Le drapeau palestinien qui s’agite devant le site d’Eurolinks (13) ce midi, porte la colère d’une vingtaine de militants marseillais venus protester. Certains haussent leurs pancartes, d’autres secouent leurs bombes de peinture, et le mégaphone passe de main en main. C’est au tour d’Ipiu, d’adresser un mot à la foule : « Aujourd’hui, nous commémorons les 78 ans des déplacements forcés de centaines de milliers de Palestiniens. Depuis ce découpage imposé par les puissances occidentales, les actions génocidaires menées par l’État Israélien n’ont cessé. »
Cette manifestation, « c’est l’occasion de poursuivre notre combat contre Eurolinks, qui participe à ce génocide », conclut la fervente manifestante. Malgré des appels de l’ONU, plusieurs médias révèlent en 2024, que la société n’a cessé ses activités. Elle est donc aujourd’hui poursuivie suite à deux plaintes de l’association des juristes pour le respect du droit international (Jurdi) et la Ligue des droits de l’Homme (LDH), qui dénoncent « un risque génocidaire ». Des procédures qui rassurent les militants mais ne « suffiront pas à contraindre l’entreprise à se reconvertir », interpelle Ipiu, qui en appelle aux Marseillais : « Nous avons plus que jamais besoin d’une pression populaire. »
L’implantation d’Eurolinks dans le quartier avait déjà éveillé la colère d’habitants à son installation en 2019, car jugée « polluante ». Camille, l’un des militants s’en souvient : « Certains riverains se plaignaient de l’odeur. C’est une entreprise familiale, qui ne sert même pas l’économie locale. Elle menace la santé des Marseillais, offre des emplois intérimaires précaires, et s’enrichit sur la mort des autres », dénonce-t-il.

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