Author: tecnavia

  • [Passerelle interculturelle] La vision et les actions de la Chine pour la gouvernance mondiale de l’IA

    [Passerelle interculturelle] La vision et les actions de la Chine pour la gouvernance mondiale de l’IA

    L’intelligence artificielle ouvre une nouvelle étape dans le développement de l’humanité. Elle renforce notre capacité à comprendre et à transformer le monde, tout en devenant un moteur majeur du progrès scientifique, technologique et industriel.

    Mais l’IA présente aussi des risques, notamment en matière de sécurité, d’éthique et d’inégalités technologiques. La communauté internationale doit donc trouver un équilibre entre innovation, prévention des risques et partage équitable des bénéfices de l’IA. Dans ce contexte, la Chine défend une gouvernance mondiale de l’IA centrée sur l’être humain et fondée sur le principe d’une « IA au service du bien commun ». Elle soutient l’égalité entre les pays, la coopération, le développement inclusif et un meilleur équilibre entre développement et sécurité.

    La Chine accorde une grande importance au développement et à la gouvernance de l’IA. Elle soutient le multilatéralisme et appelle à une coordination internationale plus forte.

    Aujourd’hui, les pays ont encore des positions différentes sur la sécurité, l’éthique, les responsabilités, les règles de gouvernance et les normes techniques.

    Réduire les inégalités technologiques

    En 2023, la Chine a proposé l’Initiative mondiale pour la gouvernance de l’intelligence artificielle. Celle-ci défend une IA au service du bien commun, sûre, contrôlable, inclusive et équitable. Elle appelle aussi à la création de mécanismes de gouvernance ouverts, efficaces et applicables.

    Tous les pays doivent pouvoir développer et utiliser l’intelligence artificielle. Pourtant, de nombreux pays en développement, notamment dans le Sud global, manquent encore de technologies, de compétences et de capacités de gouvernance.

    La Chine place donc le renforcement des capacités et l’accès aux technologies au centre de son action. Elle a proposé plusieurs initiatives, dont un plan d’action pour une IA au service de tous et l’Initiative de coopération internationale « IA+ ». Elle a également contribué à l’adoption de la première résolution de l’Assemblée générale des Nations unies consacrée au renforcement des capacités dans le domaine de l’IA, ainsi qu’à la création d’un réseau mondial soutenu par l’ONU. À travers des échanges et des formations, la Chine aide les pays en développement à renforcer leurs compétences et à réduire la fracture numérique.

    Transformer les principes

    en actions

    La communauté internationale a déjà adopté de nombreux principes sur la gouvernance de l’IA, mais ceux-ci doivent encore être transformés en actions concrètes.

    La Chine souhaite renforcer la coopération dans les stratégies de développement, les règles de gouvernance et les normes techniques. Son objectif est de fournir davantage de biens publics dans le domaine de l’IA et de contribuer à un système mondial de gouvernance plus ouvert, plus inclusif et plus équitable.

    « Passerelle interculturelle », est un espace dédié aux échanges d’idées et de perspectives entre la France et la Chine. Chaque lundi, grâce à des entretiens avec des personnalités françaises et chinoises ou des sujets sur les deux pays, notre ambition est de créer un pont entre deux traditions intellectuelles, deux sensibilités et deux visions du monde.

  • Dans les Bouches-du-Rhône, un exosquelette pour aider les forestiers

    Dans les Bouches-du-Rhône, un exosquelette pour aider les forestiers

    Directement inspiré du mouvement des crabes, cet engin en projet est issu d’une collaboration entre le Département et Aix-Marseille Université.

  • [Entretien] Stéphane Escafre, président de la Ligue Paca d’échecs : « Les modèles féminins font venir des joueuses »

    [Entretien] Stéphane Escafre, président de la Ligue Paca d’échecs : « Les modèles féminins font venir des joueuses »

    La Marseillaise : Comment les échecs se sont-ils développés dans la région ?

    Stéphane Escafre : La pratique du jeu d’échecs est très ancienne dans la région. Plusieurs clubs ont été fondés au XIXe siècle et sont encore en activité aujourd’hui. On a plus d’une centaine d’années de référence. Dans les années 2000, le ministère des Sports a reconnu les échecs comme un sport. Cela nous a aidés à créer une structure. Depuis une dizaine d’années, nous sommes très présents dans les écoles. Concernant le haut niveau, on a deux clubs très implantés : Marseille Échecs, le plus grand club de France en nombre de licenciés, et L’Échiquier du Roy René, à Aix-en-Provence. Ils sont dans le top 10 français. Chaque année, de nouveaux clubs se créent et les licences ont augmenté de 10 % cette saison.

    Avez-vous le sentiment que les pratiquants sont de plus en plus jeunes ?

    S.E. : Quand j’étais gamin, c’étaient surtout les vieux qui jouaient aux échecs. Des quinquagénaires, des sexagénaires ou des retraités. Aujourd’hui, les jeunes se sont emparés des échecs. Le champion de France actuel a 20 ans. Cela s’explique par plusieurs facteurs. Les interventions dans les écoles sont très importantes. Les animateurs repèrent des talents et les incitent à participer aux championnats scolaires. C’est tout un monde qui existe. Il est un peu caché, mais c’est très structuré, des milliers d’enfants participent à ces compétitions. Les échecs en ligne se sont aussi développés pendant la période Covid et ont joué dans l’arrivée d’un nouveau public.

    Les échecs n’attirent que 20 % de licenciées dans les clubs. Cherchez-vous à féminiser la discipline ?

    S.E. : La mixité des compétitions, mise en place depuis trois ans, a permis de faire venir plus de filles et d’augmenter leur niveau. Il y a aussi des « role model » : les filles s’identifient plus facilement à des joueuses, comme la présidente de Marseille Échecs, Laurie Delorme, ou la joueuse hongroise Judit Polgár. C’est la première femme à avoir battu un champion du monde et elle est dans le top 10 mondial. Ces modèles féminins font venir de plus en plus de joueuses. La série Le jeu de la dame a également permis à de nombreuses filles de voir qu’elles pouvaient dominer les garçons sur l’échiquier. Aujourd’hui, l’augmentation des licences est plus rapide chez les filles. Il y a moins de joueuses, mais tout cela va s’équilibrer.

  • Sillans-la-Cascade : de nouvelles élections en août à cause d’irrégularités sur les bulletins de vote

    Sillans-la-Cascade : de nouvelles élections en août à cause d’irrégularités sur les bulletins de vote

    Situé en lisière du Parc Naturel du Verdon, le village de Sillans-la-Cascade comptant un millier d’habitants est plus habitué à faire parler de lui pour la beauté de sa chute d’eau, qui draine chaque été un flux de près de 100 000 visiteurs parfois difficile à contenir, qu’à défrayer la chronique électorale. Les scrutins des élections municipales ont bien souvent des airs de formalité, avec une seule liste présente. Mais cette année, la liste (SE) « Sillans Ensemble ! » conduite par Christine Apostolo est venue concurrencer celle (également sans étiquette) du maire sortant Christophe Carrière, « Sillans toujours à cœur ».

    Ce dernier, réélu avec 58,79 % des voix, pensait repartir pour un nouveau mandat. Mais un recours, a priori déposé par un électeur de la liste d’opposition devant le Tribunal Administratif de Toulon, a changé la donne. En cause, une irrégularité sur les bulletins de vote de la liste réélue, sur laquelle n’étaient pas précisées les nationalités de deux colistiers ressortissants de l’Union Européenne : Marc Vanden Borre, 3e de liste, de nationalité belge, et Luis Mariano, 9e, de nationalité portugaise.

    Des omissions qui semblent anecdotiques mais qui, à l’arrivée, coûtent cher : le Tribunal Administratif a plaidé en faveur du recours et invalidé l’élection. En conséquence, depuis le 18 juin, c’est une délégation spéciale désignée par la préfecture qui assure provisoirement l’administration de la commune, en attente d’un nouveau scrutin qui se tiendra le 30 août (premier tour), et le 6 septembre en cas de second tour.

    Menace de plainte

    pour diffamation

    De quoi enflammer les débats entre les deux listes, déjà véhéments durant la campagne de mars, et diviser un village qui n’avait jamais connu pareille agitation. Sur les réseaux sociaux, les passes d’armes ont repris de plus belle. Première étincelle : une affiche de soutien d’un collectif citoyen en faveur du maire sortant dénoncée par la liste de Christina Apostolo car réalisée à l’aide de l’IA et présentant une image d’un village… qui n’est manifestement pas Sillans-la-Cascade. « L’opposition joue (encore) aux détectives de pacotille… Quand on n’a aucune proposition concrète pour l’avenir de Sillans-la-Cascade, on s’occupe comme on peut », a rétorqué Christophe Carrière, invoquant des attaques « de tous les côtés, y compris auprès des enfants des candidats ou des jeunes natifs de la commune. C’est bas, c’est méchant, et c’est totalement inacceptable ».

    De quoi susciter l’ire de « Sillans ensemble ! » : « Le comité de soutien à Christophe Carrière met en avant cinq engagements “cardinaux” que même lui ne respecte manifestement pas, en recourant à la calomnie, au dénigrement et à la diffamation. Attention, les propos inventés concernant la soi-disant attaque des enfants et des jeunes de Sillans sont de la diffamation caractérisée, punie par la loi. Contrairement à ce qu’affirme Christophe Carrière, notre programme existe bel et bien, il a convaincu près de 200 électeurs lors des dernières élections. » Le mois d’août promet d’être chaud, et pas seulement sur le thermomètre.

  • Un changement de dates du festival d’Avignon sur la table

    Un changement de dates du festival d’Avignon sur la table

    « Peut-être qu’un jour, on envisagera de faire le festival d’Avignon à Pâques ou à la Toussaint », s’est risquée la ministre de la Culture, Catherine Pégard lors de sa venue à l’ouverture il y a deux semaines. Une éventualité assez lointaine, alors que le festival s’est déjà doté d’un protocole canicule important, avec un travail de nuit pour les techniciens et la multiplication de points d’eaux et d’ombres.

    Un rendez-vous

    « des congés payés »

    Jeudi dernier, lors d’un échange en amont des états généraux de la culture, Tiago Rodrigues a reposé les conditions d’un tel bouleversement dont on comprend, en creux, qu’il n’est pas fan : « Ce n’est pas un festival d’été mais un festival de congés payés et de vacances scolaires qui répond aux enjeux de décentralisation, martèle le directeur du festival d’Avignon. Il commence le premier jour des vacances pour proposer une aventure culturelle inouïe qui n’est pas possible le reste de l’année », rappelle-t-il sur le fond.

    Autrement dit, s’il faut changer les dates du festival c’est à condition de faire évoluer en même temps le calendrier des grandes vacances. « à partir du moment où le code génétique du festival est respecté et que l’on change les congés d’été, oui, sinon cela ne se fera pas avec la même direction », prévient Tiago Rodrigues. L’artiste portugais dirige le festival depuis 2022 et a été reconduit, fin septembre, dans ses fonctions jusqu’en 2030.

  • Aix-en-Provence avance ses pions

    Aix-en-Provence avance ses pions

    Avec Étienne Bacrot, huit fois champion de France et ancien neuvième joueur mondial au classement FIDE, ainsi que Marc’Andria Maurizzi, plus jeune grand maître français de l’histoire à 14 ans, champion du monde junior en 2023 et champion de France en 2025, l’Échiquier du Roy René possède deux représentants parmi les cinq meilleurs joueurs français. Des atouts de poids qui permettent à la formation aixoise de s’imposer parmi les références nationales, aux côtés de Marseille-Échecs et de C’Chartres Échecs, vainqueur du Top 16 lors des trois dernières saisons. En plus de ses cadres tricolores, parmi lesquels figurent également Yannick Gozzoli (12e joueur français) et Mahel Boyer (23e), l’Échiquier du Roy René a renforcé son effectif avec trois internationaux de renom. Parmi eux, le Néerlandais Jorden Van Foreest, classé parmi les 25 meilleurs joueurs mondiaux. Une armada qui a permis au club aixois de terminer cette saison à la deuxième place du championnat, derrière l’incontournable C’Chartres Échecs.

    Tournoi international

    En se faisant un nom dans l’Hexagone, le club aixois parvient chaque année à attirer certains des meilleurs joueurs au travers du trophée Dole, un Open international réservé aux joueurs qui comptabilisent plus de 2 100 points ELO. Parmi les prétendants au titre lors de cette édition 2025, de grands champions comme le Russe Ian Nepomniachtchi ou l’Iranien Parham Maghsoodloo seront de la partie.

  • À Aix, les derniers messages d’Alain Chouraqui pour la démocratie

    À Aix, les derniers messages d’Alain Chouraqui pour la démocratie

    Au pied du Wagon du souvenir, juste en face du Camp des Milles où des milliers de juifs ont été internés, dont une centaine d’enfants, avant d’être déportés, officiels, représentants de la justice, élus et représentants d’associations, se sont rassemblés pour se souvenir des victimes des crimes racistes et antisémites, mais aussi des résistants « ordinaires », dénommés Justes parmi les Nations. Dix-huit, ont été identifiés comme ayant œuvré en faveur des internés du Camp des Milles. Ce soir, c’est aussi la dernière cérémonie officielle à laquelle Alain Chouraqui assiste en tant que Président de la Fondation du Camp des Milles, dont il est fondateur. Ce dernier, a annoncé quitter la présidence le mois dernier, quelque temps après avoir engagé les démarches pour inscrire le site au patrimoine mondial de l’Unesco. « C’est un moment particulier entre moi et la Fondation, confiait en amont de la cérémonie Alain Chouraqui. Il me semble que c’est le moment de rassembler, de mettre en avant les leçons de l’Histoire que nous avons fait émerger dans notre travail de recherche. » Avant de les développer, de revenir sur le travail de la Fondation, initiateur, Alain Chouraqui a d’abord exprimé son « dégoût » après avoir appris, ce même jour, « qu’à Paris a été brisée la plaque en hommage à trois Justes parmi les Nations qui sauvèrent un enfant juif ». Avant de s’atteler à rappeler des points majeurs « qui nous interpellent directement aujourd’hui ». En premier lieu, « la démocratie commence après l’élection (…) l’Histoire confirme qu’une légitimité démocratique ne repose pas seulement sur le suffrage universel : elle exige le respect absolu des droits, des libertés, des minorités et des contre-pouvoirs », rappelle-t-il. Le fondateur de la Fondation a également rappelé que « l’engrenage vers le pire est nourri par tout extrémisme », mais aussi, et surtout, que « chacun peut résister à sa manière (…) La passivité, plus encore que l’indifférence, est le principal facilitateur des persécutions ». La maire, Sophie Joissains, a rendu hommage au travail d’Alain Chouraqui
    « Il a voulu, avec une force immense faire en sorte que cette tuilerie, qui tombait en ruine à l’époque et que tout le monde souhaita voir disparaître – on n’aime pas avoir un souvenir pareil non loin de chez soi – puisse devenir le mémorial qu’il est aujourd’hui », a rappelé la première magistrate.

  • Les fêtes votives de la Sainte-Anne battent leur plein

    Les fêtes votives de la Sainte-Anne battent leur plein

    Chaque soirée rassemble plusieurs centaines d’habitants et de visiteurs autour de rendez-vous qui perpétuent les traditions rovenaines.

    Les festivités ont été lancées en beauté dès le 11 juillet avec une soirée dansante animé par le jeune DJ Dreya Sicky, et se sont ensuite poursuivies, le 13, avec la traditionnelle sardinade de la Sainte-Anne, et le 15 avec un balèti. Des jeux pour enfants et une pièce à partir de 21h30, sont au programme lundi, avant la grande soirée de mardi avec la tournée de La Marseillaise à partir de 20h30. Des fêtes votives qui confirment une nouvelle fois leur succès et continuent d’animer le village.

  • [C’est l’été] Jean-Louis Lautard, apiculteur : « Je suis au service des abeilles »

    [C’est l’été] Jean-Louis Lautard, apiculteur : « Je suis au service des abeilles »

    « La qualité des miels et l’idée qu’en suivant les fleurs, en allant au bon moment au bon endroit des différentes floraisons, je pouvais ramener sur la table le goût de l’endroit m’ont passionné », avoue Jean-Louis Lautard apiculteur. Il précise : « J’ai 69 ans, l’âge de la retraite, mais je suis toujours en activité ». Et pourtant, rien n’était écrit. « Adolescent, j’ai été aidé par hasard un voisin apiculteur. J’ai fait une transhumance avec lui, et ça m’a marqué. L’odeur du miel propagé par les ailes des abeilles qui ventilent, les aiguilles de pin qui brûlent dans l’enfumoir. C’était sensuel, j’en ai gardé un souvenir olfactif inoubliable. »

    « Adulte, très tôt, alors que je n’avais absolument pas l’argent, je me suis dit que ce serait intéressant d’en faire un métier. » C’était il y a 45 ans. « J’ai alors emprunté et j’ai consacré toute mon énergie à ça », poursuit-il tout naturellement.

    Apiculteurs à temps complet, c’est rare. La récolte familiale est souvent l’usage. La majorité n’en fait pas un métier. Jean-Louis, oui, et ses yeux bleus pétillent quand il évoque l’arrivée sur le plateau de Valensole de nuit, l’odeur des champs de lavande au lever du jour.

    Plusieurs cordes à son arc

    « Je suis producteur mais j’ai aussi accepté le mandat de président du syndicat des miels de Provence et des Alpes du Sud (Simpas) » précise ce passionné. Poursuivant : « Je suis aussi chargé de parler très officiellement de la filière car c’est un métier. L’apiculteur a souvent peu d’interlocuteurs. C’est un travail d’équipe où je me suis investi passionnément. Je suis au service des abeilles ». Ce syndicat gère l’indication géographique protégée (IGP) miel de Provence est enregistré au niveau européen depuis 2003, et de fait possède un cahier de charges bien précis. Le label rouge est aussi associé à l’IGP, il est l’unique signe officiel qui garantit une qualité supérieure résultant d’un terroir. Il respecte les bonnes pratiques apicoles comme l’interdiction des mélanges de miels, un signe de qualité. Il est aussi référent au pôle compétence qualité de l’institut de l’abeille (ITSAP).

    Inquiétudes à venir

    Jean-Louis s’assombrit et rappelle que « le miel qui a fait vivre l’apiculture provençale jusqu’ici, c’est le miel de lavande, il représente 60 % de notre économie ». à Valensole, Sault, Albion, dans la Drome provençale, ou le nord du Mont Ventoux… C’est le seul miel issu d’une culture. Les autres proviennent de la nature sauvage. « Il est important de comprendre que le changement climatique majeur est très inquiétant. L’an dernier, avec 40 degrés sur le plateau de Valensole, au mois de juin, au début de la floraison, les lavandes ont fané avant de s’ouvrir, c’est inbutinable. C’est très grave. »

    S’ajoute à ça, la question de la rentabilité de la culture de lavande. Sur le plateau de Valensole, on est à 5 000 hectares arrachés en une année, des arbres sont plantés en remplacement. « Alors on ne peut que se poser des questions sur le devenir des champs de lavande et de fait sur le devenir de la profession », poursuit l’apiculteur.

    Il y a aussi, un autre danger. C’est le développement du frelon asiatique qui est exponentiel, les ruches sont décimées. Il est classé danger sanitaire de 2e catégorie pour l’abeille domestique sur tout le territoire français. « Je suis monté jusqu’à 1 200 ruches, mais c’est très variable. Aujourd’hui, on a des gros problèmes de maintien de cheptel avec cette espèce exotique envahissante », témoigne Jean-Louis.

    Transmission du goût

    Partant du constat que lorsque le climat est complètement déréglé, certaines plantes n’y résistent pas. Comment trouver le nectar et le pollen nécessaires pour avoir de belles ruches ? C’est un cercle vicieux. Quid des grands classiques romarin, bruyère blanche, lavande, sarriette… « Mais on continue, on est des coriaces. La vie, c’est l’adaptation. Mais soyons honnêtes, c’est difficile », soupire l’apiculteur soudain envahi de tristesse. Et de poursuivre « Je me dis qu’on risque de perdre un patrimoine, celui du goût. Si on n’est plus capable de produire, comment va-t-on transmettre le goût du miel authentique ? » Pour ce passionné, le miel est un produit local populaire et répandu. L’apiculteur le martèle : « Le miel de Provence est un patrimoine vivant, pas un produit de luxe réservé à quelques-uns. Je veux que les enfants et petits enfants de demain le connaissent. »

    Filière IGP et Label Rouge

    L’IGP (Indication géographique protégée) est un signe Européen, il garantit un savoir-faire traditionnel. La zone de production du miel d’appellation IGP Miel de Provence englobe une zone spécifique en Paca située à la frontière de la Drôme Provençale et de la partie Est du Gard. Le label Rouge est un signe français attestant d’un goût et d’une qualité reconnue.

  • [C’est l’été] À Istres, la rame traditionnelle se découvre sur l’Olivier

    [C’est l’été] À Istres, la rame traditionnelle se découvre sur l’Olivier

    Depuis cinq ans, l’office de tourisme d’Istres et l’association des rameurs de l’Olivier proposent, chaque été, une initiation à la rame traditionnelle. « L’idée est née d’une volonté commune entre l’office de tourisme et l’association des rameurs de l’Olivier de proposer une activité traditionnelle, de chez nous », explique l’office de tourisme.

    « Une vraie balade immersive et apprenante »

    Tous les lundis, comme ce 20 juillet, de 18h30 à 19h30, les participants embarquent pour une sortie commentée sur l’emblématique étang de l’Olivier, vaste de 220 hectares en plein cœur de la ville.

    Répartis sur deux embarcations de six places, ils s’initient aux gestes de la rame traditionnelle sous les conseils des membres de l’association. « On leur donne les techniques, donc c’est une vraie balade immersive et apprenante », souligne l’organisation. La jauge est volontairement limitée « pour permettre aux participants de bien profiter ».

    Le départ s’effectue depuis le mini-port de l’Olivier. L’itinéraire longe l’oppidum du Castellan, d’où l’on aperçoit le parc Dinosaur’Istres, avant de rejoindre « le pourtour de l’étang, plus isolé et arboré ».

    « C’est une belle balade sur l’étang de l’Olivier pour faire découvrir nos paysages et la rame traditionnelle que peu connaissent », poursuit l’office du tourisme.

    Une activité ouverte à tous

    Locaux curieux de s’initier ou touristes de passage, les profils des intéressés sont variés. « C’est calme comme activité, donc on a surtout des familles », observe la direction. Les enfants peuvent embarquer s’ils sont accompagnés d’un parent, mais seuls les plus de 16 ans sont autorisés à ramer.

    Les inscriptions se font soit directement en se rendant à l’office du tourisme d’Istres, soit en réservant son billet en ligne. Le tarif est fixé à 3 euros par personne.

    Clara Gazel

    Pour réserver en ligne : istres-tourisme.com