Benoît Payan appelle à la résistance collective face au RN

Nous devons nous mobiliser et dire non au front national. Montrons leur nous ne sommes si un tremplin ni un marche pied » vers la présidentielle. C’est à minuit que Benoît Payan s’est exprimé. « C’est avec beaucoup de gravité que j’appelle les Marseillais à nous rejoindre et porter une parole d’unité », a-t-il ajouté avant de clamer : « le bulletin de dimanche prochain sera déterminant. Ne laissez pas les diviseurs, les marchands de haine s’emparer de cette ville ».

Si plusieurs estimations le donne en tête du premier tour de ces élections municipales, et sur la base de résultats très partiels, la figure du Printemps Marseillais s’est exprimé très tardivement. En cause ? Les scores visiblement très serrés face à la liste du Rassemblement National.

Le maire aura fait duré le suspens toute la soirée, et son déroulé en dit long sur le niveau de stress des militants du Printemps marseillais. Le local de campagne a eu ses portes closes pendant de longues heures. À 20 heures, les barrières devant l’entrée sont de sortie, tout comme un bon service de sécurité, et les militants entrent au compte goutte, sans un mot. Au programme : tension sous jacente et sourires de façades. « Ça va dépendre si Allisio est devant et de combien, et quel score fait Delogu, s’il se maintient ou pas » glisse une membre de l’équipe de campagne. Quelques minutes plus tard, un autre abonde : « Dans les alentours, les scores sont inquiétants, avec le RN haut, c’est pas bon signe ».

À 21h15, les premières estimations via deux décomptes tombent : l’un donne Payan et Allisio à égalité à 35,4 et Delogu et Vassal au même niveau à 12,3, l’autre donne le maire sortant avec une légère avance. L’equipe de campagne commente : « l’écart trop serré fait qu’on va attendre. Ce ne sont que des estimations très approximatives, on attends avec impatience et un certain stress des résultats consolidés ». Les conditions à une expression officielle à ce moment de la soirée sont simple : « la clarté des résultats, à savoir qui est devant, et la barre des 10%, savoir qui se qualifie ». Quelques minutes plus tard, un troisième décompte sort du côté de TF1, avec Payan plus de 38%. « C’est mieux mais ça aide toujours pas… », laisse-t-on en suspens.

Pas ou peu de commentaires du côté des quelques militants présents dehors. Yacine, la soixantaine et habitant du quartier Longchamp attend devant le local depuis avant 20 heures : « J’ai vu les dernières estimations… C’est incertain ! Benoît Payan est un rassembleur, c’est ce qu’il faut pour Marseille et surtout contre le RN ». Le haut score de l’extrême droite provoque chez lui une vive « inquiétude ». Et c’est sûrement ce qui animait l’équipe du maire sortant.

Ce n’est qu’à 22 heures que le local ouvre ses portes à la presse. Une trentaine de minutes plus tard, le maire passe « dire bonjour », souriant mais bien muet sur ses intentions. Il explique le retard et l’attente : « On n’a pas encore assez dépouillé de bureaux, ce n’est pas assez complet. Quand on aura quelque chose de plus complet, on pourra dire des choses. On n’a même pas la moitié des bureaux de vote ». Même si la plupart des autres candidats ont déjà pris la parole, il insiste : « Je m’exprime plutôt quand on a une tendance qui devient définitive. Définitive, à quelques dixièmes près et là, ce n’est pas le cas ». À 23 heures, il revient, la presse retient son souffle mais il n’y a toujours pas de position dévoilée. « Il manque 200 bureaux. […] Je ne comprends pas les gens qui s’expriment sans résultats ». Son équipe de campagne multiplie les allers-retours et repousse toujours l’échéance malgré le temps qui passe.
Au premier tour du scrutin de 2020, la liste du Printemps Marseillais avait obtenu 23,44% des votes. Une très légère avance sur Martine Vassal qui obtenu 22,32% des suffrages exprimés, Stéphane Ravier (RN) était lui à 19,45%.

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