Author: tecnavia

  • La Ville s’investit pour la petite enfance

    La Ville s’investit pour la petite enfance

    La visite, ce vendredi, de la crèche Chave, rythmée par les comptines et les jeux des enfants, était l’occasion pour les élus municipaux, Juliette Masson (Mad Mars) et Didier Jau (EELV), de constater la qualité des équipements de la structure et d’exprimer leur volonté de garantir « la qualité d’accueil, le bien-être des enfants et l’accompagnement des familles » dans toutes les crèches de la ville.

    La structure municipale a obtenu le label « Écolo-crèche » fin 2025. « On avait une structure qui se prêtait à la labellisation, mais elle implique quand même des changements de pratique. On a donc mis plein de choses en place, comme des projets en plein air pour les enfants ou notre processus de nettoyage sans produits chimiques, avec seulement de l’eau », explique Amélie Meyronneinc, la directrice. La crèche propose aussi une alimentation respectueuse de l’environnement, avec des produits issus de circuits courts, et se démarque par la présence de sols naturels dans ses espaces extérieurs. « C’est une fierté d’avoir obtenu ce label. C’est un dispositif qui plaît aux parents car c’est un gage de qualité par rapport à la garde de leurs enfants », ajoute-t-elle.

    La Ville a identifié les différents axes de progression pour les établissements d’accueil de la petite enfance. Juliette Masson assure qu’ils « ambitionnent de lutter contre les disparités territoriales en termes d’accueil, en ouvrant 1 000 places supplémentaires dans les crèches, et de garantir un accueil inclusif, de manière inconditionnelle, pour que tous les Marseillais de moins de 3 ans puissent s’épanouir ».

  • Le village des sciences attend le public durant tout le week-end

    Le village des sciences attend le public durant tout le week-end

    On a tous le même squelette que l’on soit noir ou blanc, homme ou femme » explique une animatrice de l’Unité mixte de recherche (UMR) anthropologie bioculturelle, droit, éthique et santé devant des enfants du CE2 de l’école Louis-Botinelly (4e) massés en cercle autour du dessin d’un squelette grandeur nature. Questions et réponses fusent dans une joyeuse ambiance vendredi, jour dédié aux scolaires dans le village de la science installé sur l’esplanade Bargemon.

    Vient le discours d’ouverture du directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique, délégué régional académique à la recherche et à l’innovation Jean-Luc Parrain. Il souligne « les valeurs de partage, de savoir et d’ouverture qui caractérise cette grande fête. On doit toujours lutter contre les stéréotypes. L’égalité est fondamentale au cœur de la famille mais ensuite à l’école. » Samedi et dimanche, 8 000 personnes sont attendues sur le village ouvert à tous gratuitement, avec un nombre toujours croissant d’interactivité. « Cette 35e édition propose 55 stands et 65 structures participantes », rappelle Solène Merer directrice en région des Petits débrouillards, association organisatrice du village à Marseille.

    à l’extérieur, des tentes blanches sont disposées les unes à côté des autres. Les enfants s’engouffrent très curieux de savoir ce qu’ils vont y découvrir. à l’intérieur, planètes et système solaire attendent leur public, et les expériences de physique ravissent les scolaires qui découvrent que la magie a parfois une explication rationnelle. Sur le stand de l’Institut méditerranéen d’océanologie (MIO), Guillaume Marchessaux, chercheur et spécialiste des espèces invasives sensibilise au crabe bleu. Ambassadeur pour la région Paca, il animera deux conférences intitulées : « Et si on mangeait du crabe bleu pour le réguler ? » ce week-end.

    Samedi et dimanche. 10h-18h.

  • Le O’Brady’s passe le cap des 30 ans

    Le O’Brady’s passe le cap des 30 ans

    Le dix octobre est une date historique du côté de Sainte-Anne.

    Il y a trente ans, jour pour jour, Jean-Luc Bardy réalisait son rêve de gosse. « Ce projet est né alors que j’étais sur les bancs du collège du Roy d’Espagne. Je n’arrêtais pas de dire qu’un jour, je serai derrière le comptoir d’un pub irlandais ! » Alors qu’il dit ces mots, dans un coin de son rêve devenu réalité, Lionel Laugier acquiesce. Ami d’enfance de l’intéressé, le président de l’Ovale beach Marseille ne peut que confirmer.

    D’autant plus qu’il y a trouvé un lieu pour préparer les tournois de son équipe. Et y célébrer les titres européens. Car, en trente ans, le O’Brady’s s’est ancré dans le paysage festif et sportif marseillais. Devenant le lieu de rendez-vous des amateurs de rugby, mais aussi de football et d’autres sports. « Tous sont les bienvenus pour partager un moment de convivialité », invite Jean-Luc.

    Dans une vaste salle aux couleurs de l’Irlande, et du Celtic, club mythique de la communauté irlandaise en Ecosse, les meilleurs whiskeys venus de la verte Erin sont à la carte. « Il n’y a que des whiskeys et pas de whiskies, nous sommes amateurs d’Irlande, pas d’Ecosse », précise-t-il. Sans oublier les bières, avec la fameuse Guiness, la meilleure de Marseille d’après les spécialistes, que Michæl Freer, le plus Marseillais des Irlandais, a mis deux ans avant « de trouver le moyen de la tirer comme à Dublin ».

    Balle au pied

    Si le rugby est au cœur de l’univers du O’Brady’s, le ballon rond a aussi sa place. Car, quelques semaines après la création du pub, une équipe de football a suivi. Avec ses maillots cerclés vert et blanc, elle écume les stades de France et de Navarre et y a glané 4 coupes de France FSGT et une Coupe La Marseillaise.

    « Nous avons plusieurs sections, des seniors, des vétérans, mais aussi une équipe à 7 et du walking foot », détaille le président Sylvain Darmagnac. Ses joueurs se retrouvent les lundi et vendredi soir, plus le mardi concernant le walking foot. « Au début, nous avions beaucoup d’étudiants anglo-saxons. Aujourd’hui, c’est plus mélangé. Nous avons près de 150 licenciés, des hommes, des femmes, de 18 à 75 ans » confie-t-il. L’association organise des déplacements pour supporter le Celtic. « Nous avons pu assister à quelques Old Firm, le derby contre les Rangers », indique-t-il. Et la date du 21 janvier, qui verra l’OM se rendre à Glasgow, est soulignée.

    Ce qui fait aussi la renommée du O’Brady’s, c’est sa carte de mets typiquement irlandais. Ainsi que sa cheminée, « elle fonctionne toujours, même si nous avons dû remplacer la tourbe par du bois », confie Jean-Luc Bardy. C’est autour de cet âtre, élément incontournable d’un pub authentique, que chaque lundi a lieu une soirée où un orchestre joue en live, des classiques de la musique gaëlique.

    « C’est chaleureux et convivial. J’étais là dès la première soirée. Avec celui qui est devenu mon mari, nous avons commandé notre première Guiness. C’était le début d’une longue et belle histoire qui continue. Notre table est toujours là, elle nous accueille chaque fois que nous passons par là », confesse Catherine.

    Samedi, ce sera donc la fête. Avec musique irlandaise, bien sûr. Dégustation de plats traditionnels et partage du gâteau des trente ans. Quant à savoir pourquoi le pub s’appelle O’Brady’s ? Certains font le rapprochement avec le nom de son fondateur, Jean-Luc Bardy. « C’est un clin d’œil. Brady, c’est Martin pour les noms de famille irlandais. L’entraîneur du Celtic au moment de l’ouverture s’appelait Liam Brady. J’ai ajouté le O apostrophe pour faire plus irlandais ! »

    378 avenue de Mazargues

    www.obradys.com

  • Publications haineuses : Franck Allisio vire son collaborateur

    Publications haineuses : Franck Allisio vire son collaborateur

    Allez faire les poubelles sur dix ou quinze ans si ça vous intéresse », invitait Franck Allisio le 7 mars dernier, quand La Marseillaise l’interpellait à l’occasion de la visite de Jordan Bardella sur les pedigrees de haines et de violences de ses colistiers aux municipales. Moins de deux semaines après la révélation par Mediapart des propos antisémites tenus par le président du RN, c’est le journal Libération qui a suivi son conseil en dévoilant, ce jeudi soir, les publications haineuses de son plus proche collaborateur, Louis Grégoire.

    Sur son compte Facebook privé, auquel était abonné le patron du parti lepéniste dans les Bouches-du-Rhône, l’assistant parlementaire partageait ainsi blagues racistes et conseils de lecture antisémites. « La nature est fasciste, il faudra bien qu’ils s’y fassent un jour », écrivait-il ainsi en 2018 en s’en prenant aux « grosses moches ». Alors qu’une plaisanterie douteuse sur la Shoah diffusée sur France 2 avait suscité l’indignation, il relaie aussi une publication du site d’Alain Soral, Égalité et réconciliation, en commentant : « Pour faire une blague sur les Maghrébins, il faut être Maghrébin, sur les Noirs, il faut être Noir, sur les Juifs, il faut avoir un bon avocat. » Il partage aussi une certaine passion pour la Seconde guerre mondiale, en penchant davantage du côté de la francisque. Ainsi ce 6 juin 2018, où il publie l’image d’un lance-roquette allemand avec la mention : « Defend Normandie. » « 6 juin 44 : destruction des côtes normandes et bretonnes, première étape du plan Marshall », explicite-t-il. « L’armée française reconstituée par Pétain en Afrique du Nord aurait pu faire l’affaire si le colonel de Gaulle n’avait pas cassé les cou*** », écrit-il aussi. Dans ses conseils de lecture : l’auteur antisémite Pierre Hillard, ou le pro-pétainiste Adrien Abauzit, quand il ne cite pas les poèmes du collaborationniste Brasillach.

    Indignations immédiates

    Dès le lendemain de la publication, le délégué départemental du RN annonçait mettre fin au contrat de son attaché parlementaire, « afin de lui laisser le temps de la clarification », justifie Franck Allisio dans un communiqué. « Ces écrits dont il est accusé, et qui dateraient d’il y a dix ans, étaient inconnus de tous et antérieurs à son recrutement par l’Assemblée nationale », jure-t-il.

    Sans éteindre l’indignation. Le président du conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) Aix-Marseille Bruno Benjamin apporte ainsi « une condamnation sans ambiguïté ». S’il prend acte du licenciement, « cet épisode doit néanmoins nous rappeler combien la vigilance est indispensable, particulièrement dans l’entourage de celles et ceux qui exercent des responsabilités ». Le président de la Licra Aix-Marseille, Serge Tavitia, demande pour sa part à Franck Allisio de condamner « sans réserve » les propos antisémites attribués à Jordan Bardella. « Le programme même du RN se nourrit des mêmes idées racistes et xénophobes que celles des fondateurs du Front national », souligne-t-il.

  • « Engager tout le monde à faire République »

    « Engager tout le monde à faire République »

    La Marseillaise : Pour sa rentrée, Mad Mars pose la question « S’engager en politique, ça vaut encore le coup ? ». Pourquoi ce fil rouge ?

    Olivia Fortin : Parce que beaucoup d’entre nous sommes en colère de la situation, on le voit avec le mouvement de jeunesse, et sentent que le réel pouvoir de décision sur les choses qui structurent notre monde est en réalité très loin. On est beaucoup à essayer de faire bouger les lignes localement mais dans un cadre qu’on ne maîtrise pas, et cela crée de la désespérance, surtout quand des forces obscures essaient d’apporter des réponses simplistes à des problèmes complexes. Pour nous mouvements citoyens engagés à Marseille, il est important de créer une occasion d’en débattre. Des Marseillais, nos élus Juliette Masson, Clara Jaboulay et Kader Bennacer auront la parole, mais aussi à deux personnalités qu’on apprécie : Camille Pouponneau, l’ex-maire de Pibrac qui a fait de sa démission un geste politique dans le livre Maires, le grand gâchis. Et Quitterie de Villepin qui a initié plein de mouvements démocratiques.

    Quelle est l’idée ?

    O.F. : Évidemment nous nous tournons vers l’espoir d’une action politique partagée. L’idée est de ne pas s’en tenir à de la désespérance mais de pouvoir se dire qu’on a tous et toutes intérêt, mais aussi de la joie à trouver, dans le fait de combattre. Mad Mars est un mouvement différent d’un parti politique classique, qui par nature n’est pas amené a priori à soutenir tel ou tel candidat mais à défendre le modèle de société auquel on aspire. Et donc à être présent auprès des habitants, et des Marseillais.

    En 2027, quel peut être l’engagement national d’un mouvement local comme Mad Mars ?

    O.F. : Ma conviction, c’est que nous, élus locaux mais pas que, sommes d’une certaine façon le visage de la République. Les Français peuvent parfois se sentir abandonnés, avec d’énormes difficultés sur le pouvoir d’achat, l’accès à des services publics de base, la non-gestion de la crise climatique, avec, légitimement parfois, l’impression d’être abandonnés par un pouvoir public national qui ne prend pas en compte les injustices. Je nous vois, nous qui sommes engagés dans la société, et ce n’est pas seulement les élus, une responsabilité à combattre ce sentiment, en étant à nos places et à nos rôles, auprès des habitants, en allant discuter avec eux et prendre un prétexte pour le faire. La meilleure manière de faire campagne aujourd’hui pour la société à laquelle j’aspire, c’est d’engager tout le monde à faire République, parce que c’est le meilleur rempart à ce qu’on veut nous proposer.

  • Des enseignants excédés par le manque de moyens

    Des enseignants excédés par le manque de moyens

    La scène marque les esprits. Un cortège d’enseignants vêtus de noir processionne avec un cercueil en carton sur leurs épaules, devant la Direction des services départementaux de l’Éducation nationale, à Marseille. « Cela représente l’avenir de nos élèves en difficulté que l’on sacrifie », explique Rémi, représentant syndical Sud Éducation qui enseigne à l’école Sinoncelli.

    La manifestation, soutenue par plusieurs organisations syndicales (CGT Éduc’action, FSU-SNUipp, Snudi-FO, SE-Unsa et Sud éducation), rassemble une cinquantaine de personnels des écoles du 1er degré de la circonscription du Canet (14e). Ces établissements, qui affichent parmi les plus faibles indices de précarité sociale (IPS) du département, font pourtant face à un manque criant de personnels.

    « Une maîtresse spécialisée, trois psychologues et aucun rééducateur pour 3 500 élèves », se désole Rémi, en se référant aux professionnels du réseau d’aides spécialisées (Rased) censés dispenser des aides spécifiques aux élèves en difficulté. « On a environ 200 heures d’AESH non pourvues depuis le début de l’année », ajoute l’enseignant. « Dans ma classe, on est 27 et j’ai un élève autiste, sans AESH, c’est impossible de s’en occuper. C’est épuisant », s’exaspère une enseignante de l’école élémentaire Canet Jean-Jaurès.

    Converger avec

    le mouvement lycéen

    « De la maternelle au lycée, plus de moyens dans l’école publique », scandent la quarantaine de personnels présents. La manifestation s’est justement terminée par un appel à faire converger leur lutte avec le mouvement lycéen et à rejoindre la mobilisation prévue mardi 13 octobre.

    Lancelot Soumache

  • À Aix, des parents viennent superviser les lycéens qui font blocus

    À Aix, des parents viennent superviser les lycéens qui font blocus

    Ils sont une dizaine à scruter les allers et retours sur le Boulevard Carnot, à entourer le groupe de lycéens postés sur les marches du lycée Vauvenargues. Tissu blanc autour du bras comme signe distinctif, plusieurs parents d’élèves se sont mobilisés, ce vendredi matin, pour accompagner et encadrer le blocus des lycéens. Vers 8h30, une dizaine de camions CRS longent l’axe. Une poubelle finit de brûler. Des interpellations viennent d’avoir lieu. Une demi-heure avant, plusieurs lycéens étaient regroupés devant l’établissement, avant d’être dispersés.

    « Quand d’autres parents nous contactent on les met au courant de ce qu’il se passe, explique l’un d’entre eux, téléphone en main. Il y a une messagerie où l’on est maintenant 35. Comme on avait peur qu’il y ait un vrai blocage aujourd’hui, ça s’est organisé hier soir. » Le lycée Vauvenargues ferme ses portes pour la journée suite au blocus. « Il y avait un exam ce matin, il est content ! », poursuit ce parent en parlant de son fils. Dans le groupe qui fait les cent pas, on s’inquiète aussi de l’impact sur les résultats scolaires. « Bon les jeunes, vous avez prévu quoi la semaine prochaine ? » leur lance Habiba, parent délégué du lycée. Et d’échanger avec le groupe de lycéens qui soumet ses idées.

    « J’ai posé ma journée aujourd’hui pour venir protéger les enfants des autres. Au moment où ça a été un peu chaud, il y avait plein de petits collégiens, du Sacré-Cœur, qui devaient juste faire 500 mètres, qu’on a retenus. Après le feu de poubelle, je les ai escortés jusqu’au collège. Je me sens utile ce matin », raconte Fanny, maman d’un élève, lui, inscrit dans le privé. « C’est une façon d’être constructif, chacun a sa part. C’est un mouvement qui est très réprimé, on est là pour protéger nos gamins et ceux des autres ».

    Gardes à vue

    Ce vendredi matin, la matinée a été agitée en centre-ville et d’importantes dégradations ont été commises. Des lycéens et des étudiants ont été placés en garde à vue. Ils ont reçu la visite du député Marc Pena (PS) qui a notamment vérifié que tous leurs droits étaient respectés. Le conseiller municipal communiste David Tessier était également présent. Il a réaffirmé qu’il était « urgent d’entendre la colère et les aspirations de la jeunesse » et que « si toutes les violences étaient condamnables, la répression ne pouvait constituer une réponse politique ».

    Un cortège de jeunes s’est rendu à 15h, devant le commissariat, pour demander la « libération des camarades ».

  • À Toulon, malgré des revendications partagées, certains lycées peinent encore à se mobiliser

    À Toulon, malgré des revendications partagées, certains lycées peinent encore à se mobiliser

    Au lycée professionnel du Parc Saint-Jean, vendredi matin, de nombreuses pancartes garnissent le portail. Mais ils sont peu nombreux – une dizaine – à les porter, malgré les appels lancés à leurs camarades depuis le début du mouvement. « On essaie de rassembler, mais c’est compliqué », déplore Elizéa, une des meneuses. Pourtant, « tout le monde pense la même chose », assure-t-elle. À savoir que « l’on étudie dans des conditions déplorables », se désole Lilou, l’organisatrice, qui dresse la liste des désagréments matériels : « On a des fuites d’eau. Le plafond tombe quand il pleut, c’est arrivé pendant le bac l’année dernière. Les toilettes dégagent une odeur immonde, on n’a pas de papier, pas de savon, pas de lumière, de la moisissure au plafond. En été il fait vraiment chaud, on a des clims mais elles ne marchent pas ». Des difficultés organisationnelles apparaissent aussi : « L’application pour réserver la cantine ne marche pas non plus, du coup c’est premier arrivé premier servi. Notre professeur d’enseignement professionnel, la plus importante pour le bac, n’est pas là pendant un mois et pas remplacée. Des profs d’espagnol sont aussi absents ».

    « Peur des professeurs,

    des parents, de la police »

    Profitant de la récréation pour essayer de capter d’autres élèves, les jeunes tentent de bloquer, sans violence, l’entrée de l’établissement. Mais malgré quelques fumigènes craqués pour réchauffer l’ambiance, leurs efforts sont vains. « Ce n’est pas un vrai blocus, il ne se passe rien », entend-on çà et là. « Le problème est qu’on fait ça calmement, alors que certains attendent que ça prenne feu, comme ça a été le cas jeudi dernier », pointe Elizéa. Selon elle, beaucoup ont « peur des professeurs ou des parents », mais aussi « de la police. Un élève du lycée a été étranglé, on voit les nombreux jeunes qui subissent des violences ».

    Lilou pointe par ailleurs le fait que, contrairement à d’autres lycées où le dialogue est instauré avec la direction, il n’en est rien au Parc Saint-Jean : « Je vais demander un rendez-vous au proviseur, mais on se sent davantage dans la confrontation ». Il leur est également difficile de trouver des soutiens au sein du corps enseignant. « Je les comprends, je suis au lycée depuis plus de 30 ans et il n’y a jamais eu de travaux, mais beaucoup de problèmes ne me concernent pas directement », résume succinctement l’un d’entre eux. « Il y a des professeurs syndiqués, mais comme dans de nombreux lycées professionnels, c’est calme en salle des profs », regrette un cadre syndical varois. Pour autant, Lilou, Elizéa et les autres élèves mobilisés seront présents mardi aux côtés des autres lycéens toulonnais à l’appel de l’intersyndicale. « S’il faut continuer après, je continuerai, mais je veux qu’il y ait du monde avec moi », espère cette dernière, sans quoi « ça n’avancera pas ».

  • [Lycéens] Malgré les coups, Enzo ne veut pas baisser la tête

    [Lycéens] Malgré les coups, Enzo ne veut pas baisser la tête

    Le choc et son bruit sourd entendu sur les vidéos qui circulent, lui ont laissé « six points de sutures » et un gros « mal à la tête », mais ils n’ont pas entamé sa détermination. « C’est inadmissible d’en arriver là parce qu’on revendique nos droits. Ça me motive encore plus. J’ai envie de dire à mes camarades, c’est malheureux de voir des cas comme le mien, mais on doit continuer ». Trois jours après avoir reçu un coup de matraque sur le crâne, Enzo, lycéen de Marie Curie (4e) a été entendu, vendredi, par l’inspection générale de la police nationale (IGPN).

    Cet élève plutôt sans histoire de l’avis de ses parents, a été violenté sur le blocus de son lycée mardi. « Nous prenions la température auprès des élèves qui bloquaient l’établissement de manière pacifique lorsque les CRS se sont mis en travers de la route avec une attitude menaçante », raconte Pierre, professeur d’anglais à Marie Curie.

    Sur le boulevard Jeanne-d’Arc bloqué par le camion de CRS, les enseignants forment alors « un cordon de sécurité entre les forces de l’ordre et nos élèves » et s’assoient sur le bitume. « Il n’y a eu qu’une seule sommation et aucun tir de mortier, contrairement à ce qu’a dit la Préfecture. Ils se sont mis face à nous et ont commencé à nous taper, nous piétiner et nous tirer pour s’en prendre aux élèves derrière », poursuit Pierre, « choqué » comme toute la communauté éducative. Lui est traîné au sol. Un collègue est blessé aux côtes. Enzo s’écroule à terre. La tête en sang.

    « Aucune justification »

    Jeudi, les enseignants de Marie-Curie, réunis en AG, ont décidé d’apporter leur soutien aux élèves et à la mobilisation lycéenne. Ils étaient d’ailleurs quelques-uns à attendre Enzo à la sortie de la Préfecture de police. « L’enjeu aujourd’hui est de se tenir aux côtés de lycéens qui mènent une lutte qui répond à l’intégralité des revendications des personnels de l’éducation qui sont restées lettre morte depuis maintenant dix ans », explique Samuel, enseignant d’histoire-géographie, lui aussi violenté mardi.

    « Le procureur de la République n’avait pas d’autre choix que d’ouvrir une enquête tant la vidéo qui circule est accablante », estime Valentin Loret, un des deux avocats d’Enzo, rappelant que le délit est constitué à partir de deux sommations. « Il n’avait rien sur lui qui laissait penser qu’il était en train de commettre ou préparer une infraction. Il est attrapé par un CRS, frappé une première fois puis amené au sol où il reçoit encore plusieurs coups ».

    Vendredi, Enzo qui doit être vu par un médecin légiste pour se faire établir un nombre de jours d’ITT a pu livrer sa version. Mais la deuxième partie de l’audition par la police des polices a été plus « suspicieuse », note encore l’avocat, les enquêteurs cherchant à savoir s’il n’avait pas commis quelque chose justifiant l’intervention. « Mais il n’y a aucune justification possible à donner ce genre de coups », insiste l’avocat.

    Est-ce que les CRS portaient visiblement leur numéro RIO (Relevé d’Identité Opérateur) et leur caméra était-elle allumée ? Plusieurs témoignages rapportent que non selon la partie civile. « Si aucune caméra n’était allumée, il y a effectivement une volonté de cacher au magistrat la façon dont s’est déroulée l’intervention », estime Valentin Loret.

    « Ce n’est pas un cas isolé », reprend sa consœur Mathilde Lanté. « On a vu depuis le début énormément de violences policières avec des centaines de lycéens blessés sans ouverture d’enquête. M. Nunez minimise ces violences mais il ne faut pas tomber dans ce piège. Chaque fois, il faut porter plainte et témoigner. Ces violences extrêmement choquantes visent à traumatiser toute une génération mais le pari à ce stade est perdant. Au contraire, les lycéens continuent à se mobiliser et sont rejoints par leurs profs. »

  • Laurent Belsola : « Une ville de paix et de vivre-ensemble »

    Laurent Belsola : « Une ville de paix et de vivre-ensemble »

    La Marseillaise : Que vous inspire la tenue du congrès national du Mouvement de la paix à Port-de-Bouc ?

    Laurent Belsola : Je suis d’abord très fier pour la section locale du Mouvement de la paix de Port-de-Bouc, qui est tenue par Élise Taillaumard et Boulenouar Sirat. C’est une belle récompense pour le travail qu’ils réalisent depuis des années. Je rappelle qu’ils sont allés à Hiroshima, par exemple, mais ils sont de tous les combats. Les militants du Mouvement de la paix organisent d’ailleurs régulièrement des réunions au niveau départemental à Port-de-Bouc.

    À vous entendre, la paix est presque dans l’ADN de Port-de-Bouc, finalement ?

    L.B. : Nous sommes une ville de paix. Nous sommes opposés à tous les conflits, on préfère largement la négociation. On a pu voir l’embrasement des situations au Moyen-Orient, en Ukraine, en Iran. Je dis qu’il faut que la diplomatie reprenne ses droits. Que le droit international reprenne le pouvoir sur les armes et la loi du plus fort. Car voir les bombes arriver sur n’importe quel peuple sera toujours un désastre pour moi.

    Port-de-Bouc compte de nombreuses communautés issues de l’immigration, comme la communauté chypriote. La paix est-elle indispensable au vivre-ensemble, et inversement ?

    L.B. : On peut remercier les anciens qui ont créé l’association Amitié France-Chypre suite à un voyage et qui militent pour que Chypre redevienne ce qu’elle était. Nous recevrons bientôt la visite de M. le consul honoraire de Chypre à Marseille, à l’occasion d’une soirée consacrée à une chorale prochainement. Cela s’annonce comme une belle soirée. La paix et le vivre-ensemble sont des obligations dans notre ville, on ne peut vivre en paix que si tout le monde se respecte. La République est en cela un projet politique non ethnique, qui inclue toutes les différences, culturelles comme religieuses, et qui nous unit.