Author: tecnavia

  • Matthew O’Riley s’impose en nouveau patron de l’OM

    Après Lorient, le PSG et Strasbourg, c’est au tour de Metz d’être terrassé par le rouleau compresseur olympien.

    Samedi, les hommes de Roberto De Zerbi étaient attendus au tournant chez la lanterne rouge. Surtout après leur démonstration de force aux dépens de l’Ajax, en Ligue des Champions (4-0). Et comme ils pouvaient s’y attendre, ils ont dû faire preuve de patience avant de trouver la faille dans le bloc mis en place par Stéphane le Mignan.

    « Ce match-là, la saison dernière, nous l’aurions perdu », a commenté Roberto De Zerbi, après que son équipe se soit finalement imposée 0-3. Car c’est en seconde période, après avoir usé les Lorrains, que l’OM a fini par trouver la première faille. « Même en première mi-temps, j’ai vu de bonnes choses », a poursuivi l’entraîneur marseillais qui reconnaît que, par rapport à sa première saison sur le banc, « mon équipe a gagné en maturité ».

    Le départ précipité d’Adrien Rabiot, cheville ouvrière du retour de l’OM en Ligue des Champions, aurait pu plomber le milieu de terrain. Mais Medhi Benatia a trouvé l’homme capable de prendre le relais. Et même de hausser le rythme dans ce secteur.

    Un Valentin Rongier

    plus percutant

    Arrivé en toute fin de mercato, Matthew O’Riley a rapidement trouvé ses repères dans le groupe. Roberto De Zerbi a su trouver les bons éléments pour l’encadrer et en faire désormais un rouage essentiel de son onze. En témoignent ses titularisations dans les derniers matches, alors que l’Italien avait mis en place une rotation.

    Le Danois a un avantage, « il peut évoluer dans plusieurs registres », détaille son entraîneur. Mais ce qui le rend presque indispensable désormais, c’est sa complicité avec Pierre-Émile Höjbjerg. « Ils évoluent ensemble en sélection et ont des automatismes », poursuit l’Italien.

    De fait, qu’il joue derrière la pointe offensive, comme à Metz, ou en tandem avec son compatriote, Matthew O’Riley apporte des solutions dans tous les secteurs du jeu. Un peu comme pouvait le faire Valentin Rongier. Avec un peu plus de percussion et d’audace, comme l’a montré son but à Metz samedi.

    Outre son impact et sa vision du jeu, l’ancien joueur de Brighton a aussi dans ses atouts le fait d’être gaucher. « Cela compte dans notre manière de jouer », souligne Roberto De Zerbi. Une caractéristique qui a des conséquences sur le terrain. « Son positionnement du corps est différent de ce que peut proposer Pierre-Émile Höjbjerg, il peut s’insérer dans le jeu et marquer des buts. »

    Depuis qu’il a remplacé Amine Gouiri en cours de jeu face à Lorient, Matthew O’Riley n’a plus quitté le onze de départ. Roberto De Zerbi l’a utilisé dans plusieurs registres. Mais sa prestation à Metz, où il a délivré une passe décisive et inscrit son premier but sous le maillot olympien, ouvre des perspectives pour la suite de la saison, dans un secteur où, avec le retour de blessure de Geoffrey Kondogbia et l’affirmation de Bilel Nadir, la concurrence sera de plus en plus rude, mais nécessaire afin que l’OM puisse alimenter ses ambitions.

    La trêve internationale qui arrive va permettre à Roberto De Zerbi de poursuivre ses réflexions afin d’améliorer encore ce qui peut l’être. À Metz, il a identifié des secteurs qui avaient encore besoin d’être travaillés. « Nous pouvons progresser dans le pressing sans ballon, mais également dans la gestion du jeu lorsque nous en avons la possession », a-t-il reconnu.

    Il insiste aussi sur les performances individuelles dans le collectif. « Chacun doit s’améliorer pour attaquer, défendre, marquer des buts, être cynique devant le but. » Pour l’entraîneur phocéen, il y a un modèle à suivre : Amine Gouiri. « Il n’a pas débuté pour des raisons tactiques, car j’avais besoin de profondeur, ce qu’a apporté Robinio Vaz. Mais je suis content de ce qu’il a réalisé », conclut-il.

    « Son positionnement est différent de ce que propose Pierre-Émile Höjbjerg »

  • Gérard Paquet, créateur de Châteauvallon : « C’était l’aventure humaine qui nous intéressait, pas l’art »

    Gérard Paquet, créateur de Châteauvallon : « C’était l’aventure humaine qui nous intéressait, pas l’art »

    La Marseillaise : Comment et pourquoi vous est venue l’idée
    de créer Châteauvallon ?

    Gérard Paquet : Quand j’avais 18 ans, je faisais la cour à une fille qui s’appelait Monique. Pour se débarrasser de moi, elle m’a présenté Komatis [Henri, architecte qui a créé Châteauvallon avec Paquet, Ndlr]. Il est devenu mon meilleur ami, malgré nos 22 ans d’écart. On rêvait et un jour, on s’est dit qu’on allait faire un truc ensemble. On avait décidé de trouver une belle baraque à retaper, avec une idée très vague. Un jour, une amie de ma mère lui a suggéré de me parler de Châteauvallon. Je suis allé le repérer un samedi matin.

    C’était un bel endroit, mais il n’y avait rien et la bastide était en ruines. Le maire d’Ollioules n’avait jamais voulu la louer. Mais comme il avait été réélu grâce à mon père, il nous l’a louée, à hauteur de 10 francs par an pour 33 ans. On a mis 100 balles (sic) chacun, et on s’est mis au boulot. Komatis était doué de ses mains, moi je ne savais rien faire à part commander, sans ne jamais donner d’ordre. Les choses se sont faites naturellement et on en a fait un lieu culturel. J’ai toujours pensé que j’avais un destin. Châteauvallon a été constitué de plein de hasards, qui ont fait le mien.

    Nous étions alors au cœur
    d’un âge d’or de la culture
    en France, avec la présence au gouvernement d’André Malraux. Cela vous a-t-il été favorable ?

    G.P. : Oui, clairement. J’ai même l’outrecuidance de penser qu’on a été les seuls fidèles à ce qu’il souhaitait, c’est-à-dire une vraie ambition liée à la création. Mais on n’a pas été subventionné par le ministère de la Culture tout de suite car on était un lieu d’initiative personnelle. C’est Guy Brajot, ancien administrateur d’outre-mer, qui avait intégré le ministère de la Culture, qui nous a choisis. Mais ce n’est pas vraiment l’art qui nous intéressait, c’était l’aventure humaine. Avec Henri [Komatis], on n’avait pas de discussion à ce sujet. La seule qui en était passionnée c’était Simone, sa femme.

    En 1995, le FN arrive à Toulon. Vous refusez ses subventions
    et, en fin de compte, vous êtes licencié et l’association est dissoute. Comment l’avez-vous vécu ?

    G.P. : Dès le lendemain de l’élection, j’ai déclaré que je ne demanderai plus de subvention à la Ville. On ne demande pas d’argent à quelqu’un du Front national, c’était une question de principe. Personne n’était d’accord avec moi. Les gens se sont dit que j’avais combattu le Front national, mais ils n’ont pas compris que refuser de l’argent dans un monde dominé par l’argent, ça a du sens. C’est fondateur de quelque chose. J’ai ensuite continué à diriger le lieu, avant d’en être viré, mais pas par le Front national. Eux étaient contents d’avoir le théâtre sans avoir à donner de l’argent. C’est à cause de Jean-Charles Marchiani, préfet du Var de l’époque [de 1995 à 1997], qui était un immonde salopard (sic), et un ami de Charles Pasqua. Comme il représentait l’État au sein du conseil d’administration et que j’avais refusé l’argent, il a nommé un administrateur judiciaire, alors que pendant un an, j’avais réussi à faire fonctionner le lieu sans subvention. Il avait tous les pouvoirs et il m’a viré.

    La raison, c’est qu’on publiait un programme tous les deux mois. Dans l’ours [page indiquant les personnes ayant pris part à l’élaboration de la programmation, Ndlr], on n’avait pas mentionné l’administrateur judiciaire, ce qui a été considéré comme une faute grave. Le lendemain, après 33 ans de Châteauvallon, j’ai été viré sans un centime d’indemnité. Mais ça m’a sauvé car je n’aurais jamais pu travailler avec le Front national.

    Comment est-ce que cela vous
    a sauvé ?

    G.P. : Catherine Trautmann, qui était alors ministre de la Culture, m’a récupéré. À Châteauvallon, on était les seuls à joindre l’art et la science. Au ministère, on réfléchissait sur celle-ci, car c’est ce qui a changé le monde du XVIIIe au XXe siècle. Trautmann m’a fait écrire une étude sur le rôle que la science pouvait jouer dans l’univers de la culture. Elle était d’accord, mais son cabinet n’a pas voulu de moi. On m’a viré vers la cité des sciences. De là, j’ai fini à la Maison des Métallos [ancien siège de la CGT converti en lieu culturel par la mairie de Paris, que Paquet a participé à ouvrir, en tant que directeur de 2003 à 2009, Ndlr]. Je l’avais d’ailleurs fait visiter à de vieux militants, qui m’avaient fait le plus beau compliment qu’on pouvait me faire, en me disant « on se sent encore chez nous ».

    Votre gestion financière a aussi été remise en cause au moment
    de votre éviction…

    G.P. : J’ai eu à côté de moi une femme qui s’appelait Nicole Jarier [administratrice historique de Châteauvallon, Ndlr]. Elle gérait très bien et elle est arrivée avant que je n’aie le temps de mal gérer. Je me payais très mal, avec Henri, on a eu notre premier salaire de 200 francs en 1971. On a eu un déficit en 1994, qui s’est expliqué par la programmation de West Side Story et Martha Graham, cette même année, durant laquelle le dollar est passé de 4 à 10 francs. On a eu 1 million de francs de déficit, qu’on a remboursé intégralement un an après. Mais il est vrai que je n’aurais jamais été un bon gestionnaire financier. En revanche, j’avais quelqu’un de solide à mes côtés.

    N’avez-vous pas regretté d’avoir été dépossédé de votre œuvre ?

    G.P. : Non, parce que je savais que je ne pouvais pas aller plus loin. J’ai compris une chose assez tard, c’est que qu’on ne peut pas aller au-delà de ce qu’une ville peut porter, peu importe son talent. Et je pense qu’en portant Châteauvallon, on a été à l’extrême limite de ce qu’une ville comme Toulon pouvait faire. En étant parti, j’ai vécu un certain nombre d’aventures, et je ne regrette pas. J’ai pu faire des choses dont je n’ai pas trop à rougir.

    Quel regard portez-vous
    sur l’évolution de la culture
    en France ?

    G.P. : Je ne connais rien à la culture, je n’ai par exemple jamais été au Théâtre Liberté, que j’ai pourtant créé. En revanche, la culture faisait à l’époque partie des deux ou trois préoccupations au cœur de la vie politique française. Ce n’est plus le cas. Ça s’est perdu, on fait beaucoup de choses, il y a des artistes. Mais à l’époque, et c’était sûrement dû à de Gaulle, mais pas que, il y avait une volonté d’État de faire exister la culture dans la vie politique. Je ne sais même pas quoi dire sur son évolution. Ce qui m’intéresse, c’est la vie humaine. Mes livres, ce sont les gens que je rencontre.

    Et sur l’évolution de Châteauvallon ? Est-ce toujours une « utopie réaliste » ?

    G.P. : C’est une chose que j’ai faite par hasard et dont je suis assez fier. Châteauvallon, c’est la culture en rapport avec l’humanité, l’histoire, l’ensemble des choses de la vie, c’est quelque chose de vital. L’art n’est pas suffisant. L’utopie réaliste, c’est un terme que j’avais glissé à Edgar Morin pour les 20 ans de Châteauvallon. Pour moi, le résultat de toutes ces années d’existence reste une utopie réaliste, mais ce que je sais surtout, c’est que j’ai beaucoup d’amitié et de respect pour Charles Berling. Je trouve qu’il travaille trop, mais c’est un homme extrêmement ouvert, honnête, très loyal.

    On va d’ailleurs faire ensemble ma dernière œuvre, intitulée Une pensée pour le Monde. Une réflexion sur la mondialisation, qui existe sans ne jamais avoir été pensée. Elle révèle que les gens se combattent, dans un monde qui est tout sauf une unité. J’aimerais contribuer en développant un narratif sur ce que pourrait être un monde de paix, où les gens se parlent sans s’entretuer. En ce qui me concerne, l’utopie réaliste continue.

    « Avec Berling, on va faire ma dernière œuvre, “Une pensée pour le monde”,
    une réflexion sur
    la mondialisation »

  • Gérard Paquet, créateur de Châteauvallon : « C’était l’aventure humaine qui nous intéressait, pas l’art »

    La Marseillaise : Comment et pourquoi vous est venue l’idée
    de créer Châteauvallon ?

    Gérard Paquet : Quand j’avais 18 ans, je faisais la cour à une fille qui s’appelait Monique. Pour se débarrasser de moi, elle m’a présenté Komatis [Henri, architecte qui a créé Châteauvallon avec Paquet, Ndlr]. Il est devenu mon meilleur ami, malgré nos 22 ans d’écart. On rêvait et un jour, on s’est dit qu’on allait faire un truc ensemble. On avait décidé de trouver une belle baraque à retaper, avec une idée très vague. Un jour, une amie de ma mère lui a suggéré de me parler de Châteauvallon. Je suis allé le repérer un samedi matin.

    C’était un bel endroit, mais il n’y avait rien et la bastide était en ruines. Le maire d’Ollioules n’avait jamais voulu la louer. Mais comme il avait été réélu grâce à mon père, il nous l’a louée, à hauteur de 10 francs par an pour 33 ans. On a mis 100 balles (sic) chacun, et on s’est mis au boulot. Komatis était doué de ses mains, moi je ne savais rien faire à part commander, sans ne jamais donner d’ordre. Les choses se sont faites naturellement et on en a fait un lieu culturel. J’ai toujours pensé que j’avais un destin. Châteauvallon a été constitué de plein de hasards, qui ont fait le mien.

    Nous étions alors au cœur
    d’un âge d’or de la culture
    en France, avec la présence au gouvernement d’André Malraux. Cela vous a-t-il été favorable ?

    G.P. : Oui, clairement. J’ai même l’outrecuidance de penser qu’on a été les seuls fidèles à ce qu’il souhaitait, c’est-à-dire une vraie ambition liée à la création. Mais on n’a pas été subventionné par le ministère de la Culture tout de suite car on était un lieu d’initiative personnelle. C’est Guy Brajot, ancien administrateur d’outre-mer, qui avait intégré le ministère de la Culture, qui nous a choisis. Mais ce n’est pas vraiment l’art qui nous intéressait, c’était l’aventure humaine. Avec Henri [Komatis], on n’avait pas de discussion à ce sujet. La seule qui en était passionnée c’était Simone, sa femme.

    En 1995, le FN arrive à Toulon. Vous refusez ses subventions
    et, en fin de compte, vous êtes licencié et l’association est dissoute. Comment l’avez-vous vécu ?

    G.P. : Dès le lendemain de l’élection, j’ai déclaré que je ne demanderai plus de subvention à la Ville. On ne demande pas d’argent à quelqu’un du Front national, c’était une question de principe. Personne n’était d’accord avec moi. Les gens se sont dit que j’avais combattu le Front national, mais ils n’ont pas compris que refuser de l’argent dans un monde dominé par l’argent, ça a du sens. C’est fondateur de quelque chose. J’ai ensuite continué à diriger le lieu, avant d’en être viré, mais pas par le Front national. Eux étaient contents d’avoir le théâtre sans avoir à donner de l’argent. C’est à cause de Jean-Charles Marchiani, préfet du Var de l’époque [de 1995 à 1997], qui était un immonde salopard (sic), et un ami de Charles Pasqua. Comme il représentait l’État au sein du conseil d’administration et que j’avais refusé l’argent, il a nommé un administrateur judiciaire, alors que pendant un an, j’avais réussi à faire fonctionner le lieu sans subvention. Il avait tous les pouvoirs et il m’a viré.

    La raison, c’est qu’on publiait un programme tous les deux mois. Dans l’ours [page indiquant les personnes ayant pris part à l’élaboration de la programmation, Ndlr], on n’avait pas mentionné l’administrateur judiciaire, ce qui a été considéré comme une faute grave. Le lendemain, après 33 ans de Châteauvallon, j’ai été viré sans un centime d’indemnité. Mais ça m’a sauvé car je n’aurais jamais pu travailler avec le Front national.

    Comment est-ce que cela vous
    a sauvé ?

    G.P. : Catherine Trautmann, qui était alors ministre de la Culture, m’a récupéré. À Châteauvallon, on était les seuls à joindre l’art et la science. Au ministère, on réfléchissait sur celle-ci, car c’est ce qui a changé le monde du XVIIIe au XXe siècle. Trautmann m’a fait écrire une étude sur le rôle que la science pouvait jouer dans l’univers de la culture. Elle était d’accord, mais son cabinet n’a pas voulu de moi. On m’a viré vers la cité des sciences. De là, j’ai fini à la Maison des Métallos [ancien siège de la CGT converti en lieu culturel par la mairie de Paris, que Paquet a participé à ouvrir, en tant que directeur de 2003 à 2009, Ndlr]. Je l’avais d’ailleurs fait visiter à de vieux militants, qui m’avaient fait le plus beau compliment qu’on pouvait me faire, en me disant « on se sent encore chez nous ».

    Votre gestion financière a aussi été remise en cause au moment
    de votre éviction…

    G.P. : J’ai eu à côté de moi une femme qui s’appelait Nicole Jarier [administratrice historique de Châteauvallon, Ndlr]. Elle gérait très bien et elle est arrivée avant que je n’aie le temps de mal gérer. Je me payais très mal, avec Henri, on a eu notre premier salaire de 200 francs en 1971. On a eu un déficit en 1994, qui s’est expliqué par la programmation de West Side Story et Martha Graham, cette même année, durant laquelle le dollar est passé de 4 à 10 francs. On a eu 1 million de francs de déficit, qu’on a remboursé intégralement un an après. Mais il est vrai que je n’aurais jamais été un bon gestionnaire financier. En revanche, j’avais quelqu’un de solide à mes côtés.

    N’avez-vous pas regretté d’avoir été dépossédé de votre œuvre ?

    G.P. : Non, parce que je savais que je ne pouvais pas aller plus loin. J’ai compris une chose assez tard, c’est que qu’on ne peut pas aller au-delà de ce qu’une ville peut porter, peu importe son talent. Et je pense qu’en portant Châteauvallon, on a été à l’extrême limite de ce qu’une ville comme Toulon pouvait faire. En étant parti, j’ai vécu un certain nombre d’aventures, et je ne regrette pas. J’ai pu faire des choses dont je n’ai pas trop à rougir.

    Quel regard portez-vous
    sur l’évolution de la culture
    en France ?

    G.P. : Je ne connais rien à la culture, je n’ai par exemple jamais été au Théâtre Liberté, que j’ai pourtant créé. En revanche, la culture faisait à l’époque partie des deux ou trois préoccupations au cœur de la vie politique française. Ce n’est plus le cas. Ça s’est perdu, on fait beaucoup de choses, il y a des artistes. Mais à l’époque, et c’était sûrement dû à de Gaulle, mais pas que, il y avait une volonté d’État de faire exister la culture dans la vie politique. Je ne sais même pas quoi dire sur son évolution. Ce qui m’intéresse, c’est la vie humaine. Mes livres, ce sont les gens que je rencontre.

    Et sur l’évolution de Châteauvallon ? Est-ce toujours une « utopie réaliste » ?

    G.P. : C’est une chose que j’ai faite par hasard et dont je suis assez fier. Châteauvallon, c’est la culture en rapport avec l’humanité, l’histoire, l’ensemble des choses de la vie, c’est quelque chose de vital. L’art n’est pas suffisant. L’utopie réaliste, c’est un terme que j’avais glissé à Edgar Morin pour les 20 ans de Châteauvallon. Pour moi, le résultat de toutes ces années d’existence reste une utopie réaliste, mais ce que je sais surtout, c’est que j’ai beaucoup d’amitié et de respect pour Charles Berling. Je trouve qu’il travaille trop, mais c’est un homme extrêmement ouvert, honnête, très loyal.

    On va d’ailleurs faire ensemble ma dernière œuvre, intitulée Une pensée pour le Monde. Une réflexion sur la mondialisation, qui existe sans ne jamais avoir été pensée. Elle révèle que les gens se combattent, dans un monde qui est tout sauf une unité. J’aimerais contribuer en développant un narratif sur ce que pourrait être un monde de paix, où les gens se parlent sans s’entretuer. En ce qui me concerne, l’utopie réaliste continue.

    « Avec Berling, on va faire ma dernière œuvre, “Une pensée pour le monde”,
    une réflexion sur
    la mondialisation »

  • Rien à attendre

    Rien à attendre

    Nouveau virage à droite pour finir dans la main de l’extrême droite ! Avec ce nouveau gouvernement dont les premières nominations ont été données dimanche, on prend les mêmes et on recommence. Et parmi les « entrants » : Bruno Lemaire, Éric Woerth et Roland Lescure. Sans surprise, on est loin de la rupture annoncée et on assiste plutôt à recentrage sur la base du macronisme, toujours plus rétrécie à son aile droite. Le en même temps macronien est définitivement enterré alors même que les partis de gauche annoncent des motions de censure dès le discours de politique générale.

    Le gouvernement Lecornu, qui a réussi à rassembler le « socle commun » et LR qui fait monter les enchères, ne tiendra qu’avec la bienveillance et la bénédiction du RN. Triste fin pour le deuxième quinquennat d’un président qui a été élu à chaque fois comme un prétendu rempart face à Marine Le Pen et le parti qu’elle a hérité de son père.

    Dans les mains du RN

    Pouce levé pour maintenir Lecornu et lui en faire payer le prix ou baissé pour renverser un troisième premier ministre en moins d’un an ? Cela dépendra des tractations que Lecornu avait déjà entamées avec Marine Le Pen quand il était ministre de la Défense.

    Le monde du travail n’a en tout cas rien à attendre de bon de ce nouveau gouvernement qui ressemble à un résumé de l’histoire macronienne. S’il chute, la dernière cartouche du président aura été tirée. Le pays risque alors d’entrer dans une phase extrêmement confuse et dangereuse qui nécessitera la mobilisation et l’unité de ceux qui veulent s’opposer à la fois au fascisme et au néolibéralisme.

  • Rien à attendre

    Nouveau virage à droite pour finir dans la main de l’extrême droite ! Avec ce nouveau gouvernement dont les premières nominations ont été données dimanche, on prend les mêmes et on recommence. Et parmi les « entrants » : Bruno Lemaire, Éric Woerth et Roland Lescure. Sans surprise, on est loin de la rupture annoncée et on assiste plutôt à recentrage sur la base du macronisme, toujours plus rétrécie à son aile droite. Le en même temps macronien est définitivement enterré alors même que les partis de gauche annoncent des motions de censure dès le discours de politique générale.

    Le gouvernement Lecornu, qui a réussi à rassembler le « socle commun » et LR qui fait monter les enchères, ne tiendra qu’avec la bienveillance et la bénédiction du RN. Triste fin pour le deuxième quinquennat d’un président qui a été élu à chaque fois comme un prétendu rempart face à Marine Le Pen et le parti qu’elle a hérité de son père.

    Dans les mains du RN

    Pouce levé pour maintenir Lecornu et lui en faire payer le prix ou baissé pour renverser un troisième premier ministre en moins d’un an ? Cela dépendra des tractations que Lecornu avait déjà entamées avec Marine Le Pen quand il était ministre de la Défense.

    Le monde du travail n’a en tout cas rien à attendre de bon de ce nouveau gouvernement qui ressemble à un résumé de l’histoire macronienne. S’il chute, la dernière cartouche du président aura été tirée. Le pays risque alors d’entrer dans une phase extrêmement confuse et dangereuse qui nécessitera la mobilisation et l’unité de ceux qui veulent s’opposer à la fois au fascisme et au néolibéralisme.

  • Pour l’OAP Pin Vert, les manœuvres d’intimidation d’un promoteur

    Pour l’OAP Pin Vert, les manœuvres d’intimidation d’un promoteur

    La 12e étape de l’ABT, initiative portée par les collectifs aubagnais Habitants du Garlaban, La Louve, et Borie s’est faite, samedi 4 octobre, au quartier des Solans, en présence d’une trentaine de personnes. « La 11e étape avait déjà eu lieu dans ce même quartier », a souligné Eliane Vergès. C’était « le 14 juin dernier. Nous nous étions retrouvés devant les panneaux indiquant la construction prochaine par le promoteur “Les Nouveaux constructeurs” d’environ 147 logements, sur la base de deux permis délivrés fin avril par le maire (LR) d’Aubagne, Gérard Gazay ». Ce programme immobilier représente une partie des 350 logements prévus par « l’OAP Pin Vert », situé à proximité du rond-point des Solans. Les collectifs aubagnais dénoncent, au sujet de ces deux permis autorisant la construction de 147 logements, « un paysage défiguré, la biodiversité bafouée », mais aussi « l’aggravation des problèmes d’inondation », le quartier étant régulièrement les pieds dans l’eau après de fortes pluies. Alors que les Solans sont déjà impactés par les embouteillages aux heures de pointe, notamment pour s’engager sur le rond-point du même nom, l’urbanisation massive aggraverait encore ces problèmes de trafic et de nuisances sonores, argumentent-ils.

    La lettre recommandée

    Juste avant l’été, huit personnes des collectifs ont déposé auprès du maire d’Aubagne « des recours gracieux, comme nous y autorise la loi, pour lui demander de retirer et d’annuler ces permis », relate Eliane Vergès. Le maire avait jusqu’au 25 août pour répondre. Il ne l’a pas fait. Entre-temps, début juillet, suite à des recours, le tribunal administratif de Marseille « a annulé partiellement l’OAP du Pin Vert en considérant que le secteur 7 était illégal car il se situe dans un corridor écologique », développe Eliane. La préfecture a alors demandé à la Ville d’Aubagne de retirer les permis délivrés au promoteur pour la construction de 11 maisons individuelles. Ce qui a été fait. Mais une lettre recommandée, envoyée le 16 septembre dernier par Olivier Orsuto, directeur régional de « Les Nouveaux constructeurs » à 7 des 8 requérants contre les permis de construire des 137 logements, va déclencher « stupeur et colère ». Dans ce courrier, que nous avons eu en main, le directeur régional écrit : « La SNC LNC Pyramide Promotion vous met officiellement en demeure de vous désister de vos recours gracieux introduits le 25 juin 2025 et, à défaut, de ne pas poursuivre cette action manifestement irrecevable devant la juridiction administrative. » Il poursuit : « La société pourrait également solliciter des dommages et intérêts. » Choqués par ces méthodes, les requérants envisagent d’écrire au Procureur de la République. Ils ont jusqu’au 24 octobre, rappelle Eliane Vergès, « pour décider d’aller ou non au contentieux devant le TA [Tribunal administratif, Ndlr.]. Si un seul d’entre eux le décide, il y en a pour deux ans avant d’avoir une décision (avant appel). Soit un temps suffisamment long pour obtenir encore la refonte ou l’annulation de cette OAP. »

  • Pour l’OAP Pin Vert, les manœuvres d’intimidation d’un promoteur

    La 12e étape de l’ABT, initiative portée par les collectifs aubagnais Habitants du Garlaban, La Louve, et Borie s’est faite, samedi 4 octobre, au quartier des Solans, en présence d’une trentaine de personnes. « La 11e étape avait déjà eu lieu dans ce même quartier », a souligné Eliane Vergès. C’était « le 14 juin dernier. Nous nous étions retrouvés devant les panneaux indiquant la construction prochaine par le promoteur “Les Nouveaux constructeurs” d’environ 147 logements, sur la base de deux permis délivrés fin avril par le maire (LR) d’Aubagne, Gérard Gazay ». Ce programme immobilier représente une partie des 350 logements prévus par « l’OAP Pin Vert », situé à proximité du rond-point des Solans. Les collectifs aubagnais dénoncent, au sujet de ces deux permis autorisant la construction de 147 logements, « un paysage défiguré, la biodiversité bafouée », mais aussi « l’aggravation des problèmes d’inondation », le quartier étant régulièrement les pieds dans l’eau après de fortes pluies. Alors que les Solans sont déjà impactés par les embouteillages aux heures de pointe, notamment pour s’engager sur le rond-point du même nom, l’urbanisation massive aggraverait encore ces problèmes de trafic et de nuisances sonores, argumentent-ils.

    La lettre recommandée

    Juste avant l’été, huit personnes des collectifs ont déposé auprès du maire d’Aubagne « des recours gracieux, comme nous y autorise la loi, pour lui demander de retirer et d’annuler ces permis », relate Eliane Vergès. Le maire avait jusqu’au 25 août pour répondre. Il ne l’a pas fait. Entre-temps, début juillet, suite à des recours, le tribunal administratif de Marseille « a annulé partiellement l’OAP du Pin Vert en considérant que le secteur 7 était illégal car il se situe dans un corridor écologique », développe Eliane. La préfecture a alors demandé à la Ville d’Aubagne de retirer les permis délivrés au promoteur pour la construction de 11 maisons individuelles. Ce qui a été fait. Mais une lettre recommandée, envoyée le 16 septembre dernier par Olivier Orsuto, directeur régional de « Les Nouveaux constructeurs » à 7 des 8 requérants contre les permis de construire des 137 logements, va déclencher « stupeur et colère ». Dans ce courrier, que nous avons eu en main, le directeur régional écrit : « La SNC LNC Pyramide Promotion vous met officiellement en demeure de vous désister de vos recours gracieux introduits le 25 juin 2025 et, à défaut, de ne pas poursuivre cette action manifestement irrecevable devant la juridiction administrative. » Il poursuit : « La société pourrait également solliciter des dommages et intérêts. » Choqués par ces méthodes, les requérants envisagent d’écrire au Procureur de la République. Ils ont jusqu’au 24 octobre, rappelle Eliane Vergès, « pour décider d’aller ou non au contentieux devant le TA [Tribunal administratif, Ndlr.]. Si un seul d’entre eux le décide, il y en a pour deux ans avant d’avoir une décision (avant appel). Soit un temps suffisamment long pour obtenir encore la refonte ou l’annulation de cette OAP. »

  • « Un cas d’école sur la manière dont l’extrême droite s’infiltre »

    « Un cas d’école sur la manière dont l’extrême droite s’infiltre »

    La Marseillaise : En quoi est-ce qu’il est nécessaire de se mobiliser lundi soir, malgré le maintien de la Nuit du bien commun ?

    Catherine Lecoq : C’est impossible pour nous de céder les espaces de culture à des gens qui ont des idées telles que celles de Stérin. Ce n’est qu’une excuse, sous couvert de charité, pour faire monter les votes pour l’extrême droite. Dans notre fondement d’humanisme et d’expression libre et non faussée, il est hors de question que cela se produise sans opposition

    Anne-Marie Alary : On est dans la rue depuis un mois pour tracter et informer la population du projet politique derrière ce gala de charité, et de qui est Stérin. Cet événement est extrêmement dangereux. C’est un cas d’école sur la manière dont l’extrême droite s’infiltre de partout et mène une bataille culturelle. Il est aussi important d’aller protester le 6 avec les autres organisations des Bouches-du-Rhône. Il faut s’attendre, je pense, à ce qu’il y ait du monde.

    Derrière le discours sur la « générosité », voyez-vous une tentative d’acheter de l’influence politique et culturelle ?

    C.L. : Oui. C’est comme le Rocher-Mistral, dans la même veine que celle qui est de réécrire l’histoire. Ce n’est pas loyal, pour avoir un terme lissé. Le négationnisme, à un moment donné, ça va.

    A.-M.A. : Oui, mais de façon insidieuse, contrairement à son financement pour l’école de journalisme [L’institut libre de journalisme, Ndlr.] et l’institut de formation des futurs élus. Il a un livret qui s’appelle Politicae. Il a déjà fait ses réseaux, il était propriétaire du Crayon, média en charge de d’animation de débats au Delta Festival (Marseille). Il porte aussi le Label des plus belles fêtes de France, dont a bénéficié la Bénédiction du Calisson. On l’a dit dans notre tract, on craint que le tout soit un cheval de Troie au projet Périclès du milliardaire [code pour Patriotes, enracinés, résistants, identitaires, chrétiens, libéraux, européens et souverainistes, Ndlr]. révélé par L’Humanité.

    Pierre-Edouard Stérin est proche d’associations réactionnaires, anti-IVG, droits LGBT… Comment expliquer qu’un tel événement puisse encore trouver des salles et des relais institutionnels ?

    C.L. : Il filoute. Les élus ne savent pas toujours que politiquement, c’est quelque chose d’indigne qui se produit. Mais alertée par les citoyens, la municipalité a annulé la tenue de l’événement. À Marseille, Pierre-Edouard Stérin a été refoulé, notamment grâce à la pression citoyenne. À Aix-en-Provence, au niveau de la mairie, on n’a pas eu les mêmes facilités à faire annuler la salle, sous régie publique. La direction elle ne pouvait pas prendre sur elle de refuser. Mais nous, dans le milieu du spectacle vivant, on s’est mis en réseau, et le 6MIC aura fort à faire pour trouver des techniciens afin d’assurer la soirée.

    A.-M.A. : Stérin usurpe le terme de « Bien commun » et beaucoup de personnes ne savent pas que c’est lui derrière, qui l’utilise pour diffuser des idées d’extrême droite. La vérité émerge petit à petit, puisque partout en France comme à Aix, on dénonce cette usurpation. Mais ce n’est pas simple de s’en rendre compte : il use des sociétés-écrans où il n’apparaît pas, par exemple la société Obole, comme on le répète régulièrement. Sur le terrain, on se rend compte que beaucoup de gens découvrent tout ça.

    Est-ce que ce type de soirées ne vient pas accentuer la dépendance des associations à des mécènes privés, au détriment d’un financement public, réputé plus transparent ?

    C.L. : C’est ce que veulent depuis longtemps nos patrons ! S’il n’y avait plus de service public, les gens de l’extrême droite seraient les plus heureux. Ce qui est dégueulasse aussi, dans cette histoire, est que les termes de la solidarité interprofessionnelle, le « bien commun », sont repris. Mais ce mot n’appartient pas à l’extrême droite.

    A.-M.A. : On suit la mode américaine : celle des galas contre le service public. C’est une dérive inquiétante. D’ailleurs, Stérin a une démarche libertarienne, et fait partie du réseau atlas où l’on retrouve le Heritage Foundation, qui a soutenu Trump.

    Certains soutiennent que Pierre-Edouard Stérin s’est retiré de l’organisation et n’a plus aucun lien avec la Nuit du bien commun. Que répondez-vous ?

    C.L. : Même si l’on nous dit qu’il n’est plus actionnaire, c’est faux, ça a été prouvé. On va nous faire croire que Monsieur Stérin n’est plus dans la boucle, mais il est toujours dans la boucle. Ces Nuits du bien commun sont bien tenues pour récolter des fonds, puis alimenter des groupuscules d’extrême droite. Le projet Périclès, est clair, précis et circonstancié.

    A.-M.A. : C’est la société Obole qui a négocié la location de la salle du 6MIC, comme ailleurs en France. Cette plateforme numérique de collecte de dons a été fondée par le milliardaire Stérin en 2017. Même si elle se dit toujours au service « du bien commun et de l’économie sociale et solidaire », on craint que ce ne soit encore qu’une société écran.

    Le syndicat Solidaires 13, la section du Parti communiste local (PCF), Marc Pena, député (PS) de la 11e circonscription des Bouches-du-Rhône et les responsables du mouvement Bloquons-Tout à Aix, Riposte Antifasciste, tout comme certains salariés d’associations participantes à l’événement qui nous ont contactés, ont également manifesté leur opposition au maintien de la Nuit du bien commun.

    « Il est hors de question que cela
    se produise sans opposition. »

  • « Un cas d’école sur la manière dont l’extrême droite s’infiltre »

    La Marseillaise : En quoi est-ce qu’il est nécessaire de se mobiliser lundi soir, malgré le maintien de la Nuit du bien commun ?

    Catherine Lecoq : C’est impossible pour nous de céder les espaces de culture à des gens qui ont des idées telles que celles de Stérin. Ce n’est qu’une excuse, sous couvert de charité, pour faire monter les votes pour l’extrême droite. Dans notre fondement d’humanisme et d’expression libre et non faussée, il est hors de question que cela se produise sans opposition

    Anne-Marie Alary : On est dans la rue depuis un mois pour tracter et informer la population du projet politique derrière ce gala de charité, et de qui est Stérin. Cet événement est extrêmement dangereux. C’est un cas d’école sur la manière dont l’extrême droite s’infiltre de partout et mène une bataille culturelle. Il est aussi important d’aller protester le 6 avec les autres organisations des Bouches-du-Rhône. Il faut s’attendre, je pense, à ce qu’il y ait du monde.

    Derrière le discours sur la « générosité », voyez-vous une tentative d’acheter de l’influence politique et culturelle ?

    C.L. : Oui. C’est comme le Rocher-Mistral, dans la même veine que celle qui est de réécrire l’histoire. Ce n’est pas loyal, pour avoir un terme lissé. Le négationnisme, à un moment donné, ça va.

    A.-M.A. : Oui, mais de façon insidieuse, contrairement à son financement pour l’école de journalisme [L’institut libre de journalisme, Ndlr.] et l’institut de formation des futurs élus. Il a un livret qui s’appelle Politicae. Il a déjà fait ses réseaux, il était propriétaire du Crayon, média en charge de d’animation de débats au Delta Festival (Marseille). Il porte aussi le Label des plus belles fêtes de France, dont a bénéficié la Bénédiction du Calisson. On l’a dit dans notre tract, on craint que le tout soit un cheval de Troie au projet Périclès du milliardaire [code pour Patriotes, enracinés, résistants, identitaires, chrétiens, libéraux, européens et souverainistes, Ndlr]. révélé par L’Humanité.

    Pierre-Edouard Stérin est proche d’associations réactionnaires, anti-IVG, droits LGBT… Comment expliquer qu’un tel événement puisse encore trouver des salles et des relais institutionnels ?

    C.L. : Il filoute. Les élus ne savent pas toujours que politiquement, c’est quelque chose d’indigne qui se produit. Mais alertée par les citoyens, la municipalité a annulé la tenue de l’événement. À Marseille, Pierre-Edouard Stérin a été refoulé, notamment grâce à la pression citoyenne. À Aix-en-Provence, au niveau de la mairie, on n’a pas eu les mêmes facilités à faire annuler la salle, sous régie publique. La direction elle ne pouvait pas prendre sur elle de refuser. Mais nous, dans le milieu du spectacle vivant, on s’est mis en réseau, et le 6MIC aura fort à faire pour trouver des techniciens afin d’assurer la soirée.

    A.-M.A. : Stérin usurpe le terme de « Bien commun » et beaucoup de personnes ne savent pas que c’est lui derrière, qui l’utilise pour diffuser des idées d’extrême droite. La vérité émerge petit à petit, puisque partout en France comme à Aix, on dénonce cette usurpation. Mais ce n’est pas simple de s’en rendre compte : il use des sociétés-écrans où il n’apparaît pas, par exemple la société Obole, comme on le répète régulièrement. Sur le terrain, on se rend compte que beaucoup de gens découvrent tout ça.

    Est-ce que ce type de soirées ne vient pas accentuer la dépendance des associations à des mécènes privés, au détriment d’un financement public, réputé plus transparent ?

    C.L. : C’est ce que veulent depuis longtemps nos patrons ! S’il n’y avait plus de service public, les gens de l’extrême droite seraient les plus heureux. Ce qui est dégueulasse aussi, dans cette histoire, est que les termes de la solidarité interprofessionnelle, le « bien commun », sont repris. Mais ce mot n’appartient pas à l’extrême droite.

    A.-M.A. : On suit la mode américaine : celle des galas contre le service public. C’est une dérive inquiétante. D’ailleurs, Stérin a une démarche libertarienne, et fait partie du réseau atlas où l’on retrouve le Heritage Foundation, qui a soutenu Trump.

    Certains soutiennent que Pierre-Edouard Stérin s’est retiré de l’organisation et n’a plus aucun lien avec la Nuit du bien commun. Que répondez-vous ?

    C.L. : Même si l’on nous dit qu’il n’est plus actionnaire, c’est faux, ça a été prouvé. On va nous faire croire que Monsieur Stérin n’est plus dans la boucle, mais il est toujours dans la boucle. Ces Nuits du bien commun sont bien tenues pour récolter des fonds, puis alimenter des groupuscules d’extrême droite. Le projet Périclès, est clair, précis et circonstancié.

    A.-M.A. : C’est la société Obole qui a négocié la location de la salle du 6MIC, comme ailleurs en France. Cette plateforme numérique de collecte de dons a été fondée par le milliardaire Stérin en 2017. Même si elle se dit toujours au service « du bien commun et de l’économie sociale et solidaire », on craint que ce ne soit encore qu’une société écran.

    Le syndicat Solidaires 13, la section du Parti communiste local (PCF), Marc Pena, député (PS) de la 11e circonscription des Bouches-du-Rhône et les responsables du mouvement Bloquons-Tout à Aix, Riposte Antifasciste, tout comme certains salariés d’associations participantes à l’événement qui nous ont contactés, ont également manifesté leur opposition au maintien de la Nuit du bien commun.

    « Il est hors de question que cela
    se produise sans opposition. »

  • Un week-end pour approcher les derniers modèles de voitures

    Un week-end pour approcher les derniers modèles de voitures

    La lumière des phares à led de la BYD Seal U accueille les visiteurs de la Halle de Martigues depuis vendredi jusqu’à ce dimanche. Nombreux sont les véhicules du même type exposés sur le Salon de l’automobile de Martigues ce week-end, uniquement neufs, à deux comme à quatre roues. Toutes les catégories ou presque sont représentées. Des sans permis chez Ligier, des citadines, des SUV chez Ford, des coupés sportifs comme l’Alpine A110S voire de luxe dans le cas de la Maserati Folgore, avec ses 761 chevaux promettant le 0 à 100 en moins de trois secondes. Pour seulement 231 000 euros ou 1 490 euros par mois.

    Loin d’être les seuls à faire du lèche-vitrine, ce couple de visiteurs est captivé par la Renault 5, une citadine électrique vert fluo qui rappelle sa populaire devancière du même nom sortie elle en 1972. « J’adore la R5, mon grand-père en avait une, elle a un côté rétro et un look waouh. Mais je suis juste venue la voir en vrai », confie la conjointe, qui trouve « dommage qu’elle n’existe pas en thermique », combiné à « un prix rédhibitoire » à 362 euros par mois en location ou 25 000 euros comptant, sans primes. Son compagnon pense au côté français de la marque au losange. « Mais qu’est ce qui est vraiment français ? Mon ancienne Mégane était fabriquée en Espagne il y a 10 ans », se rappelle-t-il, d’autant que « je ne suis pas sûr qu’une électrique fasse 220 000km comme mon ancienne Citroën BX diesel », conclut-il.

    Pour ce vendeur chez Mercedes-Benz, tout est une question de profil. « Il y a plusieurs types d’acheteurs. L’ancien possesseur de diesel peut se poser la question des malus, dans la conjoncture actuelle où le thermique neuf n’existera plus en 2035. Une transition douce par l’hybride est faisable », explique-t-il, considérant que « le marché évolue, la fréquence de renouvellement d’un véhicule est de 3 ans et les particuliers optent à 90% pour la location ».

    Malgré la crise de l’automobile neuve, où la baisse des ventes est de 20% en 2024 par rapport à 2019, selon FranceInfo, le véhicule électrique en location est ce qui est le plus mis en exergue par les concessionnaires sur ce Salon. « On s’adapte à la fin du thermique, mais les clients viennent voir des voitures, pas des carburants », assure de son côté Richard Frau, l’organisateur. « Le Salon a 41 ans et marche bien, avec 33 marques, 4 200 visiteurs et 106 véhicules auto et moto vendus sur le Salon en 2024 », complète-t-il. Et dans le contexte de passage à l’électrique, le rôle du Salon est aussi de « venir pour se faire expliquer et comprendre le leasing social, dont les conditions sont particulières », affirme Richard Frau.

    Dans le panier de crabes de l’industrie automobile mondialisée, le coût reste le premier critère, tant pour le consommateur que le producteur.