxième tour. « Même satellisée sur la lune, je ne me retirerai pas » avait-elle promis lors d’un dernier débat avant le vote sur le plateau de nos confrères de La Provence. Une quadrangulaire permettrait d’éviter le naufrage total et d’éviter la fuite vers l’extrême droite.

    Pour mémoire, au second tour des municipales de 2020, Martine Vassal avait déjà vu lui échapper le 4e secteur (6e et 8e arrondissements), fief de la droite depuis 25 ans, au profit de la candidate du Printemps marseillais, Olivia Fortin, réunissant 39,16 % contre 41,78% pour l’actuelle maire de secteur. Elle avait dû affronter au 1er tour la liste dissidente de Bruno Gilles (DVD) avant de finalement faire alliance au second. Et la droite avait été mise hors-jeu par le Printemps marseillais dans une large partie de la ville.

    Une certitude désormais : Martine Vassal va devoir batailler pour conserver la tête de la métropole Aix-Marseille-Provence où elle a pris la suite de son mentor, Jean-Claude Gaudin en 2018. Au mieux, Martine Vassal peut espérer une dizaine d’élus et si elle se dépasse. Ce qui risque d’être un peu léger pour peser dans l’hémicycle du Palais du Pharo. À l’heure où nous écrivons ces lignes, c’est finalement le porte-parole de Martine Vassal, Romain Simmarano qui devait s’exprimer, sans certitude.

  • L’extrême droite à son plus haut niveau

    L’extrême droite à son plus haut niveau

    Face aux premiers résultats dans les villes du RN ce dimanche soir, ses militants serrent le poing, en signe de victoire. « Nous avons fait des scores indécents tant ils sont hauts dans les bureaux de vote qui nous sont favorables dans les 9e et 10e arrondissements », glisse-t-on dans l’entourage de Franck Allisio alors que le dépouillement a commencé. Pour autant, alors que les premières estimations de sortie des urnes le donnaient jusqu’à quelques points derrière le maire (DVG) sortant Benoît Payan, celui-ci a attendu 22h pour s’exprimer devant la presse, depuis la salle de la Palmeraie Borely et célébrer « un choix historique des électeurs marseillais », sous les applaudissements de ses colistiers.

    Jamais en effet, depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, l’extrême droite n’a obtenu un score aussi élevé à Marseille. Selon les différents instituts, il était crédité d’au moins 33% des voix exprimées, un niveau proche des estimations sondagières de ces derniers mois. Il obtiendrait ainsi quatorze points de plus que les 19,45% obtenus en 2020 par Stéphane Ravier, et dix points de plus que les 23,16% de 2014, de celui qui est désormais sénateur (ex-RN) des Bouches-du-Rhône. Il va même au-delà du score obtenu par Jordan Bardella lors des dernières européennes en 2024.

    Pas un mot sur Martine Vassal

    « Le souffle du changement et de l’histoire a soufflé comme jamais sur notre ville », se gargarise Franck Allisio. Et le député de Marignane de répéter : « Comme jamais. » « Durant cette campagne, vous avez déjà tourné la page de la gauche », avance-t-il déjà. Et d’assurer, à son pupitre : « Le résultat de ce soir est bien plus qu’un score électoral, c’est une promesse. La promesse que demain, Marseille devienne le nouvel exemple français, source d’inspiration pour toutes les villes qui souffrent de l’insécurité, de la pauvreté, de la salubrité. » Le parlementaire, qui veut instaurer un « pass anti-racailles » pour réserver certaines plages et parcs aux familles et seniors, le même qui promouvait avant le scrutin la « préférence nationale » dans le logement social va même jusqu’à promettre que face à ceux qui « ont laissé la division, le communautarisme et l’antisémitisme prospérer, nous rassemblerons les Marseillais, tous les Marseillais ». Avant d’envoyer le seul message politique de la soirée : « Nous en appelons à toutes les Marseillaises et tous les Marseillais : rejoignez-nous, unissons-nous pour battre la gauche et l’extrême droite. »

    En tout et pour tout, sa déclaration à la presse aura duré moins de cinq minutes. Sans répondre aux questions, sans expliciter davantage ses propos, il s’engouffre dans sa voiture et quitte les lieux. Sans un mot sur la candidate de la droite, Martine Vassal, dont il a raflé l’électorat et à laquelle il tendait la main il y a un mois. Sans un mot spécifique pour ses électeurs qu’il cherchait à rallier lors de la visite de Jordan Bardella une semaine plus tôt. « Dimanche prochain, je serai votre maire », assurait-il, comme pour se persuader.

    Car derrière le score historique obtenu par l’extrême droite à Marseille, il restait bien, selon les premières estimations, en deuxième position derrière le maire sortant, distancé de plusieurs points. Aussi autour de lui ses troupes ne se montraient pas exubérantes.

    Dans la salle de réception, c’est le sénateur Stéphane Ravier qui se plie avec plaisir à l’exercice du service après-vente. « La responsabilité aujourd’hui est dans les mains des électeurs de Martine Vassal », répète celui qui s’est effacé derrière Franck Allisio pour unir toutes les voix de l’extrême droite dès le premier tour, conservant la tête de liste des 13-14 pour sa nièce, Sandrine d’Angio. « C’est une victoire du candidat qui a su avant même l’élection rassembler autour de son nom, de son mouvement, explique-t-il. Il a même réussi à me convaincre ! » Pour lui, « Martine Vassal n’a aucune chance de remontada ». « Quand on a des adversaires comme ça, on n’a plus besoin de soutien, elle a fait une campagne catastrophique », se marre-t-il. Sur de possibles tractations comme celles qui avaient déjà entaché la droite républicaine lors du troisième tour en 2020, « c’est au candidat d’émettre en avis ». « Je ne sais pas s’il est vraiment opportun de repêcher des gens qui ont fait une liste avec des macronistes », estime-t-il cependant. Avant une semaine de campagne difficile, l’extrême droite sans position de force mais toujours en capacité de renverser l’histoire d’une ville pourtant ouverte sur le monde.

  • Benoît Payan appelle à la résistance collective face au RN

    Benoît Payan appelle à la résistance collective face au RN

    Nous devons nous mobiliser et dire non au front national. Montrons leur nous ne sommes si un tremplin ni un marche pied » vers la présidentielle. C’est à minuit que Benoît Payan s’est exprimé. « C’est avec beaucoup de gravité que j’appelle les Marseillais à nous rejoindre et porter une parole d’unité », a-t-il ajouté avant de clamer : « le bulletin de dimanche prochain sera déterminant. Ne laissez pas les diviseurs, les marchands de haine s’emparer de cette ville ».

    Si plusieurs estimations le donne en tête du premier tour de ces élections municipales, et sur la base de résultats très partiels, la figure du Printemps Marseillais s’est exprimé très tardivement. En cause ? Les scores visiblement très serrés face à la liste du Rassemblement National.

    Le maire aura fait duré le suspens toute la soirée, et son déroulé en dit long sur le niveau de stress des militants du Printemps marseillais. Le local de campagne a eu ses portes closes pendant de longues heures. À 20 heures, les barrières devant l’entrée sont de sortie, tout comme un bon service de sécurité, et les militants entrent au compte goutte, sans un mot. Au programme : tension sous jacente et sourires de façades. « Ça va dépendre si Allisio est devant et de combien, et quel score fait Delogu, s’il se maintient ou pas » glisse une membre de l’équipe de campagne. Quelques minutes plus tard, un autre abonde : « Dans les alentours, les scores sont inquiétants, avec le RN haut, c’est pas bon signe ».

    À 21h15, les premières estimations via deux décomptes tombent : l’un donne Payan et Allisio à égalité à 35,4 et Delogu et Vassal au même niveau à 12,3, l’autre donne le maire sortant avec une légère avance. L’equipe de campagne commente : « l’écart trop serré fait qu’on va attendre. Ce ne sont que des estimations très approximatives, on attends avec impatience et un certain stress des résultats consolidés ». Les conditions à une expression officielle à ce moment de la soirée sont simple : « la clarté des résultats, à savoir qui est devant, et la barre des 10%, savoir qui se qualifie ». Quelques minutes plus tard, un troisième décompte sort du côté de TF1, avec Payan plus de 38%. « C’est mieux mais ça aide toujours pas… », laisse-t-on en suspens.

    Pas ou peu de commentaires du côté des quelques militants présents dehors. Yacine, la soixantaine et habitant du quartier Longchamp attend devant le local depuis avant 20 heures : « J’ai vu les dernières estimations… C’est incertain ! Benoît Payan est un rassembleur, c’est ce qu’il faut pour Marseille et surtout contre le RN ». Le haut score de l’extrême droite provoque chez lui une vive « inquiétude ». Et c’est sûrement ce qui animait l’équipe du maire sortant.

    Ce n’est qu’à 22 heures que le local ouvre ses portes à la presse. Une trentaine de minutes plus tard, le maire passe « dire bonjour », souriant mais bien muet sur ses intentions. Il explique le retard et l’attente : « On n’a pas encore assez dépouillé de bureaux, ce n’est pas assez complet. Quand on aura quelque chose de plus complet, on pourra dire des choses. On n’a même pas la moitié des bureaux de vote ». Même si la plupart des autres candidats ont déjà pris la parole, il insiste : « Je m’exprime plutôt quand on a une tendance qui devient définitive. Définitive, à quelques dixièmes près et là, ce n’est pas le cas ». À 23 heures, il revient, la presse retient son souffle mais il n’y a toujours pas de position dévoilée. « Il manque 200 bureaux. […] Je ne comprends pas les gens qui s’expriment sans résultats ». Son équipe de campagne multiplie les allers-retours et repousse toujours l’échéance malgré le temps qui passe.
    Au premier tour du scrutin de 2020, la liste du Printemps Marseillais avait obtenu 23,44% des votes. Une très légère avance sur Martine Vassal qui obtenu 22,32% des suffrages exprimés, Stéphane Ravier (RN) était lui à 19,45%.

  • Marseille sous la menace du RN

    Marseille sous la menace du RN

    Sans recul après une élection 2020 sous covid, et plongé dans l’inconnue du double scrutin, mairie centrale – mairie de secteur, imposé par la réforme de la loi PLM, l’issue du 1er tour des élections municipales à Marseille s’annonçait indécise. Les premiers résultats sortis des urnes dimanche ont confirmé ce sentiment et les sondages des dernières semaines de campagne.

    Premier point, et sans surprise, avec à peine plus de 52% de votants, la participation a été faible. Supérieure évidemment au scrutin 2020, marqué par la crise Covid, où seuls 32,76% des électeurs s’étaient préséntés aux urnes, mais en baisse par rapport à 2008 (57,74 %) et 2014 (53,5%). Un taux d’abstention qui n’a pas pour autant desservi la gauche dont on sait l’électorat moins assidu et lui laisse une marge de manœuvre.

    Le premier indice sur les résultats du vote est paradoxalement venu de Paris où Olivier Faure, premier secrétaire du PS, a annoncé que l’union de la gauche était « arrivée en tête à Marseille ». Quelques instants plus tard, une estimation sortie des urnes donnait la première photo finish. Elle plaçait Benoît Payan (DVG) en tête avec 35 % des suffrages, aux coude à coude avec le candidat de l’extrême droite, Franck Allisio (RN), également crédité de 35 %. Elle sera affiné au fil de la soirée avec eux autres instituts de sondage, Ifop et Elabe, donnant Benoît Payan en tête, entre 36 et 38%, devant le RN, autour de 34%

    « Rassemblement des électeurs »

    Première indication, l’extrême droite opère une nouvelle percée à Marseille confirmant ses scores des derniers scrutins nationaux. Allisio ferait même mieux que Bardella qui avait obtenu 30,14% des suffrages lors des Européennes de juin 2024. Second enseignement, le maire sortant et la majorité du Printemps marseillais font bien mieux qu’en 2020. La candidate (EELV), Michèle Rubirola avait alors réuni 23% des suffrages au 1er tour et devançait d’une courte Martine Vassal… Plus loin et décrochée, la présidente (DVD) de la Métropole et du Département, confirme six ans plus tard sa dégringolade.

    Elle est créditée de 12 % des suffrages, à égalité ou derrière Sébastien Delogu (LFI) selon ces mêmes estimations sortie des urnes. Un scénario catastrophe pour la droite marseillaise qui pensait avoir fait le plus dur en se présentant unie comme jamais après avoir perdue la ville en 2020 en étant déchirée. Le mal est bien plus profond. Et il faudra méditer les conséquences de cette course effrénée derrière l’extrême droite. A l’heure où nous bouclions, tous deux passaient toutefois la barre des 10% leur permettant de se maintenir au second tour pour un scénario de quadrangulaire inédit.

    Le député insoumis des quartiers Nord persuadé il y a quelques semaines de s’asseoir dans le fauteuil de maire, a été le premier à réagir. Il saluait dans un tweet, « un résultat considérable pour une première participation au scrutin » et appelait à la constitution « d’un front antifasciste pour empêcher le Rassemblement national de conquérir Marseille », tendant « la main à l’ensemble des composantes du Printemps marseillais et à leur candidat, Benoît Payan ». La formule paraît simpliste et interroge sur les intentions de la France insoumise qui plaide une fusion techniqui lui offrirait des places sur la liste du Printemps marseillais tout en restant dans l’opposition. Difficilement recevable pour le reste de la gauche. Marie-Arlette Carlotti, la sénatrice (PS) l’invitera à aller au bout de son idée et à se désister de manière républicaine et Anthony Gonçalves (PCF) préfère lui, appeler au « rassemblement des électeurs » plus qu’au rassemblement des appareils.

    Dans ce contexte, le positionnement de la droite qui a déjà vu ces dernières années, beaucoup de ses élus rejoindre l’extrême droite était attendu. Le RN lui a de nouveau tendu la main dimanche soir. Hier, après moulte renvois, l’entourage de Martine Vassal a indiqué qu’elle ne s’exprimerait finalement pas dans la soirée. Les 31 premiers bureaux dépouillés la plaçaient alors tout juste 4e avec 10,9% des suffrages. Chaque candidat a jusqu’à mardi pour faire son choix pour le 2e tour. Les résultats des mairies de secteur encore au dépouillement après minuit, pourraient être une clé.

  • Appel aux dons du foyer pour femmes

    Appel aux dons du foyer pour femmes

    Rénovation énergétique, transformation des chambres en studios équipés, plus d’autonomie pour les femmes hébergées… Tels sont les projets de l’association Habitat et Humanisme, qui appelle aux dons pour pouvoir réhabiliter son foyer d’accueil d’urgence pour les femmes et enfants victimes de violences. La rénovation est déjà financée à hauteur de 75%, et l’association compte sur les dons des particuliers et des mécènes pour les 25% restants. Elle appelle également les collectivités locales et notamment le Département à se mobiliser pour lui venir en aide. Les travaux sont prévus « pour le second semestre » et devraient coûter « 600 000 euros », explique Michel Mané, secrétaire d’Habitat et Humanisme Alpes Provence. Les objectifs sont d’améliorer l’accueil, l’accompagnement et la sécurité des femmes et enfants hébergés.

    Plus de dignité

    Dix-neuf femmes et enfants sont actuellement hébergés dans ce foyer d’urgence, qui les accueille pour quelques nuits ou quelques mois, selon leurs besoins. Le nom de la campagne de financement participatif, Digne avec elles, joue sur la polysémie du mot Digne, avec la ville de Digne-les-Bains et la dignité qu’elle permettrait d’apporter aux bénéficiaires.

    L’association Habitat et Humanisme a pour projet de permettre aux personnes les plus précaires de se loger avec des loyers sociaux, adaptés à leurs moyens.