Imaginaires suspendus à un fil dans les Bouches-du-Rhône

La marionnette et le théâtre d’objets permettent d’aborder tous les sujets, de traiter de choses parfois graves en mettant à distance et ralliant tous les âges », souligne Emilie Robert, directrice du Théâtre Massalia, à l’heure de présenter la programmation du festival En Ribambelle ! Illustration dès son ouverture le 10 octobre à la MAM (Maison des arts Marseille) avec Shabaab dont le titre « signifie jeunesse », plante Aurélie Noailly, membre de l’équipe du Théâtre Joliette. Portée par l’artiste palestinienne Samar Haddad King, une création « entre danse, théâtre et musique qui raconte une amitié masculine avec toutes les entraves impliquées par le fait de devenir un adolescent sur un terrain de guerre ».

Mis sur pied en 2014 par la Criée et le Théâtre Massalia, premier lieu permanent dédié à la marionnette en France à la fin des années 1980, En Ribambelle! est le fruit de la synergie ainsi que de la passion commune d’une quinzaine de scènes des Bouches-du-Rhône pour le théâtre d’objets. Dernier venu cette année, le théâtre marseillais de l’Astronef. Cette salle établie au sein du Centre hospitalier Edouard Toulouse accueillera ainsi Les petites variations. Une création qui interroge, à travers « le médium de la carte postale, la transmission entre grands-parents et petits-enfants ». À voir aussi au Théâtre municipal de Fontblanche, à Vitrolles.

Intergénérationnel

Musée possédant « l’une des plus grandes collections de marionnettes d’Europe », le Mucem ouvrira pendant les vacances de la Toussaint « aux familles » les trésors de son Centre de conservation et de ressources, situé à la Belle de Mai, précise sa responsable du développement culturel, Cécile Dumoulin. Les jardins du musée de société établi au J4 accueilleront quant à eux Le grand Kami, « marionnette géante qui rappelle l’urgence climatique au cours d’une ode végétale ». Des spectateurs les plus petits aux plus aguerris, la vingtaine de spectacles d’En Ribambelle! saura réjouir tout son monde. Exemple éloquent avec Kosmos, « théâtre d’objet qui nous fait reparcourir la mythologie, pour ensuite devenir burlesque et déjanté », décrit Emilie Robert, qui le programme au Théâtre Massalia. Les publics du Théâtre de la Colonne, à Miramas, et du Sémaphore de Port-de-Bouc, auront, eux, l’occasion de contempler Marcher dans le vent. « Un travail sur ces moments où les enfants ne parlent pas encore, avec l’histoire de Camille qui construit des arbres dans sa chambre et va rendre la forêt vivante », explique Laurence Cabrol, directrice du Sémaphore.

Clap de fin de la 13e édition d’En Ribambelle! prévue le 27 novembre aux Salins de Martigues, avec Vents contraires. « Une amitié dans une bibliothèque menacée de fermeture, où deux enfants vont découvrir le pouvoir des mots. »

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