Lorsque Benoît Dechepy a sifflé la fin du match, samedi au Stadium, Habib Beye était soulagé.
Soulagé de voir son équipe capable de résister, dans une seconde période où les Toulousains ont donné du fil à retordre à la charnière Pavard-Balerdi. Soulagé d’avoir pris une revanche sportive sur un adversaire qui avait fermé la porte de la Coupe de France à ses ouailles, trois jours plus tôt, au Vélodrome.
« Après la déception de la coupe de France, nous étions tous atteints mentalement », a reconnu l’entraîneur marseillais. « Il fallait que nous redevenions des combattants », a-t-il ensuite enchaîné en conférence de presse. Il souligne les deux visages montrés par ses joueurs. Un pour chaque période. « La première mi-temps est maîtrisée, avec un magnifique but et l’exploitation de la profondeur. La deuxième, au courage pour faire front, défendre ensemble, en jouant avec l’effectif, des impact-players pour avoir moins de creux physiquement. Nous aurions pu avoir un but de plus à la pause. Mais c’est bien de ne pas prendre de but, c’est si rare depuis un an en Ligue 1. » Avant Toulouse, cela n’était arrivé que cinq fois sur les douze derniers mois. Ce fait est donc à signaler, alors que la défense olympienne avait pris une fâcheuse habitude de concéder deux buts par match ces derniers temps.
La défense centrale recomposée, avec une association Pavard-Balerdi qui a bien fonctionné et a pu museler Emersonn en première période et contenir la réaction toulousaine en seconde. Gerónimo Rulli redevenu décisif, y a été pour beaucoup. Même si c’est le collectif qui a su se mettre en mode « préservation du score » qui est à saluer.
La reconquête sportive est donc lancée. Maintenant, c’est celle des cœurs qui est à effectuer. Dans le parcage du Stadium, les supporters marseillais avaient déployé une banderole explicite : « Vous êtes des merdes ! »
Habib Beye comprend. « Nos supporters sont forcément impactés parce qu’ils voient, entendent, vivent tout. Il faut l’accepter. Quand on est à Marseille, les supporters ont le droit de s’exprimer ainsi. » Sur le texte, « nous l’avons vu, il nous a marqués. Pour les ramener avec nous, il fallait avoir de la vie, du courage et remporter ce match de la sorte. » À présent, il se focalise sur les deux prochains rendez-vous au Vélodrome, contre Auxerre et Lille : « Peut-être que la déception s’atténuera si nous arrivons à enchaîner les matches avec ce tempérament. »
Côté vestiaire, Gerónimo Rulli confirme : « Ce genre de message me donne encore plus de force et d’énergie pour changer ce que pensent les supporters. Nous savons comment on vit le football ici à Marseille. Une année ici peut ressembler à trois ou quatre ailleurs. »
Recruté en fin de mercato estival pour renforcer la défense olympienne, Nayef Aguerd vit une saison à l’image de l’OM.
Ainsi, il n’était pas dans le groupe pour le déplacement à Toulouse, samedi soir. L’international marocain a été rattrapé par une pubalgie qui plombe sa saison. Il a ressenti les premiers symptômes dans les dernières semaines de l’automne. Dans un premier temps, une opération était envisagée.
Mais l’appel de la Coupe d’Afrique des nations a été plus fort. Nayef Aguerd y a participé avec le Maroc. Depuis son retour, le staff médical marseillais gère son mal. Et les entraîneurs essaient de ne pas lui faire trop tirer sur la corde.

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