Author: tecnavia

  • Belles victoires à gauche et jolis camouflets pour le RN

    Belles victoires à gauche et jolis camouflets pour le RN

    Environ 17,1 millions d’électeurs étaient appelés à voter dans 1 580 communes. Comme la semaine dernière, la participation a été historiquement basse à ce second tour, si l’on fait exception de celle encore plus faible de 2020, en plein Covid-19. Elle s’affiche à environ 57% selon les institutions de sondage, même s’il y a un sursaut dans plusieurs villes où les batailles comprenaient le RN ou LFI.

    Quelques belles victoires pour la gauche

    Marseille, Paris et Lyon : la gauche a réussi à maintenir dans son giron les trois grandes villes du pays. La capitale était dans tous les radars suite aux alliances derrière la candidate de droite et le retrait de celle d’extrême droite. Mais Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche unie hors LFI, a remporté haut la main la mairie de Paris, battant d’au moins dix points sa rivale de droite Rachida Dati qui échoue une deuxième fois à ravir la capitale à la gauche.

    À Lyon, le maire écologiste Grégory Doucet, a été réélu face à l’ancien patron de l’Olympique lyonnais Jean-Michel Aulas, longtemps favori des sondages. Autre trophée : Pau où le socialiste Jérôme Marbot soutenu par Place publique, le Parti communiste et les Écologistes, a délogé l’ex-Premier ministre et président du MoDem François Bayrou, maire depuis 2014. Le PS reprend également Carmaux, fief de Jean Jaurès, perdu en 2020. La maire PS de Dijon, Nathalie Koenders, a confirmé 25 ans de règne socialiste avec une large victoire lors d’une triangulaire avec le RN et une liste de droite-centre-droit. À Lille, Arnaud Deslandes, « héritier » de Martine Aubry est confirmé. Mais les socialistes déplorent aussi quelques pertes comme Foix, Cherbourg, Brest, Besançon… Enfin, le parti communiste peut s’enorgueillir de la prise de Nîmes grâce à la victoire de Vincent Bouget à la tête d’une liste union de la gauche hors LFI, face au RN Julien Sanchez.

    Les alliances avec

    les insoumis échouent

    Côté insoumis, le bilan n’est pas reluisant. LFI a certes réussi à prendre Roubaix après Saint-Denis au premier tour et à gagner la Courneuve, mais aussi Vaulx-en-Velin face aux socialistes ou encore Vénissieux face aux communistes avec 25 voix d’avance. Mais il a perdu Faches-Thumesnil, dans la banlieue lilloise, qui était jusque-là la plus grande ville de France gérée par LFI, le sortant Patrick Proisy ayant été battu par l’ex-LR Brice Lauret. Et surtout, les alliances avec le mouvement de la gauche radicale ne se sont pas avérées payantes dans plusieurs villes.

    À Toulouse, le ralliement des listes socialistes au candidat LFI arrivé en tête au premier tour a échoué. Dans la ville rose, Jean-Luc Moudenc (DVD) a été réélu. À Limoges, le président de la métropole, le LR Guillaume Guérin a remporté le siège de maire, battant la gauche unie derrière le député LFI Damien Maudet qui souhaitait reprendre la tête de cette ville dirigée par le PS pendant plus d’un siècle jusqu’en 2014. À Poitiers, la sortante écologiste Léonore Moncond’huy, qui s’était alliée au parti de Jean-Luc Mélenchon, a été sèchement battue par le centriste Anthony Brottier, tandis que le PS s’était retiré pour contrer cette fusion. Même chose pour une autre édile de la vague verte de 2020, Anne Vignot à Besançon, qui avait réuni toute la gauche mais s’incline face au candidat Les Républicains Ludovic Fagaut. À Strasbourg, la socialiste Catherine Trautmann va redevenir maire, élue avec environ 37% des voix face à la sortante écologiste Jeannne Barseghian à 32,1%, qui s’était alliée avec LFI.

    L’extrême droite rate les grandes villes espérées

    Si Marine Le Pen a voulu se féliciter de voir le RN l’emporter dans des « dizaines » de communes, l’extrême droite a échoué à Toulon avec la députée Laure Lavalette face à la maire sortante SE Josée Massi ainsi qu’à Nîmes où le RN Julien Sanchez, en tête au premier tour, a été battu par la liste d’union de la gauche hors LFI menée par Vincent Bouget. Le RN a aussi perdu la ville de Villers-Cotterêts qu’il contrôlait depuis 2014, face à une liste fusionnée divers centre, menée par une vice-présidente du département, Jeanne Roussel.

    Mais l’extrême droite a réussi à prendre Carpentras, la Seyne-sur-Mer, Fos, Castres… Avec Saint-Avold et Amnéville, Val-de-Briey, le RN s’implante en Lorraine, après la réélection de Fabien Engelmann pour un 3e mandat à Hayange au premier tour et une première dans les Vosges, Nomexy, avec l’élection de Yann Traiteur, 19 ans. Dany Paiva a, lui, remporté Liévin dans le Pas-de-Calais, ville de 30 000 habitants jusque-là ancrée à gauche, renforçant ainsi l’emprise du RN dans le bassin minier. À La Flèche, dans la Sarthe, le RN prend un bastion socialiste depuis 1989. Enfin, avec son allié Eric Ciotti que l’extrême droite arrive à marquer un point dans la grande ville : Nice. Avec la victoire de Union des Droites pour la république (UDR), l’ex-patron de LR incarnant le succès de la stratégie d’union de la droite et de l’extrême droite, que le président du RN, Jordan Bardella, tente d’imposer dans la course à l’Élysée.

    Petites prises de la droite

    et de Renaissance

    À la tête de nombre de villes petites ou moyennes, la droite ne dirige plus qu’une poignée de villes de plus de 100 000 habitants. À noter la réélection d’Edouard Philippe (Horizons) au Havre dont il avait fait un préalable pour se présenter à la présidentielle. La droite parvient à tirer son épingle du jeu, notamment là où les alliances à gauche n’ont pas convaincu. Ville socialiste, Clermont-Ferrand tombe dans l’escarcelle des républicains : Julien Bony l’emporte face à une liste menée par le maire socialiste sortant Olivier Bianchi qui avait fusionné avec LFI. Même Tulle, ville de François Hollande, où le même type d’alliance a été conclu, bascule à droite au détriment encore une fois du PS.

    Le secrétaire général de Renaissance, Gabriel Attal, dont le parti ne remporte que peu de nouvelles villes, dont Bordeaux et Annecy, a d’ailleurs tendu la main aux électeurs de la gauche républicaine « écœurés » par les « accords » entre le PS et LFI.

    La présidentielle

    dans le viseur

    Sans perdre un instant, le chef des députés LR Laurent Wauquiez, a estimé que « le résultat des municipales doit nous projeter sur 2027 » : « si on est divisés, il n’y aura pas de candidat de droite au second tour ». Et Gérald Darmanin (Renaissance) a insisté pour qu’il n’y ait à la présidentielle qu’« un seul candidat de la droite et du centre » et peut-être même de la gauche républicaine.

    De son côté, le secrétaire général du PS Pierre Jouvet a constaté que « La France Insoumise fait perdre », tandis que l’Écologiste Marine Tondelier reconnaissait que « les partisans des gauches irréconciliables ont gagné ».

  • Michaël Delafosse réélu à la mairie de Montpellier

    Michaël Delafosse réélu à la mairie de Montpellier

    Michaël Delafosse a lui-même annoncé sur les réseaux sociaux la victoire de sa liste « Demain Montpellier ».

    « Nous sommes très largement en tête, avec près de 51% des suffrages selon les premières tendances. N. Oziol (LFI) 25% et M. Altrad 24%, la victoire est acquise, elle est celle de la cohérence, de la clarté et du sérieux », a déclaré le maire sortant, réélu ce dimanche soir. Le résultat définitif le crédite en fait de 53,61% soit 20 points de plus qu’au premier tour. « Merci à toutes et tous de votre confiance, nous allons continuer à affirmer Montpellier comme une ville plus solidaire, plus écologique, plus innovante et plus fraternelle. Une ville qui porte avec résolution et sans concession les valeurs de la République. Ce soir, cette victoire de la gauche et de l’écologie est une belle nouvelle pour une gauche en grande difficulté dans le pays. Le laboratoire montpelliérain doit inspirer l’indispensable remise en mouvement des forces progressistes face à la vague conservatrice et réactionnaire », a développé Michaël Delafosse.

    Ses deux concurrents en lice pour cette triangulaire ont amélioré leur score du premier tour. Nathalie Oziol pour la France insoumise a obtenu 23,6%. La députée de l’Hérault avait réalisé 15,35% au premier tour et le milliardaire Mohed Altrad avait recueilli 11,31% et a obtenu 22,79% au second tour.

    Agde bascule au RN

    Dans l’Hérault, le taux de participation s’établissait à 17h à 54, 93%. Si la ville de Montpellier reste ancrée bien à gauche, l’extrême droite déloge la droite en perdition à Agde, sa première commune dans l’Hérault avec l’élection de Aurélien Lopez Liguori (54,87%) face au divers droite Thierry Nadal (45,13%).

  • À Marseille, les votants défilent à Saint-Vincent-de-Paul

    À Marseille, les votants défilent à Saint-Vincent-de-Paul

    Le bureau de vote 501, logé aux côtés des bureaux 451 et 502 dans l’école maternelle Saint-Vincent-de-Paul (4e), était au premier tour le meilleur élève marseillais : 27,54% d’abstention seulement, soit le plus faible taux de la cité phocéenne. À 19h50 dimanche, la tendance semblait se confirmer avec 70,73% de participation. « On n’a pas énormément d’inscrits, seulement 639, mais c’est vrai qu’ils sont au rendez-vous, note Michèle, présidente du bureau. Et on voit de tout : des jeunes, des vieux et des familles. » En sortie d’isoloir, les inscrits sont surpris de leur première place. « Je m’étonne mais je suis plutôt fier, s’enthousiasme Guillaume, dentiste de 40 ans. Après, nous sommes dans un quartier assez socialiste, avec un bon degré d’instruction, sans doute que ça aide ». Car l’abstention s’explique aussi peut-être par un manque de politique concertante, accessible. C’est en tout cas ce que suggère Pierre-Laurent, musicien de 55 ans installé dans le quartier depuis plus de 10 ans. « Je comprends aussi qu’apparaisse un certain ras-le-bol, une sensation d’impuissance, se désole-t-il. On peut avoir l’impression que ça tourne en rond, c’est un sentiment qu’on a tous déjà eu. » Gaspar, 19 ans, qui votait ce dimanche pour la deuxième fois, comprend lui aussi quelques-uns des arguments abstentionnistes. « J’ai deux trois amis qui ne voulaient pas voter. Ils disent que les politiciens sont tous pareils. Je suis un peu d’accord, mais je pense qu’il faut quand même venir, même pour mettre un bulletin blanc, défend-il. Bon, finalement, j’ai convaincu un de mes potes, qui est même allé voter motivé au deuxième tour. » Installés juste à quelques mètres, les bureaux 451 et 502 avaient mobilisé au premier tour 67,48 et 67,01% des inscrits.

  • À Marseille, l’impression d’un « bureau fantôme » au Parc Kalliste

    À Marseille, l’impression d’un « bureau fantôme » au Parc Kalliste

    « Quatre votants entre 8h et 9h. Je suis choquée, je n’ai jamais vu ça de ma vie », n’en revient toujours pas Nassima, en indiquant le tableau de suivi de participation. Secrétaire adjointe du bureau de vote 1581, établi en ce dimanche 22 mars dans l’école élémentaire du Parc Kalliste, elle en a pourtant écumé et supervisé depuis une vingtaine d’années, des lieux où la désaffection des électeurs symbolise le sentiment d’abandon qu’ils nourrissent vis-à-vis des politiques. « Mais pas à ce point-là. On a l’impression que c’est un bureau fantôme », exprime avec dépit l’une des secrétaires de ce bureau de vote qui a concentré, lors du premier tour des élections municipales, il y a une semaine, le plus fort taux d’abstention de tout Marseille. Sur 819 inscrits, y ont été dénombrés 172 votants, soit une participation de 21%. Au cœur de cette copropriété dégradée du 15e arrondissement, dans le quartier Notre-Dame-Limite, il est 16h en ce jour de second tour et le tableau affiche 158 votants. « Les gens n’ont pas envie de venir. Ils n’ont plus du tout confiance en la politique », ne peut qu’observer, comme une majorité de présents, Linda Boadis, secrétaire générale d’un bureau dont les assesseurs s’enthousiasment à chaque arrivée d’un nouveau votant. « Tu votes ici pour la mairie centrale, puis tu fais le tour et tu fais la même chose avec la mairie de secteur. C’est bien que vous soyez venus », s’adresse-t-elle en direction de deux jeunes qui font leur devoir de citoyen pour la première fois.

    « Tant de promesses »

    Une satisfaction hélas trop rare tout au long de cette journée où le peu d’enveloppes bleues et marron des deux urnes se comptent aussi peu que les bus 97 qui passent dans le quartier. Le désert. « On nous fait tant de promesses ici depuis l’époque de nos grands-parents qu’ils n’ont plus du tout confiance. Des promesses de logements, de transports, d’écoles, de travail », estime Marco, la trentaine, qui a tout de même fait l’effort de se déplacer à Kalliste depuis le 10e arrondissement où il habite désormais. Quelques minutes après lui, Ounaya et Saira Sidi, deux jeunes sœurs résidant à Kalliste depuis une vingtaine d’années, lui emboîtent le pas. « C’est mon frère qui m’a convaincue de venir. Il m’a parlé de ce qu’il s’est passé au premier tour et qu’il fallait absolument que je vote », explique la cadette qui déplore entre autres le trop « grand nombre d’enfants dans les rues et le quartier qui se vide avec les destructions et travaux de certains bâtiments ».

    Jugement sur pièce

    Au sein de cet ensemble construit dès 1958 pour accueillir à l’origine les rapatriés français d’Indochine, les problèmes se sont accumulés : de l’insalubrité à la violence en passant par les squats sur lesquels les marchands de sommeil se sont goinfrés. Des travaux de démolition du bâtiment G de la cité ont démarré il y a plus d’un mois. Bailleur social de la Ville, Marseille Habitat a racheté au fil du temps ses 129 logements pour y parvenir. Un chantier dans le cadre du Nouveau programme national de renouvellement urbain qui prévoit notamment un parc, aire de jeux pour minots, écoles ou encore la reconstruction de logements privés et sociaux. « On ne peut pas se contenter de la situation actuelle mais les choses sont en train de se faire, personne ne peut le nier. Les crédits sont lancés », réagit Hedi Ramdane (DVG), adjoint au maire en charge de la jeunesse et élu des 15-16. « Il y a eu quelques évolutions, mais ça a pris énormément de temps. J’ai vu les plans de ce que le quartier allait devenir. Ça me plaît sur le papier. Mais je ne demande qu’à voir. Est-ce que tout cela va marcher et être tenu ? », s’interroge Louiza, ici depuis 33 ans. Il est 20h. Le bureau ferme. La participation atteint cette fois 23,96%, soit 196 votants.

  • Arnaud Murgia réélu à Briançon

    Arnaud Murgia réélu à Briançon

    Briançon Territoire Vivant, liste citoyenne d’union de la gauche qui présentait un visage collectif avec quatre têtes de liste, récolte 38,09% des voix. Richard Nussbaum (sans étiquette) est lui crédité de 13.55% des votes. Si la liste citoyenne n’est pas parvenue à créer la surprise face à Arnaud Murgia, l’une de ses têtes de liste, Vincent Virat a affirmé que son équipe était « fière d’avoir obtenu un résultat plus qu’honorable pour un mouvement encore jeune, créé il y a à peine plus d’un an ». Mais aussi « d’avoir tenu la dragée haute malgré les récentes attaques du maire sortant et d’avoir bâti une union de la gauche ». Vincent Virat a d’ores et déjà annoncé que son équipe allait poursuivre sur sa lancée en créant une association Briançon Territoire Vivant, qui aura pour but de « continuer à faire le lien entre les élus d’opposition et les citoyens, à les informer et à les impliquer sur ce qui se passe au conseil municipal ».

  • Roger Didier reconduit à la tête de Gap d’une courte tête

    Roger Didier reconduit à la tête de Gap d’une courte tête

    « Il n’y aura pas rupture, pas de temps perdu, nous allons tout de suite nous remettre au travail. » Entouré de son équipe et de ses soutiens, le maire sortant de Gap, Roger Didier (divers droite) peut savourer, il est réélu à Gap pour la quatrième fois de suite. Savourer, et souffler également, car le scrutin aura bel et bien été aussi serré qu’annoncé. Le maire sortant l’emporte avec une centaine de voix d’avance sur l’alliance de gauche emmenée par Élie Cordier, d’après les estimations en début de soirée.

    Il y avait des motifs de croire à un retournement de situation malgré l’avance nette de Roger Didier au premier tour (40,58%). En effet, Elie Cordier (union de la gauche), arrivé deuxième avec 26,91% des votes avait fusionné dès lundi avec la liste de Charlotte Kuentz (gauche citoyenne) qui avait elle récolté 18,68% des voix. Mathématiquement, la gauche pouvait l’emporter. Mais il semble qu’une mobilisation plus prononcée des soutiens du maire sortant et une réorientation d’une partie des votes du candidat RN Raphaël Leroux, qui avait réalisé 10,94% des voix au premier tour et en récolterait environ cinq au second d’après les estimations, aient joué en sa faveur.

    Des scores plus faibles qu’en 2008 et 2014

    « Je tiens à remercier les plus de huit mille électeurs qui nous ont accordé leur confiance », a entamé Roger Didier avant d’avancer son bilan comme clé de sa réussite. « Nous avons su faire entendre notre voix, grâce au travail que nous avons accompli, à notre très, très bon bilan pour la ville. La ville de Gap a connu des progrès sur plusieurs aspects, un progrès démographique, un progrès de qualité de vie, la ville a été modifiée, embellie, elle est dynamique. » Cette action pour la ville, l’édile entend bien la poursuivre et au plus vite. « Nous sommes déjà en place pour commencer, dès demain, à réaliser les 100 propositions que nous avons présentées pendant la campagne », a-t-il annoncé.

    Plus contesté qu’au cours des deux précédents scrutins, avec un score au premier tour plus faible qu’en 2008 et 2014, Roger Didier a cependant, une nouvelle fois, su convaincre les Gapençais de lui accorder leur confiance. Lancé tard dans la campagne, voulant vivre son mandat de maire jusqu’au bout, le sortant, désormais réélu, se disait confiant dans son bilan pour la ville, qu’il estime partagé et reconnu de ses concitoyens. Dans les rangs la liste Agir ensemble pour Gap, fusion d’Union pour Gap et d’Ambition pour Gap, il y avait évidemment de la déception tant la victoire paraissait possible, et tant le sort du scrutin se sera joué à peu de voix.

    « Une union d’opposition intransigeante »

    Mais il y avait aussi le sentiment d’avoir construit quelque chose pour l’avenir. « C’était presque inespéré d’en arriver là même si l’on aurait aimé gagner, a réagi la tête de Liste Elie Cordier. Nous sommes partis de rien et nous sommes arrivés à cent voix de Roger Didier, nous avons réussi à créer une dynamique hors-norme, qui va se poursuivre. » Pour la nouvelle tête de liste, qui a tenu à remercier les électeurs qui ont fait confiance à sa candidature, « une nouvelle campagne démarre ». Il s’engage déjà à ce que « l’ union de citoyens humaine et cohérente », construite autour de sa candidature, devienne « une union d’opposition, intransigeante et constructive au conseil municipal ».

    Du pain sur la planche pour la liste d’union des partis de gauche d’Elie Cordier (PS, PCF, Écologistes) et le mouvement citoyen de Charlotte Kuentz.

  • Lila Desjardins devient la première femme élue maire de Peyruis

    Lila Desjardins devient la première femme élue maire de Peyruis

    « Dès le début du mois d’avril, nous allons déposer le dossier pour faire un café brasserie. » Dimanche soir, à peine élue, Lila Desjardins se disait déjà prête à commencer à mettre en place les engagements qu’elle a pris durant sa campagne. « On va faire en sorte de répondre aux attentes des Peyruisiens. Il y a beaucoup d’attentes, donc beaucoup de travail », a-t-elle expliqué, fière d’être la première femme élue maire de Peyruis.

    « On a fait un travail sérieux, en profondeur, qui a porté ses fruits. On s’est attachés à répondre aux besoins », a lancé la conseillère départementale en binôme avec René Villard. Elle s’est particulièrement réjouie d’avoir passé la barre des 50%, ce qui lui évite de perdre un siège. « Cela me crevait le cœur de perdre quelqu’un de mon équipe », alors qu’elle avait eu 48% des voix au premier tour.

    « Du renouveau et de l’action »

    Lila Desjardins est arrivée loin devant la candidate RN-UDR Aurélie Abeille (19%) et le maire sortant DVG Patrick Vivos (29%). « Les Peyruisiens ont fait le choix du renouveau et de l’action », a conclu la gagnante. Le conseil municipal d’installation devrait avoir lieu samedi, ont indiqué le maire sortant et Lila Desjardins. « Cela a été dur. On a subi des attaques. On a décidé de ne pas répondre et de continuer comme on avait fait pendant toute la campagne pour présenter notre travail aux Peyruisiens », a expliqué la nouvelle élue.

  • Julien Di Benedetto l’emporte à Digne-les-Bains

    Julien Di Benedetto l’emporte à Digne-les-Bains

    Le candidat sans étiquette Julien Di Benedetto est arrivé largement en tête (60,88%) devant son seul et unique adversaire restant pour le second tour, Gilles Chalvet (39,12%), étiqueté divers centre par la préfecture, mais proche de la droite. Les deux autres candidats qualifiés pour le second tour s’étaient désistés, Jean-Luc Brochier (DVD) pour « faire barrage à la gauche » dont Julien Di Benedetto est pourtant éloigné, et Francis Kuhn face à la « trahison » de la maire sortante, Patricia Granet-Brunello, dont il était le premier adjoint. Cette dernière avait contre toute attente soutenu Julien Di Benedetto au lieu de Francis Kuhn à l’issue du premier tour.

    La victoire n’était pas certaine pour le candidat avec ces désistements et des voix qui auraient pu se reporter vers son adversaire, Gilles Chalvet. Mais de nombreux électeurs se sont reportés vers lui face à l’absence de la gauche dans ce scrutin, dans une ville pourtant historiquement à gauche. Beaucoup se sont cependant inquiétés, lors de l’entre-deux-tours, de voir le candidat évoquer des figures de la droite locale lors de son meeting.

    Soutiens de la droite locale

    Julien Di Benedetto s’est défendu, dimanche soir depuis sa permanence, d’avoir évoqué ces personnalités de droite, comme David Gehant (maire DVD de Forcalquier) et Camille Galtier (maire DVD de Manosque), pour séduire des électeurs de droite et se détacher de l’image proche de la gauche qu’on lui donne. Il dit avoir évoqué David Gehant en tant que vice-président de la Région, car « nous avons un projet de rétablissement des liens avec la Région. Nous avons besoin de ces liens », a-t-il expliqué. Il s’est encore félicité, dimanche soir, d’avoir le soutien de David Gehant et de Renaud Muselier (Renaissance).

    Des éclats de joie, des cris et des klaxons se sont fait entendre dans le centre-ville à l’annonce des résultats. « Il a gagné ! », hurlaient certains habitants. « Notre élection était regardée et attendue, on a des messages de félicitations de tout le département et d’ailleurs », a affirmé le nouvel élu de retour dans sa permanence après les résultats, s’adressant à ses soutiens venus en nombre. « Un tel résultat était quasi inespéré. »

    « C’était une semaine surprenante, c’est le moins qu’on puisse dire », a encore déclaré Julien Di Benedetto, évoquant les désistements de ses adversaires. « Je suis désolé, les mecs de droite nous félicitent », a lancé l’un des colistiers, alors que l’équipe de Julien Di Benedetto rassemble colistiers de gauche et de droite.

    Conseil d’installation samedi à 9h.

  • Carpentras emportée par la vague brune devant une gauche divisée

    Carpentras emportée par la vague brune devant une gauche divisée

    La division de la gauche à Carpentras aura donc conduit à ce que la mairie tombe, pour la première fois de son histoire, entre les mains de l’extrême droite. C’est le candidat du Rassemblement National, Hervé de Lépinau, qui l’emporte avec une majorité absolue, avec 50,78% des suffrages exprimés, et obtient 30 sièges au conseil municipal. Francis Adolphe (DVG), maire de 2008 à 2018, contraint de quitter ses fonctions après une condamnation pour violences conjugales, arrive deuxième avec 24,70% et obtient 5 sièges. Le maire sortant, Serge Andrieu (DVG), recueille quant à lui 24,52% et 4 sièges. L’abstention reste élevée : 40,68%.

    À 20 heures, dans les couloirs de l’Hôtel de ville de la capitale du Comtat Venaissin, l’annonce des résultats par Serge Andrieu a commencé avec un souffle d’abattement devant une centaine de personnes acquises à la cause du candidat du parti à la flamme. Après quelques railleries venues du camp d’extrême droite du député de la 3e circonscription de Vaucluse, et avoir serré la main du nouveau premier édile, Serge Andrieu file sans dire un mot.

    Il s’exprimera finalement par communiqué quelques minutes plus tard. « Le résultat de ce soir est une terrible nouvelle pour Carpentras. L’extrême droite remporte notre ville. Elle va en faire son laboratoire, y développer des politiques xénophobes, inégalitaires et profondément injustes. Ce résultat, ce sont les plus faibles, les plus précaires, qui en paieront le prix pendant les prochaines années », pose-t-il. Avant de s’attaquer à celui avec qui une fusion n’a pu s’effectuer : « La responsabilité de Francis Adolphe dans la période sombre qui s’ouvre est immense. Sa haine à mon égard, son orgueil, sa soif de revanche ont condamné notre ville au pire », assure-t-il, avant d’ajouter que « pour contrer l’extrême droite, nous avons besoin de clarté, de conviction et de constance. Tout ce dont Francis Adolphe est dépourvu. L’égo de Francis Adolphe, condamné par la justice pour violences conjugales, était démesuré. C’était profondément contraire à mon honneur de marchander la démocratie ». Il conclut qu’il ne se dérobera pas à ses responsabilités et que « l’heure est donc désormais celle d’une nouvelle génération, qui doit organiser l’opposition à l’extrême droite dans notre ville ».

    « Pff, c’est tout »

    L’ambiance était tout autre au sein du QG de campagne du troisième protagoniste qui, malgré sa défaite, a fini second en devançant Serge Andrieu de seulement 22 voix. « Ça va, on est devant Andrieu », glisse un de ses soutiens. « On est devant Andrieu, j’emmerde le reste », lance une autre. « On n’a rien pu faire. Je ne vais pas verser de larme car je suis toujours dans le coup d’après », lâche, la voix cassée, Francis Adolphe devant une tablée remplie de boissons et de chips. Et comme seule réaction à l’élection de Hervé de Lépinau, un « Pff, c’est tout ». Ses yeux sont désormais tournés vers la Communauté d’Agglomération Ventoux Comtat Venaissin : « J’apporterai ma voix au candidat qui sera le plus proche de nos valeurs, c’est-à-dire qui ne sera pas dans l’extrême droite. Et le combat sera là. » Un combat après l’autre. Mais la division mène à la chute.

    Le vainqueur du soir était lui-même présent en mairie, avec à ses côtés les deux candidats d’extrême droite qu’il avait devancés au premier tour et qui l’ont rejoint ou soutenu au second. À savoir Bertrand de la Chesnais, ancien directeur de campagne d’Éric Zemmour, et Christian Richaud-Simoni, qui était initialement investi par le parti à la flamme, puis désinvesti suite à la découverte de tweets racistes dont quatre colistiers ont rejoint Hervé de Lépinau. Les trois se sont affichés main dans la main. Hervé de Lépinau se réjouit d’une alliance « pas si évidente » et assure qu’il va « redonner du dynamisme » à la ville, sans accabler le bilan du maire sortant. Interrogé sur les inquiétudes des associations concernant d’éventuelles baisses de subventions, il affirme vouloir s’appuyer sur la loi NOTRe de 2015, qui redéfinit les compétences entre collectivités, et précise qu’il attendra des résultats pour chaque contrat passé. Une annonce qui n’augure rien de rassurant pour les structures associatives.

  • À Avignon, Olivier Galzi déloge la gauche de l’hôtel de ville

    À Avignon, Olivier Galzi déloge la gauche de l’hôtel de ville

    « Sunday bloody sunday. » Il est un peu plus de 19h, ce dimanche soir et la sono du pub du centre-ville où la gauche a installé son QG d’un soir recrache le fameux tube de U2. Un titre annonciateur au vu de la tête des quelques militants et responsables de campagne dont les visages fermés tranchent avec ceux entraperçus quelques minutes plus tôt à quelques mètres de là chez Olivier Galzi (DVD). Les premières centaines de bulletins favorables à la droite seront confirmées par l’issue finale : Olivier Galzi remporte la mairie avec 40,62% des voix, une progression de 13 points en une semaine. Il devance la liste de David Fournier (PS, 38,01%) qui avait fusionné lundi dernier avec celle de Mathilde Louvain (LFI). Une alliance qui a fonctionné puisque la gauche en cumulé gagne 400 voix. L’ex-journaliste TV semble avoir profité du net recul de la candidate RN, Anne-Sophie Rigault. Elle passe de 25,52% à 21,37% (-800 voix) malgré une participation en hausse de 4%. Anne-Sophie Rigault perd plus de 10 points par rapport à son score de 2020, passant de 8 à 5 élus au prochain conseil municipal.

    Lors de l’installation du conseil municipal prévu en fin de semaine, Olivier Galzi devrait donc succéder à Cécile Helle, maire (PS), qui ne se représentait pas après deux mandats. Nouveau venu sur la scène politique, entré en campagne en septembre avec la volonté de dépasser les partis, Olivier Galzi aura réussi son pari : « Ce vote est l’expression d’une volonté de changement, du refus des alliances politiciennes et partisanes, placer une liste sans étiquette, sans partis structurés derrière, c’est arrivé nulle part dans la grande histoire politique d’Avignon, un nouveau chapitre s’ouvre », réagit Olivier Galzi, sous les vivats de son QG. Interrogé sur la virulente dernière semaine de campagne, où il a qualifié la fusion PS-LFI « d’alliance de la honte », le futur maire estime qu’il « n’y a pas de fracture à Avignon, nous avons de très bons résultats dans tous les quartiers ». Se sent-il redevable envers l’électorat d’extrême droite ? « Je ne connais pas le pedigree des électeurs qui ont voté pour moi », minore Olivier Galzi promettant d’être « le maire de tous les Avignonnais, même ceux qui n’ont pas voté pour moi ».

    À gauche, les visages sont fermés. Au pub de la place Pie, certains candidats peinent à masquer leurs larmes. D’autres évacuent la défaite en chantant. « C’est un hold-up », fulmine Rémy Blanc (PCF) qui siégera dans l’opposition. Trop tôt encore pour se livrer à une introspection et savoir « pourquoi les quartiers populaires ne se sont pas assez mobilisés, j’espère qu’ils ne seront pas maltraités ». « Sa stratégie de com’ a fonctionné », déplorait-on dans l’équipe de campagne de Mathilde Louvain au sujet d’Olivier Galzi, où chez ce dernier, on se félicitait d’avoir donné le tempo de cet entre-deux tours en cornerisant totalement Anne-Sophie Rigault.

    La gauche sonnée mais prête au combat

    Après une pensée pour « les habitants qui ont perdu, car le projet de M. Galzi va les mettre en difficulté », Mathilde Louvain pointe la campagne très droitière du vainqueur. « Il a dragué l’électorat du centre gauche puis du centre droit avant d’appeler les électeurs RN à voter pour lui, il se révèle être le candidat de la droite extrême », analyse l’insoumise, assurant qu’elle sera « au combat pour porter nos valeurs dans l’opposition ». De son côté, David Fournier est resté dans son local de campagne, pas le cœur à une grande réunion à gauche, mais digne dans la défaite. « Je n’ai pas le droit de flancher pour eux », souffle-t-il en écho aux colistiers et militants. Lui aussi, note « un siphonnage des voix du RN par Olivier Galzi ». « Par rapport à nos 11 000 électeurs, nous avons le devoir de poursuivre notre action et nous serons très attentifs aux urgences sociales et environnementales face au démantèlement programmé des services publics ainsi que dans la lutte contre le clientélisme », prévient l’adjoint au maire sortant.

    Même s’il ne met pas sa défaite sur ce compte-là, David Fournier dénonce « une campagne sale et détestable, où on m’a traité d’antisémite, d’avoir du sang sur les mains, je ne tolérerai aucune illégalité ». Des plaintes pour diffamation devraient être déposées par Mathilde Louvain et David Fournier contre Olivier Galzi. La possibilité d’un recours était aussi envisagée pour infraction au code électoral. Dans la nuit de vendredi à samedi, des panneaux de campagne ont été recouverts avec des affiches « l’extrême gauche tue, PS-LFI complices » et la permanence du député Raphaël Arnault (LFI) a aussi été vandalisée.