Author: tecnavia

  • Le droit aux vacances reste à conquérir

    Le droit aux vacances reste à conquérir

    C’est un anniversaire qui revêt une importance particulière. Le Front populaire fête ses 90 ans, dans un contexte où les attaques contre les droits des travailleurs et des travailleuses se multiplient. Le 10 avril dernier, un projet de loi visant à remettre en cause le caractère chômé du 1er mai était discuté à l’Assemblée nationale. En juin, Éric Pauget, député LR des Alpes-Maritimes, déposait une nouvelle version de sa proposition de loi, véritable « remise en cause de la 5e semaine de congés payés », souligne Virginie Akliouat, secrétaire départementale de la FSU 13, venue participer au débat organisé par La Marseillaise en marge du Mondial des CSE Idélia, sur le thème « 1936-2026 : des congés payés au droit aux vacances pour tous ».

    Si 90 ans séparent ces deux dates, certaines similitudes sont frappantes. À commencer par « le bruit des bottes qui monte », note la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet. À l’époque, le fascisme s’est emparé de l’Italie et de l’Allemagne. En France, le Parti franciste, les Jeunesses patriotes, l’Action française ou encore les Croix-de-Feu sévissent déjà.

    En 1934, le monde ouvrier se lève contre la menace. En 1936, la mobilisation aboutit à la victoire du projet de société porté par le Front populaire. « Ça a été possible par l’unité des travailleurs et des travailleuses, développe Sophie Binet. À l’époque, la CGT se réunifie. Il y a une démarche unitaire des forces de gauche, politiques et syndicales, pour lutter contre l’extrême droite. Le 2e ingrédient, c’est la mobilisation. Le seul vote des travailleurs et travailleuses et la seule victoire électorale du Front populaire n’auraient pas suffi. De grandes grèves ont permis d’aller beaucoup plus loin que ce qui avait été écrit dans le programme. »

    Les congés payés font partie de ces conquis qui ne figuraient pas dans les revendications des salariés, rappelle Anthony Juan, président de la CCAS (énergie). « À l’époque, les milieux populaires n’osaient même pas toucher cette question du doigt. Ils considéraient de fait que c’était réservé à la bourgeoisie. » Non programmée, la loi est tout de même adoptée à la Chambre des députés par 563 voix contre une le 11 juin 1936, puis promulguée neuf jours plus tard. À ce moment-là, « l’idée paraît révolutionnaire, mais la France avait du retard, précise-t-il. La dernière loi qui avait été votée à ce sujet-là date de 1909 et concernait le dimanche chômé non payé pour pouvoir aller à l’église. »

    Des mesures d’accompagnement

    Pour Anthony Juan, si cette loi donne l’accès au temps libre, « elle ne donne pas forcément l’accès aux congés payés ». « Une loi sans mesure d’accompagnement, ça ne suffit pas, affirme-t-il. À l’époque, Léo Lagrange le prend en compte et c’est à ce moment-là qu’on a le billet SNCF à – 40% pour les salariés, la création des auberges de jeunesse, le soutien aux associations d’éducation populaire… Je pense qu’on est encore dans cet état de fait : le droit au temps libre existe, le droit aux congés payés reste à conquérir. »

    Aujourd’hui, certains comités d’entreprise garantissent l’accès aux vacances pour les travailleurs, les travailleuses et leurs familles. Chez les cheminots, le CCGPF assure la gestion des activités sociales des actifs, mais aussi des retraités et de leurs ayants-droits. Son secrétaire adjoint, Arnaud Hennebert, explique : « C’est en 1986 qu’on arrache au patronat les œuvres sociales, qui deviennent des activités sociales, culturelles et sportives gérées par les élus du personnel, avec du patrimoine mis à disposition. » Aujourd’hui, le CCGPF « résiste » face aux remises en cause du patronat, bien qu’étant très plébiscité. « Nous faisons partir 14 000 enfants dans des colos tous les ans, se félicite Arnaud Hennebert. 55 000 cheminots et leur famille vont encore partir en vacances cet été dans nos villages vacances, chez les partenaires du tourisme social. »

    Imestia fait partie de ces gestionnaires de centres de vacances qui ont une conception héritée de 1936. Doric Curto, son directeur général, définit le tourisme social comme étant un « tourisme relié au territoire, à toutes ces questions de l’économie sociale, solidaire et écologique », qui défend « un droit aux vacances pour tous ». « Un vrai choix est fait, celui de se dire que ces lieux doivent ressembler à la société, et à la société qu’on veut. (…) Ça consiste aussi à apporter des activités pour contenir la vague brune. On a un vrai rôle social pour permettre la démocratie et le vivre-ensemble aussi pendant les vacances. »

    Encore faut-il que tous les citoyens puissent se le permettre. « Aujourd’hui, 40% des Français ne partent pas en vacances », pointe Sophie Binet. Virginie Akliouat ajoute : « En tant que prof, il y a un enjeu très fort à ce que nos élèves puissent bénéficier des temps de repos pour partir. Pour les précaires qui ne peuvent pas bénéficier des comités d’entreprise ou des structures de tourisme social, les associations d’éducation populaire et les centres sociaux jouent un rôle primordial. Aujourd’hui, leurs budgets, qui sont liés aux collectivités territoriales, fondent comme neige au soleil. (…) Il y a des droits à défendre et à continuer à conquérir, mais il y a aussi un souci fondamental de justice sociale à avoir, pour que ces droits puissent bénéficier à l’ensemble de la population. »

    C’est ce droit à l’émancipation que défend le monde ouvrier, en 1936 avec le Front populaire, au sortir de la Seconde Guerre mondiale avec le Conseil national de la résistance, et encore aujourd’hui avec « la bataille des Comités sociaux et économiques » qu’appelle Sophie Binet. « La stratégie du capital est de transformer les travailleurs en simples consommateurs. (…) Les vacances et les loisirs sont un secteur économique qui intéresse les loups, qui essayent de le financiariser. On a besoin d’orienter l’argent de nos CSE sur des choses qu’on gère et qui nous intéressent, (…) c’est-à-dire de l’économie sociale et solidaire. »

  • S’émanciper ne prend pas de congés

    S’émanciper ne prend pas de congés

    Il y a 90 ans, les congés payés ouvraient une brèche dans l’ordre social établi. Pour la première fois, le temps libéré du travail n’était plus un privilège, mais un droit. Derrière les deux semaines accordées en 1936, il y avait une idée profondément politique : permettre à chacun de se reposer, de découvrir, d’apprendre, de s’émanciper.

    Aujourd’hui, ce droit demeure fragile. Certes, les congés payés existent. Mais que vaut le droit au repos lorsque 40% des Français ne partent pas en vacances ? Que vaut-il lorsque l’inflation, la précarité ou la disparition progressive des dispositifs de solidarité empêchent des millions de personnes de profiter réellement de leur temps libre ?

    Défendre les conquêtes

    L’héritage du Front populaire ne se résume pas à une photographie de familles sur le quai d’une gare. Il vit encore dans les CSE, le tourisme social, les colonies de vacances, les centres de loisirs et l’éducation populaire. à l’image du travail réalisé, encore aujourd’hui, par le Secours populaire par exemple.

    Toutes ces structures prolongent une ambition simple, celle faire des vacances un droit effectif et non théorique.

    À l’heure où certains conquis sociaux sont contestés, la meilleure manière de célébrer 1936 n’est pas la nostalgie. C’est de poursuivre le combat pour l’égalité d’accès aux vacances, à la culture et aux loisirs. Car une société qui réduit les citoyens à de simples consommateurs renonce à l’émancipation. Une démocratie qui réserve l’évasion à quelques-uns oublie sa promesse fondamentale : permettre à tous de vivre pleinement.

  • À Kalliste, un chantier témoin du plan écoles

    À Kalliste, un chantier témoin du plan écoles

    Là, nous sommes au rez-de-chaussée dans la maternelle, au-dessus, ce sera l’élémentaire… » Le directeur général de la Société publique des écoles marseillaises (SPEM), Nicolas Andreatta, assure la visite du futur groupe scolaire Parc Kalliste Nouvelle (15e) ce samedi 4 juillet. Un ensemble monumental de 21 classes avec bibliothèque, salle de motricité et autres espaces de restauration, construit aux dernières normes bioclimatiques, qu’il décrit à Antonio Costa, président du Conseil européen, accompagné du maire de Marseille, Benoît Payan (DVG). Il faut dire que l’Europe, par l’intermédiaire de la BEI (Banque européenne d’investissement), a octroyé un prêt de 200 millions d’euros pour soutenir le plan écoles de la Ville. Le projet Kalliste s’inscrit dans un quartier prioritaire et mettra à disposition des habitants une salle polyvalente.

    Un plan à 1,5 milliard

    Démarré en décembre 2025, l’établissement devrait être livré en septembre 2027. Coût de l’opération : 14,1 millions d’euros, dont 6,5 financés au titre de l’Anru (Agence nationale pour la rénovation urbaine). « Cette école doit être un lieu totem, estime Benoît Payan. Ici à Marseille, il y a deux grands fléaux : l’habitat, sur lequel nous n’avons pas beaucoup de prise, et les écoles, construites à la va-vite, dans les années 60, et, qui, elles, relevaient de notre responsabilité. »

    Le « plan écoles du siècle », rien de moins, lancé en 2021, prévoit la rénovation, la reconstruction partielle ou totale des 470 établissements de la ville, moyennant 1,5 milliard d’euros. Un plan organisé en plusieurs vagues, la 2e et la 3e sont en cours avec 35 écoles construites d’ici 2028, 48 entre 2026 et 2029, puis une 4e entre 2027 et 2030 avec 43 autres. Tout devrait être terminé en 2032. Depuis 2020, 27 établissements scolaires sont sortis de terre, comme l’école Baya, ex-école des Abeilles, en centre-ville, Toros Mater dans le 9e, Jolie-Manon à la Belle-de-Mai (3e).

    Pour le maire de Marseille, la présence d’Antonio Costa vient conforter le bien-fondé de cette vaste ambition. « Il a été chef de gouvernement au Portugal mais aussi maire de Lisbonne. Il sait la difficulté qu’il a eue aussi dans sa ville sur les écoles. Il sait que ce chantier est pour l’avenir », pose Benoît Payan.

    Le président du Conseil européen insiste sur des institutions européennes qui « doivent être proches des citoyens ». « L’école est au cœur de notre projet, parce que cela veut dire tout d’abord : opportunité », défend-il. Selon lui, l’école reste aussi « l’endroit décisif pour la citoyenneté. Et la citoyenneté, c’est décisif pour bâtir une société avec des valeurs. L’Union européenne, c’est une union des valeurs ». Interrogé sur le choix de Marseille pour y faire une halte, Antonio Costa met en avant une « ville européenne au cœur de la Méditerranée », qui représente une certaine idée de l’Europe, celle « d’une union dans sa diversité ».

    Il repartira en mer faire un point sur les projets menés sur le littoral après avoir rencontré le bataillon des marins-pompiers, pour évoquer la dimension européenne de ses actions.

  • Au cœur de la Pride, entre fête et revendications

    Au cœur de la Pride, entre fête et revendications

    Drapeaux LGBT, pancartes, paillettes… Des milliers de personnes se retrouvent sur la place Castellane, dans le 6e arrondissement, samedi après-midi, pour la Pride marseillaise. Organisée par un comité de pilotage inter-associatif réunissant une quarantaine de structures, elle a rassemblé plus de 40 000 personnes, selon les organisateurs.

    Sur la place, Mila, 17 ans, attend une amie, pancarte à la main. C’est la première fois qu’elle participe à une Marche des Fiertés. « Je suis lesbienne, c’est important pour moi de montrer qui je suis et de défendre mes droits », exprime la lycéenne. Un peu plus loin, Tatiana, une Finlandaise de 26 ans, est attentive au départ du cortège. « La Pride compte beaucoup pour moi, j’ai été victime de transphobie et d’homophobie. C’est ma famille. Tout le monde peut te rejeter, ta famille peut te rejeter, mais dans la communauté LGBTQIA+, personne va te rejeter. On s’aime », témoigne l’esthéticienne.

    « Un courant réactionnaire revient »

    Derrière Tatiana, Nicolas et Daniel, tous deux quinquagénaires, observent la foule. « C’est un moment important, surtout en ce moment. Un courant réactionnaire revient, c’est important de s’affirmer et de défendre nos droits », soutient Nicolas, informaticien.

    Quelques minutes plus tard, un fumigène éclate et des cris de joie retentissent. C’est le grand départ. Sur son long char, le collectif Cagole Nomade enchaîne les performances de drag-queens devant une foule enthousiaste. Entourée de ballons blancs et roses, une DJ donne le rythme.

    De son côté, l’association marseillaise de soul brésilienne, Bloco Da Lili, fait danser les participants. Entre les tambours et les musiciens, le célèbre danseur et chorégraphe brésilien Gustavo Siqueira se déhanche dans la rue de Rome, sous des yeux ébahis et un soleil brûlant.

  • Le conservatoire inscrit Vladimir Cosma à sa partition

    Le conservatoire inscrit Vladimir Cosma à sa partition

    Une distinction symbolique pour celui qui a signé certaines des musiques de films les plus marquantes du cinéma français, notamment celles inspirées de l’univers de Marcel Pagnol. La cérémonie a débuté en fin de matinée dans la grande salle du Théâtre Comœdia. L’ensemble Bande Originale a ouvert les festivités en interprétant La Valse d’Augustine, du film Le château de ma mère, suivie du célèbre thème du Grand Blond avec une chaussure noire, plongeant le public dans l’univers du maestro.

    « Un très grand plaisir »

    Le directeur du conservatoire, Pierre-Bastien Midali, s’est exprimé avant de laisser place à un quatuor de clarinettes de l’établissement. L’arrivée de Vladimir Cosma a été saluée par une ovation des nombreux spectateurs. François Otchakovsky-Laurens, adjoint à la culture, a pris la parole : « C’est un moment rare, exceptionnel pour notre ville. Vos mélodies, que toutes et tous nous fredonnons, sont au cœur de nos paysages sonores, un peu comme la silhouette familière du Garlaban dessine notre horizon quotidien. (…) Cher Monsieur Cosma, attribuer votre nom à notre conservatoire n’est pas seulement un patronage honorifique, ce sera une inspiration pour nos élèves, une impulsion pour nous. »

    Touché, le compositeur a déclaré : « Vous savez, pour moi, d’avoir mon nom chez vous dans cette ville liée à celui de Marcel Pagnol, ce n’est pas un honneur ; c’est un très grand plaisir. Ce qui est beaucoup plus important que l’honneur parce que les honneurs, j’en ai plein tout le temps, mais du plaisir, c’est plus rare. Et vous m’avez fait un grand plaisir. Je remercie le maire et tous ceux qui ont participé à ce choix-là. »

  • Deux bateaux brûlés sur le Vieux-Port, l’Été marseillais sur la sellette ?

    Deux bateaux brûlés sur le Vieux-Port, l’Été marseillais sur la sellette ?

    Une catastrophe majeure évitée grâce au professionnalisme du bataillon des marins pompiers (BMPM). Ce dimanche 5 juillet vers 10h30, une vedette d’une dizaine de mètres, amarrée en parallèle de la scène de l’Été marseillais, devant l’Hôtel de Ville, a pris feu sur le Vieux-Port, propageant l’incendie au navire voisin, de 20 mètres de long. Malgré l’intervention rapide des marins pompiers, des panaches de fumée noirâtre et malodorante se sont élevés dans le ciel, provoquant l’évacuation des terrasses de café et de restaurants.

    Le périmètre a été bouclé par la police municipale et nationale. Après plus d’une heure et demie d’intervention, mobilisant 150 hommes et 37 engins dont 6 moyens en mer, avec un gros bateau pompe, le bataillon est venu à bout de l’incendie, préservant la scène sur l’eau. Les deux bateaux ont coulé. Une quinzaine de blessés légers étaient à déplorer, la plupart pour inhalation des fumées même si selon les premières mesures, leur caractère toxique a été peu important, ces dernières étant évacuée sous l’effet du vent.

    « On a évité le pire grâce à l’héroïsme et au courage du bataillon de marins-pompiers, de nos marins-pompiers, de nos policiers municipaux, a commenté dans la foulée le maire de Marseille, Benoît Payan (DVG). Imaginez si le feu avait pris aujourd’hui avec cette chaleur, avec ce vent, sur des bateaux en plastique qui sont en réalité des combustibles….» L’élu souligne également le savoir-faire du bataillon qui a engagé sans attendre les opérations pour prévenir des risques de pollution. Elle peut être de trois types, nous précise le vice-amiral Lionel Mathieu, commandant du BMPM, liée « au matériau qui brûle avec de gros morceaux de plastique, au combustible qui s’échappe du bateau et également notre produit pour éteindre le feu dont la pollution est plus visuelle, il faut l’enlever. »

    L’intervention a été technique, obligeant le BMPM à intervenir sur deux fronts, maritime et terrestre poursuit le vice-amiral : « Nous avions trois objectifs principaux : d’abord la sauvegarde de la vie humaine, s’assurer que personne ne risquait rien et avait été évacué. Deuxièmement, éviter la propagation aux autres bateaux qui se trouvent sur le Vieux-Port. Et en troisième lieu, protéger absolument la scène sur l’eau et protéger l’été marseillais. »

    Interrogé sur la poursuite des festivités de l’Été marseillais, Benoît Payan s’est dit dans l’incapacité de répondre pour le moment à la question. « On a des ingénieurs, des architectes qui sont sur la scène sur l’eau et qui sont en train de regarder la structure. Les marins-pompiers l’ont défendu avec beaucoup d’ardeur pour que justement l’Été marseillais puisse continuer », assure-t-il, mais « il est très tôt pour dire ce qu’il en est, même si, et je veux vraiment parler au conditionnel, il semblerait que nous ayons réussi à la sauver. »

    L’origine des flammes n’est pas connue. « Une enquête forcément va être diligentée par le parquet, affirme le maire de Marseille. Les policiers feront leur travail, les caméras de vidéosurveillance nous montreront comment le feu est parti. »

    Alors que les marins pompiers terminaient leurs opérations, Benoît Payan a enjoint Marseillais et touristes à éviter le secteur, interdit d’accès pour la journée.

    Par ailleurs, la circulation des navettes maritimes a été interrompue jusqu’à nouvel ordre.

  • À Lunel, la CGT appelle à mieux protéger les travailleurs

    À Lunel, la CGT appelle à mieux protéger les travailleurs

    Le Lunellois et l’Est héraultais sont particulièrement concernés par les conséquences du réchauffement climatique. Cette réalité nous oblige à prendre au sérieux les risques que les fortes chaleurs font peser sur la santé et la sécurité au travail », estime l’union locale CGT du Lunellois. Une vérité qui vaut pour l’ensemble du pays, où les travailleurs ont été mis, ces derniers jours, à dure épreuve sous le feu de la canicule.

    « L’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) considère que les températures deviennent préoccupantes dès 28°C pour un travail physique et dès 30°C pour une activité sédentaire. Le danger peut donc exister bien avant les records de température ou les alertes canicule », souligne le syndicat. « La chaleur peut provoquer déshydratation, épuisement, malaises, accidents du travail, aggravation de pathologies existantes et, dans les cas les plus graves, entraîner des décès. »

    Si les travailleurs en extérieur (bâtiment, travaux publics, voirie, espaces verts, propreté, transports, agriculture, etc.) sont particulièrement exposés, les salariés « travaillant dans des bureaux, commerces ou locaux mal isolés peuvent également être confrontés à des températures incompatibles avec de bonnes conditions de travail », insiste la CGT.

    Des revendications concrètes

    « Les employeurs ont l’obligation légale de protéger la santé et la sécurité des travailleurs. L’organisation du travail doit être adaptée aux conditions climatiques. Quand on va en Espagne, on voit que le rythme de la journée n’est pas le même qu’en France. Le problème, chez nous, c’est qu’on fait appel au bon sens. Sauf que quand il y a des choses à faire, les gens se mettent eux-mêmes en danger ou bien certains employeurs ne font pas attention », estime Lise Florès, secrétaire administrative du l’UL CGT du Lunellois. « Il faut que des températures maximum soient fixées, à partir desquelles des choses s’imposent à l’employeur : davantage de pauses rémunérées, une adaptation obligatoire des rythmes et des cadences de travail, un renforcement du droit de retrait ou encore un congé climatique  », poursuit-elle. « Ce congé est une revendication portée nationalement par plusieurs organisations. Il permettrait aux salariés, en cas de canicule, de ne pas travailler sans perte de rémunération. Car les gens ont besoin d’argent, donc même par 45 degrés, ils y vont », considère la cégétiste. « Les canicules ne sont plus des événements exceptionnels dans notre région. Elles constituent désormais une réalité durable à laquelle le monde du travail doit s’adapter. Aucun salarié ni agent public ne devrait risquer sa santé ou sa vie pour accomplir son travail. »

  • Premières fois, premières photos

    Premières fois, premières photos

    Qui de l’œuf ou de la poule est apparu le premier ? Ce questionnement qui a traversé les siècles a inspiré Luce Lebart dans la construction de sa première exposition en tant que nouvelle commissaire au Pavillon Populaire. Tout comme les conclusions de la science, la directrice artistique indépendante en charge de la programmation artistique du lieu offre une réponse nuancée. La photo n’est pas apparue du jour au lendemain, elle est le résultat de bien des années d’expérimentations : il n’existe pas une invention mais bien les inventions plurielles de la photographie.

    Avec « Premières fois / premières photos », le Pavillon Populaire présente la première exposition de sa saison 2026 sous la forme d’un voyage à travers le temps pour enquêter sur l’apparition de la photographie. Entre les procédés de création artisanaux et les premiers brevets d’appareils bien loin de ressembler à ceux d’aujourd’hui, les salles du Pavillon Populaire se remplissent d’objets et de clichés qui transportent le visiteur entre les époques. Au total, ce sont 200 photographies de plus de 50 photographes historiques et modernes qui sont présentés en avant-première du bicentenaire de la photo, dans le cadre des rencontres de la photographie d’Arles.

    L’histoire d’une naissance

    « Premières fois / premières photos » recense les ratés, les essais et les expérimentations, pour montrer toutes les formes que peut prendre une première image. « J’ai voulu jouer avec le mot premier, en explorer tous les sens » avoue celle qui fait, en parallèle, ses premiers pas au sein du Pavillon Populaire. Après avoir dirigé de nombreuses institutions dédiées à l’image à Paris, au Canada et à l’international, elle revient en Hérault pour apposer sa patte dans la programmation de l’espace d’art photographique montpelliérain. « Le premier, c’est l’origine, le vainqueur, l’inédit. Au début je ne m’attendais pas aller dans des directions aussi folles mais c’est devenu petit à petit une exposition de recherche » ajoute-t-elle.

    Un travail presque scientifique, qui fait écho aux débuts de cette discipline ancrée dans l’art aujourd’hui. L’exposition met en scène le lien très étroit entre photo et science, les clichés ayant servi à étudier le monde qui nous entoure du temps où les appareils photos étaient les outils d’étude les plus performants. Les salles du Pavillon Populaire reviennent sur les premiers pas des figures qui l’ont marqué : la visite débute par le travail d’une des premières femmes photographes, l’anglaise Anna Atkins et ses premières images d’algues marines, qui composent le tout premier livre de photographie. En écho avec cette ouverture sous-marine, l’exposition se clôture par des clichés de naissance d’étoiles, pour une exploration interstellaire. Une exposition qui fait traverser le temps et l’espace, à retrouver jusqu’au 1er novembre au Pavillon Populaire de Montpellier.

  • Le renouveau du MHR est en marche

    Le renouveau du MHR est en marche

    Peu d’équipes sont arrivées aussi vite que nous là où on est arrivés. Même Toulouse a mis quatre ans pour revenir au haut niveau. On est déjà en haut dès notre 2e année du projet, mais on doit y rester », mesure le manager Joan Caudullo après la défaite samedi 27 en finale du Top 14 face à Toulouse (28-20).

    C’est une défaite, mais pas un échec. Une défaite qui charrie larmes, amertume, goût d’inachevé et porte en elle tout le sel d’une frustration à étancher au plus vite, d’un manque à combler pour tracer une ligne d’horizon. Le faible écart, la résistance et l’espoir jusqu’au bout recèlent un sentiment de revanche et balaient les maux de tête du Racing 92, après sa déculottée en demi-finale (71-17) ou de Bordeaux en 2024 (59-3).

    Cette défaite devant Toulouse, qui règne sur le rugby français, ressemble à la première finale perdue (15-10) par Montpellier en 2011. Face à ce même champion. En 2011, le MHR amorçait un nouveau cycle entre les mains de Fabien Galthié. S’ensuivaient deux barrages et une qualification directe en demi-finale.

    Porte-t-elle les mêmes germes d’une renaissance ? Ou est-ce une saison sans lendemain comme la conquête du titre en 2022 ? Est-ce un nouveau coup d’éclat après un long passage à vide et seulement deux participations à la phase finale en sept ans ?

    « On a fait une saison presque historique. On veut montrer que ce n’était pas une saison anodine, que Montpellier évolue, grandit et peut devenir un grand club », espère le jeune capitaine Lenni Nouchi, qui a prolongé son contrat en début de saison pour jouer des phases finales.

    Une victoire en Challenge européen face à l’Ulster (59-26), une série de 23 victoires en 26 matchs avant la finale : la quatrième finale de Montpellier s’appuie sur une base solide. Et le MHR revient de loin après avoir frôlé la chute en Pro D2 en juin 2024 à Grenoble.

    Tout comme en 2011, un manager a la main sur le club. Hier Fabien Galthié, aujourd’hui Joan Caudullo. Aux yeux de tous, et en premier lieu de son président Mohed Altrad, cette saison lui donne un crédit rare. Et valide sa nomination il y a deux ans.

    Néophyte dans l’élite, Joan Caudullo voit loin. Mise sur un investissement au long cours dans son club formateur. Le jeune manager (44 ans), entouré de techniciens de sa génération comme Benoît Paillaugue ou Geoffrey Doumayrou, « a envie de faire mieux ». Il en connaît néanmoins le prix à payer, mais aussi l’exigence requise. « Le championnat est très dense. Sur les deux ultimes saisons, onze équipes ont été parmi les six premiers. Il faut profiter de jouer une finale de Top 14 car cela ne va pas arriver souvent », prévenait-il avant la finale.

    Le MHR s’expose, ses talents également. Geoffrey Doumayrou, entraîneur de la défense, suscite déjà la reconnaissance de tous, la convoitise du sélectionneur des Bleus Fabien Galthié, en quête d’un remplaçant à Shaun Edwards.

    Le regard toujours porté vers le temps long, le manager du MHR, ancien responsable du centre de formation (2020-24) privilégie la stabilité au sein de son effectif. « On a fait un bon recrutement », estime-t-il. Avec six arrivées (Hastings, Wardi, Bézy, Delibes, Tabarot, Van Heerden) pour six départs (T.Vincent, Forletta, Coly, Darmon, Abuladze, Tauleigne), il va préserver les grandes lignes de son effectif et d’un style efficace.

    Joan Caudullo a gagné une autre bataille, celle de l’image d’un club entachée par de nombreuses dérives judiciaires. « Quand on regardera cette saison, elle porte beaucoup sur notre ADN et l’image du club. Quand le président m’a confié le poste de manager, c’était mon objectif prioritaire. Quoi qu’il arrive samedi, c’est réalisé », savoure cet homme ouvert.

    Si plusieurs joueurs : Haouas, Hounkpatin… font plus parler d’eux sur le terrain que dans les prétoires, le président Mohed Altrad et son directeur du rugby Bernard Laporte s’avancent vers le procès en appel pour corruption, reporté en mars 2027. Et une enquête du parquet financier pour fraude fiscale cible le président.

    Le changement d’image se jaugera dans les gradins. Dans un rugby français qui attire de plus en plus de monde, Montpellier a besoin d’être attractif. De renouer le fil avec un public perdu en chemin. La route du renouveau est encore longue.

  • [Quoi de neuf] Guy Bersinger : « La première marche d’accès à la Justice »

    [Quoi de neuf] Guy Bersinger : « La première marche d’accès à la Justice »

    Rémy Cougnenc : La conciliation est-elle comparable à la médiation ?

    Guy Bersinger : Les fonctions de médiateur et de conciliateur sont voisines mais différentes dans leur mode de fonctionnement. Les médiateurs sont des professions libérales qui facturent leurs prestations. Les conciliateurs de justice sont des bénévoles. Pour le devenir, il faut faire acte de candidature auprès du premier président de la Cour d’appel ou du tribunal. On est reçu, on suit un stage pour prendre connaissance de la fonction et de ses contraintes, on est formé par des formateurs de l’École nationale de la magistrature. Quand la référente madame Béatrice Bourgal (de l’association des conciliateurs de justice), estime que le candidat est prêt, on rencontre la présidente puis on prête serment. On peut alors commencer à concilier.

    Rémy Cougnenc : En quoi consiste la mission d’un conciliateur ?

    Guy Bersinger : Le conciliateur doit rester neutre et impartial. Nous avons un code de déontologie à respecter. On ne peut pas intervenir dans un litige quand on connaît l’une des parties. On doit respecter la confidentialité des échanges. Ce qui est dit reste dans le bureau. La solution à laquelle le conciliateur amène les deux parties, si jamais l’une refuse jusqu’au dernier moment c’est son droit. Quand les deux parties trouvent une solution d’entente, le conciliateur peut rédiger un constat d’accord de conciliation, le faire signer par les deux parties et le présenter à un juge. Il a alors force exécutoire. Si l’une des deux parties ne respecte pas sa part de l’accord, c’est le juge qui reprend l’affaire et qui tranche.

    Olivier Nottale : Concilier signifie donc faire des compromis, même quand on est persuadé d’avoir raison ?

    Guy Bersinger : Si l’un a parfaitement raison et l’autre tort, il n’y a pas de conciliation possible et ils vont en Justice. L’idée c’est que les conciliateurs ont l’obligation de traiter un dossier dans les trois mois après transmission. C’est beaucoup plus rapide que les délais de la Justice malheureusement engorgée. Si chacun ne fait pas un pas vers l’autre, la partie qui s’estime lésée va devoir monter un dossier, payer des frais de dossier, d’avocat… La conciliation est plus rapide, plus souple. On ne gagne peut-être pas tout ce que l’on veut mais on s’évite de gros tracas et une décision du juge.

    Rémy Cougnenc : Pour l’État n’est-ce pas un moyen déguisé de désengorger les tribunaux sans recruter les personnels nécessaires ?

    Guy Bersinger : Ce peut être une conséquence mais ce n’est pas la volonté à l’origine. Dans les textes, les conciliateurs sont la première marche d’accès à la Justice. On est à l’écoute, il y a un côté convivial, non contraignant. Il faut plutôt le voir comme un moyen de recréer du lien avec son voisin qui n’a pas coupé les branches de son arbre qui dépassent chez vous.

    Rémy Cougnenc : Quelles sont les affaires qui peuvent entrer dans le cadre de la conciliation ?

    Guy Bersinger : Le conciliateur n’intervient que dans le cadre du droit civil, pas dans le domaine du droit pénal ni de la famille ni le droit du travail. On intervient dans les litiges entre deux personnes comme deux voisins, les relations entre bailleurs et locataires pour des non-restitutions de dépôt de garantie, de réparations, de charges… On est aussi dans une ville où il y a l’encadrement des loyers avec 80 000 étudiants à Montpellier et une pression sur le marché de la location. Certains bailleurs manquent un peu de vigilance. Il y a aussi les litiges de la consommation. Un particulier fait venir un professionnel et estime que la réalisation ne correspond pas au devis. On intervient aussi entre deux professionnels. Ce genre de litige représente 30% de nos affaires tout comme les litiges entre bailleurs et locataires, les affaires de voisinage 12%…

    Olivier Nottale : Y a-t-il un seuil financier au-delà duquel vous ne pouvez pas intervenir ?

    Guy Bersinger : Il n’y a pas de limite. Quelqu’un qui a une belle villa nous a saisis parce que son ancien voisin a vendu sa villa qui a été détruite et remplacée par un immeuble de trois étages dans les règles de l’urbanisme. Simplement le propriétaire estime que cet immeuble lui crée de l’ombre et que depuis le 3e étage on peut voir sa piscine. Le montant du litige s’élevait à plusieurs dizaines de milliers d’euros. En revanche, la conciliation est obligatoire dans les domaines qu’on a évoqués pour des affaires aux montants inférieurs à 5 000 euros. Le juge impose d’abord de passer par une conciliation.

    Rémy Cougnenc : Combien d’affaires traitez-vous chaque année ?

    Guy Bersinger : Cela varie beaucoup d’un conciliateur à l’autre. Il n’y a pas de minimum, rien ne nous est imposé. Des collègues traitent jusqu’à 150 dossiers par an, personnellement j’en suis à un peu plus de 100. Dans le ressort de la Cour d’appel de Montpellier (Hérault, Aude, P-O et Lozère), nous avons 123 conciliateurs dont 46 dans l’Hérault et 28 à Montpellier. Ces derniers ont traité 2 698 dossiers en 2025. 1 107 sont arrivés à un accord de conciliation (41%). On a eu 700 carences quand l’une des parties invitées ne s’est pas présentée.

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