Il faut savoir prendre soin de soi pour mieux accompagner l’autre », assure Véronique, bénévole à l’Unafam, association destinée aux aidants, c’est-à-dire aux personnes qui accompagnent un proche malade ou manquant d’autonomie. Elle est bien placée pour le savoir : elle est elle-même aidante de son fils, qui souffre de troubles psychiques. Afin de sensibiliser aux enjeux de santé mentale et de faire connaître le rôle d’aidant, la caravane de l’association a parcouru la région tout au long de la semaine, et a fait étape à Gap.
« La maladie psychique, c’est encore tabou, ça fait peur et ça reste souvent au sein de la famille », explique Nedjar Mohammed, délégué départemental d’Unafam dans les Hautes-Alpes. L’association organise notamment des groupes de parole pour les aidants, des accompagnements psychologiques individuels et des formations pour mieux comprendre les troubles psychiques. « Les proches de malades viennent déposer un fardeau, résume Nedjar Mohammed. C’est important de libérer la parole, de partager cela avec des familles qui vivent la même chose. Car dans une famille, lorsqu’on apprend que quelqu’un est malade, c’est un torrent : ça déstabilise tout. »
Véronique peut en témoigner : « En tant qu’aidant, on s’oublie souvent. C’est important de se faire aider ». Après avoir suivi toutes les formations de l’association, elle a appris à dire « non » à son fils, à s’adapter à son caractère et à comprendre ce qu’il ressent. « Ça a instauré un lien de confiance entre nous », dit-elle. Pendant des années, elle n’a pas pris de vacances. « Maintenant, je le fais, et sans culpabiliser. »

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