Après un dépôt de gerbes à 8h30 au pied de la Stèle de la Libération au cimetière, puis celle de l’Avenue Maréchal de Tassigny, la cérémonie s’est poursuivie à 9h30 au blockhaus Saint-Nicolas de Mauvanne. C’est ensuite, à 10h15 au Mémorial national du Golf Hôtel que la maire de Hyères Véronique Bernardini (SE) a pris la parole.
Mais avant cela deux jeunes lycéens Apolline et Raphaël ont donné lecture d’un poème d’Aragon rendant un hommage à la diversité des hommes qui ont participé à la libération du pays, intitulé : « Je vous salue ma France… »
L’adjointe au maire Geneviève Burki, déléguée aux associations patriotiques a dans son intervention mis en avant quelques grandes figures de la Résistance hyéroise. À commencer par Louis Picoche, le directeur de l’entreprise de transport des Cars Gaby. Il connaît parfaitement les routes du Var. Ce métier lui offre un alibi précieux pour circuler librement à une époque où chaque déplacement est surveillé, rappelle l’élue. Et de poursuivre : « Derrière l’activité quotidienne de ses autocars, il organise discrètement la résistance, transporte des messages, du ravitaillement, des armes et soutient les premiers maquis. »
Responsable du sixième secteur du mouvement Combat, il reçoit en 1943 la mission d’organiser les maquis varois. C’est lui qui fait appel à Gleb Sivirine, futur lieutenant Vallier, auquel il confie cette responsabilité décisive, précis Geneviève Burki. Et d’ajouter : « Visionnaire, organisateur et homme de confiance, Louis Picoche a compris avant beaucoup d’autres que la libération se préparait dans l’ombre (…). Son engagement rappelle que la liberté se construit d’abord grâce à des femmes et des hommes qui refusent de renoncer. »
Comme aussi Ernest Millet qui « refuse l’occupation et choisit très tôt le chemin de l’engagement clandestin ». Arrêté par la milice alors qu’il est en mission de ravitaillement il sera fusillé sans autre forme de procès à Aups. Son fils Robert âgée alors d’à peine 16 ans fera le choix de poursuivre le combat.
« Derrière les dates et les grandes batailles, il y a surtout des hommes et des femmes, des engagements, des sacrifices et des destins », insiste la maire de Hyères Véronique Bernardini. C’est pourquoi la ville, explique-t-elle, a entrepris de suivre leur parcours plusieurs jours durant à travers un chemin de mémoire, afin d’honorer les soldats de la 1ère Division française libre et tous les autres.
La première magistrate rappelant qu’« ils venaient d’horizons différents, mais partageaient une même volonté : libérer la France et rétablir la République ».
Et de préciser aussitôt : « Mais avant l’arrivée de ces soldats, d’autres avaient déjà préparé leur chemin. C’étaient les résistants (…). La libération d’Hyères fut cette rencontre entre armée de l’ombre et les soldats de la France libre, entre ceux qui préparaient la liberté depuis des mois et ceux qui venaient la reconquérir les armes à la main. »
La maire de Hyères souligne « le courage de s’engager », « la fraternité dans l’épreuve » et « l’attachement à la République » dont tous ont su faire preuve pour la liberté. « Mais cette liberté pour laquelle tant de femmes et tant d’hommes se sont battus n’est jamais définitivement acquise », prévient-elle. Histoire de rappeler qu’il revient à chaque génération de la protéger et de la transmettre.
Direction ensuite, la caserne du capitaine Delort, la Gendarmerie Mobile du Golf Hôtel. Là où s’élevait une enceinte fortifiée par la Wehrmacht qui a résisté 40 heures aux attaques de la 4e Brigade de la 1ère DFL avant de tomber.
L’occasion de mettre en avant aussi la participation aux combats de soldats d’origine arménienne qui avaient été faits prisonniers et intégrés de force dans l’infanterie allemande.
Depuis plusieurs mois, en effet, des contacts avaient été établis avec eux par l’intermédiaire de la Résistance communiste, plus précisément des Francs-tireurs et partisans-Main d’œuvre immigré (FTP-MOI). Malgré la répression qui va coûter la vie à 17 de leurs camarades, leur projet ayant été découvert, les soldats arméniens parviennent à déserter non sans avoir au préalable saboté des pièces d’artillerie en retirant les culasses, et rejoindre la Résistance.
De tout cela il est de salubrité publique de se souvenir et de rappeler, d’autant plus lorsque les héritiers d’un parti, le Front national, créé par d’anciens Waffen SS est aux portes du pouvoir et prétend donner des leçons de patriotisme aux enfants de la Résistance.

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