Les gaziers montent le ton et mettent les terminaux à l’arrêt

La torche de terminal méthanier de Fos-Tonkin est visible de loin. « C’est un symbole fort », affirme Nicolas Davan, secrétaire général CGT Énergie Provence. En reconductible depuis le 2 septembre comme le reste du secteur de l’énergie, les grévistes d’Elengy bloquent les deux infrastructures de Fos-sur-Mer permettant d’importer du gaz naturel liquéfié (GNL) depuis mardi 16 septembre.

Jusqu’alors, les méthaniers n’accostaient plus mais les camions-citernes continuaient de se fournir aux terminaux. Ce n’est désormais plus le cas. « Le chargement ne s’opère plus, explique Fayçal Mussoni, représentant syndical CSE du site qui emploie 170 travailleurs. Nos stocks sont au plus bas, à tel point que nos directions nous ont demandé d’arrêter les terminaux. Actuellement nous sommes en mise en sécurité, avec des équipes de salariés requises, ce qui explique le torchage. » À Cavaou, le réservoir de 330 000m2 contiendrait 40 000m2 de GNL d’après les grévistes. À Tonkin, celui de 80 000m2 de GNL serait rempli à hauteur de 8 000 à 9 000m2.

L’élu pointe un dernier levier : « La grève met à mal la continuité de tout un tas de projets. On avait des travaux liés à l’avenir et à la pérennité de nos sites qui devaient démarrer à la fin du mois de septembre qui sont mis en stand-by. » À Tonkin, l’opérateur souhaite notamment se tourner vers l’importation de nouvelles molécules bas-carbone comme l’ammoniac avec son projet Medhyterra.

L’attente du 1er octobre

Le mouvement ne risque pas de s’adoucir. Au lendemain d’une rencontre bilatérale avec leur direction, les travailleurs d’Elengy comptent bien maintenir le cap. « On aurait pu laisser quelques portes ouvertes sur ces chantiers, mais ce sera clairement pas le cas parce que le dialogue social n’est pas au beau fixe chez nous non plus », assure Fayçal Mussoni, qui explique avoir de plus grandes attentes sur le plan national, avec la plénière du 1er octobre, que sur le plan local. Au début du mois prochain, le patronat et les syndicats des industries électriques et gazières (CGT, CFE-CGC, FO et CFDT) dialogueront au sujet de la réforme structurelle de la grille de rémunérations des quelque 138 000 salariés du secteur, l’une des revendications de la CGT. L’organisation rejette également l’augmentation de la TVA sur les factures des usagers, une mesure mise en place le 1er août dernier dans le cadre de la loi de finances, et se bat pour le retrait de la réforme des retraites.

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