Author: tecnavia

  • [Municipales] Martine Vassal tend la main aux électeurs de Stéphane Ravier

    [Municipales] Martine Vassal tend la main aux électeurs de Stéphane Ravier

    « Il a des électeurs qui vont se retrouver orphelins. La seule personne qui peut correspondre à ce que les Marseillais attendent c’est moi. J’invite les électeurs de Stéphane Ravier à regarder mon programme et celui proposé par le RN » déclare dans les colonnes de La Provence ce samedi Martine Vassal. Elle assure ainsi que sur le thème de la sécurité, « l’original, c’est moi », et promet de se distinguer sur l’économie. Peu importe si Stéphane Ravier lui-même a été clair sur son soutien « sans réserve » à Franck Allisio et au RN, s’affichant à ses côtés vendredi soir dans les allées de la Foire de Marseille.

    « Je souffre pour les gens qui se disent macronistes, déplore en face le maire (DVG) Benoît Payan, en marge de l’inauguration des écoles Aygalades – Oasis. On a voté pour des macronistes pour faire barrage au RN, on a fait un front républicain en considérant qu’il y a des pas qu’il ne fallait pas franchir… Mais quand elle dit que l’original, c’est elle, que je lis : « j’invite les électeurs de Stéphane Ravier», dont même le RN dit qu’il est trop extrême, il n’y a plus de limite. Tout est permis, et pour glaner quelques voix, on perd sa boussole. » Et de plaindre Gabriel Attal ainsi qu’Emmanuel Macron qui « nous ont raconté qu’ils ont fondé leur combat contre le RN ». De quoi piquer dans les rangs de Renaissance. « Nous avons confiance en Martine Vassal pour rester fidèle à la Charte des valeurs de Renaissance, qu’elle s’est engagée à poursuivre », réagissent ce dimanche les responsables du parti à Marseille. Avant de promettre de ne laisser passer « aucune entorse » aux valeurs humanistes, laïques et progressistes.

  • [Entretien] « La Nuit du bien commun, un cas d’école sur la manière dont l’extrême droite s’infiltre »

    [Entretien] « La Nuit du bien commun, un cas d’école sur la manière dont l’extrême droite s’infiltre »

    La Marseillaise : En quoi est-ce qu’il est nécessaire de se mobiliser lundi soir, malgré le maintien de la Nuit du bien commun ?

    Catherine Lecoq : C’est impossible pour nous de céder les espaces de culture à des gens qui ont des idées telles que celles de Stérin. Ce n’est qu’une excuse, sous couvert de charité, pour faire monter les votes pour l’extrême droite. Dans notre fondement d’humanisme et d’expression libre et non faussée, il est hors de question que cela se produise sans opposition

    Anne-Marie Alary : On est dans la rue depuis un mois pour tracter et informer la population du projet politique derrière ce gala de charité, et de qui est Stérin. Cet événement est extrêmement dangereux. C’est un cas d’école sur la manière dont l’extrême droite s’infiltre de partout et mène une bataille culturelle. Il est aussi important d’aller protester le 6 avec les autres organisations des Bouches-du-Rhône. Il faut s’attendre, je pense, à ce qu’il y ait du monde.

    Derrière le discours sur la « générosité », voyez-vous une tentative d’acheter de l’influence politique et culturelle ?

    C.L. : Oui. C’est comme le Rocher-Mistral, dans la même veine que celle qui est de réécrire l’histoire. Ce n’est pas loyal, pour avoir un terme lissé. Le négationnisme, à un moment donné, ça va.

    A.-M.A. : Oui, mais de façon insidieuse, contrairement à son financement pour l’école de journalisme [L’institut libre de journalisme, Ndlr.] et l’institut de formation des futurs élus. Il a un livret qui s’appelle Politicae. Il a déjà fait ses réseaux, il était propriétaire du Crayon, média en charge de d’animation de débats au Delta Festival (Marseille). Il porte aussi le Label des plus belles fêtes de France, dont a bénéficié la Bénédiction du Calisson. On l’a dit dans notre tract, on craint que le tout soit un cheval de Troie au projet Périclès du milliardaire [code pour Patriotes, enracinés, résistants, identitaires, chrétiens, libéraux, européens et souverainistes, Ndlr]. révélé par L’Humanité.

    Pierre-Edouard Stérin est proche d’associations réactionnaires, anti-IVG, droits LGBT… Comment expliquer qu’un tel événement puisse encore trouver des salles et des relais institutionnels ?

    C.L. : Il filoute. Les élus ne savent pas toujours que politiquement, c’est quelque chose d’indigne qui se produit. Mais alertée par les citoyens, la municipalité a annulé la tenue de l’événement. À Marseille, Pierre-Edouard Stérin a été refoulé, notamment grâce à la pression citoyenne. À Aix-en-Provence, au niveau de la mairie, on n’a pas eu les mêmes facilités à faire annuler la salle, sous régie publique. La direction elle ne pouvait pas prendre sur elle de refuser. Mais nous, dans le milieu du spectacle vivant, on s’est mis en réseau, et le 6MIC aura fort à faire pour trouver des techniciens afin d’assurer la soirée.

    A.-M.A. : Stérin usurpe le terme de « Bien commun » et beaucoup de personnes ne savent pas que c’est lui derrière, qui l’utilise pour diffuser des idées d’extrême droite. La vérité émerge petit à petit, puisque partout en France comme à Aix, on dénonce cette usurpation. Mais ce n’est pas simple de s’en rendre compte : il use des sociétés-écrans où il n’apparaît pas, par exemple la société Obole, comme on le répète régulièrement. Sur le terrain, on se rend compte que beaucoup de gens découvrent tout ça.

    Est-ce que ce type de soirées ne vient pas accentuer la dépendance des associations à des mécènes privés, au détriment d’un financement public, réputé plus transparent ?

    C.L. : C’est ce que veulent depuis longtemps nos patrons ! S’il n’y avait plus de service public, les gens de l’extrême droite seraient les plus heureux. Ce qui est dégueulasse aussi, dans cette histoire, est que les termes de la solidarité interprofessionnelle, le « bien commun », sont repris. Mais ce mot n’appartient pas à l’extrême droite.

    A.-M.A. : On suit la mode américaine : celle des galas contre le service public. C’est une dérive inquiétante. D’ailleurs, Stérin a une démarche libertarienne, et fait partie du réseau atlas où l’on retrouve le Heritage Foundation, qui a soutenu Trump.

    Certains soutiennent que Pierre-Edouard Stérin s’est retiré de l’organisation et n’a plus aucun lien avec la Nuit du bien commun. Que répondez-vous ?

    C.L. : Même si l’on nous dit qu’il n’est plus actionnaire, c’est faux, ça a été prouvé. On va nous faire croire que Monsieur Stérin n’est plus dans la boucle, mais il est toujours dans la boucle. Ces Nuits du bien commun sont bien tenues pour récolter des fonds, puis alimenter des groupuscules d’extrême droite. Le projet Périclès, est clair, précis et circonstancié.

    A.-M.A. : C’est la société Obole qui a négocié la location de la salle du 6MIC, comme ailleurs en France. Cette plateforme numérique de collecte de dons a été fondée par le milliardaire Stérin en 2017. Même si elle se dit toujours au service « du bien commun et de l’économie sociale et solidaire », on craint que ce ne soit encore qu’une société écran.

    Le syndicat Solidaires 13, la section du Parti communiste local (PCF), Marc Pena, député (PS) de la 11e circonscription des Bouches-du-Rhône et les responsables du mouvement Bloquons-Tout à Aix, Riposte Antifasciste, tout comme certains salariés d’associations participantes à l’événement qui nous ont contactés, ont également manifesté leur opposition au maintien de la Nuit du bien commun.

    « Il est hors de question que cela
    se produise sans opposition. »

  • #DisMoiPourquoi on dit que notre cerveau est plus puissant qu’un super-ordinateur ?

    #DisMoiPourquoi on dit que notre cerveau est plus puissant qu’un super-ordinateur ?

    Pour trois raisons : il fait des calculs hyper complexes, il fait plein de choses en même temps et il a des capacités extraordinaires.

    D’abord, pense à ce qui se passe dans ta tête quand tu regardes autour de toi. La lumière rentre dans ton œil qui envoie plein d’infos au cerveau qui va calculer très très vite les images et reconnaître des objets, des visages, des mouvements etc. tout ça c’est vraiment costaud à calculer sur ordinateur.

    La deuxième, c’est qu’au même moment, ton cerveau fait plein de choses. En plus de regarder, il analyse les sons, il comprend le langage, retient ce que je dis. Ajoute à ça les odeurs, le toucher, tes propres mouvements, tes émotions, savoir où tu es etc. tout ça en même temps et sans tout mélanger.

    Enfin, le cerveau est capable de “comprendre”. Des idées simples, comme savoir ce que c’est qu’un chien ou un chat. Des idées plus compliquées comme savoir que ton ami est triste ou comprendre ce que c’est que l’amour.

    Le cerveau est aussi capable de ressentir : manger un bon goûter, être content, rigoler… tout ça, ça fait un effet qu’on reconnaît dans soi-même. On en a “conscience”. Et ça, pour l’instant… on ne sait pas le faire sur un ordinateur, même le plus puissant du monde… »

    Pierre-Pascal Lenck-Santini, chercheur à l’Inserm

  • #DisMoiPourquoi dit-on que quand nous tombons dans le triangle des Bermudes, nous ne pouvons plus remonter à la surface ?

    #DisMoiPourquoi dit-on que quand nous tombons dans le triangle des Bermudes, nous ne pouvons plus remonter à la surface ?

    À ma connaissance, aucune anomalie de nature scientifique n’a été mesurée dans le triangle des Bermudes : ça reste un mystère ! Peut-être que le témoignage d’un « survivant » permettrait de nous éclairer ! Certains évoquent une réponse beaucoup plus terre à terre : s’il y a autant de disparitions de navires et d’avions perdus dans le triangle des Bermudes, c’est peut-être que la zone est un carrefour très important de circulation aérienne et navale… et donc que le risque d’accident y est plus élevé ! Ça fait moins rêver… »

    Didier Vandamme. Maitre de Conférences au Centre de recherche et d’enseignement des géosciences de l’environnement (AMU, CNRS, IRD, INRAE, Collège de France).

  • #DisMoiPourquoi les baleines ont-elles des bosses ?  

    #DisMoiPourquoi les baleines ont-elles des bosses ?  

    Toutes les baleines ne possèdent pas de bosses ! La baleine à bosses est, je crois, la seule à en avoir, ou au moins à avoir un nom qui la désigne comme telle ! Son nom viendrait de la bosse sur laquelle est placée sa nageoire dorsale, mais aussi de son dos très courbé quand elle plonge avant de sortir sa queue. Elle possède aussi de nombreuses excroissances sur la tête, qui sont en fait des “tubercules” contenant un poil sensible aux vibrations. »

    Christophe Lejeusne. Enseignant-chercheur à l’Institut Méditerranéen de Biodiversité et d’Ecologie marine et continentale (CNRS, IRD).

  • A Aix, les techniciens du 6MIC en grève contre la Nuit du Bien commun de Stérin

    A Aix, les techniciens du 6MIC en grève contre la Nuit du Bien commun de Stérin

    Les mobilisations contre la tenue de la Nuit du Bien Commun débutent plus tôt que prévues. Alors qu’un mouvement de protestation organisé par les organisations de gauche et syndicats doit se tenir dès 18h, pour dénoncer les liens sous-jacents entre le gala de charité et le milliardaire d’extrême-droite, exilé fiscal en Belgique assumé et ouvertement réactionnaire Pierre-Edouard Stérin (voir nos précédentes éditions), ce matin, les huit techniciens intermittents du spectacle employés à la journée pour assurer le déchargement et le montage technique de l’événement se sont mis en grève. Le piquet sera tenu jusqu’en soirée. Dans un communiqué intersyndical, signé par la CGT Spectacles, Sud Solidaires Culture, la CNT (Solidarité ouvrière), Stucs (Syndicat des travailleurs unis de la Culture et du Spectacle), et la STAA (Syndicat des Travailleurs Artistes-Auteurs), les grévistes indiquent s’associer, en plus d’être solidaires de l’opposition à la venue du rendez-vous controversé, « à l’ensemble des revendications actuelles portées par l’intersyndicale des organisations salariées des arts et de la culture dont « l’arrêt immédiat des coupes budgétaires culturels » et l’augmentation des salaires du secteur. L’intersyndicale rappelle également son attachement au service public tout en soulignant que la culture « ne doit pas être laissée aux mains de la privatisation. »

    « Ambiance bon enfant »

    Sur place, Catherine Lecoq, déléguée syndicale pour la CGT Spectacles rapporte une ambiance bon enfant, « sans animosité avec la direction ». Elle indique également que les « directeurs techniques du lieu ne sont pas inscrits sur le planning, une action en lien avec leur opposition au fait que Stérin vienne sur leur lieu ».

  • Sébastien Lecornu dénonce les « appétits partisans »

    Sébastien Lecornu dénonce les « appétits partisans »

    En fin de matinée, le premier ministre démissionnaire a expliqué ce lundi sur le parvis de Matignon sa décision annoncée quelques heures plus tôt, devançant au passage la réunion des représentants du parti Les Républicains programmée à 11h.

    « Les conditions n’étaient plus remplies », observe Sébastien Lecornu, reconnaissant un manque de fluidité dans la composition du Gouvernement qui aura pris plus de 25 jours, un record dans la Ve République. Mais l’ont-elles été un jour ?

    Et de pointer trois raisons à cette situation. La première est que « les formations politiques ont fait mine de ne pas voir les changements et la rupture profonde » liée au non usage du 49.3. La seconde, le fait que les partis politiques « continuent d’adopter une posture comme s’ils avaient tous la majorité absolue » à l’Assemblée. « Les compromis ne sont pas la compromission » a martelé Sébastien Lecornu, avant de se montrer plus critique.

    Ce dernier a en effet pour finir pointé « le réveil de quelques appétits partisans » en lien avec l’élection présidentielle de 2027. « Il faut toujours préférer son pays à son parti », a-t-il lancé dans une allusion claire au président des LR, Bruno Retailleau, qui dimanche soir a précipité sa chute en remettant en cause la participation des Républicains au gouvernement à peine celui-ci formé.

  • Lecornu remet sa démission, Macron accepte

    Lecornu remet sa démission, Macron accepte

    Suite et fin de Sébastien Lecornu en tant que Premier ministre. Ce dernier a remis sa démission, ce lundi matin, au président Emmanuel Macron qui l’a acceptée. Cette démission intervient au lendemain de l’annonce de la composition de son gouvernement, ce dimanche soir, qui avait provoqué un tollé, à gauche comme à droite puisqu’il était quasiment identique au précédent (lire notre édition du 06/10). Selon nos confrères de BFM TV, l’ex-Premier ministre s’est entretenu plus d’heure avec le président dans la matinée, avant de sortir de l’Élysée à 9h30.

  • Au Mucem, la vue du monstre en souvenir de son abolition

    Au Mucem, la vue du monstre en souvenir de son abolition

    Quand je l’ai vue dans la cour de la prison de la Santé, sous le dais noir, avec ses grands bras maigres, dressée vers ce dais, elle avait l’air d’une espèce d’idole, sanglante, qui attendait sa ration de mort. Maintenant, c’est une pièce de musée. Tout est dit. » Inscrite sur un cartel de l’exposition permanente du Mucem, « Populaire ? », cette déclaration de Robert Badinter, en 2010, porte sur une guillotine construite en 1872 par Alphonse-Léon Berger pour remplacer un modèle détruit pendant la Commune de Paris, et qui sommeillait dans les réserves du Mucem. Voilà désormais le monstre froid installé au sein du parcours, à l’occasion de la panthéonisation de Robert Badinter -l’ancien garde des Sceaux ayant porté la loi pour l’abolition de la peine de mort en 1981- qui doit avoir lieu le 9 octobre. La guillotine n’avait auparavant été montrée qu’à trois reprises : au Musée d’Orsay en 2010, lors de l’ouverture du Mucem en 2013 et aux Baumettes en 2019. L’espace sera ouvert au public gratuitement, jeudi entre 10h et 19h.

    4,50m et 800 kilos

    « Cette guillotine témoigne de ce qu’était la peine capitale et surtout, du combat pour l’abolition », rappelle Pierre-Olivier Costa. Le président du Mucem développe : « Robert Badinter a choisi de la donner en 1982 au Musée des arts et traditions populaires dont le Mucem est l’héritier, pour la faire entrer dans le patrimoine commun comme un objet qui n’a plus d’usage et n’en aura plus. Avec la condition de ne pas la montrer au public avant 20 ans car il en connaissait la charge émotionnelle. À l’époque, une majorité de Français était encore pour la peine de mort. » Le couperet de l’armature glaçante de bois semble prêt à tomber à tout moment. Fort heureusement, il est figé en l’air grâce à Badinter. Son exposition convoque le souvenir d’une lutte, suggère la séquence où elle est exposée. Une section qui souligne les « avancées sociales et sociétales » dans l’Hexagone, parmi lesquelles « la grève et la réduction du temps de travail » entre 1936 et 38, ou le « mariage pour tous » en 2013. Au centre de cette pièce, trône la bête à la lame, 4,50m de hauteur et 800 kilos. « Cette guillotine a aussi été beaucoup utilisée pendant la Seconde Guerre mondiale, notamment pour mettre à mort des résistants », souligne Pierre-Olivier Costa, tout en précisant : « A priori, elle n’a pas été utilisée pour la dernière exécution en France, en 1977 », celle d’Hamida Djandoubi, exécuté aux Baumettes. Mais une deuxième guillotine, « itinérante pour aller en province », indique la directrice scientifique et des collections du Mucem, Marie-Charlotte Calafat, « est toujours dans nos réserves. Elle n’a jamais été montrée car il lui manque des pièces, notamment des écrous et boulons. C’est certainement celle qui a été utilisée pour Christian Ranucci », lui aussi décapité aux Baumettes en 1976.

  • Au Mucem, la vue du monstre en souvenir de son abolition

    Quand je l’ai vue dans la cour de la prison de la Santé, sous le dais noir, avec ses grands bras maigres, dressée vers ce dais, elle avait l’air d’une espèce d’idole, sanglante, qui attendait sa ration de mort. Maintenant, c’est une pièce de musée. Tout est dit. » Inscrite sur un cartel de l’exposition permanente du Mucem, « Populaire ? », cette déclaration de Robert Badinter, en 2010, porte sur une guillotine construite en 1872 par Alphonse-Léon Berger pour remplacer un modèle détruit pendant la Commune de Paris, et qui sommeillait dans les réserves du Mucem. Voilà désormais le monstre froid installé au sein du parcours, à l’occasion de la panthéonisation de Robert Badinter -l’ancien garde des Sceaux ayant porté la loi pour l’abolition de la peine de mort en 1981- qui doit avoir lieu le 9 octobre. La guillotine n’avait auparavant été montrée qu’à trois reprises : au Musée d’Orsay en 2010, lors de l’ouverture du Mucem en 2013 et aux Baumettes en 2019. L’espace sera ouvert au public gratuitement, jeudi entre 10h et 19h.

    4,50m et 800 kilos

    « Cette guillotine témoigne de ce qu’était la peine capitale et surtout, du combat pour l’abolition », rappelle Pierre-Olivier Costa. Le président du Mucem développe : « Robert Badinter a choisi de la donner en 1982 au Musée des arts et traditions populaires dont le Mucem est l’héritier, pour la faire entrer dans le patrimoine commun comme un objet qui n’a plus d’usage et n’en aura plus. Avec la condition de ne pas la montrer au public avant 20 ans car il en connaissait la charge émotionnelle. À l’époque, une majorité de Français était encore pour la peine de mort. » Le couperet de l’armature glaçante de bois semble prêt à tomber à tout moment. Fort heureusement, il est figé en l’air grâce à Badinter. Son exposition convoque le souvenir d’une lutte, suggère la séquence où elle est exposée. Une section qui souligne les « avancées sociales et sociétales » dans l’Hexagone, parmi lesquelles « la grève et la réduction du temps de travail » entre 1936 et 38, ou le « mariage pour tous » en 2013. Au centre de cette pièce, trône la bête à la lame, 4,50m de hauteur et 800 kilos. « Cette guillotine a aussi été beaucoup utilisée pendant la Seconde Guerre mondiale, notamment pour mettre à mort des résistants », souligne Pierre-Olivier Costa, tout en précisant : « A priori, elle n’a pas été utilisée pour la dernière exécution en France, en 1977 », celle d’Hamida Djandoubi, exécuté aux Baumettes. Mais une deuxième guillotine, « itinérante pour aller en province », indique la directrice scientifique et des collections du Mucem, Marie-Charlotte Calafat, « est toujours dans nos réserves. Elle n’a jamais été montrée car il lui manque des pièces, notamment des écrous et boulons. C’est certainement celle qui a été utilisée pour Christian Ranucci », lui aussi décapité aux Baumettes en 1976.