Victoire juridique pour les ex-intérimaires de la Sad

Marseille

C’est le terme d’un combat de longue haleine pour les droits des travailleurs précaires. La cour d’appel d’Aix-en-Provence a rendu justice, le 26 septembre dernier, à 18 intérimaires qui travaillaient à la Sad, filiale régionale de Presstalis, la messagerie de presse française, après plus de cinq années de procédure.

Rappelons que la filiale avait été liquidée judiciairement, en 2020, privant la région de distribution de la presse pendant de longues semaines et mettant sur le carreau plus de 130 salariés, dont une partie d’intérimaires. « On était sur des CDI déguisés, il y avait une vraie exploitation de la précarité. On l’avait combattu à l’époque, avec un travail syndical pour l’embauche de 35 intérimaires en plusieurs vagues. Mais on n’avait pas pu finir ce qu’on avait commencé à cause de la liquidation, d’où la poursuite du combat via la justice », campe Nicolas Guglielmacci, ancien délégué syndical de la Sad, aujourd’hui secrétaire général de l’Union Locale CGT Vitrolles et figure de la CPMM, Coopérative de presse et de messagerie méditerranéenne. Cette dernière a repris l’activité de la Sad suite au combat des ex-salariés de la filiale pour le maintien de l’emploi après la liquidation.

Les intérimaires « étaient indispensables, certains étaient à temps complet, sur des postes fixes ». Pire, « ils étaient en intérim depuis des années, le plus ancien depuis décembre 2013, le moins ancien depuis 2017 », selon Me Léa Talrich, avocate en charge du dossier, qui pointe des recours « abusifs ». D’où la victoire jugée « plus que symbolique » par la CGT et les ex-salariés de la Sad grâce à la décision de la cour d’appel d’Aix. « Elle reconnaît le besoin permanent de main-d’œuvre et requalifie les contrats à l’encontre de PSI, entreprise d’intérim, et de la Sad. Ils obtiennent donc des rappels de salaires sur la base du CDI qu’ils auraient dû avoir », développe Léa Talrich.

« Certains travaillent actuellement chez nous »

En clair, « la décision vient reconnaître qu’ils auraient dû être en CDI et qu’ils ont fait l’objet d’un licenciement abusif au moment de la liquidation judiciaire ». Et ils bénéficient « d’une reconstitution de carrière sur les trois dernières années avec les rappels de salaires, les cotisations… ». Comme le résume Nicolas Guglielmacci : « Ils ont enfin été rétablis dans leurs droits après des années de bataille. » De quoi boucler la boucle avec la reprise de l’activité de la Sad par la CPMM : « On a oublié personne ! Symboliquement, c’est peut-être le dernier combat sur la partie Sad Marseille. On a récupéré l’ensemble des travailleurs qui voulaient venir avec nous, de même que l’ensemble des prestataires, certains intérimaires travaillent actuellement chez nous. » Reste que Léa Talrich dénonce « des délais excessifs » pour le jugement et prévoit « un recours en responsabilité de l’État » sur le sujet.

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