Opération « transparence », pour l’Association des travailleurs de la centrale de Gardanne (ATCG). Dans la salle de la Maison du peuple, la totalité des sièges installés sont occupés : ils étaient 200, ce mardi soir, à faire face aux représentants de l’Association des travailleurs de Gardanne, fondateurs de la Société de production d’énergie gardannaise (Speg), elle-même porteuse du projet Bio-Méthane Provence (BMP), dans le cadre d’une concertation préalable et volontaire, autour de ce projet né d’une lutte sociale.
Le projet doit permettre la production « d’énergie verte », à partir de bois de récupération en fin de vie, tout en sauvegardant des emplois et en en créant (nos précédentes éditions). Aux côtés des salariés de la centrale, les représentants de Gazotech, et deux garants missionnés par la Commission nationale du débat public (CNDP), saisis par l’ATCG. Face à la petite foule, les porteurs du BMP s’attellent à présenter leur projet pour la première fois aux riverains. Mais aussi se confronter aux questions du public, habitants comme associations locales. « C’est un projet qui a eu plusieurs vies, il était important d’avoir un moment d’échange et dans un cadre organisé, sous l’égide de la CNDP », contextualise Mael Disa, directeur de Gazotech. Tout en rappelant que ce projet « se construit dans un cadre maîtrisé. On reste dans un cadre compatible avec des habitations ».
« Le projet présenté ce soir s’inscrit dans le contexte d’évolution du site et permettra à chacun de disposer de toutes les informations nécessaires », encourage le maire (LR) Hervé Granier, soutient du projet. Pour autant, les premières interventions se sont avérées tendues. L’ANLP, première à prendre la parole, en son nom et celui des CIQ Gardanne Est et de la FNE13, a annoncé se retirer de la réunion, déplorant « une concertation biaisée et verrouillée d’avance ». Un départ sous les huées, comme les applaudissements. Les questions sur les nuisances sonores, les pollutions, ont largement ponctué les échanges… « La prise en compte des riverains, on y est attachés, pour la simple et bonne raison que les travailleurs en font partie », rappelait Jean-Michel Roccasalva, secrétaire général de la CGT du site. Nombreuses sont les interrogations autour des divers financements du projet. « Le coût total du projet est de 183 millions d’euros, pour l’usine clés en main. Aujourd’hui on fonctionne avec un financement en concertation, réparti entre ATCG et Gazotech. (…), rappelle Mael Disa. On est sur un financement stable, et pérenne. » En bref, un dossier « ficelé », selon Amélie Barbey, secrétaire locale du PCF, et salué à plusieurs reprises par l’assemblée. Notamment pour les créations d’emplois, puisque 50, au total y seront intégrés. « On a vocation à travailler le projet, regarder toutes les meilleures techniques existantes sur le marché et regarder comment faire pour le rendre porteur d’emploi. Sur le plan Environnemental, c’est bon. Socialement, très bon si on le peut et économiquement rentable », insiste Loic Delpech, président de l’ATCG. Deux autres réunions sont à venir.

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