Author: tecnavia

  • Pas de front à Cavaillon

    Pas de front à Cavaillon

    C’est un équipement national majeur essentiel à la vie du territoire, qui affiche complet à chacun de ses événements, rayonne dans les villages et les quartiers, les lycées, les collèges et les écoles. Et, aujourd’hui Chloé Tournier est « très inquiète ». Bénédicte Auzanot, candidate RN, députée de la circonscription, a rassemblé 44% des voix au premier tour, alors qu’en 2020 elle n’en comptabilisait que 23%. Le maire sortant, Gérard Daudet, qui comptabilise 38% des voix à l’issue du premier tour, ne bénéficiera pas du retrait Patrick Blanès (DVG) qui maintient sa liste et a recueilli 17% des suffrages.

    Pour Chloé Tournier, adhérente du Syndeac, (Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles), « le front républicain est un principe que nous défendons tous clairement et sans hésitation ». Elle rappelle le communiqué intersyndical des entreprises du spectacle appelant clairement au désistement entre les deux tours. « Le barrage à la droite extrême est la seule priorité » car « partout où elle gouverne, l’extrême droite remet en cause les principes fondamentaux de la politique culturelle ». Elle s’étonne aussi qu’aucun candidat n’ait « pris attache » avec elle durant la campagne, regrettant de ne pas avoir eu « d’échanges clairs sur leurs programmes et leurs intentions ».

    Droite et républicaine

    Elle précise aussi, avec netteté, n’avoir jamais subi aucune pression de la part du maire sortant Gérard Daudet, contrairement à de nombreux directeurs de scènes dans des villes LR. Elle n’a vécu « aucune ingérence sur la programmation ou la communication, aucune baisse de subvention, le bâtiment municipal a été entretenu, le hall rénové ». Pourtant la programmation de la Scène nationale est « le reflet des enjeux artistiques d’aujourd’hui ». Clairement progressistes, antiracistes, queers et féministes, ses choix, et elle tient à « le saluer », n’ont jamais été remis en cause, ni même commentés.

    Que fera-t-elle si le RN est élu à Cavaillon ? « Je prendrais le temps d’en parler avec mes équipes. Je ne m’explique pas comment le vote RN a autant augmenté, à Cavaillon et ailleurs. Mais il est clair que la mission de service public qui est la mienne, c’est-à-dire la défense des droits culturels de tous et toutes, devra se poursuivre. Y compris, et peut-être d’autant plus, si le RN l’emporte. On ne peut abandonner un territoire parce qu’il se fracture, il faut essayer de le réparer avec les forces qu’il nous reste. »

  • [Entretien] Serge Andrieu : « Il faut sauver Carpentras des mains du RN »

    [Entretien] Serge Andrieu : « Il faut sauver Carpentras des mains du RN »

    Lors du premier tour des élections municipales sur Carpentras, Hervé de Lepineau (RN) est arrivé en tête avec 26,71% des voix. Il est suivi par Serge Andrieu avec 25,17% des suffrages, puis Francis Adolphe (DVG) a 24,29%. Deux listes d’extrême droite ont clos le quintuplé : Bertrand de La Chesnais à 14,33% puis Christian Richaud-Simoni à 8,50%.

    La Marseillaise : Vous arrivez en deuxième position, derrière le RN qui a depuis fusionné avec deux autres listes d’extrême droite. La troisième liste de Francis Adolphe vous talonne. Quelle est votre analyse du rapport de force après ce premier tour ?

    Serge Andrieu : Il y a près de 50% de personnes qui n’ont pas voté, il y a eu une grosse abstention. Ces personnes, on va aller les chercher, on est déjà en train de les motiver. Il faut que les habitants se mobilisent et se rendent compte de l’urgence. Je pense qu’on a des chances et que la situation n’est pas perdue. Il faut que les abstentionnistes se réveillent. Pourquoi les gens ne sont pas allés voter ? Je ne sais pas, je n’arrive pas à l’expliquer. Mais on fait tout notre possible pour qu’ils y aillent au second tour.

    Il y a eu des discussions pour une fusion avec la liste de Francis Adolphe mais elles n’ont pas abouties. Quel commentaire de votre part sur ces négociations avortées ?

    S.A. : J’aurais préféré faire une fusion face au risque que la commune bascule dans les mains de l’extrême droite. Malheureusement, les exigences de l’autre candidat étaient anormales. Il voulait faire rentrer tellement de monde de son équipe que je n’aurais pas eu la majorité au conseil municipal. En plus de ça, il exigeait la présidence de l’intercommunalité… Cela fait beaucoup. Alors même qu’il s’était engagé, s’il était derrière moi, à se désister. Ce qu’il n’a pas fait. Vous comprenez que c’est très difficile de discuter avec lui et d’arriver à un accord avec lui dans ces conditions. Nous avons tout fait pour créer les conditions du rassemblement, mais Francis Adolphe a tout fait pour que cela ne réussisse pas. Il a voulu faire une tambouille. Mais nous savons que, dès la semaine dernière, il avait déjà imprimé des tracts pour le second tour. Faire croire à une possible fusion était une manœuvre, il ne l’envisageait pas vraiment. Mais c’est un mauvais calcul de sa part : c’est le Balkany de Provence ! Il n’est même pas né ici.

    Vous l’appelez à la raison d’ici dimanche ? Que dites-vous à ces électeurs ?

    S.A. : Bien entendu que je vais aller chercher cet électorat. L’extrême droite est réunie, les trois listes sont ensemble au second tour, il faut donc aller chercher toutes les bonnes volontés. Il faut sauver Carpentras des mains du RN, de l’extrême droite, il faut bien voter et ne pas diviser les voix. Il est encore temps qu’il revienne à la raison et se retire.

    Vous tirez la sonnette d’alarme
    sur le fait que l’extrême droite
    peut prétendre à prendre la mairie
     ? Quelles conséquences pour
    les habitants
     ?

    S.A. : Quand trois équipes se réunissent pour vous battre, c’est un souci mais ce n’est pas perdu d’avance. Il faut que les gens prennent conscience des conséquences qu’une élection du RN sur la commune peut avoir. Sur le social, ça peut être grave. Dans le monde associatif aussi. À chaque fois qu’on vote des subventions à des associations dites sociales au conseil municipal, le RN s’y oppose. Ce sont les structures du quotidien qui seront vulnérables, celles qui s’occupent des jeunes, des personnes âgées Je pense également aux centres sociaux… On a 250 associations sur la ville, une bonne partie d’entre elles peuvent être inquiètes. On sait ce que fait le RN au pouvoir : au conseil municipal, ils demandent déjà des coupes dans les subventions.

    Avez-vous des temps forts d’ici dimanche ? Quel est le programme pour convaincre les abstentionnistes ?

    S.A. : On fait du porte-à-porte intensif, on toque à toutes les portes. Plusieurs équipes tournent déjà dans la ville, on cible les endroits où il y a eu de l’abstention. Évidemment, on leur explique que si le RN arrive à Carpentras, il y en a pour 20 ans. C’est toujours très difficile de se débarrasser du RN. C’est pour cela qu’il ne doit pas passer. Il faut que Carpentras reste dans le camp républicain.

    Vous avez reçu du soutien depuis le premier tour ?

    S.A. : Bien entendu, et j’ai d’ailleurs reçu un certain soutien suite au fait que je n’ai pas pactisé avec la liste de l’ancien maire condamné pour violences conjugales. Les habitants saluent ce geste et cela me motive. Il y a aussi des associations qui peuvent faire bouger des lignes…

  • Les communistes satisfaits d’avoir joué les traits d’union à Avignon

    Les communistes satisfaits d’avoir joué les traits d’union à Avignon

    Début janvier, en avalisant un accord avec la liste insoumise de Mathilde Louvain, la section avignonnaise du Parti communiste avait fait grincer des dents à gauche et au sein de la direction nationale. Une décision allant à rebours de la présence du PCF au sein de la majorité sortante, dont le candidat naturel était David Fournier (PS). « De manière générale dans la section il y a un clivage historique entre une gauche réformiste et une gauche révolutionnaire, cette fois le choix s’est porté sur la seconde », décrypte Julien De Benito, secrétaire départemental du PCF 84. Avec la fusion des listes à gauche, les communistes présentent trois colistiers, dont le conseiller départemental Rémy Blanc et l’actuelle élue à l’action sociale, Anne-Catherine Lepage amenée, en cas de victoire, à prendre une délégation élargie sur le sujet.

    « On est fiers du chemin pris, l’histoire nous donne raison, livre Rémy Blanc. On peut se satisfaire d’avoir été un peu ce trait d’union, d’avoir rendu les choses possibles pour ce second tour. » Même tonalité pour Julien De Benito, adjoint au maire sortant, qui ne se représente pas. « Il fallait garantir une fusion entre les deux tours, un rapprochement des deux gauches », estime-t-il. Avoir mené « une campagne propre », qui a ménagé les uns les autres ainsi que les personnalités peu clivantes de Mathilde Louvain et de David Fournier ont contribué à s’entendre. Mais pas que. « On a travaillé toute la campagne à relocaliser le débat, à lui donner du contenu par les dossiers avignonnais, Mathilde a su très bien s’en saisir, et ça aussi, c’est un facteur d’union, ça passe toujours mieux quand tu parles de dossiers qu’à coups de slogans. » Assez affligés par la tournure de la campagne prise par Olivier Galzi (DVD) accusant la gauche de « violence », Rémy Blanc et Julien De Benito répondent par le fond : « On doit rassurer par rapport à toute cette instrumentalisation de notre union, il n’y a rien de violent à vouloir des bas tarifs à la cantine, des logements dignes, des transports en commun gratuits ou une régie publique de l’eau. »

    En cette fin de campagne, le PCF insiste sur les « questions de solidarité, de justice sociale au regard des difficultés dans les quartiers populaires », conclut Rémy Blanc.

  • PS et LFI en rempart à la violence sociale à Avignon

    PS et LFI en rempart à la violence sociale à Avignon

    « Bonjour, monsieur le maire ! », lance un passant sans s’arrêter à David Fournier, ce mercredi sur le marché de la Rocade. Le candidat PS, qui a fusionné sa liste lundi avec celle de l’insoumise Mathilde Louvain, sourit et ne semble pas superstitieux. « Attendons, dimanche », répond-il, avant de confier « l’enthousiasme débordant » qu’il rencontrerait au sujet de cette fin de campagne. « C’est du jamais vu », se plaît à dire l’actuel adjoint de Cécile Helle, qui espère que l’alliance à gauche sera suffisante pour conserver la mairie.

    Mais ce qui « est jamais vu » aussi, c’est « une telle violence dans la campagne ». David Fournier vise là Olivier Galzi (DVD). Arrivé en tête dimanche, l’ex-journaliste TV organise ce jeudi un rassemblement devant la mairie contre « l’alliance de la honte » et n’a pas hésité à accuser le PS de légitimer la violence et « d’avoir du sang sur les mains ». Olivier Galzi déambule aussi sur le marché et croise Mathilde Louvain. L’échange est bref et tendu. « Bonjour Mme Louvain, ça va bien ? Vous ne me serrez pas la main ? Vous n’êtes pas républicaine ? Pas de haine et pas de violence en politique », dégaine-t-il. L’intéressée le salue et lui serre timidement la main. « Je croyais que je vous faisais peur », répond-elle.

    Un petit débrief de la séquence s’organise, Mathilde Louvain sortant l’humour comme meilleure arme et pirouette. « Je suis tellement infréquentable, avec un casier judiciaire énorme, complice d’assassinat », ironise-t-elle. « Je ne la connais pas mais ça se voit qu’elle est gentille comme tout », vole à son secours un témoin. Un peu plus tard, à ses côtés, David Fournier cajole sa nouvelle colistière. « J’apprends à connaître Mathilde, c’est vraiment une belle personne. »

    Les néo-alliés font front commun contre les « amalgames » d’Olivier Galzi, se réservant le droit de poursuites en justice. « Dans l’adversité, il perd son sang-froid, cela démontre qu’il n’a pas les épaules pour le costume, observe David Fournier. On ne peut pas tout se permettre, cela dessert la démocratie. » « On est clairement sur une campagne de déstabilisation avec les mêmes ressorts qui renvoient au complotisme. M. Galzi mène la même campagne que le RN », analyse Mathilde Louvain.

    Une autonomie LFI mais « pas du tout d’obstruction »

    Dans la cohue du marché, les deux candidats sont happés et peinent vraiment à tracter. Le mot d’ordre pour convaincre ? Justice sociale. « On est les seuls à avoir un programme là-dessus, quand 70% de la population est éligible à un logement social et que d’autres n’ont pas un mot dessus, c’est qu’on ne connaît pas sa ville », pique David Fournier. Mathilde Louvain joue les pédagogues : « On ne pense pas à nous mais aux gens pour qui on a construit le programme, c’est eux qui seront impactés [s’il y a victoire de la droite ou du RN] par des programmes qui montent les gens les uns contre les autres alors que nous voulons fabriquer des communs. » Preuve un peu plus tard, lorsqu’une discussion s’engage, une dame confie « avoir pu se laisser influencer par Olivier Galzi et ses vidéos anti-squats, mais il faut réussir à aller au-delà et regarder le reste ».

    Le reste, « c’est l’urgence sociale », martèlent David Fournier et Mathilde Louvain, déroulant un discours commun déjà bien rodé sur la Sécurité sociale de l’alimentation, la surveillance des locations saisonnières ou la gratuité des transports. Pour autant, en revendiquant un groupe autonome LFI de 9 élus en cas de victoire sans vouloir de délégations, Mathilde Louvain s’interdit de les porter concrètement. Pourquoi ce refus de gouverner ? « Non, la Nouvelle Avignon Populaire [nom de la liste initiale] est vraiment très bien pourvue en délégations fortes [via d’autres partenaires comme le PCF ou Génération.s] sur la question du social, du logement ou de la démocratie », répond l’ex-tête de liste, reconnaissant que « la démarche est assez rare » mais ne se posant « pas du tout dans une posture obstructive ». Elle confirme qu’en cas de victoire dimanche, les insoumis voteront bien David Fournier le jour de l’installation du maire. Ça va toujours mieux en le disant.

  • [Tribune] À Draguignan, pas une voix au RN et à ses alliés !

    [Tribune] À Draguignan, pas une voix au RN et à ses alliés !

    Avec 44% des suffrages, la liste du Rassemblement national arrive en tête à Draguignan.

    Ce sont également 44% des Dracénois et Dracénoises qui ne se sont pas déplacés aux urnes.

    C’est historique et ces deux chiffres sont révélateurs à la fois d’un désaveu pour le fait politique et d’un phénomène de repli de notre société jusque dans nos territoires.

    Toute la Dracénie est concernée par la montée de l’extrême droite.

    Le refus de régler les questions sociales laissant la place aux questions sécuritaires et la politique menée par le gouvernement a permis la progression de l’extrême droite dans de nombreux territoires

    À Draguignan, comme dans beaucoup d’autres villes de la Dracénie, le Rassemblement national se nourrit du désarroi des populations et des salariés qui souffrent des politiques économiques libérales.

    Force est de constater que le RN est contre le progrès social.

    La CGT le rappelle avec force : l’extrême droite ne doit jamais être mise dos à dos avec aucune autre force politique. Son projet xénophobe fondé sur la « préférence nationale » s’inscrit en rupture avec les principes républicains que sont l’égalité et le droit du sol. L’extrême droite et son projet violent, raciste, antisémite, sexiste, représente un danger pour notre démocratie et notre République.

    L’extrême droite est la pire ennemie du monde du travail. Elle met en opposition les salariés entre eux.

    À titre d’exemple le député Schreck a voté :

    Contre l’augmentation du salaire minimum (Smic) à 1 500 euros net mensuels.

    Contre le gel des loyers.

    Contre la fin des déserts médicaux.

    Contre la création d’un service public de la petite enfance.

    Contre l’égalité femmes hommes dans la fonction publique.

    Contre le blocage des prix de l’énergie et des produits de première nécessité.

    Contre le rétablissement de l’impôt sur les grandes fortunes.

    Pour la réduction de 5 milliards des dotations financières allouées aux collectivités locales.

    Toujours du côté des puissants, le RN a voté pour permettre aux plus riches d’échapper à l’impôt.

    Les collectivités locales sont en première ligne pour répondre aux besoins essentiels.

    Logement, transports, écoles, crèches, action sociale, culture, services publics de proximité, sport : les choix politiques faits dans les municipalités et les communautés d’agglomération ont des conséquences directes sur la vie quotidienne.

    Fidèle à son histoire et à ses valeurs démocratiques, l’Union locale CGT de Draguignan appelle à faire barrage à l’extrême droite et à empêcher qu’elle ne prenne la tête de la ville de Draguignan en utilisant le seul bulletin républicain restant à disposition.

    Il ne s’agit pas d’un choix partisan mais d’un engagement clair pour défendre la démocratie, les droits des travailleurs, les services publics et les principes républicains.

    Seule la satisfaction aux exigences sociales sera de nature à faire reculer l’extrême droite qui se nourrit des politiques libérales.

    Pour l’avenir, l’Union locale CGT de Draguignan appelle les salarié-e-s à se syndiquer et à se mobiliser fortement lors des journées de grève et d’actions.

    Dimanche 22 mars, aucune voix pour le parti de l’imposture sociale !

  • Un militant de gauche agressé à Toulon par des néonazis

    Un militant de gauche agressé à Toulon par des néonazis

    « Je vais déménager, je ne peux plus rester sur Toulon. » Le rendez-vous a lieu dans un café à proximité de la place de l’Équerre. Mikaël (le prénom a été modifié) est encore sous le choc de tout ce qui vient de lui arriver. Trois agressions presque coup sur coup à son domicile par une bande de néonazis d’une bêtise crasse mais déterminés à lui faire vivre l’enfer.

    La première fois en bas de chez lui. Les individus cagoulés viennent le menacer et proférer des insultes homophobes et antisémites.

    La deuxième fois ils arrivent à pénétrer dans le hall en forçant la porte de l’immeuble, détruisent sa boîte aux lettres et collent des stickers avec des saluts nazis.

    Ils franchissent plus tard un pas de plus, défoncent cette fois-ci toutes les boîtes aux lettres ainsi que les détecteurs d’incendie, retournent boire un coup en face pour revenir à l’assaut, monter jusqu’à son étage et tenter d’enfoncer sa porte.

    Il confie : « J’étais derrière, terrorisé, en essayant comme je pouvais de la tenir, c’était horrible, franchement j’ai jamais eu aussi peur de toute ma vie. À un moment tellement mon cœur battait fort dans mes oreilles que je n’entendais plus rien. J’ai vraiment cru que c’était fini, que j’allais mourir, quoi. »

    Les nervis de l’extrême droite à l’action

    Ce soir-là, la police est appelée à au moins trois reprises mais ne vient pas. Pourtant depuis sa première plainte le jeune homme bénéficie du dispositif Pégase censé faciliter les appels d’urgence.

    Ce n’est que le lendemain, lorsque sa mère, qui a des contacts au commissariat, les sollicite qu’une équipe se déplace pour relever les empreintes, et prendre des photos. Mikaël est enfin pris au sérieux et entendu.

    Il raconte : « Ils m’ont dit ce n’est pas possible t’as pas appelé le 17, t’as dû te tromper de numéro. J’ai dû leur montrer mon téléphone… Et ils trouvaient ça complètement incompréhensible. » Ça l’est d’autant plus qu’en quittant l’immeuble les « néonazis ont tabassé un mec en le traitant de sale nègre ». « Je ne pensais pas que c’était encore possible à notre époque et le tout sous une caméra de vidéosurveillance pendant 5 minutes. Et après ils sont rentrés chez eux. Tranquillement. » Mikaël n’en revient toujours pas.

    La bonne nouvelle c’est que quatre de ses agresseurs ont été identifiés et vont devoir répondre de leurs actes. Un des membres qui appartiendrait au groupe le Maquis, a été reconnu comme étant présent sur les lieux de la venue de Jordan Bardella à Toulon pour dédicacer son livre, afin d’intimider le comité d’accueil progressiste et pacifiste qui manifestait contre l’extrême droite.

    Le plus inquiétant, c’est que Mikaël a le sentiment d’avoir été suivi jusqu’à chez lui ce soir-là. À dessein.

  • À Roquevaire, Hélène Spinelli « sereine » face à l’adversité

    À Roquevaire, Hélène Spinelli « sereine » face à l’adversité

    « C’est l’alliance de la carpe et du lapin », réagit Hélène Spinelli, tête de liste (DVG), arrivée en première place du premier tour avec 38,06% des voix, face à l’alliance au second tour entre la liste (DVC) d’Eric Bouillé et celle de Judith Dossemont (DVD). Annoncé dans un communiqué, ces deux listes – qui ont respectivement obtenu 25,71% et 18,88% des suffrages exprimés – affirment que cette décision est fondée sur « six ans de travail dans l’opposition, des constats partagés et les mêmes priorités pour l’avenir de la commune ». La première adjointe du maire sortant Yves Mesnard, Hélène Spinelli, est assez surprise de cette alliance, qu’elle qualifie de « façade », alors « qu’ils se sont opposés de manière farouche pendant plusieurs années au conseil municipal, et encore plus lors de cette campagne ».

    « L’aveu d’un échec »

    Questionnant leur crédibilité, elle affirme qu’il s’agit de « l’aveu d’un échec », tout en rappelant que Judith Dossemont sacrifie une grande majorité de ses colistiers en faisant le choix de l’union. La liste de Marie-France Bertin (UDR) investie par Eric Ciotti, est arrivée troisième avec 18,88% des voix. Se qualifiant également pour le second tour, elle affirme avoir « initié la démarche de fusion des trois listes », ce que Eric Bouillé a refusé. Pour Hélène Spinelli, le score de la liste de gauche est « la preuve que notre projet résonne avec les attentes des Roquevairois ». Cette campagne d’entre-deux-tours reste cruciale et le résultat incertain. Au premier tour, l’abstention s’élevait à 38% et Hélène Spinelli souhaite aller vers ces électeurs, sur le terrain et reste « sereine » pour la suite.

  • À Aix, un ultime meeting pour Sophie Joissains

    À Aix, un ultime meeting pour Sophie Joissains

    La campagne de l’entre-deux-tours prendra officiellement fin ce vendredi soir. En attendant, elle bat, de nouveau, son plein. Si elle est arrivée largement en tête du premier tour, raflant 39,41% des votes, Sophie Joissains s’applique, comme les trois autres candidats maintenus au second tour, à tenir un ultime meeting avant dimanche soir. La rencontre sera programmée dans son local de campagne, situé sur le haut du cours Mirabeau (1 bis), ce jeudi 19 mars, dès 18h30. « Les participants pourront découvrir les engagements portés par la liste Passionnément Aixois, et partager leurs attentes pour l’avenir de la ville », indique l’équipe de campagne par voie de communiqué. Pour rappel, Sophie Joissains, élue pour la première fois en son nom, ayant succédé à Maryse Joissains, sa mère, en 2021, porte un programme qui est axé en priorité sur la « sécurité et la tranquillité publique », aux côtés d’une équipe renouvelée de moitié.

    Un programme axé sécurité

    La candidate promet, sur ce plan, des moyens humains, comme matériels, pour renforcer les effectifs de sécurité. Entre autres, dix agents de police municipale par an, un nouveau commissariat, davantage de caméras de vidéosurveillance. La maire sortante promet, à répétition, de ne pas augmenter les impôts communaux pendant « toute la durée du mandat », d’installer services publics, équipements culturels et sportifs dans chaque quartier et village, et d’adapter la ville à la transition énergétique. Un programme qui se veut dans la continuité de ces dernières années de mandat. « Le résultat [de ce premier tour, Ndlr] montre que cela vient de l’ensemble de la Ville d’Aix. la politique qu’il a menée, je l’ai souhaitée dans le sens de l’intérêt général, dans le sens d’une exigence d’excellence qui puisse concerner tout un chacun et ne laisser personne au bord du chemin, affirmait, à l’issue du premier tour, Sophie Joissains. Ce que j’assure aux Aixois est que sur le plan de la tranquillité publique, sur le plan de la préservation de la ville, nous agissons en profondeur et avec de véritables résultats. »

  • À Aubagne, gauche et centre font front commun pour l’alternance

    À Aubagne, gauche et centre font front commun pour l’alternance

    Salle comble. La fusion a rassemblé, plus que des listes, des soutiens. Jean-Pierre Squillari, à la tête de la liste Aubagne en commun (union de la gauche hors LFI), arrivée à 23,35% des suffrages exprimés au premier tour, et Giovanni Schipani (DVD), tête de liste d’Aubagne mérite mieux (16,1%), fusionnent pour le second tour. Le meeting, organisé mercredi soir dans la salle du Bras d’or, a rassemblé colistiers, militants et habitants venus apporter leur soutien à cette nouvelle liste, à un moment charnière de la campagne.

    La soirée a été introduite par un discours bref, mais à la symbolique forte : Yohann Otokpa, ex-colisitier du candidat Mohammed Salem désormais allié à Gérard Gazay, est venu apporter son soutien à la liste de Squillari, appelant à la mobilisation « pour aller chercher la moindre voix, pour que l’on retrouve Aubagne ». L’un après l’autre, les deux nouveaux alliés se sont ensuite adressés aux centaines d’habitants venus les soutenir. L’occasion pour Giovanni Schipani de justifier son alliance avec Jean-Pierre Squillari, « faite sur des valeurs de solidarité, pour battre le candidat sortant mais aussi pour éviter le pire ».

    Faire front commun

    Dans la salle, cette union est appréciée, en témoignent des applaudissements réguliers, peu importe le candidat. « C’est une union qui a du sens parce qu’avec le maire actuel, Aubagne ne changera pas, et le risque du RN fait réellement peur, car Mme Mélin, c’est contre la solidarité, contre nos valeurs et pour la division », confie Anne-Claude, colistière d’Aubagne en commun. L’objectif premier de l’alliance est bien d’empêcher le duo de tête du premier tour de l’emporter dimanche prochain, un « rendez-vous crucial pour notre belle commune », insiste Jean-Pierre Squillari, qui affirme partager avec son allié « la conscience commune du danger et de l’urgence de s’unir ». Outre l’ambition d’un front commun, les deux insistent sur une union simplifiée par « la compatibilité, parfois la similitude de nos deux programmes, qui convergent vers le même objectif, l’intérêt d’Aubagne », clame Jean-Pierre Squillari, avant de détailler : « Un moratoire immédiat sur les grands projets de bétonnisation, le renouveau du centre-ville, le soutien local au pouvoir d’achat », entre autres choses. Sentiment partagé par leurs soutiens, dont Maurice, colistier d’Aubagne mérite mieux, désormais retiré de la liste, qui observe « deux programmes très proches, qui unis sont porteurs d’espoir, signifient le changement ».

    Les deux chefs de file s’accordent, les 60h qui restent de campagne seront « intenses ». Jean-Pierre Squillari insiste sur « l’importance, dans les jours qui viennent, de nous mobiliser pour que l’espoir soulevé se concrétise le 22 mars ». Si, théoriquement, l’union des deux listes pourrait distancer Joëlle Mélin et Gérard Gazay, reste encore à poursuivre la mobilisation, réduire l’abstention, et « en deux jours, transformer l’essai, car rien n’est gagné », conclut Giovanni Schipani.

  • À Gardanne, la proximité pour agir sur l’abstention

    À Gardanne, la proximité pour agir sur l’abstention

    Pour cet entre-deux-tours, le candidat à la mairie de Gardanne Jean-Marc La Piana (DVG), a décidé d’aller à la rencontre des 43,76% de Gardannais qui ne se sont pas déplacés pour voter lors du premier tour des élections municipales. Arrivé en deuxième position avec 36,48% des suffrages, il affrontera au second tour le maire sortant Hervé Granier (LR), qui a obtenu 43,56% des voix et Bruno Priouret (RN), qui a recueilli 19,96% des suffrages. Pour tenter de renverser la dynamique, le candidat de gauche a choisi de concentrer ses efforts sur les abstentionnistes. « Pour nous, c’est important de mobiliser les électeurs qui se sont abstenus, que ce soit par colère ou résignation, affirme Jean-Marc La Piana. Leur voix compte, il faut qu’ils la fassent entendre. »

    Une campagne de proximité

    Depuis le début de la semaine, lui et son équipe de campagne multiplient les initiatives pour aller au contact des habitants. Porte-à-porte dans les différents quartiers, distribution de tracts et présence renforcée sur les réseaux sociaux : l’objectif est de recréer un lien direct avec les électeurs et de les convaincre de participer au second tour. Pour Jean-Marc La Piana, la proximité reste l’essence même d’une élection municipale. « C’est l’élection la plus belle parce que c’est celle où l’on parle directement aux habitants de leur quotidien », estime-t-il. Le candidat se dit d’ailleurs encouragé par l’accueil reçu lors de ses déplacements. « On est très content parce qu’on rencontre beaucoup de gens qui n’ont pas voté au premier tour et qui nous assurent vouloir participer au second pour garantir l’avenir de la ville », assure-t-il.

    Promesse de rupture avec la municipalité sortante

    Au cœur de son discours, Jean-Marc La Piana insiste sur ce qu’il considère comme la nécessité de tourner la page de la municipalité actuelle. Il critique la gestion du maire sortant, qu’il accuse de manquer de concertation avec les habitants. Selon lui, certains projets pourraient devenir des « scandales à venir » et entraîner une hausse des impôts locaux. « Moi, je veux de la concertation, fini l’opacité ! », martèle le candidat, qui promet de mettre en place des conseils de quartier afin d’impliquer davantage les habitants dans les décisions municipales. Dans son programme, il met également en avant la valorisation de l’éducation et de la culture, ainsi que la mise en place d’une police de proximité pour lutter contre le sentiment d’insécurité. Il annonce aussi vouloir mettre fin au projet de centre aéré. À quelques jours du second tour, Jean-Marc La Piana espère que la mobilisation des abstentionnistes pourrait rebattre les cartes. « Je veux une ville avec du lien et du soin, une ville où on se sent bien », conclut-il.