Autonomie

Pas de programmes militaires ou civils sans technologie, ni de technologie sans recherche : c’est la philosophie qui, dans la France exsangue d’après-guerre, a motivé le ministre communiste de l’Armement Charles Tillon à créer par décret en mai 1946 l’Office national d’études et de recherches aérospatiales : l’ONERA, le bras armé technologique de l’État en matière aérospatial.

Aujourd’hui, acteur incontournable de la décarbonation de l’aviation, il mêle une recherche à la fois civile et militaire et affiche des jolis succès dans de nombreux domaines et dispose de moyens d’essais uniques au monde qui lui ont permis d’être au cœur de la filière aéronautique française, européenne et internationale. Des succès reconnus qui lui valent régulièrement d’être qualifié de « pépite » même si ses laboratoires sont assez peu connus du grand public.

Bataille pour les financements publics

Et pourtant. Son quotidien est celui de bataille pour ses financements publics. Certes, son budget est élevé et dépasse les 330 millions d’euros mais pour moitié seulement de crédits publics. Crédits publics qui comme pour l’ensemble de la recherche sont passés sous les fourches caudines de la réforme générale des politiques publiques. D’autant que, domaine oblige où sévissent les industriels (Safran, Thales, Airbus), l’organisme public de recherche est incité à développer la recherche… de ressources propres via des contrats passés avec le privé. Ce en quoi il excelle. Une bonne nouvelle ? N’est-ce pas les fonds publics qui permettent de lancer des initiatives précieuses à l’heure où les menaces sur la paix invitent notre pays à s’assurer de capacité de protection et de décision en toute autonomie ?

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