Antisémitisme : Macron répond à Netanyahu dans une lettre

« Ces accusations d’inaction face à un fléau que nous combattons de toutes nos forces sont inacceptables et offensent la France tout entière », écrit-il, estimant que cette lutte « ne saurait être un sujet d’instrumentalisation ». Le Premier ministre israélien a déclenché une nouvelle crise avec la France, en accusant Emmanuel Macron « d’alimenter le feu antisémite » avec son intention de reconnaître l’État palestinien lors de l’Assemblée générale des Nations unies prévue en septembre prochain, à New York.

Dans une lettre adressée à Emmanuel Macron en date du 17 août, il s’est dit « préoccupé par la montée alarmante de l’antisémitisme en France et par le manque d’actions décisives (du) gouvernement pour y faire face ». Le 19 août, la présidence française avait déjà dénoncé comme « erronée, abjecte » l’accusation de Benjamin Netanyahu, affirmant qu’Emmanuel Macron en avait pris connaissance par voie de presse et y répondrait par courrier. Le chef de l’État français souligne, dans sa réponse, qu’il « demeure et demeurera garant de l’impérieuse nécessité de combattre cette abomination, partout et toujours ». « Les antisémitismes de notre pays viennent de loin, ont longtemps été nourris par l’extrême droite, sont aujourd’hui aussi alimentés par l’extrême gauche qui essentialise la communauté juive et soutient la haine contre cette dernière », pointe-t-il encore.

Emmanuel Macron estime que son initiative diplomatique pour une reconnaissance de l’État de Palestine est une « main tendue » à Israël pour une « paix durable » dans la région et rejette aussi toute accusation de soutien, à travers ce processus, au mouvement islamiste palestinien Hamas. « Je vous appelle solennellement à sortir de la fuite en avant meurtrière et illégale d’une guerre permanente à Gaza qui expose votre pays à l’indignité et votre peuple à une impasse, à cesser l’illégale et injustifiable recolonisation de la Cisjordanie et à saisir la main tendue des partenaires internationaux disposés à travailler à un avenir de paix, de sécurité et de prospérité pour Israël et la région », poursuit-il. Selon lui, « l’État palestinien doit constituer la fin du Hamas ». « C’est aujourd’hui la seule manière d’éradiquer réellement le Hamas et d’éviter à la jeunesse israélienne de se consumer dans une guerre permanente, dévastatrice pour les Palestiniens de Gaza, mais également pour Israël et la région tout entière », relève-t-il encore.

62 819 morts à Gaza

Pendant ce temps, la guerre entre le Hamas et Israël se poursuit dans la bande de Gaza. Le territoire palestinien est décimé. L’attaque du 7-Octobre a entraîné la mort de 1 219 personnes côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles. Sur les 251 personnes enlevées ce jour-là, 49 restent retenues dont au moins 27 morts selon l’armée israélienne. La campagne de représailles israélienne a fait au moins 62 819 morts à Gaza, en majorité des civils, selon le ministère de la Santé du Hamas, dont les chiffres sont jugés fiables par l’ONU. Ce qui est désormais qualifié par de nombreux experts comme un génocide.

L’aide internationale qu’Israël autorise à entrer dans le territoire palestinien dévasté, assiégé et affamé est en « légère hausse », mais reste « une goutte d’eau dans l’océan », a déploré le chef du Programme alimentaire mondial (PAM), Carl Skau. L’ONU a officiellement déclaré, vendredi, la famine à Gaza, en imputant la responsabilité à Israël.

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