Author: tecnavia

  • Fibre Excellence : les salariés toujours dans le flou

    Fibre Excellence : les salariés toujours dans le flou

    Après l’annonce de la reprise en main de la sécurité de l’usine de pâte à papier par l’État, les salariés restent dans le flou. Vendredi, le ministère de la Transition écologique a décidé de faire intervenir l’Ademe pour « prévenir les risques d’incendie, de déversement de produits dangereux et de pollution du Rhône » et pallier « l’incurie et les mises en danger réitérées de l’environnement » du liquidateur judiciaire au vu de la situation du site de Tarascon, classé Seveso.

    « On a vu les arrêtés préfectoraux, mais pour l’instant ce sont toujours les salariés qui s’organisent pour assurer le fonctionnement des installations depuis jeudi », déclarait ce dimanche Jean-Michel Bulinge, délégué syndical CGT et secrétaire du CSE de l’usine. Une dizaine de travailleurs se relaient en 3/8 de manière bénévole pour protéger l’outil de travail. « Un technicien de maintenance est positionné en cas de petite panne, deux opérateurs sont à la conduite des installations sur le pompage au Rhône et la station d’épuration, et on a du personnel pour assurer la sécurité et pallier tout incident », détaille le représentant des salariés.

    D’après les informations de François Batista, secrétaire de l’Union départementale CGT en charge du dossier, l’Ademe devrait être en capacité de reprendre officiellement la main aujourd’hui ou demain matin. « Ils prendront certainement contact avec nous pour la suite des opérations, mais pour l’instant on n’a pas d’élément sur le déroulé, on ne sait pas s’ils gardent des salariés de l’usine, combien, et à quelles conditions, confie Michel Bulinge. Il y a beaucoup de points à
    éclaircir.
     »

    Le délégué syndical espère que les services de l’État « s’appuieront sur les connaissances des travailleurs de l’usine ». « C’est quand même pour ça qu’on s’est battus depuis le début en disant que le site pouvait pas être mis dans toutes les
    mains
    . »

    Le mandataire mis en demeure pour les salaires

    Si l’Ademe reprend la main sur le volet sécurité, le mandataire judiciaire reste en charge de la liquidation. Et la problématique des paiements de salaires, elle, demeure entière. « On n’a toujours pas de nouvelle de nos soldes de tout compte et de nos rémunérations », souligne Jean-Michel Bulinge. Samedi 19 septembre, le syndicat CGT a envoyé une lettre recommandée au mandataire judiciaire « avec une mise en demeure de nous fournir les documents de fin de contrat et les paiements sous huit jours », précise le délégué syndical du site, qui s’alarme de la situation de salariés se retrouvant dans l’impossibilité de recourir à leurs droits auprès de France Travail. « On a suffisamment été méprisés et licenciés comme des malpropres, je pense que le minimum c’est de nous donner ce qui nous est dû », s’agace-t-il.

  • Reiterberger, Odendaal et van der Mark, le trio en or

    Reiterberger, Odendaal et van der Mark, le trio en or

    Un an après, le trio Reiterberger, Odendaal et van der Mark a su vaincre le signe indien.

    Victime d’une casse moteur, l’équipage BMW numéro 37 avait dû laisser filer la victoire sur le Bol d’or et le titre mondial, à 28 minutes du drapeau à damier. Cette fois, les Allemands n’ont pas été trahis par leur machine.

    Dès les premiers tours de piste sur le Paul-Ricard, la machine a tourné à plein régime. Et au fil des heures et des relais, les trois compères ont montré qu’ils ne laisseraient pas filer l’opportunité de prendre une revanche sur le destin.

    Leur but, doubler la Yamaha numéro 1 (Hanika, Fritz et Mercado), en tête du championnat du Monde avant le Bol d’or. Grâce à une course où seule la Suzuki numéro 12, triple tenante du trophée varois est parvenue à les devancer dans le tour initial, dès le premier passage de la ligne droite du Mistral, la numéro 37 récupérait la tête. Pour ne plus la lâcher jusqu’à ce que le drapeau à damier soit agité, dimanche à 15 heures.

    Le Team Black 2e

    Seule la Honda numéro 5 (Techer, Perolari et McPhee) a pu, un temps, suivre les Allemands. Mais au petit matin, il était clair que personne ne les reverrait, sauf incident mécanique.

    L’équipage Reiterberger, Odendaal et van der Mark termine avec un tour d’avance sur la machine victorieuse des trois dernières éditions, commandée par Gregg Black. La Yamaha n°1 (Hanika, Fritz et Mercado) complète le podium, à deux tours des vainqueurs qui s’offrent le titre avec quatre points d’avance.

    Le top 5 du Bol d’or

    1 – BMW n°37 (Reiterberger, Odendaal, Van Der Mark)

    2 – Suzuki n°12 (Black, Masson, Linfoot)

    3 – Yamaha n°1 (Hanika, Fritz, Mercado)

    4 – Honda n°5 (Techer, Perolari, McPhee)

    5 – Kawasaki n°11 (Ramos Alvaro, Gamarino, Leblanc)

  • Le kata mondial au cœur des quartiers Nord

    Le kata mondial au cœur des quartiers Nord

    Pas un son, pas le moindre bruit dans le gymnase Saint-Jérôme. Sur le tatami bleu et jaune, une vingtaine de judokas ne perdent pas une miette des explications des deux champions du monde de « Nage no Kata » en titre, Kento Iwanaga et Genta Iteya, venus spécialement du Japon pour l’occasion.

    « Ils sortent rarement de leur pays, même si, de par leur célébrité dans leur domaine, ils sont amenés à voyager en Océanie ou en Amérique du sud. Mais ils n’étaient jamais venus en France dans le cadre d’un stage. C’est un grand honneur de pouvoir accueillir ces deux judokas, qui possèdent une expertise, entre guillemets, unique au monde », souligne Mégane Rabellino, présidente de Massilia Judo.

    L’un des professeurs du club, Jean-Michel Lévêque, développe depuis de nombreuses années des liens avec de prestigieuses universités japonaises. Il a notamment conservé des liens étroits avec l’Institut Kodokan où enseignent les deux invités de marque. Au fil de plusieurs séances de quatre heures réparties sur le week-end, les professeurs japonais ont revisité les fondamentaux de cet art martial exigeant et minutieux. Des bases « naturelles », comme la posture et la respiration, « que l’on ne travaille pas forcément au quotidien », souligne Mégane.

    Engagement social

    Massilia Judo compte 250 licenciés, dont plus de la moitié sont des enfants âgés de moins de sept ans. « Il y a beaucoup de filles », se réjouit la présidente, élue en 2023 à la tête du club.

    Le club a toujours eu à cœur d’être « ancré » dans les quartiers prioritaires de la ville, en s’appuyant sur les bienfaits et les valeurs véhiculés par le judo. « Le cœur de notre projet, c’est d’apporter l’excellence à ces jeunes », souligne Éric Torrente, professeur et directeur de Massilia Judo, accompagné par quatre autres enseignants diplômés d’État.

    Ancien responsable de la commission « Judo École » au sein du comité 13, il considère son art martial comme une véritable « école de la vie ». « Certains gamins nous ont remerciés de leur avoir transmis une rigueur qu’ils n’avaient pas au départ », poursuit Éric. Une philosophie qui, selon lui, porte ses fruits : deux adhérents du club ont notamment réussi cette année leur entrée en hypokhâgne, 1ère année des classes préparatoires.

    Au-delà de la performance, parfois devenue excessive dans notre société, le judo constitue aussi un formidable vecteur de lien social. « On va chercher des gamins qui n’ont pas l’habitude de faire du sport, qui n’ont pas l’habitude de bouger pour différentes raisons. Grâce au code moral et au cadre très précis qu’impose le judo, on arrive à faire ressortir le meilleur de chacun. Parce qu’il y a énormément de potentiel chez ces enfants, dans ces quartiers », assure Mégane Rabellino, convaincue que les enseignements transmis sur le tatami leur serviront tout au long de leur vie.

    Avec son équipe, elle ambitionne désormais de poursuivre cette dynamique en s’implantant dans d’autres quartiers des 13e et 14e arrondissements.

  • RCT : la mauvaise dynamique se poursuit à Toulon

    RCT : la mauvaise dynamique se poursuit à Toulon

    Jamais deux sans trois. L’expression s’emploie cette fois-ci dans le mauvais sens pour les pensionnaires du Rugby Club Toulonnais. Ils se sont inclinés samedi après-midi sur la pelouse du Castres Olympique à l’occasion de la troisième journée de Top 14
    (29-27).

    « C’est dur, tu mènes 80% du match. C’est dommage de mourir encore à deux points », livre Baptiste Serin, frustré après cette troisième défaite consécutive en championnat. Ils n’ont toujours pas remporté le moindre match sur ce début de saison. « C’est dur mais il faut être clinique dans certains moments comme à la fin où on doit être plus en place pour avoir une pénalité plutôt que de tenter le drop », poursuit le demi-de-mêlée varois, conscient que son coéquipier Tomas Albornoz avait pourtant le ballon de victoire au bout du pied. L’international argentin a pris ses responsabilités dans les derniers instants de la partie en tentant un drop difficile. « C’est un geste qui est très compliqué. Personne n’en veut à Tomas Albornoz. C’est dommage car ça fait trois matches et ça fait trois défaites », martèle Serin, persuadé que son coéquipier fautif aurait été glorifié du titre « king du match » en cas de scénario inverse. Battus de deux points seulement à Pierre-Fabre, les Rouge et Noir n’ont pas caché leur incompréhension suite au deuxième essai des Bleus et Blancs inscrit par Adam Vargas.

    Ce dernier semble être passé en touche avant d’aplatir. L’arbitre Tual Trainini n’a pas sollicité la vidéo et les cinq points ont été accordés. « Les images sont là et doivent être là, comme c’est promis, sur tous les matchs. Si elles ne sont pas là, c’est qu’il y a un problème. Mais elles parlent d’elles-mêmes donc je ne vais pas parler. Mais je ne vais pas faire un aveu de faiblesse non plus », prévient Pierre Mignoni, le directeur du rugby au RCT, conscient que l’essai des Castrais leur a permis de recoller au tableau d’affichage (15-15, 40’).

    Troisième défaite serrée

    Après avoir craqué sur le fil à Bayonne (27-26), puis le week-end dernier lors de la réception de La Rochelle à Mayol (20-21), cette nouvelle désillusion à Castres apporte une troisième défaite serrée aux Toulonnais. Bien qu’ils ont à chaque fois récupéré le bonus défensif, les Varois ne décollent pas au classement du Top 14. Ils pointent ainsi à la treizième place du championnat, avec deux points d’avance seulement sur Vannes, leur futur adversaire samedi (16h45) à domicile. De quoi agacer les supporters rouges et noirs, de plus en plus critiques sur les réseaux sociaux.

    Certains décrient les choix effectués sur le terrain, quand d’autres ont pris pour cible Pierre Mignoni. Quelques-uns parviennent tout de même à rester optimistes, estimant que le jeu du RCT s’est nettement amélioré lors de cette troisième journée à Castres. Les recrues de l’intersaison, à l’image de Huw Jones, doivent encore trouver leurs marques au sein du collectif toulonnais. Mais le plus tôt sera le mieux pour tout le monde. Et pourquoi pas dès samedi contre Vannes ?

  • Ligne à très haute tension, le fond et la forme

    Ligne à très haute tension, le fond et la forme

    La nécessité de la ligne à très haute tension est indéniable. Il s’agit
    de permettre le développement industriel du territoire tout en assurant sa décarbonation, de garantir la sécurité énergétique de la région et la souveraineté nationale. Son urgence est tout aussi indéniable, au risque d’hypothéquer les projets industriels
    en cours voire le fonctionnement électrique de la région. Nul ne le conteste. Ce qui est contesté en revanche, c’est la méthode pour y parvenir. Une méthode autoritaire finalement représentative de la façon de faire d’Emmanuel Macron. Il arrive, impose, parle souveraineté et réindustrialisation mais refuse de penser long terme et reste toujours obnubilé par la dépense publique qu’il se refuse
    à regarder comme un investissement pour l’avenir.

    Sourd !

    Et reste sourd aux élus locaux au premier rang desquels les maires des territoires concernés mais pas seulement, qui pourtant n’ont de cesse de l’alerter sur les conséquences de la proposition sur la table dont la facture de 400 millions est la seule considérée comme acceptable par Paris. Sourds aux acteurs du terrain qui expliquent que cette ligne va détruire l’activité de petites entreprises qui vivent du tourisme et de l’agriculture. Sourd aux solutions alternatives qu’une société du XXIe siècle est en capacité de trouver, certes plus chères mais en mesure de rassembler tout le monde.

    Qui aurait pu prédire qu’après des décennies d’abandon industriel et de non-investissement dans la transition énergétique la facture serait si élevée ? Pas les sourds !

  • [Parole de maire] David Gehant, (DVD – Forcalquier) : « Faire perdurer l’héritage de Daniel Spagnou »

    [Parole de maire] David Gehant, (DVD – Forcalquier) : « Faire perdurer l’héritage de Daniel Spagnou »

    C’est le rendez-vous du lundi deux fois par mois dans La Marseillaise. En interrogeant sans concession les premiers magistrats des communes de Provence, sur les chantiers, leurs décisions, leurs perspectives, La Marseillaise met en lumière la vie des communes, cellule de base de la République.

    La Marseillaise : Quels sont les gros chantiers prévus pour la rentrée à Forcalquier et sur la communauté de communes ?

    David Gehant : Nous sommes très portés sur le respect des engagements qu’on a pris. Le programme pour lequel on est élu, pour certains candidats ou pour certains politiques, c’est un document qui sert à se faire élire, alors que pour nous, c’est vraiment une feuille de route. Là-dedans, il y a un certain nombre de projets qui sont des grands projets d’envergure. Je pense au pôle des arts et de la culture notamment pour rassembler tous les arts vivants, danse, chant, théâtre, musique, dans un même lieu.

    Ou encore à la réhabilitation de la piscine et sa transformation en pôle aqualudique. Cela devient de plus en plus urgent parce que la piscine actuelle a 60 ans et est dans son jus. On colmate chaque année les brèches jusqu’au moment où on ne pourra plus. Et on sait que c’est un service public qui est très important, notamment pour la cohésion sociale, parce que c’est un lieu de rencontre.

    Il y a aussi l’agrandissement ou la création d’un nouveau pôle de santé. Notre centre de soins non programmé au mandat précédent a créé une dynamique positive et donc il y a des médecins qui viennent ou qui veulent s’installer. On avait des locaux disponibles à l’étage qui sont aujourd’hui pleins. On ne veut surtout pas qu’il y ait une rupture dans la dynamique et on va donc assez rapidement créer des lieux supplémentaires pour accueillir ces praticiens.

    Vous êtes dans une volonté d’apaisement avec l’opposition ?

    D.G. : On l’a toujours plus ou moins été. Dès 2020, au lendemain de l’élection, j’ai dit que le combat électoral, c’est pendant la durée d’une élection, mais que nous serons les élus de tous les Forcalquiérens et que la minorité ou l’opposition a une place là-dedans. Cette main tendue n’a pas forcément été saisie en 2020. J’ai l’impression que déjà en fin de mandat, les choses avaient un peu évolué et les protagonistes qui étaient vraiment anti-rapprochement avaient démissionné. Il restait un ou deux éléments qui avaient une perception très idéologique de l’engagement politique et public qui, par définition, empêche le rapprochement et le bon sens. À l’élection du maire, j’ai eu plus de voix que ce que j’ai de collègues majoritaires. C’est la preuve que l’opposition a aussi voté pour moi. C’est quand même un signe d’apaisement. Le soir même de la victoire, j’ai fait très attention à ce que Jean-Michel Grès [tête de la liste citoyenne Forcalquier en commun, ndlr] soit traité très correctement. Je l’ai fait monter avec moi sur l’estrade. Je lui ai proposé de prendre la parole. Il y a des campagnes, c’est normal. Une fois qu’elle est passée, on est tous là pour l’intérêt général.

    Vous disiez lors de l’annonce de votre candidature que Daniel Spagnou vous avait choisi depuis plusieurs mois pour prendre sa suite à la tête de l’association des maires. Pourquoi, selon vous, avait-il pensé à vous ?

    D.G. : Il y a d’abord le jour de la Marianne d’or qu’on a reçue ici, quand il annonce au micro, devant toutes les autorités, qu’il me considère comme son successeur. Il y a un premier message politique qui est posé. Ensuite, il y a le choix de Forcalquier comme lieu pour l’Assemblée générale, symboliquement, pour prendre la succession de Daniel. Daniel ne laissait rien au hasard. Et donc, s’il choisit Forcalquier, il y a un symbole.

    Je veux continuer à faire perdurer son héritage. Après, nous sommes deux générations différentes. Et donc, on va appréhender les choses sous un angle différent. On va essayer d’apporter une touche de modernité sur la manière de faire, notamment, on le fera dès l’assemblée générale, où on va arrêter les discours sans fin. C’était un peu devenu ça, toutes les autorités ont envie de s’exprimer, mais les maires ne viennent pas pour écouter dix discours d’un quart d’heure chacun. On a besoin de modernité, d’interactivité, d’échange. Donc, on va mettre ça sous forme de table ronde, où chaque autorité pourra s’exprimer, mais en même temps, interagir avec la salle. Ce sera quand même, à mon avis, plus constructif.

    Qui est-ce que vous soutenez pour les élections sénatoriales ? Jean-Yves Roux (PRG) revendiquait votre soutien, mais ça n’a jamais été annoncé officiellement. Est-ce que vous soutenez plutôt Stéphanie Colombero (LR) ?

    D.G. : Il m’est très difficile, à trois semaines d’une élection à la présidence de l’association des maires du département, que je revendique comme neutre, de prendre position. Qu’est-ce que comprendraient les gens de droite, si j’appelais à voter pour un candidat de gauche, et inversement ? J’ai beaucoup d’amitié et d’estime pour Stéphanie Colombero. On a mené des combats politiques ensemble. Et en même temps, je travaille très bien avec Jean-Yves Roux. On a réfléchi souvent ensemble, avec Daniel Spagnou, à comment trouver des solutions pour l’association des maires.

    Vous disiez que les parlementaires du département n’avaient plus de voix à porter parce qu’ils ne siégeaient pas dans la majorité. Pour vous, c’est important d’avoir quelqu’un qui est dans la majorité ?

    D.G. : Je disais d’abord que les parlementaires sont démonétisés par le non-cumul des mandats. Force est de constater que ça a surtout servi à niveler par le bas le niveau des élus. Comme il n’est plus possible de cumuler mandat local et parlementaire, on n’a pas forcément les meilleurs, et donc, progressivement, on a diminué le niveau des parlementaires. On a deux députés qui sont dans l’opposition. Le sénateur, c’est un peu différent, parce qu’il a quand même des liens avec la majorité sénatoriale. Quand vous êtes dans l’opposition, vous n’avez aucun poids.

    Vous parlez de « deux extrêmes ». Est-ce que pour vous, LFI représente le même danger que le RN ?

    D.G. : Oui. Je pense qu’aujourd’hui, la position qui est prise par Jean-Luc Mélenchon, par les parlementaires toute la journée, que ce soit à l’Assemblée ou que ce soit sur les plateaux télé, est très claire. Ils n’ont plus du tout envie d’un pays unifié. Ils alimentent le débat politique au travers de sujets qui ne peuvent que diviser et fracturer le peuple français. Et c’est en cela qu’il y a un lien entre les deux extrêmes. Cette volonté commune de morceler, de segmenter la population.

  • Carole Delga veut tourner la page du mépris macroniste

    Carole Delga veut tourner la page du mépris macroniste

    Village audois de 3 000 âmes, Bram, a accueilli pour la 6e année consécutive les Rencontres de la gauche voulues par Carole Delga, la présidente PS de la Région Occitanie, comme un point d’ancrage à une France rurale et populaire que la gauche peine à convaincre au plan national.

    Au premier rang pour l’écouter, trois candidats à la primaire sociale-démocrate : Raphaël Glucksmann (Place publique), qu’elle soutient, accompagné par Yannick Jadot (ex-EELV) mais aussi Jérôme Guedj (PS) et Emmanuel Maurel (GRS). Olivier Faure, son ennemi juré au sein du PS, et Ségolène Royal n’ont pas fait le déplacement.

    « Refus du fatalisme

    et du défaitisme »

    Depuis la tribune, devant un parterre de personnalités, c’est Martin Malvy, son prédécesseur à la présidence de la Région que Carole Delga choisit de saluer au nom de « la transmission en politique ». Dans le public, pas un seul drapeau du PS mais des drapeaux tricolores, européens et des bannières de la République en commun, son mouvement.

    « La République de l’attention et du partage doit redevenir notre destin commun », lance la présidente de Région, décidée à tourner la page de l’ère Macron. Tour à tour elle appelle ainsi à « mettre fin à cette fable du ruissellement », à « changer la manière de gouverner. Stop au narcissisme, au côté autoritaire et vertical » ou encore à réinvestir dans les services publics, « le patrimoine de ceux qui n’en ont pas ».

    Dans ce département de l’Aude où Marine Le Pen est venue faire campagne auprès des sinistrés de Pomas vendredi, Carole Delga ne retient pas ses coups contre le RN. « Luttons sans relâche contre les idées de l’extrême droite qui rêve de prendre sa revanche sur l’Histoire de ce pays. Parce qu’il y a eu la Résistance, l’extrême droite c’est le camp des perdants face à celui de la République et de la France », rappelle-t-elle tout en refusant de lui laisser ceux qui se « sentent loin de tout », ceux qui n’ont pas d’autre choix que de payer « 500 euros de carburant par mois ». Après la révélation de la vidéo d’un policier municipal de Carcassonne « membre de la garde rapprochée du RN », tenant des propos racistes, homophobes et sexistes, elle estime que le parti de Jean-Marie Le Pen n’a jamais changé.

    Laïque, opposée à l’abaya dans les lycées, Carole Delga condamne l’idée d’interdire le voile dans l’espace public. « Nous sommes la République française ! », s’exclame-t-elle ovationnée debout.

    La présidente de l’Occitanie revient ensuite sur son soutien à Fibre excellence qu’elle a demandé au gouvernement de nationaliser temporairement et cite en exemple le site de la Société aveyronnaise de métallurgie (SAM) près de Decazeville où « après plusieurs années de combat et de procédure » deux entreprises réembauchent. « On ne va pas refaire le sketch des masques », dénonce-t-elle en soulignant l’importance stratégique de la production de pâte à papier sur le sol national.

    Un monde si loin de celui de Raphaël Glucksmann

    Elle décrit son camp comme « indéfectiblement républicain » et lance : « On est une famille turbulente. On est le midi rouge ! » avant de livrer un réquisitoire contre le « fatalisme, le défaitisme ».

    Citant le poète communiste Paul Éluard « le soleil brille pour tout le monde, le bonheur est un droit et non un privilège » et la présidente socialiste mexicaine, Claudia Sheinbaum. : « Pour le bien de tous, les pauvres d’abord », Carole Delga insiste sur l’exigence de justice sociale et la nécessité de « produire de la fraternité ».

    C’est déjà l’heure du « fameux cassoulet bramais ». Raphaël Glucksmann, chaleureusement applaudi dans les travées, chemine dans un monde qui semble si loin du sien, lui l’eurodéputé qui a su convaincre parmi les habitants des métropoles et les CSP+. Le voilà prévenu à Bram : point de victoire possible sans « la gauche républicaine, populaire et ancrée dans le réel » que Carole Delga entend incarner à ses côtés.

    Bram (Aude), Léo Purguette

  • L’OM ne le méritait pas

    L’OM ne le méritait pas

    Comme le 28 janvier dernier à Bruges, l’orientation de la suite de la saison marseillaise s’est jouée ailleurs.

    En la Ligue des Champions, c’est un but improbable face au Real d’Anatolyi Trubine, le gardien de Benfica, qui qualifiait les Portugais pour les barrages, aux dépens des Olympiens. À la veille de la première trêve du championnat, si l’OM ne la passera pas en position de lanterne rouge, c’est grâce à la victoire de Toulouse face au Havre (3-2) qui hérite de cette position peu enviable.

    Néanmoins, lorsque François Letexier donnait le coup d’envoi du match de toutes les peurs face au PSG, les Olympiens étaient avant-derniers de la Ligue 1. Les victoires d’Auxerre et Nice, plus tôt dans la journée aux dépens de Brest et Lille, les ayant repoussés dans la zone rouge. Le seul moyen de ne pas y passer les trois semaines de parenthèse et s’éviter trop de gamberger était donc de réussir un coup face au double champion d’Europe.

    Si cela était loin d’être acquis, même face à des Parisiens encore en rodage, la première période s’est révélée plus équilibrée. Seul point noir de cet acte 1, la blessure d’Igor Paixão. Tandis que sur la même action, Amine Gouiri et Amine Harit manquaient l’ouverture du score, alors que le Virage sud voyait déjà le ballon au fond du but de Matvei Safonov (38).

    Même cacochyme, l’OM semblait en mesure de s’offrir l’exploit de son début de saison. S’offrant même une autre balle de but après l’heure de jeu. Que la maladresse de Neal Maupay ne permettait pas de concrétiser (62).

    Le but marseillais venait quelques minutes après que Ferran Torres ait refroidi le Vélodrome. L’égalisation d’Angel Gomes déclenchait une éruption de joie dans le Vélodrome. Mais l’espoir devait être rapidement douché par un nouveau but opportuniste, signé Marquinhos, avec dans la foulée un carton rouge brandi sous le nez de Timothy Weah, pour un second avertissement.

    Menés et réduits à dix, les Phocéens voyaient arriver une nouvelle défaite qui va leur faire passer les trois semaines de trêve dans la peau d’un relégable.

    OM 1 (0)

    PSG 2 (0)

    5e journée de Ligue 1

    Stade Vélodrome (61 499 spectateurs)

    Arbitre : F. Letexier

    Buts : Gomes (70), pour l’OM, Torres (66), Marquinhos (73) pour le PSG.

    Avertissements : Weah (32), Abdallah (80), Gomes (90) à l’OM, Nuno Mendes (39) au PSG

    Exclusion : Weah (77) à l’OM.

    OM : de Lange – Weah ( c ), Egan-Riley, Aguerd, Emerson (Garcia, 85) – Höjbjerg, Abdelli (Bezahaf, 85) – Harit (Abdallah, 63), Maupay (Moimbagna, 85), Paixão (Gomes, 30) – Gouiri.

    Entraîneur : B. Genesio

    PSG : Safonov – Zaïre-Emery, Marquinhos ( c ), Pacho, Nuno Mendes – Ruiz (Akliouche, 65), Vitinha, Neves – Doué (Beraldo, 79), Dembélé (Godts, 79), Kvaratskhelia (Torres, 60).

    Entraîneur : L. Enrique

    C’est la trêve

    La Ligue 1 va faire relâche trois semaines. « Nous allons pouvoir en profiter. Il y aura du repos, puis du travail individuel pour corriger les manques. Cela peut être une bonne période », indique Bruno Genesio. L’entraîneur de l’OM a également confirmé le match amical contre Montpellier. Ce sera le samedi 3 octobre, au stade Francis-Turcan de Martigues.

  • Ligne THT : le projet avance, l’opposition aussi

    Ligne THT : le projet avance, l’opposition aussi

    Alors que l’opposition se cristallise, le projet avance. Après que l’Autorité environnementale (A E) a publié son avis sur le projet de ligne très haute tension (THT) de 400 000 volts qui doit relier Jonquières-Saint-Vincent (Gard) à Fos-sur-Mer, RTE en livre sa lecture. Si l’instance indépendante pointe des lacunes dans l’étude d’impact, le gestionnaire du réseau estime que cette « feuille de route » identifie les « points qui restent à étudier », explique Gilles Odone, son délégué Méditerranée, alors que la demande de déclaration d’utilité publique (DUP) est en cours d’instruction. Christophe Berassen, directeur du programme d’électrification Fos-Berre, certifie : « On est encore loin de l’emplacement précis des pylônes, des modalités de réalisation, du détail des mesures d’évitement, de réduction et de compensation… Ces travaux sont devant nous. »

    Dans son avis, l’AE recommande à RTE de consolider « la justification des besoins électriques, de leur calendrier et du choix de la solution », pointant une comparaison insuffisante des « incidences sur l’environnement et la santé humaine des différentes stratégies, notamment des solutions phasées et de celles examinées par la tierce expertise », qui avait été présentée par Marc Petit, professeur de CentraleSupélec, lors de la concertation préalable. Ce dernier avait évoqué une « probabilité non nulle d’un décalage dans le temps de certains projets qui amène à proposer une évolution du réseau électrique en plusieurs étapes », hypothèse de départ de la solution alternative proposée par le Collectif THT 13/30.

    Après l’abandon du projet de giga-usine de photovoltaïque Carbon, la question se pose. « On distingue les demandes de raccordement des besoins électriques », répond Gilles Odone. Selon RTE, Carbon ne représentait que 200 MW des 4 000 MW de besoins identifiés à horizon 2030, répartis entre la sécurisation de l’alimentation de la région et la décarbonation de la zone industrielle de Fos-sur-Mer, où les projets se multiplient. Le gestionnaire se pose en émissaire de « la volonté de l’État clairement affichée de réélectrifier et de réindustrialiser le pays et de se rendre indépendant de toutes les sources d’énergie fossile ».

    RTE assure par ailleurs avoir étudié 14 stratégies avant de retenir le tracé actuel comme étant la meilleure solution. « Quel que soit le choix, il y aura des conséquences, affirme Gilles Odone. Si on fait moins puissant, qui n’en aura pas ? Si c’est plus cher, qui va le payer ? L’ordre de grandeur entre certaines solutions envisagées et celle-là, c’est 3,5 milliards d’euros d’écart. Ça demande des choix forts, mais il ne faut pas demander à RTE de les faire. »

    Tel que présenté actuellement, le coût de ce projet engagé en 2023 s’élève à plus de 400 millions d’euros. S’agissant du calendrier, une enquête publique de trois mois devrait débuter avant la fin de l’année. L’obtention de la DUP est attendue début 2027. RTE envisage le démarrage des travaux en 2028 et une livraison à horizon 2030. C’est ce délai de mise en service qu’avait appelé de ses vœux Emmanuel Macron en mai dernier, lors de la réunion de l’équipe de France de l’électrification, afin de « donner un signal clair et fournir la visibilité aux industriels ».

    Des lignes de distribution déposées

    Sur les mesures de compensation que l’AE demande de préciser, RTE affirme viser la « dette écologique nulle voire positive » avec la promesse, pour un pylône posé, d’en enlever 3 sur le réseau existant du grand Sud-Est d’ici 2035. Des lignes de distribution d’Enedis seront déposées pour apporter une réponse au risque avifaune pointé par l’AE dans son avis : « Les risques de collision et d’effet barrière pour les oiseaux, notamment le Ganga cata, l’Outarde canepetière et l’Alouette calandre, appellent encore des choix d’évitement. » La stratégie proposée par RTE est donc de supprimer ces lignes de tension inférieure, qui présentent plus de risques pour les oiseaux, pour « avoir un bénéfice écologique à mettre en regard avec les impacts potentiels du projet », explique Christophe Berassen. Les études vont être renforcées et proposer des « mesures d’évitement ou de réduction les plus adaptées possibles », ajoute-t-il.

    Quant à l’enfouissement, réclamé par les opposants à l’aérien, ce ne serait pas la solution la plus judicieuse selon le gestionnaire. Une alternative avec un enterrement de 6 km a été étudiée, mais elle « était évaluée à 150 millions d’euros supplémentaires il y a deux ans » et engendrerait « deux ans de retard sur le chantier », justifie Gilles Odone. Dans son rapport, l’AE note pourtant : « Le coût, le délai ou la complexité ne suffisent pas, sans justification au regard des objectifs poursuivis et de la faisabilité, à écarter une solution sensiblement moins dommageable pour les sites Natura 2000. »

    Le patronat presse toujours l’État

    Les représentants des organisations patronales de la région ne cessent de mettre la pression à l’État et aux élus pour accélérer la mise en œuvre de la ligne THT. C’était le sens d’une interpellation commune, également à l’adresse des élus locaux, de la part de l’Union pour les entreprises 13 (UPE), du Medef Sud, de l’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM), le 9 septembre. Ces dernières réclament une déclaration d’utilité publique (DUP) « avant le 1er semestre 2027 ». Une interpellation précédée d’un coup de gueule du président de l’UPE, Jean-Christophe Amarantinis, une semaine avant, toujours pour une accélération du dossier. A.B.

  • Le message des Gilets jaunes marseillais au gouvernement

    Le message des Gilets jaunes marseillais au gouvernement

    Une cinquantaine de Gilets jaunes se sont retrouvés samedi matin sur le Vieux-Port pour une marche vers la Préfecture. Ils ont lancé un appel à la justice sociale et à l’unité citoyenne pour défendre le pouvoir d‘achat, la jeunesse, les services publics. « Depuis Marseille nous adressons un message au gouvernement. Ecoutez ceux qui travaillent et qui cherchent un emploi, écoutez les jeunes, les familles, tous ceux qui chaque mois doivent calculer pour réussir à vivre ! Nous demandons simplement que le peuple soit écouté ! », a lancé Emma, intérimaire, mère de deux enfants. « Les commerçants, les personnels soignants, les policiers, tous les citoyens en ont ras-le-bol », explique son compagnon, Damien, 24 ans, qui distribue des tracs, et rappelle qu’il a été « à 16 ans en 2018 le plus jeune Gilet jaune de Marseille ».

    « J’ai une colère en moi, je suis capable de tout casser », lance Jamila, ancienne aide soignante à la retraite. « Y a rien qui va, la vie chère, les médicaments qui sont mal remboursés, la guerre à Gaza et en Ukraine. Réveillez-vous les gens ! » « Le peuple souffre » résume Rosie, 74 ans, qui a ressorti ses belles pancartes bariolées de 2018.

    « On se doit d’être de toutes les mobilisations sociales à côté des Gilets jaunes comme l’a dit Fabien Roussel lors de la Fête de l’Humanité » dit Ariane Lombardi, membre de la Fédération du PCF. « C’est un mouvement citoyen porté par des valeursà positives et qui répond à de réels problèmes de Français, c’est-à-dire pouvoir vivre dignement, se loger, se nourrir, se cultiver, envisager un avenir meilleur. »